Résumé : Poudlard. Sixième année. Quand Dumbledore se mêle du Noël de ses élèves... Machinations, disputes, déclarations et nouvelles amitiés... Quand un tirage au sort truqué force les élèves à se rapprocher... #Oui,résumépourri!
Statut : En cours d'écriture.
Pairing : Drago et Hermione, comme toujours. Harry et Snape mentor, parce que j'avais envie. Quant aux autres, je verrai pendant l'écriture...
Raiting : Pour le moment, je met T parce que je ne pense pas aller dans le... too mutch, mais qu'il y aura quand même pas mal de... d'allusions. Vous comprendrez...
Genre : Romance, évidemment. Amitié, beaucoup. Et Famille aussi, un peu.
Disclaimer : L'univers et les personnages appartiennent à sa Majesté JKR Rowling. Seul l'histoire rocambolesque sort de mon esprit, et des personnages qui n'en font qu'à leur tête...
Note d'Auteur : Bonjour tout le monde !
Non, non, vous ne rêvez pas, c'est bien moi qui suis de retour avec l'avant-dernier chapitre de cette fiction !
Bon, tout d'abord, je voulais VOUS REMERCIER, tous, pour votre soutien et vos messages d'amour. Merci pour votre compréhension, et pour m'avoir bien fait rire dans un moment où j'en avais vraiment besoin !
Je tiens à remercier tout particulièrement un(e) anonyme : Lenny ! Grâce à ton commentaire, une idée brillante m'est venue : Google Drive ! Je n'avais juste absolument pas pensé au fait que tout mes fichiers Google Docs étaient automatiquement enregistré sur le Drive et, effectivement, en me connectant sur mon compte, j'ai put restaurer les fichiers à partir de la corbeille qu'il n'avait pas vidée. Donc, merci ! Grâce à toi, j'ai put sauver ce que j'avais écrit, les derniers chapitres d'All I Want For Christmas, le prochain chapitre du Poids du Silence, tous mes chapitres d'avances de mes futures fictions, et mêmes les premières esquisses d'un projet personnel. Alors, MERCI MILLE FOIS !
Du coup, je vous vois venir, si j'ai récupéré mes fichiers, pourquoi ai-je mit autant de temps à poster ce chapitre ? Et bien, tout simplement parce que je n'en suis pas entièrement satisfaite. Encore maintenant. Mais après plusieurs relectures, je n'arrive pas à mettre le doigt sur ce qui me dérange.
Enfin, j'espère que vous apprécierez malgré tout ce que j'ai pu écrire. Sachez qu'il reste, pour cette fiction, encore un chapitre (un épilogue, en quelque sorte), et, bien sûr, les chapitres bonus. Bon, par contre, je ne sais absolument pas quand ils arriveront. Je reprends tout doucement du poil de la bête, comme on dit, et j'ai un peu de mal à me remettre dans le bain. Enfin. Bref. Patience, très chers amis. Je fais de mon mieux.
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture !
All I Want For Christmas
Chapitre 24 : Réveillon
Samedi 24 Décembre
Albus Dumbledore
Rubeus Hagrid • - • Poppy Pomfresh
Rubeus Hagrid* • - • Horace Slughorn
Minerva McGonagall • - • Grégory Goyle
Harry Potter • - • Severus Snape
Ronald Weasley • - • Hermione Granger
Pansy Parkinson • - • Draco Malfoy
Ginny Weasley • - • Blaise Zabini
Dean Thomas • - • Daphné Greengrass
Astoria Greengrass • - • Théodore Nott
Seamus Finnigan • - • Luna Lovegood
etc… • - • etc...
« Un plan de table ?! Sérieusement ?! » s'exclama Pansy après être entrée dans la Grande Salle, en remarquant les petites lettres dorées inscrites sur les dossiers des immenses chaises qui entouraient la seule et unique table dressée pour le dîner. « Il veut notre mort, c'est pas possible autrement ! On va s'entre-tuer ! »
Blaise leva les yeux au ciel, agacé. Sa meilleure amie avait vraiment un penchant pour l'exagération.
L'idée du plan de table pouvait avoir ces avantages. Du moins, aux yeux du Serpentard. Pour commencer, s'il en croyait les différentes associations de noms qu'il avait sous les yeux, les élèves seraient installés à côté ou en face de la personne dont ils avaient "tiré le nom au sort". Ce qui voulait dire qu'il serait assis à côté ou en face de Weaslette - premier avantage. Il pourrait, par conséquent, lui offrir son cadeau en toute discrétion - deuxième avantage. Et la taquiner à loisir durant toute la soirée - troisième et meilleur avantage.
Accompagné de Pansy et Daphné, il longea presque toute la table pour découvrir qu'ils étaient placés tout au bout. Tout leur groupe. Serpentards et Gryffondors mélangés. Dumbledore - tant était que ce fut lui qui ait mit en place ce plan de table - s'était arrangé pour que les élèves soient installés par année plus que par Maison, tout en conservant les binômes formés lors du tirage au sort.
Le pauvre Grégory serait donc assis tout au bout de la table, en face de Minerva McGonagall, et juste entre les Professeur Slughorn et Snape… Il ne savait pas lequel d'entre eux étaient le plus à plaindre.
Gentlemen, Blaise aida ses deux amies à s'installer, avant de prendre place à son tour. Et d'attendre. Il n'eut, heureusement, pas à patienter longtemps. A peine s'était-il installé que le reste des élèves commençait à arriver dans la Grande Salle par petits groupes. Rapidement, la table fut presque pleine, et lorsque tous ses amis - Serpentards et Gryffondors compris, ainsi que Luna Lovegood évidemment - furent assis autour de lui, il ne s'intéressa plus une seule seconde au reste de l'école.
Ginny Weasley était magnifique. Elle portait une robe couleur marron chocolat, qui faisait ressortir ses yeux et ses petites tâches de rousseurs, et accentuait la teinte cuivrée de ses cheveux roux. La coupe moulait parfaitement ses formes, le décolleté n'était pas très prononcé, mais la fente qui remontait jusqu'à sa cuisse offrait suffisamment de sensualité à sa tenue.
A cette vision, Blaise aurait carrément pu vouer un culte à Dumby pour les avoir plus ou moins forcés à s'habiller "correctement" pour le réveillon. Vraiment, elle était sublime. Encore plus que lors de la soirée de Slughorn - ce qui n'était pas peu dire, puisque, déjà, elle avait été magnifique dans sa robe prune…
Lorsqu'elle s'assit en face de lui, le Serpentard lui offrit son regard le plus charmeur, mais elle l'ignora royalement et entreprit, à la place, de discuter joyeusement avec Dean Thomas, qui se trouvait juste à côté d'elle. Blaise se retint de justesse de grogner de frustration.
Elle lui préférait son ex… C'était… vexant.
« Tu viens de te prendre un vent phénoménal » fit remarquer Draco, installé à côté de lui.
Blaise le fusilla du regard, avant de lui tourner le dos pour reporter son attention sur son autre voisine, Daphné - assise en face de Dean Thomas - et de s'intégrer à la conversation qu'elle entretenait avec Astoria, Théo et Luna à propos des décorations de la table - certes très belles, mais pas très intéressantes…
Il s'ennuyait.
Peu après l'arrivée des Professeurs, les premières entrées apparurent sur la table, et le Serpentard réalisa alors qu'il mourrait de faim. Les Elfes de Maison s'étaient surpassés. Tout - absolument tout ! - était parfaitement présenté, et semblait délicieux. Même Pansy, installée entre les deux Weasley, juste en face de Draco, semblait avoir énormément de mal à se retenir de tout dévorer sur place.
Le Serpentard se servit avec plaisir, et se mêla avec joie aux multiples conversations des personnes qui l'entouraient.
Ginny Weasley continuait de l'ignorer. Ce qui commençait vraiment à l'agacer.
