B'soir-jour tout le monde...
Le site beug beaucoup ces derniers jours,
mais le chapitre est quand même là... enfin si vous êtes là,
vous le savez!
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On accueille parmi nous ma bêta qui a pris son poste sur ce chapitre
PtiteWam, qui a accepté de corriger mes étourderies!
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Un énorme merci à vous toutes encore une fois qui vous êtes mobilisées en masse :
Lemoniaque, veronika crepuscule, lia3011, vinie65, liliputienne31, coeur2crystal, Sisko13, sufferliness, Bakerly, mel031, tacha vaillant, 35nanou, lapiaf8, Ptiteaurel, Juliet1802, Yellowstone69, Lunenoire83, Twilight007, Dreams-Twilight (Je suis d'accord pour le répertoire!), lyraparleor, Erika shoval, ZsaZsaZsu1986 (La formation par correspondance, notamment sur ce CAP, a l'air de vraiment très bien fonctionner! J'aurais pas cru !Bravo pour ton diplome en tout cas!), halay, Bella Lily Rose Cullen, Letmesign23, Nadalexx, Roxanne, Lovelyrainbow-x, Mylene (Merci beaucoup beaucoup pour cette review adorable!), vicky30 (Je ne trahis aucun secret en avouant que tout ne sera pas rose, effectivement...), sarinette60, Ludivine28, bella' stewart, choubidou. lily, Habswifes, clair de lune. cdc, frimousse30, fan-par-hasard21, katner, catiuski, Em 81 (Pour l'instant, je pense qu'Emmett agace vraiment Rosalie, il n'y a rien de "caché" sous ça =)), Morgane, NiniWeasley (Arrête de dire que j't'ai illuminé... on va finir par m'arrêter pour ça mdrrrr), Auredronya, Lucie (Non désolée, c'est un chapitre par semaine, pas plus... Concernant le "je t'aime"... j'ai une idée bien précise à ce sujet, mais il faudra patienter !), calimero59, SurreyFr, Titie, Grazie, oliveronica massen cullen, Bellaandedwardamour, Cullen's family (T'es pas la seule à sentir la "cacahuète" arriver...), Claire91, LuneBlanche, sandmabe, majea (Non tu sais je ne pense pas que Bella voudrait "oublier" Aaron... Seulement à 19 ans parfois on accepte des choses sans vraiment savoir ce que c'est que le quotidien avec ça. Bella n'a jamais vraiment été au contact d'enfants, elle doit aussi s'adapter à lui, elle le sait et elle l'accepte. Mais c'est un grand chamboulement, alors ce n'est pas facile.), LolaMiSweetlove, chouchoumag, callie226, Fan de twilight, Aliiice, emy299, Anill, Ilonka, BonaVenture, twilight-I-love-you, Fanany, melacullen, doudounord, Lareveuse15, lena -lna933-, Anne, Carothepriincess, Cchope, Siksound (Dans l'immédiat, nous n'aurons pas droit à l'entretien Carlisle-Tanya, mais nous en saurons le contenu plus tard!), Mariefandetwilight, lili. 88, Annouk, Magicvanille, TeamEdward, MathildeD, Alicia38, Lenerol, EstL, Elodie Breuse, Lily-pixie, emichlo, aelita48, Melliii (A propos des notes, je ne suis pas du genre à étaler ma vie, quand je mets quelque chose, j'essaie de le faire dans l'intérêt du chapitre, comme le nombre total... Je réponds aux questions qui me sont posées. Après, les problèmes en fac, le fait de savoir si j'suis enceinte ou pas, savoir si j'ai rencontré l'homme de ma vie ou pas, honnêtement on s'en fiche puis ça n'a rien à faire là à mon sens!), Hurrican-bells, Atchoum16, Cocotte56, chriwyatt, adeline73100, Aude77, Tinga Bella, Clairouille59, lemonenfolie, Coco (Saleté d'opérateur internet T_T Sont jamais au point!), Titijade, la fille, vampire-human-werewolf.
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Quant au NOMBRE de chapitres, j'ai enfin une réponse à vous fournir : il y aura 34 chapitres, épilogue inclus !
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Bonne lecture à toutes,
à très vite, bon week-end.
Tiffany.
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Chapitre 25
Point de vue de Bella.
Edward et moi étions revenus chez lui, après deux heures de cours. Il était officiellement venu annoncer son départ, mais la directrice souhaitait qu'il passe ses examens semestriels avant de renoncer définitivement.
«Il faut y mettre davantage de volonté, jeune homme ! Je suis certaine qu'avec des heures de tutorat et le travail acharné de vos professeurs, vous pourriez tout mener de front !»
«J'ai essayé, et je me retrouve avec une assistante sociale aux fesses pour mon fils. Je veux juste partir...»
Elle lui avait indiqué qu'il devait passer la session et qu'il pourrait ensuite arrêter ses cours. Un peu têtue... mais elle avait certainement une renommée importante et n'acceptait probablement pas les élèves qui hésitaient entre travailler et étudier... Notre prof de TD, cette chère Corbero, avait semble-t-il appuyé cette décision. Sachant nos examens dans une semaine, Edward avait eu son dernier cours avec elle.
«Vous voilà enfin devenu raisonnable, Edward !»
«J'espère que ça ira maintenant !»
«J'en suis convaincue ! Peu de jeunes gens font le choix de la raison ! J'ai souligné cette évidence à l'assistante sociale !»
«Merci beaucoup Mrs Corbero ! Je n'oublierai pas !»
«Nous sommes là pour ça, non ?»
«Ouais c'est vrai... mais merci quand même !»
«Et puis maintenant, vous n'interromprez plus mon cours en arrivant en retard !» avait-elle sourit.
