DISCLAIMER: Not mine, pas à moi, ¡ No a mí, Nicht mir! Sauf la trame qui suit et précède...

Author Note: Je suis en retard? Moi? Na, les gars,tout dépend du point de vue! Alors voyons les choses comme ça: il y a eu les deux semaines précédents les vacances où j'ai été prise en otage par les JO, puis mes deux semaines de vacances où le temps de me dire, bon, profite-en pour écrire, que je me rendais compte que j'étais à la veille de ma rentrée...sniff! Puis ça a été un rythme de fou et puis finalement je m'y suis mise et ouah, vla le gros morceau! Ce chapitre a été difficile car je voulais y mettre un mélange d'émotions, positives et négatives. Le punch nécessaire à cette dernière ligne droite car oui, on arrive aux derniers chapitres... enfin! Bref, j'espère que vous apprécierez...je sais toujours pas quoi en penser : S

Un grand merci à mes reviewers, à commencer par Clia (merci beaucoup pour la review. Par contre, il m'est difficile de répondre à ta demande quand je n'ai pas ton nom de plume sur ce site :( ), à ALex ( merci beaucoup pour ta review), Guest ( merci beaucoup d'avoir partagé avec moi ton ressenti et la voici enfin cette soirée tant attendue), à MissCriss ( merci beaucoup! Le voici, bien gras celui-là alors régale-toi!),à Maylis( merci beaucoup pour ta review...si je devine bien, ce chapitre ne te laissera pas indifférente, n'oublie pas de me dire ce que tu en penses!), Iclemer (il est pour maintenant lol, désolé, mais sans compte difficile de répondre...J'essaierai la prochaine fois de laisser un message sur mon profil si je prends du temps!), Clmence (Merci beaucoup pour ton soutient qui me porte sur ces chapitres qui veulent ma peau. Le petit piment va mettre du piquant aux choses..pour sûr et j'espère que ce chapitre te plaira!) et enfin à Lolo-cat ( je suis contente que tu te divertisses mais malheureusement je ne peux répondre à ta question, ça te gâcherait ta surprise! Qui plus est, l'apparition de la miss dans ce chapitre ne t'aidera pas trop à déterminer le pourquoi de sa présence...pour le moment!) pour leur reviews.

Sur ce, bonne lecture à vous!

PS: Chapitre non relu...Plus de bêta...fautes toutes à moi!


Chapitre 26: Pas exactement comme je l'avais imaginée!


Grandir est l'expérience la plus magnifique à laquelle un parent puisse assister.

C'est apprendre à son enfant comment s'améliorer chaque jour, le voir apprendre à nouer seul pour la première fois les lacets de ses chaussures, l'encourager quand il se mettra à déchiffrer puis à lire, écrire, compter.

C'est aussi l'aider à surmonter l'angoisse de sa première séparation d'avec vous, verser une larme lors de son entrée en maternelle. C'est le réconforter après sa première dispute, partager l'angoisse de la première confession amoureuse, essuyer ses larmes lors de la première peine de cœur, avoir le cœur au bord des lèvres quand il vous annonce qu'il y a potentiellement polichinelle dans le tiroir…

C'est mourir et renaitre sans cesse sous les 'je te déteste' lancés sans vraiment y croire et quelque fois, c'est envisagé qu'il l'a pensé avec certitude et cela vous brise le cœur.

Mais avant tout, c'est surtout réapprendre avec eux à apprécier la beauté de la vie, c'est redécouvrir la simplicité des émotions avec leurs yeux d'enfants, s'émerveiller des petits changements et enfin se rappeler qu'il y a des choses dont on ne prend conscience de la valeur que lorsqu'on les perd.

Christopher avait toujours aimé son fils, ses fils de tout son cœur. Il savait qu'on lui reprochait souvent de par son attitude de montrer une préférence à l'un par rapport à l'autre et pourtant, il n'y avait jamais eu aucune différence dans son cœur. Son ainé, il le voyait comme son successeur, une copie quasi parfaite de lui-même tandis que son dernier était son petit bâton de vieillesse, un être à l'opposé du sien mais qui le complétait si bien.

Tout aurait donc pu être si simple mais quand il posa cet après-midi là, les yeux sur Blaine, il ne sut que penser.

Parce que jusqu'alors, les émotions que contenaient les yeux de ses fils quand il les dévisageait, avaient été accessibles et jamais il n'avait jamais envisagé qu'il en serait un jour différemment…


Deux heures plus tôt :

-Hum, hum !

Un petit toussotement timide, un tapement de pied impatient et pourtant ce fut le raclement de gorge qui attira enfin l'attention des intéressés.

Le bruit de fond s'amplifiant et ne cessant pas, Kurt et Finn s'étaient enfin décidés à réagir. En se retournant dans un bel ensemble, ils tombèrent sur le regard perçant et expressif de Rose, qui essayait tant bien que mal de réprimer son envie de sourire face à leur concentration sur la concoction de leur plan. Organisation, dont elle n'avait d'ailleurs pas eu vent et qui aurait, à coup sûr, posé un très gros problème si elle n'avait pas laissé trainer une oreille indiscrète en revenant du petit coin.

La main sur la hanche, et une lueur désapprobatrice dans le regard, elle les fusillait du regard avec férocité. D'abord un peu désorienté par cette interruption qu'il jugeait intempestive, Kurt se contenta d'hausser son sourcil droit pour faire comprendre qu'il ne trouvait pas cette ingérence dans son planning plus que serré de la journée, des plus agréables. Rose garda la pose un moment avant de capituler et de pousser un soupir grandement exagéré. Elle se décida à s'assoir de l'autre côté de la table sur laquelle Kurt avait posé son ordinateur portable avant de s'adresser à eux.

- Je ne sais pas ce que vous en pensez, hein, mais j'ai comme l'impression que vous avez oublié un petit quelque chose, qui soit dit en passant reste fort important dans toute votre planification, articula-t-elle, lentement, surement pour le pousser à bout, pensa Kurt.

Un instant de flottement passa très vite avant qu'une réaction ne lui soit accordée.

