Point de vue d'Edward.
Deux ans...
Deux ans aujourd'hui que Bella et moi nous étions unis.
Nous avions dit dans nos vœux que nous vivrions ensemble pour l'éternité... Mais le destin nous avait rattrapé, à croire que je n'avais pas le droit d'être heureux.
J'avais tout perdu, par ma faute et celle des Volturis.
J'avais demandé le divorce à ma femme et lui avais brisé le cœur.
Mon fils m'exécrait et désirait notre mort, à ma famille et à moi.
Ma fille n'avait plus confiance en moi, car à cause de moi son frère lui en voulait.
L'amour de ma vie allait mourir entre sa fille et son fils, tuée de la main de son ancien ami.
Je ne pouvais pas tomber plus bas. Enfin si. Bella pourrait ne plus m'aimer après ce que je lui avais fait subir.
Je l'attendais dans la clairière depuis près de deux semaines. Je n'avais pas été chasser, de peur de la manquer. J'allais renoncer, quand le vent m'apporta une odeur familière.
Freesia...
Elle était tout près, je pouvais le sentir. Je fus tout à coup nerveux.
Et si elle ne voulait pas me revoir?
Je l'aurais compris, après la lettre incendiaire que je lui avais envoyé...
Un hoquet de stupeur me sortit de mes réflexions.
Elle était là. Dans cette clairière, notre clairière, elle était revenue.
Elle semblait hésiter. Ses yeux dorés – je devrais d'ailleurs lui demander pourquoi est-ce qu'ils avaient changé de couleur, bien qu'ils soient toujours aussi magnifiques – étaient perdus dans le vide.
Je m'approchai lentement d'elle. Elle recula, terrorisée, puis essaya de partir.
- Bella, la suppliai-je. Ne t'en vas pas.
Elle se retourna, stupéfaite.
- Tu... ne veux pas que je m'en aille?
- Non. Reste, s'il te plait. Il faut que je te parle.
- Je crois que tu m'as déjà tout dit, dans ta lettre.
- Je ne le pensais pas... J'ignorais que...
- Quelles que soient les raisons qui t'ont poussé à rédiger cette lettre, je ne t'en veux pas.
Je m'immobilisai. Elle ne m'en voulait pas?
Elle avança en continuant à parler.
- Je crois que je le méritais un peu. Je sais que tu n'as pas accepté le fait que je sois partie rejoindre Noah. Mais je ne voulais pas qu'il devienne un monstre. Je refusais de vivre sans lui et Joy, et surtout que les Volturis ne les changent en des personnes ignobles. Je comprends que tu aies souffert de la situation, je comprends aussi que tu aies voulu vider ton sac, et je ne t'en veux vraiment pas. Seulement Noah...
- Il me hait, soupirai-je tristement.
- Il l'a très mal pris. Il avait compris que tu ne veuilles pas que nous t'appelions parce que vous souffriez trop d'être éloignés de nous. Mais ce que tu as écrit... Ce manque de confiance en nous... Et la manière dont tu l'as répudié...
- Je ne l'ai pas répudié. La coupai-je.
- Dis-moi, Cullen. T'es-tu seulement relu après avoir écrit tout ce qui te passait par la tête? Me demanda-t-elle en souriant.
- Hum... Pas vraiment. Lui répondis-je, honteux.
Elle rit à gorge déployée.
- Je le savais! Je le lui ai dit, que tu pouvais être impulsif! Fit-elle en me donnant un coup de coude amical.
- Cela m'arrive, des fois, avouai-je en riant également.
Je n'avais pas ri aussi spontanément depuis son départ. Elle agissait comme si elle avait toujours été là, et sa présence me réchauffa le cœur. Elle reprit cependant son sérieux.
- Sur toute ta lettre, tu as dit en parlant de Noah « Ton fils » et en parlant de Joy « Ma fille ». Tu nous a renié tous les deux. Tu nous as traité de monstres. Il a été encore plus anéanti que moi.
- Je... Je suis navré... Je ne pensais pas... Je l'aime tellement...
