Un chapitre allongé pour finir- je l'espère- en beauté ! :D

EPILOGUE (10 ans plus tard) :

TRIS POV :

Un jour. Une semaine. Un mois. Un an. Dix ans.

Dix ans ont passé depuis que Tobias et moi avons emménagés ensemble.

Beaucoup de choses peuvent se passer en dix ans... Et je ne parle que de chez les Sans-factions.

Les événements ont commencé lorsque Manu et Elina ont officialisé leur relation. Ça leur a pris deux mois de plus pour comprendre qu'ils étaient vraiment attirés l'un par l'autre. Mais ensuite, ça leur a pris 5 mois supplémentaires pour se séparer en restant amis. Ils s'aiment, ça ne fait aucun doute mais pas dans le sens amoureux. Tant qu'ils sont heureux avec leur accord, je suis heureuse. Malheureusement, cette séparation n'a pas été simple car ils se sont disputés et cette dispute à eu des répercussions sur mon couple. Tobias et moi nous sommes séparés pendant 4 mois.

Tout était assez confus à cette époque. On se disputait pour un oui ou pour non et après la dispute de trop, il a pris son sac et est retourné chez lui. Je m'en voulais et j'avais le cœur brisé. La seule chose qu'il me restait était ma fierté et je ne lui ai pas parlé. Tobias étant tout aussi fier que moi, ne m'a pas adressée la parole non plus. On s'est croisés quelques fois et à chaque fois, on baissait les yeux et partait dans une autre direction.

Un jour, alors que je faisais un footing dans le pré, Tobias et Mason y étaient. Mason venait de temps à autre pour passer du temps avec moi, ce qui n'était pas pour me déplaire. Il était presque ma seule façon de penser à autre chose mais il me faisait aussi beaucoup penser à Tobias. C'était assez difficile pour moi. Donc, lorsque je les ai vus, Mason a couru vers moi pour me sauter dans les bras mais ne m'attendant pas à ça, j'ai trébuché. J'ai toujours été maladroite et pendant cette chute, je me suis tordue la cheville. Je n'arrivais pas à me relever et la seule façon pour moi d'être examinée était que Tobias me porte. Il m'avait emmenée chez Evelyn qui m'a donnée une attelle pour une semaine. C'est quand il m'a déposée chez moi sur ordre de sa mère que nous avons discuté. Nous avons mis tout nos problèmes au clair et nous sommes réconciliés. Il est revenu vivre avec moi deux semaines plus tard et depuis ce jour, nous ne nous sommes plus séparés.

Cinq ans plus tard, nous nous sommes mariés. La cérémonie était simple avec seulement quelques personnes et nous avions demandé à Evelyn elle-même de nous marier, ce qu'elle a fait avec plaisir. Nous avons passé notre lune de miel au chalet. Désormais, à chaque anniversaire de mariage ou lorsque nous voulions passer une soirée entre nous, nous nous rendons au chalet pour être entre nous.

Aujourd'hui, nous sommes parents d'une magnifique petite fille de 2 ans. Elle s'appelle Rachel et Tobias l'adore. Il est fasciné par l'enfant et ne la laisse plus seule. Lors de l'accouchement, Tobias a tellement paniqué qu'il m'a ramenée chez sa mère. Ce n'était pas la chose la plus intelligente à faire car lorsqu'elle s'est rendue compte de la situation, Tobias m'avait posée sur le canapé et il était trop tard pour m'emmener chez un médecin. C'est donc Evelyn qui m'a aidée à mettre au monde sa petite-fille. J'ai bien cru ce jour-là que Tobias allait tomber dans les pommes sous le stress. J'ai dû le gifler pour le ramener à la réalité.

En ce moment, il est partie chez Evelyn avec Rachel pour discuter de quelques choses de leader. Il a refusé de la laisser là car il veut que je me repose. Bébé numéro deux est en chemin et il ne reste que 3 mois avant son arrivée. Il a peur que j'en fasse trop mais je ne l'écoute pas. Je suis encore en pleine forme et profite de son absence pour ranger un peu la maison. Je nettoie la cuisine lorsque j'entends la porte d'entrée s'ouvrir. Tobias parle avec Rachel en lui expliquant qu'elle doit attendre qu'il lui a enlevé son manteau pour qu'elle puisse partir. Je les rejoins dans l'entrée, Tobias ne lui a enlevé qu'une seule chaussure sur les deux. Elle serre mes jambes et je la prends dans mes bras. J'embrasse sa joue pendant que je la replace sur ma hanche. Tobias retire sa petite chaussure puis m'embrasse à mon tour.

-Qu'est-ce que tu faisais ? Demande-t-il.

-Je nettoyais un peu la cuisine mais rien de fatiguant, promis.

Il sourit avant de replacer un baiser sur mes lèvres.

-Tout s'est bien passé avec ta mère ?

-Bien sûr.

Il récupère la petite fille de mes mains et la pose au sol. Elle marche vers le canapé puis grimpe dessus en attrapant une de ses peluches. Tobias place ses mains sur mon ventre en souriant.

-Alors, comment il était aujourd'hui ?

-Agité. J'ai tellement envie de savoir si c'est une fille ou un garçon.

-Moi aussi mais on était d'accord pour attendre.

-Oui,oui...on va attendre.

Je récupère le manteau de Rachel qu'il a laissé sur la petite table dans l'entrée. Je l'accroche au porte-manteau puis marche vers la chambre de ma fille. Je range ses quelques peluches et ses jeux puis ramasse son pyjama pour le laver. Je lance une machine lorsque deux bras forts s'enroulent autour de moi.

-Manu m'a appelé pour qu'on passe du temps ensemble mais je reviens dans une heure, ma mère nous a invités à manger.

-Je vais passer à la boulangerie alors avant d'y aller alors. On se rejoins là-bas ?

-D'accord.

Il m'embrasse puis s'éclipse hors de la pièce. J'entre dans le salon où Tobias finit de remettre des chaussures aux pieds de notre fille.

-Je m'en occupe. Dis-je en prenant la deuxième chaussure de ses mains.

Il sort en attrapant son portefeuille et je me mets à genoux devant elle. Je lace ses chaussures mais elle continue de jouer avec sa peluche.

-On y va ma puce ?

Je cherche sa veste et l'emmitoufle à l'intérieur. On est en hiver et je ne veux pas qu'elle ai froid. Je mets ma veste puis la prends dans mes bras.

Je marche vers la boulangerie et la pose par terre avant d'entrer. Mamie nous voit entrer et me sourit.

-Mais regardez qui est là !

Elle attrape la petite fille qui a marché vers elle et la prends dans ses bras. Mamie traite Rachel comme sa petite-fille ou son arrière petite-fille. Elle l'adore.

-Mamie ! Dit Rachel.

