**Chapitre 26 : Justifications**
Nous commençâmes à manger et chacun entamait une discussion. Emmett et Carlisle parlaient de chasse et étaient insultés par Alice d'assassins, de meurtriers, d'insensibles,…
Esmée, Edward et moi parlions du lycée puis Carlisle s'immisça dans notre conversation et voulut en savoir plus sur moi.
- Tu es arrivé ici il y longtemps ?
- Oui, je…Je suis née ici.
Carlisle prit un air sceptique.
- Mais nous ne t'avons jamais vu… Nous ne sommes là que depuis le mois d'octobre mais j'étais sûr d'avoir vus toutes les têtes de Forks passer à l'hôpital.
D'après ce qu'il disait, il était médecin. Oui, j'en avais entendu parler, je ne sais plus où.
- Oui, je n'ai pas besoin d'aller à l'hôpital, c'est une chance.
Edward prit un regard dur mais personne ne semblait avoir remarqué sa mauvaise humeur.
Carlisle non plus, d'ailleurs.
- Ce n'est pas ce qu'on m'a dit.
Je ne comprenais pas tout, là.
- Ha, et que vous a-t-on dit ?
Il mit ses coudes sur la table et joignit ses mains.
- Et bien, on m'a dit que tu te blessais souvent et à la vue de ton œil encore un peu bleuet, je veux bien le croire.
- Oui, je…Je suis très maladroite.
Je lançai un regard noir à Edward et il détourna la tête.
- Et comment t'es-tu fais cette plaie sur ta jambe ?
Je ne savais pas quoi répondre. Je ne savais même pas comment il était au courant. Alice ? Edward ?
- Je…J'ai fait tombé un couteau sur ma cuisse, il est arrivé la pointe en bas.
Je ris nerveusement et il se contenta d'acquiescer, guère convaincu.
Esmée changea de sujet de conversation en parlant de son repas qui venait d'un autre pays et nous parlâmes de leur culture.
Edward avait prit ma main au milieu du repas. Je ne l'ai pas empêché de la prendre mais ne l'ai pas suivit dans ses caresses, ce qu'il remarqua mais il ne les arrêta pas pour autant.
Vers une heure du matin, nous avions tous fini de manger et la table était débarrassée depuis longtemps ainsi que la vaisselle faite. Alice était monté dans son ancienne chambre et le reste était dans le salon. Nous parlions et rigolions beaucoup.
J'appréciais ce moment, ils étaient très gentils et simples, malgré leur immense maison et leur beauté, mais je voulais sortir. Je voulais aller à Seattle et me défouler, aider, vivre.
Je n'avais pas beaucoup parlé à Edward après le repas. J'étais un peu furieuse après lui qu'il parle de mes blessures à sa famille. Ils n'avaient pas besoin d'être au courant, pas plus que lui, d'ailleurs.
- Nous pourrions peut-être y aller ? Je me sens fatiguée.
Edward me regarda. Il était triste et furieux à la fois. Il savait que ce n'était pas la fatigue mais l'appel de sortir ce soir.
Il regarda ensuite sa mère.
- Maman, Bella est fatiguée, nous rentrons.
Après qu'Esmée ai fait promettre à Edward de venir la voir prochainement avec moi et que nous ayons salué tout le monde, nous rentrâmes.
Dans la voiture, Edward ne dit rien et me prit la main.
Le silence me pesait mais j'étais encore furieuse après lui.
Il resserra sa main pour captiver mon attention.
- Tu sors ce soir, n'est-ce pas ?
Sa voie était suppliante. Ca me faisait mal de le voir ainsi mais je n'y pouvais rien, après tout.
Et j'étais fâchée contre lui. Je l'héberge pour l'aider, pas pour qu'il raconte ma vie privée à sa famille.
- Biensur ! Quelle question.
Il soupira et le calme vint très vite reprendre possession de l'habitacle.
Nous arrivâmes chez moi et je rentrai et me dirigeai vers la salle de bains.
Je devais absolument me changer et prendre une douche pour effacer toute trace de marionnettisme.
J'étais sous la douche, savourant le bienfait de l'eau sur ma peau. La chaleur décontractait mes muscles tendus.
J'entendis Edward derrière la porte de la salle de bains.
- Bella ?
- Quoi ?
- Je peux entrer ? Je veux te parler avant que tu sortes.
Il n'attendit pas ma réponse pour ouvrir la porte.
Je soupirai. En plus d'être curieux, il était têtu !
Je sortis un bras de la douche.
- Tu pourrais me passer ma serviette ?
Je sentis sa main sur la mienne et glisser le long de mon bras.
Je voulais le laisser continuer mais je savais que ce n'était qu'une ruse pour m'empêcher de sortir.