Le directeur avait eu l'amabilité de disposer quelques bouteilles d'hydromel de leur côté de la table. Puisqu'ils étaient presque tous majeurs, et que c'était - après tout - le réveillon de Noël, Albus Dumbledore avait probablement décidé qu'il pouvait bien faire une petite exception au règlement. Ce qui, en toute honnêteté, ravissait les élèves et faisait grincer le Professeur McGonagall…
Blaise en était à son deuxième verre. L'alcool commençait doucement à lui échauffer le sang, et il se sentait de plus en plus décontracté, de plus en plus… aventurier.
Et Ginny Weasley continuait de l'ignorer.
Le plus naturellement possible, tout en continuant de converser avec Daphné et Théo, il enleva discrètement l'une de ses chaussures et tendit le pied devant lui jusqu'à rencontrer une résistante. Du coin de l'oeil, il vit la Gryffondor se figer et pâlir, avant de lui jeter un rapide coup d'oeil effrayé. Il esquissa un sourire discret et amusé, et fit remonter lentement son pied le long de la jambe dénudée de Ginny Weasley.
Elle rougit.
Blaise retint de justesse le sourire machiavélique qui manqua de s'afficher sur son visage. Il jubilait. C'était aussi simple que ça. D'autant que la Gryffondor ne faisait rien pour l'arrêter.
Il fit glisser son pied un peu plus haut… Au dessus du genou… Le long de sa cuisse dénudée… Et…
Dumbledore tapa fort dans ses mains, et Blaise sursauta légèrement. Il ne comprit pas grand chose au discours du Directeur, trop concentré à se fixer un masque impassible sur le visage.
Ginny Weasley haletait, rouge comme une tomate.
Quelques secondes plus tard, à peine, les dizaines de paquets multicolores qui se trouvaient sous le plus grand sapin se mirent à léviter jusqu'aux élèves. Blaise se saisit rapidement de celui qui flottait devant lui, et jeta des regards menaçants autour de lui, mais… Personne ne lui prêtait la moindre attention. Les élèves étaient bien plus occupés à s'échanger leurs cadeaux qu'à observer ce qui les entouraient. A part Weasmoche, peut-être. Mais… Blaise n'avait que faire du rouquin.
Un sourire charmeur aux lèvres, il tendit son paquet à la Gryffondor.
Lorsqu'elle décacheta la petite enveloppe qui se trouvait dessus, il se délecta de la voir rougir au fur et à mesure de sa lecture, pourtant très sobre. Il n'avait pas été trop… Serpentard, en écrivant cette petite carte. S'il se souvenait bien, cela ressemblait à "Juste un petit quelque chose pour t'aider à assumer, et faire ton éducation par la même occasion. Si tu as besoin d'aide pour visualiser certains passages, n'hésite pas"...
Quelque chose de totalement incompréhensible, en somme. Mais combiné à ce qui se trouvait à l'intérieur du paquet…
Ginny lui lança un regard menaçant auquel il ne prêta pas la moindre attention, trop impatient. Et quelques secondes plus tard, elle ouvrit finalement son cadeau, et s'empressa de le planquer sous la table.
« Tu m'as offert un livre érotique ?! » siffla-t-elle entre ses dents.
« Pas n'importe lequel... » sourit-il, fier de lui. « Je t'ai offert Cinquante Nuance de Grey, très chère, et je suis certain que tu vas a-do-ré. »
Il ponctua sa petite pique d'un clin d'oeil coquin, et elle le fusilla littéralement du regard, avant de finalement se détendre et sourire. Puis elle éclata de rire.
« Ouvre ton cadeau » ordonna-t-elle après s'être calmée, un sourire mutin aux lèvres.
Blaise se saisit alors du paquet qu'elle lui tendait, le déballa et se retint de justesse de hurler de mécontentement lorsqu'il découvrit le titre du livre qu'elle lui avait offert.
« "La drague pour les nuls" ?! Sérieusement ? » s'offusqua-t-il, et elle éclata de rire une nouvelle fois.
« Vu ton niveau, je me suis dit que tu en avais probablement besoin... » déclara-t-elle en souriant.
« Mon niveau ? » nota-t-il, non sans sourire avec espièglerie. « Parce que tu as une idée de mon niveau de drague, peut-être ? »
« De ce que j'en ai vu... » commença-t-elle, mais il l'interrompit d'un claquement de langue.
« Tu n'as absolument rien vu » affirma très sérieusement le Serpentard.
Le silence s'installa quelques secondes, chargé d'électricité.
« Alors montre moi » provoqua la Gryffondor, non sans rougir légèrement, avant de faire à son tour glisser son pied le long du tibia du jeune homme.
Blaise sourit de toutes ses dents. Le jeu venait enfin de commencer...
°O°O°O°O°O°
La soirée était un franc succès. Enfin, pour le moment, du moins.
Théo gardait quelques réserves en ce qui concernait la suite des festivités. Il avait un peu peur de ce qui arriveraient lorsqu'il serait l'heure de distribuer les cadeaux.
Oh, il n'avait pas peur pour le sien. Il était certain que le recueil des notes personnelles de Newt Scamander - aka Norbert Dragonneau, l'illustre Magizoologiste et auteur du livre Vie et Habitat des Animaux Fantastiques - prises lors de ses voyages seraient, de très loin, le cadeau parfait pour sa petite amie. Dès qu'il avait découvert sa passion pour les créatures magiques, il avait cherché un cadeau exceptionnel pour elle. Parce qu'elle le méritait vraiment. Il aurait décroché la Lune pour elle...
Lorsqu'il en avait parlé à Draco, une semaine plus tôt, son ami lui avait alors avoué qu'il existait, dans la bibliothèque du Manoir Malfoy, plusieurs journaux de voyage que le Magizoologiste avait envoyé à Leta Lestrange, la femme dont il avait été amoureux pendant ses études à Poudlard. Leta Lestrange n'étant nulle autre que la grand-tante de Rodolphus Lestrange, époux de Bellatrix Lestrange, soeur de Narcissa Malfoy, mère de Draco. Moyennant quelques dizaines de Gallions d'Or, Théo avait réussi à acquérir la collection complète des journaux de Newt Scamander, et il les avait reçu deux jours plus tôt.
Depuis, il attendait avec impatience de connaître la réaction de Luna, lorsqu'elle découvrirait son cadeau.
Il était donc assez serein.
Pour lui, du moins.
En ce qui concernait ses amis…
Il n'avait pas vraiment de craintes concernant les cadeaux que les Serpentards feraient aux Gryffondors. Les verts et argents avaient une certaine éducation, et un besoin de faire leurs preuves et d'être acceptés, sans compter que Daphné - ainsi que Severus Snape et Albus Dumbledore - aurait carrément péter un plomb s'ils s'étaient amusés à faire des cadeaux empoisonnés, ou même simplement déplacés. En conséquence de quoi, il était presque certain que ses camarades de Maison avaient fait le nécessaire pour ne pas provoquer d'esclandre ce soir-là.
Non. Ce qui l'inquiétait, c'était l'insouciance des lions. La diplomatie était, quoi qu'en pensent les autres, un art que les Serpentards maîtrisaient parfaitement. Ce qui n'était absolument pas le cas des Gryffondors. Et Théo avait un mauvais pressentiment. Il était intimement convaincu que l'un des lions ferait, ce soir là, une faute diplomatique qui provoquerait l'apocalypse. Aussi simple que ça.
Entre Ginny Weasley qui semblait s'être embarquée dans un jeu de séduction plus ou moins dangereux avec Blaise, Hermione qui avait l'air de s'être attachée à Draco mais qui restait, après tout, une insupportable Miss Je-Sais-Tout - et, venant de Théo qui était plus ou moins son homologue Serpentard en la matière, c'était assez équivoque - et Ronald Weasley qui n'avait aucun tact et ferait probablement un cadeau horrible à Pansy…
Non, vraiment, il avait de quoi s'inquiéter…
Et lorsqu'Albus Dumbledore, installé en bout de table, se leva soudainement avant de taper dans ses mains avec engouement, Théo sentit son coeur se serrer brusquement.
Vraiment, il avait un mauvais pressentiment.