Le fait est que passer ces derniers moments en commun avec lui était étrange... bizarre... presque triste... Je l'avais connu ici ! Quand Angela et Ben apprirent la nouvelle, ils eurent la réaction que tout ami a : encourager Edward dans son nouveau job, ce job à plein temps qui lui apporterait un grand équilibre. Angela m'avait adressée un petit sourire, compatissante. Le seul à s'en réjouir était ce gros con de Yorki. Il avait sauté sur l'occasion à la sortie du cours.
«Alors qu'entends-je Cullen ? Tu vas devenir un des gros bras de la société de King ?»
«J'bosse pas pour King, mais pour ma soeur !»
«Isabella, j'espère que tu n'es pas trop triste, et si tu te sens seule je...»
Edward s'était approché, menaçant.
«Méfies-toi bien Yorki ! Je suis entrain d'attaquer une formation pour casser la gueule aux p'tites merdes ! J'te conseille de bien regarder la nana sur laquelle tu vas poser tes pattes avant de le faire ! C'est clair ?»
Nous avions éclaté de rire et en parlions encore dans la voiture sur le chemin du retour.
Edward allumait la petite lampe du salon et s'affalait sur le canapé en s'étirant et baillant.
- Installe-toi... J'ai une flemme ce soir !
Je prenais place proche de lui, retirant mes chaussures. Il tapotait le dossier du canapé pour m'attirer à lui et je me glissais dans ses bras. Il embrassait mes cheveux doucement et soupirait.
- J'ai pas envie de repartir...
Son bras s'enroulait autour de mon ventre, et je nouais ma main à la sienne.
- Il faut bien...
- Ouais je sais... Ca va j'ai encore une demi-heure ! Au fait, comment va ta soeur ?
- Elle est sur un nuage depuis qu'elle sait qu'elle «porte un mini-Whitlock« !
Edward riait.
- J'suis content pour elle... Elle mérite d'être heureuse...
Je me rappuyais contre lui et embrassait sa mâchoire, alors que sa main se glissait sous mon pull pour se poser sur mon ventre qu'il effleurait avec douceur.
- Et toi aussi...
Il avait deux heures de formation de premiers secours ce soir à l'entreprise de sa soeur et il m'avait demandé si je pouvais lui garder son petit. Je passerai le vendredi soir chez lui, ainsi que la nuit.
- Elle ramène Aaron à quelle heure ta mère ?
- Elle ne devrait pas tarder, elle a une foutue réception de trous du cul en costards à l'hôpital avec mon père... d'ailleurs, elle franchirait la porte dans deux minutes ça ne m'étonnerait pas...
Il n'eut pas dit ça qu'on entendit un petit «toc toc» et sa mère fit son apparition dans le salon, les joues rosées et le sourire aux lèvres, Aaron bien emmitouflé dans son blouson, son bonnet et ses gants. Edward se levait pour le prendre.
- Salut toi ! Oh tu m'as manqué ! Tu le sais ça ?
Esmé souriait et retirait ses gants noirs avant de se pencher vers moi, alors qu'Aaron faisait littéralement une petite fête à son père.
- Bonsoir Isabella !
- Bonsoir Mrs Cullen !
Edward l'embrassait aussi rapidement.
- Ca a été ?
- Oui super ! On a été très contents de le garder ! Ca nous a rappelé notre jeunesse !
Elle semblait au comble du bonheur, les yeux pétillants. Mais Edward, lui, fronçait les sourcils.
- Nous ?
- Papa et moi !
Oh ho...
- Papa et toi ?
Il eut un regard dubitatif.
- Edward, ne sois pas si dur avec Carlisle !
- Oh non ! Rassure-toi ! Je ne le suis pas !
Sa mère soupirait.
- C'était très agréable de te le garder ! J'espère que nous en aurons plus souvent l'occasion par le futur !
Edward déshabillait Aaron.
- Maintenant que j'ai plus de baby-sitter... le temps d'en trouver une autre dès que j'aurai mon premier salaire...
Il n'était plus retourné chez Chelsea. Elle l'avait appelé, l'informant qu'elle s'était renseignée sur les tarifs d'une nourrice agréée. Bien évidemment, le maigre pécule versé par mon compagnon ne lui convenait subitement plus ! Edward semblait décidé à donner la garde d'Aaron à quelqu'un de compétent. Il attendrait son premier salaire pour chercher la personne adéquate. Il en aurait les moyens désormais, et ce serait une sécurité supplémentaire pour lui de savoir son bout de chou chez une personne compétente, qui ne paniquerait pas devant les soucis de santé d'Aaron. Il voulait vivre les choses de façon plus sereine, et c'était tout à son honneur !
- Je vais passer moins de temps à l'entreprise et davantage à la maison pour profiter ! Je serai disponible pour toi et Aaron !
Edward se retournait brusquement vers elle.
- Tu sais maman... j'aurais vraiment aimé que tu tiennes ce genre de discours vingt ans en arrière...
Et ben au moins ! Ca a le mérite d'être clair ! Il était en rupture totale avec ses parents... tout comme j'étais en rupture totale avec Charlie... Et ce n'était pas la chose la plus agréable qui soit... c'est même plus que douloureux... c'est une chose à laquelle je pense chaque jour en me levant, et en m'endormant... ne pas savoir quand je vais revoir Charlie et que nous nous ferons face en adultes... ne pas savoir quand je pourrai de nouveau partager un repas avec lui en temps que fille et père... ne pas savoir quand j'arrêterai de diviser ma famille... ne pas savoir quand je pourrai en profiter, tout simplement... Je me perdais dans mes propres pensées, et fus secouée par la voix d'Esmé.
- Je suis désolée Edward... Nous pardonneras-tu un jour de ne pas avoir été là pour toi ?
Mon compagnon fixait sa mère, visiblement étonné.