Je retirai ma main et sortis de la douche, nue, pour aller chercher ma serviette de bains. Je sentais les yeux d'Edward me caresser mais je ne me laisserais pas faire pour qu'il réussisse à me garder enfermée. Il s'approcha de moi et me prit par la taille. Je sentis son corps chaud contre le mien. Son étreinte autour de moi était si agréable, si plaisante. Mais, non ! J'ai dis que je ne me laisserais pas faire. Je m'écartai de lui et il me regarda, surpris. C'était bien la première fois que je réussissais à lui résister.
Il fronça les sourcils.
- Es-tu furieuse après moi ?
- Un peu.
- Du fait que j'ai parlé à mon père de tes blessures. Je voulais qu'il t'examine.
Je ris sans vraiment d'humour.
- Non, Edward, ce n'est pas à ton père que tu en as parlé, c'est à toute ta famille !
- Je ne leur cache rien.
- Ha oui ? Et le pourquoi du comment tu dors chez moi, tu ne leur caches pas, peut-être ?
Il baissa la tête.
- Tu es dure.
Je sentais les larmes me monter aux yeux.
- Non, je ne suis pas dure ! Je suis…blessée ! Trahie !
Mes larmes avaient maintenant atteins mes yeux et coulaient. Plus j'essayais de les retenir et plus elles coulaient.
- …Perdue !…
Je trouvai la force de marcher jusqu'à ma chambre pour me poser sur mon lit. J'avais toujours meilleure allure ici, sur mon lit, qu'écroulée, à la salle de bains, devant Edward.
Je voulais me calmer mais Edward vint me rejoindre et mes larmes coulèrent de plus belle.
Il s'installa à côté de moi et me prit dans ses bras.
Une demi-heure plus tard, j'étais calmée. Ma respiration avait prit un rythme normal et plus aucune larme ne coulait de mes yeux. J'avais mouillé le t-shirt d'Edward en déversant mes larmes dessus.
Quand il vit que j'étais calmée, il déposa un baiser sur mon front et resserra son étreinte autour de moi.
Nous restâmes ainsi quelques minutes puis il rompit le silence.
- Qu'entendais-tu par 'blessée, trahie et perdue' ?
Je souris tristement.
- Tu ne me laisseras donc jamais de répit ?
- A quel propos ?
- Avec tes questions.
Il me sourit.
- Je ne te laisserai pas de répit tant que je n'aurai pas de réponse.
- Ca m'a blessée que tu parles de ma vie privée à tes parents, je me suis sentie trahie, et je me sens perdue parce que j'ai passé des mois à me trouver un équilibre que tu ne supportes pas aujourd'hui.
- Ha oui… Te faire du mal. J'oubliais que tu avais besoin de ça.
- Edward, ce n'est pas 'me faire du mal' à proprement parler, mais j'en ai besoin, pour surmonter tout ça. Regarde, je ne suis pas sortie hier soir, je n'ai pas supporté que tu leur parles de ça. Peut-être que si j'étais sortie, j'aurais pu me calmer, me contrôler… J'ai même réussis à te résister, imagines-tu ce qu'il me faut pour que j'arrive à un tel stade ?
- Je préfère ne pas imaginer.
Il ne dit rien pendant un moment puis reprit.
- Pourquoi t'es-tu absenté quelques mois du lycée ?
Pff, tout le monde en avait parlé au lycée, il connaissait déjà la réponse.
- Ne me pose pas une question à laquelle tu as déjà la réponse.
- Comment le saurais-je ?
- Tout le lycée en parlait, Alice me l'a dit.
- Je ne m'intéresse pas à ce que disent les gens. La plupart est faux.
- J'ai…perdu mon frère et mon père…
Il me serra plus fort puis déposa un baiser sur mon front et m'indiqua le couloir.
- C'est leurs chambres, là-bas ?
- Oui…
- Ceci explique donc cela.
Il semblait réfléchir et je ne voulais pas m'étaler sur ce sujet donc je me tu.
Je n'étais plus en colère contre lui. Je n'avais pas envie de sortir mais de rester avec lui, profiter du temps que je pourrais passer dans ses bras.
Il hésita puis me demanda.
- Veux-tu bien me raconter ce que tu as vécu après ça ?
Je relevai un peu la tête pour le regarder et son sourire rassurant me donna la force dont j'avais besoin.
- Ils étaient ma raison de vivre, ma vie, mon bonheur, mon tout. Après leur mort, je n'ai rien vécu… Je ne vivais plus, je n'avais plus goût à rien. Angela s'est occupé de moi pendant ce temps et j'avais arrêté de parler. Elle était la seule personne que je voyais et je l'ignorais. Et un jour, elle a craqué et m'a fait comprendre que je devais trouver un but, une raison de vivre. Je l'ai fait. Je me suis préparé pendant un mois, tous les jours, et quand j'ai été prête, je suis sortie. Mes sorties nocturnes sont ma nouvelle raison de vivre, c'est mon but, ce pour quoi je me bats.
