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Bon voilà le nouveau chapitre !

Je remercie au passage calypso78 qui m'a aidé pour mettre au point ce chapitre ainsi d'ailleurs que le précédent.

Enfin, je m'excuse de vous avoir laisser en plan aussi longtemps mais j'ai beaucoup de travail.

Sans plus de digression voilà le chapitre :

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Chapitre : 26 Le feu, le sang et Azkaban

Harry Potter venait d'être emmené à Azkaban.

Dès que la porte de la grande salle fut fermée, un brouhaha immense s'éleva dans le Hall, tous les élèves parlant de la scène à laquelle ils venaient d'assister. Parmi tous ces bavards, seuls Cédric Diggory, Roger Davis et les jumeaux Weasley eurent la présence d'esprit de regarder en direction de Montague.

Des larmes coulaient librement sur les joues du jeune génie en potion, qui regardait la porte close derrière laquelle Harry avait disparu comme si cette dernière menait en enfer.

-Ce bon à rien de Potter, je vous avais dit il y a des mois déjà que c'était lui. Si on m'avait écouté à l'époque, au lieu d'accuser Neville à tort à cause de la malédiction Fourchelangue que Potter lui a lancé, on n'en serait pas là ! éructa Ron Weasley à l'adresse de ses amis de Gryffondor qui grognèrent immédiatement leur acquiescement... Après tout, il était désormais bien connu que si Neville parlait fourchelangue c'était uniquement car Harry l'avait maudit !

Sans réfléchir un seul instant aux conséquences de ses actions, Archimède se jeta sur le garçon et lui expédia un monumental crochet du droit qui fracassa littéralement la face du meilleur ami du sauveur du monde sorcier. Un instant plus tard, Ronald Weasley s'effondra sur le sol avec un nez cassé et deux lèvres explosées sous les yeux éberlués de ses amis.

-Tu n'es qu'une merde Weasley, dit Archimède dont la voix résonna dans tout le Hall. Non, t'appeler ainsi est déjà te faire trop d'honneur. Tu es moins que de la merde. Une de tes amies gît à l'infirmerie et tu craches sur un innocent au lieu de l'aider. Si seulement tes parents ne t'avaient pas complètement pourri l'esprit avec toutes ces conneries de magie noire de pacotille, tu serais capable de t'en rendre compte, siffla-t-il avant de sortir de la salle tel un ouragan. Ni Minerva, ni Filius n'eurent visiblement le cœur de le rappeler à l'ordre et tous deux se précipitèrent vers Ron pour juger de son état.

-Ron peut se comporter comme un idiot parfois et...

-...il n'a certainement pas volé cette petite correction cependant...

-…tu devrais aller voir Archie et lui parler, dirent en cœur Fred et George en direction d'un Cédric Digori stupéfait, avant d'aller voir de leur côté comment se portait leur petit frère.

Sortant de la Grande Salle à longues enjambées, le poufsouffle entreprit de rattraper son ami qui ne fut pas difficile à trouver, puisqu'il s'était réfugié dans la première classe abandonnée disponible et paraissait en proie à une crise de démence.

-Imbécile !

Entendant le hurlement facilement reconnaissable de Archimède, Cédric pénétra dans une petite salle abandonné, et y trouva son ami en train de détruire tout le mobilier à coup de poing en hurlant.

-C'est entièrement ma faute ! Putain de merde, c'est ma faute ! cria Archimède en jetant de toutes ses forces une petite armoire contre un mur sur lequel elle parut exploser.

- Archie, calme-toi ! ordonna fermement Cédric en direction du Serdaigle qui tourna vers lui des yeux brillants de larmes et injectés de sang.

- Calme-toi ? CALME-TOI ! rugit le brun en direction de Cédric. Comment veux-tu que je me calme alors que Harry est à Azkaban à cause de MOI !

Archimède était peut-être incroyablement grand, mais Cédric n'avait rien d'un gringalet non plus... Une chose qu'il avait visiblement a cœur de montrer puisqu'il gifla Archie avec force à deux reprises avant de saisir fermement un Montague choqué par les épaules et de le secouer un instant.

- Calme-toi maintenant et dis-moi pourquoi au nom de Merlin, tu sembles être persuadé que c'est de ta faute si Harry a été arrêté, ordonna Cédric avec toujours autant de calme et de fermeté.

-Tu ne comprends pas ? demanda Archimède. C'était un complot ! Fudge et Malfoy voulaient se venger de Harry. Alors ils ont monté l'opinion publique contre lui et lui ont collé le meurtre sur le dos uniquement en se servant du fait qu'il peut parler au serpent. Ce qui veut dire que si je n'avais pas bêtement dit à tout le monde que Harry était Fourchelangue, ils n'auraient eu aucun motif pour l'arrêter ! C'EST DE MA FAUTE !

Cédric ignora complètement la logique défaillante de son ami et le gifla une nouvelle fois avec considérablement plus de force. D'abord parce que c'était marrant et ensuite parce qu'il fallait sérieusement que Montague se calme afin qu'ils puissent réfléchir tous deux au problème.

-Mais, tu vas arrêter de me frapper oui ? grogna finalement Archimède en frottant sa joue endolorie.

-Seulement si tu te calmes et que tu commences à réfléchir intelligemment au problème. Que t'a dit Harry juste avant que les Aurors ne l'emmènent ?

Archie prit plusieurs longues inspirations pour se calmer et se remémora exactement ce que Harry lui avait dit. Brusquement ses yeux s'écarquillèrent. Il s'arracha à la poigne de son ami et se redressa de toute sa haute taille.

-Cédric suis moi, nous devons aller à la cachette de Harry, lança brusquement le brun avant de se diriger rapidement vers le couloir en tirant son ami derrière lui par le poignet.

-La cachette, quelle cachette ? demanda Cédric alors qu'il se faisait traîner par le Serdaigle hystérique à travers différents couloirs.

-Ce que la plupart des gens ignore concernant Harry, commença Archimède alors qu'il prenait un virage serré en direction de la tour de Serdaigle, c'est qu'il est encore bien plus avancé en magie que tout le monde le suppose. En fait, il pourrait aujourd'hui se présenter a certains Aspics et passer brillamment, expliqua Archie en direction du Poufsouffle qui paraissait choqué par l'information. Dis-moi Cédric, quelles sont les choses constantes dans la vie de Harry ?

-Euh... la lecture et le Quidditch, répondit Cédric sans trop savoir où Montague voulait en venir.

-Exactement ! répondit Archie en faisant pénétrer un Cédric ébahit dans la salle commune des Serdaigles. Dis-moi, à ton avis pourquoi Harry passe la majorité de son temps à lire à l'école quand il pourrait déjà passer un grand nombre de ses examens de fin de parcours ?

-Je ne sais pas. Il pourrait euh... travailler sur d'autres sujets plus avancé ? essaya-t-il au hasard.

-Exactement, répéta le brun. Bien que tu n'aies aucune idée d'à quel point ces sujets sont avancés. En fait, je suis à peu près sûr que Harry est un maître de spirimagie, et prépare un Masterium Arcanius en métamorphose, charme, duel, arithmancie, et études des runes en plus de ses études en médicomagie et Merlin sait quoi d'autre, expliqua Archie alors que Cédric s'arrêtait brutalement en ouvrant bêtement la bouche.

-C'est impossible ! s'exclama Diggory avec une absolue certitude. Le Masterium Arcanius est la plus haute distinction honorifique de maîtrise universitaire d'un sujet magique. En obtenir un seul peut prendre une dizaine d'années et il n'y a que deux étudiants, au cours des cinq cent dernières années, à en avoir obtenu un avant de quitter Poudlard. Les chances de réussir un pareil exploit sont proches de zéro.

Archie se retint de dire à son ami que lui-même comptait bien en obtenir en potions et reprit la parole.

-Cédric, Harry a toujours refusé de me parler de ses recherches personnelles, mais lorsque nous étions en deuxième année, j'ai vu Harry transformer de manière définitive un cure-dent en une gigantesque lance constituée d'argent pur sans prononcer le moindre mot. As-tu la plus petite idée de combien de règles de la transfiguration cet exploit contredit ?

-A peu près toutes je crois, murmura Cédric en ouvrant de grands yeux complètement choqués.

-Exactement. Et cela, Harry l'a réalisé alors qu'il n'était pas à Poudlard depuis moins de deux ans. Bien, pour en revenir à notre sujet, continua Archimède, Harry ne pouvait pas s'amuser à s'entraîner et à étudier ce genre de magie au milieu de la salle commune avec tous les autres élèves aux alentours. Harry est une personne très privée... hum en tout cas en général, grommela un peu platement Archimède en se souvenant que son ami était désormais le mannequin de Coca-Cola pour le monde magique.

Il s'arrêta devant un buste de marbre.

-Et alors ? demanda Cédric en regardant l'étrange sculpture de style victorien devant laquelle Archimède venait de s'arrêter brusquement.

-Alors... Il a trouvé ce repaire pour pouvoir étudier en paix, expliqua Archimède avant de gifler à sept reprises les fesses de la statue en forme de sirène qui émit un glapissement aiguë et commença à bouger.

Le Poufsouffle regarda ensuite avec effarement la petite pièce remplie de vieux tomes poussiéreux qui lui faisait face. Des centaines de livres écrits dans différentes langues et tous plus complexes les uns que les autres s'entassaient sans ordre apparent dans le bureau qui était éclairé par d'étranges globes lumineux de nature inconnue.

Sur le bureau cependant, se trouvait un seul livre et Archie s'en saisit rapidement avant d'en déchirer le titre.

'Les mémoires de Salazar Serpentard'

Traduction complète du Fourchelangue à l'anglais par H.J. POTTER

-Oh mon dieu, il l'a fait, murmura le brun en regardant le petit tome, complètement estomaqué par le génie de son ami. Tandis que Cédric, complètement abasourdit, regardait lui aussi le journal avec de grands yeux.

-Que qu'est-ce que ça veut dire ? demanda le Poufsouffle.

-L'an passé, Harry a gagné le journal intime de Salazar lors du tournoi de Gringotts. Il a ensuite passé des mois à en briser les protections magiques. Il a dû finir de les briser récemment avant de le traduire.

Ouvrant le petit livre, Archie vit avec surprise une petite carte en tomber. Il la ramassa et commença à la lire.

Cher simplet,

Si tu lis ces lignes, c'est que mes pires prédictions se sont avérées être exactes. Ne fatigue pas ton petit cerveau mollasson à essayer de comprendre la situation, contente toi de lire le journal en entier. Je n'ai traduit qu'une seule année du tome original, mais tu te rendras compte que c'est la plus importante et adaptée à la situation qui nous préoccupe en ce moment. Prends cette affaire au sérieux Archimède, car dans ce journal se trouvent les clefs qui te permettront de me faire libérer...

Azkaban n'étant pas un lieu de villégiature agréable, je te conseille de donner le meilleur de toi même si tu ne veux pas que je sois forcé de m'évader pour te botter les fesses.

Travaille bien,

Ton seigneur et maître.

-Par le crâne chauve de Mordred, souffla Cédric clairement choqué.

-Le sale petit Serpent... Il avait prévu qu'il pouvait se faire arrêter et il ne m'a rien dit, gronda Archimède à mi-voix avant de reculer d'un pas et de rejeter sa tête en arrière et de hurler de toute la force de ses poumons une phrase libératrice : Harry espèce de misérable Veracrasse scatophile !

-Mais qu'est-ce que ça veut dire, nom d'un petit dragon ? craqua Cédric qui n'appréciait pas de ne rien comprendre à tout ce fiasco.

-Je n'en suis pas encore sûr, répondit Archimède de nouveau calmé. En tout cas, si ce que je suspecte s'avère exact, alors ce foutu Potter est un génie parmi les génies, murmura Archie alors qu'un étrange sourire éclairait son visage.

-Et qu'est-ce que nous devons faire maintenant ? demanda Cédric en prouvant par l'emploi du nous, qu'il avait bel et bien sa place à Poufsouffle, maison de l'amitié et de la loyauté. Car en ce bas monde, bien peu de gens pouvaient rêver d'un ami aussi fidèle que l'héritier Diggory.

-Maintenant, on va lire ce fichu journal comme Harry l'a suggéré et ensuite, nous allons faire libérer ce sale petit serpent ! Fudge et Malfoy ont peut être gagné cette bataille, mais je ne les laisserais pas gagner la guerre, répondit Archimède avec une étrange grimace.

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Harry ouvrit les yeux et leva la tête afin de mieux percevoir le paysage incroyable. Au loin, un ciel étoilé et lumineux emplissait l'horizon. Une lande ténébreuse s'étendait à perte de vue dans toutes les directions et des brumes colorées flottaient au hasard dans ce monde déchiré. Au centre de la lande aride se trouvait un lac sombre et inquiétant. Au milieu du lac une tour d'obsidienne se dressait fièrement, défiant les cieux de sa beauté insolente...

Harry sourit. En ce lieu étrange, il se savait parfaitement en sécurité, et pour cause. Il était dans son esprit : Un esprit unique et magnifique qu'il avait forgé au cours des dernières années à force de temps et de travail.

Regardant la barrière magique qui entourait son monde psychique, Harry secoua la tête et commença a travailler afin de renforcer ses toutes premières défenses avant de se recentrer sur les lignes de protection suivantes. En effet, allant bien au-delà des méthodes préconisées par les manuels, le jeune mage ne s'était pas contenté du bouclier sphérique qui entourait son esprit, mais s'était fabriqué un véritable univers mental à l'intérieur de ses défenses naturelles.

Entouré d'un bouclier d'énergie magique, le ciel lointain constituait un labyrinthe dont les détours sans fin ne pouvaient être traversés par un esprit étranger. La lumière diffuse qui provenait des étoiles irradiait cet univers et brûlerait instantanément tout intrus suffisamment fou pour s'y aventurer. La gravité était en outre insurmontable, le sol empoisonné, et l'air lui-même était vicié pour tout autre esprit que celui de Harry.