- Je ne compte plus maintenant... C'est Aaron le plus important !
Mrs Cullen s'avançait vers son fils, presque éreintée de ce combat qui durait depuis trop d'années maintenant. Mais le malaise était profond... est-ce que mes rapports à Charlie allaient ressembler à ça d'ici dix ans ? Ces regards emplis de regrets, et de rancoeurs ? Ces réflexions toujours mal placées et discrètes ? Je ne voulais pas ça... Mais Charlie ne m'avait pas respectée, comme Carlisle et Esmé n'avaient pas respecté leur fils. Finalement, j'empruntais le chemin de mon compagnon.
Une mise à la porte, et puis rien.
- Edward... Je voudrais vraiment t'aider...
Edward s'approchait de moi et me donnait Aaron, puis il attrapait son blouson pour le mettre.
- Je te rembourserai ce que je te dois... Pas d'un coup, parce que je dois penser à garder assez pour le petit, mais peu à peu.
- Mon chéri...
- Non maman ! Non... Je ne veux pas faire l'aumône, ni te devoir quoi que ce soit... tu m'as aidé de temps en temps, et je t'en suis reconnaissant. Mais je ne veux pas te devoir des dettes, des choses qui parasiteraient nos relations à un moment ou un autre... Alors... dès qu'on arrivera vers le 20 ou le 25 du mois, je ferai mes comptes, mettrai de côté une certaine somme pour les imprévus, je payerai un loyer aux McCarthy, et ce qui restera je te le donnerai... pour la nourriture que tu m'as avancé, le camion de déménagement... enfin tout ça quoi ! Je vais aussi aller ouvrir un compte à Aaron... Maintenant, faut que j'y aille, Rosalie compte sur moi !
- Edward attends ! Je ne veux pas que tu me rembourses ! Je suis ta mère... Je me dois de t'aider...
- Oui, mais moi je déteste vivre aux crochets de quelqu'un ! J'ai appris à haïr ce moment où je prenais cet argent ! Je ne veux pas avoir de dettes... Parce que quoi que tu dises, je continue de penser que vous vous déculpabilisiez comme ça... Dans votre monde de fric, c'est normal que la monnaie circule en grosse quantité... Mais je ne vis pas dans votre monde...
Il était tellement dur... Esmé ne bougeait plus et le regardait s'approcher de moi. Il se penchait sur le canapé pour déposer ses lèvres contre les miennes. Je me sentais mal de l'avoir vu ainsi... si... comment dire ? Si décidé et déterminé... Il se prenait en mains totalement...
- Je ne rentrerai pas tard...
J'opinais et il m'embrassait une dernière fois, ainsi que son fils, avant de claquer la porte d'entrée.
Esmé soupirait et s'asseyait sur une chaise de la table. Le silence oppressant, seulement rompu par le «tic-tac» soudain trop bruyant de la pendule, allait me rendre dingue. Quoi dire ? Quoi faire pour cette mère qu'il venait d'achever ? Je ne pouvais m'empêcher de penser à Charlie... Edward ne réalisait pas la chance qu'il a d'avoir une mère qui tente de se repentir du mieux possible. Certes, elle s'y prend maladroitement, mais elle essaie. Est-ce que papa allait essayer, lui aussi ?
- Qu'allez-vous penser de notre famille, Isabella ?
Ben...
- Euh... c'est-à-dire que ça ne me... regarde pas vraiment...
- Vous savez ce qui me rend malade ? C'est que mon fils... mon propre fils... est convaincu que nous lui voulons du mal... Il est persuadé qu'en lui donnant de l'argent pour l'aider, nous avions l'intention de le dépouiller dès qu'il serait en mesure de gagner sa vie...
- Je ne crois pas que...
- Mais le plus atroce dans tout ça... c'est qu'il s'imagine que nous sommes malheureux qu'il ait trouvé ce travail et qu'il ait été obligé d'abandonner ses études... Depuis le début, Carlisle lui dit de trouver un travail pour assumer ce bébé... il aurait voulu qu'il réussisse, qu'il nous prouve qu'on pouvait tout mener de front : étude, boulot, enfant... Il voulait nous prouver qu'il pouvait être meilleur père que Carlisle l'a été... sauf qu'il a fait les même erreurs que nous... A trop vouloir en faire, nous sommes passés à côté de tout, y compris de voir notre fils consommer de la drogue !
Elle laissait échapper un sanglot bruyant. Dans mes bras, Aaron était immobile, appuyé contre ma poitrine. Je me levais avec l'enfant et rejoignais cette mère, qui était si dépassée. Elle me fait de la peine, sincèrement. Elle reconnaissait toutes ses erreurs en bloc. Tout. Et Edward refusait de l'entendre.
Dialogue de sourds, en direction d'une situation qui deviendra bientôt inextricable... Edward avait là une chance de renouer avec eux, doucement. Il ne pouvait pas la manquer.
- Je vais essayer de lui parler, Esmé...
Elle relevait sa tête vers moi, son maquillage avait coulé sur ses joues. Mon cœur se serrait violemment à la vue de cette mère désespérée... Car c'est ce qu'elle semblait être... désespérée... désespérée de renouer un dialogue qui n'existait plus... J'extirpais un mouchoir de ma poche et lui tendais.
- Je sais que ça ne me regarde pas, mais je vais essayer...
Un sourire envahissait alors son visage et elle se relevait pour me serrer brièvement contre elle.
- Edward n'a que vous... Aaron et vous êtes son petit monde...
Je me contentais de lui rendre son sourire et elle prenait Aaron dans ses bras pour le câliner. Je savais aussi que si les choses continuaient ainsi, je pourrai également me vanter de n'avoir qu'Edward... Esmé se relevait après avoir étreint son petit-fils.
