En voilà un gros chapitre ! Et en prime je suis même (un peu) en avance.
Mes excuses aux reviewers restés sans réponse : je n'ai tout simplement pas eu le temps de répondre, ma connexion internet venant tout juste d'être rétablie.

MAIS ! Maintenant tout est revenu à la normale ! Et c'est pas trop tôt.

Je vous souhaite donc la bienvenue dans ce nouveau chapitre, riche en nouveautés... Et avec beaucoup d'explications à la fin !


-Chapitre 25 : Who the Hel are you-

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Les mains de Finwë lui faisaient mal. Il tenta de prendre appuis dessus, mais le sol se déroba sous ses doigts. Maintenant, c'était son visage qui lui faisait mal. Il se tourna lentement sur le dos, et inspira doucement. Un poumon, deux, trois... Au moins cela allait bien, il arrivait à respirer. Un étrange goût salé se déversait dans sa bouche, et il caressa l'intérieur de ses joues du bout de sa langue bleutée. Les deux anneaux étaient encore là, alors il ne l'avait pas rêvé. Freyr l'avait attrapé, et l'avait emmené. Il se mordit la lèvre, repensant à son supplice. Son dos et son bassin lui faisaient mal, et il se dit qu'il garderait à jamais le secret. Finwë se tourna sur le ventre, avant de se redresser. Il regarda au loin, il n'y avait que de la brume, qui lui arrivait à hauteur de genoux. Un léger son sortit de sa bouche, comme une plainte informulée. Un arbre dépassait, loin, très loin. Peut être qu'en grimpant dessus, il pourrait repérer ses deux sauveurs. Après tout, il ne pouvait pas être seul ici. Il avança, d'abord un pied, puis l'autre. C'était naturel de marcher, mais quelque chose n'allait pas. Ses joues lui faisaient mal, et il n'osa pas tirer dessus. De la magie barbare, comme son peuple l'appelait.

« Loki ? Finwë ? Vous êtes là ? »

C'était la voix de l'humain. Si chaleureuse, il l'aurait reconnue entre mille. Il ne comprenait rien à ce qu'il disait, mais cette voix, c'était la sienne. Finwë avait reconnu son nom et c'est tout ce qui lui importait. Il s'avança maladroitement, trébucha à plusieurs reprises. Ses estomacs se retournèrent, et tous les fruits qu'il avait pu avaler menacèrent de regagner leur liberté.

« J'y vois rien ! »

Le bruit venait de la droite de Finwë. Il trébucha sur quelque chose qui grogna, mais il ne s'en formalisa pas. Il était là. Un morceau rouge de son armure dépassait de la brume, et il aida Stark à se relever avec le peu de forces qu'il lui restait. L'humain tituba, avant de s'asseoir pour reprendre son souffle. Lui aussi, il devait avoir envie de vomir, alors il se recula, et l'aida à nouveau.

« Finwë tu vas bien ? »

La voix s'était faite plus grave, et l'armure pointa son doigt sur ses joues meurtries. Finwë le regarda avec des yeux ronds. Cet humain était il inquiet pour lui ? Il secoua la tête. Il savait peu de choses des habitants de Midgard, seulement ce qu'on lui avait appris dans sa jeunesse, après avoir été acheté comme esclave. Stark était son premier contact avec Midgard, et il se demanda un instant si tous les habitants étaient comme lui. Mais quelque chose le préoccupait. Ce brouillard si dense qu'il ne voyait même pas ses propres pieds. Il n'avait jamais vu ça avant. Il soupira, avant d'aider Stark à s'asseoir sur un rocher. Finwë se retourna, pour regarder tout autour de lui. Sa jungle de naissance lui manquait. Il était né sous terre, il avait appris à creuser ses propres tunnels, à vivre. Il avait même déjà rencontré et aimé sa promise. Mais elle avait été enlevée, elle aussi pour devenir esclave. Finwë se souvint de son visage, si doux et rond. Souvent il l'avait enlacée. Mais elle n'était plus là. La règle de l'esclavage était bien simple : les acheteurs devaient ramener les têtes des morts. Un jour il l'avait vu, ce géant barbu avec un gros sac de jute dans les bras. Il avait eu l'air tellement désolé. Tout ce qu'il savait, c'était qu'elle avait été enterrée avec les pauvres.

