Titre : Gentlemen Sorciers
Auteur : Suzan
Note : Je m'excuse platement d'avoir torturé les personnages de Joanne Kathleen Rowling.
Avertissement : Ce texte mets en évidence de relations homosexuelles, il serait donc préférable au jeune public et aux homophobes de s'abstenir.
NDA : Bonjour à tous ! Je profite d'une jolie insomnie pour poster ce chapitre tout beau tout juste relu - du coup j'espère qu'il n'y aura pas trop de fautes. Je suis navrée pour le rythme un petit peu erratique de la publication en ce moment, le déménagement ne laisse que peu de place au reste. Merci pour vos encouragements et vos commentaires ainsi que vos mots de soutien qui sont les bienvenus en ce moment. Une petite annonce assez triste finalement : ce chapitre était l'avant dernier de ceux initialement prévu. Autant dire que je n'ai plus que deux chapitres prêts à être postés, le 26 et l'épilogue. Je pense pouvoir poster le chapitre 26 la semaine prochaine mais après ce sera la coupure du déménagement et j'en profiterai pour rédiger les quatre bonus... Oui je suis un peu folle... Sur ce, je vous laisse profiter de ce chapitre. On se retrouve en bas =)
Leçon n°25 : De l'art de prendre un nouveau tournant
Severus s'éveilla le lendemain matin. La migraine de la nuit était revenue mais sa fièvre avait baissé. Il essaya de se relever dans son lit et un élancement le fit se tenir tranquille. S'il y avait une chose que Severus Rogue avait apprise sur la douleur pendant les nombreuses années où il avait espionné c'était qu'il était inutile de la provoquer… Il tourna doucement la tête sur le côté pour voir Potter en train de dormir, assis sur un fauteuil à côté de lui, un plaid posé sur les jambes, les lunettes encore posées sur son nez.
Il fallut quelques secondes au maître des potions pour comprendre que son nouvel époux l'avait veillé pendant une bonne partie de la nuit. Remisant ses pensées à plus tard, la gorge sèche, il appela Archie dans un souffle. Son elfe apparut immédiatement, un plateau à la main. Précautionneusement, il aida son maître à boire deux gorgées d'eau puis les trois flacons de potions – Pimentine, Anti-douleur, Énergétique – en provenance directe de l'armoire à potions du Manoir.
Archie l'aida ensuite à se placer en position assise, retapant légèrement ses oreillers en faisant le moins de bruit possible pour ne pas réveiller le jeune Lord. Il s'éclipsa ensuite pour apporter un café en guise de petit-déjeuner.
Severus était épuisé malgré ses nombreuses heures de sommeil. La maladie appuyait sur ses capacités intellectuelles, pressant son cerveau et faisant battre le sang à ses tempes. Il attendit patiemment que la sensation se diffuse après l'ingestion des potions, observant le visage détendu de son mari sur le fauteuil.
Archie lui apporta son café sur un plateau qu'il posa sur lui. Il profita de l'endormissement du jeune maître pour faire part de ses récriminations.
- Maître Harry a demandé à Dobby de venir cette nuit. Il n'a pas appelé Archie.
Severus manqua de lever les yeux au ciel. Son elfe était froissé dans son ego professionnel. Comment lui dire que Potter avait sans doute paniqué et appelé la première personne qui lui venait en tête ? A en juger par la moue de son elfe de maison, l'explication passerait mal. Que le jeune homme n'ait pas pensé à faire appel aux services des domestiques présents, démontrant un manque de confiance en leurs capacités, ne passerait pas facilement.
Le maître des potions prit alors un air maussade, sous entendant que son état de santé ne lui permettait pas de gérer les querelles domestiques. Archie s'excusa en voyant son maître en souffrance et partit finir le petit déjeuner. Severus bénéficia ainsi de silence et de repos.
Le réveil d'Harry fut douloureux. La nuque cassée après une nuit passée dans le fauteuil, il étendit ses jambes ankylosées avant de se précipiter vers le lit, se rappelant la maladie de son époux. Il se rassit, les bras ballants, observant Severus en train de prendre connaissance du journal du jour, le dos appuyé contre un considérable pile d'oreillers.
- Bonjour, le salua-t-il d'une voix rendue rauque par le sommeil. Comment vous sentez-vous ?
Severus tourna doucement la tête vers lui. Ce matin, son ancien élève et récent mari, avait décidé de s'adresser à lui formellement. Cette alternance continuelle dans leur façon de s'adresser à l'autre commençait à lui donner le tournis. L'homme en déduisait juste que leur intimité n'était pas parfaite.
