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A la demande générale, voici la réaction de l'équipe de Gibbs suite aux vacances de Tony. C'est le 3ème chapitre qui a été rajouté à l'histoire originale, signe que je tiens compte de vos commentaires.
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Satisfaire certaines demandes exprimées par les lectrices est un atout qui, j'espère, vous fidélisera pour continuer à lire mes publications. Parce qu'il me semble important d'essayer de répondre à vos attentes et que certaines de vos idées peuvent enrichir l'histoire, je n'hésite pas à prendre le temps d'insérer des chapitres mais également de modifier la suite de la fic puisque certains passages peuvent, par conséquent, nécessiter des changements.
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Vos réactions sont donc toujours les bienvenues. Je les attends avec impatience. Bonne lecture.
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Chapitre 25 : Confusion inadmissible
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Tandis que Steve et Tony débutaient leurs vacances sous le soleil d'Hawaï, l'équipe de Gibbs reprenait le travail sans l'italien. Et la première surprise qui attendait Gibbs lorsqu'il déboula dans leur espace de travail fut la pile de dossiers qui s'empilait sur son bureau.
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Un coup d'œil sur celui de son subordonné révéla d'autres dossiers également sagement empilés dessus. Gibbs tiqua et finit par s'avancer vers son bureau et prendre place dans son siège. Il alluma son ordinateur et consulta ses mails, chose qu'il faisait très rarement. Il pensait trouver une explication sur la présence des dossiers sur son bureau mais aucun qui puisse l'éclairer.
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Finalement, il se décida à attraper le premier de la pile et l'ouvrit… pour trouver une note de la main de DiNozzo lui rappelant que les documents à compléter étaient de son ressort et qu'il s'était déchargé de la tâche sur son second depuis plusieurs années. Il lui revenait donc désormais de les traiter. Gibbs grommela mais dut reconnaitre que l'italien avait raison.
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La seule tâche qu'il supervisait désormais sans la moindre difficulté et sans trop rechigner était les rapports de leurs enquêtes… après que Tony ait procédé à une ou plusieurs relectures (surtout pour ceux de Ziva) et au besoin à faire procéder à des rectifications avant de les lui soumettre pour approbation et signature.
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Lorsqu'il avait recruté DiNozzo, il n'aurait jamais pensé se réjouir de voir sa charge administrative diminuée au fil du temps. A tel point qu'il ne se souvenait plus de devoir remplir certains rapports ou documents. Tony le faisait pour lui et les lui soumettait pour signature avant de les dispatcher dans les services adéquats.
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La seule chose qu'il consentait encore à exécuter était les appréciations de fin d'année. Encore qu'il attendait toujours que DiNozzo ait rédigé les siennes et les lui remette pour s'en inspirer. La seule chose qu'il arborait dans sa position était la paperasse. Plus le poste était élevé, plus la paperasse augmentait. Il ne comprenait pas le principe mais c'était ainsi.
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Depuis maintenant plus de cinq ans, il avait passé le flambeau à l'italien qui s'en chargeait sans se plaindre. Aucun service administratif ne venait plus le harceler au sujet du retard dans la remise des documents obligatoires sauf lorsque son second était absent pour vacances ou pour motif médical.
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Sachant qu'il ne pourrait couper à l'exercice, il entreprit de consulter rapidement tout ce qu'il devait compléter avant de les adresser aux services concernés. Il pesta lorsqu'il se rendit compte que certains documents lui étaient inconnus. Quand donc étaient-ils apparus dans la liste à remplir ?
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Il soupira et réfléchit deux minutes pour déterminer de quelle façon il allait pouvoir abattre ce travail titanesque dans les délais requis. Il devait procéder par élimination, soit en traitant le plus urgent, soit en traitant le plus important. Mais comment savoir ce qui était urgent de ce qui était important quand on n'avait pas exécuté la tâche depuis des années ?
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Il fit donc un premier tri en deux piles distinctes, une pour les documents qu'il pouvait remplir sans trop de problème et une pour lesquels il aurait besoin de solliciter l'aide d'un autre chef d'équipe, en l'occurrence, Balboa. Rick savait être discret et sa requête ne serait pas ébruitée. Il entendait déjà les commentaires qui circuleraient à ce sujet s'il s'adressait à quelqu'un d'autre.
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Lorsque ce premier tri fut effectué, il reprit la première pile et classa les documents par importance et par date limite de traitement. Il se rendit alors compte que DiNozzo avait déjà pré-rempli certains d'entre eux avant de réaliser qu'ils étaient traités au fur et à mesure de leurs enquêtes. Malin et ordonné, l'italien n'attendait pas le dernier jour pour compléter les fichiers.