« Nous allons procéder à l'échange des cadeaux avant de servir le dessert » annonça simplement le Directeur, avant de faire léviter les cadeaux - déposés au pied du plus imposant sapin - jusque devant les élèves.
Théo se saisit du sien, les mains tremblantes, et le tendit à Luna, installée juste à côté de lui. La Serdaigle en fit de même avec le cadeau qui flottait devant elle, mais le Serpentard ne lui accorda pas beaucoup d'attention sur le moment. Il voulait voir l'expression de sa petite amie lorsqu'elle découvrirait ce qu'il lui avait offert.
Avec délicatesse, elle défit l'emballage bleu et ouvrit précautionneusement le coffret en bois qui contenait une petite dizaine de journaux en cuir. Intriguée, elle se saisit de l'un d'entre eux, totalement au hasard, et l'ouvrit en plein milieu. Ses yeux parcoururent la page avec curiosité, avant de s'écarquiller subitement. Elle se tourna vers lui, le souffle court, n'en croyant visiblement pas ses yeux.
« C'est... » commença-t-elle, choquée. « Ce sont... Non… C'est impossible… »
« Ce sont les journaux de Newt Scamander » confirma Théo, tout en réprimant un sourire sincèrement amusé face à cette réaction.
« Mais… Comment ? » poursuivit-elle, sans parvenir à trouver ses mots.
Il lui expliqua alors de quelle façon il se les était procurés. Il n'avait même pas terminé son récit - il n'en était qu'à la partie "je voulais un cadeau spécial pour toi" - lorsqu'elle se jeta à son cou pour plaquer brutalement ses lèvres sur les siennes, lui coupant la parole de la façon la plus magique qui soit.
Le Serpentard lui rendit son baiser, heureux d'avoir su lui faire plaisir. Ce qu'elle confirma tout de suite après l'avoir relâché.
« Je n'arrive pas à y croire ! » s'extasia Luna, en reportant son attention sur les journaux. « Tu crois qu'il parle du Ronflak Cornu, dedans ? Papa prétend que le Ministre de l'époque a mit un véto sur la mention de certaines créatures, lors de la publication de Vie et Habitat des Animaux Fantastiques, pour ne pas effrayer les populations... »
« Je n'en ai aucune idée » déclara honnêtement le jeune homme. « Tu devras les lire entièrement pour le savoir. Mais, même s'il n'en parle pas, peut-être n'en a-t-il jamais rencontré... »
« Tu as raison » approuva la blonde. « Merci, Théodore. Ce cadeau est parfait. Ouvre le tiens, maintenant. »
Le Serpentard se tourna vers le paquet qui se trouvait devant lui, et dont il avait totalement oublié l'existence, avec une certaine excitation. Il n'avait pas peur. Non. Loin de là. Peu importait ce que la Serdaigle lui aurait offert, il était certain d'apprécier. Parce que cela viendrait d'elle. Parce qu'elle aurait pensé à lui, tout simplement.
Délicatement, il retira l'emballage - vert, évidemment - du cadeau et ouvrit la boîte en carton. A l'intérieur il découvrit, perplexe, un cadre photo qu'il examina longuement, les sourcils froncés.
Sur le cliché encadré, un magnifique cobra se dressait sur sa longueur et déployait son capuchon pour paraître plus intimidant. Il se tourna vers sa petite amie et l'interrogea du regard. Elle lui sourit.
« C'est un cobra royal » annonça-t-elle de sa voix chantante. « Papa dit que c'est l'une des espèces les plus dangereuse. Bien sûr, ce n'est encore qu'un bébé, mais tu devras quand même faire attention à ce qu'il ne te blesse pas, parce que son venin peut agir très vite... »
« Attends, attends ! » la coupa-t-il soudainement, tandis qu'une idée hallucinante se développait progressivement dans son esprit. « Tu m'offres un serpent ?! »
« Un cobra royal, oui » confirma Luna, avec son innocence coutumière. « Blaise m'a dit que tu étais passionné par ces animaux, alors j'ai pensé que ça te ferait plaisir. Pour le moment, il est à la maison parce que nous n'avons pas le droit d'amener de serpents à Poudlard. Papa s'en occupe. Mais tu pourras venir le voir pendant les vacances de Pâques, et tu pourras le récupérer cet été. »
« Luna, tu es... » commença-t-il, mais il ne trouvait même pas de mot assez fort pour exprimer à quel point elle était merveilleuse, géniale, extraordinaire, parfaite…
D'une main, il la saisit par la nuque et l'attira à lui pour un long baiser passionné. Il n'avait aucun autre moyen de lui exprimer ce qu'il ressentait.
« Tu aime ? » demanda-t-elle alors, d'une petite voix anxieuse.
« J'adore ! » déclara-t-il, sincère. « Merci, Luna. Merci mille fois. »
Elle lui sourit et, comme à chaque fois, il sentit son coeur manquer plusieurs battements.
Dans son esprit, une image s'imposa alors à lui. Pâques. Luna voulait qu'il aille chez elle pendant les vacances de Pâques, afin de rencontrer son serpent. Chez elle. Là où vivait son père…
Il était persuadé que dans l'esprit un peu naïf et très innocent de sa petite-amie, cette information n'avait aucune importance. Mais, pour lui, cela représentait énormément. Luna voulait le présenter, lui, à son père. Ce qui signifiait qu'il avait une certaine importance pour elle. Et ça, bien plus que ce magnifique cobra, c'était un cadeau d'une immense valeur pour le Serpentard.
Il l'embrassa une nouvelle fois.
Il se sentait comme l'homme le plus heureux du monde.
Et cela, malgré l'apocalypse qui menaçait d'éclater à seulement quelques mètres de lui…
°O°O°O°O°O°
Harry se sentait étrangement bien. Serein. Apaisé. Et, en même temps, il se sentait mal à l'aise, gêné, coupable.
Pour la première fois depuis longtemps, il passait un moment qu'il considérait être parfait. Et, surtout, il avait l'impression de vivre le plus beau Noël de sa vie.
Ce qui, du coup, le faisait un peu culpabiliser. Parce que, franchement, s'il s'était aventuré à avouer cela à Mrs Weasley, elle l'aurait probablement très mal prit. Et puis, il pensait aussi à tout ceux qui, à l'inverse de lui, passaient le pire Noël de leur vie, endeuillés, éloignés de leurs proches...
« Potter, si vous continuez de ressasser, j'enlève cinquante points à votre Maison » déclara Snape, en face de lui, à la fois sérieux et moqueur, insensible au regard outré que lui lançait McGonagall.
Le temps d'une seconde, il se demanda si le Professeur était entré dans son esprit, mais il se reprit rapidement. Déjà, l'homme ne se serait pas risqué à user de Légilimencie sur lui en plein repas, en public, devant Dumbledore lui-même. Et puis, lorsqu'il se laissait entraîner par ses pensées, il lui arrivait souvent d'afficher un air pensif, rêveur, nostalgique, parfois même torturé. Ce n'était, par conséquent, pas très compliqué de deviner son état d'esprit, pour qui le connaissait bien.
C'était assez étrange, de penser que le Maître des Potions le connaissait suffisamment pour lire sur son visage. Et pourtant… Ce n'était pas forcément très étonnant. Plus vraiment. Plus depuis que l'homme lui avait avoué, quelques jours plus tôt, tout ce qu'il avait vécu. Son amour pour Lily Evans, ses erreurs, ses choix, et tout ce qu'il faisait depuis. Tout ce qu'il avait fait pour lui, Harry. Pour le fils du seul et unique amour de sa vie…
Severus Snape avait, depuis toujours, accordé une grande attention au Gryffondor. Et maintenant qu'il en avait conscience, Harry voyait les choses différemment.
Par conséquent, il hocha simplement la tête, sourit timidement à son Professeur, et reporta son attention sur le reste des personnes qui l'entouraient.
