Abattre ses cartes
Samain était là et Harry redoutait la date. De plus en plus, même. Dans sa première vie, il avait pensé qu'il avait juste un mauvais karma.
Désormais, il en était tout simplement convaincu, à son plus grand dégoût.
Les 31 octobre, il y avait toujours quelque chose qui lui tombait dessus. Soit, cette année, ça allait être relativement léger mais ça avait un rapport avec lui.
Restant positif, il resta serein toute la journée. Le banquet se déroula tranquillement mais les choses sérieuses commencèrent quand les Gryffindor ne purent entrer dans leur tour. Un brouhaha s'éleva alors que les élèves se questionnaient pour savoir pourquoi ils étaient bloqués.
-Poussez-vous, je suis préfet ! tonna Percy
Tout entier à gérer Ron et à s'amuser avec Fred et Georges, Harry n'avait jamais fait spécialement attention à Percy. Tout ce qu'il savait de lui, c'était qu'il respectait beaucoup le règlement, trop aux yeux de Ron. Les jumeaux l'embêtaient, certes, mais dans cette vie comme dans l'autre, jamais ils n'avaient remis en cause ouvertement son autorité. Et là, en voyant les élèves se taire à son passage, il était clair que son poste de préfet était très loin d'être une blague, contrairement à celui de Ron dans deux ans.
Le jeune homme se faufila à travers ses camarades mais se figea en arrivant devant le portrait de la Grosse Dame. Le brun s'inclina en le voyant reprendre très vite ses esprits et interpeller un jeune préfet de cinquième année de l'autre côté du couloir.
-Allez chercher le professeur McGonagall ! ordonna Percy
Et pendant que le préfet courrait ramener le professeur, Percy lança un sort d'Illusion sur l'entrée de la tour Gryffindor puis poussa les élèves à se réunir dans une salle désaffectée agrandie pour l'occasion. Bien entendu, certains élèves avaient vu le tableau déchiqueté et la rumeur se répandait déjà chez les Rouge et Or. Prudent, Harry préféra se mettre dans un coin avec Neville et Hermione, perdant allègrement dans la foule Ginny et Ron qui ne les avait pas quittés depuis le banquet.
-Monsieur Weasley ? appela Minerva en entrant dans la pièce
-Je suis là, professeur, fit Percy qui était en train de donner quelques consignes aux autres préfets.
-Suivez-moi, je vous prie, fit Minerva.
-Faites comme j'ai dit, ordonna Percy avant de suivre sa directrice de maison hors de la pièce.
Minerva les isola avant de parler.
-Qu'avez-vous vu exactement, monsieur Weasley ? demanda Minerva
-Voyez par vous-même, professeur, fit Percy en faisant tomber le sort d'Illusion.
Minerva écarquilla seulement des yeux pour montrer sa surprise.
-Savez-vous qui a pu faire cela ? demanda Minerva
-Sûrement pas un élève, assura Percy. Nous avons vérifié que tous les Gryffindor étaient dans la Grande Salle et encore une fois avant de quitter le banquet. Après qu'on soit allé vous chercher, j'ai fait faire l'appel et il ne manque personne.
Minerva se laissa à sourire. C'était l'une des raisons pour laquelle elle avait appuyé sa candidature en tant que préfet en chef. Le jeune Sorcier était particulièrement consciencieux et très à cheval sur le règlement et les procédures d'urgence.
-De plus, continua Percy, aucun élève n'aurait la puissance magique nécessaire pour abîmer un tableau Sorcier. A part peut-être en touchant à la magie noire mais quel intérêt puisqu'il suffit de demander pour obtenir le mot de passe ?
Parfois, Minerva enviait les Ravenclaw dont l'accès à la salle commune était beaucoup plus délicat que celui des Gryffindor. Malheureusement, elle devait reconnaître que ses Lions n'avaient pas tous la vivacité d'esprit que les Aigles et elle n'y pouvait rien.
-Je vais prévenir le directeur, annonça Minerva.
-Et pour les élèves ? demanda Percy
-Je vais les rassurer, fit Minerva. Mais je crains qu'ils ne puissent pas dormir dans leurs lits cette nuit.
