Forever Bound

Chapitre vingt-cinq

Les personnages et l'histoire appartiennent à leurs auteurs. Je les invite en France, c'est tout...

Commentaires enthousiastes, tout le monde est content... Merci, toutes ces reviews me font chaud au coeur et m'encouragent à me mettre au travail! :)))

Nos deux amoureux sont ensemble, dans une bulle de bonheur. Roméo et Juliette... Le prince charmant et sa princesse...

Mais dans les contes de fées, il y a une sorcière... Devinez qui?

*****

Une félicité qu'elle n'avait jamais connue auparavant envahit Bella lorsqu'elle ouvrit les yeux.

Edward l'aimait, il lui avait avoué l'amour profond qu'il lui portait, et en retour, elle lui avait dit le sien. Ils s'étaient aimés ensuite, passionnément, délicieusement.

Elle contempla son mari. Ses cheveux étaient plus emmêlés que jamais, mais Bella l'adorait comme cela. Ses yeux étaient fermés, mais même s'il était encore profondément endormi, il souriait aux anges. Elle se sentit très fière de pouvoir faire sourire Edward ainsi.

Elle ressentit soudain une drôle de sensation en elle. Elle se raidit et posa la main sur son ventre, inquiète pour le bébé. Deux minutes plus tard, elle ressentit la même chose, puis encore, deux fois de suite. Elle réalisa alors ce qui se passait: le bébé bougeait et elle sentait ses coups de pieds.

Elle se redressa et secoua Edward pour le réveiller: "Edward, Edward! Réveille-toi! Edward!"

"H-h-hein! Qu-Qu'est-ce qui se passe?" grogna-t-il en ouvrant un oeil. Il vit alors que Bella tenait son ventre à deux mains et il paniqua: "Qu'est-ce qu'il y a? Est-ce que tu vas bien? C'est le bébé?"

Bella lui sourit: "Nous allons tous deux très bien Edward. C'est le bébé qui me donne des coups de pied!" On pouvait percevoir l'émerveillement dans sa voix.

Un large sourire illumina le visage d'Edward, et il sauta sur le lit comme un enfant. "Tu es sûre? Qu'est-ce que tu sens? Combien de coups de pieds?"

Bella éclata de rire devant autant d'enthousiasme: "Oui, j'en suis sûre. J'en ai senti trois, ça fait comme des grosses bulles qui éclatent dans mon ventre."

Son mari buvait ses paroles, un sourire béat sur le visage. Quand le bébé bougea de nouveau, elle prit sa main et la posa à l'endroit où elle l'avait senti.

Patiemment, tous deux attendirent une nouveau signe de leur enfant. Cinq minutes plus tard, il réalisa le souhait de ses parents, et donna un nouveau coup de pied, plus fort que les précédents. Edward se releva, en extase, et il mit ses deux mains sur le ventre de Bella. Il se pencha et s'adressa à son enfant d'une voix douce: "Coucou mon petit coeur. C'est Papa. Tu as bien grandi dans le ventre de Maman, c'est très bien. Il faut que tu continues comme ça." Le bébé répondit par un nouveau petit coup et Bella se mit à rire.

"Mais, s'il te plaît, ne fais pas trop mal à Maman avec tous ses coups de pieds. Papa déteste quand elle a mal." Le bébé bougea doucement, comme s'il comprenait ce que lui disait son père. Les deux heureux parents sourirent à l'unisson.

Bella pensa soudain: "Qu'aimerais-tu Edward? Un garçon ou une fille?"

Edward la regarda dans les yeux: "J'ai toujours rêvé d'avoir un fils, car tout le monde m'a toujours répété qu'il me faut un héritier, et jusqu'ici, c'est tout ce qui m'importait. Mais aujourd'hui, maintenant que je suis si profondément amoureux de toi, je ne peux pas m'imaginer autrement qu'avec une Bella miniature en train de courir partout dans la maison... et qui trébucherait sur tout ce qui dépasse." Et à ces mots, il embrassa Bella passionnément.

