Chapitre 22

Hadrian et moi n'avions pas dormi dans nos dortoirs cette nuit. Pas plus que les Jumeaux ou Perceval. En nous voyant, Hadrian et moi descendre tant bien que mal nos matelas pour les installer avec nos couvertures et nos oreillers dans la Salle Commune, les Jumeaux s'étaient empressés d'aller chercher les leurs et avaient ramenés par la même occasion ceux de Perceval. Celui-ci avait fait mine de protester mais sans grande conviction.

Nous avions tous pris l'habitude de dormir avec d'autres personnes dans la pièce et être seuls dans nos dortoirs pour la fin de la Nuit de Noël ne nous réjouissait guère. Et puis Hadrian avait encore besoin d'être rassuré par rapport à ce qu'il m'avait avoué. Je savais combien il avait craint ma réaction et combien il appréhendait au fond de lui celles de Neville et d'Hermione. J'étais à deux cils d'utiliser une méthode à la Hermione pour lui faire entendre raison.

Vêtus de nos pyjamas et nos cheveux coiffés et tressés pour la nuit pour Hadrian et moi, nous nous étions glissés rapidement dans nos lits improvisés. Installés prés du feu non loin de l'énorme sapin, nous avions bavardé tous jusqu'à tard dans la nuit avant de nous endormir, de manière plus ou moins consciente. Je fus la dernière à succomber avec la pointe d'appréhension au coeur, de faire un rêve cette nuit.

" Je marchais pieds nus entre les grands pins sombres. Il faisait nuit mais les rayons lunaires de l'astre plein, filtraient à peine à travers l'épais couvert des arbres. Il faisait froid. Un tapis blanc recouvrait celui des aiguilles de pins et de l'humus. Vêtue d'une robe d'un seul tissu noir légère, les cheveux détachés, je ne ressentais pourtant pas totalement le froid.

Une étrange chaleur semblait ronronner dans le creux de mon être. Je marchais à pas lents. Suivant une flamme bleu roi et carmin qui avançait à quelques mètres devant moi, dans les airs, semblable aux feux follets des légendes. Je n'avais curieusement pas peur. Une certitude pulsait en moi: celle que je devais suivre cette flamme à tout prix.

Je finis par entrer dans une vaste clairière. Elle n'était pas vide. Trois créatures s'y trouvaient. Une que je reconnus comme un Sombral. Une comme une des légendaires Licornes Noires. Et un chat assis au pelage épais et longs noirs aux grands yeux bleus rois qui semblaient plus gros qu'un chat normal et aussi intelligent qu'un être humain. Je sentais le nom de son peuple trotter dans sa tête sans pouvoir le replacer.

Le feu s'arrêta à côté des créatures. Je fis de même à l'entrée de la clairière. Je me sentais étrangement attiré par ces trois créatures, particulièrement le chat. Ils me semblaient tous trois atrocement familiers. Puis. Je perçus un mouvement blanc argent derrière ces créatures.

Je retins mon souffle alors que l'énorme félin pénétrait d'un pas souple dans la clairière. Un tigre blanc. Un énorme tigre blanc venait de pénétrer sous la lumière de la lune. Ses grands yeux bleus rois fixés sur moi. Il s'avança en avant des trois créatures et vint s'arrêter devant moi.

Durant de longues secondes je ne bougeais pas. Puis je levais la main hypnotisée pour toucher le tigre qui lui aussi me paraissait atrocement familier. Au moment où mes doigts frôlaient sa fourrure, tout disparut. Les créatures, la clairière, la forêt.

Je me trouvais désormais dans une grande salle de pierre qui ressemblait à une ancienne salle de classe de Poudlard. Au fond de la salle se trouvait un grand miroir au cadre ouvragé. M'approchant, je lus à voix basse l'inscription sur le cadre supérieur:

-« riséd elrue ocnot edsi amega siv notsap ert nomen ej. »

A peine eus-je prononcé le dernier mot que tout disparut encore une fois. Cette fois-ci je me trouvais dans la Grande Salle. Tout était vide. Il n'y avait plus de tables, plus de bancs, plus de bougies. Le ciel était voilé et les bannières des Quatre Maisons au Mur étaient coloriées de noirs. Un sanglot attira mon attention. Je tournais la tête en sa direction. Un homme était recroquevillé à genoux au centre de la Grande Salle. Je vis ce qui ressemblait à un ruban vert dans ses mains. Une plainte:

-"Salazar..."

Tout se brouilla autour de moi. Je me sentis tomber en arrière. Une voix énonça avant que je me réveille:

-"Réveilles toi Enfant de Mort et de Magie.""

-"Adal?"

J'ouvrais les yeux. Hadrian était penché sur moi en souriant de toutes ces dents excités. Je mis un moment à me ressituer. Je marmonnais:

-"Il est quelle heure?"

Il me sourit de plus belle heureux:

-"Sept heures!"

Je grognais et me retournant me réenfouis sous la couette:

-"Honte à toi, Potter."

Je l'entendis rire alors que je refermais les yeux:

-"Allez Adal lèves toi!"

Je grognais:

-"C'est le premier jour des vacances Hadrian laisses moi dormir!"

Il chantonna:

-"C'est Noël... Et on a des cadeaux!"

Des cadeaux? Je fis paraitre juste le haut de ma tête avec mes yeux de sous la couverture. Hadrian me regardait toujours amusé. Je murmurais d'une petite voix:

-"J'ai des cadeaux?"

Il hocha vigoureusement la tête:

-"Oui, Milady. Et moi aussi!"

Je repoussais la couverture et m'asseyais sur mon matelas, sous le regard amusé joyeux et amusé d'Hadrian. Perceval, Fred et Georges étaient déjà debout, hors de leur lit, assis devant leurs tas de cadeaux, m'attendant de toute évidence. Hadrian énonça narquoisement tandis que je me frottais les yeux:

-"Et dire que je ne voulais pas croire Hermione quand elle me disait que tu étais dure à lever le matin..."

J'énonçais tout en m'enveloppant dans ma couverture et en cherchant mes chaussettes du regard:

-"Je ne suis pas dure à lever le matin. Pas aujourd'hui du moins. Si cela avait été le cas, je t'aurais lancé quelques sorts. J'ai fait cela deux ou trois fois avec Hermione. Elle a très vite apprit à esquiver. Et techniquement, je suis toujours debout avant vous tous. Mais pas le weekend. Et encore moins en vacances. Sais-tu qu'il y a certains pays dans le monde où le sommeil est sacré? Et où la loi interdit de réveiller quelqu'un quel que soit le motif? Tu as de la chance que je me sentes d'humeur généreuse aujourd'hui..."

Hadrian énonça moqueur une main sur son coeur:

-"Oh Salazara tu brises mon pauvre petit coeur par tant de méchancetés..."

Je le rabrouais:

-"La ferme, Godric."

Il rit:

-"Que de mots si peu jolis dans la bouche d'une si jolie demoiselle..."

Je lui balançais mon oreiller à la figure et il réussit quant même à rire alors que je levais les yeux au ciel. Perceval, Fred et Georges nous regardaient la mâchoire quasi décrochée. Il faut dire que j'étais loin de l'élégance, de l'impeccabilité et du contrôle de moi-même que j'affichais d'ordinaire, ainsi habillée d'un pyjama bleu ciel, ma couverture rouge sur les épaules, pieds nus, les yeux bouffis de sommeil, mes cheveux à moitié détachés en une vague brouillée de boucles, l'air grognon entrain de grogner et de tabasser Hadrian à coups d'oreillers. Hadrian rit devant leur tête, tandis que je trouvais la paire de chaussettes que j'avais descendue, une paire piquée à Hermione ornée de petites têtes de chats sur fond blanc:

-" Adal, ma chère je crois que nous les avons choqués..."

