Pov Ange

L'air frais s'engouffrait dans la chambre et les rideaux en mousseline blancs suivait son mouvement. Frissonnante, j'enfilais rapidement ma tenue d'école tout en essayant de mettre mes chaussures. Je n'avais que peu de temps pour me préparer chaque matin, la moindre minute ne devait pas être gaspillée. C'est pourquoi dès que le réveil sonnait, j'ouvrais la fenêtre pour stimuler mon éveil. Il devait être six heures et trois minutes si je respectais le rythme que je m'imposais à chaque réveil. Le soleil était pratiquement à l'horizon et les oiseaux chantants étaient au rendez-vous, prêts à l'accueillir. Un coup de brosse et un élastique dans les cheveux plus tard, je m'observais dans le reflet d'un miroir disponible dans ma petite chambre.

Petite chambre, mais très fonctionnelle. Un lit simple mais confortable, une commode dans laquelle ranger mes vêtements, une grande fenêtre pour faire entrer la lumière. Une petite salle de bain avec cabine de douche et toilette, un lavabo pour ma brosse à dent. C'était très sommaire, mais cela suffisait.

Je m'observais et constatais que je ne ressemblais plus vraiment à la jeune fille qui avait fait son entrée il y a presque dix mois.

Je n'avais plus la mine fatiguée, cernée et triste. Mais un regard déterminé et un teint plus frais.

Je ne paraissait plus aussi frêle, ayant gagnée cinq kilogrammes de muscles. Mes épaules étaient un peu plus développées.

J'avais également coupé mes cheveux, ils n'étaient plus qu'en carré autour de mon visage, c'était plus pratique pour les entraînements. Plus rapide à sécher.

J'avais changé physiquement, et j'avais gagné en force mentale. Mais je gardais les mêmes blessures, non cicatrisées.

Toc toc toc

C'était mon coach, il était donc six heures dix. J'ouvrais la porte sur un homme d'une trentaine d'années, en uniforme lui aussi, la mine toujours aussi éveillée, qu'il soit six heures ou vingt-deux heures.

"Fire, bonjour. Ton programme de la journée. Rendez-vous dans dix minutes au réfectoire." me disait-il chaque matin ou presque en me tendant un document. Et il repartait tout aussi rapidement qu'il était venu. Gare au moindre élève s'il n'était pas habillé et coiffé à l'arrivée de son coach. Je jetais un coup d'œil dessus pour découvrir que j'avais entraînement de sept heures trente à onze heures trente. Je prenais donc mon sac de sport et mes baskets, tout en notant dans mon esprit que j'avais potions et histoire de la magie l'après-midi même.

Tout était cadré et millimétré dans cette école ou rien ne devait dépasser. Parfois je me demandais si je ne m'étais pas trompé d'école car elle ressemblait fortement à une école d'aurors. Mais cela m'allait, je n'avais pas le temps de réfléchir ou d'angoisser.

Au réfectoire, alors que je buvais mon café chaud, je parcourais les journaux. Je ne loupais aucune information ni le moindre indice concernant Harry ou même Drago. Le ministère de la magie sombrait dans le chaos et la France surveillait de près ce qui se passait, prête à intervenir dans un conflit. Mais sans information, pas d'intervention, et la propagande anglaise était rondement menée pour camoufler la vérité. Le réfectoire était plein d'élèves qui s'activaient pour engloutir leur solide petit-déjeuner en vue d'une journée intense en activité sportive.

"Fire ?"

Je relevais la tête vers mon entraîneur.

"Coach ?"

"Le ministre de la magie t'attend dans le bureau du directeur."

"Maintenant ?" je demandais en connaissant d'avance la réponse. Je vidais d'une traite ma tasse fumante tout en repliant mes journaux.

"Maintenant. Ne sois pas en retard pour l'entrainement." a t-il lancé avant de repartir dans son bureau.

