Chapitre 25 La promesse que je reviendrais pour toi
Peu de temps avant le retour d'Isabella à l'ordre.
Point de vue d'Isabella :
Finalement, après ce qui semblait une éternité, je sortis du bureau de Fudge avec les documents dont j'avais besoin en ma possession. Avant de transplaner au siège de l'ordre, je me changeai, car j'avais l'impression de puer le rat. Donc, ce fut pourquoi je transfigurai de nouveaux vêtements sur mon corps en choisissant un pantalon noir moulant en jean, une chemise cintrée vert forêt à longues manches, un blazer noir et de hautes bottes à talons aiguilles. Par-dessus, je gardai tout de même mon manteau de sorcière. Satisfaite du résultat, je transplanai du ministère pour atterrir quelques minutes plus tard devant où, je savais était la porte du square Grimmaurd, maison de la famille Black.
Bien vite, la maison immergea entre les numéros 11 et 13, j'entrai donc dans un couloir très sombre en fermant la porte derrière moi. Je sortis ma baguette et l'éclaira tout en marchant dans le couloir.
À mon entrée dans le hall, j'entendis les insultes de Madame Black et ce fut donc la raison pour laquelle je me mis face au tableau avec mes mains sur mes hanches et un sourcil relevé. Posture qui appartenait originalement à Lily, Alice Londubat, mais aussi Alice Cullen.
« Isabella Potter… ma chère enfant. Ça fait tellement longtemps… » Eus-je droit en guise de salutations quand elle me vit.
« Bonsoir Madame Black… » Dis-je doucement en hochant la tête poliment.
Cela fait, je continuai ma marche vers où je savais se trouvait la cuisine et où étaient présents les membres de l'ordre. Je connaissais cette maison parce que j'étais déjà venu une fois discuter avec Madame Black quand Sirius était venu se réfugier à la maison Potter. Disons simplement que je lui avais montré que je n'avais pas peur d'elle et je lui avais également dit tout ce que je pensais de son traitement envers son fils. Ça, elle l'avait plutôt aimé qu'une personne soit assez franche avec elle et n'ai pas peur d'elle comme la plupart le faisait. Par la suite, elle s'était attaché à moi et me respectais, mais je n'avais pas réussi à ce qu'elle traite différemment Sirius.
Je m'arrêtai brusquement au pas de la porte de la cuisine, choqué en entendant les paroles de Molly Wesley au sujet de Sirius. Comment osait-elle ? Quel droit avait-elle de juger une personne de la sorte et encore moins sans la moindre preuve de ce qu'elle avançait ? Ce fut ainsi que je me retrouvai très rapidement à sauter par-dessus la table et à pousser Molly contre un mur avec ma baguette sur sa gorge. J'étais complètement livide et furieuse.
Après plusieurs minutes et plusieurs inspirations calmantes, je parvins à me contrôler et ce fut comme ça que j'annonçai fièrement et béatement que Sirius n'était plus un homme en cavale à présent. À un moment donné, je dus m'éloigner de lui parce que la vélane en moi ne voulait rien de plus que de le réclamer. J'étais vraiment heureuse d'être de retour et d'avoir Harry dans mes bras me disant par ce geste qu'il m'acceptait. C'était bien sûr jusqu'à ce que mon bonheur du moment présent fût interrompu par une personne que j'avais autrefois considérée comme l'un de mes meilleurs amis, mais plus maintenant. À présent, je le haïssais de toutes mes forces, de tout mon cœur et corps.
« Comme c'est touchant… J'en ai les larmes aux yeux. Les Potter enfin réunis après de longues années de lâcheté… » Déclara froidement et cyniquement Severus Rogue en personne avec également une voix rempli de mépris.
« MERDE ! » crièrent Remus et Sirius ensemble et d'une même voix en se levant sachant comment j'allais réagir.
Je me raidis dans les bras d'Harry et levai les yeux très lentement de son épaule pour croiser les yeux sombres de cet homme à qui j'avais confiance de façon aveugle dans le passé, un homme qui m'avait trahi de la pire des manières.
Tout en gardant les yeux sur lui, je me dégageai des bras de Harry et le plaça derrière moi. Mon attention était axée uniquement sur ce traitre. Un rictus sombre et maniaque fit son apparition sur mon visage déjà furieux et sauvage.
« Remus… Prends Harry… » Suppliais-je fermement avec autorité dans ma voix, car je ne voulais faire aucun mal à mon petit garçon si les choses venaient à se corser et s'aggraver, car je savais comment je pouvais être si mes pouvoirs devenaient hors de contrôle.
« Isa… » M'avertit-il, mais je l'ignorai complètement.
Enfin, il hocha la tête de façon résignée, car il savait qu'il n'aurait aucune chance pour me faire changer mon esprit. Il vint alors tirer Harry de derrière moi afin d'aller se placer avec lui dans le fond de la cuisine avec Sirius qui était déjà adossé au mur. Certains des membres de l'ordre qui me connaissaient et savaient comment mon tempérament pouvait être, se levèrent à leurs tours et s'éloignèrent le plus loin possible de l'endroit où j'étais et en s'approchant le plus près possible des murs.
« Snivellus… ça fait tellement longtemps qu'on ne s'est pas vu tous les deux… Dis-moi, quand était-ce la dernière fois déjà ? » Demandais-je avec sarcasme tout en faisant plusieurs pas en avant afin de me rapprocher encore plus de lui.
Toutes les couleurs de son visage disparurent aussitôt pour qu'il devienne aussi blanc que celui d'un vampire. Bon sang ! Il ne croyait tout de même pas que ce qu'il avait causé, mais aussi participé serait oublié aussi facilement et comme si de rien n'était arrivé…
En réalisant que je n'allais pas laisser passer ce qui s'était déroulé dans le passé, il recula légèrement en avalant péniblement tout en cherchant des yeux un moyen de sortir de la pièce par la porte aussi vite que possible. Je fermai les yeux tellement j'étais en colère, mais je savais que c'était inutile d'essayer de me calmer et de me contrôler, c'était une tache vaine à faire… Il était trop tard. La vélane reprit le contrôle complet sur mon corps et je sentis une forte démangeaison dans mon dos. Aussitôt, j'enlevai brusquement mon manteau de mon corps en le laissant tomber négligemment sur le sol.
L'instant suivant, des ailes noires purent se voir déchirant l'arrière de ma chemise et émerger de mon dos tout comme mes cheveux poussèrent jusqu'à la base de mon dos. Mes yeux devaient certainement être de la même couleur. La vélane était très en colère, elle était furieuse et hargneuse, ce fut pourquoi le côté sombre se montrait ainsi. Cet homme avait participé à un être qui m'avait été très cher à mon cœur. Mon père. Il avait aidé à ce qu'on me prenne l'une des personnes les plus importantes pour moi et la vélane en moi n'allait pas laisser passer ça. D'habitude, j'avais un contrôle sur elle, mais cette fois-ci, je n'avais pas été préparé à voir cet homme qui m'avait causé tant de douleurs et souffrances.
En voyant le regard persistant sur la porte de Rogue et son geste pour attraper sa baguette, je me décidai d'agir, mais en essayant de garder un certain contrôle, je n'avais pas envie d'avoir des problèmes inutiles avec Dumbledore.
D'un geste de ma main vers la porte, celle-ci se ferma d'elle-même en claquant bruyamment et violemment. La plupart des personnes présentes dans la pièce sursautèrent et me regardèrent avec des yeux écarquillés tout comme Rogue. Il était apparemment surpris que je puisse faire de la magie sans baguette, très peu de gens parvenaient à le faire, mais il était aussi choqué de voir sous quelle forme je m'étais présenté.
Le problème quand j'étais en vélane sombre était que je pouvais dire des propos véridiques certes, mais méchants ainsi que très blessants, j'étais encore plus franche qu'en temps normal.