Au centre de son esprit, des pièges qu'il avait nommé le lac des temps anciens et les brumes du souvenir, plongeraient toute entité psychique capable de s'en approcher dans un sommeil sans retour avant de la perdre dans un abîme où la magie le temps et l'espace disparaissaient pour ne plus former qu'un maelström de chaos capable d'arrêter n'importe quel sortilège d'amnésie, Harry comptait bien l'adapter désormais afin de contrer le pouvoir psychique des Détraqueurs.

Vérifiant que toutes ses défenses se comportaient comme prévu, Harry renforça un instant la magie qui sous-tendait la défense qu'il avait spécifiquement mise en place afin de contenir l'aura des Détraqueurs puis leva les yeux.

Au cœur même de son esprit, la grande tour d'obsidienne surmontée d'un brasier d'une blancheur argentée semblait surveiller la lande. Cette zone de la psyché qui lui servait à abriter sa magie et ses souvenirs, était sa plus belle création. Composée de magie spirituelle parfaitement pure et sans la moindre ouverture, elle était quasiment infranchissable.

Particulièrement fier de son accomplissement, Harry se téléporta au sommet de la tour et fusionna avec le brasier argenté avant d'apparaître au cœur même de l'édifice. Laissant son regard errer tout autour de lui, le jeune mage sourit. Il avait réussi à donner à ses souvenirs l'apparence de cristaux qu'il avait organisés en une incroyable sphère qui paraissait graviter autour d'une étrange énergie dorée.

Cette organisation lui permettait d'avoir accès à chaque instant aux souvenirs et aux émotions désirées. En effet, s'inspirant des ordinateurs moldus et de leurs programmes, Harry avait également réussit à créer deux boucles d'énergie mentale auto programmée : l'une permettait à ses nouveaux souvenirs de rejoindre automatiquement leur place au sein de l'incroyable édifice, tandis que l'autre dévoyait en permanence une partie de son esprit au renforcement de la tour et de ses défenses...

Ce qui limitait désormais son travail à des efforts de maintenance réguliers des barrières extérieures et à l'ajout de nouveaux pièges... ou dans ce cas précis, à l'exécution du plan de secours qu'il avait préparé il y a de cela plusieurs semaines.

Se concentrant un instant, Harry renforça une dernière fois ses défenses et laissa tous ses sentiments d'indifférence entourer son esprit et le protéger en partie de l'aura sombre des Détraqueurs. Enfin, Harry Potter revint dans le monde réel et ouvrit les yeux.

Le spectacle n'avait rien de très ragoûtant. Des murs sombres et humides, de grosses pierres noires, et des moisissures. Voilà tout ce qu'il y avait à voir au sein d'Azkaban.

L'Auror qui se tenait devant Harry leva sa baguette et une mince lumière bleue entoura tout les sorciers présents, les protégeant efficacement de l'effet des Détraqueurs alors qu'ils descendaient en direction du quartier de haute sécurité de la prison, un endroit plus communément connu comme l'enfer parmi la population magique.

Les portes se succédèrent, chacune d'entre elles ressemblant à la précédente, les couloirs s'enchaînèrent à l'infini et plus les sorciers descendaient, plus l'aura démoniaque des détraqueurs se faisait présente, pénétrant à présent la défense magique des Aurors et même les boucliers psychiques de Harry.

Après quelques minutes, l'architecture parut changer et l'air sembla s'épaissir. Les couloirs n'étaient plus désormais que des grottes, la magie empesta le pouvoir des Détraqueurs et même en présence de la défense magique des Aurors et de ses propres boucliers mentaux, Harry Potter sentit qu'il ne pouvait pas arrêter la totalité de l'énergie des démons. Ses souvenirs étaient certes à l'abri, cependant, au plus profond de lui, Harry Potter était glacé par la magie démoniaque.

Lorsqu'ils furent finalement arrivés dans un bloc de détention contenant quatre petites cellules, l'un des Aurors retira les menottes qui entravaient Harry et le projeta violemment dans une minuscule cellule sombre avant de faire disparaître ses vêtements d'un seul geste de sa baguette.

Nu, glacé jusqu'aux os et opprimé par le pouvoir ténébreux des démons d'Azkaban que même son occlumancie ne pouvait repousser entièrement, Harry Potter s'effondra sur le sol.

Lucius et Cornelius regardèrent l'ensemble du procédé avec un sourire entendu et congédièrent ensuite poliment les Aurors qui s'inclinèrent et sortirent du bloc de détention, abandonnant leur place à un groupe de Détraqueurs. Lucius recréa un petit sortilège de protection qui l'engloba lui et le ministre, les protégeant partiellement de l'aura démoniaque des créatures abjectes.

Renforçant son occlumancie au maximum et écartant avec fougue la spirimagie des créatures, Harry Potter fit appel à toute sa volonté, a cette force de caractère qui avait toujours fait sa grandeur et lentement il se releva, le visage impénétrable.

-Vous êtes étrangement calme pour quelqu'un qui profite pour la dernière fois de la compagnie des hommes. Après tout, seul les Détraqueurs seront désormais habilités à vous voir jusqu'à ce que vous mouriez dans cette même cellule, ricana Fudge en reniflant de manière méprisante pendant que Malfoy commençait sa propre diatribe.

-Il est vraiment malheureux que vous ayez décidé de vous moquer de moi lors de ce tournoi Potter, vous étiez ce qui était arrivé de mieux à l'équipe d'Angleterre depuis un bon moment. Cependant, je suis sûr que d'une manière ou d'une autre, l'Angleterre saura se remettre de votre perte tragique, le titilla le grand seigneur blond avec une fausse sympathie mielleuse, avant de soupirer dramatiquement tandis que Fudge plus souriant que jamais reprenait la parole.

-Vous voilà bien remboursé pour avoir osé me discréditer en face du Magenmagot. Au passage, je me permets d'ailleurs de vous souhaiter le bonjour de la part de Madame Ombrage qui m'a demandé de vous demander si vous compreniez maintenant ce qui arrive aux enfants qui refusent de rester à leur place, expliqua le premier ministre d'un ton guindé et pompeux.

-Et bien n'avez-vous rien à di…, commença à ricaner Malfoy

-Comme vous êtes bavard, mon cher Cornelius, si confiant en votre victoire, se moqua ouvertement Harry. Vous êtes si imbu de votre adipeuse petite personne que vous êtes incapable de voir ce qui vous pend au nez, mais vous découvrirez vite que mon empreinte sur Poudlard et le monde sorcier ne sera pas si facilement effacée répondit tranquillement Harry en réprimant un frisson par la seule force de sa volonté pendant que Malfoy, qui avait été interrompu et ignoré, rougissait sous l'effet de la colère.

-Bien sûr que je suis confiant misérable avorton, rugit le petit ministre en sortant d'un seul geste la baguette de Harry de sa poche intérieure avant de l'agiter d'un geste moqueur. Vous êtes enfermé dans une cellule sans fenêtres dans les profondeurs d'Azkaban, gardé par une armée de Détraqueurs, nu comme au jour de votre naissance... Vous n'êtes plus rien Potter, et bientôt votre misérable lycanthrope de gardien vous rejoindra en enfer, cracha Fudge avant de reculer d'un pas lorsque Harry Potter se rapprocha de la grille d'un geste fauve.

Le jeune mage s'immobilisa à quelques centimètres des barreaux et fixa ensuite les hommes qui lui faisaient face avec un mépris évident. Lentement, il tourna un regard dédaigneux en direction des Détraqueurs et se redressa. Tous ses muscles fins se détachant parfaitement dans la lumière tamisée alors que les orbes vertes qu'étaient ses yeux flamboyaient. Même nu au fond de l'enfer, le dernier des Potter irradiait d'une force et d'une noblesse qu'aucun des deux autres sorciers, pourtant armés et vêtus de leur plus beaux atours, ne pouvaient approcher. Et tous deux en étaient cruellement conscients.

Nul mot n'était nécessaire et Harry se contenta de sourire aux deux hommes qui lui faisaient face et ce sourire irradiait d'une telle confiance et d'une telle moquerie que Lucius et Fudge en furent un instant déstabilisés.

Refusant de faire montre de faiblesse le petit ministre se ressaisit et s'avança à nouveau d'un pas.

-Même si votre innocence finit par être prouvée, ce qui n'arrivera pas, le froid, les Détraqueurs, le manque d'eau et de nourriture vous auront déjà tué d'ici là. Je vous souhaite bonne chance dans l'après vie où vous apprendrez peut être à respecter ceux qui vous sont supérieurs. Adieu, cracha Fudge en brisant la baguette de Harry d'un seul geste avant de la jeter dans sa cellule comme on lancerait un os rongé à un chien et de quitter les lieux en compagnie de Malfoy.

-Crétins, murmura Harry avant de se concentrer.

L'instant était crucial. Ce qui allait suivre allait probablement déterminer son avenir et décider de ses chances de survie.

Depuis toujours, Harry Potter était capable d'utiliser sa magie sans avoir recours à une baguette. Cependant, jusqu'à ce jour, il s'était contenté de réaliser des charmes, c'est à dire des accumulations ordonnées de magie soigneusement positionnée. Mais à présent, il devait dépasser ce stade, car il lui fallait bien plus que quelques charmes afin d'espérer survivre à l'enfer et sortir vivant d'Azkaban.

Conscient de ce fait et sachant parfaitement que Malfoy complotait dans l'ombre afin de le détruire depuis l'avertissement de Narcissa en début d'année, Harry Potter avait tenté d'anticiper toutes les possibilités et voilà pourquoi depuis plusieurs mois déjà, il s'entraînait afin de passer à la prochaine étape de la magie sans baguette : les maléfices et les transfigurations.

En effet, métamorphose et maléfice fonctionnait différemment des charmes, en cela qu'il n'était pas nécessaire d'agencer sa magie, mais qu'il fallait en revanche en changer la nature. Grâce à un intense travail de projection mentale et de contrôle, un sorcier pouvait changer la nature même de son énergie magique afin de lui conférer les propriétés désirées avant de la relâcher en ce que l'on nommait communément un maléfice.

L'énergie préalablement formée pouvait alors influencer sa cible en fonction des propriétés préalablement conférées, et une transfiguration n'était rien de plus qu'un mélange de charmes et de maléfices, puisqu'il s'agissait d'agencer des magies préalablement modifiées.

Harry, jusqu'à très récemment, n'avait jamais été capable de voir à l'aide de sa vision céleste le processus qui permettait cette transformation magique, pour la simple et bonne raison que ce dernier était trop rapide. Cependant, à force d'entraînement et de concentration, ainsi que grâce à l'aide de certains rituels, les choses avaient peu à peu évoluées et depuis à présent trois mois, Harry Potter commençait à être capable de décortiquer le processus de transmutation à la base de la modification de l'énergie magique des maléfices. Fort de cette avancée brillante qui avait été à la base de ses plus récents efforts, Harry avait entrepris depuis la rentrée scolaire d'apprendre à lancer des maléfices sans baguettes.

Longtemps ses efforts étaient restés vains. Cependant, Harry Potter n'était pas homme à abandonner. Jour après jour, nuit après nuit, il avait travaillé encore et encore jusqu'à ce que finalement, deux semaines plus tôt, il ne connaisse ses premiers succès.

Il fallait désormais voir si il serait capable, au cœur d'Azkaban, alors même que son esprit était en grande partie occupé à tenter de repousser la spirimagie démoniaque des détraqueurs, d'utiliser ce talent qu'il avait tant travaillé pour acquérir.

Joignant ses deux mains devant lui, Harry Potter ferma les yeux. Lentement, une aura de lumière argentée commença à l'entourer. Peu à peu, l'intensité de cette dernière crût en puissance et la lumière commença lentement à converger en direction de la main de Harry. L'intensité du pouvoir crût jusqu'à devenir aveuglant et dans un flash incroyable de lumière, une silhouette argentée et mal définie jaillit de ses mains et vint se camper devant les barreaux de sa cellule, le protégeant en partie des pouvoirs méphitiques des détraqueurs qui sifflèrent de colère en apercevant le Patronus a demi formé.

Soufflant de soulagement alors que la pression mentale, qui menaçait de broyer son esprit, se relâchait un peu, Harry laissa un mince sourire retrousser ses lèvres en une étrange expression prédatrice, alors qu'il regardait les deux bouts de bois brisés qu'il tenait en main.

Son plan de secours avait marché et une nouvelle fois, il avait réussi à manipuler le ministre de la magie afin d'assurer sa survie.

En effet, non seulement Fudge dans son arrogance et sa colère, avait été suffisamment stupide pour présumer que Harry était incapable d'utiliser sa magie sans baguette et n'avait donc pas jugé utile de l'affabuler de suppresseurs magiques habituellement utilisé, qui sans cela aurait bien sur complètement paralysé son pouvoir, mais en plus, il lui avait fourni lui-même une porte de sortie : le moyen de survivre dans cet enfer.

-Comme si j'allais laisser ces simplets poser la main sur ma partenaire, ricana Harry avant d'agrandir les bouts de la fausse baguette que Fudge venait de briser d'un simple geste de la main et de déverrouiller un petit compartiment secret caché à l'intérieur. Il en sortit ensuite un assortiment de minuscules potions auxquelles il rendit leur taille normale d'une nouvelle passe.

Fermant ensuite rapidement les yeux et se concentrant intensément alors que son Patronus incomplet commençait à faiblir, il joignit à nouveau les mains et l'air parût onduler autour de lui.

Utilisant tout le savoir-faire qu'il avait pu acquérir au cours des dernières semaines, il transfigura de son mieux sa cellule en y faisant apparaître une chaise et un lit simple mais de bonne facture.

L'héritier Potter conjura ensuite un petit feu qui lui permit de réguler la température de la pièce et dans lequel il jeta les bouts de bois cassés devenus inutiles, avant de regarder les étranges concoctions qu'il tenait en main.