- Mieux, je crois, émit-il en fronçant les sourcils. Je vous remercie pour vos soins.
La phrase laissa Harry perplexe. Son mari pensait-il vraiment qu'il l'aurait laissé frissonnant de fièvre dans le lit ? Il capta son regard noir, cherchant à décrypter ses pensées. Que se passait-il dans la tête de Severus Rogue ? Une espèce de sourire naquit à la commissure des lèvres, renvoyant Harry à un autre souvenir. Il le chassa, ainsi que son sentiment de jalousie et répondit finalement à son vis-à-vis.
- Je suis ravi si j'ai pu être d'une quelconque aide. Je vais me préparer pour la journée.
Abandonnant la chambre conjugale, il se rendit dans la salle de bain pour se laver et se vêtir.
Severus était soucieux. Avec sa migraine et son état d'affaiblissement général, ses barrières mentales n'étaient plus au maximum de leur capacité. Lorsqu'il avait croisé le regard de son époux il avait été projeté dans ses souvenirs. Une sensation étrangement familière. Il n'avait pu s'empêcher d'assister au cours des pensées de son époux.
Il vit l'inquiétude que lui avait causé son état de la veille et les soins empressés qui lui avait administrés avant de le veiller une bonne partie de la nuit. Il ne put s'empêcher de sourire face à la curiosité du jeune homme pour sa personne. Il fut très étonné par le souvenir que cette simple expression appela dans la mémoire du jeune Potter. Il se vit rire avec Miss Parkinson la semaine précédente. La jeune femme avait une façon de décrire les choses tout à fait réjouissante, comme l'avaient prouvé ses nombreuses rédactions lors de sa scolarité puis ses réparties inventives pendant les soirées mondaines.
Il ressentit l'aiguillon de la jalousie transpercé Harry Potter, puis sa contrariété et son indécision. Il ne sut comment interpréter correctement les sentiments qu'il avait entraperçus. Confus, il retourna à sa lecture.
- Tu n'écoutes pas, Parkinson, le bleu azur c'est démodé… Asséna Percy d'un ton suffisant.
- C'est toi qui ne m'écoutes pas, la belette, puisque je te dis qu'on ne peut pas envoyer des cartons unis… Il faut un motif qu'il soit bleu, blanc, noir…Ce que tu veux mais pas rouge. Ce serait vulgaire.
La répartie qui vint naturellement aux lèvres du jeune Secrétaire resta coincée tandis que le Lord en titre pénétrait dans le bureau. Il trancha en faveur de la jeune Intendante et ressortit, un sourire aux lèvres, amusé par leurs pitreries.
- Ce sera blanc et bleu, asséna Pansy avec toute sa morgue.
- Très bien, soupira le jeune homme roux, mais je persiste à dire que ton message n'est ni clair, ni élégant…
- Que veux-tu mettre sur des cartes de vœux en dehors de « bonne année et bonne santé » ?
- Justement quelque chose de plus élégant, de plus élaboré…
- Comme ?
- Je réfléchis, rétorqua sèchement l'ancien Gryffondor.
Il maudit son homologue car il savait qu'en plus de savoir choisir des couleurs, elle avait un certain sens de la formule.
- « Que cette année soit prospère pour vous et votre lignée » ? Proposa Percy en masquant le doute dans sa voix et dans son expression.
Le visage de Pansy se tordit dans une moue de dégoût.
- Tu n'as pas plus pompeux comme formule ?
Un silence réflexif tomba sur le bureau.
- On va mettre « En espérant que cette nouvelle année vous soit prospère » et on ajoute un charme réfrigérant dessus pour glacer les lettres. C'est ma dernière offre, le rouquin, lança la jeune femme en lui présentant un prototype qu'elle enchanta en joignant le geste et la parole.
Il observa le carton sous toutes les coutures et le reposa solennellement sur la table.
- Vendu.
Un sourire complice naquit sur leurs lèvres et ils commencèrent à lister les noms, prénoms et qualités des futurs destinataires. Après plus d'une demi-heure de travail, Percy s'exclama :
- On a oublié les Potter !
Pansy souffla en levant les yeux au ciel.
- On dira que leur carton s'est perdu.
Un rire un brin hystérique naquit dans la gorge de Percy. Il était tellement fatigué qu'il se permit de glousser, vite rejoint par son homologue. Ils perdirent une minute à imaginer la pire carte de vœux possible puis se remirent tranquillement au travail.