« Tu ne réponds pas, Snivellus… » Demandais-je avec un sourire mauvais en sachant qu'il détestait le surnom que lui avaient donné James et Sirius quand nous étions à Poudlard. Cependant, je savais par Remus que Sirius l'utilisait toujours quand Rogue était présent au grand agacement de ce dernier. Je me rapprochai de plus en plus de lui au fur et à mesure que je parlais. « TU DIS QUE JE SUIS UNE PERSONNE LÂCHE, MAIS SI JE ME SOUVIENS BIEN, ESPÈCE DE POURRITURE, C'EST BIEN TOI QUI M'A LAISSE POURRIR ET CREVER DANS MON PROPRE SANG ET CA POURQUOI ? POUR ÊTRE SUR LE BON COTE ET DANS LES BONNES GRÂCES DE TON CHER MAITRE DE MON CUL ! ET MAINTENANT… TU JOUES À UN DOUBLE JEU EN SERVANT D'ESPION ET DE MARIONNETTE À NOTRE BON VIEUX MANIPULATEUR QU'EST DUMBLEDORE ET QUI AIME JOUER UN PEU TROP AVEC LA VIE DES GENS SANS SE SOUCIER DES RÉPERCUSSIONS ET DES CONSÉQUENCES ! » Criais-je à la fin avec hargne mais aussi fureur et avec un geste de ma main, il alla voler dans un mur qui se trouvait à proximité.
Aussitôt, Rogue s'effondra contre le mur en glissant dans un tas sur le sol, je parcourus la distance entre nous deux et le frappa droit sur son nez crochu avec mon poing provoquant son nez à se briser et un écoulement important de sang commença à suinter de son nez. L'air autour de moi tourbillonna dans mes cheveux désormais rouges. Je me tenais maintenant de haut à quelques centimètres de lui, je sortis ma baguette et la visa directement dans son visage, mais avant que je puisse tenter quelque chose, rien de bien méchant bien sûr, je fus intercepté par la taille et tirer en arrière.
Je grognai de frustration et d'irritation tout en commençant à me débattre énergiquement dans la poigne de fer de Sirius qui me retenait pour m'empêcher de régler son compte à Rogue comme je le voulais.
« Lâche-moi ! » grognais-je sombrement.
« BON SANG ! ARRÊTE ! IL N'EN VAUT PAS LA PEINE ET EN PLUS DUMBLEDORE T'EN VOUDRA DE TOUCHER SON PRÉCIEUX ESPION S'IL LUI ARRIVE QUELQUE CHOSE ! » Cria-t-il en essayant de me calmer à cause du vent qui s'était levé autour de moi. « Hors de ma maison immédiatement Rogue… Dégage ! Tu ne fais qu'empirer les choses. Vas t'en avant qu'elle réussisse à s'échapper parce que je donne par cher de ta peau dans ce cas-là, du con ! » Ajouta-t-il fermement, mais avec urgence avant que je puisse me dégager de son emprise.
Point de vue externe.
Malheureusement, Isabella en avait profité que Sirius avait détourner son attention d'elle pour jeter à Severus Rogue un sort silencieux provoquant pour Severus Rogue à se retrouver chauve de cheveux ainsi qu'un visage avec les traits d'un babouin, mais qu'il soit aussi recouvert de poils de chat sur le restant de son corps. Même si personne ne le voyait à cause du manteau de sorcier, Severus était recouvert de poils de la même couleur que de celle du chat d'Hermione et il n'y avait pas une place où il n'y en avait pas.
Après cela, ce dernier ne se fit pas attendre, car il ouvrit la porte précipitamment à la volée après avoir réussi à la déverrouiller puis il courut à toutes jambes dans le couloir pour sortir de la maison.
« VAS-T'EN DONC ! FAIS COMME LE LÂCHE QUE TU ES ! TU ES SI BON À COURIR ! ESPECE DE LACHE ! TU PAYERAS ! SURVEILLE TES ARRIERES ! » Hurla Isabella toujours en se débattant frénétiquement avec les bras de son compagnon qui lui-même avait plutôt difficile à la retenir afin qu'elle ne suive Severus.
Point de vue d'Isabella.
« Remus aide moi ! » s'exclama Sirius toujours en se battant avec moi afin de me maitriser.
« Désolé, je ne peux rien faire pour t'aider cette fois-ci. Il n'y a que toi qui puisses la calmer, Patmol… » commença-t-il, mais Sirius ne lui laissa pas le temps de finir sa phrase parce que soudainement, il me tourna violemment afin que je lui fasse face puis il prit mon visage dans ses deux mains avec un regard d'excuse dans ses yeux avant de rapprocher mon visage du sien et pour ensuite planter ses lèvres sur les miennes dans un baiser désespéré, mais aussi passionné.
Tout dans la pièce changea alors pour finalement disparaitre et que mon attention se concentre uniquement sur Sirius et ses lèvres divines.
Point de vue externe.
Dès que Sirius plongea sa tête afin d'embrasser Isabella et qu'il toucha ses lèvres aux siennes, une lueur aveuglante de couleur vert émeraude comme les yeux d'Isabella immergea de celle-ci et les entoura tous les deux. C'était un spectacle à voir et hors du commun, un unique et magnifique spectacle. Au même instant, les ailes d'Isabella rentrèrent d'elles-mêmes dans son dos et ses traits originaux reprirent place.
Soudainement, Sirius et Isabella, qui étaient toujours en train de s'embrasser comme s'il n'y avait pas de lendemain, furent soulevés du sol et le rayon de lumière tourbillonna autour de l'air les entourant comme si une corde les reliait sans pour autant être capable de se briser, comme si cette corde était faite d'acier.
Finalement, au bout de ce qui semblait des heures, Sirius et Isabella descendirent vers le sol et un instant plus tard, le baiser prit fin, mais Sirius garda tout de même encore Isabella dans ses bras dans une prise ferme. Celle-ci le regarda avec stupéfaction et étonnement tout en touchant ses lèvres avec les bouts de ses doigts dans un geste absent et mécanique.
« Qu'est-ce… Pourquoi ? » Demanda-t-elle dans un ton peu assuré et peu confiant, le contraire de ce qu'elle était d'habitude.
« Bien… Disons qu'il fallait bien que je trouve un moyen afin de te calmer rapidement avant que ça ne devienne un désastre complet et c'était la seule solution qui m'est venue à l'esprit. En plus, pour être tout à fait honnête, je voulais le faire depuis que je t'ai revu pendant la bataille au ministère, enfin, plutôt depuis un sacré bout de temps maintenant parce que je voulais déjà le faire à Poudlard, mais je n'ai jamais osé parce que pour être franc, je n'avais pas tellement envie de me retrouver à l'infirmerie comme le faisait bien souvent Malfoy et je ne voulais pas non plus avoir ton frère sur mon dos pour avoir osé toucher sa précieuse sœur sans son consentement… » Dit-il avec un sourire malicieux et séducteur en toute confiance tout en haussant les épaules dans un geste désinvolte.
Isabella ouvrit la bouche afin de rétorquer quelque chose de bien placé comme elle savait si bien le faire, mais rien ne sortit à la surprise de Remus et de Sirius.
Personne ne l'avait vu, mais pendant le baiser entre Sirius et Isabella, la magie de celle-ci et son côté vélane avait reconnu Sirius comme le sien et la magie de Sirius semblait avoir également fait de même avec Isabella. Tout ce que les autres avaient pu voir et être témoin avait été la lueur verte sortant d'Isabella et l'entourant ainsi que Sirius dans une espèce de cocon protecteur.
Isabella avait senti au plus profond de son cœur et de son âme leurs magies s'entremêler, s'entrelacer pour se tenir l'une à côté de l'autre en parfaite harmonie, mais aussi pour ne faire qu'une avec l'autre.
Finalement, Isabella sourit doucement avec contentement vers Sirius puis elle se blottit plus profondément dans les bras musclés de celui qu'elle aimait. Sans plus de cérémonie, Sirius la prit dans ses bras puis il la souleva et alla s'assoir au bout de la table avec Isabella sur ses genoux, lové contre lui avec sa tête reposant contre le creux de son cou. Elle avait besoin de se calmer, mais aussi sa créature intérieure et qui de mieux que son compagnon.
Après un long moment à observer l'interaction entre Sirius et Isabella dans le silence, Remus et Harry allèrent s'assoir sur leurs côtés suivit des autres quand ils furent rassurés qu'il n'y avait plus rien à craindre. Certains d'entre eux regardèrent Isabella avec appréhension ainsi que des yeux choqués à l'énormité du pouvoir de celle-ci. Elle était aussi puissante que Dumbledore, Voldemort et Harry si même pas plus.
Point de vue d'Isabella.
« Et c'est moi qu'il appelle un lâche… Ce n'est pourtant pas moi qui a couru comme une fillette… » Marmonnais-je sous mon souffle, mais assez fort pour que les autres entendent.
