CHAPITRE XXVI

Son hurlement sauvage fut interrompu par l'irruption de David et Colby qui le bousculèrent pour se précipiter vers le corps. Ils avaient suivi de l'extérieur toutes les opérations, rongeant leur frein, taraudés par l'envie de se précipiter dans la cave pour faire quelque chose, mais conscients qu'ils pouvaient ainsi déclencher une catastrophe. Sitôt qu'ils avaient entendu le dernier message enregistré par Warden, ils avaient compris que tout danger était écarté et s'étaient rués à l'intérieur tandis que Nikki et Liz empêchaient Alan d'en faire autant. Personne ne savait si Don serait encore en vie : il y avait désormais plus d'une heure trente qu'ils n'avaient plus de nouvelles. Et il était hors de question de laisser Alan assister à l'horrible spectacle de son fils pendu. Qu'au moins cette dernière vision de son enfant lui soit épargnée !

Le cri de Charlie avait cueilli les deux agents au milieu de l'escalier et ils avaient aussitôt compris ce qui le motivait. Leur sang n'avait alors fait qu'un tour et, sautant les dernières marches, ils s'étaient précipités vers la pièce qui venaient de s'ouvrir, bousculant le mathématicien qui se tenait sur le seuil, tétanisé par l'atroce vision de son frère suspendu au bout d'une corde, le visage déjà bleu.

Colby se précipita et souleva Don par les jambes tandis que David grimpait sur le tabouret, sans se soucier de la présence de la bombe au-dessous et tranchait la corde qui retenait le corps. Colby reçut celui-ci sur l'épaule et tourna aussitôt les talons pour l'emporter hors de la pièce, loin du danger que représentait l'engin explosif. David le suivit en entraînant avec lui Charlie incapable de réagir. A peine avaient-ils franchis le seuil que deux démineurs s'avançaient pour neutraliser la bombe.

Chargé de son précieux fardeau, Colby remonta le plus rapidement qu'il put et sortit de la maison. Là, il étendit Don sur l'herbe et arracha les bandes adhésives sur ses yeux et sa bouche tandis David, qui se tenait sur ses talons, coupait rapidement celle qui maintenait ses poignets dans le dos. Déjà Alan était auprès d'eux.

« Non, Donnie ! Donnie ! Ce n'est pas possible ! »

Liz et Nikki l'empêchèrent de se jeter sur le corps de son fils. Elles savaient que chaque seconde était précieuse et elles le maintinrent fermement tandis que leurs deux collègues pratiquaient la respiration artificielle sur Don : Colby lui soufflait dans la bouche tandis que David se chargeait du massage cardiaque. Comprenant que les agents n'avaient pas perdu tout espoir, Alan cessa de se débattre et se rapprocha de Charlie, qu'il saisit dans ses bras. Le mathématicien était horriblement pâle, visiblement sous le choc mais il répondit à l'étreinte de son père et celui-ci, soudain, l'entendit murmurer :

- Je t'en prie Donnie, je t'en supplie respire, respire.

Et à son tour, Alan se mit à supplier :

- Respire fiston, respire. »