A/N: Alors, qu'avez-vous pensé de la Bataille de Dale? Était-ce assez intense à votre gout? Croyez-moi, on n'est pas prêts d'être tranquilles! :P


Disclaimer: Je ne possède ni les personnages présentés dans cette histoire ni la majorité des scènes qui s'y déroule. Je ne possède que mes personnages Baraz et Fíli, fils de Kíli ainsi que les aventures qu'ils vivent.


25. Sorti des cendres


3019 T.A.


2 avril


Baraz se tenait à l'entrée de la Montagne, la rivière s'écoulant à côté d'elle, le soleil jouant sur son visage tandis qu'elle observait la cité de Dale qui était en cours de reconstruction. Une brise légère était dans l'air, faisant bouger les mèches courtes des cheveux qu'il lui restait sur la tête, et elle soupira.

La guerre était finie, c'était ce qu'on lui avait dit. Ils avaient gagné, et Sauron était mort. Et pourtant, après le soulagement initial quand son père lui avait raconté l'histoire de leur victoire, Baraz avait l'impression que la plus compliquée des épreuves était encore à venir. Elle n'arrivait pas à se défaire de cette impression, et parfois, elle souhaitait être de nouveau en Lórien pour pouvoir en parler à Lady Galadriel.

Mais aucun Elfe n'était là pour répondre à ses questions. Les deux survivants étaient repartis pour la forêt deux jours auparavant, escortés par quatre des soldats de Bard. Certains disaient que Mirkwood avait subi de lourdes pertes pendant la bataille de Dol Guldur, mais Thranduil était toujours là, immuable comme un arbre d'un millénaire, dont les racines étaient bien ancrées dans le sol.

La plupart des habitants de Dale avaient retrouvé leur cité. Les familles partageaient leurs habitations avec leurs frères, sœurs, oncles, tantes ou grands-parents dans le cas où leur maison avait été détruite, et tous ceux qui s'en sentaient capables, hommes, femmes et même enfants, aidaient à la reconstruction, aidés par les Nains qui leur apportaient leurs matériaux solides et leur expertise.

Seule une dizaine était restée dans la Montagne, dont la reine Talia et Sigrid. Elles avaient encore un bon nombre de patients qui ne pouvaient pas être déplacés, et le palais de Dale avait souffert trop de dégâts pour que la famille royale s'y réinstalle.


Donc Baraz était là, les yeux fixés sur la fine fumée qui s'élevait toujours de l'Est une semaine après l'éruption de Mount Doom, et elle espéra que sa prémonition n'était pas fondée.

« Azbadu men… » s'éleva une voix derrière elle, et Baraz se retourna, saluant de la tête le jeune Nain qui se tenait en-haut des escaliers. Elle reconnut le fils de Frír, mais ne put mettre de nom sur son visage. « Le Roi souhaite vous voir au Conseil. »

« Je m'y rends de suite. Merci. » Elle jeta un dernier coup-d'œil à la cité éclairée par la clarté du printemps, et voulut une fois de plus s'échapper à dos de poney plutôt que de s'enfermer dans la Montagne qui ne lui correspondait plus. Mais elle suivit le jeune Nain et arrangea sa tenue avant d'entrer dans la salle du Conseil.

Fíli l'avait aidée à couper le reste des mèches brulées pour lui confectionner une coiffure plus acceptable. Sur le côté gauche de sa tête, sa chevelure repoussait encore, mais était coupé court à la façon de certains Hommes sur le côté droit, elle atteignait son épaule et avait été tressé près du crâne avec les tresses rituelles de son clan personnel. Gazardu. La Dame Sage. Son titre à elle.

Quand elle entra dans la pièce, elle remarqua la présence de plus de gens que d'habitude. Thorin discutait avec Bard, qui avait amené avec lui plusieurs des anciens de Dale Fíli était en pleine réflexion sur sa chaise, entouré par Glóin et Dwalin et Dóri et Nóri étaient là également, bien que d'ordinaire exempts d'obligations royales.

En fait, comprit-elle assez vite, seuls les Nains dans les veines de qui coulait le sang de Durin était présents.

« Ah, Lady Baraz, » dit Thorin une fois qu'il la vit. « Nous n'attendions plus que toi. » Il lui fit signe de s'asseoir dans la chaise qui avait été celle de Kíli, à sa droite, et une fois qu'elle eut pris place, Fíli lui prit la main pour la rassurer. Le reste des conseillers s'assirent alors.