Le visage de Harry se détendit un peu avant de revêtir une expression triomphale, tandis qu'il ingurgitait la potion nutritive super condensée qui serait suffisante pour le nourrir durant plus de deux mois et de ranger les autres potions dans un cailloux qu'il métamorphosa en coffret.

L'attaque de Malfoy l'avait prise un peu au dépourvu et s'il avait anticipé une manœuvre de ce genre, elle était arrivée plus d'un mois avant ses calculs les plus défaitistes, ce qui ne lui avait pas laissé le temps de prévenir qui que ce soit de ses projets et l'avait contraint à faire appel à son plan de secours. Un plan dont la réussite dépendrait désormais uniquement de Archimède Montague. Cependant ce n'était pas une raison pour se laisser aller, et il devait désormais adapter ses projets : son séjour à Azkaban venait de commencer et il avait beaucoup de travail devant lui.

Se concentrant un long moment, Harry s'immergea dans son sixième sens. Il laissa sa vision céleste analyser la faible magie qui verrouillait sa cellule et n'aurait pas dû être mise à contribution puisque, n'eusse été la négligence de Fudge, il aurait comme tous les autre prisonniers été incapable d'utiliser sa magie. Comprenant finalement le fonctionnement du charme, il leva sa main gauche et d'une décharge de magie précise, ouvrit la porte de sa cellule avant de sortir d'un pas tranquille.

Apercevant les deux Détraqueurs probablement responsables de ce bloc de la prison, il leva les deux mains, ferma à nouveau les yeux et accumulant une grande quantité de magie, il parvint à faire apparaître un nouveau Patronus un tout petit peu mieux définit que son prédécesseur qui venait de disparaître.

Bien que le sortilège n'ai pas fini de prendre forme, les démons décidèrent de fuir en direction d'un bloc de prisonniers adjacent. Après tout, les prisonniers ne pourraient pas s'enfuir de toute façon et celui la paraissait trop dangereux pour être intéressant. Le Patronus les faisait souffrir et ruinait leur festin alors qu'il y avait des banquets autrement plus savoureux juste à côté !

Laissant son puissant sortilège se dissiper avant même d'avoir été complètement formé, Harry secoua la tête. La magie oppressive des monstres continuait malgré tout de labourer ses défenses mentales et il devait dévoyer une part importante de sa concentration afin de les bloquer. Songeant tristement qu'il faudrait vraiment qu'il trouve un moyen plus efficace que le sortilège de Patronus afin de combattre les Détraqueurs avant de partir de cette foutue prison si il ne voulait pas que son esprit soit détruit par la puissance des démons, Harry soupira.

Crachant ensuite dédaigneusement en direction de la porte qui venait de se sceller derrière les détraqueurs et analysant un instant les puissants enchantements qui assuraient la sécurité du bloc de la prison, Harry retint un grondement lorsqu'il devint parfaitement clair qu'il ne pourrait pas briser ces enchantements surpuissants avant plusieurs mois d'études et se tourna en direction des trois autres cellules qui était adjacentes à la sienne.

S'avançant dans le minuscule couloir, Harry leva la main droite et illumina la première de cellules en y faisant apparaître un petit globe de lumière bleuté. Au fond de cette dernière, un homme au teint cadavérique le fixa avec un regard vitreux et cligna une fois des yeux.

Le dernier des Potter déverrouilla la porte de la cellule et y pénétra d'un pas assuré, il s'agenouilla ensuite près de l'homme et le fixa un instant dans les yeux, plongeant sans difficulté dans l'esprit torturé du pauvre homme dont toute les défenses psychiques avait depuis longtemps été brisé par les démons. Il en sortit un instant plus tard et secoua tristement la tête. Tout comme lui, l'homme était innocent. Il avait commis l'erreur de séduire l'héritière d'une puissante famille de Sang Pur et de la mettre enceinte alors que lui-même n'était qu'une sorcier né moldu. La jeune femme avait été tuée par son propre père et on l'avait accusé du meurtre. On l'avait ensuite condamné à perpétuité pour viol agavé et meurtre avec préméditation avant de l'emmener en enfer, il y a de cela plus de vingt-cinq ans.

Harry Potter était un homme froid. Cependant même sa nature calme fut durement épouvantée par l'agonie qu'avait vécue cet homme. Au sein de son esprit malade, il ne restait plus le moindre désir, plus le moindre rêve, plus le moindre espoir. Il ne restait que souffrance. Brusquement l'homme saisit Harry par le poignet, ses yeux redevenant vivants durant une seconde et d'une voix rauque, il murmura une unique phrase avant de sombrer à nouveau dans la folie et la souffrance : Tue moi.

Harry Potter se leva lentement, son visage inexpressif. Sans un mot, il saisit le visage de l'homme entre ses mains et commença à incanter dans une langue étrange et gutturale. Le temps sembla se figer, les secondes passèrent puis les minutes et enfin, un étrange éclair verdâtre explosa dans la pièce. Une centaine d'émotions traversèrent le visage de l'homme en un instant puis brusquement le voile qui recouvrait ses yeux disparu.

-Je ne pouvais pas vous sauver, car votre âme a trop souffert. Je ne pouvais pas vous libérer car il ne vous reste plus assez de temps à vivre pour que je puisse briser les enchantements à temps. Il ne m'appartenait pas de vous tuer, mais je pouvais vous rendre votre dignité. Toute ma vie durant, je n'ai étudié que dans le but de soigner l'esprit de ma mère et de ma sœur et c'est la raison pour laquelle aujourd'hui, j'ai pu restaurer votre esprit et votre libre arbitre, tout ce qui fait de vous un homme, afin que vous puissiez quitter ce monde dignement, murmura le dernier des Potter d'un ton impénétrable.

L'homme qui lui faisait face et qui venait à l'instant de retrouver toute santé mentale, le regarda un moment dans les yeux et hocha la tête en guise de reconnaissance avant de tendre une main cadavérique paume ouverte.

Ce fut tout ce dont avait besoin Harry pour savoir ce que voulait le pauvre homme. Saisissant une petite pierre, d'un geste de la main, il la métamorphosa en un couteau finement ornementé et le tendit au prisonnier. Le pauvre hère déplia son bras cadavérique et s'en saisit.

Sans un mot, Harry Potter se détourna et sortit de la cellule. Alors seulement il se retourna et croisa une dernière fois le regard de l'innocent qui avait passé la majeure partie de sa vie en enfer. L'homme et l'adolescent restèrent un long moment silencieux puis Harry hocha une seule fois la tête. Lentement, celui qui s'était un jour appelé John Macalyster lui rendit son salut avant de lever le couteau que venait de lui offrir le dernier des Potter et d'un seul geste sûr, il se planta la lame dans la poitrine.

Harry ne cligna pas des yeux, il ne détourna pas le regard et pas un muscle de son visage ne tressaillit. Il regarda fixement l'homme prendre une dernière inspiration et mourir.

Alors seulement, il leva à nouveau les mains, et brusquement, les pierres de la cellule commencèrent à se réorganiser en un grand cercueil dans lequel il lévita le cadavre de l'homme. Deux éclairs déchirèrent la pièce et Harry Potter ferma la porte de la cellule avant de se détourner afin de regagner sa propre enclave ou il s'effondra, vidé de toutes ses forces magiques.

Juste derrière lui, dans la petite cellule trônait un magnifique cercueil qui paraissait fait de bronze finement ouvragé. Juste au-dessus de la sépulture, une inscription était gravée profondément dans le mur de pierre :

Vous qui m'avez emprisonné,

craignez la vengeance des damnés.

La vérité un jour sera révélée,

mon nom autrefois souillé sera lavé,

Les tortionnaires trop vite oubliés,

par leur crime seront rattrapés,

Et ma mémoire enfin sera vengée !

Vous qui contemplez ce mausolée,

Craignez l'ombre de vos fantômes passés.

Ci gît John, Adam, Macalyster le réprouvé

Par une mort honorable de ses chaînes il s'est libéré,

Et dans cette vie ou une autre, il sera vengé.

.

Les semaines avaient rapidement passé à Poudlard suite à l'emprisonnement au combien public de Harry et l'école était désormais scindée en deux groupes. Ceux qui pensaient Harry coupable, et crachaient sur son simple nom. C'étaient en fait majoritairement des Gryffondors, qui semblaient encore rancuniers qu'on ait osé parler durant un temps de Londubat comme du Seigneur des ténèbres responsable des attaques. Et d'un autre coté ceux qui croyaient Harry innocent faute de preuves et qui étaient constitué de la majorité des Serdaigle et d'un bon nombre de Poufsouffles menés par Cédric.

Les Serpentard eux, ne se prononçaient pas. Ils étaient bien trop occupés à rigoler en se moquant des Serdaigles et de la perte de leur étoile montante.

Le monde sorcier tout entier paraissait chamboulé par les répercussions de l'emprisonnement.

Lorsque deux semaines plus tôt, un groupe de vampires à l'air mafieux avait fait irruption par surprise dans le Hall du ministère de la magie et exigé la libération de Harry Potter... toute l'administration avait tremblée jusqu'à ce que les monstres ne soient obligés de fuir devant l'arrivée des Aurors. .. Une semaine plus tard, lorsque Rémus Lupin avait fait une entrée fracassante dans l'antichambre du Magenmagot, accompagné d'une bonne dizaine de lycanthropes, en exigeant de voir son fils adoptifs et en demandant pourquoi aucun procès n'avait été organisé, tous avaient compris que les choses ne pouvait qu'empirer.

En effet, à l'annonce de l'emprisonnement sommaire de son protégé à Azkaban, les yeux de Lupin avaient pris une couleur ambrée, son pouvoir avait explosé dans la pièce et il avait rejeté la tête en arrière en poussant un hurlement inhumain, avant de sortir du Ministère en jurant que si on ne lui rendait pas rapidement son fils, l'affaire se terminerait dans le sang.

Les tensions entre les différentes communautés magiques et les sorciers étaient à leur comble depuis ce jours. C'est la raison pour laquelle on pouvait à toute heure du jour et de la nuit, distinguer des patrouilles de vampires à l'apparence démoniaque ou de lycanthropes aux yeux ambrés, retourner chaque pierre de l'Allée des Embrumes à la recherche d'informations sur les tenants et les aboutissants de toute cette histoire. Toutes les créatures non humaines ayant un jour trouvé refuge dans l'Antre de Lunard pour échapper à des chasseurs ou aux persécutions, voyaient dans l'emprisonnement de Harry une attaque directe de l'administration Fudge et très rapidement, plus aucun employé officiel du ministère n'osa s'aventurer près du Lupanar.

Le ministère était quand a lui en état d'alerte maximal et tous savait que si les tensions ne retombaient pas le gouvernement se lancerait très bientôt dans des arrestations sommaires.

A l'école, les choses n'étaient pas aussi drastiques et bien qu'officiellement, le règne de terreur de Harry Potter ait pris fin, les élèves les plus intelligents eurent tôt fait de faire remarquer avec morgue que toutes les précédentes consignes de sécurité étaient encore en application, et que les gens craignaient toujours de se déplacer dans les couloirs sombres.

Au milieu de cette frénésie étrange, seules deux personnes paraissaient comprendre un tant soit peu ce qu'il se passait.

-Par le con baveux d'une harpie hémophile ! souffla Archimède, résumant en quelques mots un sentiment étrange qu'il peinait jusque-là à extérioriser.

-Comme tu dis. Comment ce dégénéré a-t-il pu appeler sa bête Mathilda? grommela Cédric qui venait lui aussi de finir de lire les mémoires de Salazar.

-Oui, drôle de nom pour un basilic, murmura le grand brun qui paraissait bien plus pâle qu'à l'ordinaire. Tout prend forme à présent, continua le Serdaigle. Les indices dont m'a parlé Harry sur les araignées. Ce petit coquin a dut découvrir ce qu'était la bête juste après la mort de Goldstein.

-Qu'est-ce que tu veux dire par là? Tu ne penses quand même pas que le basilic de Serpentard a survécut jusqu'à nos jours et qu'il est responsable des attaques? murmura Cédric d'un ton incrédule en regardant son ami qui hocha la tête. Voyons Archie, reprit Cédric avec une pointe de terreur dans la voix, les basilics ne peuvent pas pétrifier. Tout cela n'a toujours aucune signification. Le monstre ne peut pas en être un ! objecta Cédric.

-Non, tu ne comprends pas, contra Archie avec assurance. Aucun des élèves pétrifiés n'ont vu le monstre en face. Certains ont vu son reflet dans l'eau ou dans un miroir alors que d'autres l'ont vu à travers un appareil photo ou un fantôme. Harry m'a forcé à retenir toutes les circonstances précises des attaques. La seule personne à avoir vu directement le monstre de Serpentard est Goldstein et il en est mort. Il n'y a aucun doute, le monstre est un basilic.

Cédric, qui n'était déjà pas fier, pâlit encore un peu plus.

-Bon, admettons. Disons que cette Mathilda est bien le basilic qui terrorise aujourd'hui l'école. Alors cela voudrait dire que ce serpent doit avoir plusieurs siècles à présent... et ce genre de bête n'arrête jamais de grandir, pointa Cédric d'une voix fébrile pendant que Archimède réalisait avec horreur ce que cela signifiait.

Afin de sauver Harry, il allait probablement devoir s'opposer à un serpent magique capable de tuer d'un regard et mesurant la taille d'un dragon. Une seconde plus tard, la détermination remplaça la terreur dans les yeux du brun.

-Je me fiche de la puissance de cette chose. Je n'échouerais pas, murmura Archimède avec conviction en levant vers son ami un regard étrangement dur. Je ne laisserai pas tomber Harry maintenant, je ne l'abandonnerai pas en enfer, dit-il avec une résolution à toute épreuve, avant de se mettre à réfléchir à voix haute. Le journal dit que l'entrée de la chambre se trouve dans la salle de bain des professeurs du deuxième étage, mais je ne connais aucune pièce qui corresponde à cette description et...

