Chapitre 26

A candle in the dark

S'il avait déposé un cadavre en décomposition sur cette table, l'expression de dégoût qui plissait les traits d'Haibara n'aurait sans doute pas été très différente…

Elle ne consentit à poser ses doigts sur le violon que lorsque le détective eût enfin terminé de l'astiquer pour faire disparaître l'épaisse couche de poussière qui l'avait recouvert.

« Cela ne t'est jamais venu à l'esprit que si on t'avait donné un étui avec, c'était pour que tu le range dedans ? »

Le détective irrité jeta sur le dossier d'une chaise le chiffon noirci qu'il tenait au bout des doigts.

« Si cela n'avait qu'avait tenu qu'à moi, il ne serait jamais sorti de son étui… Et ça m'aurait épargné bien des souffrances… »

Prenant délicatement l'instrument de musique entre ses mains, la chimiste le posa sur son épaule avant de s'emparer de l'archet que lui tendait son propriétaire négligent.

Le son strident qu'Haibara arracha au violon infligea à l'unique spectateur de sa performance musicale une souffrance qui ne semblait pas avoir grand chose à envier à celle que le poison qu'elle avait conçu lui avait déjà fait subir.

Manifestant une indifférence glaciale aux grimaces de douleur du détective, elle accorda calmement son instrument.

Lorsque l'archet pinça de nouveau les cordes du violon, l'expression goguenarde du visage de Conan s'effaça à l'instant même où elle avait commencé à s'y afficher.

Ce n'était pas aujourd'hui qu'il allait pouvoir rendre à la chimiste la monnaie de sa pièce pour tous ses sarcasmes… Mais au bout de quelques instants, la déception s'était déjà évanouie pour laisser la place à l'admiration.

Si elle lui avait dit à l'instant même qu'elle n'avait pas touché à un violon depuis la mort de sa sœur, il lui aurait demandé d'un ton sceptique si elle ne se moquait pas de lui.

Lorsque les premières notes de la mélodie jaillirent de l'instrument pour se répandre de la pièce, le visage de la scientifique était demeuré de marbre… Elle aurait eu la même expression aussi froide que sérieuse s'il l'avait observé en train de travailler à ses recherches sur l'antidote.

Les tortures que Shinichi faisait subir aux cordes de son violon n'avaient jamais réussi à leur arracher que des hurlements stridents, entre les mains d'Haibara c'était toujours des gémissements de tristesse qui s'échappaient de l'instrument, mais au lieu de s'interrompre brusquement, ils s'allongeaient indéfiniment au plus grand délice de son auditeur.

Au lieu de s'escrimer frénétiquement sur le violon récalcitrant comme il le faisait, ses gestes maîtrisés évoquaient plutôt au détective une douce caresse, et les plaintes de l'instrument pour le traitement qu'il subissait le faisaient légèrement frissonner tant elles étaient déchirantes…

Mais petit à petit, la tonalité douloureuse de la musique finit par s'infléchir sous les caresses de la chimiste pour devenir progressivement plus mélancolique…

Comment faisait-elle pour entremêler de manière aussi harmonieuse des sentiments aussi dissonants ? Il avait l'impression de sentir se fondre dans la même mélodie le regret d'avoir perdu le plus précieux des êtres et la joie sereine de sentir auprès de soi la présence de cet être qui ne vous avait jamais vraiment quitté…

Était-ce la même musique qu'elle faisait entendre à sa sœur ?

Avec le recul, il se demandait si cette musique qu'Akemi avait été la seule à avoir la chance d'apprécier n'était pas une forme d'appel au secours désespéré que sa sœur lui aurait fait entendre de manière détournée… Haibara en avait-elle eu conscience elle même? Mais peut-être qu'il essayait de déchiffrer l'histoire de la chimiste dans les notes de musiques, quitte à leur donner une signification qu'elle n'avait jamais eues pour elle…

Sherlock Holmes ne disait-il pas qu'il ne fallait surtout pas aborder les faits avec des théories préconçues dans lesquels on essaierait de les faire cadrer, mais au contraire les laisser vous guider d'eux-mêmes jusqu'à la vérité ?

