Rien n'est plus important que sauver l'être aimé.

Point de vue de Bella

Le jet se posa. Nous rejoignîmes en vitesse ma voiture située dans le hangar à côté de la piste. Je roulais comme une furie sur les routes menant à Volterra. Je jetais un coup d'œil toute les dix secondes sur le cadran. L'heure me semblait-il, défilait beaucoup trop vite.

Il était midi moins cinq quand ont arriva aux abords de la ville. Plus que cinq minutes. Une fois franchi les remparts, je dus ralentir. Ce qui m'énerva prodigieusement. Et pour couronner le tout c'était aujourd'hui la saint Marcus. Tout le monde dans la ville était vêtu de manteau rouge. Sur les différentes places, se trouvait de véritable attroupement. Edward avait bien choisis son jour. S'il réussissait beaucoup de monde le verrait. A quelques rues du palais je dus m'arrêter, avec la foule les policiers empêché les voitures de passer. Je laissais le véhicule à Alice lui disant de me rejoindre aux palais dés qu'elle le pourra. Puis je me mis à courir. Je ne fis pas attention à ma vitesse surnaturelle. Je bousculais je ne sais combien de personnes, je devais arriver le plus vite possible. Il ne devait pas mourir. Le clocher sonna. Ma tension monta d'un cran. J'étais arrivé sur la grande place. Cette dernière était noir de monde ou devrai-je dire rouge de monde. Au loin j'aperçus la tour. Edward était censé être en dessous. Mais je ne pouvais pas le voir, trop de personnes me bouchait la vue. Je me frayais un passage le plus vite possible. Au centre de la place une fontaine, je montais sur le rebord. En prenant ainsi de la hauteur, je le vis. La scène se déroula au ralentit. Edward défit sa chemise et la laissa choir sur le sol. Les yeux complètement clos, il avança d'un pas, la moitié de son visage commençait à briller…

Je sautais dans l'eau, passais la bordure et couru jusqu'à lui. Mon corps frappa de plein fouet le sien. Avec ma force surhumaine je le projetais à l'intérieur, sous le coup il tomba au sol, brisant quelques dalles au passage. J'y avais peut être était un peu fort. Je rentrais moi aussi et fermais la porte. Je m'adossais contre elle. Face à moi, Edward avait repris ses esprits, il se releva et s'approcha de moi.

-Bella.…

Je le repoussais.

-Edward… je suis venue, car il fallait que tu sache… J'étais la seule qui pouvait te prouver que j'étais bien vivante.

-Bella….

-Tu ne devais pas mourir, sinon Alice m'en aurait voulu.

-Ça je n'en suis pas si sûr ! Alice apparu. Elle avait enfoncé la porte que j'avais refermé il y a à peine quelques secondes. Mon frère n'est qu'un idiot, il aurait mérité cette punition. Mais merci quand même Bella.

-Je t'en prie.

Au même moment, j'entendis des bruits de pas dans le couloir. Je me retournais. C'était Félix, dans sa main un manteau rouge semblable à ceux que les humains portaient. Félix inclina légèrement la tête devant moi.

-Bonjour Bella.

- Félix.

-Aro vous attend dans la grande salle.

-Merci Félix, pas la peine de nous accompagner je connais le chemin.

-Comme vous voudrez. Il tendit le vêtement à Edward. Du coin de l'œil je vis ce dernier complètement sidéré. Il ne comprenait pas le fait que je connaisse Félix, ni les marques de déférences de ce dernier. Alice, elle restait complètement impassible. Je leurs fis signe de me suivre. Nous quittâmes le clocher. Pendant le chemin qui nous menait vers la grande salle je restait impassible. Enfin…ce n'était qu'une façade. Car intérieurement c'était autre chose. Je ressentais encore une fois pleine de choses diverse et contradictoire. D'un côté j'étais soulagé d'avoir pu sauver Edward à temps, je ressentais même un certain bonheur de l'avoir à côté de moi. Cette sensation de manque que j'avais eu quand je l'avais oublié avait complètement disparu. Mais, d'un autre coté je n'oubliais pas sa lettre, je n'oubliais pas la souffrance enduré jusqu'à alors. Et même si il existait un espoir pour qu'Edward m'aime toujours. Je préférais mettre cet espoir de côté. Je ne supporterais pas une nouvelle désillusion. Je garderais donc mes distances et resterais froide, insensible. Je ne montrerais rien.

Cependant il ya une chose dont je suis sûr. Je ne lui pardonnerais pas aisément.

Nous finîmes par arriver devant la grande salle. Je frappais trois coups puis entrais.

Je me plaçais au centre de la pièce, face à Aro et à ses frères, Edward et Alice était derrière moi. Sur le côté j'aperçus Jane, accompagnée de son frère et des autres de la garde.

Les mains derrière le dos, je m'inclinais légèrement.

-Messieurs.

Comme d'habitude c'est Aro qui répondit.