- Je vais devoir me rendre à une soirée... Prenez soin d'Edward et surtout du petit ! Il vous l'a confié ce soir, ce n'est pas pour rien... Vous avez plus d'importance pour lui que tous les autres... Il ne donnerait pas son enfant à n'importe qui ! C'est qu'il tient à vous... Il ne met pas n'importe qui dans l'entourage d'Aaron... Il ne cherche plus les relations inutiles pour eux deux...
- Promis...
Elle quittait le pavillon, me laissant seule face au petit d'Edward. «Il ne met pas n'importe qui dans l'entourage d'Aaron...», «Il ne cherche plus les relations inutiles pour eux deux...»...
- Allez... Est-ce que t'as faim ?
Il se mettait à chougner, mordillant ses doigts. Saletés de dents qui poussent. Je m'occupais de l'enfant du mieux possible, pour faire en sorte qu'Edward n'ait pas trop à s'inquiéter. Aaron s'agitait, visiblement non prêt à se coucher. Alors, pendant le diner, je l'installais dans son siège et je mangeais une petite tranche de jambon avec de l'emmental et du pain. Et après cette faible pitance, je couchais le petit et me mettais moi-même au lit, m'endormant avec peine. La peine d'Esmé me semblait si lourde à expliquer à Edward... Je n'ai pas d'enfants et je ne sais pas tout ce qu'elle a pu ressentir... Et comment l'expliquer à Edward sans qu'il n'ait l'impression que je prenne parti ? Il allait se sentir blessé... J'entendais la porte claquer et Edward toussait. Il marchait à pas feutrés dans le couloir, ouvrant la porte de la chambre de son fils, comme à son habitude, pour vérifier qu'il aille bien. Le baby phone branché, je l'entendais.
- Hey... Tu dors pas bonhomme ? Viens là... viens voir papa...
Je ne pus retenir un sourire. Le petit balbutiait.
- Elle s'est bien occupée de toi Bella hein... Oui, elle a été gentille, t'es tout beau, tu sens bon...
J'entendais le bruit d'un petit baiser.
- On a de la chance de l'avoir... Beaucoup, beaucoup de chance... Tatie Rose a tout fait pour me remettre en selle, on va en profiter ! Je vais tout faire pour qu'on ait une belle petite vie tous les trois... Papa te le promet !
«Une belle petite vie tous les trois...». Parce que oui, ce n'était pas une vie qu'entre lui et moi... c'est entre lui, Aaron et moi... Il avait l'air très motivé avec ce nouveau travail, même s'il avait eu du mal à accepter l'idée. Mais je crois qu'il avait fait le choix le plus intelligent. Il entrait dans la chambre et je l'entendais se déshabiller et enfiler son pyjama. Il se glissait dans les draps et se collait à moi, son bras me rapprochant de lui, son torse contre mon dos. Nous entrelacions nos doigts et il déposait un baiser sur ma joue.
- Merci de t'être occupée de lui... C'est très important pour moi ce que tu as fais...
- C'est normal... C'est ton fils et je t'ai pris avec lui...
- Ouais... Mais je suis heureux que l'on t'ait... Peu de gens comprennent...
Il embrassait mon épaule de ses lèvres chaudes. Ce discours me mettait un peu mal à l'aise, sans vraiment que je sache pourquoi...
- Ca a été ta formation ?
- Ca se passe très bien... On a rencontré le chef responsable de la sécurité qui a improvisé une petite réunion avec Rose et j'ai dû ramener Emmett, c'est pour ça que je suis un peu en retard...
- D'accord...
- C'est marrant de pouvoir lui mettre des coups en formation... Il n'est pas très vif !
- Je ne voudrais pas qu'il m'en colle une !
Il eut un petit rire.
- Tout à l'heure il m'a pris par surprise et il m'a mis une baffe, je te jure que j'ai cru voir des chandelles !
J'éclatais de rire et me tournais vers lui pour l'embrasser, passant ma main dans ses cheveux alors qu'il bisouillait le bout de mon nez. Puis je fermais les yeux contre lui, pour m'endormir.
-::-
Alice s'agitait dans tous les sens dans la cuisine, s'activant à préparer un dîner pour ce soir. Je la regardais préparer une salade de fruits. Elle coupait des petits bouts de pomme qu'elle lançait dans un saladier avec les morceaux de banane déjà prêts.
- Tiens Bella, tu m'attrapes deux sachets de sucre vanillé s'il te plaît ?
- Ouais... Tiens ! Ca va être bon ! J'adore comment tu fais tes salades de fruits !
- Recette basique ma chérie !
Elle posait son index plein de sucre des fruits sur mon nez.
- Et puis ça sera bon pour Mini-Whitlock !
Je ne pus retenir un sourire.
- Mini avec un «i» ou minie avec «ie» à ton avis ?
- Si tu veux mon avis, avec un «i» simplement ! Il est beaucoup trop calme, il tient de son père sûrement !
- Pourquoi une fille ne pourrait pas être calme ?
Elle posait son couteau et soupirait, comme si je venais de dire une grosse boulette.
- Bella, Bella ! Ma fille, calme ? Ma fille ne sera pas calme ! Elle mettra des couleurs dans ce monde de brutes ! Elle réveillera même les morts !
- C'est d'un goût !
Je prenais un bout de fruit dans le récipient alors que ma sœur continuait de s'agiter dans tous les sens. A ce rythme-là, «Mini-Whitlock» va être mixé !
- En plus, je me sens dans une forme olympique : pas de nausées, rien !
Jasper entrait dans la cuisine, l'attrapant au passage et la soulevant dans ses bras comme une mariée.
- Arrête de courir, t'es fragile maintenant !
Il l'embrassait et la reposait au sol.
- Tu lui as dit à quelle heure à Edward ?
- 20h comme tu m'as dit !