Il était installé entre le Professeur McGonagall et Ron, lui-même assis à côté de Pansy Parkinson. En face de lui, le Professeur Snape était installé entre Goyle et Hermione, elle-même assise à côté de Draco Malfoy. Le reste des Gryffondors et des Serpentards était installé après des deux serpents sus-cités. Hagrid était assis à côté de sa Directrice de Maison, et prenait deux places à lui tout seul. En face de lui, à côté de Goyle, le Professeur Slughorn était installé à côté de Madame Pomfresh, et Dumbledore se trouvait en bout de table.
Tous les visages étaient rayonnants de bonheur. Et rien que pour ça, Harry se sentait léger. Presque euphorique. Hermione n'avait pas arboré un sourire aussi sincère depuis très longtemps - si ça continuait comme ça, elle finirait par avoir des crampes aux mâchoires - et Ron se gavait l'estomac en piochant avidement dans tous les plats qui se trouvaient devant lui. Tout le monde semblait passer une excellente soirée. Tout le monde souriait, tout le monde discutait avec animation, tout le monde riait...
Toute la journée, il avait appréhendé cette soirée. Et pourtant, à présent, il se sentait bien. Il discutait passionnément avec les enseignants qui se trouvaient près de lui, plaisantait volontiers avec Ron et Hermione. Il avait même échangé quelques mots, plutôt gentils et courtois, avec Malfoy et Parkinson. Zabini se trouvait un peu trop loin de lui pour qu'il puisse lui parler sans se mettre à hurler pour se faire entendre, tout comme Ginny et le reste de leur groupe. Mais ce n'était pas très gênant. Il passait un bon moment.
Son seul regret, et c'était là qu'il se sentait gêné, était de ne pas avoir été placé plus près de Daphné Greengrass…
Depuis la trêve qu'ils avaient conclue, et, surtout, depuis la soirée de Slughorn, il se sentait vraiment intrigué par la Serpentarde. Elle était douce, maternelle - avec tout le monde, ce qui l'avait vraiment surpris, et rassuré puisqu'il avait encore quelques doutes quant à une éventuelle technique de manipulation - et excessivement belle.
Jusqu'à l'âge de quatorze ans, il n'avait pas vraiment prêter d'attention à la gente féminine. Ce n'était que lors de sa quatrième année qu'il avait ouvert les yeux. Cho Chang lui avait alors semblé être la beauté incarnée. Elle l'avait aveuglé pendant deux ans. Bien sûr, il avait remarqué d'autres filles. Lavande Brown - bien que trop vulgaire pour lui - les jumelles Patil - bien que trop intéressées, et trop superficielles - ou même Hermione - même si elle resterait, à ses yeux, la soeur qu'il n'avait jamais eue, ce qui faisait, par conséquent, qu'il n'avait vraiment aucune attirance pour elle.
Ginny, aussi. Mais elle était longtemps restée, à ses yeux, la petite soeur de son meilleur ami. Quand il s'était finalement rendue compte qu'elle pouvait être un peu plus que ça, elle était en couple avec Dean Thomas.
C'était à la soirée de Slughorn, qu'il l'avait découvert. Ça lui avait fait un choc. Il n'avait pas tout de suite comprit sa subite envie d'aller exploser le visage charmeur de son camarade de classe. Il l'avait, dans un premier temps, considéré comme un besoin de protéger la vertue de celle qu'il considérait comme une soeur, de par son lien fraternel avec Ron. Et puis… Il avait fini par mettre un véritable nom sur ce qu'il ressentait.
La jalousie.
Une jalousie qui l'avait surpris, et qui lui avait fait ouvrir les yeux sur la jeune fille, pour la voir finalement comme elle était vraiment. Une jeune femme puissante, forte, indépendante, courageuse, merveilleuse, et absolument magnifique. D'une beauté brutale, sensuelle, presque étouffante. Ginny était une flamme aveuglante.
Une flamme dont il s'était rapidement détourné, pour ne pas se brûler. Parce qu'il était certain qu'il se serait brûlé. Parce qu'elle était en couple avec Dean Thomas, parce qu'elle restait, malgré tout, la soeur de son meilleur ami. Un meilleur ami très protecteur. Trop protecteur. Et il avait eu peur à l'idée de perdre Ron.
Et puis, le même soir, Daphné Greengrass était entrée dans sa vie. Aussi simplement que ça. Soudainement. Comme une apparition. Comme un ange. Elle avait toujours été présente, bien sûr. Mais elle était restée à la périphérie de son champ de vision. Il ne lui avait jamais prêté attention. Mais elle avait été là. Et elle était entrée dans sa vie et l'avait guidé sur le bon chemin. Elle lui avait ouvert les yeux. Elle l'avait fait grandir.
Elle était discrète, douce, patiente. Et depuis la trêve, il avait énormément de mal à se tenir loin d'elle. Il ne savait pas trop pourquoi, mais il ne pouvait rien y faire. C'était comme si son avis comptait pour lui. Non, en fait, ce n'était pas "comme si". C'était. Tout court. Son avis était important pour lui.
Parfois, ça lui faisait peur. Parce qu'elle avait, en si peu de temps, prit une place importante pour lui. Il voulait la rendre fière. Il voulait lui faire plaisir.
Et puis, elle était trop sérieuse. Il l'avait remarqué, lorsqu'ils s'étaient tous rejoints sur le lac gelé. Elle n'avait pas voulu patiner avec les autres, parce qu'elle était trop sérieuse. Parce qu'elle trouvait ça dangereux. Qu'elle s'inquiétait des risques. Des éventuels accidents, des blessures… Comme une mère. Harry avait prit l'initiative de s'occuper d'elle. De la… "décoincer", en quelques sortes. A seize ans, elle aurait dû être beaucoup plus insouciante. Beaucoup plus souriante, beaucoup plus impulsive.
Et lorsqu'elle s'était finalement élancée sur la glace…
Harry ne pourrait probablement jamais oublier l'expression de son visage, à cet instant là. La confiance qu'elle lui avait accordée. L'euphorie qu'elle avait ressentie, la joie… Le bonheur, tout simplement. Il s'était échappé d'elle par tous les pores. Et c'était contagieux.
La veille, lorsqu'Hermione avait organisé cette séance de cinéma, la Serpentarde avait, encore une fois, fait preuve d'un trop grand sérieux. Elle était restée figée sur son siège, droite, rigide. Presque comme si elle avait eu peur qu'on la réprimande si elle s'installait plus confortablement. C'était probablement dû à son éducation aristocratique, mais Harry s'en fichait. Il l'avait trouvé coincée, il avait donc voulu la détendre. Les pop-corn avaient fait le travail à sa place, en quelques sortes. Et la voir se morfondre en excuse lorsqu'elle avait fait tomber le paquet au sol… Il aurait pu lui en donner un rien que pour elle, et en prendre un pour lui seul… Mais cela l'aurait conforté dans son rôle trop sérieux. Et puis, au ciné, n'était-on pas censé partager un paquet de pop-corn avec ses voisins ? Harry n'en savait rien, les Dursley ne l'avaient jamais emmené au cinéma. Mais dans les films qu'il avait eu l'occasion de voir à la télé, depuis son coin du salon, lorsque son oncle était d'assez bonne humeur pour le laisser rester avec eux le soir, ou depuis la cuisine lorsqu'il faisait la vaisselle, il avait plusieurs fois remarqué que les gens, à la télé, quand ils allaient au cinéma, faisaient ce genre de choses. Partager un paquet de pop-corn...
Ça lui avait semblé normal.
C'était peut-être maladroit. Mais il s'était amusé à la sentir se figer à chaque fois que leurs doigts se rencontraient dans le paquet…
Il sursauta brusquement lorsque Dumbledore se leva de table pour annoncer qu'il était temps de procéder à l'échange des cadeaux.