-Oh, bien sur ! Des fleurs, s'écria Finn en ouvrant ses yeux si grands que Rose put quasiment voir la petite ampoule s'allumer comme dans les cartoons pendant que l'idée germait dans le cerveau du jeune homme. Une soirée romantique sans fleurs, c'est naze ! Sans compter que Rachel m'aurait surement arraché les yeux.

Kurt secoua la tête incrédule, en se demandant si c'était vraiment où Rose voulait en venir.

-Pas faux, intervient Kevin qui grignotait une barre chocolaté dans son coin, les pieds sur la table basse, ce qui lui aurait surement valu une réprimande acerbe de la diva de la maison, si celui-ci avait été dans le bon état d'esprit ! Quoi que fleurs ou pas, reprit-il nonchalamment, quand vous n'avez pas l'autorisation de sortir de vos parents, surtout en soirée, sans supervision aucune, ce ne serait pas cela, la première inquiétude que j'aurais, conclut-il avec un rictus moqueur sur les lèvres.

-Oh merde, s'écria Kurt qui venait de comprendre la boulette.

-C'est le cas de le dire, sourit Rose.

Kurt se gratta la tête en cherchant une échappatoire. Il rêvait de cette soirée en amoureux depuis bien trop longtemps pour la laisser s'échapper tel un grain de sable entre ses doigts. Il était juste impossible que les choses se passent comme cela. Il ne lui restait plus donc qu'à négocier.

-C'est juste pour quelques heures et on en sortira pas du véhicule, promis. Avec les vitres teintés, personne ne saura que nous sommes là et…

-Kurt, nous n'avons pas l'accord de ton père pour convenir sur les termes d'une telle décision. Ce type de responsabilité n'est pas de notre ressort, l'interrompit Peter, qui venait relever Kevin de son poste et qui était plus que content de venir se dégourdir les jambes un peu. Le froid et le fait de rester confiner dans la voiture l'avait courbaturé et il se ferait bien une tasse de chocolat chaud.

-Je peux l'appeler pour lui demander, commença Finn.

-Et le déranger dans un moment de détente bien mérité pour une chose infime, le coupa Kurt. Ecoutez, on n'est pas obligé de rester vraiment seuls. Je veux dire, un d'entre vous ou plusieurs peuvent nous accompagner à notre destination. Qui plus est, vu la congrégation de personnes qui y sera, je suis sûr, que vous aurez une ou plusieurs patrouille(s) sur place. Vous avez juste à leur dire de garder un œil sur nous.

-Mouais et vu que Blaine ne sera pas là, vous pourriez peut-être me laisser vraiment seul ce soir, si voyez ce que je veux dire, conclut Finn en rougissant légèrement.

-Pas l'ombre d'une chance tombeur. Ecoutez les mômes, je comprends que vous soyez jeunes et ayez envie de profiter de l'absence de vos parents mais ce n'est vraiment pas une bonne idée, décréta Kevin avant de sortir par la porte de la cuisine.

-Rose, il faut que tu nous aides, plaida Kurt. Tu sais que les choses sont compliquées et que Blaine est comme une bombe à retardement avec toute cette pression qui s'accumule. Le procès approche à pas de géant et il faut qu'on s'aère l'esprit, que l'on se concentre sur nous. Je n'avais vraiment pas pensé que j'aurai besoin de l'autorisation de mes parents et j'en suis désolé mais il faut trouver quelque chose. C'est impératif !

Rose avait un penchant pour lui, Kurt en était persuadé. Elle avait suivi l'exemple de Burt dès son arrivée et l'avait prit sous son aile, comme elle l'aurait fait pour un petit frère. Usant de ses yeux et d'une petite moue, il jouait à fond la carte de la persuasion.

-Kurt, finit-elle par répondre, un peu gênée, je comprends, crois-moi. Vous avez besoin d'intimité et d'un changement de décors mais il faut aussi que tu réalises que je ne peux pas me permettre de prendre ce genre de décision qui pourrait avoir un impact sur votre bien être.

-C'est n'importe quoi, s'énerva Kurt. C'est la première fois que Blaine prend une initiative et vous voudriez que je lui refuse la seule inclination qu'il n'ait jamais mise en avant, la seule envie qu'il m'ait exprimée. Ecoutez-moi bien, il est hors de question que je brise son rêve d'une soirée en amoureux pour des trivialités.

-Si ces trivialités peuvent lui coûter la vie ou le replonger dans un état pire que celui dans lequel il est, alors oui, on te confirme sans hésiter que c'est la seule solution !

-Ce n'est pas juste !

-On pourrait sinon appeler les Anderson. Après tout, c'est leur fils qui pose problème ! Enfin, je dis ça mais je dis rien, dit Peter qui avait la tête fourrée dans le réfrigérateur.

-Ils sont aussi un des numéros d'urgence laissé par ton père, informa Rose à Kurt.

Les deux jeunes hommes ne s'étaient pas attendus à cela et un malaise se créa.

-Je ne suis pas certain que cela en vaille la peine, marmonna Finn.

-Ils sont le seul et unique moyen que vous ayez de bénéficier de cette soirée, alors c'est en à prendre ou à laisser, précisa Rose avant de se diriger vers le salon.

Elle prit le téléphone et le tendit aux deux jeunes hommes.

-La balle est dans votre camp maintenant !

Finn lui prit lentement le combiné de la main, les yeux pleins d'hésitation, avant de contempler l'option proposée pendant un instant. Les deux frères semblaient partager quant à la décision à prendre. En un regard pourtant, ils semblèrent convenir d'un arrangement et Kurt partit, le téléphone à la main vers sa chambre. A sa grande surprise, il la trouva vide et se décida à attendre assis sur son lit que Blaine revienne de Gaga sait où, bien qu'il ait une grande suspicion quant à sa cachette. Leur salle de bain, pour une raison inconnue, abritait le dernier lieu de refuge de son amoureux. Blaine avait développé un amour illimité pour les bains pris au beau milieu de la journée ou de la nuit et s'y réfugiait bien plus que nécessaire.

Quant enfin l'ombre d'un petit homme avançant avec des petits bonds se dessina, Kurt prit son mal en patiente et attendit de voir apparaitre le bout du nez de sa moitié. Il ne s'attendait surement pas à en rester littéralement sans voix. Le spectacle qui s'offrait à lui fit monter sa tension en flèche…et pas que cela.

