Kikou tout le mode^^

Et oui, vous ne rêvez pas, c'est bien un nouveau chapitre !

C'est les vacances et ça fait du bien ! Les dernières vacances étaient en décembre dernier, ça commençait à faire long^^

Un immense merci à celles et ceux qui continuent de me suivre (et ce malgré mon manque flagrant d'assiduité) et bienvenu à celles et ceux qui ont rejoint l'aventure depuis la dernière publication.

Un énorme merci à mes revieweuses, toujours un bonheur de vous lire et relire.

Et enfin, un grand merci à ma Meg, fée des chapitres qui fait en sorte que tout ça soit lisible… Groooos bisous ma grande sœur de cœur.

La plus part des personnages appartiennent à S. Meyer, les autres sont juste le fruit de mon imagination.

Bonne lecture, on se retrouve plus bas.

...

Chapitre 24

Point de vue de Bella

Mon petit voyage d'affaires avait duré plus de temps que prévu, mais les jours étaient passés à toute vitesse… J'avais fait ce que Rose n'avait imposé, c'est à dire: profiter de tout ce que ce voyage pouvait m'apporter et ne jamais me poser de questions stupides. En gros : VIVRE. Surprises et belles rencontres, le tout en faisant ce que j'aimais, immortaliser des paysages, des personnages et des instants de vie. Et encore mieux… On me payait pour ça !

Voyage étonnant, revigorant, source de joie, de décisions, de pardon et surtout j'avais appris plus sur moi en ces quelques jours que durant les derniers mois qui venaient de passer.

Tout d'abord, j'avais appris dès mon arrivée qu'Edward était sorti de l'Hôpital. Je l'avais su en appelant au loft pour rassurer tout le monde concernant mon voyage. Sa voix merveilleuse avait, rien qu'à la première syllabe, empli mon ventre de milliers de papillons. Il avait l'air de tenir la forme… Si j'avais dû le perdre, je pense que je n'y aurais pas survécu. Mais par la suite, sa voix me manqua tellement que j'avais tout fait pour m'assurer de ne plus avoir de nouveaux contacts avec lui… Plus temps que ce ne serait pas de vive voix… Tant que ses mots ne seraient pas accompagnés de son merveilleux regard et son craquant sourire en coin… Pas d'appel au loft… Juste des messages à Alice (de toute façon, elle m'aurait harcelée si je ne lui avais pas donné de nouvelles plusieurs fois par jour) Sans ces précaution, je n'aurais pas pu tenir si loin de lui.

C'était lui… Depuis toujours et je le savais maintenant, du plus profond de mon cœur. A mon retour, je devais avoir une conversation avec lui… Cela m'angoissait, mais c'était inévitable. Et si ça devait mal se passer… Je resterai ? Oui… Ou peut être pas… Mais je devais rester positive ! Mon ange gardienne allait y veiller là d'où elle était.

Ensuite, le retour de Jacob dans ma vie. Peut-être que j'avais besoin de ça pour réellement avancer… Le revoir ne m'avait pas été aussi douloureux que ce que j'aurais pu penser et même mieux, je souhaitais qu'il reste près de moi… Pas comme petit-ami, je savais que cette page de ma vie avait été définitivement et même irrévocablement tournée ! (NR : Heureusement, elle a compris !/ NA : ou pas… Lol. Mais si pffff même pas d'humour ! lol) Mais comme ami, même si certains diraient que c'est utopique de croire en ce genre d'amitié… J'avais peut-être du mal à y croire moi-même, mais j'avais besoin d'être égoïste sur ce coup-là, je le voulais en tant qu'ami sans me soucier de savoir si ça allait le faire souffrir. Il me connaissait si bien, il avait été mon meilleur ami, celui qui me comprenait, celui qui savait mieux que personne ce que j'avais vécu avec la mort de ma mère. En le revoyant, j'avais su que je ne devais pas lui fermer la porte. Il n'était pas resté longtemps, juste une nuit. Puis il était parti, me laissant un mot m'annonçant qu'il avait décidé de rester au pays et depuis, chaque jour j'avais un message ou un mail… Juste pout prendre de mes nouvelles et me faire sourire. Il m'avait manqué… Même après toutes les souffrances qu'il m'avait imposées, il était et resterait dans mon cœur.