Severus se remit rapidement, au grand soulagement de toute la maisonnée. Harry s'empressa de lui transmettre les différents précis qu'il avait établis à partir des messages qu'on lui avait adressé. Il le remercia d'un hochement de tête. Percy et Pansy furent déchargés d'une partie du travail de Lord Prince et purent envisager plus sereinement la fin de l'année. Enfin, Benedict avait l'air ravi de le revoir traîner près de la nursery et il avait essayé de défroisser l'ego du pauvre Archie.
Tout semblait parfaitement bien dans le meilleur des mondes. Et pourtant. Severus doutait. Très légèrement. Il ne l'aurait admis devant personne, pas même Lucius, mais ce qu'il avait vu par inadvertance dans l'esprit du jeune Potter l'obsédait. Était-ce une forme de préoccupation pour lui ? Était-il jaloux de la relation que Miss Parkinson entretenait avec lui ? Ou était-il jaloux de sa relation avec elle ? La question ne cessait de se présenter à son esprit. Aussi Severus, en bon Serpentard, commença à observer plus discrètement leurs relations.
Il semblait y avoir une franche camaraderie entre eux et souvent Harry se rangeait à son avis. Severus ne pouvait pas lui en vouloir : l'opinion de Miss Parkinson était un choix sûr. Ils travaillaient efficacement ensemble et elle gérait d'une main experte les cordons de la bourse. La jeune femme lui faisait presque regretter de n'avoir aucune aide pour gérer sa propre Maison mais en dehors d'elle, il ne voyait pas en qui il pourrait avoir suffisamment confiance.
En réalité, le nœud du problème se situait à ce croisement. Avait-il confiance en Harry ? Et en Parkinson ? Était-il trompé sous son propre toit ? Pourquoi cela lui importait-il autant ?
En deux jours, Severus récoltait les détails, les informations, cherchant à les interpréter. Il avait l'impression de gratter une plaie suppurante. Cela le démangeait et plus il grattait, plus la satisfaction était de courte durée. Un cercle vicieux.
Pendant cette période, il se renferma quelque peu entre son laboratoire et ses devoirs de Lord. Il n'amputa pas le temps qu'il passait avec Benedict, souhaitant habituer l'enfant à sa présence. Il lui accordait une à deux heures par jour. En revanche, il sauta quelques repas, prétextant une expérimentation en cours ou une stratégie à élaborer. Si Harry était affecté par ce retranchement, il n'en montra rien.
En quelques jours, cette obsession le tourmentait assez pour qu'il fasse ce qu'il ne s'était jamais autorisé à faire depuis la guerre : lire les pensées d'un autre être vivant. Il assista de nouveau aux repas et aux veillées, cherchant à croiser le regard de son époux. Ses pensées étaient toutes tournées vers des éléments de la vie quotidienne : Benedict, le Manoir, les fêtes, les contrats en cours…
L'absence de pensées amoureuse le rassura et le blessa. Comment devait-il prendre cela ? Un soir quelques jours avant les fêtes, la veillée se déroula entre les deux maîtres de Maison. Harry avait émit le vœu de l'entendre jouer après le souper dans l'un des salons et il avait acquiescé, ravi de l'opportunité. Il installa Harry face au piano et commença une mélodie enveloppante, destinée à le bercer.
Croisant son regard, il entra délicatement dans ses pensées et fut surpris d'y trouver une représentation de lui-même transcendée. Cette vision était plutôt flatteuse et elle rasséréna Severus. Il allait se retirer lorsque la vision de Miss Parkinson se matérialisa. La jeune femme jouait de la flûte et elle était nimbée d'un halo d'admiration. Déstabilisé, Severus rompit le contact et reporta son attention sur son jeu. Que devait-il en conclure ?
Le doute. Severus avait énormément de difficulté à se confronter de lui-même à ce sentiment. Durant la guerre, le doute signifiait généralement une morte lente à court terme. Le maître des potions n'avait pas survécu à deux guerres en étant agent double sans avoir compris quelques subtilités en matière d'instinct, de survie et de langage corporel. Il avait tout à fait conscience qu'il se tramait quelque chose au sein du Manoir mais ne savait que faire de cette information.
Quelque soit l'angle avec lequel il envisageait la situation, rien ne pouvait convenir. Remâchant ses arguments, il finit par arriver à une unique conclusion l'aveu serait sa seule possibilité. En parler devrait résoudre une partie du problème, si tant est que cette phrase signifie quelque chose. La communication était tellement le fort de Severus, qu'il envisagea immédiatement un stratagème pour mettre en place les conditions d'une discussion à son avantage. Il fallait donc trouver une faille dans leur quotidien... Severus avait été espion et Mangemort. Cela tombait très bien. Il attendit que l'effervescence et la fatigue gagne Prince Hall.