Bard, qui était assis à la gauche de Thorin et donc en face d'elle, la fixa intensément, un sourire aux lèvres. Baraz ignora son regard bleu et fixa la table à la place. Ce n'était pas le moment de flirter avec un roi.

« Mes seigneurs et ma dame, je vous ai demandé de venir aujourd'hui car j'ai reçu des nouvelles du Sud. » Il sortit un parchemin de sous la table et le posa devant lui. « Minas Tirith a enfin un roi. La lignée d'Elendil est revenue en ses terres. »

Baraz releva la tête à ces mots. Elle se demanda un instant si le roi en question était bien celui auquel elle pensait, et sentit une once de fierté la submerger à cette idée.

« Ce roi se nomme Elessar, et était apparemment un compagnon de notre Azbad Gazardu. » Thorin se tourna vers Baraz avec un sourire entendu.

Baraz fronça alors les sourcils. « Je ne connais aucun Homme du nom d'Elessar. J'en connais un qui s'appelle Aragorn, fils d'Arathorn, héritier d'Isildur, et si c'est de lui dont vous parlez, alors nul autre n'a mérité sa couronne autant que lui. » Elle avait recommencé à vouvoyer Thorin après son couronnement. En tant que jeune femme célibataire, elle ne pouvait sensément pas s'adresser de manière informelle à un monarque lui aussi non-marié…

Thorin acquiesça. « Il s'agit bien de lui. Il a été décidé, » continua-t-il en direction du reste de la table, « que le roi Elessar serait couronné le premier jour de mai. En présence d'envoyés des quatre coins de Middle-Earth. Nous avons déjà un émissaire à Minas Tirith, bien sûr : Gimli, fils de Glóin mais je souhaiterais qu'un groupe plus étoffé ne rende nos hommages à Sa Majesté. »

Bard prit la parole d'un ton qui n'annonçait rien de bon. « Dale enverra elle aussi des émissaires, bien sûr, au cas où vous vous seriez posés la question. Et le Roi Thorin et moi-même avons choisi nos envoyés. »

Thorin acquiesça en direction de son homologue humain. « En effet, nous l'avons fait ensemble. Trois de chaque race iront. Comme Gimli compte déjà pour un pour Erebor, j'en ai choisi deux de plus. » Il se tourna vers le côté droit de la table. « Fíli, fils de Kíli, Prince d'Erebor, mon cousin, tu étais un choix aisé. » Le blond hocha la tête comme pour accepter sa mission. « Et Lady Baraz, en tant qu'ancienne compagne de route du nouveau roi, il était aisé de t'élire également. »

Baraz ne fut que partiellement surprise. Elle aurait été bien déçue de ne pas avoir été choisie. Ses amis lui manquaient terriblement, et elle n'attendait qu'une chose : savoir ce qu'il était advenu de Frodo, Pippin et Legolas durant ces longues semaines.

Ce à quoi elle ne s'attendait pas, par contre, c'était la réponse de Bard. « Lady Baraz a également été choisie pour nous représenter. En tant que citoyenne d'Erebor et Dale de manière égale, nulle autre n'aurait pu faire honneur à nos deux races. » Il y eut une rumeur autour de la table, marquant l'accord des personnes en présence, mais Baraz ne put détacher son regard de celui du jeune roi. Elle était curieuse : le pensait-il vraiment ? Elle n'avait pas prêté serment envers Dale depuis qu'elle avait quitté son lit de malade. Elle était restée cloitrée dans la Montagne depuis que Thorin l'avait nommée Lady Gazardul, et pourtant, il la considérait toujours comme citoyenne de Dale ? Cela la surprenait.

« Lords Eckard et Torsten, vous l'accompagnerez, si vous l'acceptez. » Deux hommes plus âgés acquiescèrent. Bard les avait bien choisis. Tous deux généraux, ils avaient servi pendant la Bataille de Dale et portaient les cicatrices qui le prouvaient. Ils avaient également assez d'expérience sans être trop vieux, ce qui était un atout au vu du long voyage qui les attendait.

Thorin continua la réunion en se levant et en levant un verre. « Que votre voyage se passe sous les meilleures augures ! Vous partez dans trois jours ! »

Baraz se leva également, en même temps que les autres, mais elle regardait toujours Bard.

