J'suis deg de ma raaaaaaaaaaaace !
Ah. Vous êtes là. Bonjour.
Je vous explique. Le fait est que j'aurais pu poster ce chapitre plus tôt. J'avais enfin réussi à le boucler, j'étais plutôt contente de la fin et tout, nickel moumoute. J'allais pouvoir mettre en ligne ! MAIS parce que sinon c'est trop simple ou juste pas drôle, mais mon document a eu la bonne idée de BUGUER SA MERE juste quand j'ai voulu relire. J'ai perdu la moitié du document, et bien sûr, ça a sauvegardé. Panique à bord. En bidouillant un peu j'ai réussi à récupérer une partie du chapitre, mais il me manquait une bonne page que j'ai donc dû RÉÉCRIRE. Putain.
J'ai le seum puissance dix mille. J'étais bien fière de ce que j'avais écrit et vas-y pour t'en souvenir et tout réécrire -_- j'ai cru que j'allais pleurer. Bon, du coup, c'est peut-être un peu plus court que prévu… Désolée.
Mais bon, je vais attaquer la suite bientôt, alors séchons ces grosses larmes! ^^
Merci encore de suivre cette fic, je suis vraiment hyper heureuse qu'elle vous plaise :) Je m'excuse encore du temps que j'ai mis à écrire ce chapitre, mais le mois de Janvier a été quelque peu difficile, et ça a été dur pour moi de me remettre à l'écriture.
Bonne lecture les loulous :) J'vous love ^^
L'été 1976 avait été particulièrement chaud. Le mercure des thermomètres avait battu des records de montée, faisant roussir l'herbe des jardins. Les piscines municipales avaient été prises d'assaut, alors que les ventilateurs tournaient sans relâche dans les maisons. Allongée dans son hamac en toile, uniquement vêtue d'un haut de maillot de bain et d'un short en tissu blanc, Amy s'autorisait une sieste bien méritée à l'ombre des arbres de son jardin. Ses parents travaillaient en ce mois de Juillet caniculaire, aussi elle profitait pleinement de ses journées de liberté à danser dans le salon à la fraicheur bienfaitrice et à bronzer toute l'après-midi. Sur son ventre trônait un roman moldu d'une certaine épaisseur sur la couverture duquel était écrit « Le Seigneur des Anneaux » en grosses lettres rouges. Son avant-bras placé sur les yeux, Amy s'était laissé aller à s'assoupir après quelques minutes de lecture. En dessous du hamac, P'tit Machin était couché de tout son long, imitant sa maîtresse dans son activité débordante.
Quand elle ouvrit de nouveau les yeux, la jeune fille jeta un coup d'œil à sa montre. Elle avait dormi environ une heure, mais se sentait beaucoup plus fatiguée qu'elle ne l'était avant sa petite sieste. Clignant des yeux pour les protéger de la lumière vive du soleil, elle s'étira de tout son long avant de se lever chancelante, ramassant au passage son livre tombé dans l'herbe. Elle avança d'un pas maladroit jusqu'au salon et, après avoir enclenché le ventilateur, s'étala sur son canapé pour se rafraîchir un instant. Tendant son bras, elle attrapa du bout des doigts une large télécommande puis pressa l'un des gros boutons qui la composaient. La télévision en face d'elle s'alluma quelques secondes plus tard, faisant apparaitre de petits personnages gigotant et parlant très vite. Cherchant de la motivation au plus profond d'elle, Amy se leva et partit vers la cuisine, avant d'en revenir avec un paquet de gâteaux et une bouteille de jus de fruits, puis s'installa de nouveau en travers du sofa.