En parcourant le réfectoire, puis les couloirs, je me demandais bien ce qu'il pouvait me vouloir alors que nous nous étions vu il y a peu de temps. Je n'aimais pas trop ses visites à l'école, je ne voulais pas que mes camarades s'imaginent que j'étais pistonnée. Mais quand il venait, c'est que c'était très important. Cela faisait déjà quelques mois qu'il était élu, malgré tout il était très respecté et apprécié de l'opinion public. Alors que j'entrais dans le bureau après avoir frappé à la porte, mon père s'est tourné vers moi.

"Ma chérie. Comment vas-tu ?"

Il était beau dans son costume bleu et blanc. Je m'avançais vers lui pour le serrer dans mes bras. Je ne le voyais que trop rarement, mais j'étais rassurée de le savoir à Paris, comme moi.

"Très bien. Que se passe t-il Papa ?" je lui demandais directement, sachant pertinemment qu'il n'avait que très peu de temps à m'accorder.

"Assieds-toi."

Je m'installais en face de lui alors que lui-même venait de prendre place dans un fauteuil.

"Je pars pour Londres cet après-midi."

Je n'ai rien répondu. J'essayais de garder mon calme. Londres n'était plus sûre du tout désormais. Tout le monde savait que Voldemort contrôlait le ministère de la magie anglaise. Et qu'une personne comme mon père n'était pas bienvenue en Angleterre. Je le laissais continuer car je savais qu'il n'avait pas terminé.

"Je ne resterais pas longtemps, je dois simplement rejoindre des collègues pour me déplacer ailleurs. Je souhaite juste t'avertir, quoi qu'il se passe, ne me rejoins pas. Quoi que tu entendes, quoi que l'on te dise, tu resteras ici à Paris, est-ce que c'est clair ?"

Je continuais d'observer mon père qui, pensant que j'acceptais ce qu'il m'annonçait, se levait pour prendre congé.

"Je te souhaite une belle journée et ..."

"Tu l'a retrouvé. N'est-ce pas ?"

Alors qu'il remettait sa veste de costume en place, mon père s'est tourné vers moi, sans répondre, car il savait que j'avais compris.

"Tu as retrouvé Harry. Tu as une piste, c'est ça ?" je demandais après m'être levée devant lui. Je sentais mon corps tremblé alors que j'attendais qu'il me réponde.

"Ange s'il te plait, écoutes-moi .."

"NON ! Toi, écoutes-moi ! Tu n'es plus Auror, tu n'as plus à faire tout ça et à prendre des risques ! Donc si tu le fait, c'est que tu sais quelque chose, tu sais ce qu'il se passe, tu as une piste !"

Ce qui faisait de lui sans doute la meilleure personne pour occuper le poste de ministre de la magie, il avait encore ses réflexes et sa détermination d'Auror. Et en ces temps sombres, le peuple sorcier ne pouvait qu'être rassuré avec lui en tête du pays.

John Fire s'est avancé vers moi et alors que je pensais qu'il allait me dire encore une fois de rester à l'abris, il m'a serré dans ses bras.

"Ange. Je t'aime tellement. Promet-moi seulement de ne pas te mettre en danger. Je fait mon travail, j'ai été nommé pour ça et même si nous ne sommes plus en Angleterre, je me dois d'assister et d'apporter de l'aide à mon pays... car c'est aussi mon pays."

Mon père était né en Angleterre. Ses parents étaient des français, tout comme moi. Je soupirais en croisant ses yeux bleus profonds. Finalement, je hochais la tête.

"Dis-moi seulement si tu sais qu'il va bien ?" je murmurais.

"Les murs ont des oreilles. Dès que je le pourrais, je te donne des nouvelles."

Il m'embrassait finalement le front et prenait tout de même le temps de me regarder dans les yeux en souriant.

"Merlin... qu'est-ce que tu ressemble à ta mère. Elle savait deviner la vérité, comme toi."

