Coucou à tous ! Un petit passage très rapide pour vous postez ce chapitre. J'ai vu toute la saison quatre. J'avoue avoir été assez chamboulé par cette saison, mais je n'en suis pas du tout inspirer. Pour des fictions futurs, je pense que oui. J'espère que ce chapitre vous plaira, on progresse au fur et à mesure. Je crois qu'on va atteindre les trente chapitres…

Bonne lecture.

CHAPITRE VINGT-SIX

Mary m'avait toujours dit que je devais travailler sur ma vision des choses et ne plus être si pessimiste. A chaque fois, j'avais roulé des yeux avec impertinence. Pourtant, cette fois-ci, je ne pouvais pas être impertinente et je ne pouvais pas être pessimiste. Mon corps entier semblait être un sac de ciment déposé sur un épais matelas moelleux. Du plastique m'entourait de partout tandis qu'un tissu étrange rassemblait mon index et mon majeur de ma main droite. Je n'aimais pas ça.

La lumière artificielle de la salle de soin m'agressait visuellement. Grimaçant avec force, je levai ma main mollement pour la porter à mes yeux mais je me ravisai lorsqu'une douleur lancinante vibra dans mon membre. Le geste me parut sur-humain alors que mes paupières menaçaient de s'abattre à nouveau pour me plonger à nouveau dans le noir. Ma langue aussi était lourde et rêche. Je pouvais sentir chacune de mes papilles gustatives frotter contre mon palais rugueux.

Voilà que sa recommençait. Entendant un grincement désagréable, je crispai chacun de mes muscles et me bornai à rester immobile. J'avais l'impression que tous mes sens s'équilibraient à leur gré. Au bout de quelques secondes, je recouvrai la vue et je m'étonnai d'avoir une vision encore bien meilleur que la dernière fois. Je clignais des yeux une nouvelle fois. C'était davantage un réflexe qu'une nécessité.

Jetant un coup d'œil circule à l'environnement, je ne vis que du blanc. Etait-ce le paradis ? Approfondissant son observation, je secouais la tête légèrement. Non on n'était certainement pas sous perfusion au paradis. Ni même en enfer. Des bips résonnaient à un rythme régulier. C'était obsédant au point que je restais concentrée dessus pendant quelques secondes.

Un nouveau grincement me parvient. Avec une vitesse déconcertante, je localisai le coupable. Je vis Mary affaissé sur une chaise délabrée de la pièce. Cette dernière se tortillait sur son perchoir et fit une nouvelle fois jouer la mélodie agaçante. Le vieux cuir marronnasse qui recouvrait l'assise se tordait en même temps que Mary. Crispant ma mâchoire, je tentais de faire abstraction au craquement désagréable de la chaise.

Me tortillant mal à l'aise dans mon lit d'appoint, j'attirais l'attention de Mary qui se redressait lentement en massant lentement sa nuque. Elle clignait ses grands yeux me laissant ses lèvres s'entrouvrir pour faire un « o » de surprise. Elle bondit sur ses pieds alertes aux moindres mouvements. Elle posait une main sur sa bouche et une autre sur le flan de mon lit en soupirant de soulagement.

— Oh bon sang M' ! Est-ce que tu te sens bien ?

Je suis dans un lit d'hôpital, le crâne explosé avec l'impression d'avoir été écrasé par un rouleau compresseur. Je dardais Mary quelque instant avant de répondre d'une voix rauque à travers le masque d'oxygène :

-— J-j'ai soif.

Avec empressement, elle s'emparait d'un gobelet en plastique disposé sur une tablette de l'hôpital pour le porter à mes lèvres après avoir ôté le masque. Etonnement, je sentis une grimace sombre tordre les traits de mon visage. Sans rien n'y comprendre, l'eau me dégoutait. J'avalais à petite gorgée, mais le dégoût était bel et bien présent.

Malgré tout, je n'émis aucune objection lorsque Mary plaçait le gobelet au bord de mes lèvres pour me faire boire sans complication. Passive, je fis pénétrer le liquide dans mon larynx qui me donnait l'impression d'être en feu. Râpant ma gorge, je gémissais lorsque je dus avaler une énième gorge. Reposant ce dernier sur la table de nuit, elle laissait fleurir un sourire compatissant sur ses lèvres. Je n'eu pas la force de lui retourner. Je n'en avais aucune envie. Je mourrai d'envie de profiter du silence et du calme. Je ne voulais voir personne. Mes paupières étaient gonflées et si lourdes que le simple fait de les garder entre-ouvertes était une épreuve. Je me retiens de cligner des yeux lorsque Mary retournait s'assoir.