Je ne répliquais rien à cela enfilant mes chaussettes en baillant. Fred et Georges énoncèrent:

-"Oh c'est..."

-"Trop mignon..."

-"Adal, a l'air..."

-"D'un petit chaton..."

-"Tout perdu..."

-"C'est..."

Ils se prirent deux coussins envoyés avec force en pleine figure les faisant taire. Le pire c'est que cela les fit rire ces deux crétins. Perceval leva les yeux au ciel derrière ses lunettes écailles mais demanda curieux:

-"Pourquoi Salazara et Godric?"

Hadrian et moi pointâmes nos doigts respectifs sur l'autre, lui avec un grand sourire moi avec une mine encore endormie et un peu grognonne. Il énonça le premier moqueur:

-"Adal Alexandra Salazara Malfoy."

Je rétorquais:

-"Hadrian James Charlus Godric Potter. "

Je reniflais tout en réajustant ma couverture sur mes épaules:

-"Sérieusement. Qui est assez prétentieux pour avoir quatre prénoms de nos jours? Et Godric en plus."

Il répliqua:

-"Parce que Salazara c'est mieux peut-être?"

Je me levais:

-"Au moins, moi je n'ai que trois prénoms. Et puis tu as vu mes Parents? Ce n'est pas exactement le genre de personne à choisir des prénoms très humbles..."

Je vins m'asseoir à côté de Perceval et des Jumeaux et Hadrian me rejoignit, tandis que je coiffais grossièrement avec mes doigts mes cheveux emmêlés. Je regardais les cinq piles de cadeaux. Je ne m'étais pas attendu à recevoir de cadeaux cette année. Et à voir la tête d'Hadrian lui non plus. Enfin, lui c'était pire parce qu'il n'en avait jamais reçu! J'espérais que mon cadeau lui plairait. J'eus de même une petite pensée pour les autres personnes à qui j'avais fait des cadeaux.

Hadrian plus excité qu'un chaton dopé à l'herbe à chat et au café, assis en tailleurs, les yeux brillants comme deux étoiles, demanda:

-"On procède comment?"

J'avais dit que les Malfoy et les Black tenaient toujours leurs promesses? Et bien j'étais presque sur le point de me parjurer doublement ainsi. Parce qu'Hadrian était un peu effrayant comme ça. Enfin j'en aurais eu peur si je n'avais pas eu la certitude que je devais ressembler à CA aussi.

Bon, il y avait de quoi nous excuser. C'était le Premier vrai Noël d'Hadrian depuis celui de ses 1 ans quand Lily et James Potter étaient encore en vie et c'était le premier Noël que je fêtais avec des amis et non pas dans le Salon Glacial du Manoir Malfoy avec mes Parents me faisant des Cadeaux uniquement pour faire naitre l'envie et l'admiration des autres.

Je vis les Jumeaux sourirent goguenards tandis que Perceval avec un petit sourire amusé énonçait:

-"Chez nous, chacun ouvre sa pile de cadeaux en même temps que les autres. Alors je ne dirais qu'une chose avant que les Jumeaux ne commencent à faire des leurs: Commençons!"

Il fit voler d'un élégant coup de poignet de sa main tenant sa baguette, les cinq piles de cadeaux devant leurs propriétaires respectifs. Le déballage commença. Je me décidais après quelques secondes, à prendre le premier paquet de ma pile une petite boite rectangulaire haute d'une quinzaine de centimètres avec quelques petits trous sur les côtés. L'ouvrant avec délicatesse, je découvrais émerveillée, une petite pousse de plante verte dans un petit pot en terre cuite rond couleur jaune foncé, remplie d'une terre noire et humide.

Je lus le petit mot qui était glissé avec et découvris que ce cadeau venait d'Hannah Abbot et qu'il s'agissait d'une petite pousse d'acacias magique. Je fus émue de ce cadeau et restais de très longues secondes le petit pot entre mes mains, les yeux émerveillés et grands ouverts. L'Acacia comme le végétal qui me correspondait et comme le bois de ma baguette. C'était un merveilleux cadeau. Je n'avais jamais été responsable d'une vie avant. J'espérais que j'en serai digne et que j'y arriverais. J'espérais également qu'Hannah apprécierait son cadeau, un sachet de graines de Fleurs de Feu que j'avais récupéré.

Je la posais sur une table non loin, avec délicatesse, ma petite plante que je décidais de baptiser Helga après avoir déposé un baiser sur une de ses feuilles et l'avoir vu frémir de contentement. Les plantes magiques au contraire de celles non-magiques exprimaient plus ouvertement leur conscience qui était elle aussi plus développée.

Je passais ensuite au second cadeau de ma pile et le déballant découvrais un grand livre qui se révéla être un Atlas Moldu que m'offrait Terry. Je ne pus retenir un petit rire. J'avais décidé de lui offrir un Atlas Sorcier. Comme quoi les grands esprits se rencontraient. Je feuilletais avec plaisir et curiosité, les pages aux cartes colorées, notant les différences avec celles d'un Atlas Sorcier outre que les images et les figurés ne bougeaient pas. Ainsi l'Empire sous-marin de l'Atlantide n'était pas affiché. Je devrais demander à Hermione ou à Hadrian s'ils avaient une idée du pourquoi.

Je pris le troisième cadeau de ma pile, enveloppé dans un tissus très léger et fin aux motifs indiens et y découvrais un livre sur les sortilèges traditionnels indiens et un sari traditionnel bleu et vert. Un cadeau des Soeurs Patils, le sari étant sans le moindre doute une idée de Parvati et le livre des sortilèges de Padma. Je me plongeais brièvement dans son feuilletage tandis que Fred et George essayaient de faire enfiler un pull en laine violette à Perceval et qu'Hadrian faisait tourner entre ses mains une flute grossièrement taillée en bois, un cadeau d'Hagrid.

Après avoir ris des performances d'Hadrian à la flute, nous feuilletâmes excités et curieux le livre des sortilèges indiens notant les différences avec les nôtres anglais. J'espérais en retour que Parvati apprécierait son livre théorique sur la divination et les prophéties (un sujet qui l'intéressait grandement) et Padma, le livre de Théorie de Métamorphose écrit par le Professeur MacGonagall et que j'avais réussi à lui faire dédicacer avec l'aide conjuguée de Neville, Hermione et Hadrian en mode yeux de lionceaux larmoyant.

Reposant avec regret le livre des sortilèges en me faisant la promesse de le lire beaucoup plus attentivement plus tard, je levais les yeux au ciel alors que Fred et George me fourraient leur cadeau dans les mains, avec la gorge cependant serrée d'émotion. Le déballant, je découvrais un petit étui en cuir avec à l'intérieur des outils de crochetage et un mot m'encourageant à en user la prochaine fois que le Dragon de l'Infirmerie me piquerait ma baguette.

Je coupais court au début de sermon de Perceval, en enlaçant les Jumeaux et en leur chuchotant un merci étranglé. Ils n'avaient pas la moindre idée d'à quel point leur cadeau m'était précieux. Pour moi qui avait été enfermée et qui était terrorisée à l'idée de l'être à nouveau et celle d'être impuissante sans ma baguette. Certes je me débrouillais avec une épingle à cheveux mais la serrure de l'infirmerie avait été branlante et depuis elle avait été réparée. Alors ce cadeau me faisait vraiment plaisir.