- Si je comprends bien, ton père et ton frère, autrement dit, ta raison de vivre, sont partis et donc maintenant, tes virés le soir sont ta nouvelle raison de vivre.
- En quelques sorte… Pourtant, j'ai l'impression qu'ils sont encore là défois, quand je vais dans leur chambre ou que je fais quelque chose de dangereux, je les sens, ils sont là.
Il se raidit.
- Et quand nous… enfin quand nous sommes entrain de… faire l'amour… Ils sont là ?
Je ris.
- Non, je ne les ai jamais sentis. Ils nous laissent quand même de l'intimité. Et puis…J'ai autre chose à sentir dans ces moments là.
Il resta bouche bée quelques instants puis s'éclaircit la voix, ignorant mon dernier commentaire.
- Et Angela dans tout ça ? N'est-elle pas une bonne raison de vivre ? C'est une vraie amie, non ?
- Oui, elle l'est. Mais je suis un boulet pour elle, je le sais.
- Et donc tu vas te faire taper dessus…
- Non… Je fais une espèce de job dangereux. Je n'ai plus rien à perdre et le faire, je sais que ça sert à quelque chose. Si Angela me pers, bien qu'elle sera malheureuse, ça ne pourra que la soulager du poids que je suis devenue dans sa vie.
- Et si moi je te pers ?
Il avait voulu sa voix calme mais j'y sentais la peur.
Je ne répondis pas. Que pouvais-je bien répondre à ça ?
- Bella, imagines-tu ma vie sans toi ? Imagines-tu un monde dans lequel tu ne vivrais plus ? J'y serais mort, je n'y existerais plus.
Ses paroles m'avaient touché en plein cœur. Peut-être m'aimait-il vraiment. Il me serra plus fort contre lui et mes lèvres allèrent chercher les siennes. A ce simple contact, je sentis un puissant désir s'emparer de moi et avant que je ne me rende compte de mon geste, j'étais sur lui, provoquant des frictions entre nos deux corps pour mieux le sentir contre moi et l'embrassant fougueusement. Mes mains glissèrent sous t-shirt pour descendre plus bas, toujours plus bas… Je vis le désir noircir ses yeux verts et il me déshabilla en état d'urgence. Je lui ôtai ses vêtements au même rythmes et nous fîmes l'amour. Plusieurs fois, même.
Comme à chaque fois que nous faisions l'amour, j'avais l'impression que ma vie était un rêve –où un cauchemar- et que cet instant était mon réveil pour vivre à nouveau.
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Il s'était endormi. J'entendis sa montre sonner cinq heures du matin. Je ne ressentais pas un besoin puissant de devoir aller jouer mon rôle nocturne. Je me levai pour aller boire mais Edward se réveilla en sursaut et agrippa ma main.
Je le regardais, surprise puis compris ce qui le tracassait.
Je caressa son visage avec la paume de ma main.
- Je ne sors pas, je vais boire.
Il ne me répondit rien. Je pensai qu'il ne me croyait pas et qu'il s'attendait à ne pas me voir avant quelques heures.
Je descendis et bus un verre d'eau qui me fit un bien fou. Sentir l'eau fraîche couler à l'intérieur de mon corps brûlant, j'avais toujours adoré cette sensation.
Je sentis une main sur mon épaule. Je souris et me retourna mais il n'y avait personne. Ca devait être Charlie et Jacob. Je chuchota de façon à ce qu'Edward ne m'entende pas, il m'aurait pris pour une folle.
- Je vous aime…
Je vis la porte de la cuisine se refermer doucement. Ils m'avaient répondu.
Je remontai, le cœur gonflé d'avoir communiqué avec eux et léger en même temps.
Je m'installai contre Edward qui m'enlaça et me blottis contre lui.
- Alors c'est bien vrai, tu ne sors pas.
Il ouvrit les yeux et me sourit.
- Je peux être très stupide quelques fois, mais je ne mens jamais.
Il me serra plus fort et souris, taquin.
- Mais je n'ai jamais douté de ta parole.
Il referma les yeux. Je pensais qu'il se rendormait mais il reprit.
- Pourquoi as-tu fermé la porte de la cuisine ?
J'écarquillai les yeux.
- Je… Je ne voulais pas faire trop de bruit pour ne pas te réveiller.
Son visage s'approcha de moi et je sentis son nez caresser ma mâchoire.
Ouf !! Je préférais qu'il pense à ça plutôt qu'à la réponse de cette question.
Il grimpa sur moi et je sentis immédiatement l'envie qu'il avait provoquée en moi. Il m'embrassa puis s'attarda sur mon coup, ce qui augmenta mon désir.
Et pour la je ne sais combien de fois cette nuit, nous fîmes l'amour au point d'en mourir étouffé.
Mais cette fois-ci, c'était moi qui m'étais endormie avant lui.
