Un chapitre qui m'a donné quelques difficultés. Je l'ai modifié plusieurs fois, alors j'espère qu'il vous plaira.
je suis un peu en retard mais la taille du chapitre devrait compenser.
Un grand merci pour tous vos petits mots et on se retrouve l'année prochaine en pleine forme!
Merci à ma Louvy pour son esprit critique toujours en éveil et ses bons conseils!
- XoXonii: Merci pour ta review. Je suis contente que tu ais apprécié les derniers chapitres. ça va aller mieux... ça va aller mieux... ça dépend pour qui!- Dia: mais moi aussi je t'aime :-D
- Amista: et oui les choses avancent un peu! merci pour ta review
- K.S.: Ah bon? moi qui n'est fait cela que pour vous faire plaisir... pff jamais contentes! ;-) Merci pour ta review
- Guest: les réponses à tes questions arrivent, merci!
- ClairObscure: Et oui, les choses avancent un peu. Tu verras que l'esprit serpentard de Harry se développe aussi assez rapidement. Merci pour ta fidélité, ma petite plume!
Bonne lecture
Draco sourit en caressant les cheveux de son père. Ils avaient peut-être un lord psychopathe qui allait chercher à se venger, mais pour le moment, son père semblait aller mieux et avait repris ses esprits, et c'était la seule chose qui comptait.
- Ne t'inquiète pas, père, tout va bien. Je te ramène à la maison.
Des bruits de pas se firent entendre et le jeune homme se redressa. Est-ce que le maître serait revenu plus tôt que prévu ? Le blond regarda autour de lui pour trouver quelque chose qui pourrait faire office d'arme… en vain. À défaut, il se pencha vers son père pour lui tendre la main et l'inciter à se relever.
Lucius Malfoy avait peut-être recouvré un peu de sa lucidité, mais il n'avait pas encore toutes ses facultés et ne semblait rien comprendre à ce qu'attendait son fils. Draco n'était même pas sûr qu'il soit suffisamment en bonne forme physique pour pouvoir marcher très longtemps. Il se pencha à nouveau pour le saisir sous les épaules et l'entraîner dans la cellule où son père avait été précédemment enfermé — tentative dérisoire de le dissimuler aux yeux du maître…
À ce moment, une poigne ferme le tira en arrière, l'obligeant à relâcher brutalement Lucius et à sortir de la pièce. Le blond tourna vivement la tête, s'attendant à voir Lord Voldemort prêt à lui arracher la gorge, puis se relâcha.
- Bordel, parrain, tu m'as fait une de ces peurs ! soupira le jeune homme en faisant mine de retourner dans la cellule.
Mais il fut vite coupé dans son élan par la main de Severus qui le maintenait fermement par le bras.
- Mais enfin, tu es complètement fou ?! Tu veux te faire tuer ?! Est-ce que tu as seulement pensé à ta mère ? Narcissa est déjà folle de chagrin et…
- Quel est le problème avec Cissy ?
La question était presque un murmure, mais elle fut suffisante pour calmer la diatribe de Severus. Le professeur se retourna vers son ami et l'observa intensément, avant de pénétrer dans la cellule et d'inspecter le blond sous toutes les coutures.
- Severus, je te prierai d'arrêter de me traiter comme un cheval que tu t'apprêterais à vendre. Qu'est-ce qu'il te prend ? Et qu'est-ce que je fais ici ?
Alors qu'il posait la question, le regard de Lucius se posa sur la porte de la cellule, et il se retourna vivement vers le professeur de biologie.
- Je suis infecté, c'est cela ? Je suis vraiment infecté ?
Le masque d'indifférence du blond sembla se fissurer. Il avait toujours su qu'il ne vivrait pas indéfiniment, mais il avait toujours pensé mourir en combattant, pas en devenant complètement fou. Il ne voulait pas que sa douce Narcissa le voit dans cet état, ni Draco.
- Fais-le sortir de là, Severus, murmura Lucius en désignant son fils. Je ne veux pas risquer de lui faire le moindre mal.
Severus hésita un instant.
- Je ne veux pas te donner de faux espoirs, Lucius, mais ton état semble s'être amélioré. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé, mais on dirait que tu es en pleine rémission.
- C'est grâce à Harry, répondit Draco. Quand père l'a… mordu, cela l'a en quelque sorte soigné.
- Lucius a mordu Potter ? grimaça Severus. Et est-ce que le maître est… ?
- Au courant ? termina Draco. D'après toi, pourquoi est-ce que je t'ai demandé de venir aussi vite ? Il faut vite sortir père d'ici avant qu'il ne revienne. Harry nous donne un peu de temps, mais il est un peu… affaibli, alors il faut se dépêcher.
- Je lui ai fait du mal ? s'inquiéta Lucius.
- Ne t'inquiète pas, il survivra.
- Je ne serai pas aussi catégorique pour vous deux si le maître arrive avant qu'on ne soit partis.
- C'est ce que je me tue à te dire depuis des heures ! soupira Draco.
- Aide-moi à porter ton père.
- Je ne suis pas un vieillard grabataire ! rétorqua l'aristocrate en se redressant.
Il semblait effectivement être en parfaite santé. Si ce n'étaient ses vêtements abimés et sales, on aurait pu penser qu'il revenait de vacances tellement il semblait frais et épanoui.
- Je te ferai des tests en arrivant chez toi, mais c'est vraiment prodigieux que tu te sois remis si rapidement. Ce morveux est définitivement plein de ressources…
- Le morveux est celui qui a sauvé la vie de mon père, alors traite-le avec respect, s'agaça Draco en montant les escaliers.
- Pas la peine de monter sur tes grands chevaux. Je ne te savais pas si chevaleresque. Mais si cela peut te rassurer, j'ai un grand respect pour Mr Potter, qui n'est pas seulement le sauveur de ton père mais aussi celui de notre peuple en entier.
- Pour cela, il va falloir convaincre le maître de le relâcher, sinon il n'est pas prêt de sauver qui que ce soit.
Pour une fois, Severus ne trouva rien à redire aux propos de son filleul. Il craignait effectivement qu'il ne soit plus que difficile d'approcher Potter, et encore plus de lui prélever du sang pour effectuer quelques analyses.
Et pour une fois, Severus Rogue aurait vraiment apprécié avoir tord.
Il avait réalisé des dizaines de tests sur Lucius, rendant presque fou l'aristocrate pourtant réputé pour sa patience. Et tous les résultats dépassaient ses espérances : il n'y avait plus aucune trace du virus. Le blond était même dans une forme exceptionnelle ! Le seul point négatif était que Severus n'avait pas la plus petite information sur comment reproduire ce miracle. Et malheureusement, toutes les réponses se trouvaient à nouveau inaccessibles car enfermées dans la plus haute tour du manoir Riddle.