Elle gigotait un peu sur le fauteuil et frotta nerveusement son petit nez en déclarant :

— Je crois que dès que tu tiendras sur tes deux pieds, je t'emmènerais faire une journée relaxation et soins de peau. Tu as une mine comme jamais je n'en ai vu.

Je me contentais de la fixer alors que j'ingurgitais le bruit désagréable de l'écho de sa voix. Je plissais des yeux pour souffrir le moins possible. Péniblement, je laissais mon regard balayer la pièce pour finir par voir son sourire retomber aussi vite.

— Comment tu te sens ?

Je ne dis rien et je me contentais de fixer droit devant moi. Comment je me sentais ? Pas vraiment bien. Pas bien du tout même.

— C'est une question idiote, répliquait-elle en se levant lentement. Je vais aller te chercher le médecin.

C'était étrange. Mary n'avait jamais été aussi calme. Jamais. Encore une fois, je ne lui répondis rien. Je me contentais de prendre une grande bouffée d'air du masque. Je pouvais voir un espèce de tube en accordéon se gonfler et s'écraser à chacune de mes respirations. Lorsqu'elle quittait la pièce, je me permis de gémir de douleur.

Je n'étais pas morte. Je n'étais pas allongée dans un endroit douteux mais, dans un lit d'hôpital. J'inspirais profondément tandis que mes pupilles se verrouillèrent sur le plafond alors que mes yeux commençaient à me piquer. Des brides de ce qui s'était passé me reviennent en mémoire et je sentis ma respiration s'accélérer.

Je ne savais plus où j'en étais. Enfin si, je le savais, mais je n'avais plus aucune idée de comment allait se passer les choses. Je clôturais mes paupières en savourant le silence et la solitude. Je n'avais besoin que de ça.

Quelques minutes plus tard, un médecin est venu dans la chambre. Il avait fait un tas de choses que je ne comprenais pas, comme si ses gestes étaient flous. Je me contentais de l'observer sans prendre la peine de dire le moindre mot. Il discutait avec une femme qui était habillée tout en blanc. Sans aucun doute une infirmière. Je ne sais pas combien de temps cela avait durée, mais j'avais fini par m'endormir. Mes paupières avaient été si lourdes que je peinais à les ouvrir. Je me sentais malgré tout beaucoup moins épuisée.

Lorsque je m'éveillais, je me rendis compte immédiatement que le masque à oxygène avait été retiré. Le tuyau en accordéon n'était plus actif et la fenêtre de ma chambre était fermée. Je pouvais voir quelques flocons tomber du ciel.

Mon visage était encadré de mes cheveux ainsi qu'un tissu moelleux. Je soupirais de bien-être, heureuse que l'affreuse sensation de sac de ciment soit disparut. Je roulais mon crâne sur l'écrin moue pour voir le visage lumineux de Mary penché vers moi. Son sourire me fit rater un battement alors que je tentais de bouger lentement mes bras.

— Salut toi ! Enfin de retour parmi les vivants !

— Tu es toute lumineuse, marmonnai-je ce qui lui provoquait un léger rire.

Elle secouait légèrement la tête.

— Dormir ça te réussis pas.

— Je suis allongée depuis combien de temps ?

— Trois jours. Enfin quatre, mais tu as été consciente pendant quelques minutes avant de te plonger à nouveau en plein sommeil.

Oh bordel !

— Ouais je me souviens. De ces quelques minutes je veux dire. J'ai souvenir que le médecin est venu me parler.

— En effet. Comment tu te sens ?

— Bien. Enfin, je crois. Le médecin m'a dit qu'avec ce qui m'était arrivée, je m'en sortais plutôt bien.

— Plutôt bien ? On dirait plutôt que tu viens de faire un saut en parachute, sans parachute. Tu as de sacrés bleus aux poignés et quelques marques sur le corps, déclarait-elle en désignant les dites-parties du corps.

— Ca doit être mon côté aventurière qui a refait surface.