Une fois de plus, Shinichi décida de suivre les traces de son idole…

Au fur et à mesure que l'archet passait et repassait sur les cordes de l'instrument, l'expression de celle qui en jouait se modifiait en même temps que la tonalité des sons qu'elle en tirait.

Ce fût d'abord la mélancolie qui laissa la place à l'apathie sur le visage de la musicienne, puis la nostalgie vint la remplacer pour finalement s'effacer derrière la sérénité…

Lorsque la note suivante s'allongea progressivement pour résonner avec une intensité déchirante, les lèvres de la chimiste en firent autant pour finir par s'étirer doucement en un sourire…

Ce n'était pas le sourire radieux que le détective aurait tant voulu voir sur ce visage énigmatique… Mais il n'exprimait pas la moindre moquerie pour autant… Et on aurait eu du mal à trouver les traces d'amertume que la tristesse et les regrets peignaient si souvent sur les traits délicats de la scientifique…

Conan aurait souhaité que la dernière note de la mélodie continue de s'allonger indéfiniment, mais, même si elle sembla se prolonger durant une éternité, elle finit par décroître pour finalement s'étioler en un murmure inaudible, qui finit par se perdre dans le silence…

Un silence qui finit par absorber aussi les dernières traces d'émotions sur le visage de la musicienne tandis qu'elle reposa l'instrument dans son étui.

« Quand je jouais de la musique à Akemi, elle avait au moins la politesse de m'applaudir à la fin... »

Conan détourna les yeux face au ton de reproche qu'il sentait dans les paroles d'Haibara.

« Ce n'est pas que tu jouais mal, bien au contraire… »

« Je n'ai pas besoin de toi pour savoir. »

« …c'est juste que…j'espérais que la musique allait finit par reprendre et que j'attendais qu'elle le fasse… »

Le claquement sec de l'étui se refermant sur le violon fit tressaillir son propriétaire.

« La musique doit bien finir par s'arrêter à un moment ou un autre, Kudo… »

Etait-ce son imagination qui lui avait fait voir l'ombre d'un sourire passer sur les lèvres qui s'étaient entrouvertes pour laisser s'échapper ses mots d'un ton désabusé ?

« Et pourquoi est ce que tu as choisi ce hobby là plutôt qu'un autre ? »

Haibara s'enfonça dans un air pensif avant de répondre à la question du détective.

« Je ne sais pas… Peut-être parce que…c'était le seul moyen que j'avais d'exprimer à ma sœur ce que je ressentais, mais que je ne pouvais pas lui confier… Et si par extraordinaire, elle avait des doutes, je pouvais toujours attribuer les sentiments qu'elle avait cru déceler dans la musique au compositeur qui l'avait écrite… »

Elle soupira avant d'adresser un sourire désabusé à son interlocuteur silencieux.

« Encore un masque pour lui dissimuler ce que je ressentais… Mais au moins il me permettait de lui dire la vérité…même si c'était pour la faire passer pour un mensonge l'instant d'après… »

Prenant l'étui entre ses mains, elle le tendit à Conan qui le repoussa doucement.

« Tu peux le garder… Je ne saurais jamais m'en servir… »

« C'est très aimable à toi de me faire ce cadeau, Kudo. M'abandonner ce dont tu n'as plus besoin au lieu de simplement le jeter, quelle délicate attention… »

Le sourire sarcastique de la chimiste s'élargit face à l'air irrité de Conan.

« Pourquoi faut-il que tu… »

Il s'interrompit en voyant la façon dont elle était en train de serrer l'étui contre son cœur.

« Après avoir passé des heures à jouer de son violon, Sherlock Holmes voyait la solution du mystère qui l'obsédait se présenter à lui d'elle-même… Alors peut-être que ce violon t'aidera à trouver la solution à notre problème commun… »

Haibara haussa les épaules d'un air sceptique.