La journée précédent la fête du réveillon de Noël fut un jour d'ébullition au Manoir. Tout le personnel – des elfes jusqu'à l'Intendante – était sur des charbons ardents tandis que les maîtres des lieux bouclaient les derniers dossiers.
Severus rejoignit le bureau de son mari. Frappant à la porte, il entra pour s'asseoir sur le fauteuil lui faisant face. Il attendit quelques secondes, le temps que son époux finisse d'écrire la fin de sa phrase et lui accorde toute son attention. Il mit à profit ce moment pour contempler sa physionomie puis il lâcha d'un ton plat :
- Je voudrais te parler.
Cette amorce avait été étudiée pour faire naître le trouble chez son jeune compagnon. Cela ne manqua pas, Harry fronça les sourcils.
- Je dois aller voir Benedict, cela ne peut-il attendre ? S'enquit le jeune homme.
- Non, je voudrais te parler immédiatement.
Le froncement se fit plus prononcé. Se replaçant dans son siège, Harry ouvrit les mains dans une posture implicite d'écoute. Comprenant le signal, Severus passa à la seconde phase de son plan.
- Que penses-tu de Miss Parkinson ?
La question sembla désarçonner son mari. Un léger tic apparut sous sa joue gauche. Severus s'empêcha de se projeter dans son esprit. Harry se reprit et répondit, surpris du sujet.
- C'est une jeune femme tout à fait professionnelle, qui fait un travail remarquable en tant qu'Intendante des Potter et des Gaunt. J'ose dire qu'elle est devenue une amie. Pourquoi me poses-tu la question ? Souhaites-tu la recruter ?
Le silence accueillit ses questions. Severus battit douloureusement des paupières, souhaitant ne pas avoir remarqué cette espèce de tressaillement qui avait parcouru le corps de son époux en parlant d'elle. Une esquisse de sourire narquois naquit au bord des lèvres du Serpentard. La meilleure défense était l'attaque. Après quelques secondes sans bruit, il émit de sa voix grave :
- Est-ce si difficile à admettre ?
Les sourcils de Lord Potter se haussèrent dans un bel ensemble. Le Serpentard aurait pu trouver cela comique s'il n'avait l'impression de rejouer un vaudeville.
- Admettre quoi au juste ? Interrogea ce dernier, la voix plus sèche.
- Que tu la désires, répondit avec flegme le dernier descendant des Prince.
Un silence assourdissant s'imposa entre eux. L'incrédulité se lisait sur le visage du jeune homme mais Severus savait qu'il avait visé juste. Il suffisait d'insister un petit peu. Il prépara soigneusement sa relance avec le plaisir du masochiste enfonçant un peu plus le couteau qu'il vient de planter dans sa jambe.
- Je te demande pardon ? Rétorqua Harry, quelque peu ébaubi, avec une pointe d'interrogation.
- Est-ce si difficile d'admettre que tu la désires ? Insista néanmoins Lord Prince parfaitement impassible.
- C'est n'importe… voulut protester le jeune homme avant d'être coupé sèchement.
- Ne me mentez pas Potter ! S'écria le maître des potions avant de se reprendre. Ne me mens pas.
Devant les yeux éberlués d'Harry, Severus sut qu'il était fichu. Il le savait depuis quelques temps mais refusait totalement de se l'avouer. Il avait remarqué les premiers changements lorsque le jeune homme lui avait souri quelques semaines plus tôt pour l'aménagement du parc. Il l'avait regardé calmement, comme s'il ne voyait en lui que l'être humain qu'il était. Sans dégoût, sans idolâtrie, avec un calme serein et une certaine empathie. Il était fichu depuis que son époux avait pris soin de lui pendant une nuit entière, inquiet, alors qu'il n'avait qu'une mauvaise grippe.
Il savait qu'il était fichu parce qu'il en avait toujours été ainsi, dès qu'une personne de son entourage faisait preuve de gentillesse. Severus ne pouvait se permettre d'être gentil mais il appréciait comme tout un chacun la bienveillance partout où elle se trouvait. Il ne supportait pas la bienveillance crasse, non choisie, non décidée, ou celle mise en place par dépit ou pire encore, par paresse. Non, il appréciait la bienveillance instruite, celle qui ne jugeait pas, qu'importent les circonstances.
