La première chose que firent Harry et Hermione le matin suivant l'attaque fut de se rendre dans le bureau de Mac Gonnagall.

Là, ne connaissant pas le mot de passe, ils s'attendaient à se livrer à une longue séance de devinettes, mais à leur grande surprise, en apercevant Harry, la gargouille s'inclina et s'écarta pour révéler les escaliers qui menaient au bureau du directeur.

- Hé bien, remarqua Harry en montant les marches, j'imagine qu'être l'héritier des Griffondor m'ouvre certaines portes…

- Oui, répondit Hermione, mais je me demande pourquoi ça n'a jamais été le cas avant.

- Peut-être que le château attendait que je connaisse mon héritage…

-Hmm, reprit Hermione peu convaincue.

Quand ils arrivèrent devant la porte, ils frappèrent et entrèrent en entendant l'autorisation de Mac Gonnagall.

-Bonjour professeur, commença Harry après s'être assis aux cotés d'Hermione.

-M. Potter, Mlle Granger, répondit Mac Gonnagall avec un signe de tête. J'imagine que cette visite matinale n'est pas sans rapport avec les événements d'hier ?

-Bien sûr, répliqua Hermione, nous voulions avoir les nouvelles de première main.

-Tout d'abord, déclara Mac Gonnagall, j'aimerais vous remercier personnellement pour vos actions hier à Pré au Lard. Votre rapide réaction a sauvé la vie de centaines d'élèves et de villageois. Malheureusement, l'attaque sur Azkaban a mobilisé les forces du ministère et de l'Ordre et personne ne serait intervenu avant qu'il ne soit trop tard. Pour ce que est de l'attaque à Azkaban, Vous-Savez-Qui est parvenu à son but principal qui était de libérer tous les Mangemorts capturés depuis deux ans. Cinq Mangemorts ont été capturés ou tués pendant l'attaque, même si aucun n'était important dans leur hiérarchie. De notre côté, huit Aurors ont été tués, onze sont actuellement à Ste Mangouste dont trois sont menacés de ne pas survivre. Pour l'Ordre, les choses se sont un peu mieux passées ; nous n'avons eu aucun mort même si Hestia Jones est dans un état grave et quatre autres membres ont été blessés plus légèrement.

Harry et Hermione restèrent silencieux, digérant ces graves nouvelles.

-Quelles forces ont été utilisées à Azkaban ? demanda enfin Harry.

-Une centaine de Mangemorts et environ le même nombre de Détraqueurs, répondit Mac Gonnagall, la mine sombre. Mais nous pensons que Vous-Savez-Qui a aussi les faveurs des Géants et les Gobelins menacent d'agir contre le ministère si les lois restreignant leur droits continuent à être votées et conservées…

-Les Gobelins ?! s'exclama Hermione, ce serait une catastrophe !

-Oui, ils contrôlent la stabilité économique de notre monde et leur soutien financier donnerait une victoire immédiate à Vous-Savez-Qui, approuva Mac Gonnagall. Mais Fudge ne veut rien entendre et même s'il voulait bien, je ne pense pas que le Mangenmagot serait d'accord pour donner plus de droits aux Gobelins.

-C'est exactement ce genre d'attitudes chez les sorciers qui permet à Voldemort d'avoir des alliers et des serviteurs ! s'indigna Hermione. C'est scandaleux !

-Je sais, reprit Mac Gonnagall, mais on ne peut pas changer plus d'un millénaire de traditions et de préjugés en si peu de temps…J'ai bien peur que les Gobelins n'accomplissent leurs menaces sans qu'on puisse rien y faire.

Hermione fut forcée d'acquiescer, mais la colère se lisait clairement sur son visage.

-J'irai leur parler, annonça Harry après quelques secondes de silence. J'essaierai de leur faire entendre raison.

-Mais comment ? s'étonna Mac Gonnagall alors que Hermione faisait une mine pensive.

-En leur montrant que Voldemort ne gagnera pas la guerre et qu'ils perdraient le peu de privilèges et de droits qu'ils ont en se ralliant à lui expliqua simplement Harry. Je leur promettrai aussi que si tôt la guerre terminée, je m'engagerai dans la défense des droits des espèces magiques non humaines.

-J'ai toujours su que tu croyais aux idées de la S.A.L.E, lui duit Hermione avec un petit sourire qu'il lui rendit.

-Et comment comptez vous les convaincre que Vous-Savez-Qui ne gagnera pas ? demanda Mac Gonnagall d'un air sceptique.

-Comme cela, répondit Harry avec un sourire malicieux.

Dès qu'il eut fini sa phrase un vent puissant souffla dans le bureau et Harry fut entouré d'un halo de lumière blanche si intense que Mac Gonnagall et Hermione durent se protéger le visage pour ne pas être éblouies. Ses yeux émeraude brillaient tels deux étoiles dans l'obscurité d'une nuit sans lune. Dans un flash Nora apparut et vint se poser sur son épaule, droite et fière. La magie que produisait Harry était si puissante que la pièce entière s'était mise à tremblait et à briller.

En voyant Harry ainsi, dévoilant toute sa puissance, Hermione ne put s'empêcher d'être admirative de la maîtrise dont il avait dû faire preuve pour se contrôler dans toutes les situations rencontrées jusqu'ici. Elle n'avait jamais rien vu d'aussi terrifiant et en même temps d'aussi beau. Elle se renduit compte que Harry aurait facilement pu utiliser ses pouvoirs pour se venger mais il en avait rien fait, et cela ne fit qu'augmenter son amour pour lui.

-Très impressionnant, ne cessait de murmurer Mac Gonnagall les yeux agrandis par la surprise. Je n'ai jamais rien vu de tel, croyez-moi M. Potter, et j'ai côtoyé Albus Dumbledore et Nicolas Flanel. Vous venez de me redonner une lueur d'espoir.

-Mon pouvoir ne pourra pas grand chose contre une armée aussi grande que celle de Voldemort. Je ne pourrai pas gagner cette guerre tout seul. C'est pour cela que nous sommes venus vous voir ce matin, professeur. Nous avons besoin de l'aide de l'Ordre du Phoenix et de tous ceux qui voudront bien se battre.