- Je le sais, rassure-toi. Mais je n'arrive pas à lui faire entendre raison et...
- Il veut me combattre.
Elle sursauta.
- Comment l'as-tu su?
- Alice a eu une vision. Elle a vu Noah à côté de Félix, et...
Je ne pus continuer. Les larmes m'empêchèrent de parler. Bella me caressa le visage.
- Pourquoi? Pourquoi me hait-il autant? Je sais bien que... j'ai mal agi. Mais pourquoi m'en veut-il à ce point?
- Laisse-moi te le montrer. Tu comprendras mieux. Ne m'en veux pas, cela risque de te faire du mal.
Un flot d'image que je ne pus distinguer tout de suite me parvint . En regardant Bella, je me rendis compte qu'elle essayait de me transmettre ses pensées. Je me concentrai dessus et ce que je vis me fit me tordre de douleur.
Tous ces sacrifices, toutes ces souffrances... Ils avaient traversés tellement d'épreuves pour garder notre secret intact que je me maudis d'avoir été si odieux et si peu reconnaissant.
Je poussai un cri empli d'effroi lorsque je vis comment ils avaient été torturés lorsque Noah s'était enfui pour avertir Jasper que Joy courait un danger. La rage remplaçait l'effroi au vu de ce que Félix infligeait quotidiennement à ma femme. Les paroles de Noah finirent de m'achever.
**********
Nous sommes restés enfermés pendant trois mois, pour avoir tenu tête à Aro et ne pas dénoncer l'existence de Joy. Tu as été torturée trois fois par jour pendant quatre vingt douze jours, encore pour eux. Nous nous sommes fait fouetter avec des chaines chauffées à blanc pendant soixante douze heures parce que nous nous sommes enfuis pour les prévenir. Félix te bat tous les jours et te fait vivre un enfer parce que tu ne peux pas aimer un autre homme qu'Edward Cullen. Et cet homme-là nous considère comme des étrangers. Il souhaite ta mort, et nous traite de monstres. Puisque je ne suis plus un Cullen à ses yeux, et qu'il ne veut plus avoir à faire à moi, je me ferai un plaisir de devenir un Volturi, et je le détruirai. Je le briserai comme il t'a brisé.
**********
Je m'effondrai. Bella s'agenouilla devant moi et me prit dans ses bras.
- Pardonne-moi. Je n'aurais pas dû te montrer tout ça...
C'est elle qui avait subi des mauvais traitements... C'est moi qui l'avais enfoncée, mais ELLE s'excusait?
- Oh, Bella! Lui dis-je en sanglotant. Si tu savais comme je m'en veux! Je suis tellement désolé! Une vie ne suffirait pas à me racheter à vos yeux...
- Tu n'y es pour rien, Edward, nous savions ce que nous risquions et l'avions accepté. Mais Noah a tendance à être un peu rancunier.
- Et il a raison! m'écriai-je. Nos souffrances ne sont rien à côté des vôtres...
- Ça ne se mesure pas, la souffrance. Dit-elle en relevant ma tête. Mes yeux se noyèrent dans les siens.
- Bella... Pourquoi tes yeux sont dorés, maintenant?
- Oh... Je n'en sais rien. Ils sont comme ça depuis que j'ai quitté Forks. Etrange, non?
- Hum hum...
- Edward? Tu te sens bien? Me demanda-t-elle, inquiète.
- Tu es magnifique... lui dis-je en souriant.
Elle rougit. Dieu que cela m'avait manqué!
Je lui caressai le visage, frissonnant au passage. Le contact avec sa peau était toujours aussi exquis.
- Edward... me dit-elle tristement. Ne fais pas ça...
- Hum hum...
- Je suis venue t'apporter... Les papiers du divorce.
Je me raidis. J'avais oublié ce détail.
- Oh!
- Oui... J'ai promis à Félix de te les remettre afin de commencer une nouvelle vie...avec lui.