Cela bien sûr après m'être suffisamment calmé afin de ne pas courir après Rogue et lui régler son cas une bonne fois pour toutes, même si l'envie ne manquait pas.
Bon sang ! Qu'allais-je faire maintenant que ma magie avait reconnu Sirius ? Ça allait être encore plus difficile de rester éloigner de lui ou de m'empêcher de le toucher comme je le voulais. Je ne voulais le forcer à rien et je ne voulais certainement pas qu'il se force. Je devrais attendre et voir, il allait falloir que j'essaie d'éviter son contact et d'être trop proche de lui. Je savais déjà que ça n'allait probablement pas être une tâche facile à réaliser, mais je devais essayer tout ce qui comptait pour le moment, c'était qu'il allait bien.
« Dans un sens, je le comprends d'être parti comme ça. Il était totalement terrifié par toi et il faut beaucoup pour le mettre dans un état pareil. En ce moment même, il est surement en train de se plaindre à Dumbledore. Prépare-toi à avoir les remontantes de ce dernier. Mais bref, tu fais vraiment peur quand tu es dans cet état et cela vient d'un loup-garou… » Fit remarquer Remus en buvant son verre de vin.
« Je n'ai même rien fait à part peut-être lui casser le nez et l'envoyer valdinguer dans un mur ! Ce n'est pas grand-chose quand on sait de quoi je suis capable. » Rétorquais-je avec un sourire narquois, mais en roulant des yeux
« Heureusement, je pense que tu aurais détruit cette maison. Ça ne me dérangerait pas du tout, bien au contraire, mais nous en avons encore besoin pour les réunions de l'ordre… » ajouta Sirius en caressant mes cheveux qui prirent une teinte de bleu à cause des émotions que je ressentais en étant dans les bras de Sirius comme la paix, le calme et la sérénité.
« Merde Isa ! Tu peux vraiment donner la trouille à quelqu'un ! » S'amusa mon ancien mentor.
Je ne répondis pas préférant me blottir plus profondément dans les bras de Sirius. Si seulement Alastor savait que quand ma partie vélane sombre était sortie, je n'étais pas hors de contrôle, j'avais encore une emprise sur elle. Il était très rare que cette partie sortait, mais quand elle le faisait, elle pouvait faire de sacrés dégâts.
« Merde ! Il était génial ce sort de métamorphose… Il faudra que tu nous l'apprennes, tante Isa ! » S'exclama avec excitation Fred tout en faisant un sourire machiavélique en regardant du coin des yeux son jeune frère.
« J'ai toujours été très bonne en métamorphose et en sortilège. » me contentais-je de sourire aux souvenirs de toutes les farces que j'avais faites grâce à ces deux branches.
« Et vous auriez dû voir tous les trucs qu'elles faisaient subir à James quand il la cherchait un peu trop… » Ria hystériquement Remus qui fut très vite suivit de Sirius.
Je secouai tout simplement la tête et je roulai des yeux pour le plus grand amusement d'Hermione et d'Harry.
Je me sortis de mes pensées quand tout d'un coup, je sentis une main prendre la mienne et la resserrer doucement dans le confort. Je la regardai brièvement avant de rencontrer les yeux du propriétaire qui étaient d'un vert comme les miens, je réalisai alors que c'était la main d'Harry. Je souris avec affection dans sa direction tout en caressant le dos de sa main avec mon pouce.
Enfin, le repas se termina et Molly Wesley débarrassa la table avec l'aide de sa fille puis elle commença à servir du thé à tout le monde. Je la vis alors s'attarder un peu trop longtemps près du comptoir de la cuisine et sortir discrètement une fiole de sa robe qu'elle versa ensuite dans une tasse avant de la remplir de thé et de venir la servir à Arthur Wesley. J'aurais dû m'en douter…
Avec un clin d'œil à Sirius, Harry et Remus, je me levai de mon siège confortable et j'allai m'assoir entre Fred et George Wesley en gardant un œil attentif sur Arthur et Molly qui étaient en face de moi. De là où j'étais, je pouvais sentir le regard brulant de Sirius. Il savait que je préparais quelque chose tout comme le faisait Harry, qui me suivait du regard et examinait le moindre de mes gestes et mouvements. Il était beaucoup trop attentif et perspicace tout comme je l'étais moi-même. Sirius me connaissait bien trop pour que je puisse lui cacher quelque chose que j'avais en tête ou un de mes plans. Enfin presque tout… puisqu'il que j'avais réussi à lui cacher que j'étais une vélane et que je l'aimais bien plus qu'un ami…
« Hé tante Isa… » Commença George à la plus grande irritation de Molly, mais moi ça m'amusait plus que tout surtout que je savais que Fred allait continuer sa phrase…
Combien de fois ne l'avais-je pas fait avec James rien que pour ennuyer les autres ?
« … comme ça, tu as été dans notre merveilleuse boutique de farces et attrapes ? » finit Fred en mettant son bras sur mon épaule et son frère fit de même avec l'autre.
« Bien sûr les gars, il fallait bien que je vois à quoi avait abouti mon investissement, mais aussi je devais voir en personne et de mes propres yeux votre génie. Vous êtes vraiment digne des maraudeurs… » Dis-je malicieusement en regardant Remus pour ensuite faire un sourire narquois aux jumeaux parce que je savais que je venais de lâcher une grosse bombe. D'ailleurs, pratiquement tout le monde me regardait avec de grands yeux.
« C'est vous -… » Commença à débiter Molly en colère, mais elle fut vite interrompue par Remus.
« Faites attention à ce que vous dites Molly, à moins que vous vouliez faire face aux conséquences… Vous avez affaire à une personne étant plus haut que vous dans la société. Elle fait partie d'une des familles les plus nobles dans le monde sorcier et elle n'hésitera pas à appliquer la loi comme bon lui semble. » Averti Remus.
« Qu'est-ce que ça veut dire ? » demanda Hermione en me regardant avec curiosité.
« Ma famille, la famille Potter est très, très ancienne plus que la famille Black et Malfoy réunis, elle remonte même à l'époque des quatre fondateurs eux-mêmes, mais pas que ça. Notre famille… » Dis-je en tournant mon regard sur Harry avec un petit sourire. « … est une famille très connue, mais pas seulement en Angleterre, elle est aussi très connue aux quatre coins du monde entier. Ce n'est pas seulement pour ce qui s'est passé cette nuit-là, nous étions déjà connus avant ça… » Continuais-je en retournant mon attention sur Molly avec un sourcil relevé. « J'ai oublié de me présenter officiellement… Je suis Dame Isabella Potter, l'un des derniers héritiers de la noble famille Potter… » Fis-je en faisant un semblant de révérence avec ma tête ce qui provoqua le rire de Sirius. « Donc, Molly, méfiez-vous à ne pas provoquer quelque chose que vous ne pouvez pas gérer, je suis très doué avec une baguette et même sans… je n'hésiterai pas à utiliser mes capacités… » Dis-je d'un ton plus froid et plus mortel.
« Si tu veux, Hermione je pourrais te prêter un livre sur le sujet, je suis sûr qu'à Poudlard, tu n'as surement rien lu sur cela… » Souris-je amicalement à l'amie de mon filleul, l'amie qui avait plus que le béguin pour lui.
« C'est vrai ? » demanda-t-elle avec enthousiasme et excitation. « J'aimerais vraiment lire sur ce sujet ! » répondit-elle en frappant des mains joyeusement ce qui provoqua le rire d'Harry, de Sirius, Remus et les autres.
Après que je me fus assuré que Molly n'allait rien faire, je me tournai vers Remus et lui souris malicieusement et diaboliquement lui montrant que je n'allais pas arrêter d'être un maraudeur.
« Oh non, pas ça ! Je n'aime pas du tout quand elle fait ce regard-là. Maintenant, on a plus deux farceurs, mais trois ! Merlin aidez-moi ! » Maugréa dramatiquement mon meilleur ami sous l'œil amusé de Sirius et d'Harry qui secouait la tête en retenant un rire de sortir de sa bouche. « Comme si Poudlard n'avait pas suffi… Quand je disais que c'était la pire du groupe… », Ajouta-t-il dans sa barbe, mais avec mes sens de louve, je pus très bien les entendre.
« Dites-moi, Arthur… » Dis-je en tournant mon attention sur le père Wesley. « … à quoi est votre thé ? » demandais-je innocemment en le voyant porter sa tasse à ses lèvres.