Mac Gonnagall le regarda d'un air perplexe.

-Vous seriez d'accord pour combattre pour nous ? murmura-t-elle

-Si cela peut sauver des vies, reprit Harry, je suis prêt à mettre nos différents de côté pendant la durée de la guerre. Si vous êtes d'accord vous devriez rassembler votre Ordre et vous organiser pour intervenir plus rapidement et en plusieurs endroits différents. Vous devriez aussi parler à Fudge ou Mme Bones pour faire de même avec les Aurors.

-Bien sûr M Potter, je vais les contacter dés aujourd'hui, nous serons prêts pour la prochaine attaque. Votre simple présence à nos côtés remontera le moral de tout le monde. Vous êtes un leader naturel et après la mort d'Albus c'est ce qui nous manquait. Tous vous suivront au combat.

Harry approuva d'un signe de tête et fit un petit sourire à Hermione qui lui avait prit la main pour le soutenir pendant son discours.

-Cela ne suffira pas pour gagner la guerre, continua-t-il. Même si j'obtiens le soutien des Gobelins, Voldemort sera toujours en surnombre, surtout qu'il obtient sûrement de nouveaux Mangemorts tous les jours. Il faut que vous formiez le plus d'élèves possible. Le niveau en Défense contre les Forces du Mal est insuffisant en cas d'une attaque sur Poudlard. Convoquez les anciens membres de l'AD et demandez-leur de faire passer le message aux gens de confiance. Je convaincrai Tonks de les entraîner. J'irai aussi rendre visite aux Centaures et aux Accromantules dans la forêt. Ils seront d'une grande aide pour stopper l'avancée des forces de Voldemort sur Poudlard. Hermione a aussi pensé aux Vélanes ; elles ont souvent été victimes des Mages Noirs et seront sûrement de notre côté. On pourrait essayer de les contacter par l'intermédiaire des Delacour.

-Oui, répondit Mac Gonnagall, je vois bien les raisons derrière vos choix, vous avez certainement réfléchi à tous ces problèmes, M. Potter.

-Avoir avec soi la sorcière la plus intelligente de sa génération peut aider, avoua Harry alors qu'Hermione rougissait. Nous pourrions aussi demander aux Elfes de Maison de nous aider. Ils pourraient protéger le château et les plus jeunes élèves. Même s'ils sont sous-estimés ils sont très puissants. J'irai voir Dobby pour le lui proposer.

-Très bien, M. Potter, tout sera organisé comme vous l'avez demandé. Je vous laisserai parler à Mlle Tonks pour votre projet. Mais je voudrais vous avertir que la Forêt n'est pas sure en ces temps-ci. Les Centaures ne veulent plus avoir aux Sorciers et vous connaissais l'attitude des Accromantules.

-Ne vous en faîtes pas pour moi, répliqua Harry. Je saurai les convaincre de m'écouter et de nous aider.

Mac Gonnagall hocha la tête et soupira.

-Vous avez grandi et mûri, M. Potter, dit-elle enfin. Vous n'êtes plus le petit garçon qui est arrivé à Poudlard il y a 6 ans.

-Je n'ai pas tellement eu le choix, répliqua Harry, un ton d'accusation dans la voix. Poudlard n'a jamais été un lieu très sécurisé pour moi et Azkaban a tendance à détruire votre innocence, même quand on n'est pas coupable…

Mac Gonnagall baissa la tête et Harry fut surpris de voir des larmes couler el long de ses joues. Hermione lui prit la main en guise de soutien et elle se rapprocha de lui.

-Je suis désolée d'avoir pris part à tout cela M. Potter, dit Mac Gonnagall en essayant sans grand succès de regagner son calme. Si vous saviez comme j'ai honte… J'ai l'impression d'avoir souillé la mémoire d'Albus, de James et de Lily qui ont toujours été là pour moi…. Je suis vraiment désolée de vous avoir abandonné comme cela, M. Potter. Je n'ai aucune excuse valable pour ne pas vous avoir cru lorsque vous avez clamé votre innocence… J'aimerais juste pouvoir me racheter un jour. Peut-être en aurai-je l'occasion pendant cette maudite guerre…

Elle baissa à nouveau la tête et Harry pu constater qu'elle ne faisait plus d'effort pour retenir ses larmes.

N'ayant jamais vu son professeur de Métamorphose dans cet état, Harry se retourna vers Hermione, un peu perdu, dans l'espoir qu'elle lui dise ce qu'il devait faire. Sa seule réponse fut un petit geste encourageant de la tête, même si Harry ne savait pas vraiment à quoi elle l'encourageait.

-Heu… Vous pouvez m'appeler Harry, dit-il lamentablement.

Il vit Hermione lever les yeux au ciel et un petit sourire se dessina même sur les lèvres de Mac Gonnagall.

-Merci…Harry, dit-elle enfin en séchant ses larmes avec un mouchoir qu'il lui avait conjuré. Vous…tu es vraiment quelqu'un de bien.

-Merci professeur.

-Nous devrions y aller, ajouta Hermione. Nous avons beaucoup à faire.

-Oui, répondit Mac Gonnagall en se levant, moi aussi. Bonne chance avec vos différentes rencontres. Je vous autorise à rater autant de cours que nécessaires. Après tout, ce n'est pas comme si vous aviez besoin d'allez en cours, ajouta-t-elle en souriant. Bonne journée.

-Vous aussi professeur.

Arrivés en bas des escaliers, Hermione se retourna vers Harry et l'attira dans son étreinte.

-Je suis tellement fière de toi Harry, murmura-t-elle à son oreille. Tu as été formidable de réagir comme cela. Je t'aime tellement, ajouta-t-elle en l'embrassant tendrement.

-Moi aussi Hermione

Dés la fin du petit déjeuner, ils se dirigèrent vers les cuisines pour rencontrer les Elfes de Maison. A peine étaient-ils entrés que Harry fut frappé au niveau des genoux par une petite créature hystérique.

-M. Harry Potter est venu voir Dobby ! Et il a amené son Hermy.