Severus se décida donc à frapper aux appartements de son maître, que ce dernier avait refusé de quitter depuis deux jours. Lorsque le lord se décida à ouvrir, il n'avait pas l'air très avenant, ce qui ne démotiva pourtant pas le professeur. Il avait l'habitude des sautes d'humeur de son maître ; et tout ce qui lui importait, c'était de réussir à trouver un antidote. Tant pis s'il était puni en passant pour son insolence, il savait quels étaient son rôle et sa place.
- Que veux-tu, Severus ? Je suis occupé.
- Désolé de vous déranger, maître, mais je dois vous informer de l'état de santé de Lucius et…
Severus n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'il était déjà violemment attrapé par le cou et suspendu en l'air. Heureusement qu'il n'avait plus besoin de respirer depuis longtemps, sans quoi il serait déjà mort. Il se débattit pour se dégager, sans y parvenir… jusqu'à ce qu'une main fine se pose sur le bras du lord et que la tension se réduise aussitôt.
- Tom… Tu avais promis de te calmer, murmura la voix douce de Harry.
- Oui mais…
- S'il-te-plaît, murmura le plus jeune en accentuant sa prise sur le bras du vampire.
- Bon, d'accord… bouda le plus âgé.
Le professeur fut estomaqué de voir son terrible maître se comporter comme un enfant qui venait de faire une bêtise et qui cherchait à se faire pardonner. Il ne chercha pas à tenter le diable et se recula rapidement vers l'entrée de la pièce, prêt à s'échapper dans le cas d'un nouvel accès de colère du lord.
- Comment va Mr Malfoy ? demanda le brun à son ancien professeur.
- Lucius est dans une forme éblouissante et vous remercie pour votre… aide. Draco également — il est impatient de vous revoir.
Harry se tourna vers Voldemort.
- Ce n'est même pas la peine d'imaginer poser la question, Harry. C'est non !
- On en a déjà discuté, Tom. Lucius n'a jamais voulu me faire de mal et…
- Il a failli te tuer ! s'emporta le vampire, ses yeux ayant repris un rouge profond et menaçant.
- Mais il s'est arrêté à temps ! contrecarra le brun.
- Il t'a touché.
- Mais je vais bien.
- Ce n'est pas une excuse. Il doit être puni !
- Je ne suis pas d'accord !
Severus assistait à cet échange totalement improbable. Lord Voldemort débattait, sans avoir le dessus, avec ce gamin. Cela faisait des siècles que Severus ne l'avait pas vu être autant contesté. C'était en un autre temps… Quand il était encore humain… Quand il était encore avec…
Le professeur se secoua. Il n'avait pas le droit de penser à cela. Si par malheur le maître s'en rendait compte — et il en était capable —, il risquait de subir les pires tortures. Il restait totalement irrationnel sur ce sujet. Un peu comme avec Harry Potter… ne put s'empêcher de penser Severus.
Il prit finalement son courage à deux mains pour les interrompre.
- Maître, je comprends parfaitement la faute commise par Lucius, mais vous savez qu'il n'était pas dans son état normal. Je vous supplie de lui laisser la vie sauve. Lui et sa famille peuvent quitter le pays, et jamais vous ne les reverrez.
- Non ! cria Harry. Tom, si Draco s'en va, je ne vous adresserai plus jamais la parole !
- Change un peu de disque, mon cher. Tu m'as déjà fait ce genre de menaces, et toi et moi savons que tu es incapable de te taire.
Le petit brun se rapprocha alors de lui et se hissa sur la pointe des pieds pour lui murmurer à l'oreille :
- Et si je vous promets que vous ne toucherez plus à une seule goutte de mon sang, est-ce que vous pensez que de ça non plus je n'en sois pas capable ?
Le regard noir que lui lança Tom lui confirma qu'il avait marqué un point. Et pour cela, il remerciait mentalement Hermione.
Si elle ne lui avait pas ouvert les yeux sur son étrange relation avec le vampire, il ne se serait jamais rendu compte de tous ces petits détails qui prouvaient leur lien, mais aussi qui lui donnait un certain pouvoir sur le terrifiant Lord Voldemort. Ainsi, au cours des dernières 48 heures, Harry avait été attentif et avait pu constater — outre le besoin du vampire de prendre soin de lui — la nécessité de le toucher, voir de le sentir. Il n'avait pas non plus ignoré ses regards d'envie sur son cou. Mais jamais le vampire ne l'avait contraint, et encore moins ne lui avait demandé quoique ce soit. Il était bien trop fier pour reconnaître qu'il avait besoin de quelqu'un.
Harry n'était pas sûr d'apprécier la situation comme elle était, mais elle n'était pas désagréable pour autant. Tom ne l'aimait peut-être pas, mais il prenait soin de lui et avait besoin de lui. Oui, mais uniquement à cause du lien… lui murmura son petit démon intérieur, et cela serra le cœur du jeune homme. En attendant, quoiqu'il décide pour la suite, il était décidé à utiliser son petit avantage sur le vampire.
- Je ne savais pas que tu étais devenu ma réserve personnelle de sang, rétorqua méchamment le vampire. Tu te prends pour un garde-manger ?
Tom Riddle détestait se sentir aussi faible et dépendant de quelqu'un d'autre. Mais il avait beau se raisonner, il avait de plus en plus de mal à rester loin de Harry. Sa soif de sang - de son sang- grandissait aussi de jour en jour, et elle devenait toujours plus difficile à maîtriser à chaque fois qu'il avait le bonheur de goûter à ce magnifique nectar. Tom avait déjà imaginé éloigner le jeune homme tant qu'il était encore temps, tant qu'il en avait encore la force. Mais la créature en lui était devenue folle furieuse quand il avait pensé mettre en œuvre son idée, et il avait eu un instant peur de ne plus se contrôler et de commettre un acte irréparable.
- Comme vous voulez. J'avais juste cru comprendre que vous aviez certains… besoins. Mais j'ai dû me tromper, répliqua Harry en se mordillant la lèvre inférieure jusqu'à la faire rougir.
Il avait déjà remarqué que ce simple geste attirait l'homme. Il insista un peu, et une goutte de sang perla, faisant gémir le vampire qui tendit la main pour caresser la lèvre maltraitée du bout de ses doigts. Harry apprécia la douce caresse. S'il n'avait pas encore été aussi indécis sur leur relation, il aurait certainement supplié pour plus de contacts, mais il se retint.
Le vampire porta les doigts à sa bouche et apprécia le maigre présent.
- Attention à ne pas trop me provoquer, Harry, murmura Lord Voldemort. Je pourrais bien prendre ta proposition au sérieux.