Je retire son bonnet son écharpe puis ma veste. Mamie regarde mon ventre en souriant.

-Comment ça se passe avec celui là ?

-Très bien. Il bouge beaucoup. Surtout lorsque Tobias lui parle.

Je m'excuse pour aller aux toilettes mais en ressortant, je vois Dan qui travaille dans l'atelier.

-Salut.

Il lève les yeux puis sourit.

-Salut.

Je l'enlace puis regarde ce qu'il fait.

Dan a été le premier à savoir pour ma première grossesse. J'avais tellement peur de le dire à Tobias que je l'ai dis à Dan. Il m'a conseillée sur la façon de lui dire puis il m'a presque enfermée dans la même salle que Tobias pour que je lui dise.

Ça lui a prit 8 mois pour se trouver un petit copain et donc pour oublier ses sentiments pour mon mari. C'était un peu étrange au début quand je le voyais poser les yeux sur Tobias mais au fur et à mesure, Dan ne le regardait plus de la même façon.

Le boulanger adore ma fille, tout comme son père. Il se considère comme un oncle et pour moi, il l'est. Il est comme mon frère ; il me taquine, on se dispute mais on s'adore.

J'ouvre le placard et sors de la farine. Je mets un tablier mais lorsque je veux le fermer, Dan me stoppe.

-Je peux savoir ce que tu fais ?

-Evelyn nous a invités ce soir, j'aimerais faire un petit quelque chose.

-Mamie t'a interdit de venir travailler.

-Je sais mais je ne travaille pas vraiment et je ne suis que enceinte de 6 mois.

- Ça on s'en fiche. Tu ne ferras rien.

Il retire mon bol mais je le reprends.

-Je ne vais que faire un gâteau au chocolat. Arrête de me considérer comme une handicapée. Ne fais pas comme Tobias.

-Je t'aide alors.

J'accepte ce compromis à contrecœur parce que je sais que c'est tout ce que j'aurais. Il ne me laissera pas le faire seule.

Alors que nous commençons, Mamie nous rejoins en tenant la main de ma fille. Elle me lance un regard noir quand elle me voit travailler.

-Tris !

-Ne t'en fais, je ne fais rien de fatiguant. Et Dan m'aide.

Elle assied Rachel sur une chaise haute pour qu'elle puisse me voir travailler. Elle sourit lorsque je lui fais une grimace.

-Fais quoi ? Demande-t-elle.

-Un gâteau pour Mamie Evy.

-OUI !

Mamie attache ses cheveux blonds pour qu'elle n'en ai pas dans la figure puis repose ses mains sur le ventre et le dos de l'enfant afin qu'elle ne bascule pas.

Je place le bol dans l'évier pour tout laver plus tard mais après avoir posé Rachel au sol, Mamie a commencé à tout nettoyer.

-Mamie, je le ferrai après. Laisse-ça.

-Mais non, ça ne me dérange pas.

Je soupire mais ne réponds pas. Je sais que c'est perdu d'avance et que je ne gagnerai pas. Je sens quelque chose qui tire mon pantalon. Je regarde vers le bas pour voir Rachel qui se tient fièrement debout avec sa peluche dans les mains. J'essuie mes mains sur un serviette puis la prends dans mes bras.

-Tu veux aider maman ?

-Oui !

Je place sa main sur la spatule puis en gardant ma main sur la sienne, mélange doucement. Elle m'offre un sourire paré de presque toutes ses petites dents. J'embrasse sa joue puis elle enroule ses bras autour de mon cou. J'essaie de continuer le gâteau mais c'est quasiment impossible avec une seule main alors Dan prend la relève. Je m'assieds en la posant sur mes genoux puis joue un peu avec elle. Dan met rapidement le gâteau au four puis s'accroupit à côté de nous. Rachel sourit en le voyant et se jette dans ses bras. J'en profite pour rejoindre Mamie qui a déjà tout nettoyé.

-Je t'ai dis que j'allais le faire.

-Ta fille demandait ton attention et ce n'est qu'un peu de vaisselle, je peux le faire.

-Merci.

Elle pose son tablier puis on rejoint Dan et Rachel. Rachel est debout sur ses genoux à jouer avec ses cheveux alors qu'il tient ses côtés pour qu'elle ne tombe pas. Je ne sais pas ce qu'elle a avec les cheveux mais elle adore ça, surtout ceux de Tobias. Ils sont très épais et lorsqu'ils sont assez long, elle peut passer des heures à jouer avec avant de s'endormir. Elle aime beaucoup les miens parce qu'ils sont long mais sans plus.

Elle continue de jouer avec ses cheveux mais il me regarde.

-Tu as de la chance de l'avoir, elle est adorable.

-Oui, mais tu devrais la voir le soir. Elle adore quand Tobias lui lit une histoire et généralement elle s'accroche à lui en s'endormant. Il prend entre 10 et 20 minutes pour se lever sans la réveiller.

Il sourit puis grimace quand elle lui tire les cheveux. Ça aussi elle aime bien le faire.

Le temps passe et il est temps de partir. Le gâteau a eu le temps de refroidir pendant que l'on discutait. Je le porte à une main et la tiens contre moi avec l'autre. On arrive chez Evelyn mais ayant les mains occupées, je la regarde.

-Tu tapes à la porte ?

Il ne faut pas lui dire deux fois et elle frappe. Sauf qu'elle est tellement heureuse et c'est à peine si elle l'effleure. Je m'apprête à la poser quand j'entends un rire.

-Besoin d'aide ?

-S'il te plaît.

Tobias prends l'enfant de mes bras puis ouvre la porte sans toquer. Je retire mes chaussures à l'intérieur puis pose le gâteau dans la cuisine alors que Tobias retire la veste de notre fille pour la deuxième fois aujourd'hui. Evelyn est dans la cuisine entrain de cuisine et elle m'entend entrer.

-Tris, comment vas-tu ?

-Bien, merci.

-Où est le petit ange ?

-Tobias l'aide à enlever sa veste.

Quand je finis de dire ça, une petite blonde trottine dans la cuisine, elle attrape les jambes d'Evelyn pour les enlacer. La grand-mère la prend dans ses bras.

-Bonjour ma princesse.

Je retire le bonnet qui était resté sur sa tête puis le pose sur la table.

-Où est Mason ?

-Dans sa chambre. Il vient juste de rentrer.

Je passe à côté de Tobias pour aller vers la chambre de son frère. Je toque doucement et j'entre après qu'il m'en ai donnée la permission.

-Salut.

Il lève la tête de son oreiller dans lequel il l'avait enfouie puis me regarde.

-Salut. Dit-il froidement puis replonge sa tête dans l'oreiller.

- Ça a pas l'air d'aller. Dis-je en m'asseyant à côté de lui.

-T'es douée, tu devrais être voyante.