« Je n'ai jamais joué de la musique pour moi-même… C'est bien pour cela que j'avais arrêté de le faire après que… Enfin… »

Se rasseyant sur sa chaise, la chimiste caressa doucement l'étui posé sur ses genoux.

« Mais peut-être que je pourrais recommencer…maintenant que j'ai quelqu'un pour m'écouter… »

« Si ça peut faire avancer te recherches plus vite, je pourrais le faire… Et puis… je crois que je le ferais même sans cela…»

L'air interloqué de la fillette arracha un sourire à Conan.

« Au fait, Ai… Tu me disait hier que j'étais le seul point stable d'un univers qui menaçait sans cesse de s'écrouler… Et ta sœur, qu'est ce qu'elle était pour toi ? »

« Au beau milieu d'une nuit noire, on m'a emprisonnée sur un bateau pour m'emmener loin de mon foyer… C'était le phare qui continuait de briller pour me dire qu'il y avait toujours un endroit où je pourrais retourner… Un endroit où il y aurait quelqu'un pour m'attendre… Mais au bout d'un moment, cette lumière a disparu à l'horizon… Et ce maudit navire s'est beaucoup trop éloigné du lieu où il m'a arraché pour que j'aie une chance d'y revenir un jour… Alors je continue de demeurer dans l'obscurité mais maintenant la seule chose qui me reste pour m'éclairer, c'est une minuscule chandelle… »

Conan soupira face à l'expression narquoise de la scientifique qui contrastait avec son regard mélancolique.

« Une minuscule chandelle pour me guider au milieu d'une nuit noire… Et j'entends sans cesse cette voix qui me murmure doucement de la souffler pour mieux retrouver mon chemin… La voix d'un imbécile de détective… »

L'incompréhension fit plisser légèrement les yeux du détective en question. Qu'est ce qu'elle voulait lui dire par là ? A l'entendre, il aurait tout fait pour la priver de ses derniers espoirs de quitter l'organisation et de reprendre une vie normale alors qu'au contraire… il avait tout fait pour la convaincre de lui donner les moyens nécessaires de les affronter.

« Ai, je ne commettrais pas la même erreur deux fois… Je ne les laisserais jamais me piéger à nouveau, c'est eux qui tomberont dans le piège que je leur tendrais… »

« Encore cette voix… Pourquoi est-ce qu'elle s'obstine à me convaincre de souffler sur cette flamme vacillante, puisqu'elle sait qu'elle disparaitra avec elle ? »

Levant les yeux vers celui qui s'était glissé derrière sa chaise pour la serrer dans ses bras, elle lui adressa un regard suppliant.

« Ai, la clé qui ouvriras cette boite de Pandore, elle est entre nos mains… Il nous suffit de nous en servir pour… »

« …pour libérer sur nous et sur nos proches tous les maux de la terre… Nous ne sommes pas dans un de tes romans, Kudo. Ce n'est pas un simple détective qui va détruire le plus puissant syndicat du crime qui ait jamais existé… Une chandelle peut éclairer quelqu'un dans une nuit noire, elle ne peux pas remplacer le soleil qui s'est évanoui et la dissiper… Ceci dit, tu as raison sur un point, la solution de tout nos problème est entre nos mains, mais je n'ai toujours pas trouvé comment me servir de cette maudite clé… L'antidote de ce poison que j'ai conçu, en un sens, nous l'avons déjà absorbé… »

Une brusque lueur d'intérêt naquit dans les yeux du détective lorsqu'il entendit les derniers mots de la chimiste.

« Qu'est ce que tu veux dire par là ? »

Elle poussa un soupir.

« Comment t'expliquer cela ? A force d'examiner les échantillons de sang que j'ai prélevé sur chacun de nous, j'en suis venu à la conclusion que… notre corps produit de l'apotoxine à intervalle régulier… »

Frissonnant face à la révélation d'Haibara, le détective la fixa avec une expression où l'horreur se mêlait au scepticisme.