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Il se rappela également que son second venait parfois travailler la nuit lorsqu'il était sujet à des insomnies et que la paperasse officielle apparaissait toujours dûment remplie en temps et heure sur son bureau pour signature. Il se contentait alors de signer avant de les retourner à l'italien sans se préoccuper plus de leur destination finale. Il laissait aux bons soins de son bras droit la charge de les adresser à leurs destinataires.
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L'ancien Marine allait s'attaquer à son premier document lorsque l'ascenseur libéra McGee qui gagna leur espace, salua Gibbs et se dirigea vers son bureau avant de stopper abruptement en grognant. Gibbs sourit intérieurement mais ne dit rien, attendant la réaction de son subordonné.
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L'agent junior prit le temps de ranger ses affaires, d'allumer son ordinateur avant de consulter les dossier. Il ne fallut qu'une minute pour qu'il décide de sa prochaine action. Il rassembla la pile et alla la déposer sur le bureau de Tony. Gibbs le regarda faire avant de fixer son agent. McGee se sentit mal à l'aise mais ne recula pas.
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« Il est hors de question que je fasse le travail de DiNozzo en son absence, patron » tenta-t-il d'affirmer sans bégayer.
« Vous êtes sûr que ce n'est pas plutôt votre travail, McGee ? » demanda son chef.
« Je n'ai jamais rempli aucun de ces documents depuis que je travaille dans l'équipe, patron » révéla-t-il. « Pour quelle raison je devrais le faire aujourd'hui ? »
« Parce qu'à partir d'aujourd'hui, Agent McGee, vous allez faire le travail pour lequel vous êtes payé. En l'occurrence, la paperasse que DiNozzo a rempli à votre place durant toutes ces années. »
« Patron… » gémit-il avant d'être coupé.
« Je ne veux rien entendre, McGee » lança Gibbs, un brin excédé. « Vous travaillez ici depuis trois ans et vous n'avez jamais eu la curiosité de demander quelles étaient vos propres tâches administratives. Vous avez rempli le rôle de second durant mon absence et là encore, vous n'avez pas accompli le travail de votre poste. DiNozzo s'est chargé de le faire à votre place en plus de celui de chef d'équipe. »
« Pff, ça m'étonnerait qu'il ait fait mon travail, il n'a jamais rien dit à ce sujet » bougonna l'informaticien.
« Vous doutez de mes propos, McGee ? »
« Non, patron, je dis simplement que si c'était le cas, DiNozzo l'aurait annoncé haut et fort pour que tout l'étage entende qu'il accomplissait ma part » expliqua l'agent.
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Gibbs fronça les sourcils, il comprenait que McGee tentait de s'exonérer de la part administrative qui lui revenait en reportant la faute sur l'italien. Il décida de lui prouver ses torts. Il s'empara du téléphone qu'il mit sur haut-parleur.
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« Martha, ici Gibbs » s'annonça-t-il d'une voix calme. « J'aurais besoin que vous m'apportiez les documents que DiNozzo a rempli durant mon absence. »
« Bien sûr, Agent Gibbs » répondit la secrétaire. « Je les rassemble et vous les monte dans un moment. »
« J'aurais besoin de tous les documents qu'il a remplis, Martha » insista-t-il. « Ceux qui sont à la charge du chef d'équipe et ceux à la charge du second. Si possible, je souhaiterais également ceux remplis par l'Agent McGee lorsqu'il remplissait les fonctions de second durant cette même période. »
« Ah, pour cette seconde requête, ce sera très facile, Agent Gibbs » indiqua la femme. « Il n'y en a aucun qui soit de la main de l'Agent McGee. Ce qui est très étonnant étant donné qu'il occupait la fonction. L'Agent DiNozzo a complété et signé tous les imprimés lui-même, ceux qui relevaient de sa gestion de chef d'équipe et ceux qui concernaient le poste de second. »
« Vous en êtes bien sûre, Martha ? »
« Absolument positive, Agent Gibbs » confirma la secrétaire. « Je l'ai fait remarquer à l'Agent DiNozzo lorsque j'ai voulu les enregistrer parce que j'ai été étonnée de voir sa signature sur l'ensemble des imprimés. »
« Très bien, Martha, je vous remercie pour cette précision » déclara l'ancien Marine. « Finalement, ce ne sera pas nécessaire de vous déranger pour m'apporter les dossiers. »
« A votre service, Agent Gibbs » dit Martha. « Si je peux aider d'une quelconque manière, je suis là. »
« Merci encore et au revoir, Martha » conclut Gibbs.
