Bonjour mes chers lecteurs. Voici, tout nouveau, tout beau, tout long, l'avant-dernière partie du chapitre 5 !
Sur ce, enjoy la suite !
Comme s'ils étaient parfaitement synchrones, ils dirent en même temps :
"Je m'en souviens comme si c'était hier..."
Chapitre 5 (3/4)
/!\Attention, début du flash-back/!\
Il y a 10 ans, dans les environs du village, un perroquet nommé Mor'dy s'était posé dans un arbre afin de s'apitoyer sur son sort :
"Sqwack... Le Cap'taine m'a vraiment laissé tombé ! J'lui ai pourtant dit que c'était un accident ! Qu'est-ce que je dois faire maintenant ? J'ai nulle part où aller..."
L'oiseau fut attiré par des cris d'enfants et vit une bonne quinzaine de gosses rire aux éclats tandis que le plus costaud d'entre eux -sans doute leur chef- donnait un coup de poing à un enfant plus mince et plus petit.
Le gamin portait déjà plusieurs traces de coups et tremblait, signe qu'il ne tiendrait pas encore très longtemps.
"Un dernier mot avant le coup de grâce ?" dit la brute d'un sourire carnassier.
Sa victime ne fit même pas l'effort de lui répondre et le foudroya de son regard métallique et sans vie. Soudainement mal à l'aise, son agresseur voulu l'achever quand soudainement, plumes hérissées, surgit un perroquet aux yeux sombres. Il montrait les serres et semblait prêt à leur arracher les yeux. Il leur dit d'une voix rugissante :
"Je suis un perroquet enragé qui parle et qui adore manger les enfants qui martyrisent les autres enfants ! Je vais dévorer chacun d'entre vous de la plus horrible des manières et si jamais l'un de vous se réincarnait un jour, votre vie finirait au moment-même où elle commencerait !"
Les gamins pâlirent devant la férocité de ces propos et prirent la fuite sans demander leur reste quand l'oiseau leur proposa de commencer par picorer leurs yeux et leur langue.
"Hé hé hé... ricana Mor'dy après avoir reprit une expression plus calme. Quels crétins ces gosses."
Il se retourna vers le jeune garçon, qui se redressait peu à peu.
"Ça va ?" demanda-t-il.
Le garçon redressa la tête et présenta un visage fermé et résigné, presque sans vie. Pourtant, il avait de beaux yeux couleur émeraude qui semblaient habités par une flamme provoquée par les reflets du soleil.
L'oiseau lui reposa la question mais le garçon se releva aussitôt et dit d'une voix sans émotions :
"Je n'a pas besoin de ta pitié..."
Puis il couru à l'autre bout de la plage, laissant Mor'dy seul avec ses questionnements.
"D'accord... c'était bizarre. C'est quoi ce gosse ? Même pas un 'merci' ! Non mais !"
Pourtant; se dit l'animal... Ses yeux... Je croyais qu'ils n'exprimaient que de la colère alors... pourquoi y ai-je vu de la tristesse et du désespoir ? Peut-être a-t-il des problèmes avec ses proches.
Mor'dy décida de ne pas s'apitoyer davantage sur la situation et s'envola pour pouvoir observer davantage le fameux village.
Il volait depuis à peu près quelques minutes il aperçut un étrange fil de nuages sombres s'élever depuis un creux dans la colline, près des côtes.
Comme dit le problème, il n'y a pas de fumée sans feu.
L'oiseau alla voir d'où venait cette fumée et vit une dame aux cheveux roux, proche de la quarantaine sortir au plus vite une poêle fumante remplie de morceaux d'aliments brûlés.
"Oh Seigneur... dit-elle, contrariée. Mon plat est totalement carbonisé ! Encore heureux que j'ai retiré la poêle du feu."
Elle aperçu l'oiseau au plumage orangé qui la fixait, posé tranquillement sur un rocher.
"Bonjour !" dit alors l'animal.