« Eh, Finwë ? Ne pleure pas. On va le retrouver, je te le promet. »

Finwë reconnu son nom, et il ne pensa même pas à reculer en voyant la main de l'Iron Man s'approcher de ses yeux. L'Alfe souffla. Il avait tout perdu, et tout ce qu'il avait à faire, c'était avancer. Oublier qu'il avait été traité comme un animal, et cesser d'agir comme tel. Mais c'était impossible. Stark manqua de s'étouffer à cause d'une quinte de toux, alors Finwë posa sa main sur sa poitrine. Quelque chose n'allait pas dans le corps de cet humain, mais il n'arrivait pas à définir quoi. L'Alfe écouta, plus attentivement. Le point lumineux niché entre les pectoraux de l'armure grésillait, avant de s'éteindre pour quelques secondes. Parfois la lueur était bleu, parfois verte. Verte comme son dieu.

« Il faut trouver Loki, haleta Stark. Loki, tu comprends ? »

L'Alfe regarda au loin. Loki. Il n'avait compris que le nom, et à en juger son intonation, l'humain était inquiet pour lui. Alors il se mit à marcher, la brume froide picotait ses mollets.

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La tête de Loki lui faisait mal. Il baissa les yeux, il y avait un peu de sang sur son torse. Sans doute avait-il coulé de son nez, ou de sa lèvre fendue en deux. Son arrivée n'avait pas été très confortable, et les roches recouvertes de mousse verdâtre n'avaient pas été tendres. Il se redressa, pour contempler l'horizon. Stark était assit au loin, la tête appuyée sur l'épaule. Il devait être inconscient, et son réacteur ARK s'éteignait par moment. Loki ferma les yeux. Il n'était pas perdu, loin de là. Quelque chose s'accrocha à son manteau. Il baissa les yeux, et il distingua la silhouette de Finwë.

« Tout va bien ? Demanda Loki dans la langue de l'Alfe.

- Oui. »

C'était tout ce qui importait. Ensemble ils avancèrent en direction de Tony, qui ne bougeait plus. Loki retira son casque avec précautions, avant de presser sa main sur sa bouche. Aussitôt, sa poitrine se souleva dans son armure, la respiration était redevenue normale.

« Loki ? Murmura Tony. Qu'est-ce que...

- Repose toi Stark. Nous avons parcouru une très longue distance en peu de temps.

- On est où ?

- Repose toi, ou je t'assomme. »

Tony hocha doucement la tête, le dieu en serait bien capable. Il regarda encore au loin. Du brouillard, rien que du brouillard. C'était toujours ainsi, aussi loin que les souvenirs du dieu remontaient. Loki se sentait enfin en sécurité.

« Je suis reposé, là. Il s'est passé quoi là ? On est où ?

- Calme toi. Je vous ai transporté dans les blodåres de l'Yggdrasil, ici nous sommes en sécurité.

- Mais l'épée, souffla Tony. Tu... Espèce d'enfoiré ! »

L'Iron Man se redressa d'un coup, et son poing frôla la joue de Loki.. Ce dernier l'évita de justesse, avant d'immobiliser l'humain d'une prise sur sa nuque découverte. Tony hurla, et frappa le sol à plusieurs reprises.

« Tu as condamné plusieurs milliards d'humains ! Mes amis ! Tous ceux qui comptaient pour moi ! Tu ne vaux pas mieux que ce connard de Freyr !

- Surveille tes paroles, siffla Loki.

- Va te faire foutre ! »

La voix de Tony avait résonné sur toute la surface de cet étrange territoire. Il attrapa la gorge de Loki, qui ne recula même pas cette fois. Il serra de toutes ses forces. Qu'est-ce qu'il espérait ? Voir ses yeux exploser, son visage rougir. Mais sa peau restait désespérément blanche. Au bout de trois longues minutes, il relâcha les doigts de son armure. Loki frotta son cou malmené, avant de rire doucement.

« Tu n'as pas le droit de vie ou de mort ici. Je suis étonné qu'elle ne soit pas encore venue à notre rencontre.

- Mais qui ?

- Marchons, tu comprendras. »

Tony ravala sa salive, amer. Il revoyait encore la main de Freyr sur la garde de l'épée. Il n'avait aucun mal à l'imaginer sur Terre, en train de tout ravager. Une larme roula sur sa joue. Personne ne la verrait de toute manière. Tout allait disparaître. Finwë attrapa la main de l'humain, et joua un instant avec le métal. Tony lui adressa un léger sourire

« Tu perds vite espoir pour un habitant de Midgard.