Le vieux Sorcier arriva quelques minutes plus tard et ordonna que les élèves redescendent dans la Grande Salle le temps qu'on fouille l'école. Minerva fronça des sourcils lorsqu'elle nota qu'Albus avait fait tomber le sort d'Illusion qu'elle avait posé sur l'entrée de la tour pour ne pas inquiéter les élèves. Ce n'était pas la première fois qu'elle s'interrogeait sur les actes de son supérieur hiérarchique et ce qu'il venait de faire n'était qu'une nouvelle question qui s'ajoutait à une longue liste.
Une fois de retour dans la Grande Salle, les Gryffindor attendirent dans un coin de la salle l'arrivée des autres maisons et affrontèrent pour la plupart d'entre eux avec arrogance les regards soupçonneux des autres élèves. Les rumeurs les plus folles allaient se répandre quand le professeur McGonagall prit la parole.
-Chers élèves, fit Minerva. Je sais que vous comptiez passer le reste de la soirée dans vos lits mais il y a eu une intrusion dans l'école. Les professeurs et moi-même allons de ce pas fouiller le château et il vous sera demandé de rester ici jusqu'à ce qu'on vous annonce que tout danger a été écarté.
La maîtresse de Métamorphoses agita sa baguette et des tas de sacs de couchage apparut au pied de l'estrade.
-Pour plus de sécurité, poursuivit Minerva, vous allez dormir dans la Grande Salle. Ces sacs de couchage sont enchantés pour que vous ayez le plus de confort possible. Je demanderai aux plus âgés d'invoquer des tenues pour la nuit pour les plus jeunes pour que tout le monde soit à l'aise. Pour tout problème, vous en aviserez les préfets qui nous remonteront l'information. Tout élève qui tenterait de sortir d'ici n'appréciera pas du tout sa punition.
La menace fit frissonner tout le monde.
-Je vous souhaite une bonne nuit à tous, sourit nerveusement Minerva.
Rapidement, les professeurs restants filèrent par les doubles portes et les préfets en chef les refermèrent derrière eux. La nuit s'organisa rapidement et les préfets distribuèrent les sacs de couchage à tout le monde, leur apprenant comment les dérouler et les installer par terre. Quand il fallut se choisir un coin pour poser leurs sacs de couchage, Hermione, Neville et Harry ne furent pas vraiment heureux de voir Ginny et Ron se rapprocher d'eux.
-On peut s'installer ici ? demanda Ron
-Pourquoi pas, haussa des épaules Harry.
Mais ce n'était pas pour autant que le trio allait les laisser entrer dans leur groupe. Une fois allongés, Neville s'empressa de les isoler dans une Bulle d'Intimité avec quelques autres protections pour ne pas que les roux ne s'incrustent. Il ne craignait pas de se faire réprimander par les professeurs parce que les plus âgés n'allaient pas se gêner pour en faire de même.
-Vous savez qui a fait ça ? demanda Hermione en frissonnant en se remémorant le tableau déchiqueté qu'elle avait vu en repartant dans la Grande Salle comme la plupart des Gryffindor
-C'est quelque chose d'assez sérieux pour qu'ils en viennent à penser que les élèves sont en danger, nota Neville.
-Tu penses qu'on peut être vraiment en danger ? demanda Harry
-Je n'espère pas, fit Neville. Parce que sinon, on devrait remettre en cause la place de Dumbledore.
Harry s'étonna intérieurement. Avec tout ce qui s'était passé dans sa première vie, et le nombre de blessures quasiment mortel que certains élèves avaient eu, comment s'était-il fait qu'on ait parlé de virer sérieusement Dumbledore que deux fois, quand Lucius Malfoy avait convaincu le conseil administratif pendant sa deuxième année avec les actes de l'Héritier de Slytherin et quand Umbridge avait fait sa loi en cinquième ? Dans le monde Moldu, un directeur d'école se serait fait remercier pour beaucoup moins que ça ! Il lui faudrait parler avec Joshua pour savoir s'il serait dans son intérêt de faire connaître ses aventures au grand public pour pointer du doigt l'incapacité de Dumbledore à protéger le Golden Boy et par extension les élèves dans l'enceinte même d'Hogwarts ou pas.
