Auteur : Ruth Dedallime
Disclaimer : Harry Potter à Rowling, pas à moi.
Rating : K
Ecrit dans le cadre de la 18e nuit d'écriture du FoF, thème "cellule". Tristes pensées sur le prisonnier d'Azkaban (425 mots)
Pas moins qu'un chien
Parfois, il se demande à quoi ressemble la vie à l'extérieur... Il se le demande, mais pas très souvent. Il n'est pas assez sous forme humaine pour avoir une pensée aussi construite. Il n'est plus qu'un chien emprisonné. Un chien aux muscles atrophiés par le manque de liberté. Un chien triste, abandonné. Juste un chien, mais pas moins qu'un chien. Il lève sa truffe humide et hume l'air. Il sent l'extérieur. Et pour un chien "sentir" signifie un peu "voir". Il sent le vent qui s'engouffre dans les corridors glacés d'Azkaban. Il sent la mer qui entoure l'île interdite où se trouve la sombre prison. L'odeur du poisson toute proche. Et le cri des mouettes. La pêche a dû être bonne. Céderaient-elles un peu de leurs pitances à un chien affamé ? Il est trop chien pour s'étonner de la présence des mouettes. Si proches, si proches de l'île aux Détraqueurs ! N'ont-elles pas peur, toute mouette qu'elles sont ? Non, il est bien trop chien pour se poser des questions.
Alors, il reprend forme humaine bien que cela enclenche aussitôt désespoir, regrets, culpabilité, folie. Ces quatre démons qui ne lâchent jamais prise. L'humain sait qu'il ne peut même pas regarder par la fenêtre de la cellule. La minuscule ouverture est bien trop haute... Il ne verra rien. Et pourtant l'humain ne peut s'empêcher de nourrir encore un peu d'espoir en apercevant un petit carré de ciel gris. Un coup au coeur à la fois doux et douloureux portant le nom d'Harry Potter. Leur fils... Dumbledore a promis n'est-ce pas ? Promis qu'il protégerait leur fils... Mieux que ne pourra jamais le faire un être mi humain-mi chien. L'humain pleure pour l'orphelin. Pour la mort de ses amis. Deux morts pour lesquelles il n'a pas encore cessé de payer...
L'humain sursaute, écarquille les yeux. Les Détraqueurs ne sont pas loin, il le sent au plus profond de sa chair. Il a appris à reconnaître l'horrible morsure que provoque leur présence. Alors il redevient un chien. Il se roule en boule dans un bout de couverture en lambeau en attendant que les créatures maléfiques aillent tourmenter un autre prisonnier. Tout est plus simple quand il est un chien.
Juste un chien, mais pas moins qu'un chien.