Blaine portait un pantalon moulant noir qui semblait allonger à l'infini ses jambes et ne semblait rien cacher d'un certain point de son anatomie. On pouvait d'ailleurs voir son boxer gris qui dépassait légèrement et pour une quelconque raison, ce détail suffit à embraser le désir du jeune ténor. Ce qui apportait un charme indéniable et irrésistible au tableau, c'étaient les quelques gouttes d'eau qui s'échappaient des boucles encore mouillées par la douche et qui dégringolaient le long de son torse en direction d'un territoire fort tentant.

Kurt en suivait d'ailleurs une avec une grande attention. Un instant ralenti par la clavicule du jeune homme convoité, elle devait la suite de sa course à une amie qui était venue fusionner avec elle. Ensemble, elles avaient repris leur périple en passant tout d'abord dans la vallée aux douces boucles qui ornaient le torse aux couleurs cannelles bien connu avant d'être prises au piège dans la petite caverne ombilicale. Bien nichées, au chaud, elles faisaient de l'œil à Kurt, qui s'humectant les lèvres doucement, baissa les yeux pour ne pas dévorer son homme avec trop d'impudence.

Bon sang, si ce tableau n'était pas un véritable appel au viol, que lui fallait-il donc ?! Respirant profondément et se remémorant l'origine de sa présence dans leur havre de paix, il réussit au prix d'une grande maîtrise de soi et d'une image fort peu ragoutante de son prof de sport en petite tenue à contrer la révolte qui se déroulait dans son pantalon tout en dirigeant de nouveau son regard vers un Blaine au regard innocent qui affichait un sourire de milles volt. Incapable de canaliser le tumulte provoqué par les impulsions de courant nerveux qu'envoyaient son cerveau à son corps, Kurt s'accorda le droit à une petite douceur.

Un baiser permit au courant qui semblait traverser de part et d'autres Kurt de continuer son chemin vers le réceptacle qu'était Blaine, qui ne put réprimer un gémissement de plaisir. Les esprits s'échauffant, le baiser se fit de plus en plus fougueux tandis que les mains cherchaient à se rassasier des proportions de l'autre. Et c'est alors qu'il allait s'emparer de la touffe bouclée de son homme, qu'il le choqua d'un coup de téléphone sur le crâne. Redescendu sur terre, Blaine se frottait la tête, à la jonction de sa nuque, une adorable moue sur les lèvres, battant rapidement des paupières, accentuant ainsi son regard de biche.

Cédant à l'appel silencieux qui lui était lancé, Kurt se pencha tendrement vers lui et se permit de s'abreuver doucement à ces lèvres au léger goût de fraise. Avant qu'il n'ait eu le temps de retrouver la parole, Blaine s'était élancé vers son petit calepin et y avait écrit, tentateur :

-Sur le lit ? Encore ?

Ne pouvant contenir un rire joyeux, Kurt l'attira à lui et l'enferma entre ses jambes, le dos collé contre son torse avant de les faire assoir dans cette position sur leur lit.

-Ce soir promis ! Mais avant, il y a un petit détail dont il faudrait se débarrasser.

Sans prendre la peine de le regarder, Blaine fit un simple point d'interrogation sur la feuille quasi blanche.

-Si on veut sortir ce soir, tous les deux, en amoureux, il y a un petit détail à régler : il va falloir avoir l'accord de tes parents bébé.

Blaine se raidit aussitôt contre lui. Le laissant digérer cette information, Kurt resserra son étreinte. Le petit bouclé finit cependant par se lever, avant de faire quelques pas vers la porte. Il s'arrêta un instant, posa son front contre le bois frais puis se retourna vers Kurt. Une expression impassible était plaquée sur ses traits alors que ses yeux véhiculaient un mélange de peur et d'excitation.

-Je ne ferai rien qui te mette mal à l'aise bien sur, mais je pense qu'il est temps de renouer avec les tiens. Mon père a d'ores et déjà organisé un diner avec eux à son retour mais…

Se saisissant de son carnet, Blaine écrivit OK, en se demandant si son père ferait un pas ou pas dans sa direction. Sans perdre une minute, Kurt lui tendit le combiné et regarda avec émotion son bien aimé composer le numéro de sa maison. Il put entendre la tonalité et deux ou trois sonneries avant que la voix grave et puissante de Christopher ne résonne :

-Allo ?

Sans savoir pourquoi, les yeux de Blaine se remplirent de larmes.

-Qui est à l'appareil ? …Bizarre c'est le numéro des Hummel ! Allo ? Blaine ?

La respiration de Blaine devint forte et irrégulière et Kurt le regarda impuissant bouger les lèvres sans qu'un son ne s'en échappe. Incrédule, il le fixait car à part la fois où il lui avait demandé de s'exprimer, jamais son petit ami n'avait fait l'effort de vouloir essayer d'user de nouveau de ses cordes vocales.

-Blaine ? Fils ? Est-ce que c'est toi ? Blaine ? Tout va bien ?

-Qu'est-ce qui se passe ? entendit-il la voix de sa mère demandée en fond.

-Je ne sais pas, il doit y avoir un problème quelconque !

-Je prends mes clefs, déclara-t-elle d'une voix sans appel.

-Ecoute bien Blainou ! Tout va bien se passer okay ? Ta mère et moi arrivons aussi vite que possible.

Ce fut ce 'Blainou' instinctif, sincère et si naturellement venu aux lèvres de Christopher qui brisa définitivement la coquille protectrice dans laquelle il s'était muré. Pleurant alors à chaudes larmes, il hoquetait, désemparé par le flot incontrôlable soulevé par ses émotions. Paniqué et craignant une crise de panique, Kurt le rejoignit et le serra contre lui, lui murmurant des mots doux et réconfortants. Un doux balancement fut imprimé à leur deux corps enlacés et chantonnant une mélodie inventée sur le moment, Blaine se laissa bercer par la voix agréable de Kurt en se nichant si possible encore plus prêt de lui.