Je souris intérieurement quand je vis Molly se raidir à côté de lui et s'étouffer avec son propre thé. D'ailleurs, je ne fus pas la seule à le remarquer parce que Sirius la regarda avec méfiance de ce que je pouvais voir dans ma vision périphérique.
« Euh… Jasmin, je pense… » Répondit Arthur en me jetant un regard sceptique.
« Puis-je sentir ? J'aime les odeurs mais aussi sentir les différents parfums de thé… » Demandais-je d'une voix innocente en souriant aimablement.
Il me regarda confus puis il me tendit sa tasse de thé que je pris entre mes mains et je la portai lentement à mon nez sous l'œil attentif de Sirius qui me regarda curieusement, mais avec doute et intérêt sur ce que j'étais en train d'accomplir sous ses yeux. Je pris une profonde inspiration tout en gardant mes yeux concentrés sur Arthur Wesley qui m'observait avec curiosité.
« En effet, l'odeur de jasmin émane principalement de ce thé, mais pas seulement, si je suis juste… » L'informais-je d'une voix douce.
« Qu'y a-t-il d'autre dedans selon vous ? » demanda-t-il poliment avec une note curieuse et septique se demandant probablement ce que moi, j'avais senti d'autre que lui n'avait pas fait.
« Avant de vous répondre, j'aimerais mieux vérifier d'un autre nez que le mien afin de m'assurer que j'ai correct à propos de mes dires. On sait jamais… mon nez peut me faire peut-être des tours… » commençais-je avec un ricanement amusé à ce dernier commentaire parce que je savais que mon odorat n'avait aucun défaut, mais bon, je voulais faire mariner un peu plus Molly afin de la faire languir à savoir si je connaissais son petit secret ou pas.
Comme le disait mon frère, j'étais le diable incarné dans ces cas-ci et je l'assumais complètement. « Hermione… de ce que j'ai entendu dire, tu es très doué dans tous les domaines, mais surtout en potion donc, j'imagine que tu n'auras aucune difficulté à identifier les ingrédients ayant été utilisés pour cette préparation… Pourrais-tu sentir ce thé et me dire quels sont les ingrédients principaux selon toi qui ont été utilisés ? » demandais-je à la jeune sorcière en me tournant vers elle et en lui tendant la tasse de thé qu'elle prit sans aucune hésitation puis elle inspira profondément le contenu en fermant les yeux afin de mieux se concentrer et d'identifier les éléments de ce thé.
Hermione sembla se concentrer et réfléchir pendant quelques longues minutes avant de finalement fixer ses yeux chocolats, les mêmes que Bella, sur moi et elle sourit doucement, mais avec hésitation. Pour la rassurer, je lui fis un sourire encourageant et un clin d'œil.
« Ne t'en fais pas, on n'est pas à Poudlard, donc Rogue ne va pas t'enlever des points pour ta réponse… » Plaisantais-je afin de la détendre. Cela parut fonctionné parce que je vis ses épaules s'affaisser.
« Je sens le jasmin comme Monsieur Wesley l'a fait, mais pas seulement. Je ne sais pas ce que vous avez senti, mais moi, je sens l'herbe fraichement coupée, le parchemin neuf et l'odeur de manche à balai qui vient d'être poli. » Répondit-elle nerveusement en rougissant légèrement en baissant les yeux sur la table afin d'éviter les yeux d'Harry qui se trouvait à quelques sièges d'elle.
« C'est bien ce qui me semblait. Pour moi, ça a une odeur différente comme tu l'as surement déjà deviné. » L'informais-je en la rassurant et en jetant un œil sur le côté à Sirius puis je reconcentrai rapidement mon regard de nouveau sur la jeune sorcière.
« Quelles sont les autres senteurs ? » demanda-t-elle intriguée.
Merde ! Je ne m'étais pas attendu à ça.
En plus, malheureusement, je ne pouvais pas sortir de ça vu que c'était moi qui avais lancé ce truc. Bon tant pis… Après tout, j'étais un Gryffondor et les Gryffondor ne se défilaient jamais. C'était bien connu de tous…
« Orchidées, terre humide et -… » Dis-je avec hésitation en me frottant l'arrière du cou nerveusement et de façon mal à l'aise.
« Et… » Poussa Sirius en se rapprochant du bord de la table tout en mettant ses avant-bras sur celle-ci avec des yeux très intéressés.
« Et… le whisky pur feu ainsi que le chien… » Lâchais-je sous mon souffle très rapidement en roulant des yeux à son sourire qui s'agrandit de plus en plus et à sa posture de fier coq.
« Comment se peut-il qu'un thé puisse avoir plusieurs odeurs et ça, pour différentes personnes ? » demanda subitement Tonks en fronçant les sourcils d'un ton concerné tout en frappant dans le mile sans le savoir.
« Si tu avais fait plus attention à tes cours de potions, tu le saurais ! » répliqua Alastor avec un regard significatif.
En réponse, Tonks lui tira la langue de façon très mature pour mon plus grand amusement et celui des autres présents à la table.
« C'est très simple à expliquer en fait… » Commençais-je en lui répondant lentement. « Dans le thé, il n'y a pas que des ingrédients faisant de ce liquide un simple thé, mais en plus, il y a des ingrédients destinés pour la préparation d'une potion bien connue… » Terminais-je avec un sourire narquois quand je vis les yeux de Molly s'agrandirent en comprenant les faits.
« Quelle potion ? Tu sais que je n'ai jamais été doué dans cette branche… » Demanda Remus sérieusement, mais aussi avec préoccupation.
Specialis Revelio pensais-je fortement en prenant le thé qu'Hermione avait encore dans ses mains afin de connaitre les composants de la potion.
Parmi les ingrédients se trouvaient principalement des œufs de Serpencendre. Je savais à coup sûr, sans aucune hésitation, de quel breuvage il s'agissait, même si je l'avais déjà découvert un peu plus tôt quand j'avais senti moi-même le thé.
« Dis-moi un peu, Patmol… c'est quoi ce que tu sens, toi ? » demandais-je innocemment décidant de l'ennuyer un peu et de lui rendre la monnaie de sa pièce tout en faisant un clin d'œil à Hermione qui sembla comprendre ce que j'étais en train de faire, car elle eut un sourire amusé et impatient.
Sirius roula simplement des yeux à cela en comprenant ce que je faisais et il se leva pour ensuite venir se tenir derrière moi avec son corps très proche de moi. Il se pencha et il prit la tasse de mes mains pour ensuite inhaler le thé.
« Voyons voir même si je n'ai pas besoin de sentir le thé pour le savoir… Whisky et le chien, ça, c'est évident, mais il y a aussi l'odeur de la terre humide et l'odeur envoutante des orchidées. » Annonça-t-il avec un sourire narquois et des yeux espiègles qui m'observaient intensément.
« Pourquoi la même odeur qu'Isa ? » demanda une nouvelle fois Tonks avec confusion.
Ce fut alors qu'il y eut un déclic chez Hermione, mais aussi Harry ainsi que pour les jumeaux. Je ne devais pas être étonné pour Harry parce que je savais que des tas de filles avaient surement déjà essayé cette potion sur lui.
« Ceci… » Dis-je en montrant le thé et en expliquant à ceux qui n'avaient pas encore réalisé ce qu'était vraiment ce breuvage dans les mains de Sirius. « … est une potion du nom d'Amortentia ou plus connu comme philtre d'amour. Eh oui, Molly… je connais à présent votre petit secret. J'avais mes doutes depuis longtemps avec toutes les rumeurs que j'avais entendues, mais je n'avais aucune preuve pour le prouver. Maintenant, j'ai la preuve… Je n'ai qu'une question… Pourquoi avoir fait cela ? » Demandais-je en reposant ma tête contre le torse musclé de Sirius que je pouvais sentir à travers son t-shirt. Celui-ci plaça ses mains tendrement sur mes épaules.
« Molly… Dis-moi que ce n'est pas vrai ! Tu n'as pas fait une telle chose ! » S'exclama Arthur en se levant d'un bond et d'un mouvement brusque en reculant de Molly le plus loin possible.
Molly ne répondit pas, mais elle regarda le sol devenu subitement très intéressant. Elle avait vraiment de la chance que ce n'était pas à moi ou à Harry qu'elle avait porté préjudice… Maintenant, il restait plus qu'à savoir ce qu'Arthur allait décider de faire. Faire ce qu'elle avait fait était punissable, mais étant donné qu'Arthur était la victime dans tout cela, c'était à lui de prendre la décision.