Mais elle n'était pas d'accord: "Et moi, je ne m'imagine pas sans un mini-Edward qui gambaderait dans le jardin, avec de beaux cheveux bronze-doré et de merveilleux yeux verts."

"Edward rit: "Alors nous sommes d'accord! Un garçon ou une fille, ça nous est égal."

Bella acquiesça de la tête et se blottit dans les bras de son époux. Il la serra dans ses bras et embrassa tendrement ses cheveux.

*****

Une demi-heure plus tard, les deux jeunes époux émergeaient de leur chambre main dans la main. Il se dirigèrent vers la salle à manger. Ce ne fut qu'à ce moment que Bella se souvint des événements de la dernière soirée. Ils étaient arrivés au bal, et après seulement une demi-heure, les deux hôtes avaient disparu! Qu'allaient penser leurs invités?

"Edward, comment avons-nous pu quitter notre soirée comme ça?" demanda-t-elle anxieuse, alors qu'ils entraient dans la pièce. "Qu'est-ce que nous allons dire aux invités?"

Avant qu'Edward n'ait pu répondre, un rire tonitruant s'éleva dans la salle. Bella leva les yeux, surprise. Elle n'avait pas remarqué qu'il y avait déjà quelqu'un à table.

C'était Jacob qui déjeunait, arborant un air entendu et qui riait en engloutissant son toast.

"Qu'y a-t-il de si drôle Jake?" demanda Bella éberluée. Comme il était seul à table, elle ne comprenait pas bien ce qui le faisait rire.

"Peut-être bien que vous pourriez dire à vos invités que vous étiez trop occupés dans votre chambre pour vous rappeler d'eux, qui dansaient à votre propre bal..." ironisa-t-il sans la regarder.

Un sentiment d'effroi envahit Bella: "De quoi parles-tu Jake?"

Il se tourna enfin vers elle, et la regarda avec un sourire moqueur: "Ne t'inquiète pas pour tes invités Bella; j'ai déjà couvert vos arrières sur ce coup! Par contre, à votre place, je me commencerais à me demander comment vous pourriez me rendre la pareille..."

"Et pour quelle raison devrions-nous vous rendre la pareille Black?" siffla Edward, encore clairement très contrarié par son comportement de la veille.

"Peut-être bien parce que j'ai menti à toute l'assemblée pour sauver votre réputation, et aussi pour avoir été témoin d'une chose aussi traumatisante" expliqua Jacob de façon énigmative.

"Traumatisante?" s'exclamèrent ensemble les deux époux.

"Oui, traumatisante. Je ne méritais pas d'entendre ça! J'étais simplement monté pour m'assurer que Bella ne risquait rien pendant votre petite "conversation". Mais au lieu de vous entendre hurler, imaginez le choc! J'ai entendu Edward te dire que "c'était normal de se désirer l'un l'autre" et ensuite, tes gémissements, qui ne semblaient pas être de douleur, j'ai le regret de te le dire! Alors, comme je ne voulais continuer à écouter votre copulation, je suis revenu dans la salle de réception en essayant de trouver un moyen de tout effacer de ma mémoire!" se moqua-t-il

Bella se enfouit son visage dans l'épaule d'Edward. Elle était écarlate. "Oh, mon Dieu!" gémit-elle.

"Oh, non Bella, ne gémis pas! ça me rappelle trop de choses que je veux oublier!" rit Jacob, impitoyable. Bella fronça les soucils et le fusilla du regard.

"Comme je disais donc, je suis revenu au bal, et là tout le monde m'a demandé où vous aviez disparu. Comme je ne voulais pas leur infliger la même torture auditive, je leur ai simplement dit que tu avais fait un léger malaise dû à ta grossesse et qu'Edward t'avait emmené dans votre chambre pour te reposer. Tout le monde m'a cru, et s'est extasié sur le parfait gentlemen qui prend soin de sa femme de façon si parfaite. S'ils avaient su comment le gentlemen prenait soin d'elle..." Il murmura la dernière phrase d'un air entendu.