Le visage d'Hermione à cet instant là fut suffisant pour faire éclater Harry de rire.

-Hermione, Dobby, elle s'appelle Hermione, dit-il en essayant de se calmer. Et ce n'est pas la mienne…

-Oui M. Harry Potter ! Dobby est tellement content de vous revoir ! Et vous aussi Mlle Hermy !

-Ca fait plaisir de te revoir aussi, Dobby répondit Hermione.

- Dobby savait très bien que ce que disaient les gens sur M. Harry Potter et Mlle Hermy était faux ! Dobby savait, lui, et les Elfes aussi. M. Harry Potter et Mlle Hermy ont toujours étaient nobles et généreux.

-Merci Dobby, je savais que je pouvais compter sur toi, dit Harry sans pouvoir s'empêcher de sourire en voyant le petit Elfe gesticuler dans tous els sens. Tu es un véritable ami.

-Oh M. Harry Potter est trop bon ! s'exclama Dobby les yeux remplis de larmes, mais Dobby n'est qu'un Elfe de Maison, il ne peut pas être l'ami du grand M. Harry Potter et de Mlle Hermy !

-Bien sûr Dobby, répondit Hermione en s'agenouillant à son niveau, nous te considérons comme un ami.

- Vous êtes trop bonne Mlle Hermy, sanglota Dobby, Dobby est fier d'être votre ami !

-Nous sommes venus pour te proposer une mission très importante, à toi et tous les Elfes de Maison, déclara Harry.

-Tout ce que vous voulez M. Harry Potter ! dit Dobby en se redressant subitement.

-Tu es au courant que nous sommes en guerre contre Voldemort, continua Harry. Il risque de s'attaquer à Poudlard et nous aurons besoin de vous pour protéger le château et les élèves.

-Oui M. Harry Potter ! Les Elfes de Maisons seront fiers de combattre pour Poudlard et les élèves. Mais ils peuvent faire plus que ça ! Ils peuvent aussi combattre l'Ennemi !

-Et vous protégeriez le château en même temps ? demanda Hermione.

-Oui Mlle Hermy ! Les Elfes sont assez nombreux pour ça !

-Très bien Dobby, acquiesça Harry. C'est une très bonne nouvelle. J'imagine que le meilleur moyen est de vous laisser vous organiser comme vous le voulez. Je te laisse donc l'annoncer aux autres et vous pourrez préparer votre stratégie.

-Oui M. Harry Potter ! Dobby va avertir tous les Elfes de Maison tout de suite ! Ils seront honorés, monsieur !

-D'accord Dobby, préviens-moi quand vous serez prêts. Il faudra vous incorporer dans la stratégie de défense.

-Oui M. Harry Potter ! Au revoir M. Harry Potter !

-Au revoir Dobby, répondirent Harry et Hermione. Et merci !

Une fois à l'extérieur des cuisines, Hermione se retourna vers Harry et le regarda droit dans les yeux.

-Harry, je veux être avec toi pour les discussions, déclara-t-elle d'un air qui ne souffrait pas de réplique.

-Je me doutais que tu dirais cela , dit Harry en souriant. C'est d'accord mais à une condition.

-Laquelle ? demanda Hermione qui semblait être soulagée qu'Harry ne lui refuse pas de l'accompagner.

-Au moindre signe que les choses risquent de mal tourner, Nora t'emmènera en sécurité, expliqua Harry.

-Très bien, mais comment feras-tu ?

-Rien ne m'empêche de transplaner, répondit Harry.

-Tu es sûr de pouvoir contourner les charmes anti-transplanage de Poudlard et de Gringotts ?

-Pas les contourner, reprit Harry, les traverser. Ils ne sont pas faits pour retenir de la magie pure et c'est ce que je deviens quand je me déplace.

Pour démontrer ce qu'il venait de dire, Harry transplana derrière Hermione et lui tapa sur l'épaule.

-Tu es au courant que tu viens de détruire un des piliers de mes croyances en magie ? Tu ne peux pas transplaner à l'intérieur de Poudlard ! dit-elle en soupirant et en levant les bras au ciel.

-Désolé, s'excusa Harry avec un sourire qui indiquait clairement qu'il ne l'était pas. Si tu voulais bien me dire les autres je pourrais faire de même avec eux.

-Non merci, reprit Hermione, ne pouvant s'empêcher de répondre à son sourire. Je voudrais garder mes illusions encore un peu.

-Comme tu voudras, dit Harry en haussant les épaules. Mais nous devrions y aller. Ca m'étonnerait qu'on ait le temps de rencontrer tout le monde aujourd'hui.

-Nous pourrions garder les Vélanes pour demain, proposa Hermione. Trouver les Delacour et se rendre chez eux devrait prendre du temps.

-D'accord, accepta Harry. Nous n'avons qu'à voir les Accromantules et les Centaures ce matin et les Gobelins cet après-midi. Le problème sera juste de faire sortir Aragog de sa tanière. Les Centaures eux devraient vite venir nous intercepter une fois sur leur territoire. Nous pourrons leur parler à ce moment là.

-Hagrid pourrait nous aider, dit Hermione. Si tu veux bien aller lui parler, je suis sûre qu'il acceptera de convaincre Aragog de nous rencontrer.

Harry soupira et hocha la tête ; après tout c'était la seule solution.

Ce fut ainsi que Harry et Hermione se retrouvèrent devant la maison du demi géant qui n'avait pas cours à cette heure-ci.

-Harry, Hermione ?! s'étonna ce dernier en ouvrant la porte.

Il était tellement perdu qu'il lui fallut quelques secondes pour trouver ses mots.

-Ve…Venez, entrez, finit-il par bégayer.

Après s'être installés et avoir accepté une tasse de thé, Harry et Hermione abordèrent le sujet pour lequel ils étaient venus :

-Nous somme passés vous voir pour parler de la guerre, Hagrid, commença Harry.

-La guerre ?

-Oui, celle contre Voldemort, précisa Harry. Après les attaques d'hier, il est clair qu'elle a commencé et que nous devons préparer.