- Les toilettes de Mimi Geignarde, le coupa Cédric, prit d'une soudaine inspiration pendant que son ami écarquillait les yeux

-Oui ! Exactement ! Mimi est morte il y a une cinquantaine d'année, lors de la première ouverture de la chambre et toutes les attaques semblent rayonner autour de ce point. Cédric, je crois que nous avons trouvé où est l'entrée, remarqua Archimède

-Ce qui ne nous permettra pas de l'ouvrir. Seul un Fourchelangue en serait capable, remarqua sombrement Cédric qui fut indéniablement surpris lorsque Archimède se mit à sourire.

-Harry avait anticipé ce problème. Avant de se faire emmener, il m'a sifflé des mots que je n'ai pas compris dans l'oreille. Pour une raison inconnue, je suis sûr que je pourrais reproduire ces sons !

-Voyons, c'est ridicule et..., commença à objecter le Poufsouffle.

§§ Ouvre-toi §§ siffla soudain Archimède alors qu'une étrange magie qui ne lui appartenait pas formait pour lui les sons qu'il avait entendu.

Harry était vraiment un mage incroyable, songea le brun qui ne fut certainement pas détrompé lorsqu'une seconde plus tard, la petite carte que Harry leur avait laissé s'effaça brusquement pour laisser place à de nouvelles écritures.

Bien Archimède !

Le simple fait que tu puisses lire ceci prouve que tu es moins bête que je l'imaginais et que les choses ont pris une tournure bien plus dramatique que je ne l'avais prévu.

Je ne t'avais rien dit jusque-là car j'avais initialement prévu de mettre un terme à toute cette histoire moi-même. Mais le temps m'a pris de cours et la conspiration visant à me détruire semble s'être accélérée exponentiellement depuis la mort de Goldstein, Voilà pourquoi j'ai pris sur moi de mettre au point ce plan de secours en urgence, le matin même où le renvoi de Dumbledore a été officialisé.

A présent que tu lis ces mots, tu devrais avoir découvert que l'entrée de la chambre se trouve au centre des toilettes de Mimi Geignarde. Sache que les mots et la magie de Fourchelangue que j'ai implanté dans ton esprit à l'aide de légilimancie devraient te permettre d'en ouvrir l'entrée.

Malheureusement, je n'ai pu obtenir ces informations que bien trop tard, pour pouvoir agir en conséquence et en dépit de mes tentatives de traques, je n'ai aucune idée de l'identité de l'héritier, ou de la localisation exacte de la pièce dans laquelle se terre le basilic qui est probablement protégé par de puissant sortilèges proches du Fidelius et lié au sang de Serpentard et de ses héritiers. C'est pourquoi, c'est désormais à toi qu'incombe la tâche de mettre un terme à cette hécatombe afin de m'innocenter.

Tu devras pour cela attendre que les enchantements ne soient désactivés par la présence du meurtrier, pénétrer dans la chambre et en fouiller les nombreux tunnels que je n'ai pas encore pu explorer afin d'y démasquer l'héritier de Salazar. Malheureusement j'ai peur qu'en définitive, tu n'aies pas d'autres choix que de combattre la bête qui tentera forcément de défendre son maître ; alors n'oublie pas mon conseil : souviens-toi de ce qui fait ta force et exploite-le intelligemment.

Prépare toi bien pour le défi qui t'attend, et n'oublie pas que je croupis toujours à Azkaban.

Je te souhaite bonne chance, essaye tout de même de ne pas mourir, ce qui me forcerait à m'évader tout spécialement pour venir pisser sur ta tombe.

Je compte sur toi mon ami,

Avec toute mon affection

Harry

.

Cédric soupira en lisant à son tour le petit mot tandis qu'Archimède se mettait à cogiter fortement.

-Qu'est-ce qu'il veut... Par la barbe cinq fois sacrée de Merlin, j'avais donc raison : ce monstre s'est foutu de la gueule de tout le monde, beugla soudain Archimède en se levant d'un bon.

-Archie ça va ? demanda Cédric alarmé en se demandant si le brun n'était pas en train de devenir maboule.

-Ce misérable, a enfumé tout le monde, grogna Archimède les yeux écarquillés. Il savait parfaitement qu'il allait se faire emprisonner à Azkaban, plus de un mois avant que cela n'arrive... Il avait tout prévu...

-Qu'est-ce que tu racontes par Mordred ? craqua Cédric en saisissant son ami par les épaules.

-Il y a un mois, expliqua le brun en secouant la tête, il m'a demandé de lui faire plusieurs potions très rares et difficiles à préparer. Des potions de nutrition et de renforcement physique, plus d'autres potions bien particulières...

-Je... Je ne suis pas sûr de comprendre. Tu insinues que Harry savait qu'il allait se faire emprisonner ? demanda Cédric d'un ton hagard.

-Exactement, il avait tout prévu depuis longtemps déjà. En fait, la seule chose qui n'a pas exactement concordé avec ses prévisions semble être la date de son emprisonnement, puisqu'il avait visiblement prévu que ce dernier n'interviendrait qu'après qu'il ait réglé son compte au monstre de Salazar et à son héritier. Il devait initialement vouloir recueillir lui-même les preuves qui nous permettraient de le faire libérer avant de se laisser enfermer, mais même ainsi, il avait prévu un plan de secours.

-Tu... tu veux me dire qu'il sera en bonne forme même dans un mois?

-Mieux que ça. Ce petit serpent rusé aura été nourri comme un pacha, aura bénéficié d'une potion accélérant l'effet de l'entraînement sur le corps et aura probablement réalisé un rituel dont je ne veux pas connaître la nature... si nous le libérons assez vite, il sera sans doute plus en forme que jamais...

-…, dit Cédric en songeant que Potter était décidément un être à part.

Qui à part Harry se débrouillerait pour utiliser un complot ourdit contre lui afin de planifier son propre emprisonnement à Azkaban ? Et pour quel raison réalisé pareil machination ? Brusquement, le Poufsouffle vit le visage de son ami devenir sérieux.

-Cédric. Je ne peux pas te demander de m'accompagner dans la Chambre des Secrets. Je te remercie pour toute ton aide, mais tu n'as pas à affronter un monstre millénaire. Tu en as déjà fait bien plus que...

Cédric le coupa en lui laissant savoir ce qu'il pensait de sa tirade à l'aide d'une bonne taloche sur la tête.

-Tu ne descendras pas en bas tout seul sale petit potionneux. Je refuse de laisser un ami affronter tout seul un monstre et un autre ami moisir à Azkaban en me croisant les bras.

Archie se contenta de sourire et pris d'une arrière-pensée, reprit la parole.

-Nous devons quand même nous dépêcher. L'héritier semble avoir cessé ses attaques depuis l'emprisonnent de Harry mais nul ne peut dire quand il va recommencer. Sans compter que même Harry, ne pourra pas résister longtemps à l'effet des Détraqueurs, expliqua le brun d'un air songeur avant de s'arrêter lorsqu'il vit Cédric sourire.

-Maintenant que je connais un peu mieux Harry, j'ai peur de devoir te contredire, ricana le Poufsouffle. Si les démons savent ce qui est bon peur eux, ils resteront probablement très loin de Harry. Ce serpent est juste trop machiavélique pour eux... Par contre je me pose une question. Tes potions, comment a-t-il réussit à les faire renter avec lui en prison ? Tu crois que… ? demanda Cédric en désignant ses fesses d'un geste hésitant.

-Wouhhahahaha ! Si c'est vrai, je ne le laisserai jamais oublier ça ! explosa de rire Archimède Montague à l'idée d'un Harry au visage définitivement grognon s'enfonçant de petite bouteille de potion dans le C**...

-Bon alors, qu'est-ce qu'on fait à présent ? demanda le Poufsouffle avec une grimace conspiratrice, content que sa boutade ait ramené un peu de bonne humeur dans leur petite entreprise.

-Je vais avoir besoin d'au moins un mois pour créer les potions dont nous aurons besoin pour combattre un basilic. Pendant cet intervalle, je suppose que tu devrais utiliser cette pièce et les livres de Harry pour rechercher et maîtriser des sorts capable de nous défendre ou d'attaquer ce genre de monstre.

-Tu n'auras pas besoin d'un coup de main ? demanda Cédric pendant que Archie secouait lentement la tête.

-Non, je ne veux pas te vexer, mais les potions auxquelles je pense sont très au-delà de ton niveau. Et puis, il vaut mieux suivre les conseils de Harry. Chacun doit jouer ses forces : moi les potions et toi ta baguette. Tu as toujours été très doué avec une baguette et tu es bien plus puissant que moi. Avec un peu de chance, nous serons ainsi complémentaires, expliqua gravement Archie.

-Eh Archie... Ne t'inquiète pas on va réussir, lança soudain Cédric avec un sourire en levant bien haut son pouce dans signe de victoire qui allégea un peu l'atmosphère.

Sans plus attendre les deux compères se mirent au travail.

. .

Harry avait passé une bonne nuit. Voilà maintenant plus d'un mois qu'il avait commencé à mettre en branle ses plans. Il avait bu la potion spécifiquement fabriquée par Archimède selon ses instructions, préparé les runes et mis en place tous les enchantements nécessaires au bon déroulement des opérations et il était enfin prêt a accomplir le rituel qu'il préparait depuis près de trois ans.

Durant les dernières semaines, il avait pris bien garde de ne pas s'approcher des deux autres cellules de son bloc. En effet, bien qu'il refuse de se l'avouer, le sort qu'avait subi John MacAlyster le hantait encore et si ce bloc, comme il le soupçonnait, était réservé aux détenus victimes d'arrestations sommaires, ouvrir une autre cellule afin d'y découvrir un autre malheureux innocent déjà bien au-delà de tout espoir ne le tentait guère.

Sans compter que l'état d'épuisement magique qui avait suivi son action irréfléchie et la fabrication de la sépulture du réprouvé l'avait laissé deux jours durant incapable de créer un Patronus et en proie à la pleine puissance de l'aura des démons qu'il ne parvenait pas à bloquer complètement en dépit de son occlumancie incroyablement développée... En bref, la situation était trop critique et il avait déjà perdu trop de temps pour s'autoriser la moindre incartade.

S'essuyant le front un instant, Harry regarda son travail d'un œil appréciateur. Les murs, le plafond et le sol de sa cellule étaient désormais recouverts de plusieurs centaines de runes elles-mêmes agencées afin de former d'autres motifs plus grands.

Dévorant rapidement sa maigre provision de nourriture, Harry conscient que les rations de nourriture de tous les prisonniers avaient été distribuées, sortit de sa cellule afin d'aller repousser les Détraqueurs qui venaient visiblement de revenir s'offrir un petit goûter.

Sans un mot, Harry Potter leva les mains et invoqua son pouvoir afin de chasser une nouvelle fois les démons. Se détournant avec dédain, il commença à regagner sa cellule, afin de mettre la touche finale à ses préparatifs. Très bientôt, tout serait en place et alors...

-Harry... Harry Potter, murmura soudain une voix rauque depuis l'une des cellules devant laquelle Harry venait de passer sans faire attention. Un homme au visage décharné et à l'apparence squelettique s'accrocha soudain au barreau de sa cellule en se tordant le coup pour tenter de voir le visage de l'adolescent dans la pénombre.

-Et qui le demande ? s'enquit Harry d'un ton froid tout en invoquant une petite lumière alors qu'un millier de questions paraissaient bouillonner dans sa tête.

Qui était donc cet homme ? Comment pouvait-il le connaître ? Et, plus important, comment avait-t-il pu conserver sa santé mentale en dépit des Détraqueurs ?

-Harry James Potter ? répéta lentement l'homme décharné en le fixait avec des yeux éberlués.

-Vous paraissez posséder un avantage sur moi, étranger. Après tout, vous connaissez mon nom alors que j'ignore le vôtre, expliqua Harry en approchant de la cellule de l'homme.

-Mon nom ? demanda le prisonnier avec une sorte de confusion bien compréhensible.

Il n'avait sûrement pas parlé avec un autre être humain depuis des années après tout.

-Mais tu ne me reconnais pas Cornedrue junior ? demanda l'homme en exposant ses dents jaunies par la prison alors qu'une lueur de folie emplissait présent ses yeux gris.

Le dernier des Potter ouvrit un instant la bouche alors que d'étranges images lui revenaient et brusquement le monde bascula.

-Je m'appelle Sirius Black, et je suis ton parrain, lança l'homme avec une grimace démente.

Un instant plus tard, Harry leva les deux mains en hurlant et la porte de la cellule explosa, un instant plus tard le regard du jeune mage et du prisonnier se croisèrent et soudain l'homme se mit à hurler.

.

Au même moment à Poudlard, la terreur était à son comble. Trois élèves avaient été pétrifiés en une nuit et Ginny Weasley venait de disparaître, un message annonçant sans l'ombre d'une ambiguïté que la petite sorcière rouquine venait d'être emmenée dans la Chambre des Secrets afin d'y être sacrifiée.

A la lecture du sombre avertissement, Archie comprit qu'il n'y avait plus de temps à perdre et un seul regard en direction de Cédric lui permit de comprendre que le Poufsouffle pensait pareillement.

Archimède parti donc chercher le stock de potions qu'il venait de préparer et retrouva Cédric dans la salle de bain abandonnée du deuxième étage. Tous deux avaient passé le dernier mois à peaufiner un ensemble de potions et de sortilèges anti-basilic, et à présent venait l'heure de vérité.

.

Harry poussa du pied le corps flasque de Sirius Black et sourit méchamment. Le jeune mage baissa ensuite son regard vers l'homme qui avait été son parrain et qui le regardait désormais avec des yeux ébahis et terrorisé. Le détenu à l'allure cadavérique était présentement attaché et parvenait à peine à bouger après la séance de torture mentale à laquelle l'avait soumise Harry.