Je pose ma main sur mon épaule.

-Je n'ai rien fait, tu n'as besoin de t'énerver contre moi.

-Si c'est de ta faute ! J'en ai assez d'être rejeté parce que Rachel est là. Vous êtes tous autour d'elle et j'ai l'impression de ne plus exister.

-Je vois...Elle a deux ans Mason. Elle a besoin d'avoir quelqu'un pour la surveiller, lui donner à manger, la laver, l'habiller. On doit tout faire pour elle. Toi tu as 14 ans et tu es autonome. N'oublie pas que pendant longtemps, c'est toi qui était le centre d'attention.

Il ne répond et ne bouge pas sa tête.

-Je me doute bien que ce n'est pas le seul soucis...dis-moi ce qui ne va pas.

Il lève sa tête puis me regarde. Ses yeux bruns clairs tout comme ses cheveux. Il a les mêmes cheveux que Tobias et si ses yeux étaient bleus, on pourrait croire que Tobias se tient devant moi à la place de Mason.

-Je trouve ça injuste qu'elle ait un père mais que moi je n'en ai jamais eu. Tobias est génial avec elle et moi j'ai grandi sans père.

-Je sais que c'est difficile pour toi mais tu sais qu'on est tous là pour parler si tu en as besoin. Tu es à un âge où on se pose beaucoup de questions et je suis certaine qu'on a des réponses.

-Si tu parles du 'Comment on fait les bébés ?', tu arrives trop tard. Je suis au courant. Plaisante-il.

Il perd son sourire quand il voit mon regard désapprobateur.

-Je suis sérieuse. Si tu as des choses que tu n'oses pas dire à ta mère, tu peux en parler à Tobias. C'est ton frère.

-J'y penserai. Merci Tris.

-De rien petit casse-cou.

Il grogne face au surnom et se lève.

-Je t'ai déjà dit que j'aime pas ce surnom. Et tu peux dire à Tobias qu'il doit arrêter avec son 'Petit chef'.

-Tu lui diras tout seul comme un grand. Maintenant aide-moi.

Il prend mes mains et m'aide à me lever. Je le prends dans mes bras. Il est presque aussi grand que moi, il sera aussi grand que Tobias un jour.

-Tu peux me lâcher ? Demande-t-il.

-Je me rappelle quand tu avais encore 4 ans. C'est passé si vite.

-Tu parles du temps où tu étais encore jeune ? Plaisante-il.

Je lâche avec un regard noir.

-Sale gosse !

Il part en riant vers la cuisine alors que je le suis à mon rythme en souriant. Quand j'arrive chez les autres, Mason a Rachel dans ses bras. Je m'arrête à côté de Tobias qui passe son bras autour de moi.

-Tout va bien ?

- Ça va, pourquoi ?

-Vu ton regard, on pourrait croire que tu veux tuer Mason.

-Oh non, tout va bien. Il m'a juste fait comprendre que je suis vieille. Dis-je en haussant la voix pour qu'il m'entende.

Il sourit fièrement en rendant ma fille à Evelyn. Tobias rit mais Evelyn frappe gentiment l'arrière de la tête de son cadet.

-Si Tris est vieille, je suis quoi moi ?

-Tu es ma maman que j'aime ? Essaie-t-il de se défendre.

-Tu t'en tires bien pour une fois...Allez, à table.

Je récupère Rachel pour la poser dans la chaise haute à côté de moi. Evelyn place le repas sur la table puis la portion spéciale pour Rachel. Je la remercie en la donnant au petit monstre qui a déjà attrapé la cuillère.

On discute de tout et de rien, de mon travail, de celui de Tobias et Evelyn, de l'école de Mason et de Rachel.

À la fin du repas, je me propose d'aider à nettoyer mais si Tobias le pouvait, il m'aurait clouée à la chaise.

-Je m'en occupe. Affirme-t-il.

Je le regarde s'éloigner en soupirant de frustration.

-Ecoute-moi bien Mason, le jour où ta femme sera enceinte, ne la considère pas comme une handicapée ou tu risques d'avoir des problèmes avec elle.

-C'est noté.

Tobias et Evelyn reviennent avec mon gâteau, des cafés et une tasse de thé pour moi. Je coupe un morceau à tout le monde puis donne un petit morceau à Rachel. Elle met des miettes partout mais ça ne nous dérange pas plus que ça, question d'habitude.

On s'assied sur le canapé, en laissant l'enfant jouer sur le sol. Mason est retourné dans sa chambre. Un second morceau de gâteau est entre main.

-C'est toi qui a fait le gâteau ? Demande Evelyn.

-Oui, tout à l'heure.

-Tris ! S'exclame Tobias. Je t'avais dit de ne plus rien faire.

-Tu t'entends parler des fois ? Je ne suis enceinte que de 6 mois mais à t'entendre on pourrait croire que je suis à 8 mois et que j'attends des quintuplés. Ce bébé ne va pas m'empêcher de vivre. Je peux encore faire un gâteau.

-Elle a raison Tobias.

-Comment crois-tu que les femmes Audacieuses font quand elles attendent un enfant ? Qu'à partir du cinquième mois, elles s'allongent et ne bougent plus jusqu'à qu'elles pondent l'enfant ?

Enervée, je pose l'assiette sur la table basse en faisant beaucoup de bruit involontairement. Rachel lève sa tête vers le bruit puis après l'avoir fixé quelques secondes, elle continue à jouer.

-Mon cœur, je suis désolé.

Il essaie de prendre ma main mais je la repousse.

-Tobias, va chez Mason un peu. Je pense que Tris et moi devons discuter.

Il se lève, plutôt grognon puis disparaît dans la chambre de son frère. Je me laisse tomber contre le dossier du canapé en posant ma main sur mon ventre.

-Il s'en remettra. Déclare-t-elle.

Je souris faiblement mais ne dis rien. Elle s'installe à côté de moi et me prend dans ses bras comme le ferait une mère.

-Ne t'en veux pas pour ça. Tes hormones te jouent des tours et il te traite comme un bébé. J'aurais réagi comme toi avec le père de Mason.

-J'ai l'impression de toujours être en colère contre lui. Toute la journée, le stress et la pression s'accumulent et lorsqu'il me fait un tout petit reproche, je pète un câble. J'en ai assez.

-Il comprend tout à fait. Il réagit comme si il ne comprenait pas mais je connais mon fils, il le sait et il t'aime. Vous avez déjà une petite fille, ne l'oublie pas... Mais essaie d'être plus calme avec lui.

-Je vais essayer. Merci Evelyn.

-C'est normal.

Rachel se lève puis marche vers moi. Elle tend ses bras pour que je la porte.

-Maman !

Je l'assieds sur mes genoux et elle se blottit contre moi. Je caresse doucement ses cheveux puis tourne ma tête vers la porte de la chambre de Mason.