Il m'a sourit une dernière fois avant de sortir du bureau, me laissant seule au milieu de toutes les photographies de joueurs de Quidditch célèbres, et trophées de l'école. Cela faisait plusieurs mois que j'attendais, que j'espérais, que je redoutais certaines nouvelles. J'épiais chaque bruit de couloir, chaque journal, chaque information. J'attendais de trouver une trace de Harry, Ron et Hermione. Le moindre mouvement suspect de Voldemort.

Cela faisait dix mois que j'attendais.

Nous étions le matin du premier mai.

J'ignorais encore que j'allais vivre une des plus difficile journée de ma vie.

Quelques heures plus tard

Dix neuf heures, je me préparais pour aller au réfectoire et prendre mon dîné. J'étais affamée, la journée avait été longue et intense avec l'entrainement et les cours de l'après-midi.

"Hey Ange, tu viens avec nous ?"

Je levais les yeux vers l'un de mes camarades de classe, dont j'étais le plus proche si on peut dire. Il était un de mes coéquipiers, c'était un poursuiveur lui aussi. A l'école, nous avions tous passés des sortes de tests pour déterminer quel poste serait le plus avantageux pour nous, par rapport à notre condition physique, notre résistance et notre mental. Par la suite, nous avions été repartis dans des sortes de classes, qui représentaient deux équipes. C'est à dire, six poursuiveurs, quatre batteurs, deux attrapeurs et deux gardiens. Et nous nous entraînions les uns contre les autres, mais affrontions d'autres classes dans l'école dans une sorte de championnat. S'il y avait des blessés, nos camarades nous remplaçait. A chaque match nos points étaient comptés. C'était finalement un peu le même système des maisons avec Poudlard.

Ma classe était première du classement et cela faisait beaucoup de bruit dans l'établissement. Car sur les six classes de mon école, j'étais la seule et unique fille. Les conditions d'entrées dans l'école étaient strictes, le niveau requis était élevé. Et la compétition était rude entre nous tous, pour pouvoir se faire repérer par d'éventuel sélectionneurs. Il y avait déjà eu des filles avant moi. Quelques unes avaient abandonnées, d'autres exclues de l'école pour comportement inappropriée. L'école n'aimait pas gérer les histoires de coeurs.

Quelques uns de nos camarades de la promotion avaient joué dans des matchs de seconde division. D'autres avant nous avait intégré des équipes nationales, comme en Irlande, en Espagne et même aux Etats-Unis. J'avais eu beaucoup de mal à m'intégrer, car ici la fierté masculine était très présente. J'avais subit plusieurs moqueries, mais aussi des blagues douteuses comme le saccage de ma chambre, vol de mon matériel... mais heureusement, tout ça était bien terminé.

"Lucas, ça va mieux ta cheville ?" je lui demandais alors que j'arrivais près de lui. Lucas faisait la même taille que moi et nous avions vite été complice ensemble. Il habitait Nice, sa mère était médicommage et son père moldu, était médecin.

"Ah, tu sais, rien ne m'arrête ! Pas même un cognard !" répondait-il en riant. Il avait vécu un entrainement assez rude le matin même. Les garçons de notre classe étaient assis autour de nous, nous avions tendance à avoir un bon esprit d'équipe ce qui m'avait aidé à surmonter les coups bas des autres élèves en début d'année.

A vingt heures trente , j'étais dans ma chambre, prête à me relaxer. Je venais de faire quelques positions et exercices de respiration que j'avais appris en cours de Yoga. J'exerçais cette discipline pour me sentir plus à l'aise dans ma peau et gérer mes angoisses.

Toc toc toc.

En ouvrant la porte je découvrais mon coach alors que j'attendais mon médecin. Il me faisait parler une fois par mois, pour faire un bilan de ma mémoire et faire un bilan des suites de mon traumatisme crânien. Il exerçait parfois à Poudlard en rendant visite à Mrs Pomfresh. Je profitais toujours de sa visite pour essayer d'avoir des informations sur l'école.

