Salut à tous !

Petit chapitre pour vous pour commencer enfin cet interlude avant qu'on se raccroche au manga.

Je vous remercie encore tous et toutes d'être ici au rendez-vous et j'espère que ça vous plaira.

Visiteuse T : Si je ne dis pas le contenu de la lettre de Kenway, c'est parce qu'il n'est pas indiqué. On suppose simplement qu'il est question de l'annonce de la mort de Caroline Scott et de l'existence de Jennifer Scott, la fille de Kenway. / L'effet trouble entre rêve et flash-back est voulu justement, comme pour la scène où on revoit les morts, c'est présent dans le jeu. / Le pouvoir de la fille de Kenway permet de "lire" les souvenirs de ceux qu'elle touche. La mémoire de Kenway qu'Ace a donc dans ses gènes, c'est le souvenir que Jennifer avait de la lecture des souvenirs de son père. / Pour résumer la généalogie d'Ace c'est ceci :

- Altaïr (grand maître assassin syrien durant les Croisades)

- Ezio Audito da Firenze (grand maître florentin de la Renaissance)

- Edward Kenway.

Edward a eu deux mariages. D'abord, Caroline Scott qu'il laissa derrière pour faire fortune en tant que Corsaire sans savoir qu'elle était enceinte d'une fille, Jennifer. Caroline a fini par dépérir et s'éteindre, laissant sa fille derrière, environ un ou deux ans avant que Kenway ne reprenne contact. Au vu des circonstances, et jugeant son père coupable de la mort de sa mère, Jennifer s'est accrochée au nom des Scott.

Cependant, peu après son retour en Angleterre, Edward se maria une seconde fois avec une femme de la bonne société et eut un fils, Haytman, qui devint Grand Maître des Templiers. Haytman eu une aventure avec une "Peau Rouge" peu avant la guerre d'indépendance des Etats-Unis, se retrouvant avec un fils illégitime qui devint Assassin est se vit donné le nom de Connor par son Maître. C'est d'eux que descend Desmond, le Sujet 17 qu'Ace a connu en captivité.

J'espère que ce résumer explicitera plus les choses.

Misstykata : Il a pas marqué ce Jingle :/

Bref, je vous souhaite une bonne lecture et à bientôt !


La vidéo s'arrêta, laissant le silence sur le pont du navire.

Sabo ne savait pas pourquoi, mais ce fantôme pixélisé, qu'avait filmé Bob dans la salle des serveurs, avait fait monter en lui une haine meurtrière et aussi une peur intense.

- Elle ressemble à la femme que Desmond disait avoir vu au Temple, pointa Rebecca.

- C'est Junon, yoi, souffla Marco.

Son ton était bas, mais pour l'avoir côtoyé suffisamment, Ace savait que Marco détestait cette femme et pourtant, la craignait. Il avait toujours utilisé ce ton contre les Tenryuubtio auparavant.

- C'est une Isu. Elle était enfermée au Temple, justement. Sa prison, qu'elle a réussi à corrompre pour que le système de protection contre la possible destruction de notre monde puisse la ramener, compléta Marco.

- Donc, c'est elle que Desmond a choisi de libérer, comprit Ace.

Marco hocha la tête.

- Eh bien, comme dirait Luffy, y'a plus qu'à lui botter le cul !

Tout le monde regarda le D. qui venait de faire la remarque.

- Ben quoi ?

Marco craqua dans une série de gloussements et se leva de la place devant l'ordinateur de Bob pour ébouriffer les cheveux de celui qu'il avait toujours vu comme un petit-frère.

- Ace… c'est bien toi de dire des choses impossibles. Je suis le fils d'Eris, donc, à moitié Isu et même moi, je l'affronterai pas sans m'y préparer sérieusement, cette satané Junon. Tu as la Vision d'Aigle au minimum, yoi ?

Ace lui adressa un regard indigné en lui disant que c'était le cas.

- Luffy l'a développé avant moi, cet abruti, grommela Hiken.

- Le ratio de gène Isu de monsieur Portgas et de monsieur Sabo est de 4,6%, là où, d'après Abstergo, les Sages sont entre 5 et 6%, pointa Shaun. On est bien loin des 50% du Phénix. C'est toujours mieux que les humains classiques qui sont quelque part entre 0,0002 et 0,0005%. Desmond en était à 0,952%. Assez pour résister mentalement à l'influence d'une Pomme d'Eden, même si son corps n'a pas fait autant…

- Terre en vue, les hommes, appela Rebecca.

Tout le monde se tourna vers le large pour voir en effet la silhouette d'une île se dessiner.

- C'est ici qu'on se quitte, yoi, pointa Marco.

- On garde contact ? demanda Rebecca à Ace.

- Même si Marco y voyait un problème, je suis un Assassin, alors, bien évidemment, on reste en contact, assura Hiken en agitant le mignon de son doigt manquant.

On échangea quelques poignées de mains et bientôt, le Phénix prit le large avec Ace et Sabo sur son dos.


L'avantage de passer par le ciel était qu'on pouvait couper par la Red Line et les Calm Belt, allant directement en diagonale. Et aussi, éviter les contrôles.