-Bien sûr, approuva Hagrid en tapant son énorme poing sur la table. Je suis prêt à me battre et Graup peut nous aider aussi…

-A vrai dire, expliqua Hermione, ce n'est pas exactement pour ça qu'on est venus. Le professeur Mac Gonnagall devrait convoquer une réunion de l'Ordre pour vous organiser dans la guerre. Nous voudrions juste que vous essayiez de convaincre Aragog de nous écouter.

Nous aimerions que les Centaures et les Accromantules se rallient à nous contre Voldemort.

-Je peux faire ça, répondit Hagrid, mais je suis pas sûr qu'il acceptera de combattre. Les affaires des Sorciers ne l'intéressent pas. Et je suis pratiquement certain que les Centaures vous attaqueront avant que vous ayez pu ouvrir la bouche. Ils ne veulent plus voir d'humain sur leur territoire.

-Nous connaissons les risques, reprit Harry, mais nous devons les convaincre, Voldemort possède beaucoup plus de serviteurs, humains ou pas, que toutes les forces du ministère et de l'Ordre réunies. Si nous n'agissons pas nous perdrons la guerre. Est-ce que vous nous aiderez ?

-D'accord accepta Hagrid en soupirant. Je ne devrais pas être long, ajouta-t-il en se levant et prenant son arbalète.

Il enfila son manteau de fourrure et appela Crocdur qui était en train de baver sur les genoux d'Hermione.

-Où voulez-vous lui parler ? demanda-t-il.

-En bordure de forêt, répondit Hermione. Cela servira de terrain neutre entre les Centaures, Aragog et nous.

-Très bien, je serai là avec Aragog, reprit Hagrid. Bonne chance et soyez prudents avec les Centaures.

Dés qu'il eut disparu, Harry et Hermione se dirigèrent vers les profondeurs de la forêt, le territoire des Centaures.

-Nora, si les choses se gâtent, expliqua Harry à son phoenix, je veux que tu mènes Hermione à l'abri. La cabane de Hagrid devrait faire l'affaire. Si pendant la discussion tu perçois un danger, tu la ramèneras dans notre suite, d'accord ?

Nora répondit par un petit chant mélodieux que Harry prit pour un oui.

Ils n'avaient marché que depuis dix minutes quand une voix autoritaire leur ordonna de s'arrêter. Ils s'exécutèrent et furent bientôt entourés par une dizaine de Centaures.

-Que faîtes vous dans notre forêt ? demanda celui qui semblait être le leader de la troupe. Nous vous avions pourtant prévenus qu'aucun Sorcier ne serait plus toléré dans notre Forêt.

-Nous vous cherchions, répondit simplement Harry alors que Nora se redressait en lançant un petit cri d'avertissement vers un Centaure qui avait dégainé son arc. Nous voulions vous parler.

Harry se plaça de sorte à se retrouver devant Hermione et lui prit le main. Il la sentit se serrer un peu plus contre lui.

-Que nous veux-tu Protégé du Phoenix ? répliqua le même Centaure. Et pourquoi as-tu amené ta jument avec toi pour des discussions officielles ?

Harry eut peur pendant un moment qu'Hermione se révolte contre le Centaure, mais elle avait sûrement compris l'importance de leur mission et se contenta de se raidir un peu.

-Nous voulons inviter votre chef ainsi qu'Aragog, le chef du clan des Accromantules, à nous rencontrer pour discuter des problèmes de la guerre contre Voldemort, expliqua Harry. De plus, les femmes des Hommes ne sont pas des juments et Hermione m'accompagne parce qu'elle est aussi concernée par ce qui se passe que vous ou moi, elle est largement capable de se défendre ou de mener des négociations si c'est ce qui vous inquiète.

Les Centaures parurent perplexes, mais ils ne firent aucun commentaire.

-Nous voulons bien transmettre votre message a notre chef, déclara enfin le Centaure après quelques discussions à voix basse. Le Phoenix présent témoigne de vos bonnes intentions. Où voulez-vous mener cette rencontre ? Nous n'accepterons pas d'aller sur le territoire des Accromantules ni de les recevoir sur le notre.

-Nous avons prévu de discuter à l'orée de la forêt, répondit Hermione, ce sera un terrain neutre.

-Très bien. Attendez ici notre Chef, vous accompagnerez ensuite son escorte jusqu'au lieu de rendez-vous.

-C'est d'accord, acquiesça Harry.

Un des Centaures s'enfonça alors dans l'obscurité des arbres et un silence s'installa et perdura jusqu'à son retour dix minutes plus tard. Il était accompagné de six autres Centaures, dont le plus grand, probablement le chef, portait une couronne et un arc d'ivoire. Les cinq autres étaient rassemblés en formation autour de lui et portaient de nombreuses armes en évidence en plus de leur arc. Tous les Centaures déjà présents s'inclinèrent à l'approche de leur Chef et celui-ci se tourna vers Harry et Hermione.

-Je m'appelle Bremion, je suis le Chef du Clan de la Forêt, annonça-t-il d'une voix grave. Vous avez demandé une rencontre, et j'espère que ce que vous avez à dire est important, je n'ai pas pour habitude de me déplacer pour de simples humains, même s'ils sont sous la protection d'un Phoenix.

-Ce sont des problèmes très importants qui seront discutés, assura Harry, vous n'avez pas fait le chemin jusqu'ici pour rien.

-Dans ce cas ne perdons pas de temps, allons-y.

Ils arrivèrent avec la troupe de Centaures à l'orée de la Forêt Interdite dix minutes plus tard. Comme promis, Hagrid les y attendait avec Aragog et quelques autres Accromantules.

-Tu as un sacré culot de me convoquer ici aujourd'hui, ami de Hagrid, déclara Aragog quand Harry arriva à sa hauteur, après ce que tu as fais à mon nid et à mes enfants lors de notre précédente rencontre.

-Je n'ai fais que me défendre, répliqua Harry. Après tout, vous les aviez autorisés à me tuer et me manger. Mais parler du passé ne sert à rien, nous sommes là pour parler du présent et de l'avenir…

-Soit, reprit Aragog. Parlons de ce qui est important. Pourquoi nous avez-vous fait venir ?