"Hum... Ange, ton médecin ne pourra pas venir, il a été retenu à Poudlard."

Jamais, jamais mon coach n'avait appelé l'un de nous tous par son prénom. Est-ce que cela signifiait qu'il n'était pas à l'aise, et pourquoi ?

"Oh, d'accord... Il y a un problème coach ?"

Je voyais bien son air fuyant. Cela ne m'aidait pas à garder les idées claires.

"S'il vous plait..." j'insistais. "Mon père devait se rendre au Royaume Uni aujourd'hui... et je n'ai pas de nouvelles."

Alors qu'un membre de la direction passait dans le couloir, il reprenait son air sérieux et droit.

"Ce sera tout Fire, bonne nuit."

Et il fermait la porte sur moi. Je me tournais vers ma chambre, sentant tous mes sens en éveil. J'avais un mauvais pressentiment. J'ai voulu me calmer en prenant une longue douche, pour tenter de me calmer et ne pas m'imaginer n'importe quoi. Ma petite séance de Yoga m'aidait à me détendre, il fallait absolument que je rejette toute la négativité autour de moi. Une fois habillée pour dormir, je sortais de ma petite salle de bain pour y dormir, quand un journal glissé sous ma porte attirait mon attention. C'était le journal du jour, mais je l'avais déjà eu le matin. Alors que j'allais le mettre dans la corbeille, un parchemin glissait au sol. Il avait été glissé dans les pages du journal pour passer inaperçu. Intriguée, je le prenais entre mes mains. C'était un document du ministère de la défense de Paris, qui ordonnait à l'école de confiner les élèves dans l'enceinte de l'établissement.

Alors que je lisais les mots, je me remémorais les paroles de ma défunte mère, au sujet de mon père : "Tant que vous serez ensemble, tant que vous vous épaulerez, vous vous en sortirez, je te le promet. Le nom des Fire perdurera."

Harry Potter aurait été vu à Pré-au-lard et Voldemort voulait attaquer l'école.

Toutes les écoles magiques d'Europe étaient en alerte.

Nous étions le soir du premier mai.

Nous étions un soir de guerre.

Je devais retrouver Harry, l'aider.

Je devais sauver mon père.

Pov Harry

Il ne manquait plus que le serpent. Plus que le serpent et Voldemort lui-même. Il y avait encore une chance, une infime chance pour les survivants.

Assis aux côtés de la Pensine de Dumbledore, je venais de vivre les souvenirs de Rogue. Rogue que j'avais tant détesté... m'avait tout simplement protégé tout ce temps. Et Dumbledore m'avait mentit tout ce temps. J'étais le septième Horcruxe. Je devais mourir.

L'école était le théâtre d'une bataille sanglante et violente. J'avais vu de nombreux corps, de nombreux blessés. A cause de moi, encore une fois. Mais j'étais sur le point d'y mettre un terme. Je devais mourir ce soir, pour sauver tout le monde. J'étais anéanti d'apprendre autant de choses en si peu de temps, fatigué moralement. Je m'étais acharné durant tellement de semaines, de mois... je devais mourir ce soir. Je sentais mon cœur battre à tout rompre, cognant dans ma cage thoracique. Il voulait vivre... mais je devais mourir.

Une fois sortit du bureau, ayant traversé les nombreux couloirs, je tombais sur Ginny, qui courait en direction des couloirs. Je venais de voir Hermione et Ron, à qui je venais de dire adieu.

"Harry ! Harry tu es là !"

Elle me sautait dans les bras pour me serrer contre elle.

"Oh Harry, est-ce que tu as vu Dean ? Est-ce que tu sais ou il est ?" me demandait-elle en tremblant de la tête aux pieds.

"Calme toi..." je lui disait en mettant ses cheveux derrière ses oreilles, comme je le faisais souvent quand nous sortions ensemble.