- Je sais de quoi cette saloperie est capable.

- Sais tu de quoi je suis capable ? Souffla Loki.

- Je préfère pas savoir. J'ai déjà eu un aperçu. »

Loki esquissa un pâle sourire. Il redressa le dos de l'Iron Man à bouts de bras, avant de continuer. Combien de temps mettrait-il à comprendre ? Le dieu n'en savait rien. Tony trébucha à plusieurs reprises, son réacteur ne parvenait pas à se remettre en marche normalement. Finwë était déjà loin devant, et il faisait des allers retours afin de s'assurer que rien ne pourrait les attaquer.

« Quel aperçu ? Murmura Loki. Serais-tu aussi idiot que mon frère ? »

Tony s'arrêta, forçant le dieu à faire de même. Il inspira, avant de le dévisager avec un froncement de sourcils. Loki se mit à rire un peu plus franchement avant de se remettre en marche. L'humain resta là, immobile, en tentant de contrôler son souffle. Il avait l'impression qu'il n'y avait plus d'air dans ses poumons. Il baissa les yeux. Son réacteur ainsi malmené il aurait dû s'effondrer depuis longtemps. Qu'est-ce qui n'allait pas ? Il n'en savait rien.

« A l'heure actuelle, Freyr doit être en train de me maudire, dit Loki avec une certaine malice dans la voix.

- Pardon ?

- Tu ne croyais tout de même pas que j'allais laisser cet immonde porc s'en tirer si facilement ?

- Mais je l'ai vue dans ses mains, il...

- Vous avez vu ce que je désirais. »

Tony accéléra le pas pour rattraper Loki. Il lui empoigna le bras, pour le forcer à se retourner. Il avait l'air étrangement heureux et calme. Pourtant l'endroit avait quelque chose de très angoissant. D'ailleurs, l'humain remarqua qu'il n'y avait pas de bruit, à part le son de leurs pas.

« Approche, murmura Loki. Viens. »

Loki écarta les bras, les mains tournées vers le ciel. Tony le regarda mi effrayé, mi amusé.

« Quoi, tu veux un câlin ?

- Imbécile, dit Loki en levant les yeux en l'air. Approche. »

Le dieu écarta les pans de son manteau, et un éclat lumineux attira l'attention de Tony. Il courait le long des côtes de Loki, pour mourir au niveau de ses genoux. L'humain posa les mains dessus, et une surprenante chaleur s'en dégagea, faisant grimacer les deux hommes. Un crépitement violent leur répondit, et le fourreau de l'épée s'extirpa de l'ombre. Son poids fit vaciller Loki, qui ferma un moment les yeux.

« Mais quand...

- J'ai dû t'assommer. Tu ne devais pas savoir que j'allais procéder à un échange. Tu es mauvais comédien Stark, alors je devais te cacher la vérité. Il fallait que tu puisses y croire... Sinon Freyr ne m'aurait pas cru.

- Tu n'es qu'un enfoiré.

- Un enfoiré plus malin que Freyr et toi réunis. Il n'a reçu qu'une pâle copie... Ainsi qu'un petit souvenir de ma personne. »

Tony regarda Loki avec des yeux ronds, avant de poser sa main sur son cœur. Le cliquetis de ses doigts métalliques sur le plastron le rassura.

« Alors tu veux dire... Que Midgard n'a rien ?

- Tu commences à parler comme un Asgardien. Midgard n'a rien, et nous sommes ici en sécurité. Nous n'avons qu'à marcher, et nous vivrons.»

L'humain s'arrêta à nouveau, pendant que Loki traduisait le tout à l'Alfe. Tony se retourna, et l'arbre qu'il avait aperçu avait disparu. La Terre était sauve, est c'est tout ce qui comptait. Il observa un long moment le dos de Loki, qui continuait à avancer, imperturbable et visiblement heureux d'être là. Finwë lui emboîta le pas, et ils échangèrent quelques mots en langue Alfique. Tony se mordit la langue, il aurait tout donné pour comprendre ce qui se disait entre eux. Une complicité avait vu le jour entre eux, et ça l'Humain ne pouvait le nier.

« Loki... Je crois que je te dois des excuses, murmura Tony.

- Garde les, et étouffe toi avec. Les excuses ne sont jamais totalement sincères. Qu'aurais-tu fais, si j'avais détruis Midgard ?