La douleur me coupa le souffle. Elle allait se mettre avec lui, après tous les supplices qu'il lui avait infligé?
- Mais... Il te maltraite, Bella...
- Je n'ai pas le choix. Il le faut.
- Souhaites-tu passer le reste de tes jours à te faire battre par lui? M'emportai-je.
- Non. Mais si je le fais,c'est parce que... Non, laisse tomber.
- Dis le moi, je t'en supplie.
- Je n'ai pas envie qu'il te tue. Il te considère comme une menace. Le fait que j'accepte de divorcer l'a rassuré. Mais pour qu'il te laisse en paix, qu'il arrête de penser que je ne serai entièrement à lui qu'une fois que tu seras mort, il faut que... Je me remarie avec lui.
J'en restai coi.
- L'aimes-tu, au moins?
- Non! S'offusqua-t-elle. Comment peux tu songer que... Elle encra ses yeux dans les miens et reprit tendrement. Je n'ai jamais aimé que toi, Edward. Je t'aime encore plus que le premier jour, et de plus en plus chaque jour. J'en mourrais s'il t'arrivait quelque chose. Je préfère encore être avec un homme qui me répugne au plus haut point, si je sais que tu ne risques rien.
Sa déclaration me laissa sans voix. Les larmes coulaient d'elles même.
Cette femme était tout bonnement exceptionnelle.
- Je ne mérite pas ton amour... murmurai-je.
- Tu l'as, pourtant, alors fais-toi une raison. Railla-t-elle.
Je ne pus résister plus longtemps. Son regard, son odeur, sa voix me faisaient vaciller. Tout en essayant de ne pas la blesser, mes lèvres effleurèrent les siennes.
Douce extase.
Elle me rendit mon baiser avec tendresse. Ses bras entourèrent mon cou et nous nous laissâmes envahir par cet instant de félicité. Ses baisers avaient toujours été magiques, mais celui là était encore meilleur que tous les autres. Il était unique. Comme si, par ce simple baiser, nous avions renouvelés tous nos vœux.
Bella rompit notre étreinte pour reprendre son souffle. J'en avais également besoin.
- Joyeux anniversaire, Bella, lui dis-je en souriant.
- Joyeux anniversaire, mon amour, me répondit-elle en me retournant mon sourire.
Je frémis. Au moment où elle prononça ces mots, la couleur dorée de ses yeux disparut, laissant place aux reflets argentés qu'ils arboraient à son réveil.
- Bella, tes yeux...
- Qu'est-ce qui se passe?
- Ils... sont argentés, maintenant.
Son sourire, s'élargit.
- Je crois que je sais pourquoi. Déclara-t-elle.
- Aurais-tu l'amabilité de m'expliquer, en ce cas?
- Je n'étais plus que l'ombre de moi même, sans toi. Et à cet instant, je suis heureuse. Je me sens enfin entière. J'aimerais que cet instant ne finisse jamais.
- Nous pouvons le prolonger, si tu le désires. Lui répondis-je en l'embrassant de nouveau.
Ce baiser-là fut plus passionné. Notre désir mutuel s'exprimait à travers lui. Elle passa ses mains dans mes cheveux tandis que je la resserrai contre moi. Nous ne faisions plus qu'un, et nous nous laissâmes entraîner par nos pulsions inassouvies depuis deux ans.
Nous renouvelâmes notre baiser, et ce qui en découlait. Cinq fois. Elle s'endormit après notre dernier... Notre dernière discussion.
Allongé dans l'herbe, ma femme blottie contre moi, je me sentais bien. Je ne voulais pas qu'elle reparte, mais je savais qu'elle ne resterait pas, sachant ce que Noah risquerait si elle le faisait.
Je me demandais si mon fils me pardonnerait un jour pour le manque de considération dont j'avais fait preuve à son égard, et Bella me répondit dans son sommeil.
- Bien sûr qu'il te pardonnera, mon amour. Notre fils t'aime.
Comment avait-elle fait pour lui dans mes pensées?
- Je n'en sais rien, mais c'est très drôle! Continua-t-elle, toujours en dormant.