Le trio faisait une escale de six heures sur chaque île croisée, afin de dormir et manger. Ils se faisaient un maximum discret, essayant de ne pas attirer l'attention et se montrer au grand jour. Le seul moment où ils se permirent de se détendre un peu (même si à contre-cœur pour Ace), ce fut quand, à la frontière de la Calm Belt qui leur permettrait de quitter le Shin Sekai, ils tombèrent sur une île où Sabo savait qu'on pouvait trouver une base révolutionnaire. Son poste de second de l'armée lui permis de trouver des provisions et un abri sécurisé pour leur escale, avant qu'ils ne reprennent la route.

Ce fut presque au bout d'un mois de périple qu'ils tombèrent enfin sur Ocracoke.

C'était étrange de revenir ici, à l'époque moderne, après l'avoir vu dans l'Animus.

Dans le soir tombant, Marco était resté un moment face à la mer, avant de secouer la tête et de retourner à la recherche des deux jeunes.

C'était bizarre de voir Ace habillé en jeune normal. Il faisait tâche à côté de la tenue sobre, passe partout et pourtant élégante de Sabo. Le blondinet avait rangé les éléments les plus reconnaissables de sa tenue habituelle, permettant ainsi à Marco de noter tous ces détails qui lui rappelait Mary. Voir les deux frères discuter de tout et de rien, assis au bord de la plage avec une bière à la main, riant du monde, était en soit réconfortant. Leurs cicatrices montraient les horreurs qu'ils avaient vécues, malgré tout, ils trouvaient encore la force de rire.

L'entendant arriver, les deux frères se tournèrent vers lui avec un sourire espiègle.

Ace conservait encore la pâleur et une certaine maigreur après sa captivité, cependant, son regard brillant disait qu'il reprenait du poil de la bête. La présence de Sabo devait pas mal l'aider à se remettre complètement de ce qui étaient presque deux années d'enfer.

- C'est quoi la suite du programme, Grand-Père ? demanda Sabo.

Marco appréciait le surnom.

Et surtout l'acceptation.

Et comprenait pourquoi Ace était attaché à lui.

Sabo avait un esprit curieux et ouvert, capable de tirer du positif de n'importe quelle situation. Malgré le fait qu'il soit issu de la noblesse, il avait hérité de l'esprit de révolte que Marco avait eu à son époque. Esprit qui lui avait fait rejoindre la révolte d'Eve et accepter d'être le sujet test de ce qui était connu aujourd'hui comme les akuma no mi. Le même genre d'esprit qu'il avait trouvé en Mary et avait fait qu'il avait accepté de la former.

Peu importe qu'il y ait plusieurs générations et siècles de séparation entre eux, le gamin avait émis le désir de vouloir le connaître. Il voulait une famille, une vraie, comme celle que représentaient Ace et Luffy pour lui. Et Marco était le bienvenu dans cette famille.

Shirohige aurait aimé ce gosse.

Marco était simplement content qu'un de ses lointains descendants soit toujours dans la course pour la liberté et veuille le connaître.

La seule personne à qui il avait laissé lire ses carnets était Jim, pendant qu'elle attendait sa fille, la petite-fille de Marco.

Sabo en aurait certainement plus d'utilité que lui, aujourd'hui.

- On se repose ce soir et on part à l'aube. La météo devrait être clémente. On sera à Baterrilla en début d'après-midi. Par bateau, ça prend toujours plus de temps, avec les courants et les récifs dangereux qui entourent l'île des Portgas.

- L'île des Portgas… franchement, je trouve que ça claque, ricana Ace.

- Je me demande comment des têtes brûlées dans ton genre ont pu avoir une telle réputation au point qu'on leur donne une île, taquina Sabo en donnant des petits coups de coude à son frère aîné.

Marco se laissa tomber un peu devant le duo, formant un vague triangle et leur fit face en rangeant ses lunettes de soleil.

- Peu avant ce qu'on appelle la Renaissance, Baterrilla appartenait au Sekai Seifu. L'île était opprimée. Cinq familles avaient toutes les richesses de l'île et faisaient travailler comme des esclaves le reste de la population, leur donnant juste assez pour qu'ils puissent continuer leur récolte d'olives, la richesse principale de la terre, yoi. Un matin, le jour du Solstice d'Été, les travailleurs se réveillèrent au son de hurlements venant des oliviers. Leurs bourreaux étaient tous morts aux pieds des arbres, leur sang alimentant rapidement les racines. Deux adolescents, un garçon et une fille, finissaient d'accrocher les corps aux racines des oliviers. Ils étaient connus sur l'île comme des voleurs à qui on n'avait jamais réussi à tirer un mot. Une fois leur massacre terminé, ils vidèrent les propriétés de tous leurs biens et les distribuèrent au peuple, yoi. Un vieillard finit par leur demander leur nom, jusqu'à présent inconnu, et il eut une réponse. « Nous sommes ceux qui ont peint les olives en rouge. Nous sommes les Portgas ». Depuis ce jour, Baterrilla est dirigée par un conseil réunissant les chefs de toutes les familles de l'île, et se fait connaître jusqu'à MariJoa pour ses olives rouges étrangement sucrées.

Les deux jeunes regardèrent Marco en silence.