- Si vous avez besoin de mon sang, je vous l'offrirai. Mais rien de plus, Monsieur.
Le vampire grogna devant l'appellation qui lui rappelait la distance que son petit serpent persistait à mettre entre eux. Il se rapprocha encore davantage, décidé à lui faire comprendre qu'il n'avait pas soif que de son sang.
- Hum… Hum…
Harry et Tom se tournèrent vers Severus Rogue, qu'ils avaient totalement oublié, et le petit brun rougit de s'être ainsi donné en spectacle.
- Je suppose que vous préférez continuer cette… conversation sans moi.
- Parce que tu es encore là, Severus ? répliqua froidement Riddle. Je vois que ton instinct de conservation diminue grandement ces derniers temps.
La menace à peine voilée n'étonna pas Severus ; le contraire l'aurait presque inquiété.
- Maître, je suis désolé d'insister, mais j'ai besoin de Mr Potter pour comprendre comment Lucius a pu guérir. Il est la clé pour éliminer le virus.
- Pourquoi cela ne m'étonne-t-il même pas ? soupira Tom en se détournant de Harry.
- Qu'est-ce que je peux faire pour vous aider ? demanda le petit brun en se rapprochant de Rogue, bien décidé à apporter toute aide possible.
- Expliquez-moi juste ce qu'il s'est passé dans cette cellule. Avez-vous fait quelque chose de particulier ?
- Non, rien du tout. J'ai juste essayé d'aider Draco, et Mr Malfoy m'a… enfin, vous savez…
Le professeur de biologie grimaça. Oui, bien sûr qu'il le savait, mais il avait eu un infime espoir d'obtenir une autre explication.
- Très bien. Est-ce que vous pourriez m'accompagner quelques instants ?
Harry hocha la tête et s'apprêta à suivre Severus Rogue, quand la main de Tom sur son bras l'arrêta subitement.
- Où comptes-tu l'emmener ? demanda le lord d'une voix dure.
- Juste faire quelques examens.
- Quels examens ?
- Je ne veux pas vous ennuyer avec des détails, maître. Cela ne prendra que dix minutes.
- Quels examens ?
- Cinq minutes ? tenta Severus.
- SEVERUS !
Le vampire soupira. Bon, il avait tenté sa chance, mais le maître semblait avoir un sixième sens quand il s'agissait de savoir qu'il cherchait à lui cacher quelque chose.
- Très bien, mais je vous en prie, laissez-moi parler jusqu'au bout. S'il y avait une autre solution, je l'utiliserai, mais c'est ma seule piste pour le moment. Il ne fait aucun doute que c'est le sang de Mr Potter qui a guéri Lucius. Il m'en faut donc un échantillon pour l'analyser.
Severus leva les yeux vers son maître, et il sut que sa requête n'était pas très bien prise lorsqu'il aperçut le regard rouge carmin. Son attention fut fort heureusement détournée lorsque la porte claqua sur le petit brun. Le temps d'un courant d'air et Lord Voldemort était sur la porte, mais celle-ci demeura close.
- Harry, reviens tout de suite ! Ne fais rien d'idiot !
- Je reviens dans cinq minutes ! Et tu n'as pas intérêt à avoir touché à un cheveu de la tête de Mr Rogue ! répliqua la voix déterminée du brun derrière le battant.
L'ancien professeur déglutit. Il n'était vraiment pas sûr que la recommandation soit suivie d'effet. Le maître était fou de rage et il avait l'habitude d'extérioriser sa colère. Mais, à son grand étonnement, Lord Voldemort se contenta de soupirer et de serrer les poings. Quelques instants plus tard, il se tourna vers lui, visiblement calmé. Oh oui, une nouvelle ère s'ouvrait pour les vampires.
- Je ne peux pas te laisser prendre le sang de Harry.
La colère contenue était presque audible dans le ton de la voix du vampire, mais il se maitrisait tout de même.
- Je comprends, maître, mais c'est la seule solution.
Severus savait à quel point les vampires pouvaient être possessifs envers leur lié. Et le lien entre Lord Voldemort et le jeune Potter, quel qu'il soit, était particulièrement fort. C'est pour cela que le professeur avait cherché à trouver une supercherie pour ne pas avouer la vérité.
- Je ne tuerai pas Lucius, reprit Lord Voldemort en se dirigeant vers la fenêtre. Mais qu'il évite de se retrouver en ma présence tant que je ne l'y aurai pas autorisé.
- Merci, maître.
Les deux vampires restèrent chacun de leur côté, le temps que la porte ne s'ouvre sur un Harry un peu blanc.
- Voilà, dit simplement le jeune homme en tendant une fiole à Rogue.
Le vampire ne posa aucune question et se saisit vivement du précieux présent. Il remercia le jeune homme d'un bref mouvement de tête et tenta de sortir alors que son maître fondait sur eux. Harry soupira et se contenta de serrer fortement son poing qui se remit à saigner, détournant efficacement l'attention de Voldemort.
Severus Rogue sortit sans attendre de voir ce qui allait se passer. Il ne s'inquiétait pas pour Harry Potter. Le jeune homme semblait avoir compris certaines choses et s'en servait habilement. L'homme de main avait rarement vu son maître être aussi facilement manipulé — ni manipulé tout court d'ailleurs. Mais il est vrai que tant que son maître refuserait d'admettre leur lien, tant qu'il lutterait contre, la créature en lui prendrait le dessus et l'amènerait à suivre ses instincts les plus primaires. Lui qui n'avait fonctionné que par la ruse et la réflexion au cours de toutes ces années devait être vraiment perturbé de réagir et ressentir autant.
Et Severus le comprenait bien. Même trop bien… soupira-t-il intérieurement en repensant à son comportement lorsqu'il se retrouvait dans la même pièce que Black. La seule différence était que lui était conscient de son petit problème de dépendance ; et que de toute façon, même si cela lui causait une grande douleur de l'admettre, jamais il n'aurait à se poser la question d'un éventuel lien avec lui, puisque Black ne le voudrait jamais. Ils étaient trop différents et ne pourraient que se détruire… Il en était presque jaloux de voir l'affection que le jeune Potter portait à son maître. Et dire que celui-ci restait aveugle à cela ! Quel gâchis !
Sortant du manoir, le vampire se redressa et se recentra sur ses priorités. Il devait donner les dernières nouvelles aux Malfoy, rassurer Draco, et annoncer la grâce inespérée de Lucius. Il allait falloir se battre contre Narcissa pour l'empêcher de venir chercher Harry ici, mais il faisait confiance à son mari sur ce point. La jeune femme était une vrai lionne quand il s'agissait de protéger ses petits, et elle considérait visiblement Harry comme l'un de ses enfants… et maintenant comme le sauveur de son mari bien-aimé. Le pauvre jeune homme allait être étouffé la prochaine fois qu'elle l'aurait sous la main.