La dame entra alors dans une panique totale, traitant le perroquet d'oiseau du Diable car il pouvait parler. Malgré le fait que Mor'dy essayait de la calmer, ses cris finirent par attirer l'attention.
Un jeune homme aux cheveux bruns et aux yeux noisette, accompagné par une jeune femme aux cheveux roux et aux yeux sombres apparurent tout à coup.
"Mrs Hudson; dit la jeune femme; vous allez bien ?
-Qu'est-ce que ce perroquet fabrique ici ? demanda l'homme.
-Euh... souria Mor'dy malgré toute la gêne occasionnée. Il semblerait qu'on soit tous partis du mauvais pied. Vous me permettez de m'expliquer un peu ?"
Le silence se fit soudainement sur nos quatre protagonistes, la seule question que les Humains se posaient se répétait en écho dans leurs esprits :
Un perroquet qui parle ?
Quelques minutes plus tard, après avoir fait plus ample connaissance et avoir siroté une délicieuse tasse de thé, le calme était revenu parmi nos protagonistes.
"Je vois... dit l'homme nommé Gregory Lestrade. Tu es simplement en voyage ?
-Exact dit l'oiseau après avoir fini de picorer son petit gâteau. Ça ne vous dérange pas si je reste quelques temps dans votre village avant de reprendre ma route ? L'air de rien, voler ça fatigue rapidement.
-Pas de problème, reste ici aussi longtemps que tu le désires. D'ailleurs, Salem ne devrait pas tarder à rentrer."
Salem ?
Comme s'il avait entendu qu'on parlait de lui, un jeune garçon au visage couvert de pansements se présenta dans le salon. Mor'dy reconnu le garçon qu'il avait rencontré un peu plus tôt.
"Ah ! C'est toi !" avait-il dit.
Le garçon ne lui adressa qu'un regard vide avant de repartir vers l'intérieur de la maison, malgré les appels du perroquet pour le retenir.
"Peut-être qu'il me déteste... se dit-il.
-Vous vous êtes déjà rencontrés ? demanda Greg.
-Eh bien... Il y avait des gamins qui le frappaient alors j'ai voulu l'aider.
-Il s'est fait embêter ?!
-Il ne vous l'a pas dit ?
-Eh bien... Je ne peux pas vraiment lui en vouloir. Ses parents sont morts quand il avait 4 ans. Avec Molly et Mrs Hudson, on l'a recueilli... mais il n'a jamais prononcé un mot. Ça fait cinq ans maintenant, mais il refuse encore de parler.
-Cinq ans ? Il n'a rien dit depuis cinq ans ?! Moi j'arrive même pas à tenir cinq secondes !"
Le silence total pendant cinq ans... Quel genre de gamin peut vivre comme ça aussi longtemps ?
Cette nouvelle attrista grandement le perroquet, qui adorait parler. Lorsqu'une théorie pointa le bout de son nez dans l'esprit de l'oiseau.
"J'ai peut-être une idée; dit-il en souriant. Je vais essayer de l'aider à reparler durant mon séjour ici.
-C'est impossible ! tenta de protester Greg. Même nous nous n'avons pas réussit à le faire parler en cinq ans !
-Peut-être qu'un Humain ne peut pas le faire, mais en tant qu'oiseau, j'ai toutes mes chances, non ?"
Il était dur de prendre cet argument au sérieux, mais l'oiseau semblait tellement sûr de lui qu'il finit par y croire et lui fit confiance pour la suite de cette affaire.
Pendant ce temps, Salem s'était enfermé dans sa chambre, recroquevillé sur son lit. Il repassait encore et encore dans sa tête tout ce que les gens lui avaient répété depuis la mort de ses parents.
Comment ça se fait que tu parles pas ?
Je n'ai jamais vu cet enfant pleurer... Est-ce que ses parents lui manquent seulement ?
Va crever !
Il savait qu'il se faisait du mal en repensant à ces mots, mais il préférait encore souffrir en silence plutôt que d'afficher son malheur et voir des regards de pitié braqués sur lui. Il ne leva même pas la tête quand Mor'dy entra dans sa chambre pas sa fenêtre ouverte, ou quand il sauta sur ses draps.