Edward gronda: "Plus un mot! Avec ça, j'imagine que nous sommes quittes. Tu nous as évité de mentir à nos amis, et je ne te corrigerai pas pour avoir embrassé ma femme. Et je ne le répéterai pas à la tienne. J'imagine que tu es d'accord avec moi?" Bella ne pouvait pas s'empêcher de trouver son mari extrêmement séduisant lorsqu'il agissait de manière aussi possessive vis-à-vis d'elle. Elle se souvint de la nuit passée.

Sa petite voix intérieure lui dit: "Non, Bella! n'y pense pas!" et elle rougit de nouveau.

Mais avant qu'on remarquât sa gêne, on frappa à la porte, et le majordome apporta une lettre.

"Un message pour vous Madame Cullen." dit-il en s'inclinant.

Bella fut bien surprise. Elle n'avait pas reçu de lettre depuis si longtemps! "Merci" dit-elle en saisissant la missive.

Elle ouvrit l'enveloppe et Edward détourna immédiatement les yeux. Bella l'aima encore plus à cet instant, si c'était encore possible. Même si elle voulait tout partager avec lui, il respectait son intimité.

Madame Cullen,

Je suis navré de devoir requérir de vous une chose difficile, mais malheureusement, je ne peux pas agir autrement.

Le procès de James Hunter débutera le 16 février 1872, et nous vous serions gré de bien vouloir venir à la barre pour témoigner. En d'autres circonstances, nous ne vous l'aurions pas demandé, au vu des précédents événements, mais nous avons été incapables de localiser Melle Tanya Denali. De ce fait, elle ne peut témoigner et confirmer que c'est bien Hunter qui a assassiné Charles Swann, votre père. Je comprends que cela vous sera très difficile, du fait de votre état, mais nous n'avons pas d'autre option. Si vous ne vous présentez pas, Hunter ne sera pas reconnu coupable et sera libéré.

Devant la nature des faits et de son agression contre vous, le jury a autorisé la présence de votre époux à vos côté pendant les débats.

Une fois encore, je vous présente mes plus profondes excuses, mais je vous attends au tribunal, à dix heures le 16 février.

Bien sincèrement.

Samuel Ulley.

Bella lâcha la lettre qui tomba sur le sol. Cela ne finirait donc jamais? N'avait-elle pas le droit de savourer un peu son bonheur? Elle se tourna contre Edward et se mit à sangloter contre sa poitrine.

Edward la serra contre lui et lui murmura des mots d'apaisement à l'oreille, en se demandant ce qui l'angoissait autant. Bella entendit une chaise bouger.

"Madame Cullen, Je suis navré de devoir requérir de vous une chose difficile, mas malheureusement, je ne peux pas agir autrement...." Jacob lut à haute voix la lettre que Bella avait fait tomber.

"Mais comment osent-ils te demander une telle chose!" tonna Edward, outré. "Comme si tu n'en avais pas encore assez supporté!"

Bella était d'accord avec lui, mais elle pensait qu'elle devait le faire. Elle devait faire en sorte que justice fût faite à son père. Lentement, elle regarda son mari dans les yeux. Elle l'avait rarement vu aussi furieux. "Edward, je dois y aller. C'est la seule façon de faire payer James. C'est la seul façon de rendre justice pour mon père."

"Je comprends Bella. Je comprends. Mais il t'a fait du mal, il a essayé de te tuer. Tu penses que tu pourras supporter la pression du procès?" demanda Edward, inquiet pour sa santé et celle de son enfant.

Elle hocha la tête. "Je dois le faire Edward. Il le faut."

Edward la serra plus fort contre lui. "Alors je t'accompagnerai, et je te soutiendrai, quoi que tu décides, Bella. Sois-en sûre."

"Je le sais." murmura-t-elle tandis que son mari embrassait son front.