« Attendez une seconde là si j'ai juste… » Intervint Ginny en se levant à son tour et en se rapprochant de son père tout en glissant un bras autour de sa taille et de prendre une de ses mains dans son autre main libre. « Si je l'obtiens comme je comprends les choses… Nous, c'est-à-dire mes frères et moi, nous avons été conçus sous l'influence d'un amour artificiel, d'une obsession… Comment as-tu osé faire une telle chose, c'est cruel ! » Termina-t-elle en ne croyant pas ses propres mots, elle avait des larmes de colère dans les yeux quand elle parlait en fixant Molly avec des yeux rétrécis dangereusement.
« J'aime votre père plus que tout… » Murmura Molly en réponse.
« Et lui est-ce qu'il vous aime réellement sans l'influence de cette potion d'amour ça, c'est la question que vous devez vous poser désormais… » répliquais-je d'une voix glaciale en me levant et en prenant la main de Sirius tout en intervenant afin de limiter les dégâts parce que j'étais certaine que ça allait tourner mal si je ne calmais pas les choses.
Je ne connaissais pas personnellement Ginny, mais en voyant Harry du coin de l'œil préparer sa baguette et en la regardant avec méfiance, je savais qu'elle devait avoir un tempérament de feu comme le mien.
Finalement, Ginny prit une profonde inspiration afin de se calmer et adressa un regard rempli de fureur à Molly avant de tirer sur la main de son père.
« Reste aussi loin de nous que possible ! » Cracha-t-elle durement avant d'entrainer Arthur avec elle et de s'installer à la table avec Charlie et Bill tout en se blottissant dans les bras de son père afin d'essayer de le réconforter et surement le calmer.
En voyant cela, j'eus les larmes aux yeux et je détournai mes yeux pour enfoncer ma tête dans le torse de Sirius. Cela me rappelait trop la relation que j'avais avec mon propre père et je savais que plus jamais je ne pourrais sentir ses bras autour de mon corps.
Comprenant ce que je ressentais, Sirius resserra son emprise sur moi et un instant plus tard, je sentis la main d'Harry caresser mon dos. Je tournai ma tête légèrement pour le voir avec un sourire triste et compatissant. Je lui souris également à mon tour, mais il n'atteignit pas mes yeux. S'il y avait bien une personne qui savait ce que je ressentais, c'était lui. Contrairement à lui, j'avais eu la chance de connaitre mon père tandis que lui n'avait pas eu cette occasion.
« Je vais vous préparer l'antidote, Arthur. Ça ne devrait pas prendre trop longtemps à concocter. Hermione… veux-tu m'aider pour cela ? » Demandais-je après quelques minutes en sachant les compétences de cette jeune sorcière qui était profondément épris d'Harry.
Hermione hocha la tête vivement dans l'enthousiasme et Sirius me regarda avec une moue sachant que je ne pouvais pas préparer l'antidote ici, car je n'avais pas le matériel à ma disposition. Je lui donnai un chaste baiser sur les lèvres afin de vérifier ma résistance, mais réalisai très vite qu'elle n'était pas très grande donc je m'éloignai de lui et lui fis un regard peiné puis j'allais aider Hermione à se lever, mais pas avant de serrer Harry dans mes bras.
Enfin, j'aidai Hermione à marcher jusqu'au salon afin que nous puissions partir chez moi. J'aurais très bien pu transplaner avec elle, mais avec sa jambe blessée et qui était en rétablissement, j'avais peur que ça s'aggrave et je ne voulais pas prendre les risques. Une fois dans le salon, je nous dirigeai vers la cheminée, j'allumai un feu et je pris de la poudre de cheminette dans ma main.
« ESPOIR ! » criais-je fortement avant de jeter la poudre sur le sol et que nous disparûmes dans un ensemble de flammes vertes.
Une fois dans ma maison, je pris Hermione dans mes bras comme je le pouvais et je montai les escaliers me rendant au troisième étage ainsi qu'à mes quartiers personnels puis quand nous fumes sur le palier du troisième étage, je nous dirigeai immédiatement vers la porte de mon laboratoire et nous nous y engouffrâmes. À l'intérieur, je déposai Hermione sur le sol et j'invoquai un fauteuil où elle allait pouvoir allonger ses jambes. Hermione me remercia silencieusement en me souriant franchement.
« Alors… vous êtes la tante d'Harry… » Commença-t-elle tout en regardant autour d'elle avec des yeux rêveurs et envieux.
« Pas seulement… Je suis aussi sa marraine. Bref, tu peux me tutoyer, tu sais… » Lui répondis-je de façon amicale. « Je ne suis pas si vieille que ça ! » ajoutais-je en plaisantant amicalement afin de détendre l'atmosphère.
Cela dit, j'allai directement vers mon armoire où se trouvaient déjà des fioles de potions préparées à l'avance par mes soins en cas de besoin. Il me fallait un moyen de faire parler Molly Wesley, même si je devais la forcer à le faire si elle ne décidait pas à coopérer volontairement. Arthur ainsi que ses enfants méritaient toute la vérité sur ses raisons et motivations et quoi de mieux qu'une potion miracle.
« Que chercher vo -… tu ? » demanda-t-elle en inspectant d'un œil attentif ce que je faisais tout en se rattrapant à la fin de sa phrase.
« Veritaserum… Arthur et le reste des Wesley méritent la vérité sur les actions de Molly. » Expliquais-je en ne quittant pas des yeux mes différents flacons.
« Ne faut-il pas l'autorisation du ministère pour cela ? » me questionna-t-elle de façon dubitative d'un œil concerné.
Je comprenais mieux à présent pourquoi elle avait été désignée comme préfète, elle respectait les règles et les lois à la ligne. Elle le faisait peut-être même un peu trop. Je me tournai vers elle une fois que j'eus empoché le Veritaserum en lui souriant aimablement sans la juger comme beaucoup devait sans doute le faire
« En fait, je fais partie du ministère… Je suis un Auror. C'est ainsi que j'ai réussi à convaincre Fudge aussi facilement pour les papiers de la garde d'Harry jusqu'à sa majorité. Bon, j'ai peut-être aussi utilisé mon statut de Dame Potter, mais dans certains cas, je n'ai pas le choix, même si je n'aime pas le faire. La gloire, l'argent, l'attention et tout le reste, ce n'est pas mon truc contrairement à mon frère qui aimait tout cela, surtout quand nous étions à Poudlard. Bien entendu, par la suite il s'est assagi grâce à Lily, mais il était toujours comme cela. Un côté qu'il a hérité de notre chère mère… Enfin, pour te répondre, en tant qu'Auror, je n'ai pas besoin d'autorisation pour faire usage de sérum de vérité parce que tout peut arriver et ça, dans n'importe quelle situation. En tant qu'Auror, tu peux être confronté à tout et n'importe quoi. Parfois, tu dois faire des interrogatoires sous le sérum car les suspects ne délivreront pas leurs secrets ou leurs intentions aussi facilement surtout lorsqu'il s'agit de mangemorts. Ils préfèreraient mourir que de parler au risque d'être torturer à la limite de la folie par Voldemort… Tout bon Auror qui se respecte doit toujours avoir une potion de vérité sur lui, il faut toujours tout envisager et avoir une vigilance constante. Je l'ai bien appris au fil des années mais je l'ai surtout appris de mon mentor quand j'ai été formé à être Auror. Tu sais, si je suis devenu un Auror, ce n'est pas un hasard des choses. Je voulais en quelque sorte être proche de mon père. Lui-même était un excellent Auror. Il a d'ailleurs son portrait dans le ministère tout comme Alice et Frank Londubat ont une représentation d'eux. Les Aurors qui ont été respectés et qui ont gardés une trace importante sont sur les murs des quartiers des Aurors… » Lui dis-je avec un sourire amusé en en voyant ses yeux s'agrandirent quand je mentionnai mon poste au sein du ministère.
« Tu es plus semblable à Harry que je le pensais… Plus sage, plus réfléchie… Tu défends ce en quoi tu crois et qui est juste. » Commenta-t-elle d'un air songeur.
« Non seulement je suis Auror dans ce pays, mais je lui suis aussi dans les Etats-Unis. Les lois ne sont pas les mêmes là-bas, elles sont beaucoup plus poussées. En plus, j'ai la double nationalité étant donné que j'ai vécu dans ce pays pendant de nombreuses années quand je ne voyageais pas ailleurs. Durant ma longue absence, j'ai visité beaucoup de pays. » Ajoutais-je avec un petit sourire.