- C'est Emiliano qui m'avait raconté cette histoire. Elle était transmise à tous les Portgas de génération en génération, yoi. D'où la raison pour laquelle on la surnomme l'île des Portgas. Parce depuis ce jour, cette île est libre et indépendante, grâce au Portgas. Elle n'est ni riche, ni pauvre. Elle prend à la terre ce dont elle a besoin, yoi.

Ace resta un instant silencieux, puis regarda Sabo avec un petit sourire.

- Mes ancêtres décapotent tout !

Avec un rire, Sabo poussa dans le sable le D. qui se contenta de lui rendre l'attaque tout aussi rieur.

- Allez, les gosses, fini de rire, on va se coucher

Les deux jeunes foudroyèrent Marco du regard qui leva un sourcil.

- Peu importe que vous ayez plus de vingt ans, vous restez tous des gosses pour moi, yoi.

Les deux frères eurent un grognement mais se levèrent pour s'éloigner afin de rejoindre l'hôtel le moins cher de l'île où ils pourraient passer la nuit.

Marco s'était retourné vers l'océan quand il entendit le sifflotement d'Ace imitant un oiseau. Il tourna la tête et leva juste à temps sa main pour rattraper la bière que le jeune homme lui lança.

- Elle est chaude, Ace, pointa Marco d'un air exaspéré.

- T'es jamais content.

- C'est Izou qui dit ça, pas toi, yoi. Autre chose, ou je dois te botter le cul pour que tu ailles au lit ?

- Comment ces olives ont pu devenir rouges et sucrées ?

Marco haussa des épaules.

- Pas la moindre idée, yoi. Bonne nuit, Ace.

Ace tira la langue à son capitaine et s'en alla retrouver Sabo et son coussin avant de faire une crise de narcolepsie. Manque de chance, il en fit une qui l'envoya se planter la tête dans un arbre. Sabo regarda ça avec amusement et le décolla du pauvre arbre pour l'embarquer sur son épaule en sac à patates. Un salut à Marco et les deux frères disparurent.

Le Phénix secoua la tête et tenant la bière loin de lui, fit sauter la capsule avec son poignard qu'il sortit de sa ceinture. Il se dépêcha de boire un maximum de la mousse, afin de pas trop gâcher la boisson. Quand il fut certain qu'il ne risquait plus de s'en mettre partout, il ramena la bière entre ses jambes pour la boire tranquillement, regardant la mer.

- Belle soirée, n'est-ce pas ? Il aurait fallu une meilleure boisson et une jolie demoiselle pour l'accompagner, mais la plage et les cocotiers compensent, nota une voix avec un léger écho à sa gauche.

Marco esquissa un sourire et leva sa bière, trinquant avec un verre à pied fantomatique qui entra à cet instant dans son champ de vision. Il regarda vers son interlocuteur pour voir un homme, translucide mais haut en couleur, assis dans le sable à côté de lui. L'âge, la fatigue et les épreuves avaient incrusté des rides profondes dans son visage à moitié mangé par un collier de barbe poivre et sel qui accompagnait le catogan grisonnant de l'homme.

- Toujours le même, même dans la mort, Ezio.

Le dénommé Ezio se laissa aller sur un bras, une jambe pliée sur laquelle il reposa son verre.

- C'est toi qui m'as appris à profiter de la vie. Même si tu l'as fait bien plus que moi ! sourit moqueusement le fantôme florentin.

- Tu n'as pas eu besoin de moi pour t'apprendre ce genre de chose, yoi.

- C'est certain, j'ose pas imaginer ce qu'il serait advenu de la lignée Auditore si Ezio avait été aussi actif que toi ! ricana une voix sur sa droite.

Ezio n'était plus là, laissant Marco en compagnie d'un autre fantôme du passé.

Mary Read lui tenait compagnie, allongée dans le sable, dans son attirail de James Kidd, une bouteille de rhum dans le sable.

- Pourquoi tu ne m'as rien dit ? Si tu le savais bien avant ta capture au point de cacher ça à Rackam, tu aurais pu me prévenir, non, yoi ? demanda Marco sans la regarder, fixant sa bouteille de bière.

- Parce que ma priorité n'était pas de te donner un enfant, mais de te protéger et t'aider dans ta quête. Tu traquais Roberts et les moindres informations sur des lieux appartenant aux Isu, ayant survécu à ce fameux cataclysme. Je pouvais pas me permettre de t'en détourner. Tu as concentré ton existence entière ça, alors que j'étais ta nounou et une aventure d'un soir. J'ai pas réfléchi plus loin avant de devoir passer ces longues journées en cellule à regarder notre fille grandir en moi et ma vie s'effilocher.

- Tu étais brillante, Mary. De nous deux, tu es celle qui avait le plus de foi en Kenway, qui voyait et prévoyait le plus loin. Et pourtant, l'idée que toi et Bonny vous retrouviez à deux contre cent ne t'a pas effleuré l'esprit un instant, yoi.

- La folie de la jeunesse, se contenta de rire narquoisement Mary.

Elle se leva, les mains sur les hanches, un sourire de coin pour se planter devant Marco.

- Si c'était à refaire, j'aurais certainement pris contact avec toi et changé les choses. Mais pleurer sur le passé ne le changera pas, mon ami.

La pirate s'accroupit pour regarder Marco dans les yeux.