*****

L'angoisse tordait le ventre de Bella. Elle faisait les cent-pas devant le tribunal.

"Je ne peux pas faire ça Edward. Je ne pourrai pas le regarder. Comment as-tu pu me laisser venir ici?" Elle savait bien que c'était irrationnel d'adresser de tels reproches à son mari, mais elle n'était pas capable de contenir son anxiété..

"Je suis profondément navré Bella. Mais souviens-toi de ce que tu m'as dit hier matin: tu vas témoigner pour ton père, tu va faire en sorte que justice soit faite et que James paie pour tous ses crimes."

Bella ne pouvait qu'être d'accord avec Edward lorsqu'il lui présentait ainsi les faits. Elle devait se souvenir à chaque seconde de son père adoré.

"Tu as raison, bien sûr que tu as raison. Excuse-moi de te donner le mauvais rôle" chuchota-t-elle honteuse.

Edward déposa un baiser sur le bout de son nez pour la rassurer. "C'est parfaitement compréhensible Bella. je ferait sûrement bien pire à ta place." Mais Bella en doutait...

Au même moment, ils furent interrompus par l'arrivée de Samuel Ulley.

"Monsieur et Madame Cullen! Merci beaucoup d'être venus. Nous avons vraiment besoin de vous pour confondre l'accusé." Ils hochèrent tous deux la tête, et Edward prit la main de sa femme dans la sienne. Elle se serra contre lui. "Si vous voulez bien me suivre, nous devons discuter de quelques détails avant le début des débats."

Cinq minutes plus tard, Bella était installée sur une chaise face à un bureau, devant un homme qu'elle n'avait jamais vu. Edward avait posé ses mains sur ses épaules, et elle était reconnaissante de son constant soutien. Elle couvrit une des mains de son mari de la sienne.

"Madame Cullen" dit Samuel, mais Bella l'interrompit immédiatement.

"Bella. Appelez-moi Bella" dit-elle doucement. Samuel lui sourit.

"Merci. Bella, voici Paul Ateara, le procureur qui suit notre affaire. Maître Laurent Da Revn assurera la défense de l'accusé. Paul va maintenant vous expliquer comment les choses vont se dérouler." expliqua Samuel.

"Bien, voici les faits." dit Paul, sans saluer aucun des présents. Bella se dit qu'il allait droit au but, ce qui prouvait certainement son efficacité. "On lira l'accusation contre Hunter, puis il plaidera coupable ou non-coupable. Ensuite Da Revin se lèvera et parlera pour la défense avant que vienne mon tour. Lorsque ce sera à moi de parler, je vous ferai venir à la barre et je vous poserai plusieurs questions. Vous y répondrez avec franchise. Avez-vous bien compris?" Bella acquiesça immédiatement. "Quand ce sera le tour de la défense de vous interroger, ne vous laissez pas intimider par Da Revin. Il va tenter de vous manipuler et de vous embrouiller. Je l'ai déjà vu à l'oeuvre, alors, tenez-bon et tenez-vous en aux faits. Est-ce que tout est clair pour vous?" Bella hocha encore la tête. "Vous pourrez ensuite regagner votre place, et le procès continuera. On ne vous rappellera certainement pas à la barre, mais vous serez tenue de rester jusqu'au verdict." ajouta Paul, en observant très attentivement Bella.

"J'ai bien compris Maître. A quelle heure le procès commence-t-il?" demanda-t-elle. Elle se demandait combien de temps on allait la garder dans ce bureau.

"Il débute dans une demi-heure. Vous pouvez aller dans la salle. On vous indiquera vos places." Paul prit une liasse de papiers sur son bureau et quitta la pièce sans un regard pour ses occupants.

Lentement, Bella se leva et prit la main d'Edward.

Après avoir déambulé dans plusieurs couloirs, ils trouvèrent enfin la salle de tribunal d'où s'élevait déjà le vacarme de nombreuses voix. "Vous serez assis au premier rang du côté du jury, Monsieur et Madame Cullen. Prenez place, je vous verrai pendant les pauses. Bonne chance." Samuel les salua en soulevant son chapeau. Edward le remercia et guida Bella vers sa place.