« Pourquoi être parti aussi longtemps ? » demanda-t-elle ce me fit crisper la mâchoire.
« Parce que je n'avais pas le choix. Crois-moi, j'aurais voulu être là pour Harry, mais aussi pour Sirius, mais je ne le pouvais pas à cause d'une connerie que j'ai fait la nuit où mon frère est mort. Je n'étais pas moi-même et Dumbledore l'a vu, il l'a utilisé à son avantage. Il savait très bien que je ne partirais pas sans me battre et surtout en laissant Harry sans protection. Je ne savais plus ce que je faisais, j'étais à un moment de faiblesse et Dumbledore m'a manipulé royalement afin que je le défi de faire ce foutu vœu inviolable… Je ne pense pas que j'ai à t'expliquer en quoi consiste ce sort… Après cela, je m'en suis voulu terriblement et encore maintenant, je le fais. Tout ce qui compte maintenant c'est que je suis bien de retour et qu'Harry, Sirius, Remus et les autres avec toi aillent bien. » Répondis-je avec conviction et confiance.
L'heure suivante fut consacrée à préparer l'antidote de Monsieur Wesley tout en discutant et en apprenant à mieux connaitre Hermione plus personnellement. Remus avait raison à son sujet, elle était bien comme moi. Nous avions énormément en commun surtout notre amour pour la lecture et la découverte de nouvelles choses. Notre ambition également. Finalement, je fis plusieurs petites bouteilles contenant le breuvage de l'antidote, car je savais qu'il allait falloir à Monsieur Wesley d'en prendre une très grande quantité. Dieu seul savait depuis combien de temps Molly le lui en faisant prendre…
« Pourquoi autant de bouteilles ? » demanda Hermione avec une expression curieuse.
« Si Je ne me trompe pas dans mes connaissances… Tu es une sorcière née-moldu, n'est-ce pas ? » Répondis-je par une autre question.
« En effet… » Dit-elle en ne sachant pas où j'allais avec ça.
« Eh bien… depuis le nombre d'années que Molly a fait ingérer à Monsieur Wesley le philtre d'amour, ça eu un effet de dépendance comme de l'héroïne ou cocaïne pour les moldus, une drogue où le corps de Monsieur Wesley est devenu accro et ne peut pas s'en passer, ce qui est en soit une chose très dangereuse pour lui. Cet antidote ne va pas faire effet dans l'immédiat, il faudra un certain temps pour que ça le fasse et élimine les effets du philtre en ne sachant pas la puissance de celui-ci. Il faudra vraiment une très longue période avant que les effets de l'Amortentia n'agissent plus sur Arthur et dans son organisme. Il va devoir également faire une cure de désintoxication à Ste Mangouste, eux vont mieux pouvoir l'aider que moi. Cet antidote, c'est pour diminuer les effets et les risques… Si Monsieur Wesley est privé trop longtemps du philtre, cela pourrait être très néfaste. » Répondis-je en soupirant et en secouant la tête à la stupidité de Molly Wesley, elle aurait dû savoir qu'utiliser cette potion trop longtemps pouvait nuire gravement à la personne qui la buvait. Cela pouvait devenir un poison.
« Je ne comprends pas pourquoi elle a fait ça, c'est ignoble de forcer une personne à aimer de force… Je ne connais pas si bien que ça Madame Wesley, mais je n'aurais jamais pensé qu'elle puisse faire une telle chose. Que va-t-il se passer pour elle ? » Murmura-t-elle avec indignation.
« Je sais… mais parfois la vie est ainsi et elle est souvent injuste. On ne peut malheureusement rien y faire, c'est ainsi. Crois-moi, je le sais plus que quiconque… Concernant Molly… Eh bien, étant donné que c'est Arthur qui a été la victime et qu'il est son mari, mais aussi le chef de la famille Wesley, c'est lui qui doit prendre la décision s'il veut porter plainte ou non. S'il le fait, il y aura un procès et là, au pire elle sera envoyée à Azkaban durant le nombre d'années qu'elle a fait ingérer à Arthur cette potion. Si Monsieur Wesley ne porte pas plainte au ministère, il pourra faire ce qu'il veut tant qu'il n'y a pas de dommage corporel ou pire. » L'informais-je sans trop le compliquer non plus parce qu'il y avait plusieurs scénarios possibles.
« Je comprends… Puis-je te demander quelque chose qui m'intrigue ? » Fit-elle d'une petite voix hésitante ne sachant pas comment je pourrais réagir ou le prendre.
« Bien sûr… Vas-y ! » L'encourageais-je en souriant.
« Eh bien… Voilà… Quand nous sommes arrivés, j'ai remarqué le portrait au-dessus de la cheminée et je me demandais juste de qui il s'agissait. » Dit-elle plus courageusement.
« Ah ! Ça, c'est mon père… Thomas Potter… » L'informais-je en ayant un sourire tendre pour mon père en question.
Elle sourit un instant avant qu'il ne disparaisse et qu'elle fixe ses mains occupées à se tortiller nerveusement.
« Demande… » L'invitais-je avec un geste de ma main au bout d'un moment à l'observer.
« Je sais que vous -… tu étais à Poudlard en même temps que Sirius et le professeur Lupin, donc ainsi que le professeur Rogue. Je me demande juste ce qui s'est passé entre toi et lui pour autant le détester… Harry m'en a parlé après avoir vu le souvenir du professeur Rogue, mais il n'est pas entré dans les détails. Je sais que ça doit être quelque chose d'important parce qu'il était si bouleversé et horrifié, j'ai bien cru qu'il allait être malade tellement il était blanc. Je ne l'avais jamais vu ainsi depuis que je le connais. » Demanda-t-elle de son siège.
Je ne répondis pas tout de suite, réfléchissant à la façon dont j'allais m'y prendre pour lui expliquer sans pour autant la choquée ou lui faire peur. Tout en étant perdue dans mes pensées, je rangeai et nettoyai le plan de travail où j'avais plus tôt préparé la potion pour Monsieur Wesley.
Une fois que ce fut fait, je me tournai et j'invoquai un autre siège à côté d'Hermione puis je m'installai dedans et lui racontai toute l'histoire. Pour dire qu'elle fut choquée était un euphémisme. Elle me confia alors comment Harry avait découvert les souvenirs de Rogue et comme il les lui avait révélés, mais qu'il n'avait rien dit en détail concernant le souvenir où j'avais un rôle principal. À cela, je ne fus pas très surprise, car s'il était comme moi, il devait être très curieux de nature. D'ailleurs, c'était pour cette raison que j'avais découvert le secret de Lunard.
« J'ai une autre question… Professeur Lupin a mentionné que tu étais une créature magique et tout à l'heure, j'ai pu assister que tu avais certains traits qui étaient sortis… cependant, j'aimerais savoir qu'elle créature es-tu réellement ? » Demanda-t-elle en tournant son regard curieux et intéressé sur moi.
« Eh bien… Je suis une vélane à part entière. Il ne faut jamais mettre une vélane en colère, c'est l'arrêt de mort assuré. Si Sirius a été la seule personne à pouvoir m'empêcher de m'en prendre à Rogue, c'est parce qu'il est mon compagnon d'âme. Bien entendu, il existe plusieurs espèces de vélanes… Là, ce dont tu as été témoin était ma partie vélane sombre. D'habitude, j'ai un très bon contrôle sur cette partie, mais je n'étais pas préparé à revoir Rogue de sitôt, j'avais baissé ma garde. » Expliquais-je sérieusement.
« Je comprends… Je sais qu'il y a plusieurs types de vélanes. J'ai fait des recherches sur le sujet quand il y eu le tournoi des trois sorciers et que Poudlard a été envahi pas des vélanes. Tous les garçons étaient dans un état second. Enfin, tous sauf peut-être Harry… » Termina-t-elle avec un air perdu.
« C'est sans doute parce qu'il a les gènes de vélaa dormant en lui, mais ça, c'est une conversation que je préfère d'abord avoir avec Harry et de toute façon, je ne suis pas certaine qu'il le sera qu'à moitié ou entièrement. Il faudra attendre qu'il atteigne sa maturité. » Répondis-je simplement. « Le sujet sera abordé une autre fois… » Terminais-je.