Il savait que c'en était fait de lui lorsque pendant leur nuit de noces ce jeune homme avait regardé ses cicatrices sans ciller, sans rien dire, sans émettre de jugement. Et qu'il les avait embrassé.
Le silence s'éternisait. Severus le rompit brutalement.
- Potter, ne soyez pas un idiot s'il vous plait. Admettez-le. Vous désirez Miss Parkinson.
Pour souligner sa déclaration, Severus se leva pour se poster aux côtés de son mari.
- Tu passes ton temps à ne surtout pas la regarder trop intensément, tes journées sont meilleures lorsque tu as rendez vous avec elle, tu t'admonestes régulièrement en te disant que tout cela n'est décidément pas une bonne idée, mais tu n'arrives pas à faire autrement.
La description de la situation par la voix grave du maître des potions sembla trouver un certain écho chez son jeune mari.
- Crois-tu que je l'ignore ? Tu tressailles lorsqu'elle est près de toi, tout comme maintenant.
Harry se leva d'un bond, essayant d'échapper aux dires de son époux. Il fut bloqué dans sa fuite par le corps de Severus qui le coinça contre un mur, lui assénant ses vérités.
- Tu la désires, Harry, expliqua-t-il fataliste. Rien que d'évoquer cette situation, tu trembles… Est-ce elle que tu imaginais pendant notre nuit de noces ?
Le couteau métaphorique de Severus sembla transpercer son os. Il n'était décidément jamais très agréable de se confronter à ses doutes. Néanmoins, son chuchotement suscita une réaction violente et inattendue.
- Non ! Jamais ! Quand je suis avec toi, c'est toi que je… C'est avec toi que je suis.
Seveurs afficha un sourire sardonique entre le plaisir et la souffrance. Ainsi, il avait eu raison. Que c'était bon. Qu'il avait mal.
- Dis-le, souffla-t-il.
Le couteau sembla chauffé à blanc. Le visage torturé, Harry finit par relever les yeux pour faire face. Il ne pouvait plus se dérober.
- Je vous désire tous les deux.
Les mots portèrent si violemment que Severus chancela quelques secondes. Son cerveau s'arrêta avant de redémarrer avec une intensité folle. Il n'avait pas imaginé une telle situation. Ce n'était tout simplement pas possible. Rien ne s'était véritablement produit entre eux depuis la nuit de noces. Ils dormaient ensemble, bien qu'une chambre soit allouée à chaque homme en plus de la suite maritale, plus pour éviter une conversation qui viendrait remettre en cause leur équilibre que par réel plaisir.
L'aveu du jeune homme le laissait complètement dépourvu. Il suffisait de dire que Severus Rogue n'avait pas eu beaucoup de relations a minima amicales durant sa vie. Pris dans sa confusion, il délaissa sa position pour entamer une ronde dans la pièce. Il était agacé de se sentir ainsi, dépendant de son jeune époux. Peu importe l'angle sous lequel il voyait cette situation elle lui apparaissait catastrophique. Il avait été seul longtemps et jamais ô grand jamais il n'aurait choisi un ancien élève, pis Harry Potter, lui entre tous, pour tester ce genre de sentiments.
Il stoppa ses déambulations quelques secondes avant de percuter le corps du jeune homme. Celui-ci le regardait dans les yeux, un air malheureux sur le visage.
- Me trouvez-vous anormal ?
Severus eut une folle envie de se jeter la tête contre le mur. Pourquoi lui ? Pourquoi cette question ? La réponse s'infiltra entre ses lèvres, malgré lui.
- Je ne dirais pas ça, souffla-t-il.
- Et que diriez-vous ? S'enquit le jeune homme, une certaine crispation sur le visage.
Severus connaissait cette expression somme toute très potterienne. C'était la manière dont le Gryffondor avait de se protéger des attaques verbales extérieures. Lord Prince prit quelques secondes pour tourner sa phrase avant d'articuler lentement :
- Je dirais que vous êtes un jeune homme partagé entre un goût impeccable en matière de femme et déplorable en matière d'homme, si je suis capable de juger de ce genre de choses. Vous n'êtes en aucun cas anormal.
Détournant le regard, le Serpentard s'absorba dans la contemplation de la fine marqueterie décorant le plateau d'une desserte. Quelques secondes plus tard, les lèvres d'Harry étaient sur les siennes, explorant sa bouche. Le jeune homme se détacha un instant pour émettre :
- Pourquoi nous faire du mal ? Vous êtes cruel.
- Fascinant, répondit Severus, un éclat rauque dans la voix. Je ne le suis pas ni par choix ni par goût, je voulais juste que tu l'admettes.