- Je t'aurais tué.

- J'apprécie ta sincérité. Maintenant réfléchis un instant. »

Loki s'installa sur un rocher qui dépassait à peine de la brume humide. Finwë grimpa sur son épaule, et cette scène avait quelque chose d'étrange. Le dieu était atrocement fort, il ne cilla même pas sous le poids de la créature, qui avait eu le temps de reprendre quelques forces.

« J'ai voulu conquérir Midgard.

- En rasant une population entière.

- Et où est le problème ? Demanda Loki en haussant les épaules. Quand un nouveau roi prend le pouvoir, il est normal qu'il tue les enfants de son prédécesseur. Il ne maltraite pas le territoire. »

Tony se mit à rire nerveusement. Loki était définitivement bizarre, dans tous les sens du terme. Dangereux aussi, c'était indéniable.

« Je n'ai pas fait ça pour sauver ma peau, continua Loki. Le jour où Midgard tombera, qui pourrais-je gouverner ? Personne. Si l'humain a une qualité, c'est sa capacité à être asservi.

- Égoïste même dans ta générosité.

- C'est exact.

- Et donc Freyr ? Qu'est-ce qui va lui arriver ?

- Oh, il aura un charmant livre à lire. Et... Je ne donne pas cher de sa peau. Nous saurons tôt ou tard. »

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Loki, Tony et Finwë progressaient à un rythme régulier. Leurs pas étaient étouffés par une épaisse couche de mousse brune, à en juger la motte arrachée par l'humain. Ce dernier tapota une énième fois son réacteur ARK, qui s'éteignit après un dernier grésillement. Une sueur froide coula le long de son dos.

« Ne t'inquiète pas, dit Loki en s'amusant de la panique de Tony. Tu n'as pas besoin de t'occuper de tes signes vitaux ici. Tu n'as pas besoin de respirer, de faire pulser ton cœur, ou de manger.

- Charmant.

- Un des atouts de Helheim. »

Tony accéléra le pas pour forcer Loki à s'arrêter. Il tenta de calmer sa respiration, mais ses poumons se gonflaient toujours d'un air inexistant.

« Helheim ?

- C'est un des neuf mondes, annonça Loki. Je suis ici chez moi. Et nous sommes en sécurité.

- Quelle est sa particularité ?

- Helheim est le monde des morts. Tous ceux qui perdent la vie se rendent ici... Pour peu qu'ils y croient. C'est une sorte de passage. Les morts qui ont eu une mauvaise vie restent à pourrir ici. Les bons, les morts innocents, ne font que passer ici.

- C'est... L'enfer ?

- Vos religions modernes se sont accaparé Helheim. L'anglais le nomme simplement Hell. Mais tout le monde va là, souffla Loki. La gardienne des lieux veille sur chaque être qui entre ici. Chez elle, personne ne meurt, car tout ce qui caractérise la vie s'est éteint depuis longtemps. C'est à elle de décider si elle souhaite nous priver de sa magie ou non.

- Mais... Il y a combien de personnes ici ?

- Qui te parle d'humains ? En ce moment il y a des milliards de géants, d'Alfes, de dieux, de bêtes et de monstres. Tout ce qui a été un jour doté de vie arrive ici. »

Tony aurait pu croire que son cœur avait raté un battement, mais il constata avec stupeur qu'il ne le sentait même plus battre. Il tenta de prendre son pouls, mais il n'y avait absolument rien. Cela l'angoissait au plus haut point, mais Loki sifflotait doucement un air lugubre.

« Ce monde est si grand que personne n'en connaît les limites, à part sa déesse et les nornes. Il est dit que quand ce monde ne pourra plus héberger une seule âme, il s'effondrera sur lui même, et un autre prendra sa place.

- Attends, t'es en train de me dire que ce monde est couvert de zombies ?

- Des... Zombies ? S'étonna Loki.

- Laisse tomber.

- Pourquoi nous n'avons croisé personne ?

- Car nous devons passer une épreuve. »

Loki tendit son bras en avant, stoppant Finwë et Tony dans leur course. L'humain plissa les yeux, pour distinguer une silhouette d'une minceur extraordinaire. La brume s'écarta sur son passage, et elle était pratiquement aussi grande que Loki.