Enfin, Max, c'était le prénom du directeur du journal qui avait acheté mes photos, il m'avait sommé de le nommer ainsi le jour de notre premier entretien. Max avait tellement aimé mes clichés qu'il avait tenu à ce que je réalise un shooting sur place, avec son équipe, car il jugeait que sa ville valait la peine qu'un talent comme le mien se penche sur elle. Un peu surprise, j'avais émis quelques réticences, bien vite misent aux oubliettes lorsque que Rose, encore elle, m'avait menacée de "venir en personne me mettre un coup de pied aux fesses pour me faire ravaler cette stupide crainte de l'inconnu". Parfois je me demandais si Rosie ne passait pas trop de temps avec Alice… Cette constatationfaisait clairement peur !

Finalement, j'avais accepté le contrat, mon premier vrai contrat. Et comme me l'avait prédit ma deuxième meilleure amie, j'avais adoré ce boulot ! C'était à l'antipode de ce que j'avais l'habitude de faire, c'est-à-dire me promener et attendre que mes yeux se fixent sur LE lieu ou LE moment qui me donnerait envie de l'immortaliser. J'avais découvert de merveilleux lieux et rencontré des personnes fabuleuses. Max avait été génial, et son équipe aussi, me détendant en me faisant rire. Il avait tenu à me suivre sur les lieux du shooting, restant au petit soin pour moi, me rendant finalement un peu plus nerveuse… Dans quel monde un patron chouchoute ainsi ses employés ?

Puis une fois mon travail fini, il y eut les adieux, à mes mannequins, mes maquilleurs, coiffeurs et assistants… Je n'en revenais toujours pas d'avoir eu la chance de diriger une vraie équipe. Ils m'avaient tous beaucoup appris sur le métier. Je leur souhaitai bonne chance pour la poursuite de leur carrière et ils en firent de même, me faisant même promettre de retravailler avec eux un jour.

Puis il avait fallu dire au revoir à Max et Clara, je leur fis la promesse de revenir leur rendre visite et Max avait affirmé que de toute façon, il était hors de question de rester sans nouvelle de sa photographe préférée, il m'avait même assuré que sa porte me serait toujours ouverte, avec un contrat exclusif à la clé. En les quittant, j'avais même eu une petite larme à l'œil.

Qui aurait cru que : MOI : Isabella Swan aurais un jour la chance de toucher du doigt et même de la main mon rêve ? En fait, seule ma mère avait toujours cru en moi, mais j'étais bien trop réservée pour me laisser aller et surtout, je n'avais jamais voulu croire en ses convictions. Pour moi, j'étais et je devais rester la petite Bella aux résultats scolaires raisonnables, largement ternis par ses notes pitoyables en éducation physique et sportive. La banalité à l'état pur, fondue dans le décor quel qu'il soit, à tel point que personne ne pouvait un jour la remarquer.

J'espérais qu'elle me voit d'où elle était… Peut être était-elle fière de moi…

Mon retour fut beaucoup plus agréable que l'aller, plus calme. Mon cher CH ayant prolongé son séjour chez sa grande sœur afin, je cite « de pouvoir ouvrir son champ de vision, sur les différentes possibilités offertes par notre société dans une autre ville que celle qui l'a vu naitre… ». Son messager me disant cela le plus sérieusement du monde, j'avais répondu tout aussi sérieusement : « grand bien lui fasse ! », déclenchant l'hilarité de Clara qui avait parfaitement compris que je ne pouvais que me réjouir de ce voyage sans "monsieur parfait" pour me gâcher le paysage visible depuis le hublot !

J'avais appelé au loft pour annoncer mon retour, à une heure où j'étais certaine de ne pas tomber sur Edward. Alice en avait été très heureuse, j'aurais même dit surexcitée, d'après elle, je leur manquais énormément. Après bien trois-quarts d'heure de blablatage, elle avait poussé un cri, me redemandant à quelle heure mon vol arriverait, juste avant de raccrocher en jetant un simple « bye ». Elle me rappela dans la seconde en panique.

- Ah quelle heure tu as dit déjà ?

Je lui répétai calmement, Alice et son excitation…

- Non, tu dois te tromper !

- Je ne pense pas Alice, j'ai le billet entre les mains, je peux te confirmer l'horaire que je t'ai annoncé !

- Ah non ! Ca ne va pas Bella !

- Alice, je ne fais pas les horaires des avions de ligne ! Et je ne suis pas suffisamment riche pour louer un jet privé !

- Mais Bella, c'est une catastrophe ! (NR : A ce point-là ? Mdr/ AN : ah ben c'est du Alice… *soupire*)

Une catastrophe… Tout de suite les grands mots ! Nous voilà bien !

- O-K ! On se calme ! Tu inspires… et tu expires… Allez Alice, fais comme moi ! Inspire… Expire… Maintenant tu vas me dire en quoi l'heure à laquelle mon avion va se poser est-elle si horrible ? Parce que là on tourne en rond !