"Est-ce que tu te sens bien mon amour?" demanda-t-il, en caressant doucement de son pouce la paume de sa main. Bella répondit oui de la tête, incapable de dire le moindre mot.

L'attente prit fin lorsque le juge fit son entrée. "Mesdames, Messieurs, la cour!" Tout le monde se leva, et on ne reprit place que lorsque le juge et ses assesseurs furent assis. Le magistrat donna un coup de maillet sur la table.

"Faites entrer le prisonnier." On y était. c'était le moment que Bella redoutait le plus. James fut amené dans la salle par deux gardes armés, les poignets menottés devant lui.

"Vous êtes accusé du meurtre de Charles Swann et de tentative de viol sur Mademoiselle Rosalie Hale en 1866, et de tentative de viol sur madame Isabella Cullen, la fille de Charles Swann en 1871." Un murmure d'indignation s'éleva dans la salle, mais Bella resta silencieuse.

"Que plaide le prisonnier?"

"Non coupable." répondit instantanément James. Bella le regarda enfin. Ses vêtements étaient chiffonnés et sales, et ses cheveux étaient couverts de saletés. Pourtant, sa voix restait forte et ferme.

"La parole est à la défense." ordonna le juge, et un homme, que Bella présuma être Maître Da Revin se leva et se dirigea vers le jury.

"Messieurs du jury, mon client est innocent de ces accusations de meurtre et de tentatives de viol. Il n'a assassiné personne, et jamais il n'a porté la main sur une femme." commença-t-il. Le silence se fit dans l'assemblée, chacun voulant entendre ce qu'il avait à dire.

"Nous savons que la mort de Charles Swann fut une horrible tragédie pour sa famille, mais les faits sont là: Mr Hunter défendait sa vie contre une attaque injuste. Il y a eu bagarre et c'est Mr Hunter qui s'en est sorti vivant. Si ça avait été le contraire, je suis certain que nous n'aurions pas accusé Mr Swann de meurtre." Bella se raidit. Elle ne supportait pas que l'avocat décrivît son père comme un malfrat. "En ce qui concerne l'accusation de tentative de viol contre Madame Cullen, c'est en fait elle qui l'a séduit, en laissant entendre qu'elle s'ennuyait." Bela était outrée. Comment pouvait-on raconter de telles vilenies? Da Revin se rassit après cette brève introduction.

C'était au tour de Paul.

"Voici une plaidoirie fort convaincante, mais Messieurs du Jury, tout n'est qu'un tissu de mensonges." Paul se tourna vers ledit jury. "Messieurs, Charles Swann était un père de famille. Il avait une femme et deux enfants qu'il aimait plus que sa propre vie. Est-il plausible d'envisager qu'il ait pu gâcher toute honnête vie pour une bagarre irréfléchie? Non! Charles Swannest mort en protégeant Mademoiselle Hale qui se faisait agresser sexuellement par l'accusé. Monsieur Swann a sauté sur Hunter pour lui permettre de s'enfuir. Hunter a tenté, il y a deux mois, d'agresser la propre fille de Charles Swann, qui est juste âgée de seize ans, pour prendre sa revanche six ans après. Vous semble-t-il si innocent?' Le public murmurait.

Bella sentit qu'on lui touchait l'épaule. Un des huissiers lui indiquait la barre des témoins. Bella hocha la tête et regarda Edward qui lui sourit et qui lui embrassa la main. Nul besoin de mots. Bella se leva et se dirigea vers la barre. Son bébé remuait et lui donnait de légers coups de pieds, comme s'il ressentait l'anxiété de sa mère et qu'il voulait la rassurer.

"Votre Honneur, j'appelle Isabella Swann à la barre" Le juge approuva et on plaça une bible sous la main de Bella.

"Avec l'aide de Dieu, jurez-vous de dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité?"