Je décidai de m'amuser un peu et de repenser à certains moment croustillants.
- Non, rit-elle. Ce n'est pas du jeu!
Je ris à mon tour, et songeai finalement à notre fille.
- Elle est ravissante... murmura-t-elle. Notre petite fille... Elle a l'air d'avoir un sale caractère! Mais tu l'as bien élevée, mon amour. Merci beaucoup.
- Tout comme tu as bien élevé notre fils, répliquai-je.
Elle se leva d'un bond.
- Seigneur! Noah! Cela fait combien de temps que nous sommes ici?
- Deux jours, pourquoi?
- Je dois y aller! Dit-elle en s'empressant de s'habiller. Félix va être fou de rage et il risque de s'en prendre à notre fils.
Pendant qu'elle se rhabillait je remarquai des cicatrices dans son dos. Nous autres, vampires, ne gardions pas ce genre de marques. Les seules stigmates que nous pouvions garder étaient les morsures de nos congénères. Seul le venin nous marquait à vie. Bella s'arrêta subitement.
- Félix enduit les chaines qu'il utilise pour me punir avec son venin, ou celui de Noah quand il prend ma défense... chuchota-t-elle, honteuse.
- Mais c'est horrible! M'insurgeai-je.
- Tu comprends pourquoi je ne souhaite pas trop tarder? Il s'en prendrait de la même manière à Noah...
- Mais... son bouclier résistant aux attaques physiques...
- A des failles, car il est encore jeune. me coupa-t-elle. Et Félix, qui l'entraîne, les connait parfaitement.
Je tressaillis. Je ne pouvais pas la laisser rejoindre ce monstre.
- Ne pars pas... la suppliai-je.
- Il le faut, Edward. Affirma-t-elle. Noah a besoin de moi. Je l'ai laissé là-bas, il faut que j'y retourne.
- Donne lui ceci de ma part, lui dis-je en lui remettant une lettre. Fais qu'il la lise, je t'en supplie.
- Je te promets d'essayer.
- Merci.
Elle s'approcha de moi, et m'embrassa fiévreusement. Ce baiser avait un goût d'adieu, et ne me plaisait pas du tout.
- Reviens-moi vite, alors.
- Je... J'aimerais tant...balbutia-t-elle
- Alors fais-le. assenai-je.
- Je ne peux pas, et tu le sais. On se revoit dans une semaine. J'essaierai de raisonner notre fils. Elle me caressa le visage, une dernière fois... Je t'aime, Edward.
Elle déposa les papiers du divorce à les pieds, les larmes aux yeux, ainsi que son alliance.
Elle se retourna, et je vis la couleur de ses yeux changer à nouveau, pour redevenir dorée. Elle était de nouveau malheureuse, et son désespoir, faisant écho au mien, me fit tomber à genoux et pleurer à chaudes larmes. Quand je relevais la tête, les yeux embués, elle était déjà partie.
J'avais passé deux jours en sa compagnie, et je n'avais pas prononcé les mots qui résumaient tout ce que j'avais essayé de lui démontrer à travers mes actes.
- Je t'aime aussi, Bella.
- Je le sais, ne t'inquiète pas, dit une voix qui semblait provenir de mon esprit. Cette voix avait le même timbre que celui de mon amour.
Après ces deux jours, j'étais plus que déterminé à me battre. Je voulais les récupérer. Une bonne fois pour toutes. En espérant que Noah m'aurait pardonné d'ici là...
Je tuerai Félix de mes propres mains. Je lui ferai payer toutes ces horreurs qu'il a fait subir à mon amour.
Bella sera de nouveau mienne. Et notre famille sera enfin réunie. J'en suis persuadé.
Et voila! Je l'ai enfin terminée, cette scène de retrouvailles!
Je file me coucher, je suis exténuée
J'espère que cela vous a plu, même s'il n'ont pas peaufiné de plan de bataille.
Reste à savoir si Bella va réussir à raisonner Noah...
Leilani