Hermione bailla.
-Je ne sais pas pour vous, mais on ne saura pas si on discute encore, fit la brune. Bonne nuit.
Les deux garçons le lui rendirent avant de s'endormir à leur tour.
§§§§§
Harry se réveilla brusquement. Il se tourna rapidement et nota que Ron, installé trop près de lui, semblait endormi mais sa baguette était à portée de main. Le brun se retint de froncer des sourcils. Pour avoir partagé son quotidien pendant quasiment sept ans, il savait que le roux ne dormait jamais avec sa baguette aussi près de sa main. Elle était généralement dans ses affaires jetées en vrac au pied de son lit. Il fit semblant de se rendormir – merci les Dursley ! – et vit que le roux, très loin de dormir, ouvrait les yeux, s'emparait de sa baguette et commençait à lancer des sorts. Le brun sentit sa chaîne vibrer, signe qu'elle recevait de nouveaux sorts qui devaient agir sur lui, et s'efforça de retenir tous les mots qui sortaient de cette bouche cent fois maudite. Pendant une dizaine de minutes, il l'entendit marmonner puis il n'entendit plus rien. Le brun attendit encore un moment avant de faire semblant de se réveiller. Il regarda un peu autour de lui, nota que la majorité dormait encore, avant de se lever et de se diriger vers le seul préfet qu'il connaissait.
-Bonjour Percy, salua Harry.
-Bonjour Harry, répondit Percy. Tu as bien dormi ? J'ai vu que tu étais à côté de Ron et ses ronflements empêcheraient quiconque de dormir.
-Je partage son dortoir depuis plus de deux ans, souligna Harry. Neville et moi nous nous sommes isolés.
-C'est une bonne chose, sourit Percy.
-Je vois que tu n'as pas dormi, constata Harry en remarquant les cernes sous ses yeux.
-Les professeurs fouillent encore le château, soupira Percy. Et il y a eu des petits malins pour essayer de sortir de la salle. Heureusement que le professeur Snape nous a autorisé à utiliser tous les moyens pour garder les élèves ici.
-Des élèves ? sourit Harry
-Dont le crétin qui me sert de petit frère, renifla Percy.
-Ron ? s'étonna à peine Harry
-Qui d'autre ? renifla Percy. Il ne s'est calmé que quand le professeur Dumbledore lui a parlé.
D'où la soudaine intelligence du roux pour jeter des sorts sur lui, songea Harry.
-Est-ce qu'on peut sortir ? demanda Harry
-Pas encore, soupira Percy.
-Je voulais aller aux toilettes et me débarbouiller, avoua Harry.
-Tiens, fit Percy en lui tendant une petite trousse. Il y a tout le nécessaire dedans. Appuie sur ce coin et tes affaires propres seront apportées. Et la salle de bain se trouve derrière cette porte.
-Merci, sourit Harry.
-Pas de quoi, répondit Percy. Dès que tu auras terminé, rapporte ton sac de couchage ici. Le petit-déjeuner ne sera pas servi avant deux bonnes heures.
Ce fut un peu plus frais que le brun revint vers le préfet en chef. Il n'était pas le seul. Fred et Georges se tenaient également près de leur frère.
-Bonjour Gred, bonjour Forge, sourit Harry.
-Salut Harry, sourirent les jumeaux.
-Qu'est-ce que vous faites ? fit Harry. J'aurais cru que vous vous seriez faufilé hors de la Grande Salle pour vous chercher un petit déjeuner.
-En temps normal, on l'aurait fait, assura Fred.
-Mais Percy pense que c'est sérieux, fit Georges.
-Donc on obéit, sourit Fred.
-Et on reste sage, ricana Georges.
-Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda finalement Harry. Tu nous as ordonné de faire demi-tour alors que nous n'étions qu'à quelques mètres de l'entrée de la tour.
-Je ne suis pas encore autorisé à te le dire, soupira Percy. Je pense que nous aurons plus d'éléments dès que les professeurs reviendront.