-Bien, maintenant que tu as repris connaissance, il est temps que nous en revenions à nos affaires Black, susurra Harry d'une voix incroyablement sadique. Tu as trahi Rémus et toute ma famille. À cause de toi, tous ceux que j'aime ont été tués ou mutilés et je me suis juré de te le faire payer chèrement. Je m'étais promis de tous vous retrouver, toi et tes petits amis Mangemorts, afin de vous faire payer votre dette de mes propres mains. Cependant, à aucun moment je n'ai rêvé avoir l'occasion de te massacrer si vite, murmura Harry en levant à nouveau sa baguette avec un sourire.

Cette fois, il n'y avait pas un doute, pas une hésitation dans le cœur de Harry Potter car enfin, après tout ce temps il avait une véritable occasion de libérer sa haine et d'accomplir ce pour quoi il avait tant travaillé, tant souffert. Enfin il allait pouvoir torturer l'un des ignobles lâches responsables du massacre de sa famille

-Attends... Harry... murmura l'homme de sa voix cassée... Je... Jure... Gardien du Secret... Pettigrow !

-Qu'est-ce que tu baragouines misérable? Peter est mort depuis longtemps et si tu penses t'en tirer en simulant la démence tu te trompes. J'étudie la médecine et la médicomagie depuis toujours afin de sauver ma famille et j'ai suffisamment de connaissances pour soigner ton esprit quand bien même il ne resterait que de fins vestige d'humanité au fond de ton âme brisée. Et c'est exactement ce qui va t'arriver. Je détruirais tes rêves et tes espoirs, je te torturerais jusqu'à ce que la folie s'empare de toi et alors je te soignerai, afin de te briser encore et encore jusqu'à ce que tu pleures pour que les Détraqueurs viennent t'embrasser, siffla Harry d'une voix haineuse.

-Je le jure ! rugit soudain l'homme avec une force que Harry n'aurait pas songé à lui attribuer. Je n'étais pas le Gardien du Secret, Pettigrow a trahit !

Le dernier des Potter baissa les yeux et réfléchit un instant. Black, à en croire Lupin, était un animagus, ce qui avait dû lui permettre de mieux résister aux Détraqueurs, il l'avait d'ailleurs lui-même découverts avec bonheur quelques semaines plus tôt. Cependant, même un animagus n'aurait pu passer tout ce temps sans subir leur influence... Pourquoi l'homme mentirait-il à présent? Il n'avait plus rien à espérer puisque les Détraqueurs avaient littéralement absorbé ses rêves et ses espoirs.

Brusquement, Harry prit une décision. Saisissant la tête de Black et croisant son regard, il murmura le mot 'legilimens' avant de plonger avec violence dans l'esprit du traitre.

Il était difficile de se repérer dans la psyché chaotique de Black, mais Harry finit par trouver un fil de pensée et remonter jusqu'aux souvenirs de l'homme. Il vit la condamnation arbitraire qui l'avait envoyé à Azkaban sans procès, exactement comme Fudge l'avait lui-même condamné. Et brusquement, une scène apparut devant ses yeux.

-Cornedrue, ce plan est parfait. Nul ne songera jamais que Pettigrow puisse être votre Gardien du Secret, ils imagineront tous que c'est moi, et je les entraînerais dans une vaste chasse dont ils ne se remettront pas pendant que Queudver protégera votre secret, proposa intelligemment un Sirius à l'aspect jeune et séducteur.

-Je n'aime pas cette idée. Je n'ai pas envie de t'utiliser comme appât Sirius, objecta une belle femme aux yeux d'émeraude et aux cheveux de feux dans un froncement de sourcil.

-Elle a raison mon ami, ton plan est bon, il n'y a pas de doute, mais je ne suis pas sûr de vouloir risquer ainsi ta vie, commença un homme grand et mince aux cheveux débraillés et aux petites lunettes rondes.

-C'est ma vie et c'est à moi de choisir de la risquer ou non, contra Black d'une voix forte pendant que le couple Potter baissait légèrement la tête. James, vous êtes ma famille à présent, et je veux faire ça pour toi, pour Lily, pour le petit Harry, et pour la belle Anita. Tu as une famille vieux frère, il faut y penser.

-Je…, je suppose que tu as raison... je... Je vais demander à Peter d'être notre gardien du secret pendant que tu iras affirmer l'inverse à Dumbledore et à l'Ordre du Phénix.

Complètement chamboulé par la révélation, Harry perdit un instant le contrôle de son sortilège et se retrouva projeté dans un autre souvenir.

'

-Non Sirius, je ne peux pas croire que tu ais osé trahir Lily et James, piailla un petit homme à la face de rat avant de lancer un sourire mauvais et de se couper un doigt alors même qu'il faisait exploser la rue en massacrant tous les moldus avoisinant.

Juste avant de perdre conscience, Sirius touché par un sortilège de confusion, explosa de rire comme un dément et vit un petit rat à la patte ensanglantée disparaître dans les égouts tandis que les Aurors arrivaient.

Cette fois, il n'y avait plus de doute. Harry sortit immédiatement de la mémoire de son parrain et se précipita auprès de la forme agonisante de l'homme lança un sortilège de Patronus le plus puissant de son répertoire et commença à psalmodier. Une douce lumière verdâtre se mit alors à sortir de ses mains tandis que les blessures de Sirius disparaissaient lentement.

Lorsqu'il eut suffisamment récupéré pour ouvrir les yeux, la première chose que vit Black fut le visage de son filleul. Le gamin était assis non loin de lui et jouait à titiller du pied un petit cailloux en souriant, juste au-dessus de lui, se tenait un gigantesque dragon argenté dont la taille était si monstrueuse que seule sa tête pouvait tenir dans la petite cellule tandis que le reste de son corps disparaissait dans un mur adjacent. Le Patronus irradiait d'une lumière si pure et si puissante qu'il était impossible de le regarder sans être aveuglé.

Sans avertissement, l'adolescent explosa de rire... cependant ce rire n'était ni fou, ni hystérique, mais incroyablement glacial et Sirius sentit un étrange frisson le parcourir.

-Toute ma vie..., commença brusquement Harry en tournant sa tête si vite vers Black que ce dernier sursauta. Toute ma vie, j'ai voulu te tuer. Et à présent que je suis là, je réalise que celui qui a trahi mes parents était en liberté toutes ces années, se cachant sous l'apparence d'un rat. Brusquement, les yeux émeraude de Harry se mirent à luire et une étrange aura de pouvoir l'enveloppa. Ne prend pas tes aises Sirius, nous n'allons pas rester longtemps ici. J'ai juste une petite affaire à mener à bien et ensuite nous partirons.

Brusquement, Harry recommença à rire et son rire crût en intensité alors que sa magie explosait brusquement, enfin il baissa les yeux vers son parrain et ce dernier se surprit à trembler alors qu'il réalisait enfin pleinement a quel point son filleul était dangereux.

. . .

Au même moment à Poudlard :

§§ Ouvre-toi §§ ordonna fermement Archie en direction du lavabo central qui était ornementé d'une petite tête de serpent, avant de regarder avec fascination la porte de la Chambre des Secrets s'ouvrir lentement, révélant un large tube qui paraissait s'enfoncer dans les profondeurs de la terre.

Avant que Cédric n'ait eu le temps de réprimer le frisson qui lui paralysait l'échine, Archimède avait déjà sauté dans le trou. Sans plus d'hésitation, Cédric le suivit et après une longue glissade, les deux sorciers se retrouvèrent dans une vaste cave face à deux personnes qu'ils ne pensait vraiment, mais alors vraiment pas croiser dans un endroit pareil.

En effet, là, juste devant eux, un Ronald Weasley rouge de colère et un Gilderoy Lockhart à l'air un soupçon plus bête que d'habitude, les regardaient avec des yeux ronds.

-Qu'est-ce que c'est que cette merde ? fut la première question intelligente que Ron parvint à articuler pendant que Cédric et Archie, tous deux aussi surpris, se regardaient en haussant les épaules.

-Bonjour, monsieur ! babilla stupidement Lockhart.

-Salut Weasley. Écoute..., commença Cédric en utilisant sa baguette pour éclairer la pièce.

-Vous ! postillonna Ronald en guise d'entrée en matière dès qu'il reconnut les deux sorciers. Je le savais beugla-t-il d'un air triomphant. Vous étiez de mèche avec Potter, mais je ne vous laisserais pas faire, il faudra me passer sur le corps ! hurla fanatiquement le rouquin avant de brandir une baguette cassée et de lancer un maléfice qui partit dans la mauvaise direction et lui arriva en pleine figure.

-Oh la belle bleue ! commenta joyeusement Lockhart pendant que Ron se mettait à vomir des limaces.

Cédric regarda Archie et Archie regarda Cédric... Puis d'un commun accord, les deux quatrièmes années haussèrent une nouvelle fois les épaules avec fatalisme et stupéfixièrent les deux nuisibles avant de s'engager dans la grotte.

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Au même moment à Azkaban.

-Sassahasieth, avara menth erithagel mordoch elifel zaraman oboras...,incantait lentement et puissamment la voix de Harry Potter.

Sirius Black n'en croyait pas ses yeux. Moins de deux heures auparavant, il croupissait seul dans sa cellule comme tous les matins depuis plus de dix ans. Chaque jour ressemblait au précédent, et le temps paraissait se dilater jusqu'à n'avoir plus aucune importance. Était-ce une seconde ou une année ? Depuis combien de temps était-il prisonnier de l'enfer ? D'ailleurs, cela avait-il la moindre importance car tout avait changé depuis que Harry Potter avait déboulé dans sa vie. Le gamin avait trouvé le moyen en moins de 5 minutes de le torturer pour venger sa famille avant de se raviser et de fouiller son esprit, uniquement pour se rendre compte de son erreur : Black était innocent. Harry avait donc logiquement décidé par la même de le soigner avant de s'en retourner a ses occupations... Et tout cela en moins de dix minutes !

Après l'avoir entièrement soigné, Harry avait entrepris de mettre en branle son projet en finissant ses préparatifs. Il avait donc bu un ensemble de fiole dont une étrange potion nommée l'élixir de Sargorath avant de vérifier l'intégrité des runes avec lesquelles il avait recouvert intégralement sa cellule en vue de réaliser un puissant rituel. Gravant à même la pierre d'Azkaban d'étranges symboles magiques, son filleul avait ensuite disposé un étrange cristal d'une couleur rouge sang au centre du pentacle. Le reste de la scène resterait pour toujours gravée dans son esprit.

Flashback

-Harry, écoute, nous ne nous connaissons pas depuis longtemps et je ne sais pas bien ce que tu veux faire, mais je peux voir que tu te prépares à utiliser la magie du sang, ce n'est pas une solution, il faut...

-Ce n'est pas de la magie du sang Sirius. Ce que je veux faire, est un rituel chamanique, qui a été mis au point il y a des millénaires afin de permettre à un homme d'entrer en symbiose parfaite avec la magie et avec la nature et qui ne nécessite aucune magie du sang..

-Mais alors pourquoi as-tu...

-J'ai dit qu'il n'en nécessitait aucune, pas qu'il était incompatible avec elle. Vois-tu, bien que mon planning ait été un peu perturbé, je me suis fait volontairement enfermer à Azkaban, en partie afin d'accomplir le rituel de symbiose magique car aucun autre endroit en Grande Bretagne ne possède d'enchantements suffisamment puissants pour parvenir à camoufler la réalisation d'un rituel de cette ampleur au ministère. Comme je ne connaissais pas à l'avance la cellule qui me serait réservée, j'avais initialement prévu d'accomplir ce rituel en utilisant le pouvoir de la lune pour charger de magie les runes.

-Oui, bon plan ça très bon plan, intervint Sirius en hochant frénétiquement la tête.

-Mais lorsque j'ai compris que les faibles rayons de lune qui pénétraient dans cette cave ne seraient jamais suffisant pour réaliser le rituel, j'ai brusquement changé d'avis et décidé d'utiliser le complément de pouvoir que me fournira le sacrifice de mon sang.

-Ah, moins bon ça, beaucoup moins bon ! s'exclama tout de suite Black en secouant la tête de droite à gauche comme un forcené. Harry, mon petit filleul adoré, pourquoi tiens-tu absolument à faire ce genre de chose dégoûtante quand...?

-Pour sauver ma mère et ma sœur Sirius, l'avait coupé tristement Harry. Toutes les pistes que je possède en ce moment me conduisent à penser que la seule manière de sauver ma mère sera d'utiliser un ancien artefact, et une magie de grand pouvoir. Une magie nécessitant pour fonctionner un groupe de mages entraînés et puissants... sauf que je n'ai pas un groupe ni même la possibilité d'en former un et que je devrais donc assurer toute la puissance du sortilège moi-même... ce qui implique que je sois surentraîné et très puissant.

-Harry, tu irradies littéralement de magie, s'exclama Sirius ulcéré. Tu es probablement l'adolescent le plus puissant du monde. Tu auras très certainement assez de pouvoir d'ici quelques années pour...

-Et si tu te trompes Sirius? contra l'héritier Potter d'un ton dur. Si a vingt-cinq ans lorsque ma croissance magique s'arrêtera, je réalise qu'il me manque un peu d'énergie, qu'est-ce que je ferai ?

-Je..., tenta Black.

-J'aurai échoué voilà ce qui se passera ! C'est pour ça que je ne veux prendre aucun risque, expliqua Harry. Le rituel que j'avais initialement prévu divisera mon pouvoir actuel par quatre …

A ces mots, Sirius Black ouvrit tout grand la bouche sous l'effet de la stupeur... Il n'était pas sûr de tout comprendre tout d'un coup.