"Salut ! dit-il. Moi, c'est Mor'dy ! Ravi de faire ta connaissance. Tu t'appelles Salem, c'est ça ?"
L'interpellé leva timidement la tête pour regarder son interlocuteur...
Puis il reposa son regard sur ses genoux, toujours refusant de dire le moindre mot.
Mor'dy voulu regarder ses blessures, mais le regard de prédateur que lui fit Salem à ce moment-là acheva de le convaincre de rester tranquille.
Misère; se dit-il... ce gosse est terrifiant ! Pourtant...
Il déglutit et reprit avec le sourire :
"Ok Salem ! Etant donné que je vais rester ici encore un moment, nous deux, on va passer pas mal de temps ensemble ! Ça nous permettra de mieux nous connaître !"
Sous le coup de la surprise, Salem écarquilla les yeux. Peu convaincu par cette idée, le jeune garçon se retourna vers le mur, sans vraiment écouter l'oiseau dire qu'ils commençaient dès le lendemain.
Pendant quatre semaines, Mor'dy suivit Salem partout où il allait et ne cessait de lui raconter tout et n'importe quoi sur ce qu'il avait vécu à travers ses voyages, sept jours sur sept, 24 heures sur 24.
A la fin de la quatrième semaine, Salem craqua et hurla :
"J'en ai marre de ces conneries ! J'en ai rien à foutre de ce que tu me racontes, juste ferme-la ! Tu ne veux pas me laisser tranquille ?!"
Mor'dy garda le silence de la surprise, puis il eut un grand sourire et dit :
"Tu me parles enfin !
-Qu-Quoi ?
-Moi qui pensais que ça prendrait davantage de temps ! C'est fantastique !
-T'es... T'es... Sérieusement ? T'es sérieux, là ? T'es même pas en colère ? Je viens de te crier dessus, là.
-Eh bien, normalement je le serais, mais je suis tellement heureux de t'avoir fait parler. Ça va ?
-... J'imagine...
-Maintenant, il ne me reste plus qu'à te rendre le sourire et le rire !
-... Pff ! Ça, c'est pas près d'arriver ! Mais fait comme tu le sens."
Depuis ce jour, Mor'dy ne lâchait toujours pas Salem et discutait de plus en plus avec lui. Peu à peu, le garçon commençait à s'habituer à la présence de l'oiseau à ses côtés. Un jour qu'ils se promenaient, Mor'dy fut obligé de s'arrêter à cause de la fatigue. Même les oiseaux avaient leurs limites. Salem le laissa monter sur son épaule pour continuer leur route. 'Exceptionnellement', évidemment.
La sixième semaine de leur cohabitation, Mor'dy avait expliqué à Salem le ressentit de Molly et de Greg :
Tu devrais essayer de parler à ton oncle et à Molly. Ils sont vraiment très inquiets et ils pensent que tu les détestes.
Ces derniers avaient justement demandé à Salem de les aider avec les filets de pêche. Le jeune garçon hésita quelques secondes et dit :
"D'accord."
Les yeux écarquillés par la surprise, Greg balbutia :
"Qu'est-ce que... Qu'est-ce que tu as dit ?
-J'ai... j'ai dit d'accord.
-Tu... tu nous parles...
-Pourquoi ? C'est une mauvaise chose ?
Greg prit Salem dans ses bras et murmura d'une voix étouffée par des sanglots de soulagements :
-Je n'arrive pas à y croire... J'étais persuadé... que tu nous détestais... Et maintenant, je vois que je me trompais. Je suis tellement heureux..."
Salem ne put contenir davantage les larmes qu'il cachait depuis si longtemps et les laissa échapper en entourant les épaules de son oncle de ses petits bras, tandis que Molly les rejoignait dans leur étreinte. Il s'excusait de les avoir induits en erreur pendant cinq ans, sous l'oeil attentif du perroquet.