« Au revoir, Agent Gibbs » renvoya la secrétaire.
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Gibbs raccrocha sur ce salut avant de fixer froidement son agent. McGee paraissait en colère.
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« Je suis sûr qu'elle exagère, patron » tenta l'agent. « Elle couvre DiNozzo, elle doit avoir le béguin pour lui comme tout le secrétariat. »
« Savez-vous qui est Martha, McGee ? » questionna-t-il.
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L'informaticien se contenta de secouer négativement la tête.
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« Martha est la secrétaire générale, elle occupe le poste depuis plus de 40 ans. C'est le 'dragon' comme l'ont surnommé pas mal d'agents. C'est une employée modèle qui exécute son travail consciencieusement. Elle connait tous les rouages administratifs de l'agence, elle réceptionne la plupart des documents remplis par les équipes des agents de terrain, c'est-à-dire de notre équipe également » expliqua le chef d'équipe. « Elle compulse tout ce que nous lui remettons, consigne les références des documents, les dates de remise et les noms des agents qui les ont remplis et signés avant de les envoyer dans chaque service concerné. S'il y a quelqu'un qui connait ce genre de détails, c'est elle. Il lui suffit de consulter son ordinateur pour nous donner ces éléments et c'est ce qu'elle a dû faire à l'instant. »
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Il vit McGee déglutir nerveusement, l'agent commençait à comprendre qu'il venait de commettre une bourde monumentale en tentant de se justifier et de rejeter la faute sur Tony.
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« Maintenant, Agent McGee, vous allez me faire le plaisir de reprendre les dossiers que Tony vous avait remis et les remplir correctement » ordonna Gibbs avec fermeté. « Et avant que vous n'argumentiez encore, vous avez intérêt à ce que tout soit dûment complété avant la fin de la semaine. Je veux également les voir avant qu'ils soient remis à Martha. J'espère que je me fais bien comprendre, McGee. »
« Oui, patron » capitula l'agent.
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Il reprit la pile qu'il avait déposée sur le bureau de l'italien et la posa sur le sien. Il resta un instant debout sans rien faire, sans savoir quoi faire.
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« Patron ? »
« Un problème, McGee ? »
« Je ne pense pas avoir le temps de finir toute cette paperasse avant vendredi » marmonna l'informaticien. « Pas en plus de nos enquêtes. »
« Oh, aucun problème, ça peut s'arranger facilement » coupa Gibbs.
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Il reprit son téléphone et appela le bureau de Shepard. Cette fois encore, il mit le haut-parleur.
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« Directrice, mon équipe sera hors service durant cette semaine » annonça-t-il sans détour.
« Pour quelle raison, Agent Gibbs ? Il me semble que vous êtes en effectif réduit mais je peux vous assigner un agent temporaire » argua Shepard.
« Ce ne sera pas nécessaire, Madame. Mon équipe doit rédiger la tonne de paperasse requise en temps et heure. »
« Et vous avez besoin de toute une semaine pour ça ? »
« En effet, Madame » confirma Gibbs. « Voyez-vous, DiNozzo se charge depuis son intégration dans mon équipe, de remplir la part administrative non seulement du chef d'équipe et du second mais aussi celle de l'agent junior. Ce qui fait que je dois me remettre à niveau pour remplir ma part et McGee doit apprendre à remplir celle qui lui revient et qu'il n'a jamais accomplie tout comme celle de second lors de l'intérim. Ça risque donc de prendre du temps. »
« Je vois » répondit la directrice d'un ton ennuyé. « J'espère que l'Agent McGee comprendra que, dans ce cas, il ne peut bénéficier du salaire majoré d'un poste occupé à titre temporaire et pour un travail qu'il n'a pas accompli. Je demande à la comptabilité de lui faire une retenue sur salaire pour non-respect de ses obligations. Dans le même temps, j'octroie une prime spéciale à votre second pour surcroit de travail. A l'avenir, que chacun des agents de votre équipe se charge de son propre travail administratif au lieu de se décharger sur un seul d'entre vous. Ça évitera ce genre de problème lorsque ledit agent est absent. »
« Je veillerai à ce que McGee et David remplissent leur part, Madame » confirma Gibbs.