Rougissante, je les encourageais à ouvrir leurs cadeaux de ma part, un carnet avec un recensement de sortilèges divers intéressants pour Fred et un carnet avec recensement de formules de métamorphoses diverses intéressantes pour Georges, fruit de longues heures à la Bibliothèque de Poudlard mais aussi avec les livres que m'envoyaient Tante Walburga et Oncle Orion et les longues heures passées dans la Bibliothèque du Manoir Malfoy. Je fus récompensée par deux bises sonores sur chaque joue de deux Jumeaux très heureux.

Bien que rougissant plus que jamais, je "jubilais" d'avoir bien choisi. Je savais que malgré leurs réputations de farceurs et de pas sérieux, il n'en était rien et qu'ils s'appliquaient et travaillaient dur en Métamorphose pour George et en Sortilèges pour Fred, ainsi qu'en Potions pour leurs "projets d'avenir top secret".

Je passais ensuite au cadeau de Perceval qui se révéla être un sachet en velours noire de tailles moyennes brodés de petites étoiles en argent. Intriguée je levais la tête vers lui sentant les vibrations de pouvoirs se dégager du sachet et il me fit signe d'un geste de la tête et de la main de l'ouvrir. M'exécutant, je tirais sur les cordons couleurs bleus sombres et déversais le contenu du sachet avec délicatesse devant moi sur le tapis.

Je restais sans voix sur ce qu'il y avait devant moi. Mon cerveau ne parvenant pas à réaliser. Mes yeux ne pouvant que rester écarquillés alors que je les laisse fixer sur ce qui se trouve répandu sur le tapis devant moi. Elles chantent. Je peux l'entendre. Je peux le sentir. Je peux le percevoir. Je peux le ressentir jusqu'à l'intérieur de mes os, jusqu'à la pointe de mes cheveux, jusque dans chaque particule de mon sang, de mon être.

C'est un Chant qui chante en écho avec mon sang, avec ma chair, mes os... C'est un Chant qui chante avec ce qu'ils portent. Avec la Moitié de ma Lignée. Devant moi, 42 petits galets ronds un tout petit plus gros que mon pouce, fait d'onyx. Quarante-deux gravés chacun d'une rune qui pulse brillante d'argent à cet instant et un immaculé et pourtant.

Un Jeu de Runes. C'est un Jeu de Runes. Composé apparemment des quatre Alphabets Runiques les plus couramment utilisés en Grande-Bretagne. Des Runes tout d'abord, que l'on nommait communément des Runes Nordiques et qui si je me souvenais bien appartenait à l'alphabet le plus ancien de ce type de rune datant du cinquième siècle avant J.C. et étant appelé le Futhark. Il comptait 25 runes. Fehu, Uruz, Thurisaz, Ansuz, Rhaido, Kenaz, Gebo, Wunjo, Hagalaz, Naudhiz, Isa, Jera, Eihwaz, Perdhro, Algoz, Sowelo, Tiwaz, Bernaka, Ehwaz, Mannaz, Laguz, Inguz, Dagaz, et Othila. La dernière était appellé Wyrd. C'était la Pierre du Destin. Elle était utilisé essentiellement en divination.

Le Second Alphabet, le Furthark Northumbrien, composé de quatre runes: Cweorth, Calc, Stan et Gar. Il venait compléter le Furthark. Venait ensuite le Troisième Alphabet le Furthork Frison et Anglo-Sawon composé de cinq runes: Ac, Os, Yr, Ior et Ear. Et enfin le Dernier Alphabet, beaucoup plus récent l'Aphabet des Runes Médiévales de Guérison et de Magie composé de huits runes: Wolfsangel, Erda, Ul, Ziu, Sol, Wendhorn, Fyruedal et Wan.

Les Jeux de Runes étaient précieux. Très précieux. N'importe quel sorcier pouvait créer un Jeu de Runes. Bon sang. Même les Moldus le pouvaient. Mais il y avait Jeu de Runes et Jeu de Runes. Et il y avait particulièrement les Jeux de Runes qui se transmettaient de génération en génération. Et je pouvais dire que ce Jeu de Rune était de ceux-là. De même que les Jeux comportant les Quatre Alphabets étaient peu courants. Voir très rares.

Ce que m'offrait Perceval était quasiment inestimable. Je pouvais le sentir à la façon dont les Pierres et les Runes chantaient. Ce Jeu était ancien. Très ancien. Imprégné de pouvoir, d'expérience, de magie... De Lumière... Mais surtout et essentiellement de Ténèbres.

Perceval m'offrait un Jeu de Runes qui non seulement était ancien mais qui était aussi à dominance Ténébreuse. Dire que c'était quasiment inestimable, très précieux et très surprenant était un sacré euphémisme. Je lâchais:

-"Perceval, c'est... je... je ne peux pas accepter... C'est trop précieux... Ca appartient à ta Famille, tu devrais le garder ou un de tes frères ou ta soeur..."

Perceval m'interrompit en posant sa main sur la mienne et en me souriant avec douceur:

-"Nous ne sommes que trois à avoir démontré une réelle affinité avec les Runes dans notre Famille, et nous avons déjà chacun notre Propre Jeu de Runes. Il a appartenu à Cedrella Weasley notre grand-mère paternelle qui fut une Black et avant cela, durant des siècles il a été transmis dans cette Famille.

Cette Famille de qui tu descend par moitié. Et dont Magia t'a doté de ses traits. Je peux sentir ta Magie chanter avec la Magie des Runes comme jamais elle n'a chanté avec un Membre de notre Famille. La Magie des Blacks. Acceptes ce présent Adal. Tu en es digne. Je sais que tu as une affinité avec les Runes, et qu'elle est forte, très forte."

Je restais sans voix ne sachant que dire. Le Chant des Runes n'arrangeait rien, m'appelant comme les sirènes des légendes grecques, m'enivrant presque. Mais je résistais encore tout de même. Hadrian posa sa main sur mon épaule et me chuchota à l'oreille:

-"Tu n'es pas ta Tante, Adal. Souviens t'en."

La conversation d'hier me revint en mémoire. Ce n'était pas parce que j'étais douée en sortilèges et que j'avais une affinité avec les Runes, comme ma Tante, que j'étais elle. Alors je fléchis. Je fermais brièvement les yeux. Les rouvrant, je me mis sur mes genoux et m'avançant un peu, me penchais et serrais Perceval dans mes bras doucement et délicatement. Je chuchotais à son oreille:

-"Merci pour ce présent Perceval. Je l'adore. Même si j'estime que je n'en suis sans doute pas digne. Merci. Pour tout."

Il me serra en retour avec précaution mais tendresse et me répondit avec douceur:

-"Tu en es plus digne que quiconque Adal. Joyeux Noël."

J'eus un petit rire étranglé et ne me reculais qu'après plusieurs secondes de câlins, inspirant profondément l'Odeur de Perceval, un mélange de vieux livres, de feuilles de réglisse et d'eau de source. Me reculant, je saisis le cadeau que je lui avais préparé et lui tendis avec un sourire timide:

-"Mon cadeau est bien moins précieux et incroyable, mais j'ai pensé que c'était assez adapté par rapport à tes projets d'avenir."

Il me sourit en rajustant ses lunettes sur son nez et en prenant le paquet:

-"Ne t'en fais pas."