L'été lui paraissait interminable. Elle passait ses journées seule, avec pour seule compagnie ses chats, ses bouquins et la télévision. Bien entendu, les voisins lui avait assuré qu'en cas de problème, elle pouvait compter sur eux, mais elle n'était pas sûre que s'ennuyer soit vraiment un problème à leurs yeux. Elle avait bien quelques amis d'enfance dans le quartier, mais entre ceux partis en vacances et ceux de qui elle avait fini par s'éloigner depuis son entrée à Poudlard, l'adolescente s'était vite rendu compte qu'elle avait trop de doigts sur une seule pour compter ses amis ici. Heureusement, de temps à autres, elle recevait une lettre ou un coup de fil de la part de Lily ou Amanda. Elle savait que Laura était partie à l'étranger pour les vacances et n'avait reçu qu'une seule lettre d'elle pour le moment.
Quelques jours plus tôt, la solitude avait eu raison d'elle. Après une journée à essayer tant bien que mal de penser à autre chose, le chagrin lui était revenu en pleine face, et elle avait fini par écrire à Lily, plus pour évacuer tout ce qu'elle avait sur le cœur que vraiment pour lui demander conseil. Le samedi suivant, à sa plus grande joie, Lily lui avait téléphoné, inquiète. Amy s'en était voulu. Elle ne voulait pas embêter son amie pendant ses vacances, aussi avait-elle essayé de la rassurer en lui faisant croire à une petite nostalgie passagère. Seulement, maintenant qu'elle était là, devant cette télé, avec son paquet de biscuits, cette même nostalgie lui revint, et elle se mit à faire le point.
Cette année avait été pour le moins… Catastrophique. Elle avait cédé à Sirius Black, puis s'était fait jeter comme une bouse d'hippogriffe deux mois plus tard. Et avait essayé de se plonger dans ses révisions pour tenter d'oublier. Puis elle avait perdu ses grands-parents. Et fait une espèce de dépression. Et failli rater ses examens. Et vu cette garce d'Helena Wolf se taper son ex-petit-copain.
Monde de merde.
Elle enfourna un énième gâteau dans sa bouche et le mâcha par automatisme, les yeux rivés sur l'écran de la télé, puis englouti plusieurs gorgées de jus de fruits. Si ses amies la voyaient, elles la trouveraient sûrement pathétique. Elle était devenue une sorte de loque humaine sans motivation et sans âme, un zombi uniquement mû par sa faim permanente de sucreries. Bordel, elle allait encore prendre trois kilos avec ces conneries. Dans une tentative de raisonnement, la jeune fille referma le paquet de biscuits presque vide et le ramena dans la cuisine. Il fallait qu'elle fasse quelque chose. N'importe quoi, mais elle ne supportait plus de rester enfermée. Sur un coup de tête, elle se précipita à l'étage, enfila le premier t-shirt qu'elle trouva et attrapa son baladeur cassette posé sur son bureau, puis retourna au rez-de-chaussée chercher son sac. Elle y fourra son livre, le baladeur et ses clés avant d'enfiler rapidement une paire de claquettes blanches, et sortit.
La rue était presque vide. Les gens préféraient rester au frais de leurs maisons plutôt qu'affronter la chaleur torride de l'été. Sans réfléchir, comme instinctivement, Amy prit à gauche en quittant la maison et marcha quelques minutes avant de rejoindre les berges de la rivière Taf. Quelques personnes se trouvaient là, à se promener au bord du cours d'eau. Trouvant un coin tranquille, la jeune fille s'assit dans l'herbe avant de fouiller dans son sac pour en sortir le baladeur, dont elle plaça le casque sur ses oreilles. Elle appuya sur play, et le monde autour d'elle s'effaça. Elle était comme dans une petite bulle rien qu'à elle dans laquelle personne ne pouvait entrer. Elle inspira un grand coup et regarda la rivière pas encore tout à fait asséchée s'écouler doucement. Sentant avec bonheur une légère brise chaude lui caresser les épaules, elle ferma les yeux.
C'était pour ça que l'été était sa saison préférée. La chaleur du soleil sur la peau, le vent chaud qui chatouille, les journées interminables, les jeux d'eau… Et elle n'allait pas laisser les derniers mauvais tours de la vie lui gâcher ses vacances et la priver de ce qu'elle aime le plus dans la vie : ne rien faire au soleil.