- Impeccable !
- Maman arrive à quelle heure ?
- Maman est là ! Bonsoir mes filles !
Je sursautais et me retournais pour voir ma mère dans l'encadrement de la porte de la cuisine, suivie par Phil.
- On vous a pas entendus arriver !
- Normal ! Vous ne faisiez que jacasser ! J'ai bien créé des filles, tiens !
Elle s'approchait et m'embrassait alors que Jasper saluait mon beau-père. Ca me faisait vraiment plaisir de les revoir... comme une bouffée d'air frais ! Alice comptait leur annoncer ce soir sa grossesse, ma mère serait très excitée à cette idée, à n'en pas douter ! Elle avait invité Edward également, même s'il était déjà au courant. Jasper attrapait les assiettes.
- On va dresser la table, ça sera fait !
- Attends, on va le faire !
Renée et moi attrapions la pile d'assiettes et nous dirigions à la salle à manger pour mettre le couvert.
- Alors ma chérie ! Comment tu vas ?
- Ca va...
- Et Edward ? J'espère le revoir !
- Il est invité... Il a trouvé du travail !
- C'est vraiment super ! C'est un bon garçon... j'ai bien vu qu'il avait de la peine à Noël de ne pas pouvoir participer aux cadeaux ! Son petit bout va mieux ?
- Il fait ses dents alors il est un peu grincheux mais c'est normal...
Ma mère disposait les verres.
- Tu ne m'as pas appelé pour me parler de tes vacances à Forks...
Je ne veux plus JAMAIS entendre parler de cet endroit pourri !
- Il n'y a rien eu de spécial à raconter tu sais...
Elle se redressait et me scrutait.
- Oh... Papa a fait des siennes, c'est ça ?
- Est-ce que foutre sa fille à la porte entre dans la catégorie «faire des siennes» ?
Renée s'immobilisait.
- Il a fait quoi ?
Je plaçais les couteaux.
- Rien... laisse tomber ! C'est oublié !
Mais Renée ne semblait pas vraiment de cet avis.
- Il t'a mise à la porte parce que tu sors avec Edward ? Il est pas croyable ! Je pensais qu'il serait en colère mais là ! Il a dépassé les bornes !
- Ce n'est pas grave... On est restés avec Edward dans la villa de ses parents et puis on a fini nos vacances en tête à tête... C'est pas plus mal...
Je comptais le nombre de couverts. Alice, Jasper, Edward, Renée, Phil, moi... Six... Pourquoi j'ai sept assiettes alors ?
- On est combien ce soir ?
- Attends voir... Alice et Jazz ça fait deux... Toi et Edward deux... Phil et moi deux... Six ! Pourquoi ?
Jasper a dû prendre une assiette de trop... mais quand même... Une assiette, une fourchette, un couteau, une cuillère et un verre de trop... Il a jamais aimé les maths le beauf' ou quoi ?
- Jasper ?
- Quoi ?
- Je sais que Aaron fait ses dents mais de là à lui rajouter déjà une assiette, y a d'la marge !
Alice et Jasper apparaissaient dans la pièce, visiblement sérieux. Faut pas que ça les tracasse à ce point d'avoir mis un couvert pour le p'tit...
- Hey, c'est pas...
Au même moment la porte sonnait. 19h10... Edward est en avance ! Mais c'est pas bien grave, plus de temps ensemble comme ça ! Je me précipitais vers la porte pour ouvrir à mon compagnon mais...
Charlie...
Oh non...
C'est pas vrai ! Elle a pas fait ça ? Elle l'a pas invité sans me le dire ?
- Alice !
Je me retournais vers ma soeur qui semblait bien pâle.
- Bella, nous voulions te le dire... Ca n'aurait pas été une vraie annonce si papa était...
J'hallucine... Un frisson de dégoût me parcourait la colonne vertébrale et j'eus rapidement envie de vomir.
- Alors vous avez manigancé ça dans mon dos ? J'te rappelle qu'il m'a foutu à la porte pas plus tard qu'il y a quinze jours !
Jasper s'approchait.
- Bella... S'il te plaît, comprends-nous !
J'y crois pas ! J'y crois vraiment pas... Je sentais une envie irréprécible de fuir, de partir. Il m'a clairement fait comprendre qu'il ne voulait pas me voir ! Et bien c'est pareil pour moi !
- PUTAIN VOUS FAITES CHIER MERDE ! BRAVO HEIN ! QUEL TACT !
Les yeux de ma soeur s'embuaient et Jasper la maintenait contre lui tandis que ma mère s'approchait.
- Si nous tentions de parler calmement...
- Non... Vous savez quoi... laissez tomber ! J'm'en vais !
Je me précipitais sur mon sac et mes clés de voiture avant de bousculer Charlie et de partir. Il ronchonnait et se tournait vers moi.
- DIS DONC BELLA, TU POURRAIS ETRE PLUS...
Je me retournais. Cet homme n'a rien à m'ordonner ! RIEN !
- Ne m'adresse plus JAMAIS la parole, compris ?
J'arrive pas à y croire... il est là et ils ne m'ont rien dit... Je démarrais rapidement pour me diriger chez Edward. J'en reviens pas qu'ils aient pu faire ça... Pas Alice... Pas devant tout le monde... J'allais sûrement gâcher leur petite fête, mais tant pis ! Ils m'avaient pris pour une idiote... Pourquoi avais-je imaginé qu'elle annoncerait seulement à maman et Phil et pas Charlie ? Pourquoi elle m'a fait ça ?
..::..
Point de vue d'Edward.
Je terminais de boutonner ma chemise blanche et d'enfiler ma veste de costume quand on sonnait à la porte. Dans son cosy, Aaron jouait avec son hochet, l'agitant de petits mouvements en attendant que je sois prêt. On dinait chez Alice avec Renée et Phil... Je les aimais beaucoup et j'étais heureux de les revoir. La sonnerie insistait lourdement.