« Vous également, Gibbs » conseilla Shepard. « Montrez le bon exemple incitera vos agents à faire de même. »
« Il va sans dire que je reprends la mienne également » approuva l'ancien Marine.
« Et ne croyez pas que mes propos seront sans effet, je veillerai à ce qu'ils soient exécutés. »
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Sur ce, elle raccrocha au nez de Gibbs qui grimaça. Il détestait lorsque quelqu'un lui copiait ses propres manières et celle-là en particulier.
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Il leva les yeux et fixa son agent d'un air sévère mais ne dit rien, attendant visiblement que le jeune homme commente les propos de la directrice sachant qu'il ne devait pas prendre la sentence de manière sereine. Et il ne fut pas déçu.
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« Elle ne peut pas faire ça, elle n'a pas le droit de diminuer mon salaire ainsi » fulmina-t-il. « J'ai bossé dur durant cette période, plus dur que DiNozzo. Pour quelle raison serais-je celui qui doit payer les pots cassés. »
« Tu as cassé des pots, McGee ? » demanda David qui venait juste d'arriver et n'avait entendu que la dernière réplique. « Qui te demande de les payer ? »
« Métaphore, Ziva, juste une métaphore » répondit son collègue. « Je ne vais pas laisser les choses se passer comme ça. »
« Attention à ce que vous allez faire, McGee » l'avertit Gibbs. « Vous risquez de ne pas aimer les conséquences de vos prochaines actions. Et vous êtes coupable de n'avoir pas accompli ce que l'on attendait de vous. Ne venez pas pleurnicher maintenant, c'est un peu tard pour réaliser votre inertie. »
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Sur ce, il se leva et se dirigea vers l'ascenseur, il avait besoin d'un bon café et de quelques minutes pour digérer les informations dont il venait de prendre connaissance.
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McGee regarda l'ancien Marine quitter l'étage et jeta un regard courroucé à Ziva qui, pour une fois, se tint coi et s'installa tranquillement à son bureau avant de commencer à rédiger un énième rapport fastidieux.
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L'informaticien reprit également place derrière son propre bureau et ouvrit aussitôt sa messagerie. Il rédigea un e-mail à son conseiller juridique en lui expliquant la décision sommaire de la directrice. Il omit bien sûr de s'étendre sur la raison invoquée par sa patronne pour prendre cette mesure qu'il jugeait outrageante et injuste pour lui.
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Il relut son message puis appuya sur la touche d'envoi avant de perdre le courage qu'il lui restait. Il ignorait si sa requête aboutirait à quelque chose mais il n'entendait pas laisser DiNozzo gagner sur lui encore une fois, même si l'italien n'était pas à l'origine de l'action.
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Que pouvait bien avoir fait DiNozzo à la directrice pour qu'elle prenne ainsi faits et gestes pour lui ? Il lui semblait que, durant l'absence de Gibbs, elle ne ménageait pas forcément ses critiques à son égard tout en le félicitant ici et là. Elle savait diablement bien ménager la chèvre et le chou…
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Mais rira bien qui rira le dernier lorsque son conseiller lui donnera les moyens de contrer la directrice et par là même son collègue à qui il parviendra enfin à clouer le bec.
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Dans le bureau directorial, Shepard spéculait sur ce qu'elle venait d'apprendre incidemment. Elle réfléchit intensément à l'usage qu'elle pourrait faire de cette information. Soudain, elle claqua des doigts, elle devait mettre à exécution les mesures qu'elle venait d'annoncer à son subordonné, non seulement pour faire comprendre à son équipe qui commandait mais aussi pour avoir un nouveau moyen de pression qui pourrait lui servir si nécessaire.
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Elle appela donc la comptabilité et demanda à parler au chef de section. Elle fut mise en relation avec Edgard Fraser, le chef comptable.
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« Ici Edgard Fraser » se présent poliment l'homme.
« Directrice Shepard, Mr Fraser » lui renvoya la directrice.
« Que puis-je pour vous, Madame la Directrice ? » s'enquit-il.
« Je souhaiterai que vous procédiez à une révision des salaires perçus par l'Agent McGee depuis six mois, en fait depuis le moment où il est monté en grade au poste de second de l'équipe de Gibbs commandée alors par l'Agent DiNozzo » expliqua Jenny.
« De quelle manière, Madame ? »
« Vous procéderez, à partir de ce mois-ci, à une retenue sur salaire d'un montant correspondant à l'augmentation octroyée pour sa promotion. Il s'avère que cette somme a été indûment perçue puisque le travail n'a pas été accompli. »
« Bien, Madame, je vais m'atteler à la tâche et recalculer les montants à déduire dès ce mois » l'informa Fraser.