"J'ai vu sur la carte des Maraudeurs qu'il était près de la bibliothèque."

"Merci !" me lançait-elle en commençant à partir. Pour une raison que j'ignorais, je saisissais son poignet pour qu'elle reste près de moi.

"Ginny, attends.."

Elle s'est tournée vers moi, avec ses grands yeux et s'approchait de moi lentement.

"Ginny.. prends soin de toi s'il te plait."

"Oui... pourquoi tu me dis ça ?"

Quoi répondre ? Je vais mourir ? Non... je ne pouvais pas lui dire. Il était étrange qu'arrivé près de la mort, on se rende compte de beaucoup de chose nous concernant. Toutes les perspectives étaient remises à plat, tous nos rêves, nos envies changeaient radicalement, s'imposaient à nous.

C'est pourquoi je me suis avancé près d'elle et je l'ai embrassé. Après cela, elle m'a regardé, interloquée. Je pensais même qu'elle allait m'engueuler, me gifler, faire quelque chose de très Ginny. A la place, elle m'a embrassé en retour. J'ai eu beaucoup de difficultés à me détacher d'elle comme elle en a eu à se détacher de moi. C'est à cause de cette attraction que nous étions encore là au moment de l'explosion.

Une explosion énorme, rasant pratiquement tout le hall ou nous nous trouvions.

Pov Ange

J'étais là, à l'école Poudlard. Enfin de retour.

J'avais utilisé l'avion pour me rendre jusqu'en Ecosse, au plus près de Poudlard. Il avait fallut ensuite plus d'une heure de vol en balai que j'avais soigneusement caché à l'aide d'un sortilège dans un sac, une brillante idée d'Hermione.

C'était très angoissant de voir au loin le domaine de Poudlard, dans la nuit. On aurait dit qu'il y avait une multitude de feux d'artifices, mais je savais que c'était les sorts, les explosions, le feu. Il faisait nuit, il devait être deux heures, je sentais l'adrénaline parcourir mes veines d'une façon que je n'avais jamais ressentit auparavant. Durant mon vol, j'ai tant pleuré que je ne pensais plus pouvoir fabriquer de larmes. J'étais inquiète pour mon père et en même temps je m'en voulais de n'avoir rien répondu à Harry quand il m'avait dit qu'il m'aimait... quand il m'a demandé de l'épouser. Comment avais-je pu resté muette face à ces déclarations ? Il était évident que Harry était une personne extraordinaire, pourquoi ne m'en étais-je pas rendue compte dès lors que je l'avais rencontré ?

J'ai abandonné mon balai sur la pelouse du parc autrefois magnifique de Poudlard, qui n'était presque qu'un tas de cendres. Je n'étais pas arrivé du bon côté, je voyais des Mangemorts partout ou je courrais, mais aussi des géants, des acromentules, une bonne centaine de détraqueurs. J'étais terrifiée de voir autant de dégâts, le château était en ruine par endroit. Je voulais rejoindre le hall, pensant me tenir en sécurité ou du moins, retrouver mes proches à l'intérieur.

Pour le moment, je passais plutôt inaperçu, frôlant les arbres, hors de vue et jetant des sorts contre l'ennemi. Trouvant une brèche ou aucun mangemorts ne se trouvaient, je fonçais droit sur le château, mon patronus courant devant moi pour m'ouvrir le chemin et terrasser les derniers détraqueurs. Je grimpais les escaliers rapidement. Je remerciais le ciel de pouvoir courir aussi vite grâce à l'entrainement, évitant les sortilèges qui me frôlaient et sifflaient avant de s'écraser contre la pierre ou le sol. Après quelques mètres à l'intérieur, je ne trouvais que le calme et le silence malgré l'horreur qui avait lieu en dehors. Je prenais le temps de reprendre mon souffle, cherchant des yeux, partout. C'est là que j'ai aperçu mon père, au travers d'une ouverture énorme crée certainement par un géant. Je venais de rentrer dans le domaine alors que mon père était dans le parc, là ou je venais de passer. Il se battait, là ou ma mère était décédée. Il fallait que je fasse demi tour pour le retrouver. Il avait l'air en difficulté, il fallait que j'aille l'aider.