Tous les quatre discutèrent tranquillement, vite rejoints par Neville et Hermione puis, à leur plus grande contrariété à tous, par Ginny et Ron. Heureusement, une dizaine de minutes plus tard, les élèves furent priés de sortir de la Grande Salle pour qu'elle puisse reprendre sa configuration habituelle.
Les rumeurs les plus folles continuaient à circulaient quand les élèves terminaient de prendre leur petit-déjeuner mais quand le professeur Dumbledore se leva, toutes les conversations se turent.
-Mes chers élèves, fit Albus. Vous vous posez des questions au sujet des raisons pour lesquelles vous avez dû dormir ici cette nuit. Je suis au regret de vous annoncer que le tableau gardant l'entrée de la Tour Gryffindor a été attaqué pendant le banquet d'Halloween. Sa gardienne, la Grosse Dame, s'était enfuie devant l'agression et nous avons mis un peu de temps pour la retrouver. Malheureusement, elle est formelle, le Sorcier qui l'a attaqué est Sirius Black.
La Grande Salle explosa.
-Silence, je vous prie ! tonna Albus. Les professeurs et moi-même avons fouillé toute l'école et nous sommes certains qu'il s'est enfui. D'ici ce soir, de nouvelles règles vont être instaurées et seront appliquées avec la plus grande rigueur. En attendant, je vous demanderai de ne pas circuler seul et les cours seront annulés pour aujourd'hui. Merci de votre attention.
Ce fut dans un brouhaha monstre que les élèves retournèrent dans leur salle commune.
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Le prochain match de Quiddicht allait opposer Gryffindor à Hufflepuff. Harry était assez loin d'être serein. Bien qu'il soit fourni par Severus Snape himself, sa fatigue et son mal-être étaient toujours là, bien qu'amoindris. Quand il s'en était ouvert à son professeur de Potions, ce dernier lui avait expliqué que la dépression induite par les Dementors ne disparaissait pas en un claquement de doigts et qu'il travaillait pour qu'il puisse la combattre par lui-même. Harry avait confiance en Severus donc il attendait patiemment, non sans travailler sur ses boucliers Occlumens.
-Tout va bien ? demanda Georges
Au moins une fois par jour, l'un des jumeaux Weasley venait s'enquérir de son état, ayant bien vu qu'il perdait de la joie de vivre et du poids à vue d'œil.
-Je devrais me débrouiller, haussa des épaules Harry.
-Tu peux toujours dire que tu ne peux pas jouer, assura Georges.
-Et me faire tuer par Olivier ? rit Harry. Contrairement à ce que tu penses, je tiens à ma vie.
-Pas faux, sourit Georges. Mais dis-nous quand tu ne pourras plus.
-D'accord, sourit Harry.
Leurs balais en main, ils rejoignirent le reste de l'équipe et s'apprêtèrent à s'envoler. Le temps était vraiment exécrable, un cauchemar pour les joueurs et c'était pour cela que les Slytherin avaient déclaré que leur Attrapeur, Draco, était blessé et donc, qu'ils ne pouvaient pas jouer. D'où la présence des Hufflepuff comme adversaires pour le match. Harry ronchonna en lançant des sorts d'Imperméabilité sur ses lunettes. S'il ne terminait pas avec une bonne grippe carabinée, il serait chanceux ! Et vu le regard qu'il interceptait entre les jumeaux, ils devaient également penser la même chose.
Ils s'envolèrent assez rapidement et Harry maudit Dumbledore. Ce vieux fou n'avait même pas eu la bonne idée d'annuler le match, non ! Les conditions climatiques étaient extrêmement dangereuses mais pas assez pour des mineurs. Même les joueurs professionnels refuseraient de voler par ce temps épouvantable !
Harry s'envola encore plus haut. Le pire, ce n'était pas le match, bien évidemment. Là, il allait devoir laisser les Dementors s'approcher un peu trop près de lui. Ce n'était pas de gaîté de cœur mais il comptait bien utiliser cet événement en particulier pour enfoncer Dumbledore. Bon, il était bardé de sorts pour le protéger de sa chute mais il savait parfaitement qu'il allait douiller, et pas qu'un peu.