« Dans le même temps, je souhaite que l'Agent DiNozzo reçoive le montant équivalent sur son propre salaire en une seule fois » continua sa patronne.
« Hum, vous êtes certaine que… » commença le comptable.
« Vous n'êtes pas payé pour discuter mes ordres, il me semble, Mr Fraser. Faites simplement comme je vous dis. »
« Bien sûr, Madame la Directrice » acquiesça l'homme sans plus tergiverser.
« Dès que l'ordre aura été émis et le montant affecté par virement, j'en veux la preuve » exigea-t-elle.
« Ce sera fait avant la fin de la journée, Madame » indiqua Fraser.
« Bien. Et qu'à l'avenir, je n'ai pas à me répéter, Mr Fraser. Bonne fin de journée. »
« A vous également, Madame » la salua le plus courtoisement possible l'homme.
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Shepard raccrocha, satisfaite et assurée que son agent lui serait reconnaissant de cette manne providentielle. Elle savait que l'italien aimait les vêtements raffinés, il suffisait de voir les costumes de grand couturier qu'il portait avec tant d'élégance. Sa garde-robe devait certainement ponctionner une grande partie de son salaire, cette prime inespérée le ravirait sûrement.
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Alors que Tony goûtait à la douceur de vivre sous le chaud soleil d'Hawaï, McGee se morfondait dans l'attente d'un appel de son conseiller. L'homme lui avait promis de prendre contact avec l'agence dans les plus brefs délais et de revenir aussitôt vers lui. Il n'avait pas eu de ses nouvelles depuis son mail et l'impatience le gagnait un peu plus à chaque heure qui s'écoulait.
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Finalement, ce ne fut que deux jours plus tard qu'il reçut une réponse par retour de mail. Et ce n'était certes pas celle à laquelle il s'attendait. Non seulement, il était réprimandé pour n'avoir pas été totalement sincère avec l'homme de loi mais ce dernier expliquait, en long et en large, qu'il ne pouvait intervenir favorablement pour son client dans la mesure où la sanction prise à son encontre par la directrice n'était pas déraisonnable.
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Il concluait en invitant son client à revoir sa propre position et à accepter la décision prise par son supérieur hiérarchique avec grâce. McGee s'offusqua et indiqua qu'il se passerait désormais de ses services et lui raccrocha au nez.
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McGee était furieux de la tournure prise par tout l'évènement, il avait envie de se lamenter et en même temps, il avait envie de réconfort. Et pour ce second souhait, il savait qui aller voir. Il descendit au labo de la gothique qui, comme chaque fois qu'il était émotionnellement troublé, savait lui remonter le moral. Cette fois, il avait besoin d'extérioriser sa colère contre l'italien.
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Il trouva Abby en plein travail d'analyse et sans même se préoccuper de la déranger, il commença à ruminer sa déconvenue.
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« La directrice a décidé de me réduire mon salaire soit disant parce que je n'ai pas effectué le travail pour lequel j'ai été payé durant l'absence de Gibbs » déclara-t-il, la colère vibrant dans sa voix.
« Ah oui ! » dit la scientifique. « Et pour quelle raison a-t-elle pris une telle décision ? Sans doute pour quelque chose de valable. »
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McGee fronça les sourcils à la réponse de la gothique. D'habitude, elle se serait précipitée pour le câliner et le réconforter. Et elle serait devenue volubile sur le sujet allant jusqu'à menacer quelqu'un de représailles. En l'occurrence, c'est juste ce qu'il avait envie de l'entendre dire.
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« Rien de valable, vraiment, Abby » soupira l'agent. « DiNozzo est non seulement parti en vacances mais il a laissé sur mon bureau et celui de Gibbs, une pile de dossiers et de documents à remplir en indiquant que c'était notre travail et que nous devions désormais l'accomplir. J'ai décrété que je ne ferais pas le travail de DiNozzo et le patron m'a ordonné de reprendre les papiers et de tout traiter d'ici la fin de la semaine. »
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Il se mit à faire les cent pas dans le labo, la colère se muant en fureur. Il se passa la main dans les cheveux de frustration.