Elle affichait un grand sourire avant de jeter un regard en direction de la porte de ma chambre. Elle jouait nerveusement avec ses doigts avant de s'exclamer :

— Il y a … John qui est là.

Je me redressais lentement en sentant un sourire naitre sur mes lèvres. John était là et il allait bien. Je grimaçais lorsque je sentis un des câbles auxquels j'étais relié me rappeler mon état. Je me réinstallais sans chercher à combattre la myriade de câbles. Je poussais un gémissement en sentant une douleur lancinante me traverser.

— Il est parti chercher quelque chose à la cafétéria.

— Génial, la nourriture de l'hôpital est généralement infecte, marmonnais-je d'une voix rauque.

— Tes parents ont aussi appelés.

Je levai les yeux au ciel.

— Ils ne sont pas venus je pari, marmonnai-je alors que Mary secoua la tête.

— Raté, ils m'ont dis qu'ils étaient en chemin.

Je sentis mes yeux s'écarquillés.

— Vraiment ?

Mary opinait.

— Wahou… Finalement Moriarty aura fait quelque chose de bien, articulais-je avec difficulté.

— Ce n'est pas tout.

J'arquais un sourcil tandis qu'elle se mordit nerveusement la lèvre signe qu'elle cherchait ses mots. Ce n'était jamais bon signe. Mary ne savait jamais gérer les situations délicates. Elle finissait bien généralement par faire un truc absurde pour désamorcer la situation. Elle fit un petit geste brusque avec sa mâchoire avant de dire :

— Il y a… Sherlock qui est là aussi.

Sherlock.

Je m'enfonçais sous les couettes alors que la panique s'emparait de moi. Je me tendis immédiatement tandis que je me mettais à bégayer :

—Je-je ne… veux pas le voir.

— Molly, commençait-elle dans un soupir désabusée.

— Je-Je ne veux qu'il entre, répétais-je avec plus de difficulté.

— Ne soit pas ridicule.

Je lui lançais un regard plein de reproches en sentant quelque chose de négatif grimper en moi. J'étais en colère contre Mary. C'était si rare qu'il me fallut un temps pour comprendre cela. Comment pouvait-il dire ça ? Une pointe de douleur transperçait ma poitrine.

— Je ne suis pas ridicule, assénais-je en détachant chacun de mes mots. Si tu savais-

— John m'a tout dit, avouait-elle d'une voix calme. Je sais ce qu'il s'est passé, Moll.

— Tu sais tout, répétais-je d'une voix au bord de l'explosion. Tu sais tout et tu le défends ?

— Je ne le défends pas. Il faut que tu sache qu'il est resté à ton chevet…

Je ricanais difficilement en me laissant retomber contre le matelas tandis que je sentais le malaise monter peu à peu en moi.

— Il a une enquête à bouclée, sifflais-je.

Mary fronçait ses petits sourcils blonds et je remarquais à quel point ses yeux étaient petits et presque fermés. Ils étaient cernés de grands cercles violets.

— Il s'en veut, Moll. Je l'ai vu. Il était totalement désemparé lorsqu'il t'a retrouvé. Il a été extraordinaire. John ne l'a jamais vu comme ça. Il a été le premier à entré dans cet entrepôt et il n'a attendu aucune aide extérieur pour te sortir de là.

J'osais la regarder et je sentis la sincérité de son récit. Pourtant quelque chose en mot refusait de céder à ça. Je revoyais en boucle dans ma tête la réaction de Sherlock lorsque je lui ai dis que je l'aimais. Mon cœur se serrait à cette pensée et je détournais le regard.

— Si John t'as tout dis. Il t'a aussi raconté-

Les traits de son visage tombèrent en une moue compatissante qui m'arrachait plus le cœur qu'elle ne le rafistolait.

— Ouais, fit-elle d'une voix un peu rauque.

Fantastique. Maintenant je croulais sous la honte.

Elle posait sa main sur la mienne et la pressait délicatement. Je fixais nos deux mains qui étaient entrées en contactes et je sentis un nœud se former dans ma gorge. C'était un véritable bouchon qui empêchait l'air de passé correctement. Je déglutissais péniblement tandis que mon regard se détournait de mon amie. Mes yeux me piquaient et cela semblait incontrôlable.