"Fire ?"

Je sursautais, en me retournant, pointant ma baguette magique sur Pansy Parkinson.

"Pansy ? Que... "

"Ne t'inquiète pas, je ne suis pas ton ennemie ce soir." me lançait-elle en levant les mains en l'air. "Je ne pensais pas que tu étais vraiment là, c'est tout, je suis surprise."

La respiration saccadée, j'observais précautionneusement son attitude et effectivement, elle ne semblait pas me vouloir du mal. Mais je me méfiais.

"Comment ça, vraiment là ?" je lui lançais, en baissant doucement ma baguette, prête à lancer un sort, au cas ou.

Pansy baissait les bras aussi doucement que les miens. Elle s'approchait doucement de moi mais je relevais ma baguette sur elle.

"Okay, on se calme. Je reste à ma place, d'accord ?"

Elle me regardait la mine inquiète. La tension était palpable. Le besoin de retrouver mon père et les détonations n'arrangeaient rien.

"C'est Drago. Il sait que tu es là, il te cherche partout. Écoutes, nous n'étions pas copines toi et moi, mais il m'effraie de vouloir à ce point-là... de vouloir te tuer. Je venais te prévenir, c'est tout." m'expliquait la Serpentard.

Je sentais mon sang se glacer.

"Comment peut-il savoir que je suis là ?" je lançais en haussant le ton.

"Il a vu ton patronus." m'expliquait-elle en haussant les épaules.

Quelle idiote ! Bien sûr. C'était une signature. Je voulais être discrète et j'utilisais mon patronus que tout le monde connaissait à Poudlard. Surtout Drago Malefoy, celui qui avait vu mon patronus de très près durant un cours de Rogue.

"Oh..."

"Ecoutes... prends ma cape." me disait Pansy.

"Pardon ?"

"Prends ma cape ! Tu aura l'air d'une Serpentard avec. Il ne pensera pas que c'est toi." Elle détachait déjà son lacet sous le cou et pliait la cape. J'ai vu dans son regard qu'elle avait peur de ma réaction, alors, au lieu de me la donner en mains propres, elle a préféré me l'envoyer après l'avoir roulé en boule. Je l'attrapais d'un geste, assez surprise qu'elle m'aide autant. Après quelques instants, elle se retirait en me souhaitant bonne chance.

Abasourdie, un sort envoyé contre le mur derrière moi me ramenait à la réalité dans un sursaut. J'enfilais rapidement la cape des Serpentards, et reprenait ma course dans le couloir pour retrouver mon père.

Et c'est au détour d'un mur que je trouvais Harry et Ginny, se croyant seuls au monde. C'était comme si je m'arrêtais au ralenti, et en même temps j'avais l'impression d'avoir heurté un mur en béton armé. Je pensais ensuite me tromper de personne, mais avant que Ginny n'embrasse de nouveau Harry, j'ai eu tout le loisir de les reconnaître. Alors que je les observaient s'embrasser, je constatais que tout mon monde et mes certitudes volaient en éclats en même temps que le hall lui-même. Une explosion inouïe rasa complètement le hall, soufflant les murs, explosant les blocs de pierres. Nous projetant tous les trois au sol.

...

La force de l'explosion me faisait siffler les oreilles, c'est comme cela que j'ai su que j'étais vivante. Harry et Ginny l'étaient également, car j'ai entendu leurs cris, j'ai entendu Harry lui ordonné de se mettre à l'abris, sans qu'aucun des deux ne s'aperçoivent que j'étais bloqué sous un amas de roche.