-Bonjour Bella. Je suis ravi de voir que tu es vivante. Ta mort m'aurait causé beaucoup de peine. Tu m'es si indispensable…

-Je suis heureuse de l'apprendre…

-Quant à toi Edward tu à beaucoup de chances que Bella soit arrivé à temps.

-Je sais.

-Maintenant que vous êtes tout les deux réunis je vais pouvoir enfin avoir le fin mot de l'histoire. Approchez et donner moi vos mains.

Edward s'exécuta, mais moi je restais en retrait. Aro, en voulant lire dans mon esprit, permettait à Edward d'y accéder. Et ce n'est pas Aro qui me faisait peur, lui à la rigueur je pouvais m'en contenter, mais Edward…

-Bella, viens ici… C'est un ordre.

Je n'avais plus le choix. Je m'approchais, me plaçais à côté d'Edward et tendis ma paume. Aro pris nos deux mains et ferma les yeux. Pendant tout ce temps je gardais-enfin presque- les yeux fixé sur le mur derrière les Volturis. Mais je ne pu m'empêcher de jeter quelques coup d'œil à Edward. Mal m'en pris. Il n'arrêtait pas de me regarder, plusieurs fois nos regard se croisèrent, mais je détournais les yeux, pour quelques seconde plus tard les tourner de nouveaux vers lui. Je m'imaginais les images de ma vie entremêlé à la sienne qui devait passer dans sa tête.

Au bout d'une longue minute, Aro rouvrit les yeux et lâcha les doigts d'Edward, pas les miens. Avec la main qui avait tenu celle d'Edward il souleva ma manche et effleura le bandage autour de mon poignet.

-Franchement Bella au lieu de laisser la terre absorber ton sang tu aurais pu venir ici, nous aurions était ravie de t'aider.

-J'ignorais que vous vouliez mourir.

-Je serais mort certes, mais j'aurais eu le plaisir de gouter au plus exquis nectar qui soit sur terre… Enfin ne parlons plus de ça. Ce qui est fait est fait, parlons plutôt du présent et de votre avenir.

Il lâcha ma main et je repris ma place au centre de la pièce.

-Ce que je viens de voir est vraiment intéressant, mais surtout fascinant. J'ignorais qu'un amour aussi fort que le votre pouvait être basé sur des mensonges, une montagne de mensonges.

Toi Bella tu à pratiquement menti sur tout, ta famille, ton passé, ton identité, ton histoire… Et toi Edward c'est sur le motif de ton départ, la nature de tes sentiments que tu as trompé. Je ne pensais pas que vous pouviez être si compliqué. Votre histoire aurait pu être si simple… Mais à cause de votre peur vous avez tout gâché… Toi Edward tu à eu peur de blesser Bella ou de la tuer. Quant à toi Bella tu à eu peur qu'Edward te rejette à cause de ce que tu es. Et au final ce que vous redoutiez est arrivé. Edward tu à causé le suicide de Bella et toi, Edward ta quitté.

-J'ignorais Aro que vous étiez si philosophe. Ironisai-je.

-Je constate simplement les faits. Et je veux mettre les choses aux clairs.

-Les choses aux clair… parlez plutôt de vérifier si votre plan à bine fonctionner.

-Mon plan ? Tu délire Bella.

-Non pas. Vous aviez tout prévu depuis le début. J'ignore pourquoi vous vouliez qu'Edward et moi on se retrouve, mais vous avez tout fait pour. En me renvoyant vous saviez que je ne tiendrais pas et que je ne tarderais pas à en finir. Vous saviez aussi que je me louperais, et que l'annonce de ma mort parviendrait à Edward par l'intermédiaire de Rosalie. Quand les Cullen sont venus ici, vous avez lu en elle et vous avez vu qu'elle ne me portait pas dans son cœur et qu'elle était tout à fait capable d'agir ainsi. Tout se déroulait à merveille Edward est venue ici, quoi de plus naturel pour un vampire voulant mettre fin à ces jours. Vous avez refusé de l'exécuter, ainsi je pouvais venir le sauver avant qu'il ne réussisse ce qu'il voulait entreprendre.

-Tu es décidément très perspicace. Quand à tu deviné ?

-Dans l'avion avant d'arriver. Mais votre plan à des failles.

-Lesquelles ?

-J'aurais pu tout bonnement mourir ou alors j'aurais pu ne pas arriver à temps pour sauver Edward.

-C'est vrai, mais j'étais pratiquement sur que tu te louperais. Soit réaliste Bella. Si tu avais vraiment voulu mourir tu aurais choisis une manière sûre. Se tailler les veines n'est pas une manière sûre. Tu es plus résistante que tu ne le crois. Ce suicide n'en était pas un c'était simplement un appel à l'aide. Quant à ton possible retard. Je pensais que tu demanderais à Damien de t'emmener. Il est vrai que je n'avais pas prévu son absence. Mais je le répète tout ça est le passé. L'important c'est que tout se soit déroulé comme prévu.

-Je ne comprends pas votre dessein. Quelles avantages pouvait vous tirez de nos retrouvailles à Edward et à moi.