Les sensations se renforcèrent, ravissant leurs sens. La peau du Serpentard picotait sous les caresses de son époux. Sa langue caressait la sienne, ses lèvres et leurs commissures dans un ballet érotique.
- Je vais me faire pardonner, chuchota le Gryffondor contre sa bouche.
- A quoi joues-tu ? Questionna Severus perdu.
- Je ne joue pas. Détends-toi.
Une pluie de baisers s'abattit sur son cou puis son torse. Severus sentit la chaleur monter en lui. Il ne résista pas lorsque des mains fraîches déboutonnèrent sa chemise puis entreprirent de le caresser. Son souffle manqua lorsqu'il sentit sa ceinture se défaire d'un claquement de doigt puis son pantalon s'abaisser. Des mains saisirent ses fesses le faisant frissonner. Utilisant la moindre parcelle de contrôle pour ne pas gémir, il apprécia néanmoins que les mains de son jeune époux retombent le long de ses jambes pour enlever son dernier vêtement.
Sous l'impulsion d'Harry, il se trouva assis sur l'un des fauteuil du bureau, les jambes écartées et le jeune homme à genoux face à lui. L'érotisme de la situation fit monter d'un cran la tension qu'il ressentait dans son corps. Le jeune Lord l'embrassa, reprenant ses caresses, le saisissant très légèrement pour ensuite accentuer son mouvement. Il réitéra la manœuvre plusieurs fois le rendant fou de désir.
- Gémis, Severus.
La phrase était prononcée sur un ton rauque, à demi soufflée. Elle enflamma les sens de l'homme qui ne put se retenir. Un long gémissement sortit de sa gorge lorsque finalement son époux le prit en bouche, caressant au passage ses testicules si sensibles. Une décharge de plaisir fusa dans son cerveau.
Les mouvements de langue, les caresses, la délicate succion, tout était presque trop. Le plaisir montait trop vite. Cela faisait trop longtemps. Un coup de langue vicieux paracheva sa jouissance et il se répandit, les reins en feu, un grognement à la bouche.
Lorsqu'il reprit pied, Harry était en train de déboutonner son pantalon, au supplice d'être ainsi contenu. Lorsqu'il vit le jeune homme se toucher, il grogna d'une voix rauque.
- A moi.
La confusion naquit dans les yeux du jeune homme. Severus le força à s'allonger par terre sur la moquette épaisse. D'un geste de main, il fit disparaître son pantalon et son sous-vêtement. Il l'embrassa avant de le saisir, buvant le gémissement que son action provoqua à sa bouche. Il le mena à la jouissance, d'un geste sûr, presque brutal, suçant ses lèvres, le faisant soupirer et gémir pour plus.
Quelques minutes de ce traitement eurent raison de son époux. Il vint dans un cri que Severus aspira. Il les nettoya, collant le jeune homme contre lui pour qu'ils n'aient pas froid, légèrement apaisé. Quelqu'un toqua à la porte et les yeux d'Harry s'ouvrirent en grand. Jurant à voix basse, le maître des lieux toucha le pendentif qui ne le quittait jamais. Ils furent projetés en douceur dans la chambre maritale. Délestant Harry de ses derniers vêtements, il les glissa sous les couvertures.
Le corps collé à la peau douce et chaude du jeune homme, l'ancien Mangemort se sentit apaisé. Il se surprit à aimer ce contact, lui qui ne supportait pas d'être touché. Son corps avait faim, sa peau ne semblait jamais en avoir assez. Harry ne s'en plaignit pas, cherchant chaleur et réconfort dans leur étreinte.
- C'était… inattendu, émit le jeune sorcier sur un ton empreint de doute.
Devait-il parler ? Devait-il se taire ? Que faire quand son époux arrive à vous faire avouer que vous en désirer une autre ? Était-ce moins grave que ce soit une femme ? Il sentit Severus soupirer. De soulagement ? De dépit ? D'agacement ?
- Certes, convint-il en calant sa tête contre la sienne.
Il n'avait pas l'air de le rejeter et Harry pensa que c'était un bon début. Il poursuivit donc, persuadé que se taire aller les faire régresser dans leur relation.
- Qu'est-ce que c'était ? S'enquit-il d'une voix plate.
Chercher à qualifier leurs rapports était peut-être un bon début ?
- Qu'en penses-tu ? Rétorqua son époux de sa voix grave.
Okay, Harry retirait totalement ce qu'il venait de dire, c'était une horrible idée. Il se lança néanmoins.