-J'aimerais bien le savoir aussi, ajouta Bremion.

-Nous voulons que vous vous ralliez à nous dans la guerre contre Voldemort, déclara Harry.

Comme ils s'y étaient attendus, cette proposition fut mal reçue, et les deux partis firent connaître leur désaccord bruyamment.

-Quelle arrogance ! s'écria Bremion. Les Humains sont tous les mêmes ! Ils arrivent et s'attendent à ce que nous soyons sous leurs ordres.

-Qui vous donne le droit de demander notre aide dans une guerre qui ne nous concerne pas ? ajouta Aragog sur un ton plus retenu.

-Cette guerre concerne tout le monde, expliqua calmement Harry. Et vous ne seriez en aucun cas sous nos ordres ; vous combattriez seulement dans le même camp que nous.

-Nous ne nous impliquerons pas dans les affaires des Humains, répéta Aragog. Cela a toujours été ainsi et le restera.

-Nous n'aiderons pas ceux qui nous oppriment et nous méprisent, déclara Bremion. Aucun camp ne nous attire plus que l'autre, les Humains sont tous les mêmes.

-Vous y perdriez tous si Voldemort gagne cette guerre ! s'exclama Hermione.

-Ne te mêle pas des affaires des mâles, femelle ! gronda Bremion d'un ton menaçant.

-Vous feriez mieux d'être polis, conseilla Harry en laissant échapper un peu de son pouvoir, vous n'êtes pas les seuls qui sachiez utiliser l'intimidation.

L'apparition de son aura fit reculer Bremion et ses gardes de plusieurs pas, les yeux agrandis par la peur. Hermione prit cela pour un bon signe et recommença à parler :

-Voldemort est l'héritier de Serpentard, expliqua-t-elle en se tournant vers Aragog, il est le prince des serpents et sa victoire sera synonyme de leur règne. Voldemort n'est autre que Tom Jedusor qui avait relâché le Basilic dans le château.

Cette déclaration rendit les Accromantules silencieuses et Harry pensa que les araignées n'avaient pas besoin de plus d'arguments pour comprendre leur intérêt à gagner la guerre.

-Quant au mépris de l'oppression, poursuivit Hermione en se tournant vers Bremion, ils sont l'œuvre des Sorciers au sang pur qui défendent les traditions ancestrales et considèrent comme inférieurs tous ceux qui n'ont pas le sang pur et ceux qui ne sont pas Humains. Voldemort est leur fer de lance. S'il gagne la guerre, les choses seront pires qu'aujourd'hui, ce ne sera plus un problème d'orgueil, de fierté ou d'honneur qui vous menacera mais un problème de survie. Si Voldemort gagne cette guerre, vous serez chassés et exterminés…

-Elle a raison, approuva Harry alors que les Centaures commençaient à murmuraient entre eux. Voldemort est à la tête de toutes les théories racistes et l'oppression dans le monde sorcier. Si vous ne nous aidez pas dans cette guerre, il gagnera sûrement et vous serez finalement contraints à vous battre sans espoir de gagner. Cette guerre est aussi la votre et si nous combattons ensembles, nous avons une chance de sauver le monde et de l'améliorer. Si c'est ce que vous souhaitez, je pourrais utiliser ma notoriété et mon influence sur le monde Sorcier pour changer les lois et leur regard sur vous…

-Nous comprenons ce que vous dites, amis d'Hagrid, déclara Aragog au bout d'un moment. Si c'est pour détruire l'ami des serpents et le maître du Basilic, les Accromantules combattront.

-Si vous pouvez nous promettre que vous défendrez l'indépendance des Centaures et vous battrez pour leurs droits, nous combattrons également à vos côtés. Il est temps que les Centaures sortent de leur isolement et agissent pour montrer au monde qu'il faut compter sur eux, proclama Bremion. Nous contacterons les autres clans et essaierons de les rallier à notre cause.

-Très bien, je savais qu'on pouvait arriver à un accord, dit Harry avec un sourire.

Hagrid, qui était resté en retrait jusqu'ici proposa à Aragog de le ramener à son nid. Le chef des Accromantules accepta et se tourna une dernière fois vers Harry et Hermione avant de partir.

-Je vous autorise l'accès à ma tanière, amis de Hagrid dit-il de sa voix grave. Mes enfants ne vous feront rien. Venez si vous avez besoin de parler de la guerre.

-Merci Aragog, répondit Harry, nous nous reverrons pour discuter de la meilleure stratégie à adopter.

-Au revoir, amis de Hagrid.

Une fois que les araignées et Hagrid eurent disparu dans l'obscurité de la forêt, Bremion s'avança et parla à son tour :

- Vous pourrez également venir sur notre territoire pour parler. Les Centaures vous mèneront à moi. Garde bien ta femelle, Protégé du Phoenix, il semblerait qu'elle soit précieuse parmi votre espèce.

-Elle l'est, affirma Harry en souriant à la couleur qu'avait prit le visage d'Hermione, et je compte bien la garder autant de temps qu'elle voudra de moi.

-Au revoir, Humain, conclut Bremion en se dirigeant vers le cœur de la Forêt avec son escorte…

Il était déjà tard quand les Centaures disparurent de leur vue et le soleil était déjà haut dans le ciel. Harry et Hermione reprirent le chemin du château pour aller déjeuner.

Convaincre Tonks de reprendre l'entraînement de l'ancienne AD fut l'affaire de quelques minutes. Elle avait été très excitée de pouvoir participer à la préparation pour la guerre. Pendant le repas, Ginny leur avait appris que Mac Gonnagall avait convoqué plusieurs anciens membres de l'AD dans son bureau le soir même, et ils durent lui avouer la raison pour stopper ses inquiétudes. Elle avait, tout comme Tonks, montré beaucoup d'enthousiasme devant cette idée.

Il était deux heures de l'après-midi quand Harry et Hermione arrivèrent devant les portes de Gringotts. Une fois entrés, ils se rendirent à un guichet libre derrière lequel un Gobelin était penché sur un parchemin rempli de chiffre.