Son coeur se mit à battre bien plus vite. Il avait presque oublié cette partie de la soirée. Pourtant, lorsque le paquet qu'il était censé offrir à son Professeur vint flotter devant lui, il ne put penser à autre chose qu'à ce qu'il contenait. Snape apprécierait-il ? Certes, le Maître des Potions s'était, au cours des dernières semaines, un peu plus ouvert aux autres. A lui, surtout. Il s'était confié. Il lui avait avoué la vérité. Mais il restait un homme assez distant, froid, réservé. Ce cadeau, devant tout ce public… Harry avait peur de la réaction de l'ancien Mangemort…
Les mains tremblantes, il tendit son paquet et attrapa celui - bien plus imposant - que lui tendait l'homme. Ils s'observèrent un long moment, inquiets. Ni l'un ni l'autre ne semblait prêt à ouvrir son paquet en premier.
« Ouvrez-le » ordonna Snape, et le Gryffondor obéit.
Quel autre choix avait-il ?
Sur lui, il sentait les regards inquiets de Snape, Dumbledore, McGonagall, et même ceux de Ron et Hermione. Lui-même n'en menait pas large. Que pouvait bien lui avoir offert son enseignant ? Le paquet était immense et très lourd. Une encyclopédie sur les potions, afin qu'il rattrape le temps perdu et puisse, enfin, mériter la réputation qu'il avait obtenu auprès de Slughorn grâce au livre du Prince de Sang-Mêlé ? Ce genre de cadeau empoisonné ne l'aurait même pas surpris...
Il arracha l'emballage et découvrit, perplexe, un immense coffre en bois clair orné de dorures. Il inspira une grande goulée d'air et l'ouvrit, avant de se figer, choqué.
Il y avait de tout. Des photos, des coupures de journal, des carnets, des lettres, des bulletins scolaires, des dessins, des fioles de souvenirs… Et partout où se posaient ses yeux, le même prénom s'affichait sans cesse. Le même visage lui souriait.
Lily.
Une larme s'échappa de ses yeux soudains humides.
Snape venait de lui offrir absolument tout ce qu'il possédait - Harry en était certain - qui se rapprochait, de près ou de loin, à sa mère. Tous les souvenirs, toutes les photos, toutes les lettres qu'ils avaient échangées… Il avait devant lui la preuve, s'il en fallait une, de l'amour que le Maître des Potions avait éprouvé pour Lily Evans. Un amour qui frôlait l'obsession.
Sirius et Remus lui avaient toujours parlé de son père. Il avait pu, grâce à eux, se faire une idée de l'homme qu'avait été James. Il avait hérité de certains objets qui lui avaient appartenu, des photos, des lettres, et beaucoup d'anecdotes. Mais jamais personne ne lui avait vraiment parlé de sa mère. Lily n'avait pas été très proche de Sirius et Remus.
Mais de Severus Snape, en revanche…
« Merci » souffla-t-il alors, d'une voix si basse qu'il fut étonné lorsque l'homme hocha discrètement la tête, une expression indéchiffrable sur le visage.
Du bout des doigts, il caressa le visage de sa mère qui lui souriait sur une photo. Elle ne devait pas avoir treize ans, sur le cliché. Et elle était déjà magnifique.
Sur le point de craquer pour de bon, il referma délicatement le coffre, le réduisit d'un sortilège informulé et le glissa tendrement dans la poche intérieur de sa veste, juste au dessus de son coeur. Il ne tenait pas vraiment à fondre en larmes devant tant de personnes. Et même si ça lui demandait un effort énorme, il saurait être patient. Il voulait être seul pour découvrir tout ce que le Maître des Potions lui avait confié. Il voulait être seul pour lire les lettres de sa mère, observer indéfiniment ses photos, découvrir les souvenirs du Professeur, et tout ce que contenait les carnets…
Il s'essuya maladroitement les yeux, et reporta son attention sur l'homme qui lui faisait face. D'un simple sourire, il lui intima l'ordre - ou, plutôt, la demande polie - d'ouvrir, à son tour, le cadeau qu'il lui avait fait.
Il se sentait beaucoup plus serein, à présent. Si Snape avait choisi d'assumer ses sentiments pour Lily en lui offrant un tel présent, il ne doutait pas un seul instant qu'il apprécierait le cadeau du Gryffondor.
Cependant, lorsque le Maître des Potions ouvrit l'étui de velours, il ne put s'empêcher de retenir son souffle.
Avec une infinie douceur, Snape caressa le lys blanc magiquement rendu éternel qui était posé sur la soie rouge. Harry avait eu bien du mal à trouver l'idée. Et pourtant, cela semblait être le cadeau parfait. Il avait demandé à Hermione de l'aider à confectionner ce cadeau lourd de sens. Ensemble, ils avaient accéléré le développement d'un bourdon jusqu'à ce que la fleur ait atteint la taille souhaitée, puis ils l'avaient ensorcelé pour qu'il ne fane jamais. Sa meilleure amie n'avait posé aucune question. Dans tous les cas, il comptait bien lui expliquer la vérité sous peu. Mais, pour le moment, il voulait, égoïstement, garder ce secret pour lui.
Pour lui, Snape, Malfoy et - probablement - Dumbledore. Après tout, ce n'était pas vraiment son secret. Et, depuis peu, il respectait suffisamment son Professeur pour ne pas le trahir ainsi…
Toujours était-il que, de par ce cadeau, Harry lui offrait bien plus qu'une simple fleur. Tout était dans l'interprétation. Il lui offrait Lily. Il lui offrait l'amour qu'il aurait pu recevoir, lorsqu'il était adolescent. Il lui offrait l'acceptation de l'amour qu'il avait éprouvé pour sa mère. Il lui offrait un accord tacite, une paix fragile. Il lui offrait une place dans sa vie, tout simplement...
« Lily... » souffla Snape, si bas qu'Harry ne devina le nom de sa mère qu'en le lisant sur les lèvres de son enseignant.
L'homme referma délicatement l'écrin de velours, avant de lui sourire et de le remercier sincèrement.
Le Gryffondor put respirer de nouveau.
Quelque chose venait de se passer, entre les deux anciens ennemis. Quelque chose de fort, de puissant. Quelque chose qu'il n'était pas sûr de tout à fait comprendre.
Mais, à cet instant, Harry était certain d'une chose.
Son coeur s'était gonflé d'un amour puissant. Un amour bien différent de ce qu'il ressentait pour Hermione et Ron, différent de celui qu'il aurait pu éprouver pour Ginny, ou qu'il pourrait éprouver pour Daphné. Un amour différent de celui qu'il avait ressenti pour Sirius, ou Remus, ou même pour Dumbledore. Différent, également, de celui qu'il éprouvait lorsqu'il pensait à ses parents.
Mais un amour qui, il le savait, aurait pu ressembler à celui qu'il aurait éprouvé pour James et Lily, s'il avait grandi avec eux, s'il avait partagé sa vie avec eux, s'ils avaient été vivants, présents, aimants…
Snape venait de prendre une place dans sa vie qui, jusque là, était restée vacante. Une place que Sirius avait failli occuper, que Dumbledore aurait pu occuper, mais que seul le Professeur avait réussi à combler.
Et plus rien ne serait jamais comme avant…
°O°O°O°O°O°
Ron passait une bonne soirée.
Assis entre Harry et Parkinson, juste en face d'Hermione - elle-même assise entre Malfoy et Snape - il était entouré de ses deux meilleurs amis et les discussions allaient bon train.
Le mieux, pensait-il, c'était qu'à partir du lendemain, cette histoire de trêve serait loin derrière eux.
Il n'avait pas réussi à briser l'entente fragile qui régnait entre les Gryffondors et les Serpentards mais, en même temps, il n'y avait pas mis tout son coeur non plus. Il s'était concentré sur la jeune fille dont il avait pioché le nom, alors qu'il aurait très bien put s'attaquer à d'autres… Malfoy et Zabini, par exemple. Même si eux, à l'inverse de Parkinson, avaient désiré cette trêve, ils restaient les plus faciles à provoquer.