De l'autre côté de la porte, c'était une toute autre scène qui se jouait.
Lord Voldemort avait saisi la main du brun et la regardait avec envie. La créature en lui n'était pas loin de prendre le dessus et de saisir ce qui lui revenait de droit, sans demander la moindre permission. Mais sa part humaine savait que sa relation avec le jeune homme était plus que fragile, et il ne tenait pas à l'envenimer — même si celui-ci avait clairement admis qu'il n'était pas rebuté à l'idée de lui donner son sang.
Le lord releva la tête pour plonger dans les yeux émeraude. Il y lut beaucoup de sentiments, tous étant tellement contradictoires qu'il abandonna l'idée de pouvoir comprendre par lui-même.
- Tu sais que tu joues à un jeu dangereux, Harry ? À me provoquer ainsi, tu vas t'y brûler les ailes… murmura la voix rauque du vampire en léchant la plaie sur sa main, la refermant plus efficacement qu'aucun baume.
Le petit éclair de déception dans les yeux de son protégé n'échappa pas au vampire. Harry aurait-il vraiment envie qu'il le morde ?
Un petit sourire suffisant naquit sur les lèvres de Tom. Il leva la main et caressa tendrement la joue du plus jeune, lui relevant le menton avant de se baisser vers lui. Ses lèvres se rapprochèrent de celles du brun, pour s'écarter au dernier moment et se glisser vers son oreille.
- À quoi joues-tu, Harry ? Tu me repousses, mais je sais que tu n'en as pas vraiment envie.
Les lèvres si douces descendirent vers son cou en y déposant de petits baisers, puis remontèrent en suivant le même chemin.
- Ce dont tu as envie, c'est que je te prenne dans mes bras, Harry, et que je morde à pleines dents en toi… murmura la voix rauque du lord. Que je m'enfonce dans tes chairs encore et encore…
Le double sens n'échappa pas au jeune homme qui se sentit rougir. Il repoussa d'abord le vampire, avant de succomber à cette tentation. Le regard rouge empli de désir lui fit peur autant qu'il l'excita. Il aimait tellement se sentir autant désiré…
Puis les images de Tom s'enfonçant dans cet inconnu dans son bureau firent brusquement irruption dans sa tête, l'aidant efficacement à reprendre ses esprits.
- Ce n'est pas moi qui joue, Tom ! Qu'attends-tu de moi ? Tu as besoin de moi pour sauver les autres vampires ? Je vous aiderai, il n'y a aucun problème là-dessus. Mais tu n'as pas le droit de me garder ici et de jouer avec moi !
- Je croyais que ce genre de jeu te plaisait, pourtant… susurra lel en se penchant vers lui pour l'embrasser.
Mais il fut à nouveau repoussé.
- Tu as sûrement quelqu'un d'autre qui t'attend pour répondre à le moindre de tes désirs — et certainement mieux que je ne le ferai. Alors je le répète : qu'attends-tu de moi ? demanda amèrement le brun.
- Je ne désire personne d'autre, Harry.
Le brun lâcha un petit rire amer et lui lança un regard plein de reproches.
- Je sais que c'est faux. Vous avez sûrement des partenaires bien plus beaux, intelligents ou expérimentés que moi qui n'attendent que votre appel. Je ne veux plus jamais avoir l'impression de n'être qu'un vieux jouet utilisé et inutile qu'on remplace ! Alors arrêtez de mentir et de vous moquer de moi !
- Mais tu n'es pas un jouet pour moi !
- ALORS QU'EST-CE QUE JE SUIS POUR VOUS ? hurla Harry.
Il retenait ses larmes — il ne voulait pas avoir l'air d'une adolescente énamourée. Mais il n'y pouvait rien ; il était fatigué de tanguer entre ses envies et sa raison.
- Qu'est-ce que tu veux que je te dise, Harry ?! s'agaça le vampire. Que j'ai envie de toi comme je n'ai plus eu envie de personne depuis des centaines d'années ? Que ton sang est une véritable drogue pour moi et que j'ai de plus en plus de mal à y résister ? Que nos discussions me manquent aussi… ? finit-il dans un murmure.
Le brun se figea. Est-ce que Tom venait vraiment de lui dire toutes ces choses ? Est-ce que cela voulait dire qu'il tenait à lui, qu'il… ?
- Mais ne me demande pas de déclaration d'amour, et je ne peux rien te promettre. Je ne tomberai jamais amoureux… Je ne suis plus ce genre de personne.
Un silence un peu lourd se fit, et ce fut Harry qui le brisa d'une voix vacillant entre espoir et hésitation.
- Vous m'appréciez alors ?
- Tu veux que te montres à quel point ? demanda le lord avec un sourire gourmand,
- Vous n'allez pas me jeter dehors dès que je vous aurais assez diverti ? demanda Harry d'une voix basse.
Tom lui releva la tête.
- Je n'ai aucune envie que tu partes, mon petit serpent, lui assura le vampire. Je ne peux rien te promettre pour le futur, mais c'est ce que je ressens pour le moment. Je t'assure que si cela ne te tenait qu'à moi, je t'enchaînerai à moi pour les dix prochaines années. Je peux te le prouver… reprit-il d'une voix caressante.
- Avant, je veux que les choses soient claires.
- Je n'ai rien promis, commença à se défendre Tom.
Le brun secoua la tête.
- Je vous demande seulement de me respecter.
- Mais je te respecte ! s'offusqua le vampire en se rapprochant de lui.
- Je ne veux plus que vous me menaciez ou m'enfermiez.
- Bien sûr, murmura Tom en déposant un petit baiser sur sa mâchoire.
- Et je ne suis pas prêt à coucher à nouveau avec vous…
Le vampire releva la tête, prêt à riposter.
- …pour le moment.
Le petit sourire victorieux de Tom exaspéra Harry autant qu'il l'amusa.
- Vous ne menacez plus mes amis, ni Draco et sa famille.
- Accordé, murmura le vampire en passant ses mains dans son dos et en y imprimant des caresses, pendant que ses dents mordillaient consciencieusement sa carotide.
- Je suis libre d'aller où je veux.
- Bien essayé, Harry, mais je ne suis pas encore assez distrait pour laisser passer cela. Tu ne sors pas du manoir.
Le brun soupira. Il aurait essayé…
- Et vous n'amenez pas d'autres amants ou maîtresses, tant que j'y suis, termina Harry dans un souffle.
Il sentit le vampire se figer. Est-ce qu'il était allé trop loin dans ses exigences ? Peut-être, mais il s'en fichait ! Celle-ci ne serait pas négociable !