Elle devait absolument lui parler.


Elle retrouva le roi fraichement couronné dans les quartiers que Thorin lui avait prêtés, ceux qui avaient un jour appartenu à Kíli.

Bard l'attendait, elle en était certaine, car quand elle entra, des bougies avaient été allumées et un feu craquait dans la cheminée. Bard ne portait plus sa tunique et sa couronne royales, mais avait gardés son pantalon et une chemise de lin beige.

Son cœur ne fit qu'un tour quand elle réalisa que la scène avait l'air plutôt romantique. Et elle n'y était pas vraiment préparée.

Elle se souvenait du baiser qu'ils avaient échangé dans les couloirs d'Erebor une semaine plus tôt, et se souvenait des sensations que cela avait réveillées en elle. Mais elle était toujours tiraillée entre cœur et raison, et ne savait toujours pas comment choisir entre les deux.

« Baraz, entre. Tu avais l'air de vouloir me parler de quelque chose… » dit Bard quand elle eut pénétré dans la pièce. Il ferma la porte derrière elle et lui tendit un verre de vin.

« Bard, je… » commença-t-elle, agrippant le verre alors que le regard du roi brillait sous les flammes des bougies, « pourquoi m'as-tu nommée comme ton émissaire ? Je n'ai rien fait pour Dale ses derniers temps, loin de là, et- »

« Chut, » la fit-il taire d'un sourire. « Tu n'as peut-être pas été très présente à Dale ces derniers jours, mais tu as plus contribué à sa survie que les autres. Tu l'as sauvée. Personne ne méritait cet honneur plus que toi. »

Baraz but une gorgée de vin. Cela lui donna du courage. « Tu n'es pas vraiment impartial… »

« Non, en effet. C'est pourquoi j'ai demandé l'avis de mes conseillers. » Il but lui aussi, un sourire en coin aux lèvres.

Ils se tenaient très près l'un de l'autre. Trop, peut-être. Dans une pièce sombre dans laquelle brillaient des bougies. Baraz se sentit minuscule, et fut incapable de bouger.

« Baraz, je dois te poser une question, » dit-il après un moment, et il lui prit le verre des mains pour le poser sur le côté. Puis sa main remplaça le gobelet, et Baraz se perdit dans ses yeux bleus. « Maintenant que je suis roi, j'ai des responsabilités. L'une d'elles…est de produire un héritier. »

Baraz rougit furieusement et fit mine de libérer sa main, mais il l'attira encore plus près de lui avec un regard amusé.

« Ce n'est pas ce à quoi je pensais. Ce que je voulais dire, c'est que…je dois me marier. »

Baraz le fixa sans comprendre, puis rougit une fois de plus quand la lumière se fit enfin dans son esprit. « Tu voudrais m'épouser moi ? »

« Seulement si tu acceptes. »

Un autre silence. Baraz se sentait déchirée en deux, et c'était douloureux. Son cœur battait bruyamment dans sa poitrine, heureux plus que jamais auparavant que cet homme extraordinaire et magnifique eût des sentiments pour elle et son esprit lui hurlait de partir en courant. Vous n'avez rien à faire ensemble, semblait-il vouloir dire.

Elle choisit de faire taire son esprit pour cette fois. « Y as…y as-tu bien réfléchi ? »

« Oui, » répondit-il sans attendre, comme s'il savait à l'avance qu'elle le lui demanderait. « Je pense que toi et moi avons eu cette étincelle dès notre rencontre. T'en souviens-tu ? » ajouta-t-il avec un sourire plein de tendresse. « Tu venais tout juste de te faufiler en ville et quand tu as retiré sa capuche, j'ai cru voir la plus belle Naine du monde. Je pensais avoir tort de penser cela, évidemment. Mais je n'ai pas changé d'avis. »

Baraz rougit de plus belle. « Je m'en souviens. Tes yeux… » elle le fixa. « J'ai ressenti quelque chose qui ne m'a pas plu. Et ça ne me plait toujours pas. »

Il eut un petit rire avant de lui embrasser le bout des doigts. « Si tu as besoin de temps, je t'en donnerai. Donne-moi ta réponse à ton retour de Minas Tirith. Je peux distraire mes conseillers assez longtemps. »

Baraz avait l'impression d'être encore en feu, mais cette fois, les flammes n'étaient pas douloureuses. Il le pensait vraiment. Il voulait vraiment faire d'elle sa femme. Sa reine. Elle lui reprit doucement sa main et la plaça sur sa joue. « Alors je te répondrai quand je reviendrai. »

Il sourit, l'une des plus belles choses qu'elle ait jamais vues, et quand il se pencha et plaça un tendre baiser sur ses lèvres, elle l'attendait. Cette fois elle répondit à son baiser, si même seulement pour un instant. Et puis elle quitta la pièce, le cœur serré et les lèvres gonflées d'avoir été si bien embrassées.