-Mais... continua Harry, il multipliera par deux ma vitesse de croissance magique. Et surtout, il fera en sorte que cette dernière ne s'arrête pas après ma puberté. Ainsi, mon énergie magique ne cessera jamais de croître tout au long de ma vie. En associant ce rituel avec tous les autres rituels chamaniques que j'ai déjà réalisé selon une technique que j'ai moi-même inventé, il se produira également un effet de symbiose, qui fera en sorte que mon contrôle magique augmente en même temps que mon pouvoir afin que je ne sois jamais débordé par ma propre énergie, ce qui était la raison pour laquelle le rituel que je m'apprête à faire avait été interdit à l'origine. En outre, tout le processus conférera également la possibilité via la méditation de convertir l'énergie naturelle qui englobe le monde en magie afin de pouvoir accélérer encore ma croissance magique... N'est-ce pas merveilleux ? demanda Harry avec un sourire infiniment satisfait.

Black, trop choqué pour parler, regarda son filleul en ouvrant de grands yeux.

-J'ai calculé qu'il me faudra deux années entières pour revenir à mon niveau actuel de pouvoir et quatre ans de plus pour que ma puissance soit significativement plus grande que ce qu'elle aurait été si je n'avais rien fait. Ce qui veut dire que pendant les années à venir, le rituel sera un handicap, mais sur le long terme, il représente une sécurité et ainsi, je serai toujours certain de ne pas échouer, car même si le rituel de soin nécessaire requière beaucoup de puissance, il me suffira de créer un charme de stase temporel autour de Lily et Anita et d'attendre que ma puissance soit suffisante, conclut Harry.

-Mais pourquoi...? Pourquoi réaliser ce sacrifice il doit y avoir une autre solution...? tenta une dernière fois d'argumenter Black qui fut récompensé lorsque Harry lui envoya un sourire des plus sadiques.

-Vengeance, siffla simplement Harry. J'étais initialement hésitant à réaliser ce rituel car si le premier effet n'a pour but que de m'aider à sauver ma famille, le deuxième en revanche, était utilisé par les guerriers des temps anciens afin de devenir bien plus meurtriers au combat... A vrai dire, je ne pensais pas vraiment l'utiliser, puisqu'il nécessite un sacrifice de sang afin d'assurer à un guerrier une symbiose avec la nature dont je préfère te passer les effets puisqu'ils dépendent de la personnalité de leur bénéficiaire, cependant mon emprisonnement dans les bas fond de cette prison m'a de toute manière contraint à avoir recourt à cette pratique. D'autant plus que je n'aurai peut-être plus jamais l'occasion de réaliser ce genre de cérémonie magique sans me faire repérer, étant donné que je ne prévois pas de retourner à Azkaban dans un proche avenir.

Black resta muet. Se contentant de regarder avec stupéfaction celui qui ressemblait comme deux gouttes d'eau à son vieil ami James et qui pourtant s'apprêtait à sacrifier son sang afin de changer la nature même de son corps et de sa magie au cours d'une cérémonie potentiellement mortelle.

-Tu sais Sirius, tu ne devrais pas avoir trop de regret. Il y a bien longtemps que j'ai décidé de la route que devait prendre ma vie, et nul ne pourra plus me détourner de mon but désormais.

Fin du flashback.

Sirius secoua lentement la tête en revenant au présent et regarda avec stupéfaction son filleul continuer son rituel alors que de plus en plus de ces étranges runes inconnues se mettaient à luire. Brusquement, la vue de Sirius parût se brouiller et une puissance incroyable se déchaîna devant lui. Levant les mains pour se protéger le visage, l'ancien Auror crût mourir lorsqu'une déferlante de pouvoir brut s'écrasa contre les murs et fit trembler l'impénétrable prison d'Azkaban jusqu'à ses fondations.

.

Au cœur de l'Allée des Embrumes, un vieillard soupira lentement et posa la baguette qu'il polissait avant de tourner son regard brumeux en direction du nord.

S'asseyant lourdement sur un moelleux fauteuil il ferma les yeux.

Issu des flammes de la haine, du génie des hommes et du froid des démons apocryphe,

naîtra le Dragon de l'apocalypse.

Son avènement fera trembler l'enfer et tous craindront l'explosion de sa colère,

mais dans l'ombre du sacrifice amer, les ténèbres se terrent...

-La prophétie a donc commencé à se réaliser... Méfiez-vous monsieur Potter, ne laissez pas les ténèbres vous dévorer, murmura doucement Grégorovitch avant de boire une longue rasade de whisky pur feu.

.

Enfin, le maelström de pouvoir se calma et Harry s'effondra alors que toutes les runes gravées dans la pierre disparaissaient, laissant le sol et les murs parfaitement lisses, exactement comme si elles n'avaient jamais existé.

Avant que l'animagus ne puisse atteindre son filleul, celui-ci se releva tranquillement et tourna ses yeux en direction de son parrain qui retint un cri. De fines arabesques noires s'étendaient désormais sur la peau pale du torse de son filleul ainsi que ses épaules ; en outre les pupilles émeraudes de Harry étaient désormais entourées d'un anneau de lumière argenté, tandis que dans les profondeurs de ses prunelles vertes, une myriade d'étoiles scintillantes paraissaient apparaître et disparaître au gré de leurs envies.

Le dernier des Potter, qui savait que cela arriverait, ferma un instant les yeux et se concentra. Lentement, il rouvrit ensuite les yeux et Black remarqua avec stupéfaction que ces derniers étaient redevenus normaux.

Sans perdre de temps, le jeune mage maquilla la signature magique du rituel et détruisit toute trace des différentes runes gravées à même la pierre d'un geste de la main sans jamais tenter de couvrir les étranges arabesques runiques noires qui ressemblaient désormais à un tatouage tribal et lui ornaient la poitrine et de dos.

D'un simple geste du poignet, il métamorphosa deux gros rocs en fauteuils et s'assit en intimant à Sirius de faire de même. Black s'exécuta rapidement en se demandant comment Harry pouvait utiliser sa magie au cœur d'Azkaban sans baguette alors même que sa puissance magique ait été divisée par quatre.

-J'ai toujours privilégié la finesse sur la force et tous mes sortilèges utilisent un minimum de magie, expliqua Harry en haussant un sourcil amusé. Maintenant que mon rituel a marché, si nous passions à celui qui protégera mon petit secret en faisant en sorte que personne ne puisse jamais te l'arracher, susurra Harry en direction d'un Black hésitant.

-Euh…, Harry, mon bon Harry, tu es sûr que c'est vraiment nécessaire? Je...

-Oui ! le coupa son filleul.

-Je veux pas que tu m'effaces la mémoire avec ta fichu spirimagie modifiée ! lâcha platement Black d'un ton boudeur.

-Vois le bon côté des choses Sirius, s'amusa Harry en se grattant distraitement le menton. Tout d'abord, ton occlumancie n'est pas assez forte pour protéger mon secret et ensuite tu n'as pas besoin de connaître l'existence de ce rituel afin de vivre heureux. En fait, d'après mes calculs, il nous restera une bonne semaine sans torture ni cérémonie pour faire connaissance après cette formalité, avant que l'on ne vienne nous délivrer... Tu savais que Rémus s'était trouvé une jeunette au fait?

-Non? Raconte, s'exclama tout de suite Black en se levant d'un bond.

-Seulement après, susurra Harry d'un ton aguicheur.

-Bon, bon, vas-y petit sadique. Mais je te préviens que si ça fait mal ou que si tu effaces une seconde de plus que tu ne l'as promis, je te mordrais les fesses tellement fort que ton père sentira mes dents depuis l'au-delà !

Soupirant, Harry renouvela son serment magique de se limité au événement récent tout en songeant distraitement que Dumbledore ne s'embarrassait pas d'une telle éthique lui. Un éclair grisâtre explosa ensuite dans la pièce et Sirius ouvrit lentement les yeux en se demandant où était passé le froid ou le brouillard qui lui embrumaient d'ordinaire l'esprit. Il retint rapidement un cri en réalisant qu'il n'était pas dans sa cellule. Levant la tête, il sentit brusquement sa mâchoire tomber sous l'effet de la surprise.

Juste devant lui, un jeune homme ressemblant comme deux gouttes d'eau à James Potter lui souriait. Le gamin qui paraissait avoir une quinzaine d'année, était grand pour son âge et possédait une musculature longiligne et gracieuse. Sa poitrine était ornée d'étranges tatouages sombres, et ses yeux d'un vert vibrant fixaient Sirius avec une intensité incroyable.

L'étrange clone de James lui sourit d'un air comploteur et sans autre forme de procès, Sirius tomba dans les pommes.

. . .

-Et merde, comment va-t-on passer cet éboulis? demanda Archie en voyant que d'énormes rochers obstruaient la suite du tunnel dans lequel ils étaient engagés.

-Je m'en occupe, s'exclama Cédric avant de brandir sa baguette avec élégance et de prononcer distinctement 'Wingardium Leviosa'.

Dans une démonstration de contrôle et de force magique brute impressionnante, Cédric entreprit ensuite de léviter les énormes blocs de pierre en dehors du chemin, pendant que Archie haussait un sourcil, parfaitement conscient qu'il n'aurait probablement pas pu léviter plus de deux de ces rochers avant de tomber d'épuisement. Mais comme disait Harry, chacun devait jouer avec ses forces.

Dès que Cédric eut aménagé un passage suffisamment grand, Archie et le Poufsouffle poursuivirent leur route. Il ne leur fallut pas longtemps pour commencer à entendre des bruits d'explosions diverses et variées. Ils infléchirent leur course en direction du vacarme et s'orientèrent ainsi dans le labyrinthe des galeries. Après moins d'une minute, les deux quatrièmes années découchèrent finalement dans la Chambre de Secrets.

Juste devant eux, un gigantesque basilic d'une cinquantaine de mètres semblait lancer dans une monstrueuse chasse et poursuivait une proie que les quatrièmes années ne purent distinguer, entre les piliers de la salle. Juste au milieu de la pièce, sous la statue de Salazar Serpentard, une petite rouquine gisait sur le sol immobile et le teint cireux.

Ce qui surpris le plus les deux garçons fut pourtant la silhouette translucide et fantomatique qui se dressait au-dessus de la gamine en sifflant au basilic des ordres qu'ils ne comprirent évidemment pas.

Brusquement, dans une roulade assez spectaculaire, Neville Londubat fit son entrée. Une seconde plus tard, la tête monstrueuse du basilic se jetait sur lui et le survivant recommençait à courir. Le gamin était en passe de se faire dévorer.

Sans perdre de temps, Archie passa à l'action. Saisissant une série de petites fioles, il les tendit en direction de Diggory.

-Tiens Cédric, bois ça, chuchota le brun afin de ne pas attirer l'attention du serpent et du spectre. C'est un élixir qui augmentera tes réflexes durant une heure. L'autre fiole te protégera du regard de la bête.

-Tu peux faire de l'alchimie ? ne put s'empêcher de demander Cédric parfaitement estomaqué.

-Oui, et bois ces fioles aussi, ajouta le Serdaigle en tenant deux fioles, l'une rempli d'un liquide doré, et l'autre d'une potion verdâtre. C'est un élixir de puissance magique, et une dose de Felix Felicis. Nous allons devoir mettre toutes les chances de notre côté face à ce monstre.

-OK, merci beaucoup, le remercia chaleureusement le Poufsouffle avant de gober deux flacons supplémentaires et de sourire. Allons montrer à ce ver de terre hypertrophié de quel bois on se chauffe, lança Cédric afin de lutter contre la peur qui lui tenaillait le ventre : Archimède et Harry avaient besoin de lui et il ne flancherait pas maintenant.

Archie sourit à son tour, bût plusieurs petites fioles, sortit sa baguette et lança sans un mot un charme de silence sur leurs pieds, afin qu'il puisse se déplacer sans faire de bruit. Se rapprochant ensuite de la bête en courant discrètement de piliers en piliers, Archie fit signe à son ami de s'arrêter lorsqu'ils furent assez prêt et murmura.

-Ced, maintenant il faudrait que tu forces cette bestiole à se rapprocher de ce pilier, là. C'est l'endroit parfait, expliqua le Serdaigle en analysant avec soin leur environnement avant de mettre en pratique le point clef de leur plan en prenant deux autres potions. Regardant un instant l'étrange élixir, Archimède tendis une des fiole à Cédric d'un air solennel et bu l'autre d'une traite, ce qui le rendit aussitôt parfaitement invisible !

Cédric hocha simplement la tête, avala sa propre potion, disparut, puis tendit sa baguette afin de léviter un énorme rocher qu'il l'expédiât en plein dans la tête de bête qui était occupée à pourchasser Londubat et ne les avait donc pas remarqué.

Immédiatement, le garçon fantomatique et le basilic se tournèrent en direction de la perturbation et ne voyant rien, se rapprochèrent de la zone d'où elle venait.

Archie ne put s'empêcher de sourire lorsque le monstre fut finalement a porté et lança avec soin une fiole contenant un liquide sombre et d'apparence visqueuse en plein dans le visage de la bête.

A la seconde où elle toucha le museau du monstre, la fiole explosa littéralement relâchant une énorme quantité de miasme noir et acide qui fit fondre les yeux et une bonne partie du museau de la bête. Celle-ci rugit de douleur, et commença à attaquer au hasard, incapable de voir où elle frappait tandis que l'adolescent fantomatique recommençait à siffler pour reprendre le contrôle de son monstre.

Sans perdre de temps, Archie sortit trois nouvelles fioles contenant une substance brune d'apparence gazeuse et les jetât toute, autour du basilic. Une seconde plus tard, une fumé épaisse et malodorante entourait la bête pendant que Cédric et Archie se protégeaient du miasme grâce à un simple sortilège de tête-en-bulle et se repositionnant pour la prochaine attaque.

Alors que la bête aveugle et désormais privée de son odorat devenait folle, Archie remercia silencieusement ses précieux élixirs qui lui sauvèrent incontestablement la vie lorsque dans un réflexe surhumain et une intuition géniale, il évita de se faire aplatir par la monstrueuse queue de la bête. Malheureusement pour lui, une seconde plus tard, son élixir d'invisibilité disparu et adolescent l'aperçut.