Il se tenait prêt à débuter une nouvelle dispute avec Tom, lorsque celui-ci le surprit en le soulevant pour le déposer délicatement sur le lit. Il se positionna au-dessus de lui, son visage surplombant le sien.
- Pourquoi veux-tu que je ramène quelqu'un alors que j'ai tout ce qu'il faut ici ? demanda-t-il en se penchant vers le brun pour effleurer ses lèvres.
- Cela ne semblait pas être suffisant… la dernière fois.
Tom eu un infime moment d'hésitation. Très bien, Harry était encore en colère pour ce petit écart, mais il avait une bonne raison. Une excellente raison même ! Il avait eu peur des sentiments trop forts qu'il avait ressentis pour lui, mais cela il n'était pas prêt à l'admettre. Aussi se contenta-t-il d'un piètre :
- C'était une erreur. Cela ne se reproduira plus.
Avant de se jeter sur ses lèvres.
Harry se laissa complètement aller dans cette étreinte. Tout n'était pas parfait, mais après tout, pourquoi ne pas profiter du moment présent ? Tom et lui n'étaient peut-être pas un vrai couple, mais cela y ressemblait quand même beaucoup, non ?
Le brun gémit quand il sentit les mains passer sur son ventre, et il se cambra quand elles passèrent sous sa ceinture avant de commencer à la défaire. Le jeune homme se redressa à moitié.
- Tom ! J'ai dit : pas de sexe pour le moment !
- Mais voyons, Harry, je te promets de ne pas te toucher intimement sans que tu ne me le demandes toi-même.
Le brun le regarda suspicieusement.
- Alors retire tes mains de là !
- Tu m'as dit que je pouvais me nourrir, sourit le vampire.
Et ce sourire n'augurait rien de bon. C'est pourquoi Harry hésita à répondre à cette question pourtant très simple.
- Oui… mais je ne vois pas le rapport.
- Il y a plein de façons de se nourrir, Harry. J'ai quand même le droit de choisir mon menu, n'est-ce pas ?
Le brun acquiesça de nouveau et fut certain de s'être fait avoir quand Tom entreprit à nouveau de lui ôter son pantalon.
- Pas d'attouchement intime, promit à nouveau le lord.
Mais Harry n'eut pas le temps de manifester que le vampire avait déjà plongé vers son entrejambe, faisant presque gémir d'anticipation le brun. Il ne se rappelait que trop bien de cette délicieuse caresse que Tom lui avait prodiguée lors de leur première nuit. Il fut presque déçu lorsqu'il sentit qu'il se contentait de lécher et mordiller un point sensible à l'intérieur de sa cuisse, mais beaucoup trop éloigné de sa virilité.
Harry fut quasiment certain que le lord l'avait fait exprès et que cela l'amusait. Et pour preuve, celui-ci laissa échapper un petit ricanement, fier de lui.
- Tu sais, Harry, il existe plusieurs importants vaisseaux sanguins qui parcourent le corps humain… expliqua Tom en laissant sa langue passer à nouveau sur la peau sensible.
Et cela se répercuta un peu plus haut dans l'anatomie du jeune homme. Il s'en voulait d'être aussi manipulable, mais cela faisait tellement longtemps qu'il retenait ses désirs pour le vampire… Des semaines de restriction sexuelle, et maintenant, ça ? Non, non, et non ! Il ne devait pas craquer aussi vite !
- Et juste ici, nous avons l'artère fémorale, murmura le lord en plantant ses crocs dans la zone qu'il caressait depuis quelques minutes.
Harry se cambra aussitôt. Le traître se servait de ses pouvoirs pour l'exciter, et le brun se sentait déjà partir dans un monde de plaisir. Il sentait la chaleur dans son corps et le souffle chaud du vampire était si près de son intimité… Il se tortilla comme pour chercher plus de contacts, mais il n'obtint rien de plus qu'un petit rire.
- Tom… gémit-il.
- Oui, Harry ? demanda vicieusement le vampire.
- S'il-te-plait, supplia le brun
- Tu as besoin que je te soulage, mon petit serpent ?
- Humm…
- Tes désirs sont des ordres, sourit Tom avant de replonger sur son aine pour se sustenter à nouveau, pendant que ses mains se glissaient dans le caleçon du jeune homme.
La respiration de Harry se fit de plus en plus saccadée alors que Tom augmentait la vitesse sur son membre dur. Le vampire se redressa pour l'observer. Il était tellement beau ainsi, les joues rouges, les yeux mi-clos, les lèvres entrouvertes laissant échapper des gémissements indécents. Et lorsqu'il jouit, Tom ne put s'empêcher de se jeter sur ses lèvres pour voler ses derniers gémissements.
Le brun entrouvrit les yeux avant de lâcher un « tricheur » ensommeillé. Puis il se retourna, se lova contre le vampire et s'endormit.
Tom se surprit à apprécier ce geste, pourtant plein de tendresse et de mièvrerie. Mais cette fois, il ne fuirait pas à cause de sa peur de changer. Son petit serpent était un appel à la luxure, mais il savait aussi être tellement attendrissant… Et il était à lui, pour toujours.
Il fallut encore trois jours de plus à Harry pour convaincre Tom de laisser Draco revenir au manoir. Leur relation avait évolué, et le vampire semblait de plus en plus humain. Mais il n'en demeurait pas moins extrêmement excessif quand il s'agissait de son petit brun. Et il lui interdisait toujours de quitter l'enceinte de sa chambre sans escorte. Comme s'il risquait quelque chose ici !
Harry était agacé d'être traité comme un enfant, et il aurait bien cherché un moyen de se venger. Mais il avait besoin de compagnie et de retrouver son seul soutien ici. Il avait donc été obligé de faire profil bas et d'essayer d'amadouer son presque amant tout en douceur. Et il allait enfin être récompensé pour sa patience.
Lorsqu'on frappa à la porte, le brun grogna un vague « oui ? » sans relever la tête.
- Ben alors, Potty, tu as déjà perdu toutes tes bonnes manières ? Il était vraiment temps que je revienne.
- Dray !
Harry se leva brusquement et offrit un sourire rayonnant à son ami.
- Je suis tellement content que tu sois là !
- Je sais, Potter, je fais cet effet-là à beaucoup de gens. Je suis une sorte de dieu vivant pour vous, simples mortels.
Harry éclata de rire.
- J'avais oublié à quel point tu pouvais être humble et délicat, Malfoy. Mais ça fait du bien de retrouver quelqu'un de presque normal. Merci d'être revenu me voir.
Le blond perdit son sourire moqueur et fixa son ami.