-S'il vous plaît, l'apostropha Harry.

-Oui, grogna le Gobelin en relevant la tête.

-Nous aimerions rencontrer le Président de Gringotts, dit Harry.

La seule réaction du Gobelin fut un sourcil relevé.

-Et qu'est ce qui vous fait croire que le Président a du temps à perdre pour une rencontre sans rendez-vous ?

-Et bien le fait que je détienne l'un des plus gros comptes en banque du pays devrait l'aider un peu, répondit Harry. Ensuite, le fait que je m'appelle Harry Potter et que je suis l'Héritier de la ligne des Griffondor devrait finir de le convaincre. De plus je vous garantis que ce dont je veux discuter est d'une extrême importance pour moi et pour les Gobelins.

-Pouvez-vous prouver votre identité ? demanda le Gobelin un peu plus intéressé.

Harry souleva sa frange pour montrer sa cicatrice, mais le Gobelin, souriant d'un air menaçant, lui tendit un parchemin et une dague dorée.

-Faites couler un peu de votre sang sur ce parchemin, ordonna-t-il. Seul votre sang peut prouver qui vous êtes, vous auriez très bien pu altérer votre apparence.

-Et qui me dit que votre dague n'est pas empoisonnée ? Je ne vois pas de raison de vous faire confiance non plus.

-Rien ne vous empêche d'en conjurer une, répondit le Gobelin avec le même sourire menaçant.

Hermione lui tendit une dague quelques secondes plus tard et Harry s'entailla l'index gauche au dessus du parchemin. Dés que le sang entra en contact avec le papier, une lumière brilla et des runes apparurent sur le parchemin. Quand le Gobelin les vit, il se leva et appela un de ses congénères. Après quelques délibérations dans leur langue, l'autre Gobelin s'en fut par une porte latérale et celui du guichet se tourna vers eux :

-Nous allons avertir le Président de votre présence et votre demande, annonça-t-il. La réponse lui appartiendra.

Quelques minutes plus tard, le Gobelin réapparut par la même porte et se dirigea vers eux :

-Le Président va vous recevoir, déclara-t-il. Suivez-moi s'il vous plaît.

Derrière cette porte, ils découvrirent un réseau de couloirs dorés jonchés de portes gravées et dont le plafond décoré représentait les rebellions des Gobelins et d'autres guerres dont Harry et Hermione n'avaient jamais entendu parler.

Au bout de cinq minutes de détours et de virages à travers ce labyrinthe doré, Harry et Hermione furent conduits dans un couloir sans issue plus richement décoré que les autres au bout duquel une gigantesque porte d'ivoire à deux montants se dressait.

Leur guide frappa trois fois et l'ouvrit, leur signalant de le suivre à l'intérieur du bureau. Puis il s'inclina et sortit.

-Vous avez demandé à me parler, déclara un Gobelin à l'air ancien et noble. Je suis Wilvrok, le Président de Gringotts.

-Harry Potter et Hermione Granger, répondit Harry. Nous sommes ici à cause de rumeurs inquiétantes…

Wilvrok fronça les sourcils et s'avança sur son fauteuil de bois.

-Et quelles rumeurs, je vous prie ?

-Celles selon lesquelles vous auriez menacé de rejoindre les rangs de Voldemort, répondit Harry.

-Je ne vois pas en quoi cela vous concerne M. Potter, grogna Wilvrok, et sincèrement, il n'y a pas grand-chose que vous puissiez faire pour nous en empêcher. Je vous conseille de quitter rapidement les lieux et de retirer votre argent, menaça-t-il.

-C'est dommage que vous preniez les choses comme ceci, déclara Harry sans bouger, nullement impressionné. Je voulais juste connaître les raisons de votre choix.

-Nous avons été opprimés par les Sorciers depuis des millénaires, nos droits ont été reniés par ceux qui se croient supérieurs à nous, déclara Wilvrok d'une voix grave, il est temps que cela cesse.

-Voldemort vous a promis la liberté et l'indépendance ? demanda Harry.

Wilvrok approuva d'un bref hochement de tête.

-Et vous le croyez ?! s'exclama Hermione.

-Nous ne sommes pas idiots, Mlle Granger, contrairement à ce que votre gouvernement semble penser, nous sommes capables de prendre des décisions rationnelles. Voldemort n'est qu'une solution temporaire. Nous savons qu'une fois qu'il aura gagné, le Seigneur des Ténèbres décidera de se débarrasser de nous, mais nous anticiperons, notre but suprême est de devenir une nation indépendante, contrôlée par personne d'autre que nous. Nous le savons et Voldemort le sait. Personne n'est dupe dans cet accord. Maintenant même vous êtes au courant. Votre curiosité a été satisfaite, M. Potter, Mlle Granger. Je vous conseille de partir d'ici avant que nos gardes ne vous raccompagnent de force.

Une fois de plus, ils ne bougèrent pas face à cette menace et Wilvrok commença à montrer des signes d'énervement. Quand il claqua des doigts, une douzaine de Gobelins en armes entrèrent dans la pièce et entourèrent Harry et Hermione.

-C'est très malin comme plan, dit calmement Harry en se rapprochant de Hermione. Le seul problème dans votre stratégie est que Voldemort ne gagnera pas cette guerre.

Wilvrok éclata d'un rire froid alors que les gardes se rapprochaient d'eux et que Nora commençait à montrer des signes d'agitation.

-Et qui l'en empêchera ? demanda le Gobelin avec un sourire féroce.

-Moi, répondit simplement Harry.

Alors, comme à Poudlard le matin même, il relâcha son pouvoir et les gardes furent rejetés de plusieurs mètres. Les murs commencèrent à trembler alors que Nora se mit à chanter. Harry fixa Wilvrok, qui semblait terrifié par ce regard d'émeraudes embrasées, et fit léviter son siège au-dessus du sol.

-Je suis sûr que Voldemort est un ennemi inquiétant, dit-il, sa voix remplie de magie, mais je vous assure qu'être opposé à moi peut-être pire ! Si vous vous alliez à Voldemort, ce beau bureau, le bâtiment qui le contient et le peuple Gobelin subiront mon courroux.