J'ai pu repousser les pierres avec ma baguette magique, toussant la poussière qui s'était infiltré dans mes narines, ma gorge et mes yeux. J'avais mal à un genou mais je pourrais l'ignorer aisément. La douleur de la trahison était plus difficile à disparaître, néanmoins, retrouver mon père m'anesthésiait. Après quelques minutes, l'adrénaline me remettait sur pieds, je trottinais vers le parc pour trouver mon père. Je l'ai vu, plus loin, bien plus loin en train de se battre avec plusieurs mangemorts. Et dire qu'il partait sur le champ de bataille sans moi, pensant réellement que j'allais resté les bras croisés à Paris ! J'avançais avec méthode, me cachant derrière chaque roche, chaque obstacle. Je repoussais chaque personne ou créatures voulant se mettre en travers de mon chemin. Après quelques étapes franchies, je remarquais que la cape de Pansy était un peu trop grande et que j'avais tendance à marcher dessus. Dans un mouvement, je l'abandonnais par terre. Si Drago voulait vraiment me tuer, qu'il vienne m'affronter, j'étais prête et plus forte qu'avant. Sans cape je me sentais mieux. Je lançais des sortilèges à quelques mangemorts qui s'en prenaient à des élèves, réussissant à en neutralisé quelques uns. Un énorme bloc de roche me barrait la route, je décidais alors de le gravir en deux temps trois mouvements. A son sommet, je voyais mon père qui reprenais du poil de la bête, il venait de terrasser un mangemort. Une joie certaine me submergeait, et je n'ai pas pu m'epêcher de crier :

"PAPA ! PAPA JE SUIS LA !"

Il a levé les yeux vers moi alors qu'il venait de mettre K.O deux détraqueurs.

"Ange ! Mais qu'est-ce que tu fais là bon sang ?!"

Je ne sais pas si c'était l'adrénaline qui me rendait suicidaire ou complètement folle, mais j'ai éclaté de rire en le voyant me sermonné à un moment pareil. Je sautais à pieds joints du bloc de pierre pour le rejoindre quand j'ai sentit un sortilège de désarmement, sans que je ne puisse l'anticiper. Je n'avais plus ma baguette en main et j'ignorais qui venait de me désarmer.

"Comme on se retrouve..."

En entendant sa voix, j'ai compris que j'étais dans une situation plus que critique. Il s'avançait vers moi, dans un panache de fumée. Je devinais sa silhouette, apercevant en premier sa baguette pointée droit sur moi. Il courrait, si bien que je n'ai rien anticiper. J'ai reçu un violent coup de poing dans l'estomac, me mettant au sol.

"C'est bien les moldus que vous aimez tant ? Et bien tu mourras comme une sang de bourbe !" me crachait-il dessus alors qu'il m'envoyait un coup de pied dans le ventre.

Je me sentais ridicule. J'avais appris à me battre, je savais tout de l'auto défense et je me retrouvais comme une moins que rien au sol, le souffle coupé, incapable de bouger tellement la douleur était vive. Comme si cela ne suffisait pas, Lucius Malefoy m'empoignait par le col pour me soulever quelques secondes et m'infliger de nouveau un coup de poing en plein visage cette fois-ci. Mon nez n'était pas brisé mais en revanche il saignait. Je retombais lourdement sur les fesses, me demandant comment le père de Drago allait me tuer, car je sentais dans la puissance de ses coups qu'il allait me tuer. Je sentais mon sang chaud couler entre mes doigts alors que je me tenait le visage.

"Ne te cache pas, montre moi le visage de traître à son sang !"

Il m'empoignait de nouveau pour me plaquer contre la roche, douloureuse dans mon dos.

"Maintenant, tu vas mourir comme une chienne, comme ta mère !" me susurrait-il tout en plaçant ses mains autour de mon cou pour m'empêcher de respirer. J'allais mourir étranglée. J'allais mourir ici, à Poudlard, comme une imbécile qui avait attiré l'attention bêtement. C'était atroce, de sentir son cœur forcer pour survivre, de sentir l'air se comprimer partout en soit, incapable de s'échapper de ses poumons ou d'y entrer.