- Je pense que c'était… bien, entama-t-il maladroitement. Nous en avions besoin, manifestement. C'était plus que satisfaisant et ça ne me… dérangerait pas de le refaire.
Il sentit plus qu'il ne vit le rictus moqueur que sa déclaration fit naître sur les lèvres de son époux.
- Je suis parfaitement d'accord avec ta définition, reprit Lord Prince, et cela ne me dérangerait pas non plus.
Ces mots et leur acceptation sous-entendue enflammèrent les sens d'Harry. Se tournant, il captura les lèvres de son époux. Le reste de l'après-midi se perdit en gémissements et murmures.
Percy patientait devant le panneau de bois. Il arrivait à Harry de ne pas répondre immédiatement lorsqu'il était en train de composer une missive, par exemple, mais cela faisait plusieurs minutes. Il retenta sa chance puis ouvrit la porte. Il pénétra dans le bureau de son Lord, jetant un œil circulaire. Une rougeur s'empara directement de son visage. Des vêtements masculins étaient disséminés un peu partout autour d'un fauteuil. Il lui fut aisé de reconnaître les habits de Lord Prince qu'il avait pu apercevoir au petit-déjeuner ainsi que le pantalon de son patron.
Inspirant, il se reprit et appela l'elfe de maison du Manoir pour le sommer de ranger ces preuves compromettantes en cas de visites importunes. L'elfe se chargea sans commentaire des vêtements à terre et Percy déposa les cartons de vœux qu'Harry devait parapher sur son bureau. Il ressortit délestant sa gêne dans la satisfaction du travail accompli.
RAR - des chapitres 24 et 25
Geliah : Salut ! Et oui, comme tu vois je garde du suspens xD J'espère que ces deux derniers chapitres t'ont plu. A très vite !
Rainbow Girl : Salut à toi ! Merci pour tes commentaires sur les précédents chapitres. Je suis heureuse que le 24 t'ait plu. J'ai essayé de faire en sorte que la nuit de noces ait un élément qui surprenne un peu, que le rapport de force (que tout le monde a lu cent fois) s'inverse puisque Severus sur ce plan-là détient une faille qui apparait à ce moment-là. Comme tu as pu le voir dans le chapitre 25, finalement leurs relations restent a peu près égales à elles-mêmes. Quant à Sirius, c'est un personnage que je trouve à la fois trop borné et attachant... Ah cette chère Rita. Elle refera des siennes =) J'espère que ce chapitre t'a plu. A très vite !
Little Luna : Salut à toi ! Merci pour tous ces compliments, cela m'a fait rosir de plaisir. La relation se développe petit à petit... J'espère que tu as apprécié ce chapitre. A bientôt !
Guest 1 chapitre 24 : Salut ! Et oui cela s'arrange pour les tourtereaux comme tu dis ^^ Je n'allais pas les soumettre aux déchainements d'une auteur sadique tout de même. En espérant que les derniers chapitres t'aient plu. A très vite !
Cassoulette : Salut à toi et merci pour tous ces commentaires sur les deux chapitres. Je suis heureuse que la nuit de noces t'ait plue... C'est bizarre pleins de gens m'ont fait la réflexion qu'Harry était "dominant". En fait, je ne pense pas. Il n'est pas dominant dans cette nuit de noces, il est entreprenant parce que 1/ il faut bien le faire et 2/ son tout nouveau mari "bloque" et 3/ c'est un Gryffondor avec clairement assez d'esprit d'initiative. Je ne crois pas que Severus en soit pour autant diminué. Cela montre juste que le relai peut se faire et je pense qu'à ce stade de leur cour, ils se connaissent assez, se sont dit assez de choses pour qu'un truc pareil arrive. Après Severus ne sera jamais tout "guimauve" il reste fidèle à lui-même. Leur relation avec Harry va se baser sur beaucoup de non-dits au début simplement parce que je n'ai jamais vu deux hommes discuter à coeur ouvert dans ma vie (en dehors de mon frère et mon père mais ils entretiennent des relations qu'Harry et Severus n'entretiendront jamais) et que pour le moment je considère qu'ils sont plus "amis avec bénéfice" qu'éternellement amoureux. D'ailleurs si ce mot n'était jamais associé à Severus, finalement je crois que cela lui conviendrait "merci bien" xD
Merci pour ton mot de soutien, j'ai du décaler la date à cause de travaux dans le logement où j'arrivais, du coup je suis encore en plein cartons ! Arg, c'est assez traumatisant comme truc. Enfin, j'espère que ce chapitre t'aura plu. En tout cas, à très vite !