-Est-ce que ce sont des menaces ? parvint à grogner Wilvrok, même si sa voix trahissait sa peur.

-Bien sûr, répondit Harry, vous ne me laissez pas d'autre choix que de vous convaincre par la force et la peur. Et comme vous le voyez, en cas de refus, vous ne ferez pas le poids contre moi, et demain, les journaux annonceront la destruction de Gringotts et la mort tragique de ses habitants qui avaient fait le mauvais choix de suivre Voldemort.

Wilvrok sembla pendant un instant vouloir ordonner à ses gardes d'attaquer Harry et Hermione mais quand son le regard croisa celui de Harry, il soupira et s'effondra dans son siège.

-Vous ne me laissez pas beaucoup le choix, M. Potter, dit-il d'une voix lasse. Très bien, les Gobelins ne se rallieront pas au Seigneur des Ténèbres, nous resterons en dehors de cette guerre.

-Je ne pense pas, reprit Harry.

Devant la surprise des Gobelins, Hermione expliqua ce qu'il voulait dire :

-Si vous restez neutres dans ce conflit, vous garderez peut-être la vie sauve, mais quelque soit le camp vainqueur, vous serez considérés comme des déserteurs et tout ce que vous possédez à cette heure sera perdu. Il n'y aura pas de place pour ceux qui restent neutres dans le monde d'après guerre. Vous devez choisir un camp, et puisque ce n'est pas celui de Voldemort, ce sera le notre.

-D'un autre côté, ajouta Harry en reprenant son apparence normale, si vous vous ralliez à nous et que nous remportons cette guerre comme je le prévois, je vous promets comme je l'ai promis aux Centaures que je défendrai votre cause auprès du monde sorcier. Avec ma célébrité, je pourrai les convaincre de vous accorder ce que vous demandez. Donc, pour résumer, vous avez le choix entre la mort, la honte ou la guerre et peut-être la liberté. Que choisissez-vous ?

-Vous êtes le maître des questions oratoires, n'est ce pas M. Potter ? répondit Wilvrok avec un sourire sinistre. Quel choix reste-t-il pour moi et mon peuple ? Vous auriez fait un bon négociateur M. Potter. Les armées gobelines seront à votre disposition si vous promettez de nous aider en cas d'attaque de Voldemort quand nous lui annoncerons notre choix…

-Très bien, je suis content que vous soyez revenus à la raison et je suis sûr qu'avec votre aide nous vaincrons. Vous avez fait le bon choix, cela m'aurait ennuyé de mener mes menaces à bien. Comment me préviendrez-vous si Voldemort attaque Gringotts ?

-Un Gobelin se déplacera à Poudlard pour vous prévenir, répondit Wilvrok, jusque là que votre bonne fortune soit conservée…

-Bonne chance à vous aussi, dit Harry, c'était un plaisir de faire affaire avec vous, ajouta-t-il en ignorant le froncement de sourcils et la grimace de Wilvrok.

Ils quittèrent le bureau et rencontrèrent le même guide qui les ramena dans le hall d'entrée en leur jetant des regards mêlant agacement, peur et gratitude. Quand ils arrivèrent enfin dans le Chemin de Traverse, il était près de cinq heures, et leurs ombres étaient déjà longues. Ils commencèrent à remonter l'allée main dans la main, attirant l'attention de quelques passants qui étaient encore présents.

-Tu étais très effrayant et plutôt cruel avec les Gobelins, Harry, dit enfin Hermione alors qu'ils passaient devant le Ménagerie Magique. Si je ne t'avais pas si bien connu j'aurai été terrifiée, et je crois que les Gobelins l'ont été plus que jamais. Ils ne s'attendaient sûrement pas à être menacés au beau milieu de leur banque si sûre.

-Je sais Hermione, soupira Harry. Je sais que j'avais l'air froid et insensible et, crois-moi, je n'aime pas être comme cela. Mais c'était nécessaire pour nos plans. Je savais que pour que les Gobelins se battent de notre côté, il faillait non seulement leur offrir autant, sinon plus que Voldemort, mais aussi leur montrer quelque chose qui dépassait la peur qu'ils ont de lui et la seule chose que j'ai trouvé était de leur faire encore plus peur. Nous savons tous les deux que même s'ils ont été forcés de choisir un camp, ils ne nous sont pas plus loyaux qu'à Voldemort. Nous ne sommes qu'un moyen pour arriver à leur fin, ils l'ont avoué eux-mêmes. Ils ne nous suivent que parce que nous avons un intérêt commun et parce qu'ils ont peur de moi…

-Je sais tout ça Harry, affirma Hermione en lui serrant la main pour le rassurer, tu n'as pas besoin de te justifier devant moi. Je sais que tu devais faire cela et que tu as fait le bon choix. Je voulais juste te dire que tu fais très peur quand tu es en colère. Il faudra que tu en prennes compte pour la guerre et le futur.

-J'imagine… Merci de ne pas me juger Hermione. Merci de me voir comme je suis sans t'arrêter aux apparences.

-Je te connais depuis si longtemps que je sais très bien que ce qui s'est passé à Azkaban ne t'a pas changé. Tu es et tu resteras toujours le même, Harry, celui dont je suis tombée amoureuse il y a si longtemps et que j'aimerai toute ma vie, reprit Hermione en passant ses bras autour de son cou.

Ils étaient arrivés au point de transplanage du Chemin de Traverse, situé juste derrière le Chaudron Baveur.

-Je t'aime tellement Hermione, ne change jamais…

Il se pencha vers elle et l'embrassa, sachant très bien que c'était leur façon préférée à tous les deux de voyager.

Le soir, après le dîner et après avoir informé Mac Gonnagall de ce qui s'était passé ce jour là, ils décidèrent de se rendre dans son bureau pour assister à la réunion avec les anciens membres de l'AD et Tonks. Quand ils arrivèrent devant les portes du bureau de la directrice en compagnie de Ginny, une petite assemblée était déjà présente. Mac Gonnagall arriva quelques minutes plus tard en accompagnée de Tonks et leur demanda de les suivre.