Lâchant un soupir, il se mit quand même à la recherche du vif d'or. Mais entre la pluie, les éclairs, les joueurs qui allaient jusqu'à le frôler et les Cognards qui partaient dans tous les sens, il n'était pas sûr de rester en vie. La pression des Dementors se fit bien plus forte et le brun sut que les créatures venaient de se rapprocher du terrain. Sa volonté renforça ses boucliers Occlumens mais un éclair de douleur lui fit perdre son attention.
-Merde ! pesta Harry en faisant une roulade en catastrophe
Un Dementor venait de passer à moins de deux mètres de lui. Et bien sûr, il n'était pas venu seul. Dans sa première vie, il n'avait même pas eu le temps de les apercevoir, plongé dans le souvenir de la mort de sa mère. Mais avec ses boucliers Occlumens, il pouvait tenir plus longtemps. Alors il allait en profiter. Voyant qu'il attirait comme le miel les créatures, il monta encore plus haut, les traînant dans son sillage. Il monta le plus rapidement possible, forçant sur son balai. A la limite de sa conscience, les hurlements de sa mère se firent de plus en plus présents.
Et puis le trou noir.
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Severus referma violemment le grimoire qu'il consultait.
Tout le monde faisait des gorges chaudes de l'état d'Harry Potter. Lors du dernier match de Quiddicht, les Dementors avaient envahi le terrain et semé la terreur. Les joueurs avaient immédiatement été évacués mais Harry n'avait pas reçu le signal et s'était fait piéger par les créatures. Le directeur avait bien réussi à les chasser mais trop tard pour empêcher la chute vertigineuse du brun. Devant le nombre de blessures, Poppy Pomfrey l'avait plongé dans un coma magique pour mieux le soigner mais elle n'avait pas pu l'en faire sortir. Pour tous les proches du jeune homme, c'était l'angoisse.
Y compris pour Severus.
Ce dernier venait de comprendre que le jeune homme ne passerait pas l'année sans être profondément traumatisé. Son état dépressif, sans compter les cauchemars récurrents malgré le Philtre de Paix, n'était pas pour le rassurer et sa présence dans l'infirmerie avait décidé le professeur à se passer de l'avis de son supérieur pour appliquer l'une des solutions qu'il avait trouvé pour lutter contre les Dementors mais surtout, ce qui l'avait sauvé à son propre passage à Azkaban.
Severus avait décidé d'initier le gamin à l'Occlumencie parce qu'il avait reconnu que même si la vie ne lui avait pas fait de cadeau, Harry Potter avait une force d'esprit comme il n'en avait jamais vu, même chez des adultes. L'année dernière avait été décisive et il avait fini par apprécier Harry Potter et non le fils de James Potter. Quoi qu'on en dise, il avait juré d'aider l'enfant de la Prophétie et non se soumettre aux ordres d'Albus Dumbledore, ce que ce dernier semblait oublier allègrement. Il était loin d'être naïf concernant le vieux Sorcier mais tant qu'il ne connaissait pas ses projets à long terme pour le brun, mis à part de le faire combattre Voldemort quand il reviendra, le maître de Potions ne pouvait se permettre de faire quoi que ce soit.
Sauf maintenant.
L'apprentissage de l'Occlumencie semblait nécessaire. D'une part, les artefacts protégeant leurs porteurs des effets des Dementors étaient très rares et il n'était pas certain que les Potter en possèdent, ni même que le dernier héritier puisse le récupérer. D'autre part, il n'était pas conseillé de prendre à haute dose le Philtre de Paix car même si c'était une potion particulièrement neutre, l'addiction et l'accoutumance n'étaient pas à exclure et ce n'était pas dans l'intérêt de l'adolescent de se priver des effets d'une excellente potion.
Severus s'empara du grimoire de troisième année pour trouver la potion qu'il ferait faire pour son prochain cours. Une qu'il pourrait facilement saboter et qui pourrait amener Harry Potter à se faire coller …
