Voici un nouveau chapitre, avec les conséquences du conditionnement sur Castle... je sens que vous n'allez pas m'aimer du tout!

Bonne lecture à tous!


Chapitre 26 : Souvenirs.

Samedi 44ème jour, début d'après-midi.

Kendra est nerveuse, Castle devrait bientôt se réveiller et elle souhaite sincèrement que tout ce qu'il a subi n'ait pas été fait en vain. Dans le cas contraire, elle serait obligée de l'enfermer de nouveau et de menacer de s'en prendre à sa fille pour qu'il termine le roman. Or, ce n'est pas ce qu'elle désire non, ce qu'elle veut c'est son amour inconditionnel. Et l'écriture de ce livre n'est qu'une partie intégrante de son conditionnement, l'hommage d'un homme à la femme qu'il aime. Seulement si cela a échoué, elle sait qu'il ne le lui donnera jamais et pour Kendra c'est inacceptable. Si elle ne peut pas l'avoir, alors aucune autre femme ne l'aura. Dans ce cas de figure elle a déjà tout prévu, elle attendra que le roman soit édité et quelques jours plus tard, le célèbre écrivain Richard Castle perdra la vie dans un tragique accident de voiture. Mais elle oublie bien vite ses sombres pensées lorsque, sur l'écran, elle voit se dernier bouger légèrement. Il est en train de se réveiller, elle sort de la salle de contrôle et se dirige vers leur chambre.

Castle émerge lentement, il se sent bien, pourtant en s'étirant il ressent une légère douleur à son torse et grimace. Tout en cherchant la raison, il regarde autour de lui et sourit, immédiatement rassuré, il est dans leur chambre. Les rideaux sont tirés mais ne se joignent pas totalement et la lumière extérieure filtre par les interstices, projetant des raies fantomatiques dans la pièce. Rick se dit qu'il a dû faire une bonne grâce matinée, ce que lui confirme l'heure affichée, 13h36. La confusion gagne l'écrivain, il perçoit un malaise et sait tout de suite, même sans en avoir la preuve qu'il ne se réveille pas d'un simple sommeil. Du coup il veut en savoir plus sur ce qui lui cause cette douleur, il tente de s'assoir mais y renonce car sa tête lui tourne légèrement. Il attend quelques instants avant d'essayer de nouveau, c'est alors que la porte de la chambre s'ouvre et que la plus belle des femmes à ses yeux, vient vers lui tout en disant sur un ton de reproche.

- Richard ! Qu'est-ce que tu essaies de faire, dis-moi ! Tu n'es pas raisonnable. Attends, je vais t'aider.

Joignant le geste à la parole, Kendra l'aide à se redresser, elle angoisse car il ne dit rien, se contentant de la dévisager. Seul point encourageant il sourit timidement mais dans son regard, elle devine toutes les questions qui doivent se bousculer dans son esprit. La jeune femme va devoir la jouer tout en finesse, mais s'agit-il encore d'un jeu ? Elle n'en est plus certaine, car ses sentiments sont bien réels à cet instant, sa peur qu'il ne la croit pas, celle d'être rejetée, la joie de voir cet esquisse de sourire et surtout l'amour qu'elle éprouve pour son écrivain et qu'elle veut partager sans conditions. Alors non, elle n'a plus besoin de faire semblant désormais, la seule question est de savoir si elle va pencher vers un sentiment de bonheur ou de colère. Et ça, elle ne le sera qu'après la phrase qu'elle s'apprête à dire.

Pour l'instant Rick regarde sa femme, gêné, il ne sait pas trop si ce qu'il lit sur son visage est l'expression de sa colère ou de son inquiétude vis-à-vis de lui. Le fait qu'elle ait appelé Richard ne l'aide pas vraiment à y voir plus clair puisqu'elle emploie seulement dans ces deux cas précis. C'est pourquoi il sourit, il la connaît bien, il sait que son sourire la désarme, la plupart du temps.

- Je suis désolé mon cœur, dit-il tendrement.

- Vraiment ? J'ai parfois l'impression d'être mariée à l'homme le plus irresponsable de la planète, dit-elle entre agacement et lassitude.

- Eh… ne pleure pas, dit-il en prenant son visage dans ses mains. Je t'aime Kendra, tu es la femme la plus merveilleuse que je connaisse, ajoute-t-il ponctuant sa phrase d'un baiser d'une extrême douceur.

Les larmes de la jeune femme redoublent d'intensité, son cœur bat à un rythme effréné alors qu'elle lui rend son baiser. Avec douceur, elle se dégage pour aussitôt serrer Castle dans ses bras, enfouissant son visage dans son cou, respirant son odeur.

- Oh Rick, je t'aime tellement. J'ai eu si peur quand tu as fait ton malaise mercredi.

- Mon… malaise ? S'étonne-t-il.

Kendra se redresse pour lui faire face.

- Tu ne te rappelles pas ?

- Non, je… j'ai des tas d'images qui me viennent mais ça reste flou.