La nuit suivante, Salem rejoignit son camarade dans sa chambre.
"Dis voir... J'ai vu que ça s'était arrangé avec Molly, Greg et toi. Je n'aurais jamais cru que tu pouvais pleurer comme ça.
-Et alors ? dit le jeune garçon, le visage rouge de gêne. C'est mal qu'un garçon pleure ?
-Pas du tout ! Contrairement à ce qu'on raconte, pleurer est une très bonne chose. Tu ne dois jamais garder tes émotions en toi. Si tu as envie de crier, crie. Si tu as envie de pleurer, pleure. Tu te sentiras bien mieux après."
Salem n'avait que très peu de souvenirs de son père, mais il lui semblait se rappeler qu'il lui avait raconté quelque chose de similaire. Le jeune garçon invita l'oiseau à dormir dans son lit. "Uniquement pour la nuit", évidemment.
Pourtant, ils continuèrent à dormir ensemble à chaque nuit. Salem se sentait en paix en serrant le petit corps de son meilleur ami contre lui.
Il avait retrouvé son sourire.
Il était heureux.
/!\ Attention, fin du flash-back /!\
"C'est donc ça, votre histoire ? demanda Kensie après la fin de l'histoire.
-Eh ouais ! souria Salem.
-Vous deux avez l'air d'être de véritables amis. Je parie qu'il est impensable de vous voir vous faire du mal l'un l'autre.
-Eh bien, il y a eu cette fois où je...
-Où tu quoi ?
-Rien... c'est pas grave..."
Kensie sentit qu'il ne voulait pas en parler davantage et se redressa, disant qu'elle avait encore des choses à régler.
"Eh; dit Salem en la suivant. Il faut que tu saches, je crois que j'ai compris ce qu'il se tramait entre ton cousin et toi."
Cette déclaration fit se retourner la jeune Holmes, qui baissa les yeux sous la déception de s'être faite découverte aussi facilement.
"Laisser des messages au Cap'taine devient de plus en plus compliqué, n'est-ce pas ? continua-t-il. Si tu n'es pas plus prudente, le Pirate Démon finira par comprendre.
-Tu crois que je ne le sais pas ? cria-t-elle presque. Mais il ne faut surtout pas qu'il découvre ce que je fais. Pourquoi crois-tu que je délivre ces messages en secret ?! Mais une fois qu'il aura percé ce stratagème à jour, il me tuera puis il s'occupera de Sherlock ! Et je ne peux rien faire !
Salem vit alors ce que Sherlock devait cacher au plus profond de son coeur depuis toujours : l'incertitude, la peur d'échouer.
-Depuis mon enfance, j'ai toujours su quoi faire dans toutes les situations. Mais maintenant... Pour la toute première fois dans toute ma vie, je ne sais pas quoi faire."
Salem la prit par les épaules et dit sans vraiment réfléchir :
"Alors laisse-moi lui donner le message ! Et les prochains ! Donne-les-moi et je les donnerai au Cap'taine pour toi. Je le jure.
Une fois passée la surprise, Kensie ne pu totalement adhérer à ce plan :
-Est-ce que tu dis ça parce que je suis la cousine de Sherlock ? Ou pour une toute autre raison ?
Salem rougit et balbutia :
-Il... Il y a une... une autre raison à ça."
Pendant ce temps, à la boutique de vêtements, les vendeuses admiraient leur travail sur Sherlock et John.
Le grand brun avait revêtu une chemise pourpre aux manches bouffantes, dont le col lui entourait le cou jusqu'aux racines de ses boucles et dont les épaules étaient marquées à même le tissu. Il avait également enfilé un pantalon beige qu'il rentrait dans des bottines en cuir noir.
Le petit blond avait échangé son pardessus rayé contre une chemise bleu marine, une ceinture rouge et un pantalon marron. Seules ses bottes n'avaient pas été échangées.