Elle sortit son livre et reprit sa lecture là où elle l'avait arrêtée avant de s'endormir. Après de longues minutes à suivre les palpitantes aventures de quatre hobbits dans la Terre du Milieu, elle rangea ses affaires et, ses écouteurs toujours vissés sur la tête, partit dans une petite promenade avant de rentrer chez elle, histoire d'être présente à la maison quand ses parents rentreraient du travail.
…
A la fin du mois de juillet, Amy avait enfin eu l'occasion de voir Amanda puis Lily chez qui elle passa quelques jours. Quand la rousse lui parlait du comportement insupportable de sa sœur, Amy ne s'était pas vraiment rendu compte à quel point elle disait vrai. Cette fille, de deux ans leur aînée, n'avait pas semblée gênée de la présence de son amie pour en faire voir de toutes les couleurs à sa petite sœur. Jamais la brune n'avait été aussi heureuse d'être une enfant unique.
Puis vint le mois d'aout. Les parents d'Amy avaient pris des vacances ce mois-ci, et tous trois en avaient profité pour partir deux semaines en Irlande du Nord, près de Belfast. Amy avait adoré visiter ce coin, et elle aimait de plus en plus l'accent irlandais. Mais toutes les bonnes choses ont une fin, et il leur fallut rapidement rentrer au Pays de Galles. Il ne restait plus que deux semaines de vacances quand Amy eu enfin le temps de se rendre au Chemin de Traverse pour acheter ses fournitures, dont la liste était arrivé chez elle quelques semaines auparavant. Cette dernière était accompagnée de ses résultats aux B.U.S.E. qui, à sa grande surprise, étaient tout à fait satisfaisant. Elle avait même réussi à avoir un Effort Exceptionnel en potion !
Elle avait au préalable contactée toutes ses amies pour savoir lesquelles seraient disponibles pour la rejoindre au Chaudron Baveur afin qu'elles fassent leurs courses ensembles. Malheureusement, Laura et Amanda avaient toutes deux déjà acheté leurs affaires et habitaient trop loin de Londres pour se permettre de faire l'aller-retour une deuxième fois. Francesca et Jennifer, n'étant pas loin, acceptèrent de l'y rejoindre, et Lily avait attendu qu'Amy revienne de vacances pour justement pouvoir aller faire ses courses avec elle. Toutes quatre convinrent d'une date et d'une heure de rendez-vous, chacune étant très impatiente de retrouver le petit groupe de copines.
Le jour-J, le père d'Amy, qui avait tenu à l'accompagner car il devait lui aussi faire quelques achat dans la rue commerçante sorcière, transplana avec sa fille directement dans le Chaudron Baveur. L'adolescente, nauséeuse, demanda un verre d'eau au tavernier pendant que son père disait bonjour à de vieilles connaissances. Ils furent rejoins quelques minutes plus tard par Jennifer, Lily puis Francesca. La petite troupe, enfin au complet, se dirigea vers la cour arrière de l'établissement et Monsieur Matthew, sortant sa baguette, ouvrit le passage vers le Chemin de Traverse.
La rue était noire de monde. Des dizaines et des dizaines de sorciers et sorcières se bousculaient aux abords des boutiques. Un brouhaha permanant régnait, mélange subtile de conversations, de chaussures claquant sur le pavé, de cris d'animaux et de rires. Jetant un œil à sa liste, Lily proposa à ses amies de commencer par aller acheter leurs livres, après être passé faire un tour à Gringotts pour celles qui en avaient besoin.
L'après-midi se passa merveilleusement bien. Amy profita avec bonheur de la présence de ses amies et passa un moment formidable en leur compagnie. Une fois leurs achats scolaires achetés, les quatre adolescentes se promenèrent çà et là en se racontant leurs vacances respectives. L'ambiance, tout comme la météo, était au beau fixe. Rien ne semblait pouvoir gâcher ce moment entre filles.