— Je suis tellement désolée, Moll. Je sais que tu n'as jamais ouvert ton cœur comme tu l'as fais avec lui. Je le déteste pour sa réaction, vraiment. Mais si tu l'avais vu lorsqu'il t'a retrouvé. Il te portait pressé contre lui en refusant de te lâcher d'une semelle. C'était comme si il voulait te protéger du monde entier.

Je relevais mon visage étonné en m'en voulant d'avoir été inconsciente dans un pareil moment. J'aurais tant aimé sentir à nouveau sa chaleur contre moi et la sensation de ses bras contre moi. Je me mordis l'intérieur de ma joue tandis que le nœud dans ma gorge grossissait. Je ne devais pas refaire la même erreur.

— Mais il ne m'aime pas, assénais-je en rayant de mon esprit la moindre lueur d'espoir. Je préfère oublier tout ça et reprendre une vie normale.

— Moll-

— Non ! éructais-je d'une voix implacable tandis que ma main venait de s'abattre sur le matelas.

Je lançais un regard glacial à Mary que je vis se figer sur le coup. Elle semblait retenir sa respiration lorsque je claquais vivement ma langue dans ma bouche comme le faisait ma mère lorsqu'elle ne voulait plus parler.

— Je ne veux plus en discuter. Il n'y à rien dire après tout, n'est-ce pas ? Il ne m'aime pas. Ce n'est pas si grave. Je ne suis pas la première à vivre ça, ni la dernière.

— Je trouve ça triste, murmurait Mary en pressant une nouvelle fois ma main. Je suis certaine qu'il y a quelque chose-

— Non, répétais-je avec toute la conviction qui m'habitait. Il n'y a rien de son côté. Il a été clair. Ce que tu as cru voir Mary, c'est juste son job. Après tout, je suis un témoin contre Moriarty. S'il m'arrivait quelque chose, il perdait son seul espoir de le coincer.

Elle fit un mouvement de recule et grimaçait.

— Tu crois que tu n'es que ça ?

— Mary, tu n'étais pas là lorsque je lui ai dis que… Enfin lorsque je lui ai avoué ce qu'il représentait pour moi. Il n'a rien dit. Il est resté stoïque et il a juste décroché son téléphone. Il juste décroché son putain de téléphone.

Je peinais à terminer ma phrase qui mourait dans ma gorge et je détournais mon regard du sien. Je venais de prendre un coup de poing en plein cœur encore une fois. Je me retenais de renifler alors que les mots se formaient difficilement dans ma bouche.

— Il m'a dit des choses horribles. Il n'a fait que ça, croassais-je en sentant toute l'humiliation de la situation me tomber sur les épaules.

— Moll-

— Il a toujours fait ça, martelais-je au bord des larmes. J'ai faillis mourir Mary. A cause de lui et pour lui. Même en sachant qu'il ne m'aimait pas. Je suis épuisée d'espérer et d'attendre le moindre petit truc de lui. J'en ai marre de croire à des choses qui sont visiblement impossible. S'il te plait, Mary. Ne le laisse pas entrer.

Mon ton était devenu si suppliant que je ne reconnu pas ma propre voix. Mes yeux me piquaient encore et toujours et me vue devenait peu à peu trouble.

— Mon dieu Moll…

Je ne pu m'empêcher de continuer. Je sentais mon flot de parole devenir intarissable :

— J'ai tellement mal, Mary. Rien que de penser à lui, ça me tue. Ce que m'a fait Moriarty ce n'était rien. C'était à peine plus douloureux qu'une caresse. Sherlock lui a réussit à le dépasser. Lorsque j'étais dans cet endroit et qu'il m'a parlé au téléphone. J'ai cru que j'allais vraiment mourir. J'ai savouré chacun de ses mots, chacune de ses respirations. C'était ridicule, ouais. Mais, je pensais que je n'allais jamais le revoir. Il a été incroyable au téléphone. Fantastique même. Il a réussit à me rendre encore plus…Juste en me parlant. Alors maintenant que je suis en vie, Mary. Maintenant que je ne crains plus rien et que tout va redevenir normal. Comment crois-tu que les choses vont se passer ?

Elle ne dit rien et se contentait de me regarder avec toute la bienveillance qu'elle abritait en elle. Elle ouvrit la bouche puis la refermait aussi vite alors que sa tête tombait sur sa poitrine. Elle relevait lentement son petit menton tandis que la lumière révélait les petits cheveux blancs qui commençaient à apparaitre.