Je rassemblais les Pierres de Runes tout en ne pouvant m'empêcher de les caresser au passage tout en les remettant dans leur sachet, tandis que Perceval ouvrait son paquet, dévoilant un nécessaire d'écriture et de courrier contenu dans un coffret en bois de noyer sculpté de motifs floraux avec le Blason des Weasleys et les initials complets de Perceval. Tout sorcier qui souhaitait faire de la politique se devait d'en avoir un et c'est ce que comptait faire Perceval. Je le regardais caresser une des plumes du coffret, et fronçais les sourcils en comprenant pourquoi elle lui était aussi familière. Je souris:

-"Hedwidge a perdu quelques plumes ces derniers mois, et elle et Hadrian ont bien voulu que j'en récupère pour en faire une plume d'écriture. Les plumes d'Harfang des Neiges magiques sont réputées pour leur finesse d'écriture et l'inspiration qu'elles donnent à leur possesseur dans leurs travaux d'écriture. Je me suis dit tout comme pour le reste, que cela te conviendrait parfaitement bien, toi qui veut travailler au Ministère et faire de la politique dans le domaine judiciaire."

Perceval me sourit avec de l'émotion:

-"C'est un très beau cadeau. Merci Adal."

Il parut hésiter un instant, puis il m'attira doucement à lui et me serra dans ses bras. Je lui retournais sans crainte son étreinte en fermant les yeux et en souriant. Je n'avais plus aucune hésitation désormais à serrer Perceval ou les Jumeaux dans mes bras. Oh, s'ils essayaient de me serrer ou de me toucher par derrière, j'aurais une crispation. Mais je ne ferais pas une crise de panique ou une violente réaction. Ma Magie s'était habituée à la leur à présent et leur contact m'était... Agréable? Rassurant? Sécuritaire?

Moins que pour Neville, Hermione et Hadrian certes, mais tout de même. Ils étaient entrés dans le Cercle des personnes à qui j'attribuais une certaine confiance. Pas absolue. Mais même avec mes meilleurs amis, cette confiance même si grande, très grande, n'était pas encore absolue. Je leur avais parlé de beaucoup de choses. Mais pas tout. Pas de ma baguette, ni des paroles d'Ollivander. Ni de LA-BAS. Pas plus que de tous mes projets. Pas encore. Même si quelque chose me disait qu'un jour cela viendrait.

Continuant à ouvrir nos cadeaux après avoir brisé l'étreinte, je découvrais une paire de gants de Quidditch renforcée de cuir et un livre sur le Quidditch de la part d'Olivier, ce qui me fit sourire en secouant la tête avec amusement et tendresse et sourire d'autant plus en imaginant sa tête quand il découvrirait le mien, un nécessaire de feuilles, de crayons et de feuilles pour plans vierges pour ces plans et stratégies de Quidditch avec des étuis pour les ranger avec possibilité de runes de protections dessus.

Je rougis en ouvrant le cadeau des Trois terribles Poursuiveuses qu'étaient Kate, Alicia et Angelina, un Manuel sur les relations amoureuses et la séduction que je m'empressais de dissimuler sous les ricanements des jumeaux. L'autre livre qu'elles y avaient, par contre me fit sourire d'émotion, un manuel de Médicomagie. Elles s'étaient souvenus d'une de nos discussions. Avec ça, je ne serais pas prise au dépourvue dans la plupart des situations.

Hadrian leva les yeux au ciel avec une légère rougeur aux pommettes quand j'énonçais l'air de rien, qu'ainsi la prochaine fois qu'un certain attrapeur se blesserait que ce soit sur le terrain ou non, je saurais quoi faire. Je ris tout en espérant que mes cadeaux auraient plus aux trois filles ( un livre sur le droit magique et moldu en comparés pour Kate qui se voyait devenir avocate plus tard, un nécessaire de maquillages pour Angelina qui se lamentait que la plupart des garçons semblait oublié qu'elle était une fille parce qu'elle était poursuiveuse avec un manuel sur les différents maquillages selon les différentes occasions de l'entretien d'embauche à la grande réception, et une paire d'aiguilles à cheveux pour Kate en acier mêlée d'argent très élégante qui pouvaient aussi servir d'armes comme le disait le mot, idéal pour quelqu'un qui se destinait plus tard à être enquêtrice.).

Je fus émue en voyant le cadeau de Monsieur Rusard, un carnet avec des protections à partir de runes et de sortilèges, qui serait idéal pour noter certaines de mes réflexions, de mes expériences, de mes recherches et certains de mes projets, notamment sur les sortilèges et les runes mais également ceux plus "politiques".

Me concentrant je perçus la signature magique du Professeur Flitwick mais également du Professeur Rogue. Autant le premier ne me surprit pas tant que cela et me fit sourire, autant pour le dernier, je restais plusieurs secondes les yeux dans le vide. Le Professeur Rogue avait aidé à ensorceler un carnet pour le protéger assurément en sachant que c'était un cadeau pour moi, et cela à la demande de Monsieur Rusard. Cela rajoutait à la complexité de ce personnage déjà bien complexe et qui se révélait l'être de plus en plus à chaque petit détail que je découvrais sur lui.

Je me piquais le doigt avec une aiguille pour activer le carnet, en faisant la sourde oreille aux marmonnements d'Hadrian pendant qu'il enfilait le pull émeraude que lui avait envoyé Mme Weasley, qui trouvait que les sorciers avaient vraiment un problème avec le sang. J'espérais que mon propre cadeau plairait à M. Rusard, et y pensais avec appréhension. Il s'agissait de papiers et d'une mise en contact avec une école pour correspondance pour cracmols et personnes avec faibles magies.

Cela ne lui permettrait pas d'être comme un sorcier lambda mais il y avait des solutions à côté pour lui offrir quelques petites choses avec l'aide d'outils par exemple. C'était peu mais il méritait qu'on le lui accorde. Quant à Mistaigne, je lui donnerais son cadeau ce matin, un collier ensorcelé pour repousser quelques sorts mineures et les coups. Les élèves n'étaient pas toujours tendres avec elle.

J'eus une pensée pour le Professeur Rogue et ce que je lui avais envoyé, avant de m'intéresser et de rire aux pitreries de Georges et Fred qui essayaient de mettre son propre pull tricoté Made in Weasley à Perceval qui résistait du mieux qu'il pouvait.

J'ouvrais le cadeau de Susan avec curiosité, une petite boite carré de couleur jaune foncée et restais figée devant le contenu, ne pouvant que lâcher un petit "Oh" de surprise et d'admiration. Une petite citrine en forme de goutte avec une petite attache en haut en or, se trouvait là. Elle était magnifique. Je pouvais la sentir rayonner avec douceur et subtilité. Hadrian fronça les sourcils, curieux:

-"Un pendentif en pierre?"

Je répondais sans pour autant me détourner de la pierre:

-"Pas n'importe quelle pierre Hadrian. Une citrine. La Citrine est une pierre puissante qui apporte une énergie positive et tonifiante. C'est une pierre qui rayonne la joie et la bonne humeur, elle réchauffe l'esprit, éloigne la fatigue et aide à la concentration, mais fortifie également la mémoire. Elle aide à renforcer la personnalité et à combattre la vulnérabilité. C'est une pierre protectrice. Elle n'est pas aussi guerrière que l'Oeil de Tigre ou l'Hématite polie, mais n'en reste pas moins une pierre très puissante et protectrice, mais plus défensive qu'agressive.

On n'offre pas une citrine à la légère. Pas plus qu'un bijoux, ou une pierre. Elles ont chacune une signification, des propriétés, une conscience, une influence. Il y a un langage des pierres tout comme il y a un langage des fleurs.

Offrir un bijoux, n'est pas anodin. On n'en offre à sa famille, à ses proches, à ses amis, à ses plus proches alliés ou à la personne que l'on courtise. Parfois on en offre à ses ennemis dans un but particulier comme un avertissement ou une menace.