Le groupe de copines sortait en discutant vivement d'une énième boutique de prêt-à-porter dans lequel Jennifer avait insisté à faire un tour. Au coin de la rue, elles prirent la direction de la boutique de Florian Fantârome quand, sans prévenir, Amy se saisit des bras de Lily et Francesca et les tira brusquement en arrière. Jennifer, surprise de parler soudainement toute seule, chercha ses amies des yeux avant de les repérer quelques mètres derrière elle, cachées dans l'ombre du bâtiment qui faisait l'angle. Les rejoignant, la jeune fille les interrogea du regard. Francesca et Lily semblaient aussi désappointées qu'elle et lançaient des regards d'incompréhension à Amy qui, elle, avait perdu l'air enjoué qu'elle affichait pourtant quelques minutes auparavant. Elle avait l'air paniqué et excessivement tendue.
Alors qu'elles s'apprêtaient à rejoindre l'artère principale du Chemin de Traverse, alors qu'elle était en pleine discussion, alors qu'elle riait de manière insouciante, Amy avait eu le réflexe bête de lever les yeux au moment où elle tournait au coin de la rue. Là, à quelques pas du glacier dans lequel elles avaient prévu de terminer leur super journée. Pourquoi maintenant? Pourquoi aujourd'hui? Pourquoi fallait-il qu'elle ait aussi peu de chance? Pourquoi fallait-il que l'une des meilleures journées de son été soit gâchée de la sorte. Prise de panique, elle eut tout juste le temps d'attraper les bras les plus proches d'elle et de faire un pas stratégique en arrière avant de se coller le dos contre le mur en pierres chauffées par le soleil. Reprenant sa respiration, elle se rendit alors compte que ses amies la dévisageaient, attendant une explication. Le cœur cognant contre sa poitrine, la gorge sèche, son regard paniqué plongé dans les yeux vert de Lily, Amy ne put prononcer qu'un seul mort.
"... Sirius..."
Les trois Griffondor échangèrent un regard avant de glisser leurs têtes derrière le mur, de manière (il fallait bien l'avouer) peu discrète, observant la rue d'un même regard. Effectivement, non loin d'elles, se tenait le jeune homme brun en vive discussion avec Remus Lupin, dont le teint leur parût un peu moins pâle qu'à l'accoutumée (à moins que ce ne soit dû au soleil?). Lily se retourna vers Amy qui commençait à voir quelques larmes qui perlaient au coin de ses yeux devenus brillants et rouges.
"Hey, calme-toi ma belle." Essaya-t-elle pour détendre son amie.
"Vous croyez qu'il nous a vues?" Demanda innocemment Francesca en jetant un coup d'œil furtif derrière le mur.
"Je ne crois pas, il n'est pas tourné vers nous, et il a l'air trop occupé pour regarder qui passe dans la rue." Les rassura Jennifer en voyant Amy respirer de manière saccadée.
Amy, essayant de prendre de grandes inspirations pour se calmer, essuya ses yeux embués de ses doigts tremblants et froids.
"Putain, pourquoi faut-il qu'il gâche toujours tout..." Lâcha l'adolescente aux boucles brunes alors que Lily lui caressait affectueusement le dos pour la rassurer. "J'ai absolument pas envie de le voir, ni qu'il me voit..."
"Quoi que, ça serait peut-être une bonne chose."
Amy releva un regard effaré vers Jennifer.
"Bah quoi?" Se défendit l'asiatique devant les yeux foudroyants des trois autres filles. "Si elle passe devant lui belle et rayonnante comme elle l'est, il va sans doute amèrement regretter de l'avoir quittée!" Annonça-t-elle fièrement.