- Voilà voilà ! J'arrive !
J'attrapais mes pompes en allant ouvrir. Je tombais sur Bella, penaude et pâle. La pluie tombait drue et elle était trempée.
- Bella, qu'est-ce que tu fais là ? Qu'est-ce qui se passe ?
Je crus distinguer une larme sur sa joue.
- Tu pleures ?
Elle éclatait alors en sanglots en frissonnant et je l'attirais à moi pour qu'elle rentre au chaud. Dans mes bras, elle se laissait aller et je refermais la porte derrière nous.
- Bella... Ma puce... Parle-moi !
Elle tremblait et s'agrippait à ma chemise fortement, enfouissant sa tête dans mon torse. Ben merde...
- Bella... Dis-moi... Parle-moi... Tu es blessée ?
Elle fit «non» de la tête.
- A... Alice... elle...
- Il lui est arrivé quelque chose ? A elle ou au bébé ?
Je l'attrapais par les bras pour tenter de savoir quoi que ce soit. S'il arrivait malheur à sa sœur, j'étais certain que Bella ne s'en remettrait pas ! Elle secouait la tête négativement et se recollait contre moi, me serrant fortement. Je caressais ses cheveux détrempés.
- Elle... Elle a invité Charlie ce soir...
Oh... je vois...
- Elle ne t'avait rien dit ?
A cette question, elle redoublait de larmes. Du couloir, j'apercevais Aaron dans le salon qui fixait l'endroit où nous étions, son bras immobilisé dans son geste avec le hochet. Ma compagne continuait de pleurer. J'aurais cru qu'Alice l'aurait informée de cette venue... en même temps elle voulait annoncer sa grossesse, ça peut se comprendre... mais bon... la situation était déjà bien délicate et personnellement, j'aurais préféré qu'elle s'entretienne individuellement avec ses parents plutôt que de mettre Bella devant le fait accompli... Je ne sais pas à quoi elle s'attendait en nous réunissant tous dans la même pièce... mais bon...
- Bella... Shhh... Calme-toi... Viens... Il faut que tu te réchauffes, tu vas retomber malade...
Tel un pantin, elle se laissait faire alors que je posais son sac au sol. Je l'entraînais dans la salle de bains. Elle devait se réchauffer à tout prix alors j'entrepris de la déshabiller, lui retirant ses chaussures, sa chemise bleue, son jeans noir collé à sa peau et ses sous-vêtements.
- Va dans la baignoire !
Elle se laissait faire et j'actionnais le jet d'eau à une température convenable. Je tentais alors de réchauffer sa peau frissonnante alors qu'elle était complètement léthargique. Je devais surveiller Aaron... Dans son cosy il ne risquait pas grand-chose sachant qu'il était attaché avec le harnais de sécurité mais s'il s'agitait trop et faisait basculer le siège... bon... il y a des lamelles antidérapantes dessous et il est sur un tapis mais je ne préférais pas tenter le diable ! Je tentais de faire réagir ma compagne en lui présentant le pommeau de douche mais elle l'attrapait sans vraiment bouger. J'embrassais son front.
- Bella, s'il te plaît... Réchauffe-toi... Je dois aller voir ce que fait Aaron... Je l'emmène dans sa chambre, je serai plus tranquille...
Je me précipitais en dehors de la salle d'eau et attrapais mon fils que j'installais sans cérémonie dans son petit lit. Il chougnait un peu mais il attendra ! J'allumais son mobile au-dessus de sa tête et il se concentrait dessus. Dieu merci, il n'est pas capricieux ! Je retrouvais Bella dans la même position que lorsque je l'avais laissé. Je récupérais le jet d'eau et la mouillais. Bon... Elle veut pas bouger...
- Assis-toi...
Je fermais l'évacuation d'eau et enclenchais le remplissage de la baignoire pour qu'elle prenne un bain chaud. Je fis couler un peu de mon gel douche et une légère mousse se produisait. Je retirais mes chaussettes et remontais mes jambes de pantalon et mes manches pour m'asseoir sur le rebord de la baignoire derrière elle. Je l'attirais contre moi et sa tête reposait contre mon ventre, mouillant mes fringues mais qu'importe ! Elle a pris un gros coup derrière la tête... Si Rosalie me faisait un tel plan... je ne crois pas que je pourrais le supporter ! Avec mes mains, je ramenais l'eau qui augmentait de volume sur les bras pleins de chair de poule de ma petite-amie et embrassais ses cheveux, avant d'entamer un massage qui pourrait la détendre.
- Parle-moi Bella...
Mais elle s'enfermait dans son mutisme, et appuyait simplement sa tête contre ma cuisse. Je coupais l'eau qu'elle avait désormais à la poitrine. Au moins, elle se réchauffera ! Longtemps, elle resta silencieuse et il n'y eut pour seul bruit que le mouvement de l'eau et les petits bruits de mon fils qui râlait un peu, pour la forme. Je tenais Bella contre moi, ne cessant de la caresser à défaut de pouvoir mettre des mots sur son malaise... Ses larmes se tarissaient mais elle gardait les yeux dans le vide. J'effleurais du bout des doigts son épaule pour dégager ses cheveux et y déposais un petit baiser. J'appuyais ma tête contre la sienne. Je donnerais tout pour apaiser son chagrin mais je ne pouvais m'empêcher de me sentir responsable... C'est de ma faute si son père et elle ne s'entendent plus... Au bout de longues minutes, alors que l'eau commençait à se rafraichir, elle attrapait ma main qui naviguait sur son ventre.
- Je ne veux pas rentrer ce soir...
J'embrassais son cou.