Quitter Erebor fut bien plus facile que ce que Baraz aurait cru. Peut-être parce qu'il n'y avait aucune menace au-dessus de sa tête ou peut-être parce qu'il n'y avait presque personne pour leur dire au revoir. En tout cas, la Montagne qui s'éloignait dans son dos la faisait se sentir plus légère à chaque pas.

Fíli, Eckard et Torsten étaient de très agréables compagnons de route. La guerre les avait sans aucun doute aidés à se rendre compte que l'existence était précieuse et que leur temps était compté. Chaque heure éveillés était donc utilisée pour rire, parler du bon vieux temps ou chanter des chansons paillardes. Baraz ne s'ennuyait pas une seconde, et était ravie d'avoir de quoi la distraire.

Quelques fois elle sentait le regard des deux Hommes sur elle quand elle parlait avec son cousin et ami, et ne savait pas quelle en était la raison. Parfois ils semblaient perplexes, d'autres fois ils la fixaient avec émerveillement. Elle se posa des questions, mais ne les posa pas.

Il avait été décidé que leur petit groupe se rendrait d'abord à la lisière de Mirkwood pour y rejoindre la délégation de Thranduil. Bien que son fils soit déjà sûrement à Minas Tirith – s'il avait survécu, et cette pensée fit frissonner d'inquiétude Baraz – le roi des Elfes Sylvains avait décidé d'envoyer pas moins de dix des siens. Thorin avait bien entendu fait un commentaire désobligeant sur la tête démesurée de 'la grande blonde'.

Mais en fait, alors qu'ils s'approchaient de la frontière de son royaume, Baraz comprenait pourquoi tant d'Elfes souhaitait être présents dans la Cité Blanche. Le Temps des Elfes arrivait à son terme. Et même quand elle avait encore été dans la verte Comté ce qui paraissait être un âge auparavant, le Peuple aux Oreilles Longues s'était régulièrement rendu aux Havres Gris à l'Ouest, et nombre d'entre eux avait quitté Middle-Earth pour toujours.

Et même en cet instant, alors qu'ils traversaient la rivière près du Lac, ils pouvaient apercevoir des bateaux elfiques descendant le fleuve gentiment, emmenant les immortels au Sud et vers Valinor…

Cela rendait Baraz inexplicablement triste.


« Aier ! » se fit entendre le surnom dès qu'ils se furent installés à l'orée de la forêt ce soir-là.

Baraz se leva, un sourire se formant sur ses lèvres quand elle reconnut l'Elleth qui l'avait saluée. Elle était immensément rassurée. « Tauriel ! »

L'Elleth rousse était accompagnée par quelques soldats et quelques courtisans, tous aux cheveux bruns et aux traits propres aux Elfes Sylvains. Elle portait son armure de cuir habituelle, bien qu'elle fût marquée de quelques traces de batailles.

« Mellon-nîn, » commença Baraz, plaçant une main sur le bras de son amie, « j'ai craint le pire quand j'ai appris que tu avais accompagné ton roi à Dol Guldur. »

Le sourire de Tauriel ne fana pas. « Ce fut une bataille bien sanglante, trop pour les gens comme toi. Mais nous l'avons gagnée, et c'est tout ce qui compte. » Elle regarda par-dessus la tête de Baraz à ses compagnons. « Mae govannen, Nogoth ar Edanea. Je me nomme Tauriel, Capitaine de la Garde Royale. » Enchantée, Nain et Humains.