"Je ne crois pas que les choses fonctionnent de cette manière, Jenny..." Soupira Francesca. "Ecoute Amy, si tu veux Jennifer et moi on va aller le voir pour faire diversion, et comme ça toi et Lily pourrait passer tranquillement sans qu'il vous remarque."
"Pas bête." Avoua Lily. "Et puis avec la foule il y a peu de chance qu'il nous voit."
"On va essayer de se placer de sorte qu'il vous tourne le dos, comme ça on pourra surveiller que vous êtes bien passées." Assura Jennifer.
"Essayez quand même d'être discrète, pour le coup." Les supplia Amy, connaissant la discrétion légendaire de Jennifer.
"Mais oui, promis." La rassura Francesca. "Bon, prêtes les filles? On se retrouve au Chaudron Baveur."
Toutes acquiescèrent et, tel un commando en pleine mission, Jennifer et Francesca se dirigèrent d'un pas assuré vers leur cible, feignant d'être dans une grande et passionnante discussion. Depuis l'angle de la rue, Amy et Lily les observaient dans l'ombre, attendant d'être sûre de pouvoir sortir de leur cachette. Elles virent leurs deux amies arriver au niveau des garçons et leur dire bonjour après quelques secondes, les filles se placèrent de manière à ce que Sirius, leur faisant face, tourne le dos au reste de la foule. Lily murmura alors un "Go!", prit la main d'Amy et toutes deux se mélangèrent à la masse de sorciers et sorcières marchant dans la rue. De temps à autre, la brune jetait de petits coups d'œil au groupe plus loin. Sirius ne se tournait pas vers elle. Parfait. Sirius parlait en riant à Jennifer. Super. Jennifer a posé sa main sur le bras de Sirius. A quoi elle jouait, sérieusement? Sirius, à son tour, a posé sa main sur l'épaule de Jennifer. Etrangement, Amy eu soudainement l'envie de leur foncer dessus et de leur coller des tartes à tous les deux. Mais bientôt, la foule aidant, elle les perdit de vue et dû se concentrer sur sa marche rapide jusqu'au Chaudron Baveur.
Une fois à l'abri dans la taverne sombre et sentant fort la bière chaude, Amy se laissa aller à soupirer. Le cœur battant, elle s'installa à une table, suivit par Lily.
"Et ben dis donc, cette journée n'était pas de tout repos." Lança Lily en esquissant un sourire.
"A qui le dis-tu..." Souffla Amy, l'air maussade.
"... Ça va?" S'inquiéta la rousse. "Tu devrais être rassurée, Black ne nous a pas vues."
"Ouais, génial..." Répondit-elle sèchement.
"Bon sang Amy qu'est-ce qui ne va pas?" Insista Lily, avant d'abandonner face au mutisme de sa meilleure amie.
Un peu excédée par cette attitude, Lily commanda deux bièraubeurres, qui leur furent servies pile au moment où Francesca et Jennifer entrèrent dans le bar.
"Mission accomplie, les filles!" Cria victorieusement Jennifer en s'asseyant en face d'Amy qui, les yeux baissés, fixait sa chope de bièraubeurre.
"Ça s'est bien passé de votre côté?" Demanda Francesca en s'installant à son tour entre Amy et Jennifer.
"Oui, nickel." Assura Lily en regardant Amy en coin.
Amy qui, elle, ne bougeait toujours pas, le regard toujours posé sur sa boisson qu'elle n'avait pas encore entamée. Francesca se rendit compte du malaise pendant que Jennifer semblait fière de leur réussite et en discutait vivement avec Lily qui ne l'écoutait que d'une oreille.
"Tout va bien Amy?" Demanda Francesca.
"Oui, oui." Répondit simplement l'intéressée.
"... Tu es sûre?" renchérit la Gryffondor.
"Bah alors, qu'est-ce qu'il y a?" Lança Jennifer, le sourire toujours aux lèvres, en se tournant vers son amie de Poufsouffle.
"Rien." Lâcha Amy.