Notre conversation terminée, j'aidai Hermione à se mettre debout et je fis disparaitre les fauteuils d'un geste de la main, mais avant de sortir de la pièce, j'allai rapidement dans mon armoire à potions et en pris plusieurs flacons pour ensuite les mettre soigneusement dans une bourse en peau de dragon, que je fis réduire de taille. J'eus un sourire malicieux en pensant à ce que j'allais faire de ces différentes potions. Hermione vit mon sourire et secoua la tête de façon amusée. Elle devait avoir vu la même expression sur les visages des jumeaux quand ils préparaient quelque chose.
Enfin, nous sortîmes toutes les deux de la pièce et nous marchâmes à travers le palier afin de nous rendre aux escaliers puis je la pris dans mes bras pour plus de facilité pour elle.
« Je t'aurais bien montré ma merveilleuse et immense bibliothèque, mais dans la pièce se trouve également quelque chose que je pense, Harry devrait voir en premier. Quand cela sera fait, je te ramènerais ici et tu pourras passer des heures à lire et à découvrir tous mes livres… » Commentais-je en passant devant la bibliothèque quand nous passâmes à cet étage.
Hermione hocha la tête et me regardant avec des yeux intrigués, mais n'argumenta pas. Elle savait que ça devait être quelque chose d'important pour que je mette Harry en priorité. Rapidement, je nous conduis vers la cheminée puis nous y entrâmes et partîmes vers le square Grimmaurd.
Quand nous sortîmes de la cheminée, je fis un sourire de contentement en remarquant Harry et Sirius installés sur le canapé en discutant tout en nous attendant patiemment. Harry se dirigea vers moi et déposa un baiser sur ma joue avant de prendre Hermione dans ses bras et de sortir avec elle de la pièce une fois qu'il nous vit. Sirius vint alors vers moi et me prit une de mes mains avec la sienne tout en caressant ma joue avec un pouce de l'autre. Il me regarda intensément avant de me tirer à sa traîne et nous sortîmes de la pièce à notre tour comme Harry et Hermione l'avaient fait un peu plus tôt. Ensuite, nous descendîmes les nombreuses marches et nous allâmes dans la direction de la cuisine où se trouvait tout le monde.
« Alors des nouvelles ? » demandais-je quand nous atteignîmes le palier du premier étage.
« Nah… elle refuse de dire quoi que soi et Arthur est en train de perdre patience et de s'énerver. Malheureusement, pour une fois, Fol œil n'a pas de Veritaserum sur lui. Il a dit qu'il avait utilisé le dernier qu'il avait avec Pettigrow… » Me raconta-t-il tout en continuant à marcher et à m'entraîner avec lui.
« Heureusement alors que j'y ai pensé… » Dis-je en sortant un flacon contenant un liquide transparent.
« T'es la meilleure des sorcières que je connaisse ! » me complimenta-t-il avec des yeux brillants de tendresse.
Nous ne dîmes plus un mot pendant le reste du chemin profitant de la présence de l'autre. Sirius parut étonner quand nous passâmes devant le portrait de sa mère et que celle-ci ne dit pas un mot, mais se contenta de le regarder froidement et de me faire un sourire heureux et chaleureux en me voyant. Sirius tourna sa tête dans ma direction en questionnement, mais j'haussai simplement les épaules. J'allais devoir avoir une sacrée conversation avec Madame Black sur le traitement de son fils.
« Tu peux me dire ce qui lui prend ? » me demanda-t-il quand nous la fumes passer.
« Il se pourrait que quand tu as fui cette maison et que tu es venu te réfugier chez nous, je sois venu lui dire ma façon de penser sans retenue et il semblerait que ça lui ait plu que je n'avais pas peur d'elle et de sa froideur… » Répondis-je en haussant les épaules.
« Qu'est-ce -… » Dit-il avec de grands yeux, mais il ne finit pas sa phrase trop étonné par mon sans gêne envers sa mère.
Enfin, nous entrâmes dans la cuisine et j'allai remettre à Alastor la fiole de Veritaserum tout en déposant un baiser rapide sur sa joue à l'étonnement de tout le monde ce qui valut un sourire rare et un clin d'œil d'Alastor.
Finalement, j'allai m'assoir face à Madame Wesley qui me regardait tout d'un coup avec crainte et méfiance. A cela je fis un sourire narquois. Quelques instants plus tard, mon ancien mentor arriva avec un verre d'eau dans sa main.
« Buvez ça ! » ordonna-t-il de sa voix bourrue en ne laissant pas le choix à Molly et en lui tendant fermement le verre.
Avec hésitation, elle prit et bu quelques gorgées du verre avant de le rabaisser et de le tenir entre ses mains. Avant mon interrogatoire afin d'avoir les aveux essentiels, j'attendis calmement pendant plusieurs minutes, le temps que la potion fasse librement effet. Après cela, Alastor se chargera du reste.
« Dites-moi, Molly… » Commençais-je doucement. « Est-ce que vous vous appelez Molly Élisabeth Prewett-Wesley ? » l'interrogeais-je sérieusement avec un visage grave et mes yeux fixés dans les siens sans ciller.
« Oui. » Répondit-elle d'une voix mécanique.
« Êtes-vous marié à Arthur Charles Wesley ? » continuais-je.
« Oui. » Confirma-t-elle.
« Bien… » Dis-je en me levant et en tournant autour d'elle.
Au fil des années, j'avais appris que c'était quelque chose qui rendait les gens encore plus nerveux et mal à l'aise, c'était aussi ainsi que je voyais quand une personne essayait de combattre le sérum de vérité. Même si elle voulait le faire, je ne pensais pas que Molly réussirait parce que celui-ci était de ma confection et il était assez puissant pour faire parler un troupeau de centaures.
« Pourquoi avez-vous fait ingurgiter à Arthur Wesley un philtre d'amour assez puissant qui aurait pu le tuer sur le coup s'il avait été mal préparé et mal dosé ? » poursuivais-je en m'arrêtant devant elle et en l'observant attentivement avec des yeux froids et mes bras croisés sur ma poitrine.
« Toutes les filles à Poudlard étaient après lui, je le voulais rien que pour moi, mais il ne faisait pas attention à moi. Alors, je me suis assuré de le garder avec moi en tout temps. » Expliqua-t-elle comme si c'était la chose la plus naturelle et qu'il n'y avait aucun mal là-dedans. Le pire, c'était que selon elle, c'était une chose normale.
« Pourquoi avoir continué après Poudlard ? » demandais-je avec un sourcil relevé parce que ça, c'était beaucoup plus que le simple béguin et que toute fille puisse avoir sur un garçon.
Je savais qu'il y avait beaucoup de filles et même des garçons faisant usage d'un philtre d'amour pendant leurs études à Poudlard ou ailleurs, mais là, ça allait vraiment plus loin que ça. Moi-même, j'avais reçu plusieurs cadeaux avec un philtre d'amour, mais ce n'était rien de majeur. Elle, elle l'avait fait pendant des années. C'était une chose incompréhensible et inconcevable.
« Je ne voulais pas qu'il me quitte et quand j'allais arrêter de lui administrer la potion, je suis tombée enceinte. Je ne voulais pas être une mère célibataire et devoir élever mon enfant toute seule sans personne pour m'aider. » Dit-elle avec des larmes aux yeux.
« Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir arrêté après la naissance du premier enfant Wesley ? Vous saviez très bien qu'il n'avait pas été conçu sur la base d'amour véritable, mais sur un mensonge, une illusion, une obsession. » Intervins-je avec pitié, mais aussi avec colère non seulement pour Monsieur Wesley, mais aussi le reste des enfants.
« Je sais tout ça, mais je ne pouvais pas m'arrêter, c'était plus fort que moi ! » s'exclama-t-elle vivement. « J'avais pris gout à être une mère, c'était si merveilleux et je voulais d'autres enfants avec l'homme que j'aimais… » Tenta-t-elle d'un air implorant et suppliant.
« Vous me dégoutez ! » crachais-je en secouant la tête dans le dégout pour son attitude et ses actes.
Ce n'était pas elle qui en souffrait dans cette histoire… Non, c'était Arthur et ses enfants. Je laissai ma place à Alastor, car je ne pouvais plus voir le visage de Molly et j'allai m'installer près d'Harry et Sirius, mais en passant, j'en profitai que Remus était occupé à observer Alastor ainsi que Molly et qu'il ne faisait pas attention, pour glisser deux potions sous les yeux amusés et curieux des jumeaux ainsi qu'Harry. Ce dernier réprima un sourire en secouant la tête. Enfin, je m'assis entre Sirius et Harry tandis que les jumeaux étaient en face de moi avec Hermione entre eux.