La vendeuse monochrome et la rousse étaient absolument ravies de voir le résultat de leur travail. Lorsque leur amie asiatique arriva avec une boîte en carton dans les bras annonçant à la monochrome :
"Eh ! T'as reçu un paquet !
-Un paquet ? dit l'interpellée
-Ce sont les vêtements que vous avez commandé; dit une des vendeuses.
-Vous n'avez plus qu'à signer et régler la livraison; dit l'autre.
-Vous voulez dire... le costume de soubrette ?
-Exact."
Cette conversation attira l'attention de Sherlock, qui avait parlé de soubrette le premier à la base. Il s'approcha de la vendeuse et demanda à voir le costume, ce qu'elle accepta. Il ouvrit la boîte et regarda la robe. Une idée germa dans la tête du brun, et il demanda :
"Je peux vous l'emprunter un moment ?"
La vendeuse ne savait pas vraiment quoi répondre, mais après avoir reçu l'autorisation de l'asiatique et lui conseilla fortement de le lui rendre en un seul morceau.
A l'extérieur, John posa la question du pourquoi de ce paquet. Ce dernier lui répondit :
"Une surprise. Une surprise très spéciale..."
Il avait dit cette dernière phrase avec son habituel sourire sadique.
J'ai un mauvais pressentiment; se dit le blond.
Pendant ce temps, Amy et Al avaient fait un détour par un restaurant et se dirigeaient maintenant vers le port, où ils pensaient pouvoir trouver des boutiques sympas. Au loin ils aperçurent Salem, en conversation avec une vieille connaissance à eux.
"C'est la fille qui a essayé de tuer le Capitaine aux Ruines ! Je crois qu'elle est aussi sa cousine; dit Al, interloqué.
-Qu'est-ce qu'elle fait là ? demanda Amy, toute aussi surprise.
Ils pouvaient entendre ce que leur ami disait à son interlocutrice :
-La raison c'est que... c'est que je t'aime bien."
La phrase avait frappé Kensie, Al et Amy à l'estomac. Tous trois étaient complètement bluffés par ce qu'ils venaient d'entendre.
Amy fit quelques pas en arrière puis se mit à courir en direction opposée.
Elle ne pouvait pas regarder.
Elle ne voulait pas regarder.
"Amy !" cria Al pour la retenir.
Il se mit ensuite à lui courir après.
"Arrête de courir ! cria-t-il.
-Arrête de me courir après d'abord ! répliqua-t-elle en accélérant sa course.
-Faudrait déjà que tu t'arrêtes de courir !"
Amy trébucha au dernier moment et Al dû la tirer vers lui pour finalement lui servir de matelas. Lorsque la jeune fille s'en rendit compte, elle dit :
"Seigneur, Al ! Tu vas bien ?!
-Ne t'en fais pas pour moi. Mais toi, est-ce que ça va ?
-E-Evidemment. Je... vais bien..."
Elle tentait de se composer un sourire, mais les nombreuses larmes qui inondaient ses joues en disaient long sur la désillusion qu'elle venait de subir. Lorsqu'elle s'en rendit compte, elle plongea son visage dans ses mains et répéta sans cesse :
"Non ! Ne me regarde pas, s'il-te-plaît ! Je vais très vite retrouver le sourire ! Je vais... vraiment... sourire à nouveau... Alors je t'en prie... Ne me regarde pas !"
Elle avait dit ça en retirant ses lunettes.
Attendrit par cette vision et la situation, Al la serra davantage contre son torse en lui disant :
"Si tu ne veux pas me laisser te regarder, laisse-moi au moins te serrer dans mes bras. Jusqu'à ce que tu cesses de pleurer."
Amy attendit un moment, puis se laissa aller et pleura toutes les larmes de son coeur déçu. Al ne bougea pas, et attendit tranquillement que son amie ait fini de se calmer.
Du côté de Salem et Kensie :
"Tout ira bien; disait ce dernier. Tu n'as pas à faire ça toute seule ! Laisse-moi t'aider."
Kensie était atterrée par ce qu'elle entendait. Elle commença à penser qu'il avait peut-être raison...