« Bonne ou mauvaise, la mort vous prend dans ses bras, murmura la voix de l'apparition. Marchez mes enfants, vers votre destin. Avancez sans crainte, si votre vie a été bonne. Craignez ma colère si vous avez fait le mal autour de vous. Mais dans tous les cas, vous serez jugés. Que la justice s'abatte sur vos épaules, ou vous soutienne jusqu'à votre éternité.

- Que de discours pompeux, tu ne reconnais pas ton père ? »

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Tony bégaya un instant, incapable de dire quoi que ce soit. Il fixa Loki, puis l'étrange apparition. Un léger courant d'air se mit à souffler, et la brume épaisse se dissipa. L'humain recula en constatant qu'il avait les pieds dans l'eau jusqu'aux chevilles. Loki s'était avancé, et avait de l'eau jusqu'aux cuisses. Une femme leur faisait face, magnifique. Perchée sur un rocher qui pointait à peine de l'eau, son corps était drapé d'une immense robe blanche, qui trempait dans l'eau. Ses cheveux couleur ébène coulaient jusqu'à sa taille, et une lourde mèche cachait la partie gauche de son visage. Ses yeux étaient d'un vert aussi intense que ceux de Loki.

« Père ? Murmura la femme. Après toutes ces années... »

La jeune femme se jeta dans l'eau, et en quelques secondes, elles rejoignit Loki. Elle l'enlaça dans ses bras, le serrant de toutes ses forces. Le dieu répondit à l'étreinte, et embrassa son front à plusieurs reprises.

« Père, père je suis si heureuse de te revoir. Les neuf mondes sont à ta recherche, je pensais que...

- Ne pleure pas, ma fille. Je suis revenu. »

Tony se retourna, un bruissement étrange avait attiré son attention. Il pointa son bras en l'air, une géante aux allures d'amazone et haute de cinq bons mètres surveillait la scène, armée d'une lourde massue. La jeune femme lui adressa un léger signe de la main, et elle retourna en arrière, pour se perdre dans la brume rejetée au loin.

« Je ne peux pas te laisser passer, dit calmement la femme. Toi et tes amis, vous devez passer l'épreuve du pont du Gjöll.

- Qu'il en soit ainsi. »

Un pont ? Tony se demanda un instant s'il ne pouvait pas simplement traverser à la nage. Il retira son gant, avant de plonger sa main dans l'eau. Elle était si froide qu'il jura qu'il avait plongé sa peau dans de la glace. Et Loki restait là en plein milieu, sa fille dans ses bras. Finwë n'osait pas avancer non plus, et c'était parfaitement compréhensible. Le dieu passa sa main dans les cheveux de la femme avec une douceur incroyable.

« Hel... Hel tu m'as tellement manqué, souffla Loki en soulevant sa fille. Je regrette tellement, tellement de t'avoir laissée seule. J'aimerai que...

- Père je suis bien ici.

- As-tu vu ton frère ? »

Hel se rembrunit, et baissa la tête. Tony perçu le malaise qui venait de s'installer. Loki devait sans doute parler de Fenrir, mort en même temps qu'Odin.

« Il n'a pas su passer l'épreuve. Il est parti chez les Froids. Je... Je lui ai dit que nous l'aimons.

- Tu as bien fait. C'est à notre tour, maintenant.

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La robe de la jeune femme collait à sa peau, et Loki lui proposa son manteau pour se réchauffer. Hel le refusa poliment, et sa peau se sécha en un instant. Le pont passait au dessus d'une rivière aussi large qu'un bus.

« Les grilles de Niflheim sont à l'autre bout de ce pont, dit Hel en liant ses longs doigts. Passez l'épreuve avec succès, et elles s'ouvriront. Échouez, et un gouffre s'ouvrira sous vos pieds.

- Quelles sont les conditions pour réussir ? Demanda Tony, visiblement peu rassuré.

- Laissez parler votre âme. C'est tout ce qui compte ici. »

Loki s'occupa de traduire les consignes pour Finwë. Ce dernier s'avança d'un pas, et s'inclina devant Hel, qui lui rendit le geste avec une élégance rare.

« Avant de passer ce pont, vous devrez choisir trois souvenirs. Le plus agréable, le plus douloureux, et celui qui a fait de vous un adulte. Ces trois souvenirs décideront de votre avenir. »

Après traduction, Finwë fut le premier à poser un pied sur le pont. L'Alfe se concentra un instant. Le souvenir le plus agréable ? Il inspira profondément, avant qu'une lame ne s'enfonce dans son cœur.