— Je suis désolée. Tellement Moll. Je-Je vais dire au personnel de ne pas le laisser entrer. Et je vais lui dire que tu ne souhaites pas le voir.

J'opinais légèrement de la tête et je me rendis compte que j'étais entrain de pleurer. J'essayais du revers de ma main les larmes qui avaient coulé le long de mes joues. Le nœud dans la gorge était toujours présent. Il était même encore plus serré qu'au début. Elle rompu notre contact et se levait pour sortir de la pièce sans dire un mot. Elle me jetait un regard rassurant avant de refermer la porte derrière elle. Je repliais mes bras le long de mon corps en sentant la douleur vibrer dans mon corps. C'était comme si j'étais entrain de réaliser l'accumulation de tout ce que j'avais vécu avec Sherlock. Je remarquai seulement à cet instant que ma respiration était devenue erratique et que des sanglots avaient éclatés dans la pièce.

C'était les miens.

MHMHMHMHMH

Tom était venu me voir le lendemain. Il était resté un peu de temps. Il m'avait même annoncé qu'il avait rencontré une femme récemment. Mandy je crois. Il m'avait montré une photographie d'elle qu'il avait prit avec son téléphone. Elle était grande, brune avec des reflets roux. Elle semblait très gentille. Elle était très jolie et avait la même passion du voyage que lui. J'étais contente pour lui et en même temps envieuse. Pourtant il le méritait après tout ce qu'il avait fait. Nous avions passé une partie du temps à parler d'elle et j'essayais d'éviter toute allusion à Sherlock. Mary avait certainement dut parler à Tom de ce qui s'était passé. Je n'osais même pas imaginer ce qu'il pouvait penser de la situation. Dans tout les cas, je le remerciais intérieurement de ne faire aucun commentaire. Les fois suivantes, il était venu avec du chocolat et un jeu de carte. Mary nous rejoignait souvent en fin de journée pour prendre la relève avec John. Encore une fois, à aucun moment le dossier Sherlock n'avait été abordé pour mon plus grand bonheur.

Ce n'est qu'au troisième jour qu'un nouveau visiteur m'avait rendu visite. Lorsque ce dernier passait le bas de la porte de la chambre d'hôpital, j'eu un sourire jusqu'aux oreilles.

— Mycroft, dis-je alors que je me redressais pour mieux lui faire face.

— Oh ! Miss Hooper. Quelle merveilleuse surprise vous êtes éveillée.

Je l'aimais bien. Il était une des seules personnes qui m'avait comprise et aidé dès le début. J'hésitais quelque secondes et je laissais mes lèvres s'ourlets. Je sentis ma peau craqueler et une grimace remplacer mon sourire.

— Votre amabilité m'a tellement manqué. Tout comme votre parapluie. Dites, vous l'emportez vraiment partout. Vous savez ce qu'on dit des gens qui se promène avec un parapluie partout ?

Un coin de sa bouche se releva se qui revenait à un fou rire de la part de Mycroft.

— Que dit-on, Miss Hooper ?

— J'en sais trop rien. Surement des choses inavouables, répliquais-je me m'adossant correctement contre l'oreiller. Quel bon vent vous amènes ?

— Noël.

— Noël ?

— En effet. Ainsi que votre rétablissement.

— Qu'est-ce que Noël et mon rétablissement ont-ils avoir ensemble ?

— Peu de choses à vrai dire. Mais votre situation semble être prise en pitié par beaucoup de gens.

— Je vous fais pitié ? Fantastique ! grognais-je en allongeant mes bras le long de mon corps.

— Ma mère a entendu parler de vous et elle souhaiterait vous invitez pour Noël.

— Oh ! Je-Je ne sais pas trop Mycroft, il y aura-

— Sherlock, en effet.

Je refermais ma bouche en sentant son regard me darder.

— C'est lui qui vous envoie ? demandais-je d'une voix que je voulais calme.

— Vous refusez ses visites. De plus, mère est très curieuse à votre sujet.

— Vous lui avez parlé de moi ? demandais-je avec étonnement.

Il arquait un sourcil mi-moqueur, mi-désabuser.

— Moi non, mais Sherlock l'a fait.

— A cause de l'enquête je suppose, répliquais-je un peu trop rapidement.