En un clignement d'œil, l'ambiance changea une fois de plus du tout au tout. Blaine se tourna vers Kurt et lui prit passionnément les lèvres. Le poussant à s'allonger, il lui déposa le poids de son corps sur le sien, les mains à la recherche d'un contact, frénétique, les yeux troubles et vagues tandis que ses lèvres légèrement mouillées, laissaient apercevoir des dents blanches qui se tenaient prêtes à mordiller les lèvres offertes.

Ainsi blottis l'un contre l'autre, ils attendirent que le bruit de moteur annonçant l'arrivée de la famille Anderson se fasse entendre, chacun perdu dans ses pensées, dans les sensations procurées par la proximité du corps souple et aimé, se demandant ce que cette visite allait bien pouvoir changé.

Bien trop vite à leur gout, le moment tant redouté était arrivé et main dans la main, ils se dirigèrent vers le salon. Le bruit d'une conversation en fond, qu'ils devinèrent entre Paula, Carl et les officiers de police leur parvenait mais le contenu leur restait inaccessible. Et puis là, après tant d'heures, de jours à espérer voir son père ainsi debout de lui, les yeux repentants et aimants, fixés sur lui, Blaine se trouva dans la même pièce que Christopher, qu'il connaissait sous le nom de Carl.

C'était au-delà de tous mots et partagé, il vit tour à tour Mandaci replié tous ses doigts, ne laissant que son pouce levé en un dernier message avant de s'effacer, puis Tefal baissé sa tête en signe de respect, son crâne lui reflétant pour la dernière fois la lumière. Il ne resta que Crispin, un peu en retrait. Il savait qu'il serait le plus difficile à laisser partir, un peu comme s'il était une présence abstraite, une personnification de sa conscience. Pour autant, il se sentait vide, trahi, parce qu'il a fallu une stupide raison pour que son père se déplace. Valait-il donc si peu à ses yeux ?

Il ne le réalisa pas mais pas une seule fois depuis son entrée dans la pièce, il n'avait détourné les yeux de Carl. Sa mère se précipita vers lui, le tâta pour vérifier qu'il allait bien, lui posa un flot de questions auquel elle ne lui donna pas le temps de répondre. Puis elle l'engouffra dans une étreinte chaleureuse mais lui, attendait. Attendait une réaction, quelconque, quelque chose de concret de celui aux yeux duquel il voulait un jour pouvoir être digne.

Son père ne détourna pas les yeux, son regard rivé au sien, intense, mais pourtant différent, différent de celui qu'il avait pu poser sur lui, toutes ces dernières années. Mais différent en quoi ?

-Qu'est-ce qui ne va pas ? finit par céder Paula, inquiète.

Blaine se contenta d'hausser les épaules, tandis que Kurt se mit au devoir de leur expliquer la situation, le besoin qu'ils avaient d'avoir leur accord. Blaine, lui, continuait de fixer Carl, attendant que son père n'explose, lui demande s'il leur avait fait tout ce cinéma pour ça. Mais non, rien ne se passait, pas un rictus de colère, pas une parole cassante et déplacée, pas même un soupir exaspéré. Non, juste ce nouveau regard, franc et interrogateur, celui d'un père face à la détresse de son enfant et qui voulait pouvoir faire la différence. Alors pourquoi Blaine ne ressentait-il pas le besoin de se blottir dans ses bras ? A la recherche du réconfort paternel ?

-Nous allons mettre à votre disposition deux gardes du corps, dit Carl, prenant enfin la parole.

Sa voix était ferme mais réconfortante d'une certaine façon. Cela différait grandement de son regard, pensa Kurt, alors qu'il regardait Carl passer ses yeux critiques sur chaque objet de la pièce. L'homme en un regard sembla s'approprier tout l'espace et Kurt comprit pourquoi, il était entouré d'une telle aura aussi forte et charismatique mais surtout différente de celle de son père. Il semblait inaccessible, présent mais en même temps si loin. Comme un spectateur de la scène, un androïde qui ne savait que faire de tous ces sentiments humains. A se demander comment il avait pu engendrer un être aussi sensible que l'était Blaine.

Et comme cela, l'affaire fut réglée. Tout le monde reprit son souffle, recommença à s'organiser pour la soirée. Carl passa une heure ou deux à parler avec Rose et ses acolytes et bientôt deux armoires à glaces vinrent les rejoindre. Ce fut le signal pour que les Anderson s'en aillent. Paula cajola son fils, comme si elle ne savait qu'elle ne le reverrait pas mais Carl lui se contenta d'un hochement de tête et de tendre à Blaine son téléphone et ses effets. Son fils ne réagit pas pourtant, pas un sourire, pas un mouvement de ses traits, juste ce regard, similaire au sien, calme et posé.

Ce ne fut que lorsque la porte claqua, que Blaine se laissa tomber et qu'une unique larme glissa le long de ses joues pâles alors que de l'autre côté, un homme serrait ses poings de toute ses forces en se mordant la lèvre au sang pour ne pas céder à l'émotion. Et pour Paula et Kurt, ce fut le début d'une longue réflexion, sur comment réparer ce lien qui fut jadis si unique. Si cela était possible bien entendu…


Une heure plus tard et les émotions étaient sous contrôle. En se préparant pour cette soirée qu'il voulait inoubliable, comme une répétition pour le jour où lui ou Blaine demanderait à l'autre de l'épouser, Kurt se souvenait encore du temps, où enfant, il jouait avec ses amis à ce jeu.

-Si tu devais ne plus parler ou ne plus marcher qu'est-ce que tu préfèrerais ?

La réponse était invariable, si Kurt le pouvait, il laisserait de côté sa capacité à marcher car pour lui, pouvoir s'exprimer était une chose importante, devenu d'ailleurs au cours des années une de ses armes les plus redoutables.