-Je me demande de quoi ils peuvent parler. Sourié-je.

-Connaissant mes fils, je n'ai pas très envie de savoir.

-C'est pas faux.

TOBIAS POV :

Tobias arrête de faire çi, Tobias arrête de faire ça. Tobias, tu m'énerves. Tobias, je ne suis pas en sucre.

Je l'aime, ça il n'y a aucun doute mais il y a des jours... Elle est enceinte, je le conçois mais ce n'est pas ma faute si je m'inquiète pour elle. Depuis l'attaque de Val et Peter, je ne peux pas la laisser seule sans m'inquiéter. Je sais que ça fait 10 ans mais elle est une des femmes les plus importantes de ma vie. J'entre dans la chambre de mon frère sans toquer, il est au téléphone.

-Laisse-moi t'expliquer, il ne s'est rien passé ! Mais non, c'est Paul qui était avec elle...Ouais, c'est ça, tu me rappelles...

Il raccroche puis jette le téléphone sur le lit et s'assied, la tête dans les mains.

-Tu veux en parler ? C'est encore à cause de ….Camille ?

-Oui, elle est persuadée que je la trompais avec une de ses amies mais Paul m'a dit qu'il était avec elle. C'est compliqué.

-Je vois ça. Mais t'en fais pas, ça va s'arranger. Vous êtes ensemble depuis 2 mois seulement.

-3. Rectifie-t-il.

-3, pardon.

Je m'assieds à côté de lui.

-Tris t'a foutu dehors ? Demande-t-il pour changer de sujet.

-Maman m'a foutu dehors. Tris commençait à s'énerver pour un rien...encore.

Il sourit et je sais qu'il a quelque chose derrière la tête.

-Crache le morceau.

-Rien.

-Mason. Grogné-je.

-Tobias. Répond-il sur le même ton.

-T'es peut-être mon petit frère, j'hésiterais pas à te torturer.

-Et comment tu ferrais ça ?

Je prends son cou dans le creux de mon bras et avec mon autre poing, je frotte sur ses cheveux. Il se débat en me hurlant dessus mais je ne le lâche pas.

-Ok, ok, j'ai rien dit. Lâche-moi maintenant.

Je fais ce qu'il me demande et il me fusille du regard en se recoiffant.

-Tu devrais grandir un peu. Dit-il.

-C'est toi qui dit ça ?

On rit ensemble mais après quelques secondes, il redevient plus sérieux.

-Tobias, je peux te parler de quelque chose ? Tris m'a dit que je pouvais te parler si j'en avais besoin.

-Bien sûr. J'ai toujours quelques minutes pour toi.

-Merci...C'est à propos de Camille. Je sens que ça va casser.

-Pourquoi tu dis ça ?

-Je sais pas...elle repousse ma main quand on se promène, elle devient plus froide quand on est avec le groupe. Je ne comprends plus rien.

Je sourit, heureux de pouvoir l'aider.

-C'est là où tu te trompes. Une fille qui ne s'intéresserait plus à toi ne te ferrait pas une crise de jalousie comme ça, je l'entendais hurler à travers le téléphone et pour le reste, il doit y avoir une explication. Tu dois juste lui parler pour tout remettre au clair.

-Merci Tobi.

-De rien Petit Chef.

Il s'allonge sur le lit, un sourire ornant son visage.

-Dis Tobias, t'as pas des conseils pour plaire ?

-Quoi ?

Il se redresse sur ses coudes pour me regarder.

-Tu sais, pour être sûr que c'est pas à cause de mon physique qu'elle risque de me larguer. Et que je ne finisse pas ma vie seul si c'est le cas.

-Mason, tu as presque 15 ans. Tu sais combien de copines j'avais déjà eu à mes 15 ans ?

-5 ? 6 ? Tente-il.

-0. J'ai eu ma première copine à 18 ans.

-T'es sérieux ?

-Mhm. Et je pense que tu peux deviner qui c'est ?

-Elina ?

-Non !...Ne dis jamais ça à Tris.

-C'était Tris ?

-Oui. On ne t'a jamais rappelé que c'est grâce à toi ?

-Grâce à moi ?

-Tris a été expulsée à cause d'une blessure quelques jours après mon arrivée ici.

-Oui, je sais.

-Le premier jour, Tris est venue voir maman pour la soigner et toi, quand tu lui as parlée, tu lui as tout de suite demandée si elle voulait être mon amoureuse.

-Et elle a dit oui ?

-Non, elle ne savait pas encore qui j'étais. Pour la faire courte, tu nous as soûlés tout les deux pour qu'on se rencontre. Et plus tard, on s'est rencontrés.

-Le fameux coup de foudre ?

-Comment tu sais ça ?

-J'ai entendu Elina et Manu en parler.

-Bref, c'est grâce à toi qu'on s'est rencontré et que je l'ai embrassée.

-Tu l'a embrassée la première fois ? T'étais si sûr de toi ?

-Non, je l'ai fait parce que tu insistais. Je l'ai embrassée sur la joue mais toi, tu voulais un vrai baiser.

Je vois qu'il essaie de retenir son rire, tout comme moi.

-Je suis certain que t'étais pas contre.

Je souris au souvenir, c'est comme si c'était hier.

-Pas du tout et maintenant que j'y pense, elle ne devait pas être contre non plus.

Il se recouche en passant ses bras sous sa tête puis sourit.

-Je suis génial !

-Tout ça pour te dire que tu as encore le temps pour une copine. Tu es encore jeune et tu trouveras la bonne quand tu t'y attendras le moins. Et si tu veux, je peux convaincre maman de t'emmener à la salle pour te faire faire des petits exercices pour te muscler un peu.

-Tu ferrais ça ?

-Zeke et Uriah faisant de la muscu dès leur 13 ans, je ne vois pas pourquoi ça serait interdit.

-Merci.

-Par contre, c'est toi qui va devoir parler à maman. Si c'est moi, elle dira non.

La porte s'ouvre doucement et on se tourne vers Tris. Elle entre puis s'assied sur mes genoux.

-Vous parliez de quoi ? Je ne vous dérange pas j'espère.

-Pas du tout. Ça va mieux ?

-Oui...je suis désolée.

Je replace une mèche de cheveux derrière son oreille et lorsque nos lèvres se trouvent à quelques centimètres l'une de l'autre, on entend quelqu'un tousser.

-Si vous vous embrassez, je vous promets que je vais vomir.

Je souris en regardant mon petit frère. Tris pose sa tête contre mon épaule et caresse son ventre. Elle prend ma main pour me faire sentir les petits coups de notre enfant dans son ventre.

-On va devoir y aller Tobias. Rachel s'est endormie dans les bras de ta mère.

-D'accord.