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Finwë se mit à courir, et il trébucha sur une racine. La jeune Alfe qui le suivait fit de même, et elle tomba à son tour. Ils s'enlacèrent, s'embrassèrent, tout en riant.

« Promets moi que nous resterons toujours ensemble, d'accord ?

- Promis. Je ne les laisserai pas t'emmener. »

Les deux créatures se mirent à rire, avant de se relever, main dans la main. Leur village était là, au loin, caché par un bosquet d'arbres.

« Mère a préparé le repas. Elle veut que tu viennes avec moi.

- Avec plaisir. »

Ensemble, ils se rendirent vers la demeure. Un son étrangement grave attira l'attention de Finwë, et il se retourna. La tête de sa compagne venait de rouler au sol, et son corps n'était plus là. Il y avait un géant qui se tenait là, à demi nu.

« Qu'avez vous fait ? Hurla Finwë. »

Le géant se mit à rire, et une odeur infâme de semence envahit les lieux. En un instant, il avait comprit ce qui était arrivé à la personne qu'il aimait de tout son cœur. Née esclave, elle n'avait jamais eu de nom. Alors il se jeta sur le géant, un petit couteau à la main. Un choc à l'arrière de la tête de l'Alfe l'envoya sombrer dans les ténèbres.

« Ne pars pas, murmura une voix lointaine. Ne pars pas... »

Finwë ouvrit les yeux. Il s'enfonçait dans un gouffre, tapissé de cadavres encore frais de ses semblables, attaché au dos d'une scolopendre. Cette dernière avançait doucement, agitée par quelques soubresauts. Au bout d'un moment elle tourna pour rejoindre une petite salle ronde.

« Les mâles engluent les femelles, annonça une voix aigrelette. Exécution. »

Alors Finwë se retourna. Des dizaines d'Alfes Sombres femelles étaient allongées au sol, inconscientes. De lourds réservoir remplis d'une pâte rougeâtre. De la colle d'insecte. Alors, avec la menace d'une lame entre ses côtes, il s'exécuta. Il retourna une des femelles, et enduit son dos de colle. Il la plaça les bras en croix sur le mur, et acheva le tout en collant l'arrière de son crâne. Ils étaient huit mâles pour une trentaine de femelles.

« Plus vite ! S'énerva la voix. Dépêchez vous ! »

Il ne restait plus que les mâles, désormais.

« Battez-vous !Le survivant pourra remonter. »

Tous se regardèrent. Finwë aurait pu se battre, mais il posa un genou à terre, la tête basse. Il y avait des pères de famille, des jeunes, deux vieillards. Il aurait pu les vaincre, mais il préféra se rendre. C'était sans doute mieux ainsi. Il ferma les yeux, et quand il les rouvrit, le sol était devenu le plafond à ses yeux. Son corps lui faisait mal, mais il savait qu'il avait fait le bon choix. Sa façon de se repentir sans doute.

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Tony grimaça un instant. La sensation de la lame avait l'air si réelle... Il se concentra un instant, avant de se ressaisir. Il tourna la tête. Une dizaine de gamins étaient là, en train de le huer.

« Chouchou ! Hurla l'un d'entre eux. Chouchou du prof !

Mais j'y peux rien si vous êtes tous bêtes ! »

Le plus costaud d'entre eux frappa Tony à plusieurs reprises, jusqu'à ce qu'il ne bouge plus. Trois fois en fait, l'enfant savait parfaitement que s'il ne bougeait plus, il serait laissé tranquille. Quelqu'un tapota son épaule, et il reconnu le visage un peu abîmé par les années.

« Edwin... Heu, pardon, Monsieur Jarvis...

- C'est bon, tu peux m'appeler par mon prénom. Ils sont partis maintenant. Tu peux te relever.

- J'allais les battre de toute manière.

- Sans doute, dit l'homme en soulevant Tony dans ses bras. Mais en attendant, nous devons rentrer.

- Papa et Maman seront là ?

- Je ne pense pas. Mais si tu veux nous pouvons regarder un film ensemble. »

Tony esquissa un large sourire. Cet homme c'était le majordome de son père... Mais aussi son premier et véritable ami. Il posa sa tête contre son épaule, avant de brusquement s'écraser au sol. Il se releva difficilement, avec son corps d'adulte cette fois.