« Mon amie, » ajouta Baraz. Elle fit alors un signe envers ses compagnons pour les présenter. « Lords Eckard et Torsten sont les envoyés du roi Bard. Tous deux sont de grands guerriers qui ont bien combattu pendant la Bataille de Dale. Et celui-ci, » elle laça son bras avec celui de son cousin, « c'est Fíli, fils de Kíli, mon ami et cousin. »

Fíli fixait Tauriel avec des yeux écarquillés. Il avait l'air en trance, surtout quand elle lui sourit avec ses grands yeux verts. « Oui, j'ai brièvement rencontré votre père, le Prince Kíli, quand il était plus jeune. Enchantée, jeune Fíli. »

Les Elfes établirent leur camp près des autres voyageurs, et alors que la nuit tombait, Baraz eut l'impression d'être de retour à Rivendell quand l'air s'emplissait de récits merveilleux et de mélodies douces…


Cela prit au groupe deux semaines pour atteindre le côté Sud de Mirkwood. La forêt redevenait lentement celle qu'on avait connue sous le nom de Greenwood, et les Elfes Sylvains étaient de plus en plus joyeux au fil du voyage. Leur force vitale, après tout, était liée intimement à celle de leur lieu de naissance.

De là, il fut décidé qu'ils rejoindraient la Rivière Silverlode depuis la Lórien, et qu'ils y prendraient des bateaux pour rejoindre Minas Tirith.

Baraz sentit ses épaules s'alourdir quand, trois semaines après leur départ, ils atteignirent les rives de Parth Galen et Amon Hen. Fíli la questionna du regard quand elle pâlit à la vue des pierres blanches qui les accueillirent, mais elle ne répondit que lorsqu'ils eurent dépassé les Chutes de Rauros près des frontières du Gondor.

Tauriel et Fíli, qui avaient passé un certain temps ensemble – ils s'appréciaient visiblement énormément, et pas de manière romantique, ce qui était appréciable – parvinrent à la prendre à part quand ils s'installèrent pour la nuit au Nord de l'Ithilien.

« Tu vas nous dire pourquoi tu fais cette tête, mon amie, » commença l'Elfe, et Fíli croisa les bras sur sa poitrine pour avoir l'air plus sévère.

Baraz eut un rire sombre et leur fit signe de s'asseoir avant de soupirer. « Ce n'est pas une histoire que j'aime raconter. » Elle observa la vallée sublime qu'elle pouvait voir de là où elle s'était installée au sommet d'une colline, et trouva cette terre apaisante. Cela lui rappela encore la Comté, et elle fut frappée de nostalgie.

« Pas de cela. Il y a une raison à tout ce malheur, et nous voulons savoir ce que c'est. »

Fíli acquiesça. « Ça a commencé quand nous avons dépassé ces statues. »

Baraz ferma les yeux et revit les imposantes silhouettes de l'Argonath, les Rois d'antan. Elle soupira de nouveau. « Très bien. Mais comme je vous l'ai dit, ce n'est pas une histoire agréable. »

Tauriel hocha la tête et ajouta « Tu y as perdu un ami » et Baraz ne put que la regarder, surprise.

« En effet. Il est né sur ces terres, venait de Minas Tirith. Son nom était Boromir, et c'était un homme profondément bon. Pendant des mois il a été tourmenté par le pouvoir de l'Anneau, et finalement, il a été tué en protégeant deux de mes amis Hobbits. » Elle essuya une larme sur sa joue. « Cela s'est passé sur les rives de Parth Galen. »

Tauriel posa la main sur sa jambe. « Aier, perdre des personnes que tu aimes est normal en temps de guerre. Je suppose que la tristesse est décuplée parce qu'il s'agissait de la première, mais il ne sert à rien de s'attarder là-dessus. L'Homme du Gondor est mort en héros, et cela compte plus que le reste. »

Elle avait raison, bien sûr. La mort de Boromir l'avait affectée plus que celle de Gandalf, peut-être parce qu'elle avait été convaincue, au fond, que le sorcier n'était pas réellement mort elle ne le saurait jamais, mais revoir le corps du guerrier brun percé de flèches avait été le point de départ de nombreuses souffrances, et la proximité de l'endroit où cela s'était passé avait rouvert la plaie qui n'avait pas vraiment cicatrisé…

Elle remercia Tauriel et Fíli de leurs paroles et regarda le soleil se coucher sur l'Ithilien, réalisant que le jour suivant, elle verrait la Cité Blanche et y retrouverait d'autres amis. Des amis vivants. Grâce au sacrifice de Boromir.

Et cela l'aida à faire son deuil…