- Je ne t'aurai pas laissé repartir dans cet état de toute façon...
Elle se blottissait contre moi en fermant les yeux. Je l'aidais à sortir du bain et l'entourais dans ma plus grande serviette.
- Tes affaires sont trempées... Je vais te chercher des vêtements secs...
Je me dirigeais dans ma chambre et attrapais un tee-shirt ainsi qu'un caleçon et un de mes bas de pyjama. Je revenais pour la voir s'essuyer grossièrement.
- Tiens... Mets ça !
Je l'aidais à s'habiller, tentant de faire abstraction de son corps entre mes mains, et lui prêtais aussi mon peignoir de bain. Si avec ça, elle n'a pas chopé la crève, c'est qu'elle est rudement résistante !
- Je vais préparer à manger pour Aaron et après je nous ferai un petit repas...
Elle s'entourait de mon peignoir épais et j'attrapais sa main pour rejoindre Aaron. Il jouait, comme toujours, avec ses pieds. Futur fétichiste ?
- Arrête d'essayer de manger tes pieds ! C'est du cannibalisme ça bébé !
Je les entraînais tous les deux en bas, Aaron dans son siège et Bella sur une chaise, pour tout préparer.
Je posais l'assiette en plastique fumante devant mon fils.
- Allez, ce soir c'est purée de pois-cassés-carottes et poulet !
Sont vachement inventifs en terme de goût quand même... de la purée de poulet... J'attrapais la petite cuillère flexible en plastique et soufflais sur le repas pour qu'Aaron ne s'ébouillante pas. Je portais l'ustensile à sa bouche et il ouvrait grand le bec pour manger. Mais il fit rapidement une espèce de grimace très évocatrice, sourcils froncés et il mâchouillait comme s'il goûtait quelque chose de vraiment gerbant. Il me regardait genre «pourquoi tu me fais ça à moi papa ?»... J'éclatais de rire.
- Ouh ben putain ça a pas l'air d'être une réussite ça hein !
Je trempais mon doigt pour goûter. Non, effectivement, c'est pas une réussite ! Je retentais de lui donner une nouvelle cuillère mais sans plus de succès.
- Je crois qu'on va laisser tomber ça pour ce soir ! Je vais réchauffer un peu de purée de patates de midi, ok ? Tu préfères ça je sais !
- Pvfffff !
- Ouais ! J'suis d'accord !
J'embrassais Aaron et me tournais vers Bella. Elle ne réagissait pas, perdue dans ses pensées.
- Bella, tu veux manger quelque chose ?
- Rien... Non... Je n'ai pas très faim...
Elle me fendait le cœur. Je comprends vraiment pas comment Alice a pu organiser ça... d'accord ok elle est heureuse d'annoncer sa grossesse et on ne peut pas lui en vouloir... mais elle connaissait très bien la situation !
- Je m'occupe du petit et après on va parler tous les deux, d'accord ?
Elle opinait, recroquevillée sur elle-même. Je réchauffais en vitesse le repas du petit et me rasseyais. Mais ma compagne se mit debout et vint s'installer sur mes genoux, de nouvelles larmes roulant sur ses joues. J'entourais son dos de mes bras et elle nichait son visage dans mon cou, pleurant à chaudes larmes.
- Ca va aller Bella... Ca te fait beaucoup d'un coup, et c'est normal...
Elle reniflait peu gracieusement.
- Alice n'a sûrement pas pensé à mal, elle était très heureuse d'apprendre à sa famille cette grossesse... Il y a ça, les examens que tu as lundi, la situation avec ton père... Ca fait beaucoup Bella... Mais c'est rien... Je te promets que ça va passer...
A côté de moi, Aaron s'agitait en ronchonnant et tentait d'attraper sa cuillère. Bon... ok... deux personnes, deux bras, tu peux le faire Cullen ! De mon bras droit, je remplissais l'ustensile et le dirigeais vers la bouche d'Aaron, tandis que le gauche entourait et caressait le dos de ma compagne. Elle regardait mon fils manger, toujours blottie contre moi. Aaron souriait, les gencives et les lèvres pleines de purée. Oh putain ! Bah c'est meilleur que l'autre purée apparemment ! Bella eut un petit rire contre moi et j'embrassais son front. Voilà qui est mieux !
- Je suis fatiguée...
- Va t'allonger... Je fais manger le petit, je le change, je le couche et je viens te rejoindre...
Elle acquiesçait et je la regardais quitter la cuisine la tête baissée.
Aaron, lui, continuait de fixer sa cuillère pratiquement en louchant, la bouche grande ouverte.
- Tiens ! Allez, on finit et puis on va prendre un petit yaourt...
Pendant que je nourrissais mon enfant, je ne cessais de repenser à tout ça.
Sincèrement, comment Alice avait pu imaginer une telle chose ? N'avait-elle pas sincèrement pensé que ce n'était pas une solution ? Qu'il aurait mieux valu prendre les personnes à part pour leur annoncer et attendre que tout se tasse ? Je peux concevoir qu'elle ait eu envie d'annoncer ça à tout le monde, ça je le comprends. Je peux très bien m'imaginer que le bonheur d'être enceinte ait pris le pas sur les querelles, ça, ça se justifie. Après tout, elle va connaître le plus grand des bonheurs, et elle veut le faire partager. Quoi de plus normal ? Mais elle aurait pu en parler à sa sœur, par correction.
Une fois Aaron le ventre plein, je l'essuyais et me dirigeais rapidement vers la chambre pour voir comment allait ma compagne. Elle était sur son flanc droit, les yeux clos et la couverture remontée jusqu'à son menton. Ca avait dû l'épuiser... Je refermais la porte doucement alors qu'on toquait à l'entrée. Merde, qui ça peut être à cette heure-ci ?