- Ne pleure pas sur un temps que tu ne peux pas changer, Marco. Souviens-toi juste de nos bons moments… continue de te rappeler de moi pour ce qui a fait que tu m'appréciais. Souviens-toi de tes morts pour les instants précieux passés avec eux.

Marco ferma les yeux.

Il termina cul sec sa bière et se leva.

Il n'y avait plus de souvenir du passé pour lui tenir compagnie, juste lui.


Se réveiller par des bruits de panique voulaient dire qu'une chose pour Marco.

Il sortit la tête de sa chambre pour faire face à Sabo qui se tirait les cheveux en tous sens.

- Marine ?

- Ace a disparu !

Ah, ce n'était pas prévu ni habituel.

Marco jura et réintégra sa chambre pour s'habiller un peu plus, avant de filer au dehors pour suivre Sabo.

L'île était grande, Ace pouvait être n'importe où.

- Il portait quoi en allant se coucher ? demanda Marco.

S'il portait quoi que ce soit qui ne masquait pas son visage d'une, ça serait plus facile de le retrouver, de deux, ça leur causerait un nombre improbable d'emmerdes.

Alors qu'ils descendaient rapidement de l'hôtel, et directement dans la rue, Sabo lui répondit :

- Il s'est pas réveillé de sa crise d'hier soir, donc je l'ai foutu dans son plumard tout habillé ! J'ai interrogé le réceptionniste et il a vu un gars en hoodie avec la capuche sur la tête sortir de l'hôtel un peu plus tôt !

- T'es bon en Kenbushoku ?

- Compétent. Je suis spécialisé en Busoshoku. Et toi ?

- Six ans à Marijoa et une amnésie de quarante années n'aident pas à garder les compétences au top niveau… où est-ce qu'il est allé, cet idiot, yoi ?!

Sabo regarda autour de lui, cherchant un indice, regrettant presque la Vision d'Aigle qu'il avait dans l'Animus. Brusquement, Marco se mit en marche, les yeux rivés au sol.

Vue ses yeux dorés, lui, il l'avait cette fameuse vision.

Les deux blonds fendirent la foule matinale, accélérant le pas, suivant la trace dorée que Marco percevait au sol. Rapidement, ils laissèrent la civilisation pour s'avancer vers la partie plus sauvage de l'île.

Sabo s'arrêta brusquement et regarda autour de lui, les sourcils froncés.

- Tu l'as trouvé ? demanda Marco en s'arrêtant.

- On est loin dans les terres, non ?

- Assez… quelque chose ne va pas, yoi ?

Sabo pointa un cloitre en ruine à moitié envahi par la végétation.

- Et ?

- Où étais-tu le 22 novembre 1218 ? demanda Sabo.

Marco allait lui demander le rapport que Sabo enchaînait déjà :

- Ou plutôt, devrais-je demander où était Edward Kenway, cette fois-là ?

Les yeux du Phénix s'arrondirent en faisant la connexion.

- Il est en plein Bleeding Effect, confirma Sabo.

- Il y a eu un Buster Call, tout à changer depuis, yoi ! Comment… ?

- Je sais pas comment il a fait pour retrouver l'endroit dans son trip, mais le fait est qu'il doit revivre la mémoire de Kenway de cette journée…

- Ok, je suis la piste avec la Vision d'Aigle et toi, essaie de retrouver le bout de la course pour le stopper, yoi !

Sabo hocha la tête et fit marche arrière.

Il devait suivre la plage, retrouver les anciens quais et la colline d'où le signal était parti. Le Buster Call avait fait beaucoup de ravages, mais il ne pouvait pas avoir tout emporté !

Etirant son Haki au maximum, comparant chaque mètre carré de terrain avec son souvenir de la simulation, Sabo finit par trouver l'endroit qu'il cherchait… au moment où Ace en sautait.

Malheureusement pour lui, là où à une époque, il aurait fini sur une maison de pêcheur sur pilotis, là, il tomba droit vers l'eau. Sans perdre un instant, Sabo fonça à la flotte et plongea pour rattraper son frangin qui était bien parti pour se noyer dans l'eau pourtant pas très profonde au vu de la proximité de la côte. Il remonta à la surface, tirant la tête du D. au-dessus de l'eau. Ace toussa et grogna faiblement.

- T'es avec moi Ace ? demanda Sabo.

- Pourquoi j'prends un bain… j'ai pas fait de blague aviaire depuis un moment à Marco pourtant… grommela le logia amorphe.

Même si ça semblait être une anecdote amusante de la vie à bord du Moby Dick de son frère, là, ce n'était pas le moment. Repêcher Luffy n'était pas aussi difficile que supporter un Ace adulte.

Heureusement, la plage n'était pas loin, et malgré son propre Zoan, Marco (qui les avait retrouvés) vint les aider. Bientôt, Ace se retrouva assis sur la plage, trempé comme jamais. Il toussa un bon coup, la tête entre les jambes, essayant de comprendre ce qu'il s'était passé.

- Il fait déjà jour ? s'étonna naïvement Ace.

- Oui et je me pèle par ta faute ! rouspéta Sabo en claquant des dents.

- Tu te souviens de quoi pour la dernière fois, yoi ? demanda Marco en prenant Ace par un bras pour le faire se remettre debout.