-Mon bureau est trop petit, dit-elle alors qu'ils commençaient à marcher. Nous allons dans votre ancienne salle de rendez-vous.

Ils arrivèrent devant le mur portant le portrait de Barnaby et Mac Gonnagall passa trois fois devant pour faire apparaître l'entrée de la Salle sur Demande. Quand une porte de bois fut apparue, ils entrèrent et pénétrèrent dans une pièce qui ressemblait fortement à la cuisine du 12 Grimauld Place. Une grande table de chêne avec une trentaine de chaises les y attendait et Mac Gonnagall s'installa en leur faisant signe d'en faire autant.

-Si je vous ai convoqué aujourd'hui, c'est parce que vous avez tous fait partie il y a deux ans d'une association nommée l'AD. Elle était dirigée par M. Potter et avait pour but de vous préparer à la guerre contre Voldemort. Vous savez après les événements d'hier que nous sommes maintenant officiellement en guerre. Je vous propose de recréer ce groupe en y ajoutant ceux que vous juger être des élèves de confiance. Vous apprendrez de nouveaux sorts et de nouvelles stratégies de combat sous la tutelle du professeur Tonks qui a accepté de prendre en charge votre formation.

-Pourquoi ne pas continuer avec Harry ? demanda Neville. Sans vouloir vous offenser professeur, ajouta-t-il rapidement en tourna la tête vers Tonks.

-La première raison est assez évidente, répondit Tonks avec un sourire sinistre alors que tous ceux qui étaient présents baissaient la tête, honteux. De plus Harry sera occupé cette année, pour des raisons que nous vous donnerons après avoir vérifier votre loyauté et engagement. Il m'a demandé de vous entraîner en prenant exemple sur la formation d'Auror que j'ai reçue, et je dois dire que je suis assez heureuse de participer à l'effort de guerre.

-Avant d'accepter quoi que ce soit, poursuivit Mac Gonnagall, vous devez connaître les conditions auxquelles vous devrez vous soumettre si vous acceptez l'entraînement qui vous est proposé.

-Tout d'abord, expliqua Tonks, vous devez savoir que ceci n'est pas un jeu. Les membres seront tenus de venir à toutes les séances et de s'entraîner de manière autonome quand je dirai que c'est nécessaire. Mais le plus important est que vous serez tenus de combattre lors d'une attaque nécessitant notre renfort ou lors d'une attaque de Poudlard. Nous serons une sorte de milice chargée de la protection des Sorciers et Moldus des zones attaquées. Avant d'aller plus loin, vous devez vous demander si vous être prêt à vous engager pour un tel devoir, tout en sachant que votre survie ne sera en aucun moment assurée. Sinon, je vous demanderais de sortir et de ne parler à personne de ce groupe. Moins Voldemort sera préparé à notre résistance, plus de chances nous auront de gagner la guerre.

De nombreux regards se croisèrent mais personne ne quitta sa chaise.

-Parfait, se réjouit Tonks, je vois que Hermione avait fait de bons choix en choisissant les membres. Les autres contraintes sont minimes une fois que vous avez accepté celle-là. Je vous demanderai simplement de signer ce parchemin qui vous interdira de fuir le champ de bataille ou de parler du groupe à un non membre. Vous aurez une semaine pour réfléchir et recruter de nouveaux membres si vous les jugez dignes. Soyez prudents et informez les bien des conditions. Nous nous rencontrerons ici après le dîner et je vous expliquerai tout ce que vous devez savoir sur le déroulement de votre entraînement. À la semaine prochaine, et j'espère tous vous revoir.

La salle se vida peu à peu et Ginny fut la dernière à sortir en faisant un petit geste de la main à Harry, Hermione et Tonks.

-Eh bien les choses se sont bien passé aujourd'hui, dit Harry à Mac Gonnagall et Tonks.

-Oui, approuva Hermione, si les Vélanes acceptent de se rallier à nous, nos forces seront égales à celles de Voldemort si ce n'est supérieures en nombre. Il ne manquera plus qu'à les coordonner.

-En l'espace d'une journée, vous avez réussi à monter une armée, dit Mac Gonnagall, Je répète ce que j'ai dit ce matin ; tu as l'âme d'un vrai leader Harry, l'espoir est revenu en même temps que toi…

-J'espère que l'AD ne se découragera pas d'ici une semaine, s'inquiéta Tonks alors qu'ils sortaient de la Salle sur Demande, ils ont beaucoup mieux réagi que je pensais devant l'idée d'un champ de bataille et d'un danger mortel .

-Ils doivent savoir que si personne n'aide, Voldemort gagnera, expliqua Harry, et alors ils mouraient de tout de même. Ils préfèrent se battre pour leur liberté et leur éventuelle survie, quitte à mourir, plutôt que de s'exposer à une mort certaine nullement héroïque…

Ce soir-là dans leur suite, Harry et Hermione réfléchissaient à la manière dont ils allaient présenter la situation aux Vélanes afin de les rallier à leur cause :

-Il faudra déjà trouver Fleur et sa famille pour qu'ils nous mènent à elles en considérant qu'ils savent où les Vélanes se trouvent. Mais je n'ai aucune idée de l'endroit où vivent les Delacour, dit Harry.

-Nous pourrions aller à Beauxbatôn pour leur demander l'adresse.

-Tu sais où se trouve Beauxbatôn ? s'étonna Harry.

-Non mais Mac Gonnagall doit le savoir, elle est la directrice de Poudlard.

-Nous n'aurons qu'à lui demander demain, conclut Harry en baillant.

La journée avait été longue et fatigante et tous les deux étaient convaincus que le lendemain el serait aussi. Aussi, ils ne perdirent pas de temps et se couchèrent très vite.

-Bonne nuit Hermione, dit Harry une fois qu'elle fut blottie contre lui sous les couvertures.

-Bonne nuit Harry, répondit-elle en passant ses bras autour de lui et posant sa tête sur contre sa poitrine, je t'aime.

-Je t'aime aussi, reprit-il en l'embrassant sur le front, gagnant ainsi un sourire.