Offrir une citrine, d'autant plus en pendentif, c'est... c'est... C'est un message d'estime et d'amitié. La personne qui te l'offre te veut du bien, elle veut que tu sois protégé et te souhaite le bonheur dans ta vie. C'est... précieux. Inattendu. Je ne pensais pas que Susan m'estimait autant... D'autant plus que la citrine est connu comme la pierre préférée d'Helga Poufsouffle de son vivant et ainsi la pierre de la Maison Poufsouffle. Cela prend une dimension supplémentaire provenant d'un Membre de cette Maison. Celle d'une amitié offerte, forte, et plus que tout sous le signe de la Loyauté."

Dire que j'étais émue et perdue était un euphémisme. Mon propre cadeau à Susan paraissait bien pâle à côté de cela, une paire de boucles d'oreilles, des petites créoles en or avec des minuscules éclats d'onyx ( Elle ancre les personnes inconstantes dans un mode de vie plus stable et aide à la maîtrise de soi, le self contrôle. Confère de la force, et soutient dans les situations difficiles et pendant le période d'immense stress mental ou physique. Il nous permet de trouver une solution lors d'un bouleversement dans notre vie, qu'il soit positif ou négatif. Elle permet également de se rendre maître de son avenir). Je l'avais choisi pour ses couleurs, rappelant celles de Poufsouffle plus que pour ses propriétés même si je les avais trouvé judicieuse sachant le travail de sa tante (directrice du Ministère de la Justice Magique) qui la stressait beaucoup lorsqu'elle était dans une affaire difficile et qu'ainsi elle recevait des menaces.

Hadrian resta un moment silencieux puis énonça en me montrant une petite boite:

-"Et si elle m'a envoyé un pendentif comme celui-là?"

Je regardais dans la petite boite et laissais échapper:

-"Oh! Une oeil de tigre! C'est une des plus grandes pierres de protection et elle est aussi considérée comme l'emblème de l'affirmation de sa foi dans les valeurs que l'on défend. Selon les

traditions, elle protège des serpents, des vampires et des maléfices. L'oeil de Tigre a un effet miroir, il réfléchit les énergies négatives vers son émetteur. C'est une pierre remplie de chaleur et de sécurité. Elle aiguise nos pensées qui ont trait à la matière. Elle apporte de l'énergie, du dynamisme et le sens de l'amitié. Elle procure aussi la liberté de penser et la confiance en soi. C'est un véritable bouclier contre les ondes négatives. Elle a la même fonction de protection que la citrine mais elle est plus offensive que celle-ci qui est plus défensive. C'est un très beau cadeau qu'elle te fait, et un très grand signe d'estime et d'amitié."

Cette pierre était absolument splendide, chaude et rayonnante de forme ronde sertie dans un médaillon plat de forme ronde en bronze. Hadrian chuchota:

-"Je ne pensais pas que Susan me considérait comme un tel ami... "

Moi non plus. Mais c'était une Poufsouffle après tout et une Bones. Les deux Maisons étaient réputées pour la Loyauté de leurs membres. Quand un Bones donnait sa parole, c'était jusqu'à la mort de même pour respecter un serment. Et que ce soit en temps de paix ou au coeur du plus terrible danger ils répondaient toujours à l'appel. Susan venait aujourd'hui de montrer à quel point elle faisait honneur à la fois à sa Maison de Sang et à sa Maison d'école.

Je m'empressais de décrocher ma chaine où était accroché mon médaillon en forme de dragon et glissais à côté de celui-ci, la citrine, avant de remettre le tout. Je sentis la citrine chantonnait contre moi et je sentis comme une douce chaleur m'envahir. C'était un cadeau précieux très précieux. Je me devrais de remercier Susan comme il se doit. Hadrian avait également passé son médaillon sur une chaine de bronze à son cou.

Après avoir admiré encore une fois ma citrine, je passais au cadeau suivant de ma pile et découvrais deux boites enveloppées dans un seul papier de soie vert émeraude avec une lettre accrochée dessus. Je reconnus aussitôt l'écriture comme celle de Tante Walburga. Cela me surprit étrangement. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle et Oncle Orion me fassent un cadeau.

Ouvrant la lettre, je lus qu'ils me souhaitaient un Joyeux Noël et surtout une Joyeuse célébration de Yule, en regrettant que je ne sois pas là cette année. Je souris malgré moi. Même en sachant qu'ils se comportaient ainsi envers moi en grande partie pour me manipuler, je savais qu'ils me portaient également une vraie attention et cela me faisait plaisir. J'espérais que mes cadeaux leur plairaient, une belle et chaude écharpe noire et bleue brodée de runes protectrices pour Tante Walburga, et un coffret d'assemblements de thé pour Oncle Orion qui était un fervent passioné.

J'ouvrais délicatement le cadeau, découvrant un livre en cuir sur les Rituels magiques provenant sans le moindre doute de la Bibliothèque des Blacks et ainsi d'une valeur immense, ce que confirma le nom de l'auteur qui me fit m'étouffer comme à Samhain, Alexandre Black, ainsi qu'une boite longue et rectangulaire recouverte de velours vert sombre.

Délaissant le livre sur les Rituels Magiques et le laissant à un Hadrian qui semblait très intéressé par le sujet, je pris la boite rectangulaire et l'ouvris aussi curieuse qu'une pie. Je restais pétrifiée cette fois. Pire que les autres fois. Je sentis une grosse boule d'émotion se former dans ma gorge, alors que je contenais le contenu de la boite. Perceval me demanda avec une légère inquiétude dans la voix:

-"Adal?"

Je ne parvins pas à répondre. Fred regarda l'intérieur de la boite en fronçant les sourcils:

-"C'est un Ruban de Joueur de Quidditch? Il est aux couleurs de Serpentard, c'est bizarre. "

Hadrian fut là ses bras m'entourant, me soutenant alors qu'il posait son menton sur mon épaule, me soutenant, alors que je continuais à regarder le ruban de couleur vert filé de fins fils d'argent avec à chaque bout, un serpent en argent, et demanda:

-"C'est le Ruban de ton Parrain n'est-ce pas?"

J'hochais la tête sans un mot, craignant de mettre un pleurer si je parlais. George énonça doucement:

-"Il était Attrapeur à Serpentard non?"

Je parlais d'une voix rauque cette fois:

-"Depuis sa seconde année. Le plus jeune attrapeur depuis plus d'un siècle. Enfin jusqu'à l'arrivée d'Hadrian. "

Hadrian me demanda doucement:

-"Tu veux que je te le mettes?"

Mettre le Ruban d'Attrapeur de mon Parrain? C'était tentant. Très tentant. Je secouais la tête:

-"Je le mettrais quand j'en serais digne. Je ne suis pas Joueuse de Quidditch. Quand je le serais je le mettrais."

George soupira:

-"Pas la bonne couleur. Mais bon j'imagine qu'on fera un effort..."

Je ris devant sa pitrerie et cela alla mieux après cela. J'enroulais le ruban d'attrapeur autour de mon poignet gauche avec soin et l'y attachais précautionneusement avec l'aide d'Hadrian. Je m'intéressais pour détourner l'attention au cadeau d'Hadrian, de la part de Tante Walburga et d'Oncle Orion, qui se révéla être un Livre sur la Noblesse de Grande-Bretagne et un autre sur les sorts de défense... avec certains assez limites voir "noirs". Ils ne perdaient pas le Nord tout de même.

Il découvrit, une photo à l'intérieur des deux livres qui se trouva être un portrait de famille avec Tante Walburga, Oncle Orion, et Sirius et Regulus chacun ayant respectivement neuf et sept ans. Je trouvais la même dans le livre des Rituels Magiques. Nous la contemplâmes longuement côte à côte, ma tête posée sur son épaule et la sienne appuyée sur la mienne.