- Tu plaisantes, Harry ? Tu te rends compte de ce que tu as fait pour moi et pour ma famille ? Jamais je ne pourrais assez te remercier pour avoir sauvé mon père. Et pour tout le reste…
- Oh ! Tu veux dire que tu as une espèce de dette de vie envers moi et que tu vas me suivre le reste de mes jours jusqu'à ce que tu réussisses à me sauver à ton tour ? plaisanta Harry pour détendre l'atmosphère, qu'il trouvait beaucoup trop lourde.
Draco se relâcha et laissa son petit sourire « made in Malfoy » reprendre le dessus.
- Et j'ai déjà commencé, mon cher. J'ai pris sur moi pour rassurer tes amis, donc j'ai dû parler à plusieurs reprises à Weasmoche.
- Merci Dray. Leur première visite ici n'a pas été une réussite.
- Première ? Est-ce que cela signifie qu'il y en aura d'autres ? Est-ce que tu aurais des choses à m'apprendre, « jeune maître » ?
Harry rougit et tenta de se détourner de Draco et de son stupide sourire moqueur.
- Non, rien de nouveau. Mais maintenant que je suis votre super-médicament contre votre super-virus, je suppose que votre super-maitre ne me laissera pas partir de si tôt.
- Ce qui n'a pas l'air de te déranger.
- Disons qu'Hermione m'a aidé à voir certaines choses…
- Je savais bien que cette fille était brillante ! Je me demande ce qu'elle fait avec Weasmoche.
- Ron est quelqu'un de très bien. Et puis, qu'est-ce que tu as avec Hermione ? Elle t'intéresse ?
- Tu plaisantes, Potty ? Tu as vu ses vêtements et ses cheveux ? Revenons à nos moutons si tu veux bien. Cela veut dire que le lord et toi… ?
- Non. Je n'ai pas pris de décision, mais Tom fait des efforts et je dois admettre que je ne suis pas si malheureux ici. Il faudrait juste qu'il soit un peu moins protecteur… soupira le brun.
- Tu veux dire qu'il t'enferme à nouveau ?
Le brun acquiesça en se prenant la tête dans les mains.
- Je ne peux pas sortir de cette foutue chambre sans escorte ! se désespéra Harry. Je négocie actuellement une sortie en ville, et j'espérais bien que ta présence serait un atout.
- Franchement, Potty, tu arrives à presque te faire tuer en restant ici. Je ne suis pas sûr d'être prêt à courir le risque de t'accompagner à l'extérieur.
- Et comment veux-tu régler ta dette de vie si je reste en sécurité ici ? se moqua Harry.
- Je pense que je survivrai avec une dette pour le restant de ma vie.
- Trouillard !
- Nid à emmerdes.
- Bon, tu m'aideras à faire le mur si Tom refuse?
- Je suis votre humble serviteur, jeune maître, répondit Draco en faisant une révérence moqueuse.
- Crétin.
- Moi aussi je t'aime.
Harry sourit devant les enfantillages du blond. Il avait enfin l'impression de reprendre pied avec le monde normal quand Draco était là. Il était son lien avec son ancien univers, celui dans lequel il n'était qu'un étudiant quasiment normal…
- Je n'en reviens pas que tu m'obliges à défier le maître, grommela Draco
- Tu as promis, Dray. Et puis de toute façon, on ne fait rien de mal. Et Tom a l'air de se moquer de ce que je fais de mes journées, alors…
Le brun avait ce regard de quelqu'un en colère qui cherchait à faire une connerie juste pour prouver qu'il a le pouvoir de la faire.
- Oui, du moment que tu restes enfermé ici ! On va avoir de sacrés ennuis quand il le saura.
- Tu as peur, la fouine ?
- Hé ! Tu sais ce qu'elle te dit, la fouine ?
- J'irai, avec ou sans toi. Mais ça sera beaucoup plus facile si tu m'aides. Et je te promets de te protéger de Tom.
Le blond soupira avant d'acquiescer. Il ne pouvait, après tout, rien refuser à son ami. Même s'il restait persuadé qu'ils commettaient une grave erreur.
- Bon, je voudrais que tu organises un rendez-vous avec Hermione et Ron le plus rapidement possible. Je voudrais les rassurer.
- Mais vos désirs sont des ordres, jeune maître.
Harry lui jeta un regard noir et se détourna de lui pour prendre la direction de la bibliothèque. Le blond le rattrapa rapidement en levant les yeux au ciel.
- Allez, Harry, je plaisantais. Pourquoi as-tu l'air de si mauvaise humeur ? Tu as pourtant eu ce que tu voulais, non ?
- Je ne suis pas de mauvaise humeur.
Draco leva un sourcil, signe manifeste de moquerie chez lui. Mais il n'ajouta pas un mot et suivit Harry à l'intérieur de la pièce qui leur servait aussi de bureau. Car si Harry était décidé à abandonner ses études de droit — ou en tout cas les suspendre pour le moment —, ce n'était pas le cas de Draco qui comptait bien suivre cette voie jusqu'au bout. Et comme il passait ses journées ici, il devait compenser en travaillant d'arrache-pied.
Pendant ce temps-là, Harry profitait de l'immense bibliothèque de Tom. Le vampire y avait accumulé des livres sur des sujets tellement variés que tout un chacun pouvait forcément y trouver des thèmes qui l'intéresseraient. Le brun se saisit d'un ouvrage qu'il avait commencé et s'assit pour se plonger dedans, sans adresser la parole à Draco. Malheureusement, il ne parvenait pas à se changer les idées. Et pourtant, il n'avait vraiment pas envie de réfléchir à la source de son agacement, car il était certain de ne pas en apprécier les réponses.
La rencontre avec Tom ne s'était pas bien passée, selon lui ; ce n'était même pas une rencontre. Ils avaient certes été dans la même pièce, et Tom avait refusé sa demande, mais quasiment sans l'écouter, ni lui accorder plus d'un regard. Comme s'il n'était que quantité négligeable.
Et c'était cette attitude qui blessait le plus le jeune homme, plus que le refus lui-même. Était-ce ainsi que Tom le voyait ? Comme un jouet ou un passe-temps qu'il pouvait renvoyer comme bon lui semblait ? Harry savait qu'il avait beaucoup de responsabilités et de personnes à diriger, et qu'il avait certainement des choses plus importantes à gérer que lui. Malgré tout, il sentait son cœur se serrer à chaque fois qu'il se retrouvait coincé tout seul dans cette chambre, à attendre que le lord daigne le rejoindre quand bon lui semblait.