- Sab' et moi allions nous coucher et j'ai dû faire une crise de narcolepsie…et j'ai fait un drôle de rêve impliquant Edward Thatch et Vane… et un Buster Call…

Ace se gratta le cou avec perplexité.

- Ace. Tu nous as fait une crise, lui dit Sabo. Le même genre de crise que celle qui a fait que j'ai manqué de me retrouver avec une lame secrète dans la gorge.

- Oups ? Désolé ?

Il eut droit à une double claque sur le crâne de la part des deux blonds.

- J't'en foutrais des oups, grommela Sabo. On rentre à l'hôtel, je vais choAtchaaa !

Sabo se frotta le nez en grommelant.

- T'es bien parti pour avoir un rhume, nota Marco. Tu veux une présentation avec la chef infirmière des Shirohige, yoi ? Elle veut déjà voir Ace, alors, autant en profiter…

La mention de la femme ramena à l'esprit d'Ace la blonde plantureuse et séduisante au sourire démoniaque et au rire machiavélique qui le fixait avec des yeux luisants, armé d'un scalpel. Blanc comme un cachet, il se tourna vers Marco avec des yeux de chiots et une voix tremblante.

- Je peux pas te persuader de laisser Chris faire mon check-up ?

Marco fit non de la tête.

- Jiru ?

Toujours non.

- Vu sa tête, je vais passer mon tour pour la rencontre, sourit narquoisement Sabo.

- J'préfère affronter Garp que cette femme… frissonna Ace.

- Elle te fera un check-up intégral, yoi…

Ace baissa la tête et posa une main sur l'épaule de Sabo.

- J'étais été content de te retrouver, prends soin de Luffy pour moi.

- En route les gosses ! lança Marco en s'éloignant.

- Elle est si redoutable ? s'enquit Sabo.

- C'est le diable incarné !

Sabo eut un sourire de coin devant l'expression de son frère.

Il l'avait en parti réalisé à Abstergo, mais en présence de Marco qui écoutait les plaintes et les suppliques du D., cela devenait flagrant. Ace était relâché. Plus serein. Il cachait peut-être ce mal qui l'avait rongé toute son enfance, mais il avait l'air d'apprécier enfin la vie.


Comme prévu, le lendemain, ils étaient à Baterrilla. Leur arrivée était presque passée inaperçue. On s'était juste contenté de leur indiquer où trouver l'auberge, sans qu'ils posent de question ou quoi que ce soit.

En fait, la population semblait nerveuse, voire colérique, fixant avec haine des patrouilles marines qui face à tant d'hostilité ne savaient pas trop comment agir.

Marco avait laissé les deux frères seuls, disant qu'il voulait en savoir plus, leur demandant juste de ne pas attirer l'attention sur eux, avant que le Phénix ne disparaisse au coin d'une rue. Les deux frères s'étaient regardés, avaient haussé les épaules, avant de reprendre leur balade.

Leur mission était assez simple : trouver là où les Portgas ou au minimum Rouge, était enterrée. En prévision, Ace s'arrêta en chemin chez un fleuriste. Alors que Sabo lui disait la signification des fleurs, le regard d'Hiken s'arrêta sur des hibiscus rouge sang, de la même couleur que les fameuses olives de l'île.

- Ah, la fleur des Portgas !

Ace se retourna en entendant le vieux vendeur parler. Il arrangea sa capuche sur sa tête alors que Sabo en demandait plus sur le pourquoi du nom.

- Oui. Ce sont les Portgas qui les achètent le plus ! Il parait que Portgas D. Anne avait une fleur d'hibiscus rouge sur son drapeau pirate.

- Oh ? souffla Ace.

- Hm. La fleur doit être très importante pour eux, parce qu'à chaque mort de leur famille, le défunt est incinéré sur un bucher avec un lit d'hibiscus. Dommage que le p'tit Ace n'ait pas eu droit à ça, traditionnaliste comme est la famille…

- On va vous prendre un bouquet, intervint Sabo en voyant l'air de son frère. Red, debout mec, on n'a pas fini notre visite.

- Ah ! Le gamin de la petite Amélia s'appelle Red, aussi ! fit le fleuriste en préparant un bouquet.

A voir la tête d'Ace, il encaissait coup sur coup et devait frôler la surchauffe cérébrale.

- Par curiosité, vous avez connu la mère d'Hiken no Ace ? demanda Sabo.

- Ouep. Rouge-chan était une furie. On savait tous que Gol D. Roger était tombé pour elle. Son frère Tonio lui demandait souvent en riant qui portait le pantalon dans le couple. Pauvre homme… Rouge-chan a été tellement effrayée par la traque qu'elle n'a pas songé un instant que nous étions tous prêts à tout pour qu'elle vive avec son enfant.

La sourire de l'homme devint triste en regardant le bouquet d'hibiscus qu'il était en train de faire.

- Nous devons notre liberté continue à cette famille. C'est grâce à elle qu'aucun Tenryuubito ou autre agent du Sekai Seifu ne vient nous mettre une laisse au cou. Tant qu'un l'eux d'eux est ici, nous savons que nous sommes protégés. Le sang versé, même si ça les dérange, en vaut le coup.

Ace se releva et enfonça ses mains dans ses poches pour quitter la boutique, la tête dans les épaules, marchand à grands pas.