Après avoir découvert des chocogrenouilles et autres friandises offertes par Ron, Dean, Seamus et Lavande et un livre de recettes de cuisines moldues sucrées qui me fit grand plaisir de la part de Lee, je m'attaquais aux cadeaux que je devinais être de mes trois meilleurs amis.

J'ouvrais en premier un grand paquet couleur rouge qui arborait l'écriture d'Hermione, et trouvais trois livres. Perceval frappa Georges derrière la tête quand celui-ci ricana:

-"Comme c'est étonnant."

Je feuilletais pour ma part, ravie ces livres qui portaient sur le monde moldu. Un abordait les questions scientifiques, un autre l'histoire générale de l'Angleterre et du Monde et le dernier le quotidien et ses objets. Elle m'en avait déjà beaucoup parlé, mais j'étais vraiment heureuse qu'elle m'ait fait un tel cadeau qui sera plus complet. J'eus une pensée pour le cadeau que je lui avais fait des peignes de cheveux en forme de Tournesol ainsi que des mouchoirs en tissus brodés à ses initials.

Des cadeaux qui l'aideraient à s'intégrer au monde sorcier plus particulièrement le monde dans lequel elle entrerait forcément en tant que notre amie à Hadrian, Neville et moi, celui de la politique et de l'aristocratie. Qui plus est, il était tant qu'elle ait ses premiers peignes à cheveux comme toute jeune fille bien née de notre âge. Je pensais ne pas m'être trompé en lui faisant un tel cadeau.

Hadrian pour sa part, avait reçu d'Hermione, deux grands blocs de dessins avec une boite neuve de crayons d'aquarelles avec pinceaux ce qui lui fit faire un grand sourire plus brillant qu'un soleil. Peu le savait mais Hadrian adorait dessiner. Et il était d'ailleurs très doué même s'il était assez timide quand il s'agissait de montrer ses créations.

Je passais ensuite à un cadeau enveloppée dans un papier rouge et or qui se trouva être celui de Neville. A l'intérieur se trouvait un petit coffret de bois sombre sculptée de Fleur de Feux au fermoir en forme de tête de lion. L'ouvrant, je restais sans voix, émerveillée, devant les deux peignes de cheveux en forme de Fleur de Feux qui se trouvaient là. Le travail était exquis tout simplement et on aurait dit que c'était des vraies fleurs. Hadrian insista pour que je me détaches les cheveux et que je les mettes ce que je fis, avant de me regarder les pommettes rouges. Je me promis de les porter aussi souvent que possible.

Il ne me resterait plus qu'à espérer que Neville apprécierait le sien, un Herbier fait main que je tenais depuis des années et que j'enrichissais dés que je le pouvais, qui se trouvait être une copie du mien. J'avais fait cela parce qu'on ne savait jamais ce qui se passerait si un accident venait à arriver et que je tenais à en avoir deux. Je me séparais de ma copie sans le moindre regret pour en faire cadeaux à Neville. Un cadeau bien choisi pour un fervent botaniste tel que lui, d'autant plus que cela pouvait servir de réserves d'ingrédients en cas d'urgence.

Hadrian lui avait reçu de la part de notre amis, un coffret de peinture en bois sculpté très beau et avec une grande variété de couleurs et de pinceaux, ainsi qu'un livre sur les différentes Maisons et Blasons de Grande-Bretagne mais aussi du Monde Sorcier dans son ensemble. Le regard de vénération qu'il porta sur le coffret, en caressant les tubes de peintures et les pinceaux, nous évoqua aux Jumeaux, Perceval et moi, un amoureux transis ou à un prêtre face à son Dieu apparaissant devant lui et nous pouffâmes discrètement.

Puis j'arrivais au dernier cadeau de ma pile. Vu l'anxiété affichée d'Hadrian qui me regardait en se mordillant la lévre, cela devait être le sien. Enveloppée dans du papier émeraude de manière impeccable, il était de forme rectangulaire de petite taille. Intriguée je le déballais et tombais sur une boite en bois simple avec simplement mes initals gravés sur le couvercle sans attaches avec le Blason de Pouldard et celui de la Maison Black.

De plus en plus intriguée, je l'ouvrais.

-"Oh."

Ce fut tout ce que je pus dire une fois encore. Emerveillée et fascinée, je sortais le contenu de la boite et l'étalais avec délicatesse et douceur sur le tapis devant moi en me redressant. Un Jeu de Tarot. Il s'agissait d'un Jeu de Tarot. Un Jeu de 78 cartes avec Arcanes Majeures et Arcanes Mineures. Il était fait main. Plus. Il était de la main d'Hadrian. Je reconnaissais son toucher particulier et son dessin extraordinaire alors que je passais de cartes en cartes.

Et chaque Arcane avait un visage connu, du moins pour les majeures. Neville, la Lune. Hermione, le Soleil. Perceval, le Jugement. Fred, le Diable. George, le Chariot. Et tant encore. Les Arcanes mineures aussi avaient des visages connus. Je retrouvais Draco, sur la carte de . Le Professeur Rogue sur celle de .

Et ce Jeu vibrait littéralement de Magie. Je ne pensais pas qu'Hadrian s'en soit vraiment aperçu mais il n'avait seulement peint ces cartes de Tarots. Il avait influé de la Magie, en faisant cela, et ainsi des émotions et des sentiments. C'était le même procédé dont les peintres sorciers usaient en faisant des portraits. Les images des Cartes, ne bougeaient peut-être pas pour le moment, mais j'étais persuadée que d'ici quelques années, mois d'utilisation, ils le feraient.

Ce qu'avait fait Hadrian... C'était de la Magie. De la Belle Magie. De la Grande Magie. De la Haute Magie. De la Magie d'un niveau oh combien élevé. Une Magie qui n'était pas à la portée de n'importe qui. Une Magie à laquelle un sorcier de notre âge n'avait normalement pas accès. Et je sus. Que j'avais sous-estimé la Magie d'Hadrian. Que je l'avais grandement sous-estimé lui-même. Et Fred, Georges, et Perceval l'avaient compris également.

Hadrian attend anxieux ma réaction toujours. Et je réalise que je ne peux pas lui dire. Pas maintenant. Je ne peux pas briser ce moment. Notre premier Noël à lui et à moi. Ce moment de bonheur et de rire. Alors je chasse cela dans un coin dans mon esprit. Et souriant des larmes d'émotions aux yeux, je me jette dans les bras de mon meilleur ami, l'enserrant des miens et le renversant sur le sol où je l'écrase. Je chuchote à son oreille:

-"Merci. Merci. Merci. C'est le plus beau cadeau qu'on m'ait jamais fait. Merci infiniment Hadrian."

Il me serra dans les siens et me murmura en retour:

-"Je suis heureux qu'il te plaise. J'ai pensé que tu aimerais avoir toujours les visages des tiens auprès de toi et c'est plus transportable que tout un album photo. Qui plus est, tu m'avais parlé il y a quelques mois des différents Jeux de Tarot et je sais que tu avais envie de t'engager dans cette voie."

Je le serrais plus fort et dis d'une voix étranglée:

-"Tu es incroyable d'attention Hadrian Potter. Et un idiot sentimental. "

Il rit doucement contre mon oreille:

-"Mais ton idiot de meilleur ami à toi Adal Malfoy..."

Nous restâmes ainsi de longues secondes, jusqu'à ce que la voix de Fred goguenarde ne se fasse entendre:

-"On vous dérange pas trop j'espère les tourtereaux?"