Alors oui, lorsqu'il imaginait la soirée la plus parfaite, il se voyait allongé sur le lit, à écouter son amoureux lui murmurer des paroles vides de sens mais pleines d'émotions. Il y aurait de la musique en fond, des murmures et des échanges de promesses, de serments d'amour éternel. Tout serait dans l'intonation, dans l'hésitation des mots, dans le souffle court d'un baiser échangé où l'on tentait malgré tout d'avouer un sentiment trop fort et indescriptible. Dans le plus beaux de ses rêves, il était d'une évidence certaine que son cher et tendre aurait une voix à se damner et qu'il lui chanterait une sérénade, les yeux fermés, concentré sur les émotions qu'il voulait transmettre, la voix claire mais avec un voile d'émotion si intense qu'il le porterait au bord des larmes.

Un moment magique.

Blaine lui avait rêvé du contraire. Pour leur soirée romantique, son homme serait silencieux, se repaissant de la sérénité de leur environnement traduisant le bien être ressenti de leur relation. Ce serait un silence apaisant, tout à fait différent de celui qui pesait par trop souvent sur la table du diner familiale. Il y aurait juste des effleurements légers, un peu comme ceux d'une plume qui explorerait la surface de leur peau, leur permettant de découvrir chacune de leur zone érogène, seul le bruit de leur expiration haletante venant briser la sérénité et l'intensité du moment.

Un moment cent pour cent sensuel.

Pourtant en cette soirée, où le ciel était dégagé, où les étoiles étaient visibles à l'œil nu, aucun de ses deux fantasmes n'allait se réaliser. Le moment qu'ils échangeraient allait être cent fois mieux et à jamais gravé dans leur mémoire, un de ces souvenirs que l'on raconte la gorge serrée par les émotions à ses enfants au crépuscule de sa vie, en ne souhaitant n'y changer pas même un soupir ou une formulation inadéquate. Parce que même imparfait, il en était pas d'autres qui puisse vous décrire aussi bien que ce jour là, à cette heure là, avec cette personne-là.

C'était peut-être comme cela que l'on savait que l'on avait définitivement trouvé l'âme sœur non ?


Ils étaient enfin prêts.

Blaine avait toujours ce jean à pousser un saint à se damner mais avait emprunté un large pull de Kurt. Celui-ci retombait de son épaule et la dénudait. Cela lui donnait un petit air innocent mais coquin en même temps. Kurt, lui avait opté pour la simplicité : un jean bleu délavé et une chemise. Pas trop de couches, le but de ce soir était de faciliter les échanges. Blaine en le voyant ainsi, se dit pourtant qu'il n'y avait pas d'homme au monde plus séduisant que le sien.

C'était donc excité et souriant qu'ils avaient tous deux prit place dans la voiture aux vitres teintées. Les dernières recommandations données et les voila partit. Sur les sièges arrière se trouvaient un duvet, des coussins rouge et marron et un panier plein de provisions. Chacun des deux jeunes hommes avaient pris une petite sacoche et du Katy Perry jouait en fond sonore.

Blaine reconnait la route et gribouilla rapidement sur son calepin, un seul mot qui amena un sourire lumineux sur les lèvres de Kurt : Café ?

Le lima Bean était à seulement 1 kilomètre de là et c'était un endroit si cher à leur cœur qu'un rendez-vous sans cette fameuse pause, semblait être bien inenvisageable. De bon cœur, Kurt s'y dirigea et eu le plaisir de voir les deux voitures qui le suivaient en faire de même. Un arrêt rapide, un Mocha allégué et un café serré pour Blaine et ils seraient bien vite repartis en direction de la rétroprojection de 3 films.

Au moment où il se gara et fit mine de sortir, Blaine lui saisit le bras et secoua la tête. Il ouvrit son portefeuille et en sortit un billet de 10 dollars avec un clin d'œil.

-Blaine, ce n'est pas raisonnable.

Blaine haussa son sourcil gauche et le défia de l'en empêcher.

-Hé puis, je peux savoir comment tu vas faire pour passer commande ? lui demanda-t-il goguenard.

Rien de plus simple, pensa Blaine en lui montrant son calepin, comme s'il s'agissait là d'une question stupide. Kurt évalua la distance entre la voiture et l'entrée, une dizaine de petits pas pour lui et réfléchis à cette alternative mais Blaine était déjà sorti et lui faisait un signe de la main avec un air triomphant.

Il entra dans le café avec une bouffée d'adrénaline. A force de rester cloitré, même cette petite sortie semblait être une aventure. La serveuse était nouvelle, constata-t-il. Elle avait les cheveux bruns, et un air fragile qui la rendait assez mignonne. Ce qui manque pourtant à son visage c'était un sourire mais elle était drôlement efficace si on en jugeait par la queue devant lui qui s'amenuisait rapidement. Quand il entend : « Client suivant ! », et réalisa que c'était son tour, il s'approcha et tendit sa feuille comme un écriteau. Et là, enfin il prit conscience de la caractéristique physique de la jeune fille qui changeait la donne : ses yeux verts. Ils étaient indescriptibles, comme il n'en avait jamais vu auparavant mais l'intensité avec laquelle elle le dévisageait le mit mal à l'aise. Ses yeux bien qu'uniques étaient froids, le disséquaient sous les moindres coutures. Ils avaient comme une dureté, une implacabilité qui le faisait frissonner intérieurement et le fit reculer d'un pas en arrière. Quand elle eu finit son inspection, elle prit deux gobelets et les remplit, écrit quelque chose sur le sien et le lui expliqua afin qu'il sache quel pot contenait quel breuvage avant d'annoncer le coût.

Quand il lui tendit le billet, elle le regarda droit dans les yeux et lui sourit. Le sourire n'atteignit pas ses yeux mais il lui donna l'instant d'une minute, un air plus humain. En se saisissant de sa commande, il la regarda à peine mais il ne put s'empêcher de jeter un regard furtif vers elle alors qu'il sortit du Lima Bean. Au fond de lui, il avait l'envie bizarre d'y retourner et de la prendre dans ses bras, de lui dire qu'un jour tout irait bien. Il ne savait pas pourquoi il se sentait déjà lier à cette jeune fille. Il grimpa dans la voiture et tendit la boisson à Kurt qui en prit une lampée. En fait, cette fille sous certain aspect lui rappelait son père. Elle avait ce masque si ancrée dans sa personnalité que l'on ne savait où il débutait ni où il s'arrêtait.