- Le Dr Philips m'avait prévenue, mais…

- Le docteur ? Qu'est-ce que j'ai ? Que m'est-il arrivé ? Pourquoi j'ai mal ? Dis-le moi Kendra, je t'en prie, explique-moi.

- D'accord… d'accord, mais avant calme-toi, accepte-t-elle en le repoussant doucement contre les oreillers. Je vais tout te dire mais il ne faut pas que tu t'énerves, ce n'est pas conseillé dans ton état. Alors essaie de te détendre pendant que je vais chercher quelque chose dans la salle-de-bain.

Elle revient très vite et pose le miroir qu'elle a ramené sur la table de nuit avant de s'assoir et de prendre les mains de l'écrivain dans les siennes.

- Très bien Rick, je vais tout te dire, mais j'aimerai que tu répondes à une question d'abord, tu veux bien ?

- Naturellement, je t'écoute.

- Bien, je voudrais que tu me dises quel est ton dernier souvenir, et je veux un souvenir précis dont tu te souviennes sans problème.

- Toi, assise dans un fauteuil et pleurant, mais je ne sais pas où.

- C'est très bien mais ce n'est pas ce que je t'ai demandé. Je te promets que nous allons y revenir. Réfléchis, avant ça.

- J'essaie, mais c'est difficile.

- Prends ton temps, ça va venir.

Elle le regarde faire un effort de mémoire souhaitant qu'il lui dise ce qu'elle attend, c'est primordial pour la suite. Car il s'agit d'un souvenir indispensable au scénario qu'elle a mis au point avec le Doc. Elle voit une petite étincelle de victoire dans son regard.

- Je sais, nous avions décidé de passer la journée ensemble à New York. C'est ce jour-là que je t'ai offert la robe que tu portes aujourd'hui.

- Oui, c'est très bien continue, l'encourage-t-elle.

- Nous avons fait de nombreux achats dans de nombreuses boutiques, à l'heure du déjeuner après avoir déposé les paquets dans le coffre de la voiture on a acheté une pizza que nous avons mangée à Central Park. L'après-midi nous avons été au SPA et tu as insisté pour que nous soyons massés dans la même pièce.

- Je n'aimais pas la façon dont cette fille te regardait.

- Jalouse, Madame Castle ? Demande-t-il avec le sourire.

- Non… enfin peut-être, un peu. Mais ce n'est pas le sujet, et après le SPA qu'avons-nous fait?

- Ok… j'ai réussi à te traîner au cinéma pour voir « Le faucon Maltais ». ensuite nous avons flâné dans les rues de Manhattan avant de retrouver ta sœur au restaurant «Le fourneau» pour le dîner. Je me souviens que nous venions à peine de prendre place à notre table quand un orage a éclaté. Tout se passait bien jusqu'à ce que tu reçoives un appel du directeur de ton entreprise. Un client appelait de Hong Kong je crois, et il voulait absolument te parler, un problème de délai et de pièces défectueuses. Ça t'embêtait de nous laisser, mais j'ai insisté pour que tu t'en occupes et Katiana s'est proposée pour me ramener au Manoir, comme ça tu pourrais rentrer plus tard avec notre voiture.

- Exactement et ensuite ? Après mon départ, que s'est-il passé ?

- Nous avons fini notre dessert, pris un café et nous avons quitté le restaurant. A partir de là ça devient assez flou, je me rappelle qu'il pleuvait fort, nous avons couru jusqu'à la voiture… ensuite, je ne sais plus, soupire-t-il frustré. Tu le sais, n'est-ce pas ?

- Forcément, mais avant de te révéler la suite, je voudrais que tu te regardes dans ce miroir et que tu me dises si les blessures que tu as aux visages éveilles des souvenirs ?

- D'accord, dit-il en prenant ce dernier. Bon sang !

Castle fixe son reflet stupéfait, il a un horrible coquard à l'œil gauche, une vilaine coupure sur la pommette droite et un bleu en haut de la tempe. Sans un mot il pose le miroir et soulève son t-shirt, son ventre et son torse sont eux aussi couverts d'ecchymoses. Il comprend mieux pourquoi il a mal, mais pas comment cela lui est arrivé. Il ferme les yeux et essaie de se rappeler de ce qu'il s'est passé une fois que Katiana et lui soient montés dans la voiture. Ils ont quitté New York, ils sont sur la nationale, elle ne roule pas très vite car malgré le balayage au maximum, la visibilité est très mauvaise. Il fait un effort de concentration et des flashs arrivent rapidement : d'abord un choc à l'arrière du véhicule, le cri aigu de Katiana, une lueur qui se rapproche, un deuxième choc plus violent, la voiture qui fait un bond en avant, des cris, lui qui se retourne et voit juste des phares s'approchant très vite... ensuite plus rien. Alors qu'il croit que c'est terminé il a d'autres visions, il est coincé dans la voiture qui repose sur le toit, il ne voit rien, il appelle Katiana mais elle ne répond pas. Il tend la main trouve son visage et sent un liquide poisseux sous ses doigts puis c'est le trou noir.