Tom et lui s'étaient plutôt bien entendus pendant ces dernières semaines de cohabitation, et Harry s'était surpris à se satisfaire de ce que l'homme lui offrait. Mais il ne pouvait s'empêcher parfois, de se demander si la seule raison de sa présence ici n'était pas qu'il représentait le seul remède connu contre le virus. Dès que Severus aurait trouvé la solution grâce à l'échantillon de son sang, Tom le laisserait peut-être partir… voir l'y inciterait. Il pourrait reprendre une vie normale, comme si le vampire n'en avait jamais fait partie… Harry s'était promis de prendre ce qui viendrait, de profiter du moment présent sans se poser plus de questions. Alors pourquoi avait-il si mal dès que Tom lui offrait moins d'attention ?
Et bien, puisque Tom se fichait de lui, alors il ne voyait pas pourquoi il suivrait ses stupides ordres. Et s'il avait envie de sortir voir ses amis, et bien il le ferait !
- Alors ? Ça te convient ?
La voix de Draco tira le brun de ses pensées.
- Euh…
- Quelle éloquence, Potty, se moqua le blond. À qui pensais-tu pour être ainsi pris dans tes pensées ?
- À toi avec une magnifique coupe de cheveux… Style boule à zéro.
- Bien, je vois que le jeune maître est de bonne humeur… Je te proposais d'appeler tout de suite Weasmoche et sa copine pour leur fixer rendez-vous en ville.
Harry regarda Draco lui tendre son téléphone portable. Le brun hésita un instant avant de s'en saisir et de composer le numéro d'Hermione.
- Hermione, c'est…
- …
- Hermione, calme-toi. Oui, je vais…
- …
- Écoute-moi…
- …
Draco secoua la tête, affligé, et se saisit brusquement du téléphone.
- Granger, tu vas la fermer et m'écouter. Potter va bien, il te retrouvera cet après-midi à 15h.
Draco interrogea le brun du regard et couvrit son téléphone de sa main.
- Dans le parc à côté de Privet Drive ? proposa Harry.
- Non, un endroit plus animé, exigea le blond.
- Ok, notre café habituel alors.
- 15h dans votre café habituel, reprit Draco à destination d'Hermione. Ne soyez pas en retard, ordonna-t-il avant de raccrocher sans plus de cérémonie.
- Tu aurais pu être plus sympa, s'agaça Harry.
- Tu ne serais jamais arrivé au bout de cette conversation, alors remercie-moi plutôt pour ma brillante intervention.
- Tu es vraiment insupportable. Comment quelqu'un peut-il être aussi prétentieux et imbu de lui-même ? Je me demande qui sera assez fou pour sortir avec toi, sachant à quel niveau d'estime tu places ton inestimable personne.
- Il est vrai, Potter, que la barre est haute. Il faudra une personne au moins aussi belle que moi — plus me paraissant hautement improbable —, et aussi qu'elle soit intelligente, cultivée, qu'elle s'habille avec goût, et bien sûr qu'elle dispose d'un patrimoine personnel non négligeable.
- Tu veux te marier avec toi-même, si je comprends bien, se moqua le brun. Et garçon, ou fille ? ne put-il s'empêcher de demander en notant le flou laissé sur ce point.
- Peu importe. C'est bien le seul point sur lequel je n'ai pas de préférence.
- Je croyais que tu étais hétéro, s'étonna Harry.
- Pas spécialement. Mais évite de dire cela à ton amour, sinon je risque de subir encore plus de menaces.
- Ce n'est pas « mon amour » !
- Mais bien sûr, Potty… Ce n'est pas tout, mais il faut que je travaille. Je n'ai pas la chance d'avoir décroché le jackpot comme toi.
Harry réfléchit un instant avant de comprendre ce que son ami venait de sous-entendre. Le temps qu'il commence à crier devant ces propos mesquins, Draco avait déjà mis une paire de boules Quies et se plongeait dans un livre, un petit sourire satisfait sur les lèvres.
Hermione et Ron tournaient en rond dans le parc depuis plus d'une demi-heure. Le rouquin regarda sa montre pour la quatrième fois. Il avait tellement hâte de retrouver son ami. Il n'arrivait pas à croire que toute cette histoire de fous allait enfin se terminer. Harry allait pouvoir reprendre le cours de sa vie, tout comme eux.
- Il est presque l'heure.
- Tu as raison, autant aller l'attendre au café plutôt que de tourner en rond ici, confirma Hermione en commençant à remonter le petit chemin qui menait à la rue principale.
Les deux amoureux marchèrent quelques minutes en silence avant de s'arrêter devant le petit établissement, qui était déjà bondé à cette heure. Ils regardèrent à l'intérieur à la recherche de leur ami, en vain.
- Autant l'attendre dedans, proposa Ron.
- Très bien, répondit la brunette, un air toujours soucieux sur le visage. Dis, Ron… Tu crois qu'on a eu raison de parler de ce rendez-vous ?
- Mais bien sûr, Hermione ! répondit Ron en poussant la porte du petit établissement.
Il soupira d'aise en sentant la chaleur ambiante qui contrastait avec le froid extérieur. Ils s'installèrent à une table pouvant accueillir quatre convives.
- Nous ne pouvions pas gérer cette histoire tout seul, et c'était la personne idéale pour nous aider. Il connaît l'histoire des vampires comme personne, sait comment les combattre, et il ferait tout pour Harry. Sans oublier qu'il peut compter sur toute une armée.
- J'espère que tu as raison, Ron. J'ai un peu l'impression de trahir la confiance de Harry…
- Mais non, c'est pour son bien ! Tu l'as vu toi aussi : il n'est pas lui-même. Il faut le sortir de là, que ce soit de son plein grès ou malgré lui… Oh, les voilà ! s'exclama le rouquin en pointant du doigt les deux silhouettes de l'autre côté de la rue.
Hermione eut un grand sourire et fit un signe de main pour que Harry et Draco les repèrent à la vitrine du café.
C'est alors que tout se déroula à une vitesse inhumaine. La brunette resta figée dans sa position, bras levé et yeux écarquillés, pendant qu'à l'extérieur la violence se déchaînait.
- Dépêche-toi un peu Draco, ordonna Harry.
- Tu as peur que tes chers amis s'envolent ? Ne t'inquiète pas, ils n'ont aucune vie sociale. Je suis sûr qu'ils seraient prêts à t'attendre pendant des heures. Ce n'est pas comme s'ils étaient attendus quelque part.
- Oh mais c'est vrai que j'ai l'insigne honneur d'être accompagné par le gars le plus branché de toute la fac ! se moqua le brun. Tu sais que tout le monde n'apprécie pas de parader dans des fêtes superficielles où tout n'est qu'apparence ou hypocrisie ?
- Pff… La jalousie ne te va pas du tout, Harry.
- Je ne plaisante pas, Dray. Tu as pourtant l'air d'être moins idiot que je l'ai toujours pensé. Alors comment peux-tu apprécier ces soirées ?
Le blond hésita un instant.