Kurt redémarra et peu à peu le souvenir de la jeune fille commença à disparaitre de son esprit… jusqu'à ce qu'il remarque l'inscription sur son verre en plastique. En bleu, à côté du numéro de sa commande, se trouvait son nom et son prénom et une chose est sûre : Blaine ne le lui avait sûrement pas dit ! Il trouva cela intriguant mais l'un dans l'autre, il décida de faire l'impasse sur cet énigme. Il y penserait demain, après avoir offert à Kurt son cadeau ultime. Il y penserait demain... peut-être...


En regardant Kurt conduire et attrapé de temps à autre son gobelet, Blaine put admirer ces traits si virils. Dévoré de curiosité, il avait envie de tendre la main et de caresser son futur amant, de le voir perdre pied. Mais alors que se déroulait d'audacieuses pensées dans son cerveau, son corps réagissait de la manière inverse, comme révulsé par ses idées.

Cela énerva Blaine, qui voulait se sentir comme avant, normal. De toute façon, se redit-il convaincu, ils n'étaient pas vraiment venu pour regarder un seul en entier. Son plan était au point, il était parfait, il ne lui restait plus qu'à l'exécuter. Il esquissa un geste vers Kurt et lui caressa la nuque doucement, se plaisant à le voir frissonné sous ses attouchements. Savoir qu'il avait ce pouvoir sur lui, l'emplissait de bonheur.

Ils arrivèrent enfin sur le parking spécialement aménagé pour cette occasion. A l'entrée, un jeune couple leur tendit le programme et un bon de réduction pour la semaine suivante pour leur film de leur choix. En échange, ils leur tendirent le billet de 10 dollars pour le droit d'entrée.

-J'arrive pas à croire qu'on y est, dit à mi-voix Kurt excité d'être enfin dans la place avec son attirant petit ami.

En retour Blaine émit un petit soupir de plaisir et posa sa main sur sa cuisse. Ils trouvèrent une excellente place et s'y garèrent. L'intimité que leur donnait la voiture était absolument agréable quand ils échangèrent dans un lieu public un baiser ravageur. Ils se séparèrent un peu plus tard et lurent épaules contre épaule la petite feuille publicitaire remise. Elle indiquait en gras et en gros caractère la chaine radio qui diffusait la bande audio et s'y connectèrent de suite. Main dans la main avec un grand sourire sur les lèvres, ils écoutèrent pendant cinq minutes, ce qui se disait religieusement. Après un mot du maire de la ville qui s'auto-félicita de l'initiative pendant un long moment, on leur rappela les bases de la soirée. Ils allaient encore écouter de la musique et des spots publicitaires des sponsors de l'évènement entremêlés, avant que le programme ne débute une demi-heure plus tard.

La première rétroprojection serait celle d'un couplage de plusieurs épisodes de dessins animés Walt Disney avant une pause d'environ 45 minutes pour ceux qui souhaiteraient se restaurer. Le second film qui proposait de l'action et de l'émotion était un blockbuster qui était à l'affiche depuis une semaine. Après un dernier interlude d'une vingtaine de minutes cette fois-ci de 22h45 à 23h05, et la soirée finirait en apothéose et en musique.

Le dernier choix restait celui des téléspectateurs. La décision finale serait prise en fonction de leur réponse, envoyé par SMS et qui serait gratuit. Ils avaient pour premier choix,' Grease', en second 'Rent' et enfin pour dernier 'Hairspay'.

Une discussion entre les deux jeunes hommes, si on pouvait la nommer ainsi quand un parlait et l'autre écrivait à une allure folle avait lieu. Incapable de se mettre d'accord sur un classement, ils refusaient tout de même d'envoyer tous deux un message et des fous rires suivis de regards meurtriers lorsque l'autre critiquait ouvertement leur premier choix, permettait à l'ambiance détendue et taquine de prendre place pour un moment d'échange garanti.

Chips à la main pour Bee et carotte et asperge pour Kurt, ils se retrouvèrent blottis, Kurt installé entre les jambes de son homme le dos à moitié contre son torse, l'autre contre la portière, alors que le siège les supportant était incliné vers l'arrière.

Le premier retro avec Mickey mouse sur son petit navire, sifflotant, en noir et blanc, et muet replongea les spectateurs dans le passé l'instant d'une minute. Le temps passa a une vitesse folle et avant qu'ils ne s'en rendent compte, les deux heures d'animation arrivaient à leur terme. Kurt ayant la flemme de refaire toute une gymnastique pour retourner à son siège, ouvrit la portière et se dégourdit les jambes. Dans les autres voitures, même sans les vitres teintées on ne pouvait rien voir avec la buée qui faisait office d'obstacle entre le voyeur et les occupants du véhicule.

A peine eut-il posé le pied sur le sol qu'il le regretta. Un vent frais le pétrifia et il resta un moment anesthésié avant de s'élancer comme une flèche vers sa portière. Une fois installé, il fut attaqué par les petits bras de Blaine qui le persuadèrent de faire face à la vitre et de ne pas bouger. Il sentit le souffle accéléré de Blaine dans son cou qui avait le rythme de celui d'un fou rire, avant qu'un bout de tissu assez doux ne soit mis sur son visage. Après ça, deux mains le réinstallèrent confortablement et il tendit l'oreille pour essayer d'épier ce que Blaine souhaitait faire. Le petit homme cependant était un coquin car il monta le volume de la radio qui diffusait pour le moment des chansons de Noël. Après un moment, le bandeau lui fut retiré et il s'aperçut que la lumière du compartiment avait été éteinte et qu'une douce lueur lui parvenait du siège arrière où se trouvait d'ailleurs Blaine avec un grand sourire étincelant sur les lèvres.

Sur la banquette arrière se trouvait une nappe blanche immaculée avec deux assiettes en plastique de part et d'autre. Entre ces deux couverts, Blaine avait semé un mélange de pétales de roses de couleur blanches et rouge et à mi-parcours se trouvait des bonbons en forme de cœur. Une mini-lampe en forme de bougie éclairait leur diner avec une lumière tamisée qui changeait de couleur toutes les dix minutes. Au moment où Kurt prenait en compte la surprise de son petit-copain, la flamme était bleue. C'était romantique à souhait et en même temps surprenant, venant d'un jeune homme qui s'était décrit comme incompétent en la matière.