"Je le jure." murmura Bella qui retira ensuite sa main pour se tourner vers Paul Ateara.

"Madame Cullen, vous avez récemment épousé Monsieur Edward Cullen, exact?" demanda-t-il.

"Oui monsieur," répondit Bella, surprise que son mariage eut un rapport avec l'affaire.

"Et vous êtes dans les premiers mois de votre grossesse, je pense?"

"Oui monsieur."

"Est-il exact que vous ayez séduit Mr Hunter la nuit de la supposée agression?"

"Non monsieur!" Bella hochait frénétiquement la tête.

"Pouvez-vous m'expliquer, avec vos propres mots, ce qui est arrivé cette nuit-là?" demanda Paul.

Bella ne voulait pas. Elle ne voulait pas revivre cette horrible nuit. Elle leva les yeux et chercha son mari dans l'assemblée. Il lui sourit et eut un petit mouvement de tête encourageant. Bella respira profondément.

"J'ai été invitée avec la famille Cullen à dîner chez la famille Denali, et nous savions qu'ils avaient une nouvelle à nous annoncer. Nous avons appris ce soir là que Mademoiselle Denali était fiancée avec Mr Hunter. J'étais assise près de lui pendant le repas, et nous avons discuté. Il m'a semblé très amical et lorsqu'il m'a invitée à faire quelques pas dehors après le repas, j'ai accepté. Il voulait me montrer un étang dans le jardin, mais au lieu de cela, il m'a entraînée sous les arbres et a essayé de m'embrasser. J'ai essayé de le repousser, et je lui ai demandé ce que son comportement signifiait. Il a continué et quand je lui ai rappelé que j'étais mariée et enceinte, il m'a répondu qu'il n'en avait rien à faire et il m'a donné un grand coup de genou dans le ventre pour essayer de tuer mon bébé. Il a essayé d'arracher la robe mais mon mari est arrivé et m'a sauvée. je me suis évanouie et j'ai repris conscience à la maison." A la fin de son récit, Bella était en pleurs.

"Je suis navré de vous rappeler de tels souvenirs Madame Cullen. Votre enfant va bien n'est-ce pas?"

Bella acquesça. Elle ne supportait pas la pensée qu'il ait pu arriver quoi que ce soit à son enfant.

"Et maintenant, que savez-vous de la mort de votre père?"

"Je n'avais que onze ans lorsqu'il est décédé. Papa m'avait souhaité bonne nuit et m'avait embrassée avant de partir travailler, et c'est la dernière fois que je l'ai vu en vie. Juste après minuit, il y a eu un grand coup frappé dans la porte. Tout le monde s'est réveillé et quand ma mère a ouvert la porte, mon frère et moi, nous étions dans l'entrée derrière elle. C'était un policier qui nous annonçait qu'on avait retrouvé le corps de mon père dans une allée et qu'il avait été poignardé. On a suspecté qu'il avait essayé de porter secours à une femme, car on a retrouvé une robe sur place. Notre vie n'a plus jamais été la même depuis. Il nous manquait et nous n'avons jamais retrouvé l'assassin, ce qui faisait que nous étions incapables de faire notre deuil. ça m'a pris des années pour supporter l'idée de sa mort, et c'est encore difficile de penser que je ne le reverrai jamais." Et Bella se mit à sangloter doucement.

"Et vous pensez que c'est Mr Hunter qui a tué votre père?"

C'est Mademoiselle Denali qui l'a dit à mon mari. James lui avait avoué l'attaque contre Rosalie et le meurtre de mon père. Rosalie a également confirmé que c'était bien mon père qui lui avait porté secours." répliqua Bella en essayant de retenir ses larmes.

Merci Madame Cullen. je n'ai plus de questions votre Honneur." Paul retourna s'asseoir, mais Maître Da Revin s'approcha de Bella.

"Madame, vous confirmez bien que vous n'aviez que onze ans quand votre père fut tué? Comme pouvez-vous être certaine que vous vous souvenez correctement des événements? Vous étiez si jeune!"