-Qu'as-tu fait à mon merveilleux basilic misérable cloporte? rugit tout de suite le pâle adolescent en pointant sa baguette en direction de Archie.

-Maintenant Cédric ! hurla soudain Archie sans s'occuper du fantôme, alors même que le basilic, se fiant à son audition, se retournait pour se jeter sur Archimède.

-Sonarus Maximus ! entonna Cédric Diggory en s'avançant vers le centre de la pièce et en levant bien haut sa baguette.

Immédiatement un son extrêmement puissant mais trop aigu pour que l'oreille humaine l'entende, explosa dans la pièce et le basilic siffla de douleur en s'écrasant sur le sol, alors qu'il perdait son dernier sens.

Trop choqué pour penser à réagir, l'adolescent fantomatique poussa un incroyable cri de rage en voyant son monstre se relever péniblement.

-Reducto, reducto, reducto..., entonna ensuite le Poufsouffle en lançant un feu continu et extrêmement puissant d'éclairs d'énergie bleu sur le sol autour du basilic, envoyant ainsi de multiples rochers percuter la bête qui se tournait sauvagement dans toutes les directions, incapable de savoir d'où venait l'attaque.

Les rochers élargirent et approfondirent la blessure importante causée par la potion sombre que Archie lui avait jetée à la gueule au début de l'affrontement.

L'adolescent tenta de lancer un sort et réalisa avec stupeur qu'il ne pouvait plus bouger. Baissant les yeux, il remarqua qu'une fiole brisée se trouvait à ses pieds et comprit que le grand brun avait dû profiter de sa distraction pour le paralyser à l'aide d'une potion de stase. L'air catastrophé, le fantôme se remit à siffler de manière frénétique, pendant que Archie se repositionnait.

Lorsque Cédric eut finit de repousser la bête estropiée là où le Serdaigle le lui avait demandé, Archimède Montague s'avança. L'adolescent fantomatique écarquilla les yeux et vit le grand brun lancer des fioles contenant ce qui semblait être une substance jaunâtre et volatile.

-Meurs ! hurla Archimède alors que les fioles explosaient dans un vacarme assourdissant, faisant trembler la chambre jusqu'à dans ses fondations et provoquant l'éboulement du mur et des piliers contre lesquels se trouvait le basilic.

Cependant, les garçons savaient qu'il en fallait plus pour détruire un monstre de cette envergure.

Pendant qu'Archie préparait sa dernière fiole, Cédric se mit à bouger sa baguette selon un tracé compliqué, et lentement, une vingtaine d'énormes rochers, chacun pesant plusieurs centaines de kilos, commencèrent à léviter avant de s'allonger lentement jusqu'à former de puissants épieux de pierre qu'il expédiât sans hésiter en direction de la forme partiellement ensevelie du basilic qui tentait de s'extraire des décombres.

Neville Londubat ne pût s'empêcher de laisser tomber la grande épée dorée qu'il tenait à la main en voyant les prouesses magiques incroyables qu'étaient en train de réaliser le duo de quatrièmes années.

Les stalactites de pierre n'avaient pas été lancées avec beaucoup de précision mais elles firent néanmoins leur travail et pendant que Cédric, épuisé par l'effort magique, posait un genou à terre, la bête empalée par les projectiles pointus et renforcés par les multiples enchantements de Cédric, agonisait sur le sol.

Archimède s'avança, et avec une tristesse non voilée bien décider à mettre fin aux souffrances du pauvre animal en lui jetant sa dernière potion explosive dans la gueule.

La petite fiole, vola un moment, se brisa et immédiatement un vacarme assourdissant emplit la pièce alors qu'une torrent de feu et de sang explosait en son centre

-Je suis désolé, murmura tristement le garçon en regardant le cadavre de la bête se contracter une dernière fois avant de sombrer dans l'immobilité.

-Nonnnnn ! hurla le fantôme qui semblait à présent bien plus tangible qu'au début du combat et qui parvint à s'arracher aux effets de la potion de stase qui le paralysait jusque-là.

-Merlin, je l'avais oublié celui-là ! s'exclama Archimède en haussant un sourcil en direction de Cédric qui paraissait épuisé et absolument pas en mesure de se lancer dans un duel.

-Il se nomme Tom Elvis Jedusor et il m'a dit qu'il était aussi Lord Voldemort. Il est en train de renaître en siphonnant la vie de Ginny, hurla Neville en ramassant son épée d'un geste étrangement fluide avant de s'avancer avec détermination.

Le survivant se campa au milieu de la salle, son arme brandie devant lui et défia le fantôme de celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom du regard.

Cédric toujours épuisé, ne pût s'empêcher de sourire. Londubat se comportait souvent comme un imbécile, mais nul ne pouvait nier qu'il était courageux et dévoué à ses amis.

-Vo... Voldemort..., ânonna Archie sous l'effet de la surprise, avant de réfléchir intensément. Rien de tout ce qu'il avait tenter de planifier ne l'avait préparer à une tel situation. Merlin tout puissant il était certain que même Harry tout génie qu'il soit n'y aurait jamais songer. Une chose demeurait certaine cependant : Il n'était sûrement pas capable de vaincre le fantôme de Voldemort en se servant uniquement de sa baguette et il n'avait plus de potion offensive. Il n'y connaissait pas non plus grand chose en rituel et autre magie bizarre, mais il n'était pas un Serdaigle pour rien, et si Voldemort tentait de renaître en utilisant la magie de la rouquine, alors il y avait forcément un intermédiaire entre un point A (Ginny) et un point B (Voldy) afin de faire circuler de l'énergie, exactement comme pour une réaction chimique en potion entre deux états stables distincts.

Cherchant des yeux quel pouvait être cet intermédiaire, il avisa soudain le petit journal noir que Ginny paraissait tenir serré entre ses mains et qui irradiait d'une lueur malsaine.

Tom Jedusor lança brusquement un sortilège que Londubat parvint à éviter. La forme fantomatique du jeune Seigneur des Ténèbres s'avança vers le sauveur du monde sorcier, le meurtre inscrit au fond des yeux et sans hésiter, Archimède lança sa dernière potion : une fiole contenant une substance sombre et aérienne que Marcus Flint aurait reconnu, obscurcissant ainsi la vue du Voldemort en culotte courte.

Sans attendre, le Serdaigle écouta son instinct et plongeant sur le sol, il arracha le petit journal des mains de la rouquine et le lança en direction de Neville en hurlant :

-Londubat, explose le journal !

Sans hésiter, le sauveur du monde sorcier, qui n'était pas dans le champ d'influence de la potion de fumée, attrapa au vol le petit journal, le jeta part terre et le transperça de son épée.

Immédiatement, un cri inhumain déchira la salle alors que des torrents d'encre se déversaient du cahier. Quelques secondes plus tard, le sortilège de fumée se dissipait et Tom Elvis Jedusor n'était plus.

-Elle a l'air d'aller déjà mieux, soupira Cédric en s'asseyant par terre et en regardant des couleurs revenir peu à peu sur le visage de la rouquine.

-Tout cela est bel et bon mon cher, mais j'ai une question, babilla Archie d'un ton exagérément guindé en s'affalant juste à côté du Poufsouffle.

Cédric le regarda en haussant un sourcil.

- Comment va-t-on sortir d'ici maintenant ? interrogea le brun pendant que Cédric écarquillait les yeux.

-Et merde ! résuma finalement Londubat avant de s'asseoir par terre, à leur coté en cherchant désespérément une idée.

. .

Six jours plus tard.

Un Fudge grimaçant marchait vers les profondeurs de la prison. Il était suivit de prêt par un petit groupe à l'air bien peu amical, composé de Archimède Montague, Rémus Lupin, Ted Tonks, et Albus Dumbledore. En effet, Ted Tonks l'avocat de Rémus Lupin, avait débarqué la veille au ministère avec un ensemble de preuves incluant une mémoire de pensine, des pièces à conviction, des preuves diverses, des témoignages multiples dont celui de Neville Londubat le sauveur du monde sorcier, bref tout un tas d'éléments prouvant tous que Harry Potter était tout à fait innocent... Et il n'avait eu d'autre choix que d'ordonner sa libération. Vous parlez d'une misère !

-Pourquoi nous dirigeons nous vers le quartier de Haute sécurité? demanda soudain Ted Tonks d'une voix glaciale interrompant ainsi les pensées du ministre rondouillard.

-Hum et bien..., commença Fudge.

-Il est strictement interdit, quel que soit le crime commit, d'enfermer des enfants dans cette aile. Ne me dites pas que Harry Potter y est détenu? murmura Ted d'une voix oscillant entre horreur et colère.

-Il semblerait en effet qu'il y ait eu un petit problème de procédure. Le garçon a beaucoup résisté lors de son arrestation et dans la confusion...

-Misérable vermine ! hurla le Serdaigle tandis que Ted Tonks en personne était obligé de le restreindre afin de l'empêcher de se jeter vers l'homme rondouillard qui paraissait transpirer abondamment.

-Avançons ! tonna soudain la voix glaciale de Rémus Lupin qui mit un terme à toute cette agitation.

Un simple regard dans les yeux ambrés du lycan suffisait pour savoir qu'il valait mieux ne pas discuter.

-Voilà nous arrivons, murmura Fudge alors qu'il atteignait le dernier sous-sol de la prison.

-J'espère que vous êtes conscient que si le garçon a été gravement blessé, vous pouvez dire adieu à votre place de ministre? Pas plus tard que ce matin, j'ai lu dans la Gazette du Sorcier que cinq membres du Magenmagot veulent personnellement vous poursuivre en justice pour avoir osé priver l'équipe nationale de notre pays de son meilleur joueur en l'envoyant pourrir en prison sans aucun motif sérieux, intervint sèchement l'avocat en regardant la pâle excuse d'être humain qui se trouvait devant lui.

La seule réaction visible du ministre en entendant ces mots fut de presser considérablement le pas.

Quand ils arrivèrent devant le bon bloc de détention et pénétrèrent finalement dans l'antichambre qui déversait les quatre cellules de la zone, tous les sorcier durent retenir une exclamation de choc.

Harry Potter, vêtu d'un simple sac de toile drapé autour de sa taille, était en train de réaliser des tractions en utilisant une des anfractuosités du mur.

Arrêtant brusquement son exercice, il se laissa tomber souplement au sol et les regarda en souriant toute la petite compagnie qui lui faisait face. Outre la crasse évidente, le fait que ses cheveux aient suffisamment poussé pour lui tomber sous les épaules et la présence des fines arabesques runiques qui ornaient son torse, il ne paraissait pas spécialement changé par son emprisonnement.

-Mais qui vois-je? N'est-ce pas ce cher Cornelius? les accueillit Harry d'une voix pleine d'humour. Peut-être que cette fois vous apprendrez finalement qu'il n'est pas prudent de participer à des jeux que l'on ne comprend pas et qu'un homme possédant vos faibles capacité mentales devrait éviter de jouer avec des adversaires qui lui sont intellectuellement supérieurs? En tout cas, je n'ai aucun doute que vous comprendrez finalement la leçon lorsque le Magenmagot en aura terminé avec vous.

-Bâtard insolent ! cracha le ministre avec hargne. Nous vous avons arrêté car nous avions des preuves contre vous. Tout a été fait légalement. Vous n'avez rien contre moi ! siffla-t-il pendant que Dumbledore, ici présent en tant que représentant et président du Magenmagot, hochait tristement la tête pour signifier que le politicien disait vrai.

-Mon emprisonnement ? demanda Harry avec un surprise évidente avant de se rapprocher de la porte, de s'appuyer contre les barreaux de sa prison, et de se pencher vers le premier ministre qui paraissait désormais être plus petit que lui d'un centimètre ou deux. Ses orbes vertes brillèrent un instant alors qu'il plongeait ses yeux ardents dans ceux du petit homme afin de le défier du regard. Vous vous fourvoyez mon pauvre Cornelius, je parle, moi, du dossier que je vais instruire contre vous, pour utilisation de magie noire, complot, conspiration, emprisonnement illégal, corruption, tentative de meurtre, et meurtre, sourit Harry en voyant le petit homme reculer d'un pas.

Laissant son rire s'élever volontairement un instant devant l'attitude étonné de Fudge, il replongea ensuite ses yeux vers dans le regard confus du ministre et ajouta avec un sourire sadique.

-En fait, j'ai déjà plus de preuves que nécessaire pour étaler au grand jour le pitoyable petit plan que vous avez monté avec Lucius Malfoy... Tsss, vous auriez dû être plus prudent en choisissant votre allié mon cher Cornelius...

-Vous n'avez rien, siffla Fudge intérieurement paniqué.

Commet le gamin pouvait-il être au courant pour Malfoy? Était-il vraiment possible que le mioche possède des preuves?

-Rien? Oh mais bien au contraire, j'ai tous les éléments, toutes les preuves, ricana Harry en plongeant un brève seconde son regard dans celui d'Archimède qui hocha doucement la tête en sentant l'esprit de Harry effleuré ses souvenir les plus récent.

-En fait, je sais absolument tout depuis l'origine du journal intime de Voldemort, jusqu'à votre pitoyable tentative de vengeance, repris tranquillement Harry après quelques secondes. Vous devriez vraiment songer à mieux vous protéger contre les charmes d'écoute, notamment ceux que j'ai réussi à placer sur vous juste avant que nous ne quittions le bateau qui m'a amené sur Azkaban, ajouta Harry avec une moue pensive avant d'effectuer un petit geste de la main qui lui permit de faire apparaître un globe de lumière bleuté.

Qu... Que.. Quoi.. Bafouilla Fudge en reculant d'un pas titubant.

-La magie sans baguette est une discipline tellement utile vous ne croyez pas ? susurra le jeune sorcier pendant que tous les adultes présents, à l'exception de Rémus et Dumbledore, écarquillaient les yeux.