"Est-ce que... dit-elle. Est-ce que tu me le promets ? Tu lui transmettras le message ?
-Je te le jure."
Après un moment de silence, Kensie sortit le papier de sa poche et le mit entre les mains de Salem.
"Voici le message pour ton Capitaine; dit-elle.
-D'accord; répondit-il.
-Je compte sur toi."
Sur ces entrefaites, Kensie l'embrassa sur la joue et partit très vite. Salem fixa un temps l'endroit où se tenait celle qui lui plaisait, puis eut un sourire victorieux :
"Ouais ! cria-t-il.
-Félicitations Salem ! dit Mor'dy en redescendant dans sa direction.
-Quoi, t'as tout vu ?
-Eh ouais ! Et je suis fier de toi !
-Bon, il ne reste plus qu'à donner ce message."
Ils repartirent en direction du village et croisèrent le chemin de leurs amis : Al était assis par terre et soutenait Amy, qui avait le visage plongé dans son cou. Alors qu'ils se posaient des questions, Al se releva, portant une Amy inconsciente telle une princesse de conte de fées. Il aperçu les deux clowns et se dirigea vers eux.
"Al, qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda Salem. Pourquoi est-ce qu'Amy est endormie dans tes bras ?
-Un truc classique; répondit l'Hispanique. Le coup du mauvais endroit au mauvais moment.
-Tu veux dire...
-Oui. Tu ne regrettes pas d'avoir fait ta déclaration à cette fille ?
-Non mais...
Salem serra les poings sous la frustration.
-Je ne voulais pas blesser Amy non plus...
Après un temps de silence, Al voulu le rassurer :
-Salem, ça va. Je ne t'en veux pas. Sérieux."
Il passa devant lui en direction du passage. Salem s'était retourné et lui dit :
"Tu dis ça, mais tu penses le contraire."
Al s'arrêta et s'expliqua :
"C'est vrai. Je devrais t'en vouloir..."
Il se retourna.
"Mais je me doutais aussi que quelque chose comme ça allait arriver. C'est une de mes raisons de ne pas t'en vouloir. L'autre raison c'est que tu es mon ami. Et je ne peux pas en vouloir à mes amis pendant trop longtemps."
Salem n'en croyait pas ses oreilles. Al parlait comme un vieux sage alors qu'il n'avait que 23 ans.
"Dans tous les cas; continua le borgne; elle est vraiment fatiguée. Attends qu'elle se réveille et qu'elle ait eu le temps d'encaisser. Tu pourras lui parler à ce moment.
-D'accord; répondit Salem avant d'esquisser un sourire. Au fait, sympa ton cache-œil. C'est Amy qui te l'a offert ?
-Ferme-la"; rougit Al en continuant sa route, suivit par un Salem et un Mor'dy ricanant.
Le soir était bien avancé lorsqu'ils rentrèrent au village, se faisant accueillir par Greg et évitant les questions trop indiscrètes. Pendant que Salem allait chercher le Capitaine pour lui donner le message de Kensie, Al déposait Amy sur son lit, la bordait et déposait ses lunettes sur sa table de nuit. Il eut le temps de l'entendre murmurer le prénom de Salem une dernière fois. Il rougit et murmura avant-tout pour lui-même :
"Tu es vraiment désespérément romantique. Tout comme moi."
Il se pencha et posa doucement ses lèvres sur celles de la jeune fille. Il lui souhaita ensuite bonne nuit et quitta la chambre. Juste au moment où Amy portait ses doigts aux lèvres et dit, le visage rouge tomate :
"C'est... C'était quoi, ça... ?"
J'imagine que je ne peux plus me retenir.
Pendant ce temps, dans la salle de bain, John se nettoyait consciencieusement. Il avait prit sa forme marine presque automatiquement dès qu'il était entré en contact avec l'eau. Il était fasciné par toutes les bulles créées ce que les Humains appelaient "savon".