Quoi que la Serpentarde avait parfois eu l'air à deux doigts d'exploser. Comme la veille, pendant le film, alors qu'il avait trouvé très drôle de lui balancer des pop-corns sur la tête… Il se demandait d'ailleurs pourquoi elle s'était arrêté. Elle avait semblé être victime d'un sortilège de Bloclangue, mais elle avait toujours sa baguette, et un sort informulé aurait suffit à tout faire capoter…
Enfin. Il n'avait plus à attendre longtemps. Le lendemain, au réveil, tout serait terminé. Les Serpentards redeviendraient les beaux salauds qu'ils connaissaient, et ils pourraient, à nouveau, se disputer et s'insulter dans les couloirs…
C'était peut-être méchant, idiot, puéril - ou n'importe quel autre adjectif négatif - mais Ron n'aimait vraiment pas l'idée de faire amis-amis avec les serpents. Toute sa vie, on lui avait expliqué à quel point les verts et argents étaient méchants, vils, cruels, manipulateurs… Et si ses deux meilleurs amis étaient prêts à leur accorder le bénéfice du doute, ce n'était absolument pas son cas. Lui, il se souvenait. Des disputes, des moqueries, des insultes… Depuis le tout premier jour de leur scolarité. Malfoy avait été exécrable avec lui, avec Harry et avec Hermione aussi. Et ses copains n'étaient pas mieux.
Ils étaient tous pareils.
« Nous allons procéder à l'échange des cadeaux avant de servir le dessert » déclara le Directeur en se levant de table, avant de faire léviter vers eux les cadeaux bien emballés qu'ils avaient déposés au pied du plus imposant sapin.
Ron observa les visages qui l'entouraient. Harry avait l'air anxieux, Snape aussi. Hermione semblait très excitée, mais inquiète également. Malfoy arborait son air prétentieux habituel. Parkinson avait l'air de s'ennuyer profondément. Zabini affichait une expression espiègle qui ne présageait rien de bon, mais puisque sa soeur - qu'il parvenait à voir malgré qu'elle soit installée de l'autre côté de Parkinson - avait l'air déterminé, il ne s'inquiéta pas plus que ça. Quant aux autres, ils étaient installés trop loin pour qu'il puisse les observer, et ceux dont il parvenait à voir les visages semblaient joyeux, tout simplement.
Il accepta le cadeau que Parkinson lui tendait avec nonchalance.
Il ne l'ouvrit pourtant pas, bien plus intéressé par ce qui se passait autour de lui.
Sa baguette bien en main en dessous de la table, il attendait avec angoisse que ses amis ouvrent leurs présents. Au moindre cadeau suspect, il n'hésiterait pas un seul instant avant de jeter le premier sortilège qui lui passerait à l'esprit. Et peu importait Dumbledore et les autres Professeurs, peu importait qu'il soit entouré, en partie, de Serpentards. Il n'hésiterait pas.
Néanmoins, à sa grande surprise, il n'y eut pas un seul cadeau "empoisonné"...
Hermione avait ouvert la paquet de Malfoy en dessous de la table, et semblait au bord des larmes, un sourire ému aux lèvres. A côté de lui, Harry était figé, et caressait du bout des doigts la photo d'une femme que le rouquin reconnut comme étant Lily Potter…
Il ne comprenait strictement rien. Pas de mauvaises surprises ? Pas de moqueries, d'insultes à demi-mots, rien…
Il se tourna de l'autre côté et, sans prêter la moindre attention à la jeune fille assise à côté de lui, il se pencha en arrière pour observer sa soeur. Elle rougissait tout en lisant un morceau de parchemin qu'elle venait de sortir du paquet que Zabini lui avait offert. Un peu plus loin, il pouvait apercevoir Luna Lovegood et Théo Nott s'embrasser avec un bonheur non dissimulé. Même Daphné Greengrass semblait être heureuse…
Il ne voyait pas les autres Gryffondors, mais il n'entendit aucun cri, aucune insulte… Rien qui puisse lui confirmer que les Serpentards s'étaient comportés comme de beaux salauds…
Il fronça les sourcils, perplexe. Et puis, ses yeux se posèrent sur le paquet qui siégeait devant lui. Parkinson lui avait peut-être offert un horrible cadeau. Il en était presque à l'espérer. Parce que, vraiment, les Serpentards se comportaient bizarrement…
Il déchira l'emballage avec rapidité, et ouvrit la petite boîte en carton dans laquelle il découvrit, choqué, deux places pour aller voir le match des Canons de Chudley contre les Faucons de Falmouth qui aurait lieu pendant les vacances de Pâques. Deux places dans le carré VIP. Deux places qui avaient dû lui coûter une fortune…
Il se sentit rougir.
Il n'était pas idiot. Tout le monde savait que les Canons étaient nuls. Mais, lorsque Ron était encore un enfant, il avait lu un article dans la Gazette qui l'avait immédiatement fait tomber amoureux de cette équipe. L'article disait à quel point les Canons étaient finis, qu'ils ne gagnerait jamais plus aucun match, et que c'était totalement incompréhensif qu'ils aient encore des supporters. Ron avait décidé de soutenir, quoi qu'il advienne, cette équipe. Pour que jamais ils ne se retrouvent sans personne dans leurs tribunes.
C'était idiot. Certes. Mais c'était comme ça. Ron aimait les Canons parce qu'ils avaient le courage, malgré leurs incessantes défaites, de continuer, de ne pas abandonner, quitte à se ridiculiser.
Que Pansy Parkinson lui offre ces places, c'était… Surprenant. Déjà, parce que tout le monde se moquait de lui quand il affirmait soutenir les Canons. Ensuite, parce qu'il n'aurait jamais imaginé qu'elle puisse avoir retenu cette information à son sujet. Et, enfin, et surtout, parce qu'il ne s'était absolument pas attendu à ce qu'elle lui offre quelque chose de… gentil. Un véritable cadeau. Un cadeau qui faisait plaisir !
Il se sentait, par conséquent, totalement idiot. Parce que, lui, il n'avait pas vraiment cherché très loin. Il était resté campé sur sa première idée. Du chocolat. Même après qu'Hermione lui ait annoncé que la Serpentarde n'aimait pas ça. Surtout après que Zabini le lui ai confirmé, tout en lui faisant clairement comprendre qu'offrir du chocolat à Pansy Parkinson serait synonyme de déclaration de guerre. Après tout, il était persuadé qu'elle aurait déclaré les hostilités la première, il n'avait fait que prévoir sa défense…
Mais à présent, il se sentait vraiment comme le roi des idiots.
Lui restait-il encore une chance de réparer ça ?
Aucun mot n'avait été prononcé entre eux depuis le début de la soirée. Mais s'il voulait vraiment faire passer un cadeau empoisonné pour un cadeau sincère, il devait bien tenter quelque chose...
« Parkinson ? » lança-t-il avec douceur, et la jeune fille tourna vers lui un visage surpris. « Ferme les yeux. »
« Je te demande pardon ? » s'offusqua-t-elle, choquée.
« C'est pour mon cadeau » insista-t-il.
« Comment veux-tu que je vois ce que tu m'as offert si je ferme les yeux ? » répliqua la jeune fille, agacée.
« Oh, allez » soupira-t-il, tout en faisant son maximum pour ne pas se mettre à rougir. « S'il te plaît. »
« Pourquoi faire ? » demanda la Serpentarde, suspicieuse.
« Tu as la trouille ? » la provoqua le Gryffondor, en dernier recours.
Il avait déjà remarqué qu'attaquer la fierté des Serpents était la meilleure solution, peu importait le problème. Et, évidemment, cela fonctionna à merveille. Parkinson lui jeta un regard mauvais, avant de lever légèrement le menton dans une moue prétentieuse, et de fermer finalement les yeux.
« Ouvre la bouche » ordonna-t-il ensuite, rouge d'embarras.
Sorti de son contexte, cette phrase était totalement déplacée. Mais là, pour ce qu'il voulait faire, il était un peu obligé de le lui demander.
Parkinson ouvrit un oeil, le fusilla du regard, referma la paupière, et ouvrit finalement la bouche. Légèrement. Juste assez.
Ron ouvrit rapidement le paquet cadeau qui contenait un assortiment des meilleurs chocolats de chez Honeydukes et fit glisser un morceau entre ses lèvres.