Jasper.
Il entrait dans le couloir.
- Bella est ici ?
- Oui, elle s'est endormie...
- Faut que je lui parle !
- C'est une mauvaise idée de faire ça ce soir, si tu veux mon avis !
Il soupirait et s'appuyait contre le mur.
- Ecoute... Faut qu'on lui explique qu'on ne pensait pas...
- Elle dort ! Elle a assez mal comme ça... Je t'avoue aussi que je suis de son côté... parce que je ne sais pas ce qui aurait pu se passer si je m'étais retrouvé dans la même pièce que son père... Il peut pas me blairer et la réciproque est vraie, surtout depuis ce qu'il lui a fait à Forks... murmurais-je.
- Il va bien falloir que vous discutiez tous un jour...
- Un jour oui, mais pas maintenant ! Et surtout pas quand on me force la main... Là ce que je vois, c'est que ma petite-amie s'est sentie trahie par sa sœur en qui elle avait toute confiance...
Jasper fit les cent pas.
- Nous étions heureux d'annoncer cet événement !
- Je sais... et je ne vous en veux certainement pas ! Mais il y avait d'autres manières de procéder que de vouloir tous nous faire rencontrer... Je ne sais pas si je serai resté ce soir si j'étais arrivé et que j'avais vu ton père à la table... Ca aurait de toute façon créé un malaise. Soit je partais, soit on s'en mettait une et franchement, je ne veux pas ça pour Bella ! Alors elle va rester ici autant de temps qu'elle le souhaite et qu'elle en aura besoin... Elle vous pardonnera, je ferai tout pour qu'elle le fasse, mais elle prendra le temps qu'il lui sera nécessaire pour ça !
Penaud, le beau-frère de Bella me fixait.
- Occupe-toi d'elle...
- Bien sûr que je vais m'occuper d'elle.
Il quittait le pavillon sans plus de discours, me laissant seul. Et ben... c'est triste d'en arriver là quand, à la base, on est une famille unie... encore chez nous les Cullen, nous n'avions jamais vraiment été une famille... mais eux, ils en étaient une vraie avant mon arrivée. Un bloc solide malgré la séparation des parents.
J'attrapais Aaron pour aller le changer.
- Quelle soirée mon gars... Ca va pas être facile...
En pyjama propre, je l'embrassais et le couchais avec sa veilleuse et son mobile. Puis, je me glissais dans la chambre sombre et m'allongeais auprès de ma petite-amie qui bougeait dans son sommeil et se tournait vers moi.
- Jasper est venu ?
Je caressais sa joue et lissais ses cheveux vers l'arrière, appuyé sur mon bras droit.
- Oui... Je lui ai dis que tu resterais ici autant que tu en ressens le besoin...
- Merci...
Elle nichait son visage dans mon cou, sa jambe s'enroulant à la mienne, son bassin heurtant le mien.
- J'ai besoin de toi...
- Je suis là...
Ses hanches commencèrent à se mouvoir contre les miennes, lentes, langoureuses. Sa féminité heurtait mon sexe qui durcissait sous son geste tendre et bientôt, nos lèvres et nos langues se rencontrèrent. Je passais ma main sous son tee-shirt et frôlais ses seins, lui arrachant un gémissement de plaisir, ma bouche suçotant son cou. Ses mains passèrent la barrière de mon bas de pyjama pour se poser sur mes fesses et venir caresser mon sexe tendu, me procurant mille plaisirs grâce à sa paume chaude.
- Bella...
Son pouce affolait mon extrémité alors que je caressais son intimité. Bientôt, nous fumes tous deux nus face à face et après avoir mis un préservatif, je m'installais entre ses cuisses et la pénétrais doucement, pour ressortir et revenir un peu plus loin. Ma progression se fit lente en elle et lorsque je butais au fond d'elle, je me perdais dans ses yeux qui se fermaient, envahis par le bien-être, cambrée sous moi. Je poussais et repartais, lui donnant des petits baisers alors que ses ongles se plantaient dans mon dos. Je comblais son intimité d'un nouveau coup de rein.
- Pardonne-moi Bella...
Je quittais son sexe, et rerentrais en elle.
- Pardon pour tout ça...
Les yeux clos et la tête légèrement penchée vers l'arrière, elle était plus belle que jamais. Et j'avais détruit un peu d'elle...
- Je suis désolé de ne pas t'avoir eue à l'époque... et ne pas avoir pensé que je pourrai espérer mieux que les drogues...
Une larme roulait sur sa joue et elle se mordait la lèvre, sans me regarder. Je continuais mes va-et-vient en elle, pour lui donner un plaisir que ma présence lui retirait.
- Jamais je ne pourrais...
Il était de plus en plus difficile de lui parler alors que les pleurs glissaient sur sa peau blanche.
- Jamais je ne saurai assez m'excuser pour tout ça... Pour avoir fait ce qui te perd maintenant...
Elle remuait la tête, pleurant plus fort, alors que son bassin venait à la rencontre du mien.
- Arrête Edward... Arrête !
Je m'appuyais contre son buste, continuant mes mouvements en elle.
- Mais je te demande pardon... Pardon...
J'embrassais sa peau entre chaque «pardon».
- Pardon...
Je voulais qu'elle sache... je voulais qu'elle comprenne que j'étais désolé... Elle tirait sur mes cheveux et m'attirait à ses lèvres, alors que sa féminité frémissait, m'emprisonnant dans son sexe avec force. Nos langues bataillaient fermement et j'assénais les derniers coups de notre acte avant de me sentir exploser, bâillonné dans sa jouissance. Elle se cambrait, magnifique, agrippée à mes cheveux, haletante. Je retombais contre elle, mon visage dans son cou, envahis par la plénitude de l'orgasme qui venait de nous parcourir.