-Aucun J'étais curieux de savoir ce qui se passerait. Vous m'amusez beaucoup tout les deux.

-Alors maintenant que nous vous avons bien fait rire, on pourrait peut être écourté cet entretien.

-Il n'en est pas question, je n'en ai pas fini avec vous. Il me manque quelques réponses.

-Je ne suis pas venue ici pour vous donner des réponses. Il m'ignora royalement.

-Aimes-tu toujours Edward, Bella ?

C'était la question à ne pas poser. Et c'est lui qui me la pose. Comme d'habitude, il ne peut pas se mêler de ses affaires. J'aurais pu m'énerver, pester lui répéter encore et encore qu'il n'avait pas à se mêler de ma vie privée. Mais j'étais lasse et avais hâte d'en finir. Finalement je répondis simplement avec un calme qui me surprit moi même.

-Ça ne vous regarde pas.

-Bien sûr que ci tout chez toi me regarde et je suis sûr qu'Edward attend ta réponse avec impatience.

-Je me fiche de savoir ce qu'attend Edward.

Ma réponse avait claqué net. Ma froideur et mon indifférence envers Edward était bien visible. Lui qui n'arrêtait pas de me fixer, détourna le regard.

-Bella ne soit pas désobligeante envers mes invités.

-Je suis désobligeante avec qui je veux.

-Tu ne veux pas répondre à ma question.

-Non.

-Tant pis tu l'auras voulu. Jane.

Je compris trop tard ce qu'il se passait. Jane le sourire aux lèvres regarda fixement Edward. Ce dernier commença à trembler de la tête au pied, il ne criait pas, mais ses yeux montraient une telle souffrance… Il ne devait pas souffrir… Je sortis mon bouclier de mon corps et englober Edward et Alice par la même occasion. Edward cessa de trembler, un immense soulagement s'empara de moi, mais ce soulagement fut remplacé par autre chose. Une chose beaucoup moins agréable.

Au début ce fus comme des millions d'aiguilles qui me traversait le corps, ces aiguilles se transformèrent en lames. Mes os commencèrent à se briser un à un, de multiple brulures apparurent au niveau de mes bras et de mon visage. Ma tête était comme prise dans un étau, une douleur habituel gagna ma gorge, mes mains se mirent à trembler, mes iris se colorèrent de bleu… Je tombais à genou, puis sur le sol incapable de contrôler, la souffrance, la torture qui sévissait dans tout mon corps. Je vis Edward se ruer sur moi, il fut vite intercepter par la garde, Alice aussi. Tout se brouilla autour de moi.

En donnant mon bouclier à Edward et à Alice, je m'étais rendu vulnérable. Jane ne pouvant plus agir sur Edward, s'était vengée sur moi. Je n'avais jamais gouté au don de Jane, voilà qui était fait. Aucune personne au monde ne peut s'imaginer cette souffrance à moins d'y avoir touché. Je n'aurais jamais pensé subir une telle torture et même mes crises comme celle venant de se déclencher ne sont rien à coté de ça. Il n'y a pas pire que ça.

Je veux crier pour essayé d'extériorisé ce supplice, mais non. Je ne ferais pas ce plaisir à Jane je souffrirais, en silence. Au loin j'entends crier, je crois que c'est Edward, mais je n'en suis plus si sûr, je ne vois, ni ne sens plus rien. Il n'y a que la douleur. Partout la douleur.

Je pourrais choisir la facilité et reprendre mon bouclier, mais si je fais ça Edward souffrira de nouveau. Je ne veux pas qu'il souffre. Mais il y a une autre solution : résister. Après tout cette torture, ce supplice n'est rien. Rien comparé au gouffre formé après le départ d'Edward. Ce n'était rien comparé à ce que j'avais vécu, ce n'était rien, que des images envoyé par Jane.

La souffrance physique est dérisoire, on la choisit. La souffrance morale on la subit, on ne peut pas la contrôler, mais la souffrance physique si. Je ne souffre pas, ce n'est qu'une illusion. Mes os ne se brisent pas, aucune lame ne me transperce, aucune brulures n'apparaisse sur mes bras. Je ne peux pas souffrir puisque cette souffrance n'est pas réelle. Cette souffrance n'est pas réelle. Elle n'est rien, rien par rapport au sentiment d'abandon de perte, de manque, elle n'était rien. La torture devint de plus en plus supportable. Elle était là certes, mais seulement au deuxième plan. Je pouvais de nouveaux me concentrer. Je parvins à me relever, je sentis toute cette souffrance graviter autour de moi, essayant de m'atteindre, mais non. Elle ne pouvait plus. J'avais réussis à la repousser. Je me remis debout fasse à Jane. Le sourire qu'elle affichait disparut, dans ses yeux luisait un regard mauvais. Dans les miens, une couleur rouge écarlate apparut. Mes canines, s'allongèrent, un grognement sortit de ma bouche. Je m'accroupissais prêt à l'attaque. Jane allait payer.