Cette fois, Fudge sembla avoir reçu un coup de poing dans le ventre. Le gamin était capable de magie sans baguette de haut niveau puisqu'il venait de lancer un charme au cœur d'Azkaban entouré d'enchantements suppresseurs de magie et de détraqueurs... Ce qui voulait dire que ses affirmation précédente devenait tout à coup parfaitement plausible !

Quel genre de monstre était donc Harry Potter pour pratiquer au cœur d'Azkaban et au tendre âge de quinze ans cet art que près de cinquante pour cent des adultes ne pouvaient pas utiliser dans des conditions normales?

Le sourire de Harry s'agrandit démesurément tandis que d'un claquement de doigts, il faisait disparaître le globe de lumière magique.

-Allons Corny, reprenez-vous. Vous ne semblez pas bien, il ne faudrait pas que le journaliste de la Gazette du Sorcier qui est en chemin vous voit dans cette état pour votre dernier jour en tant qu'homme libre.

-Le... La Gazette...

-Oui la Gazette, s'exclama joyeusement Harry. Voyez-vous, après le tournoi de Poker de Gringotts, j'ai sympathisé avec Rober Cook, le patron de la Gazette. Il avait des problèmes d'argent à l'époque, mais j'ai réglé tout ça, et depuis Roby et moi, on est comme les deux doigts de la main ! claironna joyeusement Harry en rapprochant ses deux index de manière caricaturale.

Toute l'assistance, médusée, le regarda avec des yeux ronds.

-Alors vous pensez bien que lorsque j'ai un peu parlé à Robert de votre complot, un mois avant mon emprisonnement, il voulait l'exclusivité. Vous imaginez un peu le titre : 'Star du Quidditch international survit à Azkaban pour dévoiler une conspiration ministérielle !' Pas mal hein ? C'est pour cela qu'à ma demande, il a accepté de salir un peu mon nom afin de donner crédit à votre propagande et vous permettre de m'envoyer à Azkaban. C'est aussi pour cela qu'il m'a fourni un petit mouchard magique que j'ai glissé dans vos cheveux lorsque vous êtes venu m'arrêter et à présent, entre mon charme d'écoute, le mouchard de la Gazette et mon emprisonnement injustifié qui m'autorise à faire appel à la loi du sang opprimé pour vous forcer à comparaître en dépit de votre immunité ministérielle, et bien disons qu'un simple petit témoignage de ma part associé à quelques preuves publiées dans la Gazette seront suffisantes pour... vous détruire !

-Que... Que voulez-vous Potter ? demanda Fudge d'une voix hachée alors que le peur lui nouait soudain les entrailles.

Comme lors du procès, l'idiot laissait une fois de plus ses sentiments et sa lâcheté prendre le pas sur sa raison. Une faiblesse que Harry s'empressa d'exploiter.

-Oh, vous voulez achetez mon silence si je comprends bien? Comme c'est vilain, l'admonesta Harry, d'une voix enfantine et innocente, pour continuer de pousser l'idiot à l'erreur.

-Que voulez-vous pour garder secrète toute cette affaire ? siffla Fudge entre ses dents sans réaliser qu'il venait ainsi de réaliser une tentative de corruption et d'avouer l'existence de l'affaire en question devant témoins...

Le sourire du dernier des Potter devint soudain glacial et tous eurent l'impression que la température de la pièce baissa de deux degrés lorsqu'il reprit la parle d'une voix dure où ne perçait aucune émotion

-Je veux trente millions de Galions, et un procès devra être offert au prisonnier Sirius Black.

Une seconde plus tard, tous les sorciers présents se mirent à crier en même temps et un chaos indescriptible explosait dans la prison.

-Ridicule ! éructa immédiatement Fudge, exprimant assez clairement sa manière de penser sur le sujet. Absolument hors de question!

-Cela n'amènera rien de bon mon garçon, soupira tristement Dumbledore avant de jeter un petit coup d'œil à la cellule de Black, faisant sans aucun doute référence à l'idée du procès de Sirius.

-Harry... Tu sais ce que cela me fait de parler de cet homme, commença Rémus avec une expression de peine qui arracha un pincement au cœur du dernier des Potter.

-Suffit, coupa fermement Harry. Cornelius, vous semblez naïvement penser qu'il s'agit d'une négociation, alors qu'il n'en est rien. Soit vous acceptez immédiatement mes termes, soit vous pourrez bénéficier d'une cellule tout à fait semblable à la mienne jusqu'à la fin de vos misérables jours. Si vous l'aviez bouclée en niant tout en bloc, vous auriez eu une chance, mais il n'en est rien. Tout d'abord, vous avez utilisé vos prérogatives de ministre pour me faire enfermer en oubliant que la loi du sang opprimé annulerait votre immunité ministérielle, dusse mon innocence être prouvée. Puis, votre lâcheté vous a poussé à vous trahir tout seul en tentant de me corrompre... Je suis sûr que le grand barbu a votre droite peut vous assurer que les charges évoquées sont bien suffisantes pour assurer un emprisonnement à vie, voire même un baiser et que votre seul tentative de corruption devant plusieurs témoins digne de bonne moralité, dont un avocat et le président du Magenmagot, est à la fois un aveu et un motif suffisant pour exiger et obtenir une interrogation avec administration de Veritaserum, dont nous connaissons tous les deux l'issue. Il n'y a rien à négocier, rien à discuter, la partie est terminée, et votre vie également si j'en décide ainsi.

Jetant un rapide coup d'œil en direction de Dumbledore, Fudge vit le vieux mage fermer les yeux un instant et hocher tristement la tête signifiant que le gamin avait bel et bien dit vrai. Il venait de se faire rouler ! Potter avait tout planifié, tout anticipé et à présent, sa vie ne tenait plus qu'au bon vouloir d'un adolescent.

-Quant à toi Rémus, tu ne devrais pas être si prompt à juger un homme qui a été ton meilleur ami et qui, exactement comme moi, s'est retrouvé ici sans avoir le droit à un procès. Et puis surtout, tu ne devrais pas parler de 'cet homme' comme s'il n'était pas là, ajouta Harry avec un sourire en désignant la cellule adjacente du pouce.

Regardant dans la direction indiquée, le lycan fit un pas en arrière lorsque ses yeux se posèrent sur la forme squelettique et blafarde de Sirius Black. Croisant les yeux de l'homme, Rémus détourna la tête. Il n'y avait aucun doute, il reconnaîtrait ces yeux gris n'importe où !

-Vos demandes ne sont pas raisonnable et...

-Tais-toi misérable sous-créature. Soit tu payes mes cinquante millions de Galions et tu offres un procès à Sirius, soit tu finis ta pitoyable existence dans cet enfer qu'est Azkaban. Les choses sont pourtant simple non ?

-Cinquante? cracha Fudge dont les yeux menaçaient maintenant de sortir de leur orbite.

Le gamin avait presque doublé son prix.

-Oui, toute cette discutions stupide m'a fatigué, je n'ai pas de patience pour les demeurés, répondit distraitement Harry.

Fudge plaça une main sur son cœur qui menaçait de défaillir et détailla rapidement ses options. Si le gosse allait au tribunal, il n'avait aucune chance. Ce foutu mioche avait l'appui de 95 % de l'opinion public à en croire les derniers sondages, et il avait possiblement une preuve directe s'il avait effectivement posé un mouchard sur lui.

Il avait en outre une preuve de tentative de corruption, un moyen de le forcer à témoigner sous Veritaserum et était ami avec le directeur de la Gazette du Sorcier. Sans parler bien sûr du fait que sa détention injustifiée lui fournirait tous les arguments nécessaires pour instruire ses actions en justice qui sans ça, aurait pût être bloquée à l'aide de quelques pots de vin bien placés et d'une utilisation habile de l'immunité ministérielle. En un mot, rien ni personne ne pouvait plus empêcher Harry Potter de le détruire.

Lui et même le ministère, n'avait pas assez d'argent pour payer la somme astronomique qu'il exigeait, mais d'un autre côté, s'il acceptait de payer, il pourrait forcer Malfoy à couvrir sa dette. Le blond était mouillé jusqu'au cou et serait obligé de casquer. Quant au procès de Black, il n'avait rien à voir avec l'affaire et n'avait donc rien à craindre de ce côté-là...

-Et quelle assurance me donnez-vous que si je paye ce que vous me demandez que vous n'irez pas ensuite raconter votre histoire dans les médias? demanda finalement le petit homme acculé en plissant les yeux.

A ces mots, la magie du dernier des Potter s'éveilla comme une brise de printemps et il leva solennellement la main droite avant de prendre la parole.

-Moi, Harry James Potter, je jure sur ma vie et sur ma magie que dusse Cornelius Oswald Fudge ici présent me payer dans la semaine à venir la somme de soixante million de Galions, et s'engager sur l'honneur à offrir immédiatement et sans délai un procès équitable à l'accusé Sirius Orion Black, je m'abstiendrais en retour de toute poursuite légale ou déclaration publique officielle préjudiciable concernant monsieur Cornelius Oswald Fudge à la condition que ce dernier accepte de ne jamais révéler le moindre de mes secrets et la nature des événements qui viennent de transparaître, tout en s'engageant à ne plus tenter de me nuire en aucune manière, et ce, de manière directe ou indirecte, par son action ou son inaction, que je le sache ou que je n'en sois pas conscient ; auquel cas je serais alors libéré de ce serment, rendu conscient par ma magie de la rupture de notre pacte et libre d'agir comme bon me semble.

-Wow, ça c'est du serment, remarqua platement Archimède alors que la magie de Harry explosait doucement signe que le serment était vrai.

-J'ai eu plus d'un mois pour y penser, répondit Harry avec un sourire.

Fudge lui, pondérait précisément les termes du serment. D'abord, le sale môme avait encore augmenté la somme et ensuite, accepter signifiait se refuser dans l'avenir à fomenter des plans d'aucune sorte qui pourrait nuire au gamin. Une idée qui hérissait Fudge qui bouillonnait de se venger de ce nouvel échec. Mais d'un autre côté, comme Potter semblait toujours l'emporter, ce n'était peut-être pas plus mal... et puis en plus, il avait cassé la baguette du petit parvenu, ce qui avec un peu de chance handicaperait gravement son éducation magique future. Les adolescents réagissaient en effet très mal à ce genre de chose.

-Ainsi soit-il, répondit finalement Fudge en levant la main droite. Celant ainsi définitivement le pacte dans un souffle de magie.

-Magnifique, lança alors sèchement le sorcier avant de lancer un sourire mauvais à Fudge. Il claqua des doigts et la porte de sa cellule explosa dans un craquement retentissant forçant Fudge qui se trouvait derrière à plonger sur le sol pour éviter les débris.

Sans tenir compte des regards effarés de toute l'assistance, Harry fit alors disparaître toute trace de saleté de son corps d'un simple geste de la main avant de transfigurer son pagne en une magnifique robe noire d'un petit geste du poignet.

-Que… Que… comment ? balbutia le ministre.

-Voyons Cornelius, ne soyez pas surpris par mes prouesses, tout le monde ne peut prétendre à votre niveau de médiocrité magique, une chose que vous auriez dû anticiper avant de m'enfermer ici sans limiteur magique. Rendez-vous à l'évidence Corny, vous êtes un crétin incompétent entouré de débiles profonds tout aussi pathétiques, alors ne vous étonnez pas lorsque le travail est mal fait. Au fait, je ne sais pas si vous le saviez, mais mon statut d'ancien prisonnier fait de moi automatiquement un adulte et m'octroie dès à présent un plein contrôle sur ma fortune, ainsi bien sûr que le droit de pratiquer la magie en dehors de l'école, comme je viens de le faire ce qui est là un nouvel avantage que je dois à votre bienveillante stupidité puisque désormais, toute forme de machination pour me priver de mon héritage, seront nulles et non avenues. Maintenant si vous vouliez bien vous donner la peine de libérer monsieur Black afin que nous puissions tous quitter ce trou à rat où seul un déchet dans votre genre a sa place, exposa platement Harry en haussant un unique sourcil.

-Votre serment ! cracha le petit politicien.

-Ne m'interdit en rien de m'adresser à vous comme bon me semble ou de vous insulter. Il m'empêche seulement de lancer des accusations publiques contre vous...Vous, en revanche, devriez être prudent. Après tout, le serment pourrait très bien interpréter une insulte de votre part comme une tentative de miner à ma confiance en moi et donc de me nuire... la notion est si vaste. Il serait dommage qu'un mot de travers ne vous envoie à Azkaban. Maintenant libérez Sirius, sombre idiot et à l'avenir, vous saurez que Harry Potter ne perd jamais, asséna l'héritier de la noble et courageuse maison des Potter avant d'aller serrer dans ses bras le pauvre Rémus qui semblait ne pas avoir compris la moitié de ce qui venait de se passer tant il était choqué.

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Terminé !

Je crois que c'était un des chapitre les plus épiques de l'histoire à ce stade, non ?

Bon, alors comme pour la dernière fois, je n'ai pas le temps de rédiger de note de l'auteur ; cependant je vous promets que le prochain chapitre en comportera et que cela permettra de faire le point sur l'histoire, les personnages, et la direction que va prendre la fic dans l'avenir.

Ps : Pour ceux qui connaissent la série 'Parker Lewis ne perd jamais' vous aurez quand même noté la dédicace...

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Je vous invite par contre, à ce stade de l'histoire, à m'envoyer une review avec toutes vos questions et tous vos commentaires ; afin que je puisse faire en sorte d'y répondre dans les notes du prochain chapitre qui seront, elles, conséquente !

(Ps : cette fois je n'aurai surement pas le temps de donner de réponses en Pv mais je lirai tous vos mots.)

Sinon ne vous attendez pas à avoir la suite avant au moins 1 mois. Désoler mais j'ai des partiels dans 4 semaines.

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Merci à Fredjs et à Calypso78, à la prochaine, et n'oublier pas la review !