« Il faut se dépêcher, dit Ho Yinsen en ajustant un détail de l'armure de fortune. C'est bientôt l'heure.

Je... Oui. »

Tony le regarda avec un profond respect. L'image se flouta dans son esprit, avant de se concentrer sur des bruits de tirs, un hurlement, puis plus rien. Yinsen était à nouveau là, étalé sur le sol, le corps remplit de balles. Ils étaient là, en face de lui. Alors il tua, tua, tua. Jusqu'à ce que plus rien ne puisse l'arrêter.

« Eh Stark, tu ne t'ennuies pas trop ? »

Tout s'arrêta soudainement, et Tony se retourna. Il était sain et sauf, mais il y avait trois cercueils devant lui. Celui en face était celui de Maria Stark, sa mère. A sa droite celui d'Howard Stark. A sa gauche celui d'Edwin Jarvis. Ce jour là, Tony ne pleura pas. Il ne pouvait pas le faire. Des centaines de personnes étaient là, et il avait écrit un discours pour faire bonne figure. Il le récita, sans faillir. Tout en bas, les autres applaudissaient. Au moins c'était fait. Son père ne lui manquait pas, ce sombre alcoolique. Sa mère, elle, faisait saigner son cœur. Quand à Jarvis, il se dit qu'il resterait à jamais à ses côtés.

« Tu es à la tête d'un empire désormais. Que penses-tu...

Allez tous vous faire voir, siffla Tony. L'entreprise est en deuil. »

Quand tout le monde s'en alla, il n'y avait plus que Tony, agenouillé dans la terre. Il n'y avait plus de témoin, plus de personne gênante.

« Je suis un Homme maintenant, dit faiblement Tony. Merci pour tout ce que vous m'avez appris. »

Une larme roula sur sa joue, pour finalement s'écraser sur le marbre noir de la tombe de ses parents. Jarvis, lui, avait été enterré de façon plus modeste.

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Loki se retourna plusieurs fois dans son lit. L'orage faisait rage dehors, et il gémit quand les lumières se rapprochèrent. Il se roula en boule sous sa couverture, avant de sucer nerveusement son pouce. Il se réprima de lui même, après tout il était trop grand pour cela. Un grondement sourd envoya voler toutes ces considérations, et il téta nerveusement.

« Mon frère, tu vas bien ? »

Un poids s'était assit au bout de son lit, et Loki sorti la tête. C'était Thor qui s'était installé là, et qui admirait le spectacle de ses grands yeux bleus. Lui il n'avait pas peur de la foudre, pire il l'aimait et était capable de la contrôler. Loki aurait voulu en être capable, mais lui, il préférait la glace et les flammes.

« Tu es en sécurité avec moi. Viens. »

Thor étendit ses bras, et Loki se jeta dedans, encore roulé dans les couvertures. Leurs corps adolescents trahissaient leur croissance, mais ils avaient désespérément besoin de contacts. Les bras de Thor se refermèrent sur Loki... Qui s'écrasa violemment au sol, propulsé par ces mêmes bras. Ils étaient en haut de la tour Stark, et ils se battaient comme jamais. Les chitauris étaient partout, il n'y avait plus rien à faire, mis à part se décider, et vite.

« Abandonne cette folie ! Hurla Thor. Mon frère, reviens à la raison. »

Sa raison, il l'enfonça sous forme de poignard dans les chairs de son frère. Une lame enchantée capable de trancher n'importe quelle armure. Il se laissa tomber dans le vide, réceptionné par un groupe de ses soldats. Tout tombait en ruines. Puis soudain, tout s'arrêta. Son crâne lui faisait mal. L'Autre était en train de s'emparer de sa conscience, le projetant si loin dans ses pensées qu'il manqua de s'évanouir.

« Le pouvoir, susurra la voix. Le pouvoir...

- Vous l'aurez.

- Je l'aurais en même temps que ta tête ! »

La vision s'arrêta brusquement, et les Chitauris se tournèrent vers Loki. Trahis par son armée, c'était tout ce qui allait se produire. Il n'avait plus son sceptre, ils n'écouteraient plus quoi que ce soit. C'en était fini de lui. Alors il ferma les yeux, pour les rouvrir dans une pièce étrangement sombre, orangée. Stark était là, assit, il avait l'air de souffrir.

« Allons-nous rester là ? Demanda la voix affaiblie.