Chocolat au lait praliné. Son préféré.
Pansy Parkinson n'avait jamais mangé de chocolat ! Et Ronald Weasley venait de remédier à ça. Il espérait simplement qu'elle apprécierait tellement la douceur, qu'elle en oublierait de lui lancer un sortilège.
Le temps d'une seconde, le visage de la Serpentarde s'anima d'une réelle surprise, avant de se détendre complètement sous la douceur du chocolat. Et puis…
« Qu'est-ce que c'était ?! » s'exclama-t-elle soudainement, non sans lui lancer un regard suspicieux où brillait une flamme dangereuse.
Le Gryffondor n'avait pas besoin d'un miroir pour savoir qu'il était à présent aussi rouge qu'une tomate bien mûre.
« Euh... C'était… euh… » balbutia-t-il, mal à l'aise, mais Parkinson n'attendit pas sa réponse.
Elle se saisit violemment du paquet toujours ouvert entre eux, et observa ce qui se trouvait à l'intérieur.
« Du chocolat ?! » s'écria-t-elle, s'attirant plusieurs regards inquiets. « C'est ça ?! Tu m'as fait manger du chocolat ? »
Ron détourna les yeux, gênés, avant de marmonner tout un tas de paroles inaudibles dans le but de se justifier. Quand soudain…
« C'était délicieux ! » déclara la Serpentarde, avant de déposer un baiser bruyant sur sa joue. « Tu m'en donne un autre ? »
°O°O°O°O°O°
Il n'avait d'yeux que pour sa voisine.
Il se foutait totalement du reste du monde, et des autres invités. Tout ce qui l'intéressait, c'était la magnifique jeune fille installée à côté de lui.
Comment avait-il fait pour ne pas se rendre compte plus tôt de ses sentiments ? Parce que, maintenant, ça lui semblait tellement évident…
Draco Malfoy était amoureux d'Hermione Granger.
Et, pour être totalement honnête avec lui-même, il devait bien avouer que ça durait depuis un bon moment. Bien sûr, ça soulevait beaucoup d'interrogations, de remises en questions et de problèmes divers et variés auxquels il ne voulait pas réfléchir dans l'immédiat.
Albus Dumbledore lui avait promis, lorsqu'il s'était rendu dans son bureau comme un cognard à pleine vitesse, deux jours plus tôt, qu'il protégerait Hermione. Draco lui avait tout raconté. Voldemort qui vivait au Manoir familial avec sa clique de dégénérés, la mission qu'il lui avait confiée, les menaces qui planaient au dessus des têtes de ses parents… Et ce vieux fou lui avait assuré qu'il prenait la situation en main, que tout était sous contrôle et qu'il devait poursuivre sa vie comme si de rien n'était.
Et, à l'instant précis, c'était exactement ce qu'il comptait faire. Vivre pleinement la soirée. Et donc, profiter de la merveilleuse jeune fille installée à côté de lui.
Oh, bien sûr, il ne manquait pas les quelques coups d'oeils curieux de Weasmoche, ni les regards menaçants de Potty le Balafré, ni même ceux, amusés, de Snape.
Mais il s'en fichait. Il ne voyait réellement que les regards débordants de joie d'Hermione.
« Nous allons procéder à l'échange des cadeaux avant de servir le dessert » déclara Dumbledore en se levant.
Instinctivement, Draco se mit à trépigner d'impatience sur sa chaise. A côté de lui, il vit clairement Hermione lever les yeux au ciel d'un air exaspéré, non sans sourire avec indulgence, avant de se triturer les mains. Ainsi, la Gryffondor était stressée ?
Draco posa délicatement sa main par dessus celles de la jeune fille, et lui sourit.
« Tout va bien se passer » la rassura-t-il d'une voix grave, alors que lui-même était assez nerveux.
Elle ne le remarqua cependant pas, et lui sourit de toutes ses dents.
Avant de lui tendre le paquet qui venait de léviter devant elle. Le Serpentard s'en saisit mais, gentleman, il le posa précautionneusement sur la table et lui tendit celui qu'il avait confectionné pour elle. Hermione rougit légèrement, et le posa délicatement sur ses genoux, par dessous la table.
Elle le déballa d'une main tremblante.
Draco ne respirait plus.
Lorsque la Gryffondor eut enfin entièrement déballé l'écrin de velours noir, le jeune homme était à deux doigts de tomber dans les pommes…
Lentement, comme pour mieux le torturer, elle caressa la douceur du velours avant de finalement l'ouvrir, et de se figer.
Là, posé sur un petit coussin de soie, un bracelet en or blanc forgé par les Gobelins - précision hautement importante, puisqu'il n'existe pas de bijoux plus magnifiques (et plus chers, mais chut !) que ceux forgés par les Gobelins - attendait sagement d'être passé à son poignet. Sur la structure aux motifs en corde, quatre breloques pendaient fièrement. Une perle, un lion, un livre et une baguette magique.
« C'est magnifique » souffla la Gryffondor, les larmes aux yeux, tout en continuant d'observer le bracelet.
« Comme toi » répondit sobrement Draco, sans la quitter des yeux.
Parce qu'il le pensait, évidemment. Elle était même bien plus que ça. Elle était indéfinissable. Aucun mot ne pouvait décrire à quel point elle était devenue précieuse pour lui…
« Pourquoi la perle ? » demanda-t-elle en le regardant pour la première fois depuis qu'elle avait ouvert son présent.
Le Serpentard rougit légèrement.
« C'est ma pierre de naissance » répondit-il dans un souffle. « Comme ça, tu auras toujours un morceau de moi avec toi... »
Pour toute réponse, Hermione lui sourit.
« Ouvre le tiens, maintenant » ordonna-t-elle avec douceur, et Draco ne se fit pas prier.
Un immense sourire vint flotter sur ses lèvres lorsqu'il découvrit, sans aucune surprise mais avec beaucoup de tendresse, qu'elle lui avait offert un livre. Évidemment, pensa-t-il. Curieux, il ouvrit la première page.
« Cendrillon ? » lut-il à voix haute, les sourcils froncés.
« C'est un compte pour enfant » déclara la Gryffondor. « Un compte moldu. »
« Et pourquoi m'as-tu offert ce compte ? » insista-t-il, curieux.
« Lis-le et tu comprendras. »
Ils s'observèrent un long moment, sans plus rien dire. Draco finit par sourire et la remercia.
Le reste du dîner se déroula dans la bonne humeur ambiante. Et lorsque le Directeur annonça la fin du repas, et l'heure d'aller se coucher, le Serpentard se sentit à nouveau nerveux. Il avait un autre cadeau pour Hermione, mais il n'était pas certain qu'elle accepterait de le suivre…
« Je te raccompagne jusqu'à ta salle commune ? » proposa-t-il en aidant la jeune fille à se lever de table.
Elle accepta en souriant le bras qu'il lui tendait, et se laissa entraîner dans les couloirs. En chemin, il aperçut Potty qui discuter avec Daphné dans une alcôve, et il dut se retenir de toutes ses forces d'aller jouer les curieux. Daphné était tout à fait capable de se défendre, et, de ce qu'il en savait, elle devait de toute façon être particulièrement heureuse de se retrouver dans un endroit isolé avec la Balafré… Il se promit, néanmoins, d'aller la questionner dès le lendemain, et d'avoir une petite discussion avec le Gryffondor, au passage. Puisque Saint Potter se permettait de venir lui faire quelques menaces concernant Hermione, il pouvait bien lui rendre la pareille, n'est-ce pas ?
« Ce n'est pas la route pour aller jusqu'à la Tour des Gryffondors » fit remarquer Hermione au bout d'un certain temps. « Où m'emmènes-tu ? »
« Tu me fais confiance ? » demanda-t-il, non sans une légère inquiétude.
« Évidemment » répondit-elle, avec une franchise déstabilisante.
Elle se laissa alors guider jusqu'au couloir du septième étage…
« La Salle sur Demande ? » comprit-elle, et le Serpentard hocha la tête.