Lils : Salut ! Merci pour ces compliments, c'est juste... merci =°) La vie à deux s'annonce plutôt bien avec un pacte de non-agression très établi... Quant à la discussion Hermione-Harry, ils en avaient besoin. Les réactions sont un peu à fleur de peau, pour la bonne raison qu'ils sont tous les deux sur les nerfs mais ils vont trouver un arrangement. Quant aux cousines, je fais un prix de gros pour celui qui veut les trois xD Et oui les Serpentards sont gentils... Enfin en apparence (rires). Quant à Astoria, il ne faut pas trop s'en faire pour elle, elle a plus d'un tour dans son sac mais effectivement je pense qu'elle échappe au pire en renonçant à sa Famille, ce qui n'est pas sans conséquence pour elle ou pour les siens. J'avoue que j'ai adoré écrire la scène de "la visite" des parrains d'Harry à son nouveau domicile. Je les vois trop en pères-poules qui essaient que ça ne se voit pas... Quant à Pansy et Severus, j'espère que ce chapitre t'a plu. Merci pour ton soutien, j'avoue que c'est traumatisant de vivre dans un appart' où tout est dans des petites boites... on est en train de démonter les meubles et du coup ça fait un peu triste. Enfin très vite on aura une maison toute belle, toute neuve =°) A bientôt !
Guest 2 chapitre 24 : Salut ! Tu as tout à fait raison : leurs relations n'allaient pas dans ce sens-là, j'ai pris un peu le contrepied mais comme tu le dis je voulais montrer les "états d'âme" de Severus. En faire un homme qui a eu une enfance traumatisante et une adolescence pire encore et qui a rattrapé toute sa vie des erreurs de jeunesse, du coup... il raisonne pas vraiment comme le commun des mortels il lui manque des "processus". Ceci dit, il va apprendre ^^. Quant à Hermione, je comprends ta remarque. Si elle s'efface qu'elle est moins présente c'est aussi parce que quand deux amis trouvent leur conjoint leurs relations ne se distendent pas vraiment mais n'ont plus l'exclusivité qu'elles avaient auparavant. Quant à leur discussion, leurs réactions sont un peu outrées, ils sont tous bien sur les nerfs et je pense qu'Hermione à ce moment là, arrive au bout de ce qu'elle arrive à supporter et admettre, ça va plus loin que le simple fait de ne pas avoir droit au chapitre, quelque part, je pense qu'elle en a trop sur le coeur, que ça doit sortir. Et elle craque, ce n'est pas de l'affrontement c'est juste... "perdre ses nerfs" comme disent les québécois. J'espère que la suite t'a plue ^^ A très vite !
Clarissandre : Salut à toi, heureuse de te revoir. Leur relation évolue petit à petit et ce que je trouve finalement assez chouette c'est qu'Harry prenant en maturité, il ne va pas aller chercher la petite bête, il prend les choses comme elles viennent et il respecte la relation qu'il avec Severus. Quant à la place de Pansy... Je pense que ce chapitre t'aura apporté une autre vision des choses. J'attends donc tes retours avec impatience. Merci pour ton mot d'encouragement. A très bientôt !
Guest chapitre 25 : Salut ! Oui tout semble s'arranger pour Harry et Severus. Bientôt le mariage de Lucius et Remus ? Oui, certainement mais je ne suis pas sûre qu'il sera décrit en tant que tel. On les verra ensemble mais la cérémonie en elle-même je ne sais pas si je l'écrirai - on a quand même assisté à deux mariages d'aristocrates dans cette histoire, est-ce qu'un troisième ça ne ferait pas trop ? (rires) Sans compter celui d'Hermione. Puis des cousines d'Harry et Severus... En espérant que le chapitre t'ait plu. A très vite !
Bavardage et autres nouvelles
... La satisfaction du travail accompli, c'est exactement ce que je ressens quand je rattrape toutes mes réponses à vos commentaires. xD Normalement vous avez du tous recevoir un petit mot pour vous remercier et répondre à vos questions. Comme quoi, les insomnies ça a du bon.
Mon déménagement étant décalé vous aurez le chapitre 26 comme prévu la semaine prochaine après quoi il faudra patienter le temps d'avoir internet dans notre nouveau logement - mon conjoint a déjà fait le transfert pour la date prévue mais sait-on jamais, il y a toujours un petit délai.
Comment avez-vous trouvé ce chapitre ? Les soins d'Harry ? La mini-dispute Pansy/Percy ? La Grande Discussion Harry-Severus ? Je suis très impatiente d'avoir vos retours... A très vite !