Elle se lève et nous sortons tout les trois. Je récupère ma fille qui s'accroche à moi dans son sommeil. Tris place une couverture sur elle pour la tenir au chaud pendant que l'on marche car il est impossible de lui mettre sa veste. Elle l'enveloppe bien et moi aussi par la même occasion.

-Je te ramène la couverture demain. Assure Tris.

On leur dit au revoir et je rappelle à Mason de parler à notre mère.

Lorsque nous arrivons à la maison, je dépose immédiatement Rachel dans son lit en l'emmitouflant dans sa couette. Je l'observe dormir quelques minutes puis décide de rejoindre Tris dans notre chambre. Elle n'est pas là mais je vois de la lumière sous la porte de la salle de bain, juste en face de la chambre.

Je mets rapidement mon pyjama puis m'allonge et l'attends. Elle sort rapidement cachée sous des couches de vêtements. Bizarrement, elle a souvent froid la nuit malgré le fait qu'elle soit ensevelie sous trois couvertures. Elle se blottit contre moi et passe sa main sous mon t-shirt pour toucher mon ventre.

-J'aime pas l'hiver. Dit-elle.

-Pourquoi ?

-Il fait froid, il pleut et tu portes un pyjama la nuit.

Je souris malgré moi.

-Mon cœur... Tu ne te souviens pas de Noël i ans ? Il neigeait et on l'avait passé tout les deux au chalet devant la cheminée. Et si je me rappelle bien, il n'a jamais été question de pyjama ce soir là.

Elle relève son visage vers moi, un visage souriant.

-C'est vrai. Tu penses qu'on pourrait le refaire cette année ?

-Je vais devoir ajouter un lit pour Rachel mais oui, c'est faisable.

-Merci.

Elle dépose un baiser sur mes lèvres puis se replace dans sa position préférée. Nous nous endormons quelques minutes plus tard.

Je suis réveillé en pleine nuit par le son d'un enfant qui pleure et qui crie 'Papa'. Tris se réveille aussi mais je l'empêche de se lever.

-Recouche-toi. J'y vais.

J'embrasse son front puis marche vers la chambre de notre fille. J'ouvre la porte, elle est entrain de pleurer sur son lit alors je la prends immédiatement dans mes bras. C'est toujours moi qu'elle appelle la nuit quand elle fait un cauchemar.

-Tu as fait un mauvais rêve ? Demandé-je.

Elle hoche la tête puis se recolle à moi. Je caresse se cheveux en la berçant un peu et en murmurant des mots de réconfort dans son oreille. Je sens que sa prise sur ma main se détends et son corps s'affaisse un peu. Je la repose dans son lit et la couvre à nouveau. Je retire des cheveux de son visage avant de retourner chez Tris. Elle est encore réveillée- elle ne se rendort jamais quand Rachel se réveille, elle attend toujours que je revienne et que je lui dise que tout va bien- mais elle est dans un état de mi- sommeil. Sa tête tombe contre le coussin mais elle la relève à chaque fois et ses yeux sont fermés, elle se bat pour les laisser ouverts.

Comme pour notre fille, je l'allonge dans le lit et mets la couverture sur elle.

-Elle va bien. Juste un cauchemar.

Tris hoche la tête puis sa tête retombe sur le coussin et elle s'endort aussitôt. Je m'allonge à côté d'elle et comme elle est sur son dos, je regarde son ventre. Il est bien défini malgré le fait qu'elle ne soit qu'à 6 mois de grossesse, sûrement parce qu'elle n'est pas très grande et plutôt fine. Je pose ma main dessus et sens des petits coups contre ma paume. Elle bouge en peu en grognant mais ne se réveille pas alors je laisse ma main. Je le caresse doucement puis dépose mes lèvres dessus.

-Je t'aime. Sois sage là-dedans.

Je me recouche, regarde Tris quelques secondes puis ferme mes yeux.

Le lendemain matin, je suis secoué par le bras énergiquement. Je grogne en me retournant dans mon oreiller.

-Tobias ! C'est très important !

Je m'assieds immédiatement, beaucoup plus alerte. C'est le bébé ! Il y a un soucis !

-Quoi ? C'est le bébé ?

Je la force à s'asseoir puis prends son visage en coupe dans mes mains. Elle sourit puis retire mes mains de son visage.

-Le bébé va très bien.

Je lâche un soupire de soulagement.

-Ta mère a appelé, selon elle, un groupe de personnes est arrivé et a demandé où nous habitons. Elle a dit qu'une des personnes s'est présentée comme étant Zeke.

-Quoi ?

-Ils arrivent dans 5 minutes.

Je retire mon t-shirt puis mon pantalon et cours vers l'armoire. J'entends Tris rire derrière moi.

-Chéri, du calme.

-Ils vont arriver, tu n'es pas habillé, je ne suis pas habillé, la maison n'est pas rangé, on ne s'est pas vu depuis 6 ans !

Elle s'approche puis caresse mes joues.

-Premièrement, tu vas te calmer. Ensuite, tu vas te préparer. S'ils doivent attendre, ils attendront. Tu leur ouvriras la porte et je vais m'occuper de Rachel. Mets un pantalon maintenant.

J'attrape mes vêtements rapidement alors que Tris disparaît. Je cours dans la salle de bain pour vérifier que je suis présentable. J'aurais peut-être dû me raser. Tant pis.

J'entends un bruit assez fort à la porte et si Tris n'a pas réveillé Rachel, ce coup à dû le faire. Je me dirige vers la porte.

-Quatre ! Ramène tes fesses ici et ouvre cette porte ! Hurle une voix qui ne peut être que celle de Zeke.

-Zeke! Le réprimande Shauna.

Je souris, même des années plus tard, ils n'ont pas changés. J'ouvre la porte pour faire face à 5 personnes. Zeke, Shauna, Uriah, Christina et Will. Dont une Christina très enceinte.

Shauna est la première à me prendre dans ses bras mais Zeke la pousse presque.

-À mon tour !

On s'enlace, heureux de se revoir après toutes ces années.

-Où est-elle ? Intervient Christina.

-Elle est chez la petite.

Christina lâche un cri aigu et Will passe son bras autour de ses épaules pour la calmer. Je les laisse entrer puis ferme la porte derrière eux. On s'assied sur le canapé et je leur propose des boissons mais Zeke m'interdit de partir.

-Ah non, tu ne pars plus !

-Je vais chercher Tris.

-Je suis là.

Toutes les têtes se tournent vers la porte où Tris est, Rachel dans les bras. Christina se lève en un bond et cours dans les bras de ma femme qui a posé la petite fille. Elles se prennent dans les bras comme elles peuvent avec leur deux ventres arrondis entre elles. Elles s'écartent pour se regarder puis se parlent à une vitesse inimaginable. Elles se coupent, se reparlent, rient et ainsi de suite. Rachel trottine vers moi car elle voit bien que ça mère est occupée à autre chose. Je la prends dans mes bras et la pose sur mes jambes. Elle cache son visage dans ma poitrine, intimidée par les personnes présentes.