Lorsqu'il eut fini, il s'installa sur une chaise et se sécha rapidement, retrouvant par la même son apparence Humaine. Il rattacha sa Pierre de Vie autour de son cou et noua la serviette sur ses hanches. Il entra dans la chambre qu'il partageait avec le Capitaine, quand il eut une mauvaise surprise.
"Où sont passés mes vêtements ? Même mes autres vêtements ont disparu."
En cherchant un peu plus, il trouva un message à son attention sur le bureau, prêt du fameux paquet que le Capitaine avait récupéré cette après-midi. John déplia le papier et lu :
Si ça te va, porte-le. Si ça ne te va pas, porte-le quand-même.
Curieux, le blond ouvrit la boîte et vit ce dont le Capitaine parlait. Et une goutte de sueur déferla sur sa tempe.
"Tu te fous de moi, là ?"
Quelques minutes plus tard, alors que Sherlock consultait la carte dans sa chambre en vue de localiser le Cœur de Feu, il eut une vision des plus agréables : John, portant une longue robe noire (avec les indispensables froufrous dans les manches), sur laquelle on avait noué un tablier d'un blanc immaculé et portant un serre-tête en dentelle blanche dans ses cheveux blonds. Son visage était plus rouge que tous les piments les plus forts du monde et il tremblait à la fois d'agacement et de gêne.
"Très drôle Capitaine !" dit le Merlien, honteux d'un tel déguisement.
Sherlock esquissa un sourire diabolique et dit de son éternelle voix de baryton :
"Eh bien dites-donc... C'est assez intriguant. Ça te va plutôt bien.
-Je ne sais pas si je dois vous dire "merci" ou "la ferme".
-Pourquoi pas Maître Holmes ?
-Même pas en rêve. Bon, vous vous êtes bien marré, maintenant rendez-moi mes vêtements.
-Pourquoi donc ? Ce costume te va beaucoup mieux je trouve.
-Quoi ?! Mais vous disiez que c'était une blague !
-C'est ce que j'ai dis, mais j'ai changé d'avis. Dois-je rappeler que tu m'as littéralement jeté un oreiller à la tête ? Voilà ta punition, mermaid !" *
Furieux de cette situation, le blond prit le premier objet qui lui passa sous la main (en l'occurrence un oreiller) et entreprit de faire bouffer le dit objet au Capitaine.
"Oh, tu veux jouer ? OK ! dit le Capitaine en arrêtant son poignet. Si je gagne, tu gardes la robe. Si tu gagnes, tu l'enlèves. Marché conclu ?"
Le Merlien esquissa un sourire machiavélique et empoigna un second oreiller, prêt à l'attaque. Sherlock ne se laissa pas faire et agrippa une arme à son tour.
La bataille fut féroce, aucun des combattants ne voulait laisser l'avantage à son adversaire. Peu leur importait de mettre leur chambre en un bazar pas possible ou d'inquiéter leur chère logeuse juste à l'étage inférieur. A la fin d'une lutte digne des plus grands duels de tous les temps, John avait finalement réussit à désarmer le Capitaine et à le mettre à terre. Il souriait de son triomphe.
"J'ai gagné ! dit-il à bout de souffle.
-En effet"; souria Sherlock, pas dans un meilleur état que son opposant.
John se rappela soudainement de l'ambiguïté de leur position et se redressa très vite.
"Bon, maintenant que j'ai gagné; dit-il; je retire ces vêtements. Maintenant pour mes vraies affaires..."
Sans qu'il ne s'en rende compte, Sherlock s'était rapproché et avait collé son torse au dos du Merlien, l'entourant de ses longs bras fin.
"John; dit-il tout contre son oreille. Je disais la vérité en disant que la robe partait si je perdais. Mais je n'ai jamais dit qui la ferait partir. Et puisque j'ai perdu...
Tout en disant ceci, il avait défait le nœud du tablier, qui était tombé au sol dans un bruit sourd.
-C'est moi qui la retirerai pour toi."
Avant même que John ait le temps de protester, Sherlock l'apaisa en caressant doucement sa nuque.