- Un accident ! On a eu un accident ! Une voiture nous a percutés en voulant nous doubler, c'est à ce moment que j'ai été blessé. Ta sœur… elle… elle est morte, finit-il en larmes.

Il enlace Kendra lorsqu'elle vient se blottir dans ses bras, elle aussi en larmes. Seulement ce ne sont pas des larmes de tristesses mais de joie intense car Rick se souvient exactement de ce qui était prévu. Maintenant c'est à elle de poursuivre le récit pour réveiller chez lui, les autres souvenirs épars qu'ils lui ont implantés. Alors tout en restant contre lui.

- Oui, elle est morte sur le coup, la nuque brisée. Ça c'est passé il y a dix jours, c'est grâce aux feux de la voiture qui sont restés allumés qu'un automobiliste l'a vu et a appelé les secours. Ça a été la nuit la plus horrible de ma vie, je venais de perdre ma sœur mais en plus en arrivant à l'hôpital le médecin m'annonce que tu es dans le coma.

- D'où ma mémoire défaillante.

- En partie mais aussi à cause du traumatisme crânien que tu as eu. Heureusement ton coma était léger et tu n'es resté que trois jours inconscient. Ton souvenir de tout à l'heure, c'était à ton réveil.

- Oui, je me souviens le médecin a voulu me garder en observation.

- En effet, il craignait que tu ne replonges dans le coma. Il t'a gardé trois jours de plus. Je suis venue te chercher le mardi et…

- Tu m'as amené sur la tombe de Katiana et là tu as dis une chose étrange. Qu'elle était morte à ta place.

- C'est malheureusement vrai, la police a fait une enquête car la voiture qui vous a percuté l'a fait volontairement, tout l'arrière de votre véhicule était défoncé. Un 4x4 muni d'un pare-buffle a été retrouvé abandonné et brûlé dans un chemin forestier, deux jours après l'accident.

- Quoi ! S'exclame-t-il en l'écartant et en posant ses mains sur ses épaules. Tu veux dire que quelqu'un cherche à te tuer ! Et comme Katiana était avec moi, le tueur a cru qu'il s'agissait de toi. Mais pourquoi ?

- Je ne sais pas, le FBI s'occupe de l'affaire maintenant. Tu sais une personne dans ma position se fait forcément des ennemis pour de multiples raisons. Mais rassure-toi, j'ai un garde du corps avec moi désormais, il s'appelle Ed et il me suit comme mon ombre….enfin quand je ne suis pas au Manoir.

- J'espère qu'ils trouveront celui qui te veut du mal. Dit-il en la prenant dans ses bras.

- J'en suis sûre.

- Je me souviens pour mercredi….enfin je pense. Tu as décidé de rester près de moi pendant ma convalescence, tu nageais et moi j'essayais d'écrire, je dis bien essayais car je ne te quittais pas des yeux en fait. Subitement j'ai eu mal à la tête, des lancées aigues je me suis levé et j'ai voulu te dire que je montais me reposer lorsque je suis tombé.

J'ai eu très peur, j'ai demandé à mon garde du corps de te transporter dans notre chambre et j'ai immédiatement contacté le Dr Philips. Il t'a examiné et m'a rassurée tu n'étais pas dans le coma. Comme tu répondais bien aux stimuli, il a été d'accord pour que tu reste ici. Il m'a expliqué qu'avec le choc de l'accident et le choc émotionnel ton corps avait besoin de récupéré et que tu n'étais plongé que dans un profond sommeil, et plutôt agité jusqu'à hier matin.

- Je te promets que je vais mieux maintenant et je ne ferai pas d'efforts inutiles.

- De tout façon tu n'as pas vraiment le choix car je vais y veiller, tu peux en être sûr. D'ailleurs je vais te laisser le temps de te préparer quelque chose à manger.

- Je veux bien, je meurs de faim et si tu pouvais tirer les rideaux avant, j'aimerai bien voir la lumière du jour.

- Bien Monsieur. Se moque-t-elle.

Mais la dernière chose que veut Kendra est de quitter l'étreinte de ses bras, elle se sent tellement bien. Et cette situation à l'air de plaire aussi à Castle qui ne fait aucun geste pour l'écarter de lui. La jeune femme sent pourtant une de ses mains venir se poser sur son poignet droit et un pouce caresser doucement celui-ci ou plutôt le bijou qu'elle porte.

- Tu te souviens du soir où je te l'ai offert ? J'avais peur qu'il ne te plaise pas.

- Oh oui je m'en souviens, tu n'arrivais pas à aligner plus de deux mots sans bégayer. Et je crois que tu peux être rassuré sur ce point, je ne le quitte plus depuis cet instant.

- Et tu m'en vois ravi, dit-il en l'embrassant.


Au même moment, dans son appartement Kate s'installe confortablement sur son canapé avec son ordinateur. Elle a parlé de son idée à l'agent Shaw qui l'a trouvée excellente et maintenant elle s'apprête à tenter le Diable en personne.