Elle soupira… Je supposai d'exaspération… Bien entendu, il était de notoriété publique que je devais absolument TOUT savoir! Comment pouvais-je ne pas deviner ce qui faisait paniquer le lutin ?!

- Bella, personne ne va pouvoir venir te chercher ! Finit-elle par m'annoncer, semblant totalement désemparée.

Sérieusement ? Ce n'était que ça ? Pas de guerre atomique (ou non atomique d'ailleurs), pas de virus mortel se propageant à la vitesse de la lumière ? (NR : Mdr/NA : hei, mais ça peut être vrai hein ! lol)

- Ce n'est que ça ? Alice, tu…

- QUE CA ? Bella as-tu bien entendu ce que je viens de te dire ?

Ok… Je n'étais pas sourde… Pas encore en tout cas… Alors oui, j'avais bien entendu et je pouvais même l'entendre râler à propos des téléphones portables, relais des opérateurs de téléphonie mobile et j'en passe… Si comme certaines personnes un peu paranoïaques le pensaient, les appels étaient tous écoutés… Les chanceux (ou pas) devaient bien rire en entendant les facéties de notre lutin. Et cette conversation était une sorte de summum !

- ALICE ! La stoppai-je. Il n'y a absolument aucun problème ! Je prendrai un taxi et ça sera parfait!

- Mais…

- Il n'y a pas de mais qui tienne ! Vous allez en cours et moi je me débrouille ! Ecoute, j'ai déjà pris le taxi ! Je suis grande maintenant, je pense que je vais gérer ça parfaitement !

J'exagérai volontairement pour tenter de lui montrer l'absurdité de ce qu'elle pensait me présenter comme un problème majeur. Elle ne voulait pas non plus me mettre une affichette autour du cou et me faire accompagner pour tous mes voyages non plus ?

Personne ne pouvait venir me chercher ? Et alors ?

- Va en cours Alice ! A ce soir !

Je me débarrassai gentiment de mon interlocutrice légèrement dérangée sur les bords, en lui annonçant que je devais me rapprocher de la salle d'embarquement de mon vol. Bien entendu, je ne pus raccrocher sans l'entendre une nouvelle fois râler, me permettant de me munir d'un grand sourire qui ne me quitta pas du voyage. Elle m'avait manqué…

Le voyage fut agréable et reposant. J'étais heureuse de rentrer chez moi, mais aussi un peu angoissée. J'avais peur de ma confrontation avec Edward. Je l'aimais tant que je ne savais plus comment l'aborder. Allait-il faire comme si notre amitié n'avait pas perdu de son intensité ? Allait-il se rendre compte de mon changement de comportement, chose que je savais inévitable ? Et s'il me repoussait ? La dernière fois que je l'avais vu, je l'avais surpris dans les bras d'une fille… Et après ça, il avait été fauché par une voiture, par ma faute.

Tant de questions qui allaient bien trop vite trouver des réponses. Finalement, maintenant que j'étais à quelques minutes de l'instant « I », je n'étais plus si sûre de moi. Mes sentiments n'avaient pas changés… Mais étais-je en mesure de révéler ça à celui pour qui ils étaient.

A la descente de l'avion, je pris un des nombreux taxis qui étaient garés devant l'aéroport, endroit stratégique par excellence pour faire du chiffre, ils auraient tort de s'en priver ! J'eus même le privilège de faire mon choix ! Et le premier de la file ne l'avait pas été ! Un homme plus que bedonnant… Cheveux noirs et gras au possible… Regard pervers derrière ses lunettes… Oh mon dieu… Finalement j'aurais bien voulu de l'affichette et de l'accompagnant…

Finalement je trouvai mon bonheur et m'installai sur la banquette arrière plutôt confortable de mon taxi pour les minutes à suivre. Pendant que je m'installais, il s'occupa de mes maigres bagages, les enfermant dans le coffre.

- 27 Square Park, s'il vous plait. Demandai-je en me penchant légèrement pour qu'il puisse entendre convenablement ma destination.

- Très bien mademoiselle.

Il rejoignit lentement la longue file de voitures pour se fondre dans la circulation dense.

Mon chauffeur était un petit homme dans la soixantaine, un peu bedonnant (beaucoup moins que le premier de la file et sans mal !). Il portait une moustache qui lui allait fort bien et qui me rappelait mon père. Il ne devait pas être loin de la retraite et semblait rayonnant et totalement épanoui dans son métier. Une fois mon inventaire fait, je reportai mon regard sur le paysage qui s'offrait à moi, des immeubles à perte de vue et à en croire l'heure d'affluence, il nous faudrait bien une demi-heure, voire même trois-quarts d'heure avant que je n'arrive enfin chez moi. A cette constatation, je ne pus retenir un soupire.