Il passa trois fois devant le mur et fit entrer la jeune fille.
La salle ressemblait exactement à ce qu'il avait espéré. Une gigantesque salle de bal s'étendait sous leurs pieds. Au plafond, un immense lustre en cristal faisait scintiller les lumières des torches, et un imposant escaliers menait jusqu'à la piste de danse.
Les yeux d'Hermione brillaient d'émotions.
« M'accorderais-tu cette danse ? » demanda le jeune homme, non sans sourire, tandis qu'une valse retentissait dans la salle.
La jeune femme accepta et il l'entraîna sur la piste de danse où ils se mirent à tourner au rythme de la musique.
« On dirait la salle de bal dans Cendrillon… » fit remarquer la jeune fille.
« Je te rappelle que je n'ai pas encore lu ton livre » répondit le Serpentard. « Tu m'en fais un résumé ? »
Il la supplia du regard, tout en continuant de la faire valser lentement au rythme de la musique. Hermione hésita quelques secondes, avant de finalement lui raconter l'histoire de cette jeune fille banale qui, grâce à la magie de sa marraine la Bonne Fée, finit par se rendre au bal, rencontre son Prince Charmant, doit s'enfuir à minuit, perd sa pantoufle de vair… Heureusement, le conte finissait bien, puisque le Prince, après avoir fouillé tout le royaume à la recherche de son inconnue, finit par retrouver Cendrillon et l'emmène dans son château.
Draco écouta son récit d'une oreille très attentive. Il adorait écouter la jeune fille. Elle avait une fois absolument magnifique, et elle mettait tellement de coeur dans son histoire que sa voix ne cessait de monter dans les aigus, ou de partir dans les graves… Elle semblait tellement passionnée. A cet instant précis, il se promit de lui demander le plus souvent possible qu'elle lui fasse la lecture. Juste pour entendre sa voix pendant des heures et des heures. Il était prêt à parier qu'elle serait du genre, comme l'avait d'ailleurs été Narcissa lorsqu'il était encore un enfant, à modifier sa voix pour chaque personnage…
Bien sûr, il ne lui avoua pas qu'il connaissait déjà ce compte. Bien que dans la version sorcière, Cendrillon s'appelait Merilda, et qu'elle ne retrouvait malheureusement jamais son prince.
« Je crois comprendre pourquoi tu m'as offert ce conte » déclara-t-il une fois qu'elle eut finit son récit.
Et c'était la vérité. Comment ne pas faire le parallèle entre Cendrillon et Hermione ? Entre lui et le Prince ? Entre la soirée de Slughorn et le bal de l'histoire ?
Pour toute réponse, la jeune fille rougit légèrement.
« Pourquoi m'avoir emmenée ici, Draco ? » demanda Hermione, tout en le regardant droit dans les yeux.
Le Serpentard ferma les siens et souhaita très fort que la musique change. Lorsque les premières notes de la chanson qu'il avait désirée retentirent dans la salle, la Gryffondor se mit à rire.
« Tu te moques de moi ? » plaisanta-t-elle, alors que, déjà, elle avait du mal à se retenir de chanter.
« Non, mais je trouve que les paroles sont plutôt vraies... » répliqua Draco, en plongeant son regards gris dans les yeux bruns de la jeune fille.
Puis il se mit à chanter à voix basse.
*I don't want a lot for Christmas
There is just one thing I need
I don't care about the presents
Underneath the Christmas tree
I just want you for my own
More than you could ever know
Make my wish come true
All I Want for Christmas is you*
*Je ne veux pas beaucoup de choses pour Noël
Il y a seulement une chose dont j'ai besoin
Je me fiche des cadeaux
Sous le sapin de Noël
Je te veux pour moi tout seul
Plus que tu ne pourrais le penser
Fais que mon voeu se réalise
Tout ce que je veux pour Noël, c'est toi*
« Je ne comprends pas » déclara la jeune fille, visiblement perdue.
« C'est un comble, pour la première de la classe » se moqua le Serpentard.
Gentiment, elle lui tapa l'épaule, un éclat de rire perdu sur ses lèvres, avant de retrouver son sérieux. Draco, lui, était étrangement mal à l'aise. Il n'avait jamais… Enfin. Il avait déjà eu quelques amourettes, quelques flirt par-ci par-là, mais jamais rien d'aussi sérieux. Les sentiments qu'il éprouvait…
« Draco, que se passe-t-il ? » demanda la Gryffondor, tout en s'arrêtant de danser, beaucoup trop sérieuse tout à coup. Elle semblait mortellement inquiète, et le coeur du garçon se serra dans sa poitrine.
Il n'aimait pas la voir ainsi.
Doucement, avec une tendresse qu'il ne réservait qu'à la jeune fille, il lui caressa la joue et plongea son regard dans le sien.
« Je t'aime, Hermione » annonça-t-il alors, avant de fermer très fort les yeux. « Je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas comment c'est arrivé, mais c'est arrivé. Je suis tombé amoureux de toi. Et tu es la seule chose que je veuille réellement pour Noël. »
Le silence s'installa quelques secondes, et le Serpentard finit par rouvrir les yeux, inquiet et embarrassé.
Hermione semblait au bord des larmes. A nouveau, il lui caressa tendrement la joue et tandis qu'il ouvrait la bouche pour la supplier de dire quelque chose, n'importe quoi, elle se jeta à son cou et plaqua brutalement ses lèvres sur les siennes.
Il n'avait pas imaginé la scène de cette façon. Dans son esprit, il aurait amorcé le geste après qu'elle lui ait avoué la réciproque de ses sentiments. Le baiser aurait été tendre, doux, hésitant. Au lieu de ça, il faisait face à un véritable ouragan. Hermione l'embrassait comme si sa vie en dépendait. Elle l'embrassait comme si elle n'en aurait plus jamais la possibilité. Comme si elle avait l'impression de rêver, et qu'elle voulait en profiter pleinement avant de se réveiller. Oh, bien sûr, il ne s'en plaignait pas. Mais la passion de la Gryffondor était contagieuse, et à cette vitesse là…
« Hermione... » soupira-t-il contre ses lèvres en se détachant d'elle le plus délicatement possible.
« Je t'aime aussi, Draco ! » explosa-t-elle alors, avant d'enfouir sa tête au creu de son épaule. « J'avais tellement peur que ce ne soit pas réciproque... »
Un poids énorme s'envola des épaules du Serpentard.
Hermione l'aimait.
Et, à ses yeux, c'était tout ce qui comptait.
Ce Noël resterait, à jamais, le plus beau de sa vie.
Note d'Auteur : Et voilà ! Bon, comme vous avez pu le remarquer, tous mes couples ne sont pas encore formés, mais comme je vous l'ai dit, il reste un chapitre épilogue. Donc soyez patients !
J'espère que ça vous aura plu. Que les cadeaux vous semblent sympa. Bon, j'avoue, pour certains, j'étais franchement à court d'idée et j'ai juste improviser comme je pouvais. Alors, même si ce n'est pas forcément très... logique, ça reste amusant.
Pour le petit plan de table, j'ai hésité à vous le mettre, et puis, je me suis dit que ce serait d'autant plus facile pour vous vous repérer. Hagrid est noté deux fois parce qu'il prend deux places, tout simplement.
Voilà voilà.
Oh, aussi. Comme vous avez pu le remarquer, je n'ai pas répondu aux reviews, parce qu'elles sont vraiment nombreuses (je vous aime, d'ailleurs, sachez-le !), et qu'entre celles du chapitre 23 et celles de ma petite note, j'ai un peu de mal à m'y retrouver. Et puis, ça va me prendre pas mal de temps pour répondre à tout le monde et, c'est pas que j'ai la flemme, loin de là, mais je voulais vous poster le chapitre le plus vite possible, vu que ça fait déjà plus d'un mois que vous l'attendez impatiemment...
Voilà voilà.
(Ca fait beaucoup de voilà, non ?)
Allez, sur ce, je vous laisse !
A très bientôt !
Dabisous !
Yumi Kate