- Non, je le refuse. »

Stark secoua la tête, avant de tomber en arrière, assommé par la douleur. Ce jour là, Loki avait décidé de sauver la peau de cet humain, quoi qu'il lui en coûterait.

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Tony, Loki et Finwë reprirent leur souffle ensemble. Ils venaient de traverser le pont, et une lourde grille d'acier leur faisait face. Hel les regardait avec un grand sourire. Les trois hommes se regardèrent, une expression d'incompréhension accrochée au visage.

« Les portes de Niflheim s'ouvrent à vous, dit la jeune femme. Passez ces grilles avec ma bénédiction. »

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Le mot de l'auteur : J'espère que la lecture a été bonne ! J'ai pris énormément de plaisir à écrire ce chapitre, car il présente un personnage que j'adore : Hel. ATTENTION. Le personnage de Hel existe sous la forme de Hela dans l'univers Marvel. Je ne tiendrais pas compte de cette existence... Aux allures sulfureuses. Souvent représentée à demi nue, très forte poitrine. Bref. J'ai décidé de faire appel à la version de la "vierge", vêtue d'une longue robe blanche. Je vous laisserai la découvrir à travers les yeux de Tony... Et de son père. J'ai également décidé de révéler des brides du passé de Finwë, qui me travaille beaucoup.

Passons à un point Mythologie. Et il va être costaud celui là.

- Helheim est ce qu'on peut considérer comme étant l'enfer. L'anglais a reprit le mot, on connait tous le mot "Hell". A noter que mon récit est en français, mais que les héros sont supposés parler en anglais ! A noter que je prépare une traduction de la fic. Dur dur !

- Notre trio a dû passer un pont... Et Tony a croisé une géante. Elle se nomme Módgud (Móðguðr) et est la gardienne du pont. Elle le surveille, et demande aux arrivants leur nom et ce qu'ils font là. Mais son rôle est plus important encore : elle empêche les morts de se faire la malle en sens inverse en utilisant le pont. Sa surveillance est violente, et ceux qui ne lui obéiront pas seront broyés, peu importe leur espèce, leur taille... Car elle même possède le droit de vie ou de mort dans ce monde d'âmes. Elle est dotée d'une grande sagesse, car avec Hel, elle est la seule présence purement vivante sur ce monde.

- Le pont se nomme le Gjallarbrú, qui signifie littéralement "le pont du Gjöll", rivière très froide qui sert de frontière. Mes hommages pour la prononciation, faut le faire... Bref. Ce pont sert de rituel de passage, et nous dévoile les grilles de Niflheim.

- Il y a plusieurs choses à savoir à propos de Niflheim et de Helheim. Si Helheim correspond bien à notre définition de l'enfer, Niflheim n'est pas le paradis. Il est TRES important de ne pas faire la confusion. En effet, Niflheim reçoit les morts de vieillesse ou de maladie, à condition qu'ils ne fassent rien de bon ou de mauvais... Ou que leurs actions s'équilibrent. Les gens dont la balance s'oriente sur le mauvais restent sur Helheim et pourrissent là. Les autres ayant une balance positive ou neutre se retrouvent dans Nifhleim. Hel reste la déesse de ces deux genres de morts. Grâce à sa proximité, selon les textes, Loki mènera ces âmes défuntes au combat. Cependant, composée de mauvais soldats essentiellement, son plus grand avantage sera son nombre. Si Niflheim n'est pas le paradis, cela ne veut pas dire qu'il n'existe pas. En effet les guerriers les plus valeureux sont envoyés au Valhalla, niché au coeur d'Asgard. C'est un lieu merveilleux, géré par Odin, afin de lui fournir une armée plus que compétente... Mais peu nombreuse ! Selon moi, la majorité des Avengers y auront leur place.

- Chaque "religion" possède un rituel de passage pour se rendre en Enfer, en Paradis... Bref. J'ai choisi ce rituel de "balance" égyptienne, qui juge les actions passées. En effet, je ne cautionne pas l'enfer et le paradis des religions chrétiennes (et autres) où tout est blanc ou noir. Dans ce contexte, tout s'accumule, et les trois ont passé le test. Cependant, ce test peut être tronqué par Hel : c'est elle qui décide de tout pour les âmes présentes dans ce monde.

PFIIIIOU. Et voilà ! Si vous avez la moindre question, faites vous plaisir, j'ai probablement oublié plein de trucs.

Toutes vos reviews sont également les bienvenues o !

See you soon,

Asclème.