Mention légale :
Ce Vêtement de lumière est tissé par miaokuancha, sur la trame du Crépuscule de Stephenie Meyer. Blulinote n'est que la navette.
-(| UN VÊTEMENT DE LUMIERE |)-
25- La maison de fous
Je n'arrive pas à croire qu'il n'est qu'une heure de l'après-midi. Ça c'est parce que toute cette épreuve a commencé à sept heures et demi. Je vais tellement m'ennuyer. Dieu merci, Papa est allé me chercher mon sac et mes manuels à l'école. Il ne pouvait pas rester, cependant.
Je pense à l'agent de sécurité, et à sa famille. Ils n'auraient jamais pu imaginer, même dans leurs cauchemars les plus fous, d'avoir ça au réveil. Pourquoi avais-je trompé la mort, alors qu'elle était venue pour lui ? Ou encore, pourquoi le visage de Tyler est-il couvert de bandages, alors que je n'ai pas une égratignure ?
Si ma mère était là, elle serait en train de camper dans la chambre avec moi. Nous serions en train de jouer au Scrabble sur le lit. C'est ce qu'elle avait toujours l'habitude de faire. M'apporter en douce des truc des distributeurs automatiques se faire installer par les infirmières un de ces fauteuils inclinables pour qu'elle y passe la nuit puis se le faire pardonner en s'occupant de moi quand je devais aller aux toilettes, et en les aidant à changer les draps lorsque j'avais renversé le pichet d'eau.
Si ma mère savait que je suis à l'hôpital en ce moment, elle sauterait probablement dans le premier avion pour, venir direct ici. Mais je serais quand même déjà de retour à la maison le temps qu'elle arrive. Ce qui nous laisserait, elle et moi et Papa, avec l'embarras d'être tous les trois sous le même toit.
Je ferme les yeux et me demande pourquoi je souhaite une chose dont je ne peux même pas réellement me souvenir.
Mon téléphone cellulaire reste où il est.
Edward.
Pourquoi m'a-t-il abandonnée comme ça, là-bas ?
Pourquoi n'est-il pas resté ?
La pendule sur le mur a à peine bougé. Peut-être qu'il sera, indéfiniment, presque le moment de la septième heure de cours. Je me demande si Lauren viendra rendre visite à Tyler quand elle sortira après les cours. Je parierais que oui. Je me demande qui d'autre viendra, bien que Dieux seul sache comment ils parviendront jusqu'ici maintenant que le van de Tyler est hors service. Ses parents vont le tuer, une fois qu'il sera sorti de l'hôpital. Mon père va devoir faire la queue.
Jessica et Mike finiront probablement par faire du stop. J'imagine qu'il viendront me voir aussi – s'ils arrivent à me trouver. Je suis dans un service différent de celui de Tyler. Lui, ils l'ont mis en chirurgie, à cause de ses points de suture, je suppose. Moi, je suis à l'étage médical – ''la maison de fous'', comme j'ai entendu une des infirmière l'appeler. Les gens ici ne vont pas vraiment aller mieux. Ce sont ceux qui ont le diabète, le foie malade, les reins malades, et le cœur malade, des dépendants à l'alcool, ceux qui font des attaques, ou qui souffrent de démence: les auto stoppeurs sur la longue et lente pente qui passe par la maladie, la vieillesse et la mort. Dans beaucoup de cas, ils ne savent même pas où ils sont, ni ce qui leur arrive. Ils crient sur les infirmières et essaient de s'enfuir de leurs chambre.
La maison de fous.
Peut-être qu'Angela me trouvera.
J'aimerais bien.
Je n'arrive pas m'intéresser assez pour ouvrir mes manuels, et donc au lieu de cela, je m'endors. A mon réveil, je ne sais pas quelle heure il est, seulement que c'est le moment du contrôle de mes signes vitaux et des tests neurologiques, comme le Dr. Cullen l'a dit. L'infirmière s'ennuie. Elle voit bien que rien ne cloche chez moi. Elle en finit assez rapidement et j'ai de nouveau la chambre pour moi toute seule . J'ai probablement manqué la visite des copains d'école parce que je dormais. Je suis toujours accrochée à une perfusion. Je ne sais absolument pas pourquoi. Si j'avais dû entrer en état de choc, ce serait arrivé depuis un bon moment. Maintenant il faut que je traîne ce truc avec moi chaque fois que je vais aux toilettes. Je ferme la porte de ma chambre pour que personne ne voit mon derrière dénudé pendant que je passe devant. Oui, tous mes vêtements sont rentrés à la maison avec Papa. Trop mouillés et abîmés par mon roulé-boulé dans le parking. Je fais ce que j'ai à faire, puis retourne me rouler en boule sur le lit, m'apitoyant sur mon sort.
Je suis toujours en train de passer le temps entre la télévision et la Trigonométrie quand j'entends un coup frappé à a porte.
– Bella ?
C'est la voix d'Edward.
Edward ?
– Tu es réveillée ?