Sabo se dépêcha de payer le bouquet et partit à la poursuite de son frère, pour le retrouver sur la plage, vomissant ses tripes, un peu en retrait contre le début de la falaise.

- Tu veux qu'on en parle ? proposa Sabo.

- Va t'faire mettre… haleta Ace avant d'être pris d'un nouveau haut-le-cœur.

En clair : non.

Sabo soupira et aida son frère à ne pas se salir les cheveux.

La culpabilité qu'Ace avait toujours ressentie s'était accentuée avec les paroles innocentes du vieil homme dans la boutique de fleurs. Sabo avait compris que les Portgas étaient importants pour l'île et que la réciproque était vraie, mais jamais à ce point-là. C'était presque malsain dans un sens. Tout ça pour qu'une seule famille puisse survivre.

Pendant un instant, Sabo se demanda si le faux Ace, en haut de son échafaud, avait ressentit la même culpabilité en voyant tous ces pirates prêts à mourir pour lui. A voir la forme tremblante de son frère qui recrachait sa bile, il était fort probable que niveau culpabilité, Baterrilla et Marine Ford se disputaient la première place.

Quand Ace retrouva un semblant de calme, sans un mot, Sabo lui tendit une gourde pour qu'il se rince la bouche, avant de regarder ailleurs pour permettre à son frère de sécher ses larmes.

- Venir ici était une mauvaise idée… souffla Ace.

- Non, je serais venu aussi à ta place. C'est une partie de toi, de ton histoire personnelle, lui dit Sabo.

- Je… je sais gérer la haine. La colère. Mais ça…

Sabo tapota le dos de son frère avant de retourner à sa contemplation de la plage.

C'est là qu'il les remarqua.

- C'est bizarre…

Ace cessa de s'appuyer contre la falaise pour se rincer la bouche et rejeta sa capuche pour mieux voir son frère. Sabo lui frappa le crâne et lui remit la capuche sur la tête avant de montrer quelque chose le long de la falaise.

Un buisson d'hibiscus rouge sang faisait tranquillement sa vie sur le sable. Et un autre un peu plus loin était pareil. Et encore un autre toujours plus loin.

Comme un chemin de caillou pour leur indiquer une voie.

Ace prit le bouquet de fleurs des mains de son frère, lui rendant sa gourde en échange, avant de marcher le long des massifs de fleurs.

- J'ai pas l'impression que la disposition soit décorative. D'autant plus qu'à marée haute, il y a une chance que les fleurs soient noyées… souffla Sabo en cherchant à comprendre.

- C'est un fil conducteur qui dit où on doit se rendre, pointa Ace en marchand d'un pas déterminé le long des massifs en fleurs.

Devant ce mystère de son île natale, son malaise et sa culpabilité étaient relégués dans une part secondaire de son esprit.

Ainsi, lui et Sabo longèrent la falaise pour finir par arriver devant la bouche d'une grotte à moitié immergée, avec juste une petite corniche le long de la paroi pour leur permettre d'entrer sans se mouiller. Une corniche en béton.

De plus en plus intéressant.

Si Ace marcha délicatement le long de la corniche pour ne pas risquer sa chance, Sabo refila son arme à son frère (content que Marco ait prit les sacs et donc celui avec son chapeau et son manteau), et piqua une tête, nageant tranquillement dans l'eau bleutée et froide de la grotte.

- Viens pas râler si tu prends vraiment froid, grommela Ace.

Pour toute réponse, Sabo cessa sa brasse tranquille en surface et plongea dans l'eau, battant bien des jambes pour éclabousser son frère. Ace balança une boule de feu dans l'eau en représailles, sachant que Sabo pourrait esquiver facilement et reprit sa route. Il finit par arriver sur une plateforme en bois menant à un escalier qui malgré son âge et l'humidité, était en très bon état. Sabo se hissa sur à côté de son frère et se déchaussa pour se débarrasser de l'eau dans ses chaussures. Ace grimpait déjà les marches, faisant courir ses mains sur la rampe, notant des traces de brûlures dessus assez familière sans qu'il ne puisse s'expliquer pourquoi.

En haut, il s'arrêta.

Donnant sur l'entrée, un bureau était installé, avec des papiers et des photos étalés dessus en désordre, comme si quelqu'un les avait consultés récemment sans les ranger pour autant. Et dessous le bazar…

Sabo fronça les sourcils et parcourut les photos.

- Je reconnais ces personnes. Elles ont beaucoup d'influence au niveau de la politique de South Blue… on a un dossier sur la moitié d'entre elles dans nos bureaux… souffla Sabo.

- La planque d'un collègue ?

- Non, je pense pas.

Sabo était passé aux papiers et les consultait tous.

- La majorité des informations ici, elles n'auraient aucune utilité dans le but de renverser les Tenryuubito. Là, on a beaucoup de matériel pour du chantage, certes, mais pas au point d'être Révolutionnaire. De plus, Dragon a toujours dit que Baterrilla avait appris du massacre et se défendait seule désormais.

- Donc, on a une ou plusieurs personnes qui ramassent des saletés sur les têtes couronnées et les font chanter pour s'assurer de la tranquillité de l'île, comprit Ace.

- On dirait bien… qu'est-ce que c'est que ça ?