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« Tu te rends compte, je dois remplir des dizaines d'imprimés sans même demander l'aide d'autres seconds, de la paperasse que je n'ai jamais traitée. »
« Mais que tu aurais dû faire durant la 'siesta mexicaine' du bossman, n'est-ce pas ? » demanda Abby. « Ça faisait partie de tes responsabilités de second de l'équipe de rédiger une partie de la charge administrative. Et toi, tu ne t'es même pas soucié de savoir si, en tant que second, tu devais accomplir certaines tâches propres à ton nouveau poste. »
« Il ne m'a jamais dit que je devais prendre en charge certains aspects de son travail, il… »
« Oh, agent de mauvaise foi ! » l'interrompit la gothique. « Tony t'a remis des dossiers juste après sa prise de fonction en tant que chef et tu les lui as remis aussitôt sur son bureau avec une note indiquant que tu ne serais pas son 'larbin'. Il en a donc logiquement déduit que tu ne souhaitais pas assumer la fonction de second dans tous ses aspects. »
« Il aurait dû m'expliquer ce qu'il voulait que je fasse exactement, Abby » s'insurgea Tim. « Ce n'est pas comme si je savais ce qu'impliquait d'être second. DiNozzo ne semblait pas tellement surchargé de travail, il passait tant de temps à faire des farces, à draguer toutes les femmes qui passaient dans l'étage. »
« Bon sang, Timmy ! » s'exclama Abby. « Tu n'as jamais eu la curiosité de consulter les spécificités du poste de second, ma parole. La liste des tâches assumées par le bras droit du chef d'équipe est longue comme le bras. Sans compter que Tony préparait également la part revenant à Gibbs depuis son arrivée dans l'équipe en plus de son propre travail. »
« Dans ce cas, il aurait pu continuer durant l'absence de Gibbs, ça ne changeait rien » bougonna Tim.
« C'est finalement ce qu'il a fait, double charge de travail et double charge de responsabilités parce qu'il assumait le rôle de chef mais aussi le tien. Tu n'as jamais vraiment excellé durant ce court intérim » lui rappela sèchement la gothique.
« Bon sang, de quel côté es-tu, Abs ? Du sien ! » grogna-t-il. « Je n'en reviens pas. Après tout ce qui s'est dernièrement passé au sein de l'équipe, tu le défends malgré tout. C'est proprement incroyable. »
« Je ne prends pas sa défense, je te pointe du doigt quelques détails que tu devrais prendre en considération et qui explique la décision de la directrice, Tim » souligna la jeune femme. « Et le fait que Ziva et toi ayez réduit votre nombre d'heures de travail tandis que celui de Tony explosait rentre certainement aussi dans l'équation. »
« Comment peux-tu me reprocher ça ? Nous avons été présents autant que lui. »
« Non, Tim, pas autant que lui » contra la scientifique. « J'ai consulté ses horaires et il a passé plus de 90 heures par semaine ici tandis que vos deux assumiez le minimum requis pour ne pas éveiller de suspicion. »
« Pourquoi as-tu fais ça ? Tu as été autant que nous déçue par lui lorsqu'il a remplacé Gibbs, il me semble. Ton sticker disant 'en formation' était assez explicite. »
« Je pense que je voulais lui faire comprendre qu'il ne pouvait être Gibbs avec moi et qu'il devait être lui. Je n'ai pas réussi à le lui faire réaliser, il a détesté que je lui colle ce post-it » maugréa-t-elle.
« Je trouvais ton geste parfaitement adapté à la situation, il était en formation et il a échoué à l'examen » railla Tim.
« Non, McGee, nous avons échoué à être des supporters pour ce changement » le contredit la gothique.
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Ducky qui venait de pénétrer dans la pièce après avoir entendu une partie de la conversation, intervint à son tour.
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« Vous avez réagi comme des enfants qui étaient privés de leur jouet préféré. Tony a essayé de vous réconforter à sa manière et vous ne lui avez même pas laissé une seule chance de parvenir à vous consoler. Vous avez lâché votre chagrin, votre frustration et votre colère sur lui sans lui laisser l'opportunité de faire de même. Le départ de Jethro a été dur également pour lui et parce qu'il a su garder son chagrin caché, vous avez estimé qu'il n'était pas affecté. En fait, c'est lui qui a été le plus blessé par la désertion de votre chef d'équipe. J'ai également contribué à cette situation en ne prêtant pas attention à l'ambiance parmi vous tous, muré que j'étais dans ma propre colère envers l'ami qui venait de partir abruptement sans nous laisser le choix de l'aider. »
« Mais Ducky, Tony aurait pu nous le dire au lieu de tenter d'imiter Gibbs avant de vouloir tout changer et de nous obliger à suivre ses méthodes, comme ce ridicule 'feu de camp'» le coupa l'informaticien.