Oh, mon Dieu, sa voix est si douce. Si tendre. Il faut que je lui réponde, mais toutes mes entrailles sont complètement nouées.
La porte s'entre-baille et je le vois couler un regard dans la chambre.
– Puis-je entrer ?
Je fais oui de la tête, puisqu'il peut me voir, maintenant, et que je n'ai toujours pas de voix. Mais qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez moi ?
Il entre … avec précaution, et reste debout près de la porte. Il a l'air aussi nerveux que moi.
– Tu vas bien ?
Je fait à nouveau oui de a tête. Il est revenu. Il est revenu me voir.
Il avance un peu vers moi, avec l'air d'avoir envie de dire quelque chose mais ne sachant pas par où commencer.
Moi, c'est pareil.
Merci.
Merci pour le remède.
Merci de m'avoir sauvée.
Merci pour... de...
– Je suis désolé, dit-il.
Désolé ?
– De quoi ?
– De t'avoir cognée par terre. J'ai été … si rude.
Oui, mais considère l'alternative.
– Ça va, je ne suis pas blessée.
Et tu ne l'es pas non plus. Ce qui est impossible. J'ai vu... J'ai vu...
Edward n'est pas gay. Ou bien peut-être qu'il l'est. Mais ce n'est pas ce qu'il y a de ''drôle'' chez lui.[1]
Comment as-tu fait ?
Edward se comporte bizarrement. Il a réuni ses mains, comme s'il priait, mais en faisant comme une tente au-dessus de son nez et de sa bouche. Il me regarde avec une drôle d'expression sur le visage. Oh, mon Deu ! A quel moment suis-je sortie du lit pour commencer à avancer vers lui ? Avec mon derrière à l'air, nu dans mon dos? Je suis mortifiée et me mets à tirer à moi la couverture du lit et à me débattre avec. Il me faut bien trois bonnes minutes pour parvenir à m'envelopper convenablement dedans et sans m'embrouiller avec le tube de la perf. Je suis assez sûre qu'à aucun moment il n'a vu quoi que ce soit, mais ça n'empêche pas mes joues de me brûler quand même. Lorsque je le regarde enfin, il a l'air d'être sur le point de paniquer et de bondir vers la sortie en hurlant.
Mais qu'est-ce qui ne tourne pas rond, chez nous ?
Il a toujours les main sur le visage. S'il n'avait pas l'air aussi effrayé, je penserais que c'est pour m'empêcher de voir qu'il rie de moi.
Après un moment, il retire ses mains, et je vois qu'il de nouveau ce regard, comme s'il voulait dire quelque chose mais qu'il ne sait pas comment faire.
J'attends. Je ne veux pas le pousser. Mais le silence s'éternise tout simplement, et au final, je retourne à ma question.
– Comment as-tu fait.
Il fronce les sourcils.
– Fait quoi ?
Bon sang, Edward. Plus rapide qu'une balle, plus puissant que... qu'importe, capable d'arrêter les minivans dérapants d'une seule main…
– Comment es-tu parvenu jusqu'à moi si vite ?
– Bella, je me tenais juste à côté de toi.
Quoi ?
– Quoi ?
– Je me tenais juste à côté de toi, Bella.
Il s'est rapproché de moi, et il me fixe intensément, comme s'il essayait de m'hypnotiser, ou quelque chose comme ça.
– Ça, c'est des conneries ! Je t'ai vu ! Tu étais debout à côté de ta voiture. Tu étais tout à l'autre bout du parking !
Tu ne te tiens jamais près de moi. Tu ne t'approches un tant soit peu jamais de moi.
Tu as dit que je puais .
– Bella, tu t'es cogné la tête – Il s'est encore rapproché de moi, et il me fixe toujours aussi intensément – Tu souffres probablement d'une petite amnésie.
– Je ne me suis pas cogné la tête ! Ne mens pas, Edward ! Tu y étais, toi aussi. Tu sais que je ne me suis pas cogné la tête parce que c'était ta main qui me protégeait.
Et dans feu du moment, je l'ai saisi aux épaules et j'essaie de lui donner des coups de pieds dans les tibias. J'essaie, mais j'échoue. Il m'évite expertement, tout en conservant son équilibre, mais avec sur le visage une expression des plus horrifiées.
– Bella, ARRÊTE ! Tu vas arracher ta perfusion !
Et là, il m'attrape, et m'empêche de faire exactement cela, sans parler de m'éviter la culbute du fait de ne rencontrer que de l'air au bout de mes coups de pieds.
La totalité de l'échange s'est déroulé à coup de murmures énervés, et à présent, nous nous retrouvons de nouveau en train de nous regarder fixement : moi, rouge et essoufflée, lui tout blanc, et immobile comme une pierre. Une pierre à la fragrance magique. Je me la rappelle depuis le cours de Biologie. Ce premier jour horrible, j'avais pensé que ça venait de l'une des filles, qui portait du parfum... ou autre chose. Mais ça vient d'Edward.