-C'est magnifique mon cœur ! Merci, lui-dit-il simplement, les yeux embués, touché par les attentions qu'avaient prévu sa moitié pour lui faire plaisir.

Blaine prit un bonbon entre ses dents et se rapprocha de lui pour le lui offrit. Quand il saisit l'opportunité de gouter ses lèvres, il se sentit tirer vers l'arrière et le suivit petit à petit. Extatique, et se pourléchant la lèvre inférieure, Blaine le plaça en face de lui et sortit du panier les petits préparatifs culinaires auxquels ils auraient droit en cette charmante soirée. Ils se donnent la becquée entrecoupée de petits jeux délicieusement sensuels.

Quand enfin ils eurent fini ou du moins ne purent se contenter de pousser les choses plus loin, ils débarrassèrent le tout et s'allongèrent ensemble, jambes entremêlés, yeux amoureux et baisers langoureux. Les quarante-cinq minutes passèrent bien trop vite et sagement bien qu'à contrecœur, ils rejoignirent leurs sièges. Ils ne suivirent pas vraiment la trame du film, car bien avant le générique de fin, ils étaient retournés à l'arrière.

Aussitôt resitué, Blaine avait ôté son pull et le regard embrasé, il s'était offert son dessert favori. L'objet de son attention se sentait au paradis, les yeux exorbités par l'allure à laquelle les choses se déroulaient et les sensations qui le rendaient muet. Blaine avait le regard pétillant, l'air sur de lui, au contrôle, si ce n'était pas cette absence de réaction du bas de son corps qui le submergeait de honte. Il avait un plan, simple, normal et indispensable à cette soirée. Il le mènerait à bien, foi d'Anderson!

Les yeux plantés dans ceux d'un bleu indescriptible, Blaine rabattit le pan de la chemise de Kurt lentement, les yeux allant de cette peau si douce et albâtre aux yeux pleins de désirs qui le fixaient, attendant son prochain mouvement. Comme pour lui montrer ce qui l'attendait, Blaine lui prit la main et la dirigea vers son pantalon, au niveau de son dos et alors que Kurt cherchait le contact de l'élastique du boxer de son homme, il se rendit compte que celui-ci avait déjà été ôté. Ohlala, pensa-t-il. Etait-il possible que Blaine ait eu l'audace de venir pour leur rendez-vous en commando ? A en juger par l'expression satisfaite qui se peignit sur ses traits, l'absence de sous-vêtement n'était pas anodine !

Kurt les jambes en coton, ne put que s'affaisser encore plus sur les coussins qui supportaient son dos et apprécia doublement le cadeau offert. Blaine semblait prendre confiance et en un geste habile, il défit les derniers boutons qui bloquaient sa route et parsema de baisers ce torse qui embaumait la vanille. Du plat de la main, il semblait mesurer les muscles abdominaux de Kurt, alors que du bout du doigt, il essayait de faire hérisser chaque petit poil de la surface.

Au plus grand plaisir de son instigateur, un gémissement de plaisir s'échappa des lèvres de Kurt et il laissa ses yeux se fermer et rouler sous ses paupières. S'en rendant compte, le plus petit le refocalisa en l'embrassant langoureusement puis chastement avant s'arrêter, de le regarder et de lui caresser les cheveux, alternant le tempo. Quand enfin, il fut sûr que Kurt était toujours sous le charme mais moins perdu dans l'euphorie du plaisir, il se recula lentement, ne le lâchant pas des yeux, jusqu'à ce qu'il soit au niveau de sa taille. Là, alors que le jeune ténor ne s'y attendait pas le moins du monde, il descendit son visage au niveau du ceinturon et essaya de le défaire avec ses dents.

Lui, qui avait un an plus tôt redouté qu'un jour les choses aillent si loin, en voulait plus, encore plus. Il se réjouissait pleinement de l'intimité relative dont il jouissait. Son corps entier frissonnait d'excitation, partagé entre l'anticipation du prochain mouvement de la tête bouclé et de la restriction qu'il s'imposait pour ne pas renverser Blaine et le laisser prendre sa place.

Avoir son petit ami entre les jambes, les cheveux ébouriffés, les lèvres rouges et gonflées par les baisers échangés, la chemise ôtée et laissant une vision d'un torse légèrement musclé et doux au toucher, était ce que jusqu'à présent Kurt jugeait être une vision de rêve.

Mais au moment où Blaine voulut l'inciter à soulever les hanches pour lui ôter son pantalon, le premier doute s'installa. Blaine était-il vraiment prêt à franchir ce cap ? N'était-ce pas trop rapide, ce passage entre de simples attouchements innocents et amoureux et ce grand show digne d'un strip-teaseur. Acculé, il n'eut d'autres choix que de le repousser…. Mais la langue chaude et légèrement rugueuse de Blaine se glissa dans son nombril et Kurt repartit pour le septième ciel, l'instant d'une minute incapable de réfléchir convenablement, submergé par les vagues de plaisir qui secouaient son corps et le menaient petit à petit vers la jouissance.

Satisfait de lui, Blaine tenta encore une fois d'accélérer le mouvement.

Loin de se décourager, il remonta ses mains vers le torse de Kurt et joua avec ses deux petites boules de chair. Il regarda admiratif, le corps de Kurt se tendre, se durcir et quand il se mordit les lèvres pour empêcher aux gémissements de plaisir de s'en échapper, une bouffée d'amour et de reconnaissance envahit le jeune Anderson. Tous les sens en alerte, les poings crispés sur le jean de Blaine, Kurt le repoussa pourtant une seconde fois.

A ce moment là, Blaine réalisa que son homme avait peut-être un peu honte de se sentir si exposé tout à coup et apprécierait peut-être plus de se retrouver en situation de supériorité. Alors il lui prit la main et la posa sur la partie de son corps qu'il voulait plus réactive. Peut-être que ce toucher était le maillon manquant pour déclencher une béquille digne de ce nom. Cette fois, par contre, la réaction de Kurt fut beaucoup plus prononcée et il arrêta toutes activités licencieuses en cours. Repoussant des deux mains Blaine, il mit un minimum de distance entre leur deux corps enflammés et excités afin de pouvoir regagné la maitrise de ses sens.