« Il a tenté de pratiquer les méthodes de Jethro et vous lui avez lancé qu'il n'était pas Gibbs. Puis il a voulu tester ses propres procédés et vous l'avez rembarré. A force, il ne savait plus comment faire pour que vous acceptiez de travailler en bons termes. Sur le terrain, votre attitude n'était pas mieux, contester ses ordres aurait très bien pu causer une catastrophe. Mais vous ne vouliez pas admettre que votre attitude était irrespectueuse et toi, Timothy, tu t'es laissé influencer par Ziva. Rien de ce qu'Anthony pouvait dire ne vous a permis de changer de comportement. Il a fini par abandonner et cette démission vous a sans doute fait penser que vos pouviez agir comme bon vous semblait. »
« Ce n'est pas ça du tout, Ducky » tenta de se défendre McGee.
« Tout ce que j'ai décrit est parfaitement exact, Timothy et si la directrice a aujourd'hui choisi de remédier à la situation, même tardivement, tu ne peux blâmer que toi-même pour ça et non accuser Anthony. Ce sont tes propres actions qui t'ont conduit à refuser de remplir tes obligations d'agent senior et de croire que ton chef se déchargeait de ses tâches sur toi. Comme l'a dit Abigaïl, Anthony a assumé tes fonctions et les siennes durant cette période sans que tu ne te sembles le moins du monde coupable. »
« Ducky, lorsque Gibbs était encore là, il ne cessait de papillonner à droite et à gauche, de nous faire des blagues, de jouer à des jeux, de flirter à tout bout de champ » remarqua l'agent. « Il ne travaillait pas d'arrache-pied, il s'amusait bien trop pour que nous jugions qu'il bossait dur. »
« Ziva et toi – et dans une certaine mesure, Abigaïl bien qu'elle aurait dû savoir mieux que vous -, vous avez toujours sous-estimé Anthony et sa faculté à se concentrer totalement sur une tâche, de préférence lorsque vous n'étiez pas là » gronda doucement le légiste. « Il profitait du calme relatif de fin de journée et de début de soirée pour remplir la paperasse administrative dont Jethro et lui avaient la charge. Et si ce n'était pas suffisant, il travaillait également la nuit. Il a certainement passé plus de temps ici au travail que chez lui durant l'absence de Jethro. C'est bien dommage que deux agents comme Ziva et toi, qui êtes censés être des enquêteurs chevronnés, ne vous soyez pas rendus compte de ce qui se passait. Vous l'avez laissé tomber, ni plus, ni moins, mon jeune ami. Vous avez trahi la confiance de Jethro en vous liguant contre lui et en l'écartant aussi brutalement de vos sorties. »
« Comment est-ce que tu sais pour ça ? » s'étonna Abby.
« Je n'étais pas aussi aveugle que vous sembliez le croire, ma chère enfant » la rabroua gentiment le médecin. « Ce n'est pas parce je suis resté passif que je ne voyais pas vos mesquineries à son égard. Je ne parvenais pas à réagir pour empêcher la situation dû au fait que j'étais engoncé dans mon propre chagrin mais j'ai bien noté ce qui se passait. Je suis coupable de n'avoir pas mis un terme à pareil problème avant que ça ne dégénère. Vos propres actions ont causé une rupture dans votre relation et la situation actuelle est de votre fait et non celui d'Anthony. Il a juste eu le tort de cacher sa peine à ses amis afin de ne pas alourdir la leur. Vous avez eu le tort de ne pas prêter plus attention à ce qui se passait. Chacun de vous est fautif mais Anthony est certainement le moins responsable d'entre vous. »
« Ducky, c'est… » tenta une fois de plus McGee.
« Je suis certain que vous serez d'accord avec moi, mes enfants » le coupa rapidement Ducky. « Vous avez creusé un fossé entre vous et vous avez laissé Anthony sur le bord du précipice sans lui tendre la main. Et je suis navré de te le dire, Abigaïl mais tu es celle qui lui a causé la plus grande peine non seulement avec l'histoire de la greffe mais en te liguant contre lui durant l'absence de Jethro sans même chercher à connaître les faits réels. Je pense que vous devriez sérieusement réfléchir à votre propre comportement avant de vouloir faire endosser tous les torts à celui qui a été la cible de votre vindicte. »
« C'est trop facile de tout rejeter sur nous trois, Duckman » interjeta Abby. « S'il avait fait un effort de son côté, nous aurions pu trouver un compromis. »
« Reconnaître ses propres torts n'est jamais facile mais je pensais que vous seriez assez honnêtes pour le faire » soupira le légiste, déçu par leur attitude. « Je comprends que l'influence de Ziva vous a entraînés dans une spirale dont il vous est difficile de vous extraire mais il me semble que vous êtes assez intelligents pour faire votre mea culpa. Dans le cas contraire, préparez-vous aux conséquences et aux changements qui s'en suivront. Sachant également comment tu réagis dans ce cas, Abigaïl, il va s'en dire que le futur proche sera difficile pour moi. »
« Qu'entends-tu par là, Ducky ? Tu sais quelque chose que nous ne savons pas ? » s'enquit l'informaticien.