Sabo tendit un papier à son frère. D'aspect très ancien et délicat. Avec précaution, Ace le prit dans ses mains et le lut.

- C'est du poison. La recette de base ressemble à du bissap, mais il m'a tout l'air mortel… lent, mais mortel…

Ace baissa brusquement le papier, les sourcils froncés.

- Question pour l'inculte… c'est quoi le bissap, s'enquit Sabo.

- Makino-nee-san nous en faisait de temps à autres. C'est une boisson fraîche et assez sucrée à base d'hibiscus. Une boisson rouge.

Ace eut un petit rire et reposa la recette avant de s'enfoncer un peu plus dans la grotte, étalant ses Hotarubi un peu partout pour mieux y voir.

Et ce qui les attendait…

Le silence entre les deux frères en disait long.

- Ok. Je vais le dire, fit Sabo. Il est inconcevable que les D. fassent les choses de façon simple. Une grotte maritime en guise de caveau ! Regarde-moi ça ! Portgas ici, Portgas par-là ! Ah tient ! J'ai trouvé Anne !

Le blond déambulait entre les colonnes de pierre en regardant les noms qui accompagnaient les urnes en faisant des commentaires. Là où stalagmites et stalactites fusionnaient pour faire des colonnes, on avait creusé des étagères de façon assez douce, comme si elles s'étaient faites autour des urnes, spécialement pour elles. Chaque urne avait sur son support un nom et une date.

Et on pouvait remonter jusqu'à après le Siècle Perdu !

Après un instant de choc, Ace hâta le pas, regardant autour de lui avait incrédulité, ne sachant que penser.

Et étrangement, parmi ces morts, il se sentait chez lui.

Comme lorsqu'il avait accepté Luffy et Sabo comme ses frères.

Comme quand il avait recruté les Spades, puis était accepté chez les Shirohige.

On ne le jugeait pas.

Il était tel qu'il était.

Et on l'acceptait ainsi.

C'était juste très bizarre comme sentiment venant d'un endroit rempli des cendres de ses ancêtres.

- Ace… amène-toi, appela brusquement Sabo.

Ace cessa son exploration au hasard pour rejoindre son frère vers le fond de la grotte pour le voir devant un pilier un peu moins épais que la majorité. Il y avait trois urnes dessus, chacun dans sa petite alcôve.

Tout en haut, le nom de Portgas D. Rouge était écrit sous une urne. Dessous, l'urne suivante appartenait à un certain Tonio, mort quand Ace avait six ans. Et enfin…

- Mais… pourquoi mon nom est ici ? s'étonna Ace.

- Parce que tu es un Portgas, donc, il est normal qu'à défaut d'avoir pu récupérer ton corps, on cherche à te permettre de retrouver la place qui t'est due, supposa Sabo.

Sabo sourit à son frère qui se frottait le crâne, totalement perdu.

- Je t'attends dehors. Tu dois avoir beaucoup de chose à lui dire.

Le blondinet donna une accolade à son aîné et s'éloigna.


Marco était en retrait du port, observant la confrontation.

Un adepte de la Justice Absolue qui était ici, en Baterrilla, à la recherche d'un pirate. Et pas n'importe quel pirate.

On le cherchait lui.

Vu que comme le disait une femme blonde, à peine plus vieille qu'Ace, aux marines, Marco n'avait aucun intérêt à venir ici. Le Phénix était certain que les Templiers étaient derrière tout ça. Ils avaient dû entendre ou deviner qu'Ace reviendrait à ses racines d'une façon ou d'une autre.

Marco s'était tellement préoccupé de parvenir à faire ce voyage sans encombre, et des risques de crises dus au Bleeding Effect, qu'il n'avait même pas pris en compte qu'Abstergo avait de très bonnes connexions et que le groupe risquait fort de venir les embêter.

Il tourna brièvement la tête pour voir Ace et Sabo le rejoindre à son poste d'observation derrière des caisses.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Sabo.

- Ces messieurs ont reçu une information disant que je devais venir ici. Ils sont là depuis une semaine et fouille l'île de fond en comble, dérangeant les habitants. Sans compter que le Taisa en charge de l'escouade est un adepte de la Justice Absolue, yoi, murmura Marco.

- Et comme la lignée Portgas n'est pas morte avec moi, on se fait victimiser, grinça Ace entre ses dents.

- Vous avez trouvé la tombe, finalement ?

Sabo passa sur le changement de sujet pour répondre à la question. Tout plutôt qu'Ace pète une durite et décide de se mêler de l'affaire.

- On a trouvé une grotte qui sert de caveau à toute la lignée et des trucs intéressants qui laissent suggérer que l'on a un informateur ou maître chanteur qui réside par ici.

- Anne était informatrice avant de devenir pirate. Quand le Sekai Seifu en a eu marre de ses chantages et chercha à faire pression sur Baterrilla, ils lui mirent une prime… et libérèrent un monstre sur les océans, yoi, sourit narquoisement Marco. C'est un véritable cercle vicieux. La populace doit sa liberté d'origine aux Portgas et font tout pour les remercier, allant jusqu'à mourir pour eux. A côté, les Portgas voient ça comme inutile, se sentent coupable et s'échinent dix fois plus pour protéger l'île et son indépendance… chose dont se doute le peuple qui continue de vouloir préserver la lignée, yoi.