— Non. Il me semble que nous avons déjà eu cette conversation il y a de ça quelques jours avant votre, il me désignait d'un geste rapide, accident dira-t-on.

— Mycroft, vous n'êtes pas drôle, déclarais-je d'une voix claire et implacable. J'aime beaucoup rire, mais là, ce n'est pas-

— Vous lui manquez affreusement. Il ne cesse d'être désagréable et ingérable. Bien plus que d'habitude. Il est devenu insupportable et il n'arrête pas de s'apitoyer sur son sort. Encore hier soir, il m'a rabâché les oreilles ainsi que celles du docteur Watson tandis qu'il était en état d'ébriété. Dieu merci mère ne l'a pas vu dans cet état. Il disait que vous étiez je cite : « une femme incroyable et lui un véritable idiot. » Il a également parlé de vos cheveux ainsi que de votre personnalité. Ceci était d'ailleurs particulièrement gênant, marmonnait-il en grimaçant.

— Vou-Vous plaisantez ?

Il poussait un soupir qui montrait qu'il était visiblement agacé par la situation. Ce qu'il était entrain de me dire semblait totalement surréaliste. Je me mordais nerveusement la lèvre en sentant quelque chose dans mon estomac se retourner. Je clignais des yeux tandis que mon cœur ratait un battement.

— Dois-je demander une lettre au docteur Watson qui atteste que mes propos sont véridiques ?

Je le fixais sans dire un mot en essayant de comprendre ce que Mycroft était entrain de me dire. Je sentais une nouvelle fois, une étincelle de joie naitre dans ma poitrine mais il fallait que je l'éteigne.

— Il est nécessaire que vous compreniez une chose, Molly. Mon petit frère est un être qui ne fonctionne pas comme vous et moi. Il ne sait pas aller aux choses simples et concrètes. Il a besoin de complications, d'interrogations, quitte à en souffrir.

— Il m'a fait souffrir, sifflais-je avec force.

Il inclinait sa tête sur le côté.

— Ce que vous comptez dire, ce n'est pas à moi que vous devez le dire.

— Je sais, marmonnais-je alors qu'il s'installait sur le siège où Mary allait toujours. Mais je n'ai pas envie d'avoir encore mal.

— Il est vrai qu'aucun de vous deux ne sortirez indemne de cette situation. Mais n'est-ce pas déjà le cas ? demandait-il avec un rictus.

— Vous parlez de ça comme d'un bisness.

— Cela en est d'une certaine façon un. Mon frère est un détective certain médiocre mais tout de même efficace. Depuis votre petite confrontation, il est totalement inefficace.

— Vous l'aidez parce qu'il est hors service. Mais vous êtes ignoble ! m'exclamais-je avec vigueur. Il est votre frère et il est mal et vous vous ne songez qu'à votre travail !

Il affichait un petit sourire dédaigneux qui me donnait envie de lui arracher.

— Quoi ? Qu'est-ce qui vous faire rire ?

— Vous et votre verve. Vous ne supportez pas que Sherlock souffre. Vous l'aimez autant qu'il vous aime.

— Arrêter de dire ça, marmonnai-je. Je n'aime pas voir les gens souffrir, c'est tout.

— Il est alors nécessaire que vous régliez l'affaire rapidement avec mon frère. Il semble avoir découvert ce que voulait dire le mot « sentiment ». Vous ne pouvez pas vous échappez de cette situation en refusant de le voir. Vous ne vivrez pas éternellement ici, Molly. Je connais parfaitement Sherlock et si nous avons quelque chose en commun c'est que nous sommes des hommes obstinés. Nous ne lâchons rien tant que nous n'avons pas obtenue ce que nous voulions. Et une chose est sûre, ce que Sherlock désir c'est vous.

Je le fixais interdite en n'ayant plus aucun contrôle des battements de mon cœur. Mon visage était très certainement rouge vif et ma mâchoire s'était décrochée légèrement. Mycroft laissait son sourire grandir davantage alors que je détournais mon regard vers les couvertures.

— Je n'ai pas pour habitude de faire ce genre de chose, mademoiselle Hooper. Intervenir dans la vie privée de mon petit frère est une première étant donné que vous êtes la première. Quelque soit la vision que vous avez de moi, vous pouvez me croire. Mon frère tient énormément à vous. Encore une fois, demandez au docteur Watson.