-Qui est cette princesse ? Demande Shauna en s'accroupissant à côté de moi.

Rachel lève sa tête légèrement vers Shauna puis la recache immédiatement. Je souris à la timidité de ma fille...comme sa mère.

-Tu ne veux pas dire bonjour à Shauna ?

-Bonzou... Murmure-t-elle puis se recache.

-C'est un début. Encourage Shauna.

Je tourne ma tête pour voir les trois hommes avec la mâchoire au sol. Uriah est le premier à récupérer.

-J'arrive pas à y croire. T'as un gamin ?

-Deux. Précisé-je en pointant Tris qui continue de discuter vivement avec Christina.

Je place Rachel dans les bras de Shauna puis me lève.

-Zeke, tu peux m'aider à chercher des boissons ?

Il commence à discuter mais je le tire vers le col de son t-shirt pour qu'il m'accompagne. Je le tire jusqu'à la cuisine et quand je le lâche, je lui lance la question qui me brûlait la langue.

-Qu'est-ce que vous faites ici ?

-Eric. Ça lui a prit des années mais il a enfin réussi à faire sauter la devise « La faction avant les liens du sang ». Il est venu avec nous et il est allé chez sa sœur.

Je le reprends dans mes bras avec un énorme sourire.

- Ça veut bien dire ce que je crois ?

-Si tu crois qu'on va revenir plus souvent...tu as raison. Tout les week-ends !

-Où sont les autres ?

-Marlène a proposé de garder tout les enfants. Et elle est restée avec Lynn.

-Tout les enfants ?

-Oui. Mais me regarde pas comme ça, il n'y en a aucun à moi.

-Pourquoi ? Tu me disais toujours que tu voudrais des enfants un jour.

-C'est Shauna qui n'en veut pas.

-Je suis désolé.

-T'en fais pas pour ça, c'est cool...

On retourne dans le salon où ils discutent tous sauf Christina et Tris qui sont toujours à l'écart.

-Mais qu'est-ce qu'elles peuvent bien se dire ? Demande Zeke en les regardant.

-Elles ne se sont pas vues une seule fois en 6 ans, laisse les tranquille. Intervient Will.

On s'installe sur le canapé puis nous commençons à discuter. Après deux heures à rattraper le temps perdus – Tris et Christina nous ont rejoint entre temps- la porte s'ouvre sur Mason, le regard scotché sur son téléphone.

-Tobias ? J'ai des questions à te poser. Camille m'a envoyé un message.

Il lève les yeux puis rougit à l'attention portée sur lui.

-Oups...je ne savais pas que tu étais occupé...

-Ne me dis pas que c'est Mason ! S'exclame Zeke.

-Euh...si, c'est moi... On se connaît ?

-Mais oui, je suis Zeke.

-Ah oui ! Mais ça fait longtemps...

-Ton problème, c'est urgent ? Dis-je.

-Non, ça peut attendre...mais pas trop non plus.

Je vois Zeke et Uriah dans le coin de mon œil qui se sourient puis regardent Mason. Oh non...

-Assied-toi ici. Dit Uriah en tapotant la place à côté de lui.

Mason me regarde pour être sur s'il doit faire confiance à Uriah et je hoche la tête. Il s'assied à côté d'Uriah doucement, comme s'il était effrayé.

-Alors, c'est quoi ton soucis ?

-Ben...ma copine m'a dit qu'elle comptait rompre avec moi...Explique-t-il.

Zeke explose de rire.

-T'as trouvé la bonne personne. Niveau rupture, Uriah est calé. Je te dis pas le nombre de fois qu'il s'est fait largué.

Uriah lance un regard assassin à son frère qui ne fait que rire encore plus fort. Le plus jeune des frères reporte son attention vers Mason qui a un sourire sur le visage.

-L'écoute pas. Enfin pas entièrement... Qu'est-ce qu'elle t'a dit ? Mot pour mot.

-Qu'elle comptait rompre avec moi.

-Dur...Murmure Uriah.

Puis il tape l'épaule de Mason.

-Tu l'aimes cette fille ?

-J'irais pas jusque là.

-Elle est jolie ?

-Bah oui, quand même.

-Et au lit ?

-URIAH ! Crié-je. Il a 14 ans, il n'est pas encore à cette étape.

-Je dois te rappeler quel âge avait Uriah quand on l'a retrouvé avec cette blonde dans sa chambre ? Il avait 14 ans aussi. Me rappelle Zeke.

Uriah vire au rouge alors que je lance un regard vers Mason.

-Arrête de me regarder comme ça Tobias, j'ai rien fait.

-T'as plutôt intérêt parce que je crois que maman t'aurait tué.

MASON POV

Je ne sais pas comment ça a été décidé mais Tobias et Tris sont allés chez les Audacieux et ils m'ont emmené avec eux. Pour me changer les idées d'après eux.

C'est vrai que cette histoire de rupture m'a un peu chamboulé mais c'était pas non plus l'amour fou entre nous. Pas comme entre mon frère et ma belle-sœur.

Quand nous sommes arrivés- en voiture à cause de Tris et Christina- je me suis proposé pour garder Rachel.

Je les accompagne jusqu'à un appartement où une fille nous ouvre la porte, je dirais qu'elle a peut-être trois ans de moins que moi. Elle voit les amis de Tobias et ouvre la porte pour eux et nous entrons tous.

Viens ensuite une série d'embrassades entre Tobias, Tris et une femme blonde puis la présentation des enfants présents. Je ne fais pas trop attention jusqu'à ce que je sois concerné.

Tobias me présente puis il passe à Rachel et les discussions continuent. Je les laisse discuter alors que je suis sur mon téléphone.

La fille qui a ouvert la porte tout à l'heure s'assied à côté de moi.

-Je m'appelle Joanna.

-Mason.

-Maman m'a dit que je devais te faire visiter la faction. Tu es d'accord ?

-Bien sûr.

Je range mon téléphone dans ma poche puis me lève.

-On y va maman !

-D'accord. Pas de bêtises. Répond sa mère, Marlène.

Avant de sortir, j'entends Tris demander quelque chose.

-Où vont-ils ?

Joanna referme la porte. On marche dans le couloir en discutant.

-Tu as quel âge ?

-Presque 10 ans. Et toi ?

-Presque 15.

-Tu vas bientôt choisir ta faction alors !

-Je suis sans-faction...je ne choisis pas...

-Ah bon ? Mais papa m'a dit que maintenant tout le monde choisissait...

-Quoi ?

-Oui. Si tu veux, on lui demandera après.