"Je n'ai pas oublié un seul détail de cette nuit Monsieur. Cette nuit-là, toute ma vie a changé." répondit Bella.

"Je comprends que c'était terrible, mais comment pouvez-vous être sûre que votre père a fait cesser l'attaque? Comme savoir si ce n'est pas lui qui a agressé Mr Hunter?"

"Je connaissais mon père." répondit Bella d'un ton venimeux. "Il n'aurait jamais blessé personne. Sa vie était vouée à l'aide et à la protection d'autrui."

"Bien sûr, vous voulez penser le plus de bien possible de votre père, mais simplement, ce soir là, ce n'était pas le cas!" Da Revin tentait de la déstabiliser. Elle ne tomba pas dans son piège et resta silencieuse.

"Passons à la nuit où James vous a soi-disant agressée. Qu'aviez-vous bu? Avez-vous consommé de l'alcool?"

"Non. Je ne bois jamais d'alcool." répondit Bella étonnée par la question.

"Êtes vous bien certaine? Pas d'alcool? On aurait pu vous en servir à votre insu?"

"J'en suis certaine." affirma-t-elle. Da Revin la considéra un moment et changea de tactique.

"Vous avez seize ans, n'est-ce pas?" Bella fit oui de la tête. "Quel âge aviez-vous le jour de votre mariage avec Mr Cullen?"

"Seize ans."

"C'était un mariage arrangé, n'est-ce pas?"

"Bella hocha lentement la tête. Toute à la joie de son amour, elle avait déjà oublié qu'elle n'avait pas choisi Edward.

"Vouliez-vous épouser Mr Cullen?"

"Pas au début de notre mariage, mais _"

Da Revin lui coupa la parole: "Donc, vous ne vouliez pas vous marier. Il est clair que vous avez tenté de séduire Mr Hunter pas désoeuvrement, pour ajouter un peu de sel à votre jeune existence."

"Non! je n'ai_"

Elle fut encore interrompue: "Et quand votre mari est arrivé, vous avez accusé Mr Hunter pour ne pas avoir d'ennuis!"

"Ce n'est pas vrai, je le jure!" Bella pleurait. Elle se sentait de plus en plus stressée.

Le bébé lui donnait tellement de coups de pieds qu'elle se sentit mal. Elle mit ses mains sur son ventre et gémit doucement. Dieu merci, Paul vint à son secours.

"Votre Honneur, je vous prie de faire cesser ce harcèlement! Ce n'est pas bon pour Madame Cullen. Elle est enceinte et nous faisons courir un risque à son enfant."

Le juge approuva et frappa son pupitre d'un coup de maillet. "Madame Cullen, vous pouvez regagner votre place.

"Merci votre Honneur." Elle se leva et repartit vers son siège.

Lorsqu'elle le rejoint, Edward la prit dans ses bras et lui demanda anxieusement:"ça va Bella?"

Bella mit sa tête contre son torse: "Oui, maintenant que c'est fini, ça va."murmura-t-elle. Elle remarqua alors que Bébé avait cessé de lui donner des coups douloureux. Edward l'aida à se rasseoir, et garda sa main dans la sienne. Il embrassa le haut de sa tête avant de reprendre place à son côté.

Le procès n'était pas terminé.

"La défense veut-elle interroger un autre témoin?" demanda le juge.

"Oui votre Honneur," répondit Maître Da Revin. "Nous allons entendre Madame Renée Swann."

Bella se releva, stupéfaite. Elle n'avait pas bien entendu! Elle remarqua qu'Edward se raidissait près d'elle.

Une femme d'âge mûr, aux cheveux bruns de la même couleur que ceux de Bella s'avançait vers la barre. Il n'y avait pas d'erreur.

"Mère?" murmura Bella.

*****

Rien de tel que l'amour maternel, n'est-ce pas?

.... N'est-ce pas?

A bientôt.