« Remy… tu ne bois pas ton verre ? » demandais-je innocemment.
Il me regarda un instant avec méfiance puis il avala le reste de son verre de whisky pur feu d'une traite. À cela, un sourire diabolique fit son apparition sur mon visage au plus grand amusement de Sirius et Harry qui éclatèrent de rire en sachant que j'avais introduit quelque chose dans le verre de Remus quand il ne le voyait pas.
« Qu'est-ce que tu as encore fait ? » demanda Remus suspect et en plissant les yeux sur moi connaissant la signification de mon sourire.
« Qu'est-ce -… » Rétorquais-je. « Je suis blessé que tu puisses penser une seconde à ce que je sois capable de faire un truc derrière ton dos. Je ne ferais jamais ça, voyons ! » Dis-je en plaçant une main sur mon cœur tout en le regardant avec de grands yeux faussement blessés et en faisant la moue de façon dramatique.
« Je te connais depuis des années Isa et tu es capable de tout. Tu es pire que Cornedrue et Patmol réunis. Tu es la pire des maraudeurs qu'il puisse exister sur terre… » Répliqua-t-il aussitôt.
Je le regardai avec un sourire narquois et un sourcil arqué afin qu'il approfondisse son raisonnement, mais il n'eut jamais le temps de le faire, car soudain, ses cheveux se dressèrent d'eux-mêmes sur sa tête et il commença à hoqueter en même temps de façon répétitive.
« Toi ! » maugréa-t-il entre deux hoquets en me visant du doigt ce qui fit rire les personnes proches de nous qui pouvaient assister à la scène.
« Moi… » répétais-je en me moquant de lui avec un sourire mauvais tout en me servant un verre de whisky sous les yeux écarquillés et choqués d'Hermione.
« Quoi ? » demandais-je ne comprenant pas sa réaction.
« Rien… C'est juste que je n'aie jamais vu une fille ou une femme d'ailleurs boire du whisky… » Murmura-t-elle dans la crainte.
« Tu apprendras avec le temps, Hermione, qu'Isa n'est pas comme les autres. Elle est à part et unique. » Rétorqua Sirius avec un sourire moqueur en voyant sa réaction.
À cela, Hermione rougit un peu avant de concentrer son attention sur la conversation qu'elle avait avec Ginny et Tonks, qui déformait son visage ou une partie de celui-ci. Pour son commentaire, je pris ma main et frappai l'arrière de la tête de Sirius sans le regarder pour l'amusement d'Harry et des jumeaux.
« Andouille ! » lui dis-je en prenant une gorgée de whisky.
« Aie ! » réagit Sirius avec des yeux faussement blessés.
Je l'ignorai et secouai la tête tout en commençant une discussion avec mon filleul afin d'apprendre à mieux le connaitre et de commencer à rattraper le temps perdu.
Finalement, au bout d'un certain temps, je sentis la fatigue m'envahir et une légère douleur apparut dans mon côté. Je grimaçai légèrement et sifflai entre mes dents d'inconfort pour la plus grande inquiétude de Sirius, mais aussi d'Harry.
« Est-ce que ça va, tante Isa ? » demanda Harry d'une voix préoccupée.
En réponse, je lui souris de façon rassurante et je sortis de ma poche la bourse de dragon contenant mes différentes potions. Sirius regarda cela avec un sourcil relevé de manière spéculative. Je secouai seulement la tête lui signalant que ce n'était pas grand-chose.
« Peau de dragon ? » s'approcha Charlie avec un sourcil relevé.
« Souvenir de mon voyage en Roumanie… » Souris-je simplement en réponse.
« Tu as été en Roumanie ? » demanda-t-il curieux et étonné.
« Il y a quelques années, mais sous une autre apparence. Tu n'aurais pas pu me reconnaitre même si tu le voulais. » Haussais-je les épaules.
« Nom ? » demanda-t-il intéressé en prenant place près de George dans un siège libre.
« Cassandre Evans… » Répondis-je.
À cette réponse, Charlie écarquilla les yeux. Surement en se souvenant de cette époque où il m'avait croisé et qu'une amitié s'était facilement formée entre nous.
« Me souviens. J'ai toujours eu le sentiment que tu m'étais familière. D'après les photos que j'avais vues d'elle, tu ressemblais plutôt à Lily… » Murmura-t-il avec un coup d'œil prudent sur Harry avant de retourner son attention sur moi
« Comment ça ? » demanda Harry en me toisant curieusement de côté.
« Eh bien… comme je l'ai dit, j'ai pris une autre apparence. En quelque sorte, j'ai choisi et j'ai pris les traits de Lily avec un peu de James dedans. » Dis-je en prenant la forme dont je parlais.
À présent, j'avais de longs cheveux roux jusqu'aux épaules, la peau très pâle, les yeux bleus, un nez droit et une bouche aux lèvres de couleur cerise. En voyant cela, Harry écarquilla les yeux puis aussi soudainement, je repris mes traits originaux sous les yeux choqués de tout le monde dans la pièce à part pour ceux qui étaient habitués par ce phénomène. Ensuite, Tonks et moi nous nous frappâmes joyeusement la main dans la complicité parce que nous étions pareils.
Au bout d'un certain temps, je repris ce que je faisais avant l'interruption de Charlie. Je sortis deux flacons et bus une des deux potions puis je tendis la deuxième bouteille à Hermione qui me regarda curieusement, mais aussi avec confusion.
« Pour la douleur de ta jambe. » Dis-je avec un haussement d'épaules.
« Merci. » Se contenta de répondre Hermione avant de boire le liquide se trouvant dans la fiole.
« Je pense que c'est l'heure pour moi d'aller dormir, je suis crevée… » Dis-je en me levant et en déposant devant Monsieur Wesley un lot de fioles avec l'antidote. « Il faudra que vous alliiez à Ste Mangouste afin qu'ils vous examinent de manière plus approfondie, ils vous aideront mieux que moi, mais j'ai fait ce que je pouvais en attendant. J'ai fait plusieurs antidotes avec ce que j'avais en attendant pour dissiper les effets du philtre plus rapidement, mais allez donc à Ste Mangouste à la première heure demain matin, ça serait plus prudent, on ne sait jamais ce qui pourrait arriver et comment votre corps pourrait réagir à l'absence du philtre. » Lui dis-je d'une voix douce en lui souriant sincèrement avant de me tourner puis de saluer tout le monde, j'étais si épuisée.
« Kreattur ! » appelais-je à la surprise de Sirius et des membres de l'ordre.
L'elfe apparut aussitôt et il me regarda joyeusement.
« Que peut faire Kreattur pour Maitresse Isabella ? » demanda-t-il respectueusement en s'inclinant vers le bas. Tellement il était incliné, j'avais l'impression que son menton touchait le sol.
« Pourrais-tu me préparer une chambre dans laquelle je pourrais me reposer ? » lui demandais-je en guise de réponse.
« Bien sûr Maitresse… Kreattur est toujours heureux de servir la noble Maitresse de la famille Potter… » Se contenta-t-il de répondre en s'inclinant respectueusement une dernière fois avant de disparaitre de ma vue.
« Co -… Comment as-tu fait ça au juste ? Il n'a jamais voulu se conformer à moi de la sorte sauf si je lui donnais des ordres directs… » Dit Sirius avec étonnement et en étant complètement abasourdi.
« Ça, mon cher Patmol, c'est le légendaire charme des Potter… Crois-moi, ton filleul a le même. Personne ne peut rien lui refuser, même pas toi. » Me moquais-je en me tournant vers la porte en mettant mes cheveux par-dessus mon épaule pour ensuite sortir de la pièce avec la tête haute tout en écoutant les rires et ricanements des autres aux dépens de Sirius.
Finalement, au bout de quelques minutes, je parvins à trouver ma chambre qui comme par pur hasard, se trouvait au même étage que celle de Sirius, mais aussi celle d'Harry.
Enfin, j'entrai dans la pièce, me déshabillai, mis mon pyjama et je me blottis dans les couvertures pour un sommeil qui, je l'espérais allait être profond et réparateur. Ça allait se sentir vide sans Sirius à mes côtés pour passer la nuit…