Je hoche la tête. Je peux choisir ! Enfin, c'est pas sûr mais c'est probable. Je vais pourvoir choisir une autre vie. Même si la vie chez les Sans-factions n'est pas horrible mais je préférais partir. J'aime ma famille mais j'ai besoin d'espace. Je n'arrive pas à croire que ça pourrait être possible.

On approche d'un grand espace dégagé qui est plus qu'énorme.

-La Fosse. C'est impressionnant, je sais.

Je regarde tout ce qu'il se passe à l'intérieur depuis mon point en hauteur. Il y a des hommes qui se battent, d'autres qui boivent dans un coin, des femmes qui sortent de magasins pour immédiatement disparaître dans ceux adjacents. Cet endroit est plein de vie et je suis certain que je ressemble à mon ancien-moi de 4 ans qui ouvrait ses cadeaux d'anniversaire.

-C'est cool, hein ?

-Trop. Y a d'autres endroits comme ça ?

-Ouais. Viens.

Elle m'emmène dans un couloir sombre puis on arrive sur un lieu encore plus impressionnant. Je ne sais même pas comment le décrire. Il y a une petite rambarde et un grand gouffre. Je me sens tout petit.

-Comment ça s'appelle ?

-Le Gouffre.

Je souris.

-Vous aimez bien les mots simples, vous.

-On est pas des Érudits non plus. Et puis, comment tu voudrais l'appeler ? Y a pas 36 façons non plus.

-C'est pas faux.

-Viens, je te montre la cafet'. Avec de la chance, il y a encore du gâteau.

On court dans les couloirs jusqu'à ce qu'on arrive à une porte. On entre et la cafétéria est vide. Joanna sourit puis court vers la porte au fond. Comme avant, elle passe sa tête à l'intérieur et je regarde par dessus son épaule. La cuisine. Vide.

Elle entre tout de suite puis se déplace vers le frigo. Elle en sort deux parts de gâteau et je la regarde faire.

-Comment tu sais qu'il y a ça dedans ?

-Mon père. J'ai hérité de son sixième sens pour trouver de la nourriture. Vas-y goûte.

Je prends une cuillère et prends un bout. Le goût m'est très familier.

-Je pari que t'as jamais goûté un truc comme ça. Dit-elle.

- Ça me rappelle quelque chose. Comment ça s'appelle ?

-Du gâteau Audacieux.

-Ah je sais. Tris en fait tout le temps, c'est pour ça que je connais. Mais je dois avouer que le sien est meilleur.

-Meilleur que ça ?

-Et pas qu'un peu.

Prochain arrêt, la salle d'entraînement. Elle me montre tout les ateliers et on voit aussi les novices en plein entraînement. Un homme à la peau bronzée nous interpelle.

-Joanna ! Qu'est ce que tu fais là ?

-Je fais visiter la faction à Mason. C'est le frère de Quatre.

L'homme me regarde des pieds à la tête en fronçant les sourcils.

-Et qu'est-ce qu'il fait là ?

-Quatre discute avec maman et papa. Tris est là aussi.

Il se tourne vers moi avec un grand sourire.

-Ils sont là ?

-Oui.

-J'irai les voir après l'entraînement des novices... Ou vous pouvez leur demander de venir ? Pour que tout le monde les voit. Et j'espère que Tris sera d'accord pour leur montrer ce coup qu'elle a pour faire tomber son adversaire.

- Ça m'étonnerait. Dis-je.

-Tu verras, elle sera d'accord pour le faire.

-Elle peut-être, mais Tobias beaucoup moins. Elle est enceinte.

-Je le savais !

Il se retourne pour faire face aux novices.

-Exceptionnellement, l'entraînement finira plus tôt. Rendez-vous demain matin à 8h. Crie-t-il.

Les novices sortent puis c'est au tour de l'homme qui court pour voir mon frère.

-C'était Amar. Il est vraiment cool et c'est un super instructeur. C'est un grand romantique alors quand tu lui dis qu'un couple s'est formé, il ira féliciter les deux concernés dans l'heure qui suit.

On ressort de la salle d'entraînement puis elle se tourne vers moi.

-Tu veux faire quoi ?

-On peut retourner dans la Fosse ? J'adore cet endroit.

-Pas de soucis.

On retourne dans ce lieu qui m'intrigue et m'attire. On s'assied sur une roche et elle m'explique tout ce qu'i savoir. De la cérémonie du choix au dernier classement des initiés.

-Salut Joanna. Dit une voix.

Elle tourne la tête et sourit. Une autre fille qui a l'air d'avoir son âge s'approche.

-Salut Déborah.

Déborah s'assied à côté d'elle puis me regarde.

-C'est qui ?

-Le frère d'un ami à mes parents. C'est un sans-faction.

-Sérieusement ? Trop bien !

Je souris puis porte mon attention sur le combat en face de nous alors que les deux amies discutent.

-Déborah ! Hurle une voix.

La concernée se lève puis avant de partir en courant, nous murmure,

-Vous ne m'avez pas vue.

À peine a-t-elle disparu dans un couloir qu'une autre fille apparaît. Elle est plus âgée que Joanna. Elle a des cheveux longs et noirs. Ses yeux sont verts clairs. Magnifique. Derrière cette couleur plus qu'incroyable règne une émotion qui rend ses yeux plus vivants, plus vifs. Chez la plupart des personnes, la colère contracte les traits faciaux mais pas chez elle. Ses sourcils sont légèrement froncés mais ça ne la rend que plus belle. Ok, il faut que je me calme !

Je souris et pendant une seconde, elle me rend ce sourire avant de retrouver son froncement de sourcils.

-Où est-elle ?

-Qui ?

-Ne fais pas comme si tu ne savais pas. Où est-elle ?

-Ne t'énerve pas. Ça te va bien les cheveux noirs.

Je la regarde de plus près, c'est vrai qu'elle a des racines plus claires.

-Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Demandé-je.

-Ma sœur a trouvé très drôle d'ajouter de la teinture noire dans mon shampoing. Je vais la tuer.

-Pourquoi ? Ça te va bien. Dis-je avant de m'en empêcher.

Je me mords immédiatement la langue comme si ça me permettrait de retirer ces mots qui m'ont échappé.

-Merci. Dit-elle en rougissant un peu.

Puis, elle se tourne une dernière fois vers Joanna.

-Où est-elle ?

Elle pointe le couloir où Déborah a disparu. Et encore une fois, avant que je ne puisse me retenir, je m'entends clairement lui parler.

-Attends, je t'accompagne.

-Merci. Sourit-elle.

Je me lève et marche avec elle dans le couloir.

-Au fait, je m'appelle Mason.

-Célia.