- Je dois admettre que ces dernières semaines m'ont fait voir les choses différemment, mais je viens de ce milieu « d'hypocrites », comme tu dis, et je sais comment évoluer parmi eux en les dirigeant. Et puis je veux suivre la voie de mon père et devenir un vampire.
- Mais ça ne veut pas dire que cela te rendra heureux. Tu es intelligent ; tu pourrais faire tellement de choses dans la vie, et tu pourrais te faire de vrais amis. Moi, j'apprécie le vrai Draco.
- Merci Harry, je suis aussi ravi qu'on ait pu apprendre à se connaître, même si ce n'est pas forcément dans les meilleures conditions.
Le brun eut une grimace de dégoût en repensant à l'état dans lequel il était quand il avait commencé à vivre chez les Malfoy.
- Tu sais, Dray…
- Attention ! cria Draco en poussant Harry sur le côté, lui évitant ainsi d'être saisi par un individu.
Le blond se releva rapidement et tira la main de son ami, tout en glissant sa main dans sa poche pour en sortir un couteau.
- Tu te ballades avec une arme ?!
- C'est pas le moment de poser des questions idiotes ! Rentre dans le bar, ils n'oseront pas nous attaquer à l'intérieur !
Enfin, c'est ce que Draco espérait, à cause des témoins. Mais s'il se trompait, ce serait un véritable bain de sang.
Le blond poussa son ami devant lui et grogna lorsqu'il le percuta. Il leva la tête pour se retrouver en face d'une montagne de muscles. Bon, autant pour la solution de repli. Draco regarda tout autour de lui ; il ne voyait pas beaucoup d'autres options. Lorsqu'une voiture de luxe noire s'arrêta de l'autre coté de la rue en faisant crisser ses pneus, le jeune homme soupira. Il ne savait pas comment, ni pourquoi, mais la cavalerie était là.
- Harry, il faut atteindre la voiture !
Le brun hocha la tête et fit demi-tour, Draco sur ses talons. Lorsqu'une énorme main se tendit vers Harry pour le saisir, le blond n'hésita pas un instant à lui assener un violent coup de couteau. Tout autour d'eux, de petites escarmouches éclataient, et les rares témoins de ces scènes hallucinantes avaient tous fui le champ de bataille.
La voiture était quasiment à portée de main, mais une camionnette s'arrêta juste avant pour leur barrer la route ; deux géants en descendirent, leurs yeux de prédateur fixés sur les deux jeunes hommes. Draco se demanda un instant d'où pouvaient venir ces gars qui paraissaient démesurément grands et costauds, lorsque la lumière se fit brusquement dans son esprit : c'étaient des lycanthropes ! Mais que pouvaient-ils bien vouloir à Harry, et comment avaient-ils su où ils étaient ?
Peu importe. Pour l'instant, ils menaçaient son ami et leur barraient la route. Draco saisit la main de Harry et fonça dans le tas, couteau à la main. Puis il le poussa pour l'obliger à suivre sur sa lancée alors que lui-même se retrouvait prisonnier des deux hommes.
Harry s'arrêta net et s'apprêta à faire demi-tour lorsqu'une main ferme se posa sur son épaule.
- Mettez-vous à l'abri, Mr Potter. Je me charge de Draco.
Le brun leva les yeux sur son ancien professeur. Si un jour, on lui avait dit qu'il aurait été aussi content de le voir, il n'y aurait jamais cru. Il allait protester, mais le vampire était déjà parti, non sans l'avoir au préalable poussé dans la voiture dans laquelle il se retrouva entouré par deux autres vampires. Bon, il était en sécurité. Il n'avait plus qu'à attendre son ami, et tous les deux auraient droit à une bonne engueulade… Oui, tout allait bien se passer…
Severus Rogue regarda tout autour de lui. Il n'y avait déjà plus aucune trace de son filleul. Où est-ce qu'ils avaient bien pu l'emmener ? Et que faisaient les loups-garous dans cette histoire ? Leur Alpha était pourtant un homme raisonnable ; comment avait-il pu s'en prendre à eux ? Quoique… Techniquement, Harry et Draco n'étaient pas des vampires, mais la coïncidence était trop étonnante. Pourquoi, de tous les habitants de cette ville, s'en prenaient-ils à Harry ?
Instinctivement, Severus se tourna vers une des dernières scènes de bataille ; un humain et un vampire se battaient. Un petit pas de côté, et l'homme se retrouva en pleine lumière : longs cheveux noirs et yeux bleus moqueurs. Le sang de Severus s'activa dans ses veines — Sirius Black ! Le mystère s'épaississait autant qu'il se résolvait. Si Black était dans le coup, cela était déjà une piste non négligeable.
Soudain, le vampire prit le dessus et leva sa lame pour frapper le chasseur. Le corps de Severus bougea avant son esprit et se matérialisa devant Sirius, recevant le coup à sa place.
- Rogue ! grommela le chasseur en rattrapant le corps qui partait à la renverse. Je m'en serais sorti tout seul !
- Bien sûr, Black… toussota le vampire. On sait tous très bien que le corps humain apprécie de se vider de son sang.
- Mais…
- Allez-vous-en tant qu'il en est encore temps ! Je ne pourrais pas les retenir longtemps, allez ! s'énerva le vampire.
Sirius hésita un instant, puis relâcha son étreinte sur le corps affaibli et se détourna.
- Black.
Le chasseur se retourna vers le vampire, agenouillé au sol. Il ressentit une pointe de culpabilité à le laisser ainsi, baignant dans son propre sang. Certes, il savait qu'il se remettrait rapidement grâce à sa nature vampirique, mais il souffrait quand même. Et tout cela pour lui avoir sauvé la vie… Pourquoi avait-il fait cela ?
- Ramenez-nous Draco.
Black serra son poing. Ah oui, voilà pourquoi, pensa le chasseur, agacé.
- Pas avant que vous nous rendiez Harry, murmura-t-il avant de disparaitre. Mais merci Rogue… à charge de revanche !
Dans la camionnette, Draco n'en menait pas large. Il n'avait jamais été un héros et ne savait pas ce qu'il lui avait pris de protéger ainsi Harry. Peut-être avait-il voulu le remercier d'avoir sauvé son père ?
En tout cas, maintenant, assis à l'arrière du véhicule avec un sac sur la tête et les mains liées dans le dos, il se demandait qui viendrait le sauver lui-même.
Bon allez, pour fêter la nouvelle année, vous me laissez pleins de petits mots d'amour, de haine, ou juste de soutien pour que je ne traumatise pas notre beau petit blond. ( et vous savez que j'en suis capable... imaginez le retour de cho mais cette fois avec sa bouche ventousée à celle de Draco)
Bonnes fêtes de fin d'année à vous tous et à l'année prochaine!
cat