Ce fut à ce moment là que je remarquais nos positions respectives à Hadrian et moi, soit moi allongée sur lui sur le sol de la Salle Commune de Gryffondor, nous serrant tous les deux dans les bras l'un de l'autre, en pyjamas, avec Georges, Perceval et Fred juste à côté. Je me sentis rougir entièrement du visage, m'embrasant sans savoir pourquoi et relâchant mon étreinte, roulais sur le côté et me redressais aussitôt assise sur mes genoux, tandis qu'Hadrian en faisait de même en tailleurs.

Nous étions aussi rouges et brulants qu'une barre de fer laissée dans le feu et nous n'osions nous regarder l'un l'autre. Ce qui était parfaitement ridicule. Nous étions meilleurs amis tous les deux, il n'y avait rien de mal à cela en privé. En public c'était autre chose, les convenances l'interdisaient et on se devait de les respecter jusqu'à un certain point.

Je balançais pour détourner l'attention, un oreiller en pleine figure à Fred. Cela marqua le départ d'une formidable bataille de cousins. Perceval voulut bien protester mais l'oreiller de Georges l'atteint en pleine figure, et quand il retomba on vit une lueur oh combien dangereuse et terrifiante dans le regard de Perceval qui entreprit alors de faire payer à grands coups de coussins l'outrecuidance de son petit frère.

Nous finîmes tous haletants et en nages, allongés sur le dos entre les emballages de cadeaux, les cadeaux, et les cousins au pied du sapin. Après quelques minutes de récupération, nous reprîmes l'ouverture des cadeaux. N'ayant plus rien à ouvrir, je me retrouvais à regarder le plus impassible possible en apparence, Hadrian prendre le paquet enveloppé de papier de soie bleu nuit qui se trouvait être mon cadeau pour lui. Je me mordais presque la lèvre ce qui m'était à mal mon surnom de "Reine des Glaces" impassible et que rien n'atteint.

Enfin Hadrian désenveloppa soigneusement le paquet, sans le déchirer comme il l'avait fait avec tous les cadeaux, ce qui m'avait fait sourire et le comparer involontairement avec Draco qui à chaque fêtes, déchirait de bon coeur l'emballage de ses cadeaux. Il dévoila enfin le contenu du paquet.

Un livre de taille moyenne reliée en cuir marron-rouge sombre, avec le blason des Potter en son centre et celui de Poudlard ainsi que les initials d'Hadrian. Il ouvrit intrigué la première page. J'observais attentive et fascinée son visage alors qu'il réalisait ce que c'était. Ses yeux s'écarquillèrent en grand et sa bouche béa très légèrement.

Cela m'avait pris deux mois entiers, à travailler d'arrache-pied des heures durant le jour comme de nuit pour le réaliser. Deux mois à fouiller dans les archives de l'école, les journaux, et les albums de promos, à envoyer des dizaines de lettres à des dizaines de personnes différentes, à aller demander aux professeurs présents à l'époque, à soudoyer les personnes qui en avaient prises depuis le début de l'année. Jusqu'à parvenir à cela. Un album photo.

Dedans il y avait des photos des parents d'Hadrian, Lily et James Potter durant leur scolarité et les quelques années après cela, des photos de ses Grands-Parents sorciers Doréa et Charlus, des amis de ses parents, d'autres membres de sa Famille plus éloignés dans le temps mais également des photos de lui, de sa naissance à un an et demi, et depuis le début de l'année scolaire.

J'avais demandé à des personnes comme Hagrid, le Professeur MacGonagall, le Professeur Flitwick et Tante Walburga, pour obtenir certaines photos, j'avais contacté d'autres personnes encore vivantes qui les avaient connus de leur vivant dont un certain ancien Professeur de potions Horace Slughorn, un de leurs vieux amis Remus Lupin, et le rédacteur du Chicaneur Xenophilius Lovegood dont la femme avait été parmis les proches amies de Lily Evans si j'en croyais les albums de promos.

J'avais demandé à Fred, Georges, et Lee de prendre des photos discrètement d'Hadrian durant ces deux mois, et pour l'album j'avais passé une commande spéciale auprès d'une boutique réputée mais discrète tout de même. Cet album n'avait théoriquement pas de limites. Hadrian pourrait mettre autant de photos qu'il le voudrait dedans, sans que le poids ou la taille de l'ouvrage ne change. C'était de la magie.

Je regardais Hadrian feuilleter l'album avec un air tout bonnement fasciné et heureux, et je sentis une grande et douce chaleur se répandre en moi alors que je me détendais. J'avais eu raison de lui faire un tel cadeau. Je savais qu'il n'avait jamais eu de photos de ses parents, qu'il n'en avait jamais vu. La première fois qu'il avait vu leur visage avait été Samhain. Mais ce n'était pas pareil. En lui offrant cet album, je lui offrais un fragment de son passé.

Je le vis s'arrêter sur une page en particulier, et touchais du bout des doigts l'une des photos qui s'y trouvaient. On nous y voyait avec Neville, Hermione, Hadrian et moi, travailler à la bibliothèque, en souriant et riant sur la photo. Je me souvenais de quand elle avait été prise. C'était fin novembre quand nous devions travailler l'Histoire de la Magie et que Neville et moi ne pouvions que rire des noms totalement ridicules et faux dont Binns arborait les Gobelins.

Un moment précieux. C'était l'une des seules photos où on me voyait vraiment rire et non pas seulement sourire. J'avais marqué en dessous de la photo en indication "Hadrian, Hermione, Neville et Adal, 25 novembre 1991, Bibliothèque de Poudlard, Séance de travail d'Histoire de la Magie sur les Gobelins"

Hadrian posa soudain l'album, me sortant de ma contemplation et de ma remémoration. Je n'eus pas le temps de bouger. Des bras m'engloutirent en une forte étreinte, alors qu'Hadrian me serrait contre lui et me chuchotais à l'oreille d'une voix étranglée:

-"Merci Adal. Merci infiniment. C'est le plus merveilleux des cadeaux. Merci, ma meilleure amie si formidable et unique. "

La chaleur explosa en moi et je vacillais comme ivre. Ivre des émotions que ses mots et son étreinte déclenchaient en moi. Je le serrais plus fort contre moi en enfouissant mon visage dans son épaule, enveloppée dans sa chaleur et son Odeur de Foudre, de Tarte à la Mélasse et de Lys et chuchotais d'une voix aussi étranglée que la sienne:

-"Toujours, pour toi Hadrian. Toujours pour toi."

Comme ces mots devaient se révéler vrais au cours des années qui allaient suivre. Comme ils seraient accompagnés de sang, de souffrance et de larmes mais aussi de bonheur, d'union et de sourires. Mais ça alors, en ce soir de Noël alors que nous nous serrions tous deux dans les bras, nous l'ignorions encore...

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Je souris dans ma tasse de lait de poule tout en croquant un biscuit, alors que Fred et George s'amusaient à s'échanger leurs pulls offerts par leur Mère à Noël tandis que Perceval levait les yeux au ciel et qu'Hadrian riait.

Après nous être remis de toutes ces émotions, nous avions rangé tous les emballages dans un sac pour les jeter ou les réutiliser plus tard à d'autres usages, et nous avions empilé nos cadeaux dans un coin, avant d'attaquer l'immense plateau que Perceval avait demandé aux Elfes de la Cuisine.

Hadrian avait fait grise mine à un moment en voyant que lui et les garçons avaient tous reçus un Pull Weasley mais pas moi alors que j'étais aussi amie que lui avec les Jumeaux et Perceval. Je l'avais vite rassuré et avais remis les pendules à l'heure (encore une expression exquise moldue d'Hermione). Je n'étais pas du tout triste de ne pas avoir reçu de pull de Mme Weasley ou plutôt Lady Weasley. Je ne la connaissais pas et j'avais déjà reçu des cadeaux des personnes qui comptaient.