Le regard accusateur et peiné de Blaine lui brisa le cœur mais il ne pouvait pas aller à l'encontre de ses convictions et de ce sentiment que les choses n'étaient ni parfaites, ni justes dans cette situation. Dévasté, il regardait Blaine se rhabiller et se rajuster rageusement sans un regard dans sa direction. Ils ne bougèrent pas pendant une minute, chacun tourné vers sa fenêtre, se donnant dos.

Quand Kurt entendit cependant un reniflement que Blaine essayait d'étouffer, il refusa de continuer ainsi sans rien dire. Il se retourna et le prit tel quel dans ses bras. Bien que tendu, son homme ne le repoussa pas et au vu des évènements qui venaient de se dérouler, cela constituait en soi une victoire. Lui frictionnant les bras, il essayait de lui fournir un peu de cette chaleur qui s'était envolée quand ils s'étaient séparés si brutalement.

-Hey bébé, regarde-moi ! S'il te plait!

Pas un seul mouvement n'indiqua que sa requête avait été prise en compte mais Kurt persista :

-Ecoute mon cœur. Tu sais que je t'aime? Et que je ne t'ai pas repoussé parce que j'avais des doutes sur mes sentiments à ton égard. Tu en es conscient n'est-ce pas ?

Blaine haussa ses épaules et les rentra ensuite, faisant une petite boule de son dos. Désarmé par le mélange de force dont pouvait faire preuve Blaine avant de perdre toute estime de lui-même la seconde plus tard, il resserra son étreinte.

-J'aimerais m'expliquer, te donner ma vision des choses sur ce qui vient de se passer mais j'aimerais aussi que tu me regardes pour que tu comprennes à quel point je suis sincère.

Blaine consentit à accéder à sa demande et se tourna, le regard un peu fuyant, les joues rouges et les cils légèrement mouillés.

-Je t'aime mon cœur, de cela il n'y a aucun doute. Seulement nous sommes tous les deux inexpérimentés et je sais qu'on en a parlé au moins une fois avant que ta voix ne s'éteigne. Tu t'en souviens ?

Un hochement de tête le rassura.

-Je... Blaine, je...Comment dire? Je refuse de prendre avantage de toi, et …attends, écoute-moi okay ? demanda-t-il quand Blaine fit mine de prendre son calepin pour argumenter. Pour moi, passer au niveau supérieur avec toi quand je ne peux avoir une chance d'être sûr que tu es consentant ou à l'aise ou au contraire en train de paniquer, fait que nous ne sommes pas dans une situation égalitaire. Et quand je parle de toi t'exprimant, je veux dire oralement bien sûr. Une fois engagé dans la passion, j'ai peur que… C'est un moment unique, que je ne veux pas regretter. Mais toi, tu...Blaine, tu es là, comme…et tu…et je…enfin… Tout ça ne me plait pas! Toi et moi...intime comme ça...Je veux pas, je peux pas!

Frustré de ne pouvoir mettre des mots sur ses sentiments, il jouait nerveusement avec ses mains quand l'inattendu se produisit:

-Te plait pas?...Toi et moi...intime? Oh mon... est-ce que...hum...Est-ce que je te dégoute ?

La mâchoire de Kurt lui en tomba, une expression de carpe se peignant sur son visage. Etait-il en train de rêver ? Est-ce que tout ceci était une fois de plus un mauvais rêve ? Pour être sûr, il se pinça le bras et tressaillit sous la douleur . Son regard passa de son bras rougi à la figure terrifié de Blaine qui semblait prendre conscience de ce qui venait de se passer lui aussi. Il opta pour l'autre solution: fermer les yeux très forts puis les rouvrir tout doucement. Le décor était toujours le même. Etait-il potentiellement en proie à une hallucination ? Ce ne fut que lorsque Blaine ferma lui aussi les yeux et remonta ses jambes contre son torse avant de les entourer de ses bras qu'il comprit que tout était bien réel. Un sentiment d'exaltation s'empara de lui.

Un nouveau murmure s'éleva et il dut tendre l'oreille pour entendre de nouveau la voix de Blaine juste un peu faible et rauque, faute de n'avoir pas été assez utilisée, confessé :

-C'est pas grave. Je comprends que ce soit le cas. C'est juste que…

Y croyant de plus en plus fort, Kurt se rapprocha de lui et pausa sa main sur son bras. Il lui souleva le menton. Il était pour lui d'allier le toucher, la vue, l'odorat et l'ouïe pour s'assurer qu'il ne rêvait pas. Parce que si ce qui était de se passer était vraiment réel alors... PUTAIN!

-C'est juste que quoi ? se força-t-il à demander.

Blaine se contenta de secouer la tête et Kurt lui ordonna alors :

-Blaine Anderson ! Tu ne peux pas me faire ça ! Tu te décides à reparler grand bien te fasse, mais ne crois pas une minute que je te laisserais retourner dans l'enfer que l'on vient de vivre en te barricadant dans ton monde, me laissant seul, dehors. Alors crois-moi quand je te dis que tu vas me répondre.

Les deux mains encadrant son visage, son regard encré au sien, il réitéra sa question:

-C'est juste que quoi ?

Surpris par la virulence du ton de Kurt, Blaine se retrouva en train de répondre spontanément, sans même s'en rende compte :

-C'est juste que je t'aime. Je t'aime Kurt. Je t'aime comme un malade, plus que tout, plus que ma vie. Et je sais que je n'ai fait que prendre encore et encore de toi mais si jamais…Si tu ne peux plus…si tu pars…

Il n'eut pas le temps de finir car ses lèvres lui furent voracement prises de force par un baiser rempli de joie, de soulagement, d'amour, d'exaspération mais aussi d'une bonne dose d'espoir.

Car tous deux en étaient sûrs désormais: ils allaient s'en sortir…


Yep, il était temps que Blaine lâche un peu de mou non? Vos pensées cher lecteur? Ayez la gentillesse de les partager dans le petit cadre spécialement réservé en votre honneur!