Après s'être baladés pendant une heure environ, j'ai appris un grand nombre de choses sur Célia. Elle a mon âge, Déborah est sa petite sœur mais elles ont encore un petit frère de 7 ans, sa mère est décédée à la naissance de son petit frère et il ne lui reste plus que son père.

Je crois qu'à force de discuter, elle a oublié la raison de notre 'promenade' et n'est plus aussi énervée contre sa sœur.

On s'assied dans un coin près du Gouffre où l'on peut entendre le bruit de l'eau sans être obligés d'élever la voix.

-On m'a dit que les Sans-factions auront le droit de choisir... tu sais si c'est vrai ?

-Ils en ont parlés...les leaders je veux dire. Si j'ai bien compris, c'est encore en cours de réflexion mais c'est très probable que ça se fasse. Tu as décidé de partir ?

-J'adore la vie chez les Sans-factions mais quand je suis ici, j'ai l'impression d'être une autre personne. Que j'ai enfin ma place. Ça doit sembler stupide dit comme ça mais je ne sais pas comment expliquer.

- Ça a du sens. Si je pouvais partir, je le ferrais...mais je suis trop audacieuse pour ça.

-Surtout avec cette nouvelle couleur.

Elle s'apprête à répondre mais nous sommes interrompus. J'entends des rires de femme puis une voix masculine. Je les reconnais.

-Où est-ce que tu m'emmènes ?

-Fais-moi confiance. Je connais cet endroit comme ma poche.

-Peut-être mais ça fait dix ans que tu n'es pas venu alors permets-moi de douter.

Je tourne ma tête pour voir derrière le mur contre lequel nous sommes adossés. Tobias a enroulé un foulard autour des yeux de Tris et la guide avec précaution en tenant ses mains. Je les observe silencieusement, je sens que Célia s'est penchée à côté de moi pour les voir et que si je tourne la tête, nos bouches seront dangereusement proches.

-Tobias, s'il te plaît...j'ai mal aux pieds.

-C'est plus très long. Encore deux minutes.

-S'il te plaît.

Il s'arrête de marcher et se place devant elle. Il glisse ses doigts sur ses hanches puis l'embrasse tendrement. Je plaisante beaucoup sur leur gestes qu'ils ont l'un pour l'autre quand je ne suis pas loin mais je dois avouer que je les trouve mignon. Ils sont l'exemple type du couple qui réussit à être heureux malgré tout les obstacles qu'ils ont traversés. Je les admire pour ça.

-Encore deux minutes mon cœur. Dit-il.

-D'accord... mais pas plus.

Ils s'éloignent, les mains de Tris dans les siennes.

-Tu les connais ? Demande Célia lorsque le calme est revenu.

-Oui, c'est mon frère.

-Et je suppose que c'était sa copine.

-C'est Tris...ils sont mariés.

-Ton frère est déjà marié ? Vous avez beaucoup d'années de différence ?

-14. Il a vécu ici avant de venir chez les Sans-factions. Il se faisait appeler « Quatre ».

-C'est lui ? On a parlé de lui dans notre cours sur l'histoire des factions, il détient le record du nombre minimal de peur.

-Je sais. Et Tris en a 6.

-Tu veux dire que Quatre et Six sont ensembles ? C'est trop mignon.

-Si on veut... Je les ai toujours connus ensemble, enfin aussi longtemps que je m'en souvienne en tout cas. Donc c'est un peu naturel pour moi.

Elle hoche la tête.

-Je vais devoir y aller...

-Je te raccompagne.

Elle sourit puis on se remet en marche vers la Fosse. On ne fait que traverser pour atteindre les appartements. Elle s'arrête à une porte puis se retourne.

-Je suis contente de t'avoir rencontré. J'espère qu'on se reverra.

-J'en suis sûr.

Elle ouvre la porte et au moment de la refermer, elle me sourit une dernière fois. Je retourne vers l'appartement de Marlène et Uriah mais Tobias et Tris ne sont pas revenus. Joanna est assise avec les enfants et joue avec eux.

-Alors, Joanna nous a dit que tu l'as abandonnée. Sourit Uriah.

-Pas vraiment...

-Il a accompagné Célia, c'est tout.

Le sourire qui apparaît sur le visage de Zeke est le même que Tobias avait quand je lui avais parlé de Camille pour la première fois. Je sais qu'il ne va pas arrêter de me charrier avec ça.

Deux ans plus tard :

L'atterrissage sur le toit m'a laissé des égratignures sur tout le bras gauche. Je regarde autour de moi dans l'espoir de la voir mais elle n'est pas là. Pourtant, elle a bien choisi cette faction.

Je m'en souviens car après l'avoir vue choisir, mon regard s'est posé sur Tobias et ma mère qui étaient à la Cérémonie. En tant que leaders des Sans-factions, ils devaient être présents. Tris était assise dans la salle. Elle avait laissé les enfants chez Dan pour pouvoir venir. Je pense que tout les trois connaissaient mon choix avant même que je ne laisse mon sang couler dans le charbon ardent.

Je m'approche de la bordure du toit où Eric nous demande de nous réunir. Il a 15 ans de plus que nous mais je vois quand même des filles qui essaient de lui faire des yeux doux. Pff...

-Alors qui saute en premier ?

-Moi ! Dis-je sans hésitation.

Cependant, une voix s'était mêlée à la mienne. Je regarde autour de moi et Célia sort des rangs. Elle me sourit en passant devant moi.

Elle grimpe sur le rebord et avant que quiconque ne puisse dire quoique ce soit, elle saute. Je regarde dans le trou puis grimpe à mon tour. Je m'apprête à sauter mais Eric me stoppe.

-Attends un peu.

Il attend dix secondes puis lâche mon bras.

-Vas-y.

Je me laisse tomber dans le vide sans un bruit. Le filet m'enveloppe lorsque j'atterris mais je suis immédiatement sorti par Amar.

Il me sourit puis me demande de me diriger à côté de Célia. Je la prends dans mes bras et la fais tourner en l'air. On est devenus des amis très proches ces deux dernières années, je venais presque tout les week-ends avec les autres. Je me suis fais pas mal d'amis ici parmi les natifs et Célia est l'une d'entre eux.

-Je ne t'ai pas vue après la cérémonie.

-Je courrais en tête. Mais ça tu ne pouvais pas le savoir puisque tu es trop lent.

Je la fusille du regard mais l'enlace à nouveau. On observe les autres arriver, sa tête contre mon épaule. Mon bras caresse son bras doucement. On a toujours eu des gestes comme ça l'un envers l'autre mais rien ne s'est jamais passé entre nous. Elle lève sa tête pour me regarder puis chuchote quelques mots.

-Bienvenue chez les Audacieux !

FIN !

Merci à tous de m'avoir supportée, encouragée, aidée ! Je ne sais pas comment vous remercier pour tout ça !

MERCI !