« L'apotoxine n'est qu'un assemblage de protéine mais elle a fini par infecter notre corps de la même façon que le ferait un virus… Elle force les cellules du corps qu'elle infecte à la reproduire, et les toxines produites par les cellules de notre propre organisme s'en vont parasiter d'autres cellules encore saines et le cycle se poursuit… Il l'a fait jusqu'à son inévitable conclusion… Il n'y a plus une seule cellule d'épargnée par le poison dans notre organisme… Pourquoi crois-tu que les effets du Baïkal comme de mon antidote expérimental ont été d'aussi courte durée ? Parce que notre corps s'est empoisonné de lui-même en produisant la quantité d'apotoxine suffisante pour le faire régresser à nouveau à l'âge de sept ans… Et c'est aussi notre propre organisme qui nous a gratifié d'une immunité au Baïkal, immunité qui s'appliquera inévitablement à l'antidote que j'ai conçue si tu continues d'en prendre… »

« Alors… c'est pour ça que tu as refusé de me donner de nouveau cet antidote ? »

Les lèvres de la scientifique se plissèrent en un sourire énigmatique.

« Oui…C'est l'une des raisons… »

« L'une des raisons ? Quelles sont les autres ? »

« A toi de les deviner… Enfin, de toutes façons, si je t'accordais ce caprice, mon antidote temporaire deviendrait définitivement inopérant. Or c'est la seule chose au monde qui semble capable d'inverser le rajeunissement occasionné par mon poison… Tant que je n'ai pas trouvé une manière de purger définitivement notre corps de l'apotoxine, je ne peux pas te laisser prendre cet antidote une seconde fois… »

Conan poussa un soupir de découragement avant de se reprendre en main.

« Mais tu disait tout à l'heure que nous avions déjà absorbé l'antidote… »

« Il y a quelque chose dans notre corps qui limite les effets de l'apotoxine… Autrement la régression se poursuivrait indéfiniment jusqu'à ce nous soyons ramené au stade de nouveau né, voir de cellules souches… Pourtant, chaque fois que nous avons rajeuni de nouveau, nous sommes toujours revenu à l'âge de sept ans, y compris toi qui a regagné deux fois sa taille d'adulte… La conclusion est évidente… Un élément de notre organisme nous assure une immunité partielle à mon poison… Si je parvenais enfin à découvrir lequel alors… Je pourrais peut-être en faire une immunité totale. Et à partir de là… »

La détermination fit plisser les traits du visage du détective pour lui donner un sourire irradiant de confiance en soi.

« …l'antidote temporaire deviendra un antidote permanent… Et je pourrais les affronter sous mon vrai visage… »

« …et perdre stupidement la meilleure protection dont tu dispose contre eux… Conan Edogawa n'est pas une menace pour l'organisation, mais Shinichi Kudo en est une…»

Conan soupira de nouveau.

« …c'est la seconde raison pour laquelle tu ne me donnerais pas l'antidote même si tu avais résolu le problème… »

« Si j'écarte ma main, elle cessera de protéger la flamme de ma chandelle de la tempête qui souffle autour de moi…et elle s'éteindra en un instant… »

Il resserra doucement son étreinte autour de la scientifique.

« Haibara, ils ne sont pas de taille à me faire face… J'ai envoyé des centaines de criminels derrière les barreaux, ils y finiront eux aussi… »

« Pour ce que je peux en voir, c'est le manque d'efficacité de mon poison qui t'as permis de leur échapper…pas tes compétences hors du commun.. Et tu t'imagines être de taille face à eux… Il n'y aura pas de second miracle, Kudo…»

Le sourire déterminé du détective s'élargit.

« Je n'aurais pas besoin de miracle pour leur faire mordre la poussière…Maintenant que je sais à qui j'ai affaire, je ne les sous-estimerais plus… Et s'ils font l'erreur de le faire avec moi, je ne leur laisserais pas le temps de le regretter… »

S'écartant de la chimiste, il fit le tour de la chaise pour lui faire face en prenant dans les mains qui enserraient son violon dans les siennes.