– Ne me mens pas, Edward. Juste, ne mens pas. J'essaie de te comprendre. Tu ne veux pas que je te comprenne ?
– Bella.
– Je sais ce que j'ai vu.
Il ôte ses main de moi. Et très calmement demande :
– Que crois-tu avoir vu, exactement, Bella ?
– Tu a stoppé le van. D'une seule main. On devrait tous les deux être morts, Edward. Toi et moi. On devrait tous les deux être morts. Mais on ne l'est pas. On ne l'est pas.
– Personne ne va te croire, Bella. Si tu essaie de leur dire que j'ai traversé tout un parking en moins d'une seconde, arrêté un minivan d'une seule main ... ils croiront que tu es folle.
Quoi ? Mais à qui croit-il que je vais aller parler de ça, à part lui ?
Il a de nouveau les mains sur le nez et la bouche, mais il me fixe toujours aussi intensément, comme s'il essayait de me percer avec ces yeux, qui sont sombres à présent, presque redevenus noirs. Après quelques inspirations, il baisse à nouveau les mains.
– Si tu te promène en racontant des choses pareilles ... Ils te garderont à l'hôpital plus longtemps. Ils pourrait même t'enfermer.
Et soudain, l'ampoule s'allume dans ma tête.
– Tu n'es pas venu ici pour voir si j'allais bien. Tu n'es venu que parce que tu es inquiet pour ton... ton secret... quel qu'il soit. – Tu n'es pas revenu pour moi. Tu n'es pas du tout revenu pour moi – Tu veux seulement t'assurer que je ne raconte rien sur toi !
Je ne le dit pas fort. Nous sommes debout l'un près de l'autre. Il m'entend très bien. Mes yeux n'arrivent qu'au niveau de ses clavicules. Il faut que je les lève pour voir sa bouche, ses lèvres serrées l'une contre l'autre en faisant une ligne droite. Mon nez est juste un peu au-dessus de son cœur. Il sent si bon. J'ai envie de pleurer.
Tu aurais simplement dû te contenter de laisser le van m'écraser, Edward ! Là, tu n'aurais plus à t'inquiéter pour rien !
Je l'entends hoqueter de stupeur, et je lève les yeux pour voir le siens écarquillés sous l'effet du choc et de... la peine ?
– Comment peux-tu dire cela ? Chuchote-t-il.
– Et comment peux-tu penser que j'étais de celles qui poignardent les gens dans le dos.
Soudain, je ne peux plus supporter d'être si près de lui. Son parfum est partout. Ce n'est pas comme n'importe laquelle de ces eau de Cologne, ou même ces parfum que j'aurais déjà n'est pas de l'eau de Cologne. C'est juste lui. Il sent comme une forêt, mais en mieux. C'est comme une sorte d'encens, mais qui émanerait de la peau, pas de quelque chose qu'on brûle. Ça me donne tout simplement envie de me jeter dans ses bras et d'enfouir ma tête dans sa poitrine. Juste pour l'inhaler. Mais je ne peux pas faire ça. Je ne peux pas me jeter sur le lit non plus, parce que je suis enveloppée dans une couverture et attachée à un portant de perfusion. Je dois reculer lentement, grimper sur le lit en faisant attention, tout en ayant l'air de l'idiote que je me sentais être. Mais j'y parviens finalement et tire le reste de la couverture par dessus ma tête. Depuis ma cachette, je peux lui hurler dessus. Mais d'une petite voix, parce que je ne souhaite toujours pas que quelqu'un d'autre entende.
– Va-t-en , Edward ! Juste, laisse moi seule !
La pièce est pleine d'un silence total. Pas un souffle de respiration. Pas de bruit de pas. Rien. Il est parti. Je suis sûre qu'il est parti. Mais tant que je garde le linge de lit sur la tête, rien ne prouve qu'il n'est plus là. Je suis libre de penser qu'il est juste allé s'asseoir sur le fauteuil au pied de mon lit. Dans mon imagination, c'est là qu'il se tient, assis dans le fauteuil. Pas comme n'importe quelle personne civilisée, mais accroupi comme une espèce de gargouille angélique, les genoux remontés, veillant sur moi dans la pénombre.
Jusqu'au moment où l'infirmière entre pour vérifier mes signes vitaux.
NoteBleue :
[1] Queer/Drôle :
''Queer'' signifie ''étrange'', ''bizarre'', ''insolite'' dans son sens courant, mais il désigne aussi par glissement de sens, et de manière plus familière, voire péjorative et sur un ton de moquerie amusée, les homosexuels. Donc ''a queer person'' peut être un hétéro étrange, drôle, bizarre, mais ce peut être aussi un ''gay'' que les hétéros trouvent drôle-bizarre, et drôle-amusant-ridicule par ses manières et sa posture. On traduit généralement ''queer'' par tapette, ou pédale, être de la jaquette etc, mais ici, la phrase ne le permet pas, à cause du jeu de mot sur les deux sens de cet adjectif.