Et cela ne m'étonnait même pas qu'elle ne m'en ait pas envoyé. J'étais une Malfoy fille de Lucius Malfoy, une Black, la nièce de Bellatrix Lestranges, la cousine de Sirius Black et j'étais apparentée à Orion et Walburga Black. De ce que j'avais comprise avec les Jumeaux et Perceval, les opinions de Molly Weasley étaient assez tranchées et inamovibles. Serpentard = mal, parent de Mangemorts = aussi mauvais, membre d'une Famille de Ténèbres = mal.

Mais venant de sa part cela ne me faisait ni chaud ni froid. De même que de ne pas avoir reçu de cadeaux de la part de mes Parents ou de mes Grands-Parents, ni même une Lettre. Je m'étais attendue à une telle chose. En fait, je m'étais attendue à ne pas avoir de cadeaux du tout à Noël ce qui m'avait valu une tape sur le nez de la part d'Hadrian quand je lui avais avoué et un "Idiote" mi-agacé mi-affectueux.

Le fait que je n'en ai pas de Draco... Pas surprenant. Pas surprenant du tout. Certes je lui avais fait un cadeau, comme pour mes Parents et mes Grands-Parents. Un livre sur les dragons, un sujet qui le passionnait depuis toujours. Mais ce n'était guère surprenant qu'il ne m'ait rien envoyé aux vues de nos relations et des derniers événements entre nous. Pas surprenant du tout. Alors pourquoi avais-je ressenti une pointe de douleur dans la poitrine quand j'avais vu que je n'avais même pas une lettre de sa part?

Je chassais ces pensées et acceptais la nouvelle tasse de lait de poule que Perceval me réservait. Georges dit soudain:

-"Eh Hadrian tu as oublié un cadeau!"

Et en effet, nous pûmes voir tous les cinq qu'il restait un paquet là où s'était trouvé le tas d'Hadrian. Celui-ci étonné fronca les sourcil en attrappant le fin paquet plat et mous:

-"Qui a bien pu me l'envoyer?"

Il lut la carte:

-"Ton Père m'a laissé ceci avant de mourir. Il est temps que tu en hérites. Fais-en bon usage. Très Joyeux Noël."

Il fronça à nouveau les sourcils:

-"Il n'y a pas de noms."

Il tendit la main pour défaire le noeud. Rapide ma main c'était refermé sur son poignet, le stoppant. Je dis à voix basse et tendue en regardant le paquet:

-"Ne le touches pas. Eloignes t'en. Du moins jusqu'à ce que l'on ait vérifié que tout va bien. Il est passé entre les mains des Elfes de Maison mais on se sait jamais. Il pourrait être piégé ou ensorcelé."

Hadrian écarquilla les yeux et s'exécuta. Fred lâcha:

-"Bah dis donc tu ne rigoles pas avec la sécurité Adal..."

Je dis tout en sortant ma baguette et en la faisant danser au dessus du paquet tout en murmurant des sorts:

-"Les colis et les lettres de Tante Walburga tu te souviens? Et puis je suis une Malfoy et une Black. J'avais appris comment ensorceler ou piéger un colis avant même de savoir écrire. Du moins la théorie. Tout comme la paranoïa."

Je terminais mes sorts et ne trouvais rien. Je demandais tout de même à Perceval de vérifier car il était plus avancé et expérimenté que moi, et il tenait des sorts de son Frère Ainé William dit Bill, Weasley qui était briseur de sorts pour le compte de Gringotts. Il ne trouva rien non plus et je m'autorisais à me détendre et à respirer profondément.

Hadrian commença à ouvrir son paquet après qu'il ait eu notre feu vert. Comme de l'eau. Ce fut ma première pensée. Aussi fluide et léger, miroitant pareillement, il s'agissait d'une cape faite d'un tissus argent très léger qui semblait quasiment intangible. Elle était brodée de symboles quasiment invisibles comme des étoiles. Et elle vibrait de pouvoir. Plus que le Jeu de Runes de Perceval. Plus que le Jeu de Tarot d'Hadrian. Plus que ma Citrine ou l'Oeil de Tigre d'Hadrian. Plus que les artefacts liés à mes Charmes que je portais. Plus que nos baguettes ou que nos Magies.

Et je sus. Avant même qu'Hadrian ne la drape sur lui. Avant même qu'il ne disparaisse sous les halètements et cris étouffés de Fred, George Perceval et Hadrian lui-même. Je le sus. Parce que je ressentis des sensations semblables et pourtant différentes de celles que j'avais éprouvé à Samhain. Parce que ce conte avait été mon préféré, et que je le connaissais par coeur. Parce que les Blacks avaient toujours eu un lien particulier avec la mort et tout ce qui s'en rapprochait et qu'ainsi j'en savais beaucoup plus que la plupart des sorciers de mon âge là-dessus.

Je sus, une poignée de secondes avant Perceval et lui-même une poignée de secondes avant les Jumeaux. Hadrian ne sut pas, pas totalement parce que je n'avais pas encore et Neville non plus, abordé la question avec lui et Hermione. Je sus et j'eus peur. Non. Je fus prise d'une terreur immense. Parce que je compris ce que cela impliquait, ce que cela signifiait.

Je lâchais le regard écarquillé, récitant:

-"Elle demanda ensuite au plus jeune des frère ce qu'il désirait. C'était le plus jeune mais aussi le plus humble et le plus sage des trois, et la Mort ne lui inspirait pas confiance. Aussi demanda-t-il quelque chose qui lui permettrait de quitter cet endroit sans qu'elle puisse le suivre. A contrecoeur, la Mort lui tendit alors sa propre Cape d'Invisibilité."

Tremblante, je levais les yeux vers Hadrian et énonçais, réfléchissant à voix haute, faisant le lien petit à petit:

-"Trois frères. Antioche, Cadmus et Ignotus Peverell. Le troisième frère Ignotus eut un fils qui eut un fils qui eut un fils qui eut une fille qui épousa un Potter. Les Potter sont les descendants d'Ignotus Peverell. Qui posséda la Cape d'Invisibilité que la Mort lui donna. "

Je fis une pause alors que je prononçais ma conclusion d'une voix blanche:

-"Hadrian, je crois que CA, ça surpasses en terme de préciosité et de dangerosité tout ce que tu aurais pu recevoir en cadeau..."

POV EXTERIEUR:

Quelque part en Grande-Bretagne, un homme tout de noir vêtu ouvrit un petit paquet assis dans un fauteuil un peu à l'écart d'une famille hautaine qui entourait un enfant aux cheveux platines déballant avec joie et plaisir ses cadeaux, dans un grand Manoir. Il découvrit un petit flacon contenant un liquide transparent aux reflets irisés. Il lut le mot intrigué:

"

Merci pour votre honnêteté.

A.M."

Cela confirma dans son esprit ce qu'il supposait pour la nature du liquide. Des larmes. Des larmes de quelqu'un avec un Héritage Veela plus ou moins réveillé, et provenant de deux Lignée de Ténèbres. Les Larmes étaient des ingrédients très précieux et recherchés par les potionnistes. C'était aussi une question de confiance que de confier ou d'offrir volontairement des Larmes à quelqu'un. Les Larmes en disaient beaucoup sur leur propriétaire, et ses pensées et sentiments au moment où il les avait libéré.

Il relut le mot: "Merci pour votre honnêteté." Regardant au dehors, où la neige tombait à gros flocons, le regard vague il murmura:

-"Jusqu'où s'arrêtent donc les différentes couches dont est fait votre personne, Mademoiselle Malfoy..."

Seul le silence lui répondit.