« Je ne suis pas dans les confidences aussi bien d'Anthony, que de Jethro ou encore de Jennifer mais je peux vous prédire que les choses ne vont pas rester telles qu'elles sont aujourd'hui » annonça le légiste doctement. « Maintenant, je crois que tu as du travail qui t'attend, Timothy et tu ferais mieux de t'y mettre sans tarder si tu espères regagner la confiance ou l'estime de ton patron » poursuivit-il sans mentionner à quel supérieur il faisait référence.
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Sur ces dernières paroles, il quitta le laboratoire espérant avoir donné matière à réfléchir aux deux jeunes gens. Il savait que Ziva David avait appuyé sur les boutons appropriés pour chacun d'eux afin de s'assurer leur coopération dans sa campagne de dénigrement de l'italien. Sans eux, elle aurait certainement eu bien du mal à entamer la confiance de l'agent ou mis plus de temps à saper sa résistance.
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Il soupira encore une fois tout en priant pour que chacun fasse en bonne conscience le bilan de leur comportement et agisse en conséquence. Il n'avait pas le pouvoir d'influencer les pensées ou actes de l'équipe mais il pouvait les aider à voir plus clair si seulement ils se donnaient la peine de le faire avant que la situation ne dégénère totalement.
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Ce qu'il pressentait était pourtant plus sombre que ce que chacun des protagonistes pouvait imaginer. Mais verra qui vivra !
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McGee et Abby regardèrent le légiste quitter la pièce avant d'échanger un regard triste mais non coupable. Chacun d'eux ne se sentait pas responsable de la situation, tout était de la faute de DiNozzo qui n'avait pas su gérer le départ de Gibbs et son remplacement à la tête de l'équipe.
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Pour McGee, l'homme ne pouvait devenir, du jour au lendemain, sérieux et responsable et leur donner des ordres comme s'il savait ce qu'il faisait. Le clown de service ne pouvait se muer en chef en l'espace de 24 heures. Il fallait des dispositions spécifiques pour assumer la charge de l'équipe première de l'agence et DiNozzo n'était pas qualifié pour ça.
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Pour Abby, personne ne pouvait remplacer son 'Silverfox', c'était impensable que Tony puisse s'imaginer avoir l'outrecuidance de se prétendre chef à la place du chef. Certes, il était son ami mais elle ne pouvait pas faire l'impasse sur sa relation passée avec McGee et donc la nier tout comme son amitié avec Ziva, durement acquise, ne pouvait être reléguée aux oubliettes.
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Faire leur mea culpa comme l'exigeait Ducky n'était pas à l'ordre du jour pour eux.
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Ziva David ignorait ce qui justifiait l'attitude de ses deux collègues mais elle n'en avait cure. Elle savait que, bientôt, l'équipe serait débarrassée de l'arrogant et incompétent second de Gibbs. Il serait alors temps pour elle de jouer son joker et de briguer la place qui serait devenue vacante.
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Son père avait parfaitement planifié le plan de son intégration au sein de l'équipe, depuis le meurtre de l'Agent Todd et celui d'Ari jusqu'à sa prise de position en tant que bras droit de Gibbs. Elle serait alors en bonne place pour envoyer des informations confidentielles sur les opérations organisées et dirigées par le NCIS au Moyen Orient ou dans toute autre partie du monde où le Mossad serait engagé.
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Tout ce qu'elle avait à faire était d'être patiente même si cette qualité lui faisait souvent défaut et particulièrement dans cette situation.
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Voilà, pour celles qui ont souhaité avoir un aperçu de la réaction de l'équipe, j'espère que ce chapitre vous a satisfaites.
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Le suivant reprendra là où j'ai laissé nos deux hommes et la rencontre avec le reste de l'équipe du 5.0 en sera le sujet.
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A bientôt
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Chtimi