« Fais-moi confiance, Ai… et la flamme de ta chandelle provoquera un véritable incendie qui finira par consumer cette bande de charognard qui te tournent autour… »

« Tu es si borné… je suppose que c'est inutile de ma part de te faire changer d'avis… »

« Le seul point stable de ton univers se doit de demeurer sur son assise sans se laisser ébranler, non ? »

Haibara eût un sourire amusé… Mais qui était pour une fois dépourvu de toute moquerie.

« Tu es prêt à te battre à toi tout seul contre le monde entier, hein ? L'organisation comme le monde qui lui a donné naissance, et dont elle a fini par s'emparer dans l'ombre… »

« Mais je ne suis plus seul… Il y a Heiji, le FBI, mes parents, le professeur, Ran…Et puis…Toi… »

Est-ce qu'il avait bien vu une lueur d'espoir briller dans les yeux désabusés qui le scrutait ? Il en aurait mis sa main au feu…

« Après tout… Archimède disait bien qu'il pourrait soulever le monde entier si on lui donnait un point d'appui suffisamment solide… Alors peut-être que… Ta bêtise commence à devenir contagieuse, Kudo… C'est un poison autrement plus redoutable que le mien…»

« Oui, et ce poison, il finira par provoquer leur agonie… »

Relâchant les mains de la scientifique, le détective referma doucement ses bras autour d'elle pour la serrer contre lui.

« Et en admettant que tu arrives à mettre fin à l'hégémonie de ma chère famille… qu'est ce que tu feras de moi ? »

« Je t'abandonnerais… »

La chimiste leva des yeux résignés vers celui qui la fixait avec un sourire amusé.

« …a ta nouvelle famille… La seule qui mérite que tu lui donnes ce titre… Contrairement à celle qui t'as arrachée ta sœur… »

Elle soupira.

« Akemi m'aimait comme une sœur, Kudo…et toi ? Est-ce que tu m'aimes de la même façon ? »

« Pourquoi est ce que tu serais la seule à garder des secrets sur elle-même ? J'aimerais garder la réponse pour moi un peu plus longtemps… »

La scientifique fût loin de réagir avec humour à l'expression narquoise du détective.

« Tu ne veux pas me donner la réponse parce qu'elle me blesserait…ou parce que tu ne la connais pas toi-même ? »

« Il y a une troisième alternative, tu sais… »

Haibara baissa légèrement les yeux.

« Mais il y a aussi une troisième raison pour laquelle je ne t'ai pas donné cet antidote temporaire une seconde fois… Et c'est peut-être celle qui a été la plus déterminante dans la balance… Est-ce que tu peux seulement aimer comme une sœur quelqu'un comme moi ? Je ne suis pas si différente de mes anciens collègues, moi aussi je sacrifie le bonheur de mes proches au mien… »

La confession d'Haibara fit tressaillir le détective mais il ne relâcha pas son étreinte pour autant.

« C'est la même chose pour moi… J'ai sacrifié le bonheur de Ran en lui cachant la vérité pendant tous ces mois pour assurer ma sécurité et la sienne… Je n'ai jamais fait partie de l'organisation pour autant… »

« Ne confonds pas la grisaille avec la blancheur, Kudo… Tu n'es pas digne de te comparer à moi… Et pour une fois, ce n'est pas pour te rabaisser que je te dis cela… »

Conan força doucement la chimiste à lever les yeux vers lui.

« Est-ce que ce n'est pas toi qui me disait de ne plus voir le monde en noir et blanc ? Nous avons tous des choses à nous reprocher, mais nous pouvons aussi nous efforcer de réparer nos fautes… Toi comme moi… »

Cette fois encore, elle lui agrippa fermement sa veste en sanglotant… Mais ce n'était plus du reproche qui se reflétait dans les larmes qui s'écoulait mais de la gratitude…