"Tu as l'air épuisé; continua-t-il. Viens par ici."
Il lui refit le coup du sac à patate (décidément) et l'allongea un peu violemment sur le lit -qui avait on ne sait comment survécu à leur bataille épique.
"Reste tranquille; souria Sherlock en commençant à déboutonner sa robe. Il faut bien que je te retire cet uniforme.
-Eh !
Il l'embrassa sur la joue et progressait lentement vers son oreille, changeant le visage du blondinet en véritable tomate. Son souffle chad tout près de sa peau n'aidait pas non plus.
-Attendez un peu ! tenta-t-il de repousser.
-Pas envie."
Il donna un coup de langue sur l'intérieur de l'oreille, ce qui fit trembler davantage le Merlien, qui perdait peu à peu le fil des événements.
"Trop mignon"; murmura le brun.
Pourquoi est-ce qu'il fait ça ?! se disait le pauvre innocent.
Sherlock arrêta son entreprise, le temps de contempler cet être qui le mettait dans tous ses états depuis leur première encontre.
Quel était donc cet étrange sensation qui serrait son cœur à la simple vue de John Watson ?
"C'est... étrange; murmura-t-il.
-Hein ? dit le blond en entrouvrant un œil ou deux.
-Tu es un tel mystère John... Depuis le jour où tu m'as sauvé la vie, tu restes un mystère pour moi. Tu complimentes mes déductions au lieu de te mettre en colère, tes manières de sauver les autres me surprennent un peu, et malgré tout ce qui peut arriver, tu restes honnête et loyal envers moi et le reste de l'équipage. Toutes ces actions sont parfois imprévisibles. Même si elles sont prévisibles la plupart du temps.
-Eh !
-Mais... Elles sont aussi quelque chose que je ne peux pas m'empêcher d'admirer... et d'adorer. Comme ta personnalité. Quand tu t'énerves contre moi ou que tu montres ton sérieux durant un combat, c'est à la fois intriguant et surprenant. Et quand tu ne te bats pas, que tu souris ou que quelque chose t'embarrasse, c'est tellement adorable que j'ai seulement envie de te taquiner.
Et tes yeux... Tes si merveilleux yeux...
Chaque fois que je regarde l'océan, je pense à tes yeux puis je pense à toi et à ton sourire. Et puis je ressens quelque chose d'étrange dans ma poitrine et ça ne s'arrête pas. Pourquoi ça m'arrive ? Qu'est-ce que tu m'as fait ? Pourquoi est-ce que je ressens tout ça, John ?"
John était pétrifié devant cette déclaration, le visage aux joues roses du Capitaine exprimait de l'incertitude, comme s'il ignorait de quelle manière il devait gérer toute cette histoire.
Pourquoi il me pose cette question ? se disait le blond. Comment suis-je sensé le savoir... alors que je ressens exactement la même chose ?
Sherlock voyait bien la douceur dans le visage de son Merlien adoré.
Était-il seulement digne de cette douceur ?
C'est cette question à l'esprit qu'il se pencha de nouveau, prêt à lier leurs lèvres à nouveau...
J'suis sadique de couper ici, pas vrai ? X-D
*mermaid : sirène en anglais, mais là, Sherlock fait un jeu de mots entre sirène et maid, qui veut dire soubrette. Sachant qu'en plus John est un homme et que le masculin de mermaid est merman, vous comprendrez la double signification de cette pîque ;-) Et oui, j'ai décidé de le garder en VO pour la simple et bonne raison que j'ai rien trouvé d'équivalent ou de mieux en VF, donc si quelqu'un a des idées, qu'il/elle les fasse partager en commentaire et je modifierai le texte.
Je rappelle que rien ne m'appartient à part la traduction. Les personnages appartiennent à Arthur Conan Doyle, Steven Moffat et Mark Gatiss (alias le Diable et son bras droit X-D) et l'histoire ainsi que les OC appartiennent à Atsyrc.
Sur ce, à jeudi prochain les gens !