- Wow… comment ça se fait qu'ils n'aient pas fait une monarchie de cet endroit en mettant les Portgas au pouvoir ? demanda Sabo.

- Les Portgas l'ont refusé. C'est un conseil qui est à la tête plus ou moins de l'île.

Sabo hocha la tête et regarda avec nervosité le ton monter entre la blondinette et le marine. Ça allait mal finir, il ne fallait pas être devin pour le savoir. Dans d'autres circonstances, Sabo serait déjà intervenu, mais là il ne savait que faire. S'il bougeait, il risquait de confirmer les soupçons de la marine sur la présence de criminels sur l'île et on découvrirait certainement que son frère était toujours vivant. Même si depuis l'évasion, il reprenait à vitesse grand V du poil de la bête, Ace restait fragile de son point de vue.

Le juron de Marco le sortit de ses réflexions et il se tourna vers son aïeul qui regardait vers là où s'était tenu Ace auparavant.

S'était étant le mot clef, puisque Hiken brillait désormais par son absence. On voyait littéralement un point d'exclamation là où le jeune homme était auparavant.

Sabo le chercha du regard en panique, avant que Marco ne pose une main sur son épaule et ne pointe le ponton de bois.

En plissant les yeux, il finit par voir côté mer des bouts de doigts accrochés au bois, longeant le large avec agilité, comme si quelqu'un était suspendu au ponton au-dessus de l'eau et glissait le long de celui-ci. Arrivé derrière les marines, Ace se hissa sur le bois, arrangeant machinalement sa capuche sur son crâne.

- Fais-moi penser à le tuer, Grand-Père, demanda Sabo d'un air inquiet.

- S'il reste assez derrière à livrer à Cassandra, c'est ok pour moi, yoi, soupira Marco d'un air blasé.

Pourquoi Oyaji avait fait de ce gamin un commandant déjà ?

Ace parvint à parcourir la distance entre lui et les marines en une fraction de seconde et se glissa dans le rang en s'effaçant de son Haki au maximum. Il marcha entre les soldats en uniforme blanc avec souplesse et décontraction, n'attirant à aucun moment l'attention des autres sur lui.

Une fois dans les premiers rangs, il s'immobilisa, réfléchissant à comment agir.

Quand le Taisa sortit son flingue et visa sur la blondinette, il sut qu'il n'avait plus le temps de réfléchir.

La blondinette aux yeux de cendre se contenta de rire narquoisement, les bras écartés en défi.

- Allez-y ! Tirez sur moi ! Juste parce que je suis une Portgas ne fait pas de moi une criminelle ! On s'obstine à vous dire que la personne que vous cherchez n'est pas ici ! Mettez de nouveau notre terre à feu et à sang ! Quoi que vous fassiez, nous reviendrons ! Plus forts ! Vous croyez que parce que vous avez réussi à tuer mon petit-cousin, vous réussirez à mettre fin à notre lignée ?! Les Portgas sont plus forts que ça !

- Mama ! appela le gamin derrière elle.

- Calla ! lui rétorqua la femme.

- On va mettre fin immédiatement à votre insoumission ! gronda le Taisa.

- Quoi que vous fassiez, nous resterons libres ! Je mourrais libre et souriante !

Le cran de sécurité sauta…

…et le marine termina à terre, projeté vers l'avant par Ace caché par sa hoodie blanche.

- Ton manque d'ouverture d'esprit est ce qui fait que ta vie se finit sur cette plage… murmura Ace à l'oreille du marine mourant. Puisses-tu apprendre dans une autre vie et un autre monde de cette erreur. Rest in peace.

Il ferma les yeux de l'homme et se releva, de profil, entre les villageois et les marines qui se mirent en garde, les jambes légèrement tremblantes.

- Qu-qu-qui êtes-vous ?! Identifiez-vous !? aboya un des marines.

Ace se tourna un peu plus vers les soldats, son couteau de chasse ruisselant encore du sang de sa victime, ses quatre doigts tout aussi rougis.

Et il sourit narquoisement.

- Je ne suis personne. Je fais juste comme mes ancêtres. Je repeins les olives de rouge pour assurer la liberté de cette terre.

La cousine d'Ace eut une brusque inspiration en comprenant l'allusion mais Ace ne s'intéressa pas à elle. Il marcha droit sur le groupe de marine qui tenta de faire bonne figure.

- Vous avez le choix. Soit vous levez l'ancre et vous vous barrez… soit vous rejoignez votre supérieur dans le sable.

Il fit tournoyer le couteau dans sa main avant de la tendre vers les marines qui eurent la décision intelligente de prendre leurs jambes à leur cou. La jeune femme s'approcha d'Ace pour lui parler et Hiken se tourna vers elle. Sa capuche ne laissait voir que quelques mèches de cheveux noirs et sa bouche. Il porta un doigt à ses lèvres et l'instant suivant, disparaissait dans une bombe fumigène.

- On est censés être incognito, Ace, yoi, reprocha Marco quand un léger embrasement dans son dos lui dit que son jeune frère venait de les rejoindre.

Ace se contenta de tirer la langue alors que le nuage de fumée blanche se dispersait sur la plage.

Sabo secoua la tête avec un petit sourire. Ace ne serait pas refait demain.