"Donc, s'il n'y a rien, explique moi pourquoi tu tires la tronche." Rétorqua Jennifer.
"Je tire pas la tronche."
"Ah oui, tu es au comble du bonheur là? Qu'est-ce que ça doit être le reste du temps!"
"Les filles, c'est bon là, calmez-vous." Essaya Francesca, sentant la situation s'envenimer.
Lily et elle les regardaient se disputer sans trop savoir comment intervenir. Amy était effectivement visiblement contrariée, mais insister ne risquait pas de la mettre de meilleure humeur. Malheureusement, Jennifer n'était pas du genre à lâcher prise.
"Mais je suis très calme." Assura cette dernière en se tournant vers Francesca. "Seulement, on passe une super journée, on l'aide à éviter son ex, et mademoiselle fait la gueule. J'essaye juste de comprendre."
"Laisse-tomber, Jenny, ça vaut pas le coup que vous vous disputiez." Dit Lily en voulant calmer le jeu.
"Je ne me dispute pas, je veux juste qu'elle me dise ce qui ne va pas!" Répondit Jennifer en haussant légèrement le ton.
"Mais si elle a pas envie d'en parler, laisse-la." La coupa sèchement Lily.
Un silence lourd retomba sur les quatre jeunes filles. Intérieurement, Amy était littéralement en train de bouillir. Elle était prise entre de nombreuses émotions contradictoires et n'arrivait pas vraiment à faire le tri dans tout ça. Elle s'en voulait, elle en voulait à Jennifer, elle en voulait à Sirius. Elle se retrouvait prise dans une sorte de tourbillon de sentiments sur lesquels elle n'arrivait pas à mettre un nom. Elle était en colère contre elle, contre Sirius, contre Jennifer, contre le monde.
Mais surtout, elle se rendait compte qu'elle était jalouse.
Amy avait senti son ventre se serrer si fort qu'elle en avait eu la nausée. Voir Sirius était une chose. Le voir sourire en était une autre. Le voir rire avec une fille, encore une autre. Voir Jennifer minauder avec lui... Cette seconde, cette toute petite seconde où elle l'avait vu poser sa main sur son épaule. Elle s'était alors souvenue de la chaleur de cette main quand c'était elle qui la touchait. Tout lui était revenu comme un boulet de canon. Ses mains si chaudes, son sourire charmeur, son rire, ses cheveux, son parfum, sa voix, la pression de ses lèvres contre les siennes...
Toutes ces choses qui autrefois la faisaient rêver, et qui aujourd'hui lui donnait envie de vomir. Sirius Black était une drogue. Celle dont on n'arrive pas à se décrocher. Une substance euphorisante qui vous rend accro et qui vous détruit de l'intérieur. Un alcool fort qui vous rend ivre de bonheur avant de vous rendre malade à en crever.
Et elle culpabilisait. D'être tombée sous son charme. D'être sortie avec lui. D'être encore affectée par tout ce qu'il faisait. De lancer machinalement des regards vers lui. De toujours ne voir que lui. D'en vouloir à toutes les filles qu'il approchait. D'obliger ses amies à devoir monter des plans pour lui éviter de le croiser. D'en avoir voulu à Jennifer.
C'était injuste.
...
La fin de l'après-midi avait été quelque peu tendue, et les quatre amies ne s'étaient plus que peu parlé avant leur séparation. Munie de ses affaires, Amy avait embrassée Lily une dernière fois avant de rejoindre son père, et tous deux transplanèrent jusqu'à leur maison. A peine étaient-ils arrivés que Madame Matthew assommait sa fille de questions sur sa journée. Epuisée, l'adolescente prétexta devoir ranger ses affaire et s'éclipsa le plus vite possible vers l'étage. Une fois la porte de sa chambre fermée, elle posa ses affaires dans un coin avant d'aller se rouler en boule sur son lit.
Cette nouvelle année scolaire s'annonçait plutôt difficile.