"Cette fois-ci, je compte bien te voir mourir !"

Je pensais à ma mère, que j'allais rejoindre. Et je pensais à mon père à qui j'allais causer un chagrin énorme, s'il survivait.

Et ensuite...

Le monde a basculé.

Lucius a été arraché de mon cou, je suis retombée au sol, happant l'air comme je pouvais, pour soulager mon corps qui souffrait. J'étais à deux doigts de tomber dans les vapes mais heureusement, mon père était arrivé à temps. En relevant les yeux, je découvrais que je me trompais lourdement.

Ce n'était pas mon père, c'était... un mangemort ?

Il faisait face à Lucius et je ne voyais que son dos et sa capuche rabattue sur sa tête mais il avait projeté Lucius au sol. Celui-ci se relevait vers son agresseur.

"Toi ? TOI ! TRAITRE ! Comment OSES-TU ? Me faire ça, à MOI !" hurlait Malefoy senior qui me donnait la chair de poule. "Elle MOURRA ! Que tu le veuilles ou non, et ce sera moi qui la butterais, ça te rendra un énorme service !"

La personne a repoussé brutalement Lucius Malefoy qui pointait maintenant sa baguette et la mienne sur son agresseur. Mais le deuxième Mangemort les récupéraient avec un simple sortilège de désarmement.

Et encore une fois, le monde s'est déchiré.

Une cloche de l'école a été violemment projeté au sol par un géant, raflant Lucius Malefoy au passage, le tuant sur le coup.

Sous le choc, je n'osais plus bouger, ne comprenant pas clairement ce qui venait de se produire.

On venait de me sauver la vie.

On venait de me porter secours, mais la personne était un mangemort, je ne comprenais plus rien.

Peut-être m'avait -il confondu avec une Serpentard, Parkinson m'avait prêté sa cape.

Mais je me souvenais l'avoir abandonnée juste avant ma rencontre avec Lucius.

Je sentais monter une nausée me prenant par surprise, mais je n'osais pas me pencher pour vomir, tellement j'étais apeurée. La personne respirait bruyamment, observant un moment la dépouille de Lucius Malefoy. Lucius Malefoy qui avait tenter de me tuer une troisième fois.

Puis il s'est tourné vers moi.

Je ne voyais pas son visage caché par une ombre mais je le fixais tout de même, m'attendant encore à mourir. Je me ratatinais encore plus contre la pierre alors qu'il s'approchait de moi, se baissait près de moi et touchait mon visage. Je crois que mon corps l'a reconnu avant moi.

Ses doigts, ses mains qui s'activaient pour soigner mon nez. Qui regardait partout pour découvrir si j'avais d'autres blessures.

La précision, la rapidité.

Sa voix. Sa voix tremblante mais autoritaire.

"Mais qu'est-ce que tu fais là, bon sang ! Tu ne devais pas être ici ! Pourquoi faut-il toujours que tu sois là !"

Quitte à mourir pour ça, il fallait que je sache, même si j'avais déjà compris, tant pis je prenais le risque de le faire.

D'un geste, j'abaissais en arrière la cape de la personne.

D'un geste simple, tout en moi se confondait, se mélangeait.

D'un geste, je croisais les yeux qui avaient tant hantés mes nuits, dans tous les sens du terme.

D'un geste, je me retrouvais devant Drago Malefoy.

Qui venait de me sauver la vie.


La fin est proche ... je m'active pour vous donner un rythme beaucoup plus rapide et régulier... qu'en pensez-vous ?

Vous vous attendiez à ça ? Que va t-il se passer selon vous ?

= Review ou MP, comme vous voulez ;)

Je vous embrasse ! ;)

Calimity13