- Hum… Je dirais retour de vacances ?

Je ne m'attendais pas à se qu'il me fasse la conversation, je le regardai donc dans le rétroviseur alors qu'il attendait patiemment que je daigne répondre. Attirai-je les chauffeurs de taxi sympathiques ? C'était en tout cas le deuxième en peu de temps.

- Je… Rentre effectivement, mais je m'étais absentée pour affaires. Le temps des vacances n'est pas pour maintenant.

- Oh… D'habitude je suis assai bon pour ce genre de devinettes. Mais vous paraissez si jeune ! Ne vous vexez pas, c'est juste que je vous pensais étudiante…

Je ne pus empêcher un petit rire de m'échapper.

- Ne vous inquiétez pas, vous ne vous êtes finalement pas trompé !

- Ah ? Parut-il intéressé.

Ce petit homme inspirait la confiance, des années de métier et il était capable de mettre ses passagers à l'aise et c'était tout de même plus sympathique qu'un bonhomme aigri et désagréable. Malheureusement ces derniers étaient devenus les plus nombreux.

- Je suis bien étudiante.

- Et vous travaillez en même temps ? S'étonna-t-il.

- Je fais de la photographie en fait, c'est l'une des options que j'ai prises. Il y a peu de temps, j'ai été repérée lors d'une exposition et de fil en aiguille, j'ai été contactée tout d'abord pour les droits sur certaines de mes photos et puis finalement, j'y suis restée un peu plus longtemps pour réaliser quelques clichés sur place.

- Hum… Une future grande photographe de mode peut-être ?

- Pas la mode, non.

- Oh je vois ! Journalisme d'investigation?

- J'aimerais, mais pour l'instant seules mes photos attirent les journaux.

- Ce qui en soit et déjà une grande chance.

- Oui, une très grande chance, ça va me permettre de pouvoir terminer mes études sans me soucier de trouver du travail ou de devoir faire un emprunt.

- De nos jours c'est ce qui est important. Si j'avais eu une passion, je ne me serais pas retrouver ici ! Peut-être qu'un jour on vous donnera la chance de faire votre propre légende à vos photographies.

- J'en rêverais, mais ce n'est pas pour tout de suite je pense. Et en ce qui concerne votre métier, il est tout à votre honneur et si c'est celui que vous avez choisi, c'est qu'il doit vous apporter quelque chose. Un beau métier.

- Oui, encore plus beau lorsque je dois conduire à bon port une si charmante demoiselle.

Nous continuâmes à parler de tout et de rien, mais cela faisait une bonne dizaine de minutes que nous en étions toujours au même point, itinérairement parlant, et je commençais à m'impatienter. La fermeture éclaire de mon sac à main n'allait pas tenir longtemps entre mes doigts si la situation ne s'arrangeait pas… et vite ! (NR : Impatiente, la demoiselle ^^/NA : mitigée je dirais… Allez Bella ! Pas peur du grand pas méchant Edward !)

- Les travaux en centre-ville ont débuté en début de semaine et croyez-moi, seuls les personnes qui sont à vélo s'en frottent les mains ! Ils se faufilent entre les voitures et vont largement plus vite aussi.

- Et peut-être que les taxis aussi doivent s'en frotter les mains? Non ? Rigolai-je.

- Sauf ceux qui comme moi mettent en pause leur compteur si les embouteillages persistent.

Un rapide coup d'œil sur le petit appareil me confirma ses dires. J'étais stupéfaite.

- Mais pourquoi faites-vous cela ? Je suis dans votre taxi, je l'occupe, il faut me faire payer !

- Et bien, je n'ai jamais été partisan du gain d'argent en assommant les clients avec des notes indécentes. Je n'ai pas fait ce métier pour ça et ce n'est pas à deux ans de la retraite que je vais changer ça !

- C'est tout à votre honneur.

La file avança un peu, et il se reconcentra sur la route jusqu'à ce qu'il soit de nouveau immobilisé.

- Vous n'avez pas de chance mademoiselle, je crois qu'aujourd'hui aura était la pire journée de la semaine au niveau des bouchons. Les gens commencent à partir en week end.

- Ce n'est pas bien grave, ne vous inquiétez pas.

- Vous avez surement mieux à faire que de rester bloquer sur la route avec un vieux chauffeur de taxi. Rigola-t-il.

- A vrai dire, personne ne m'attend à la maison.

- Oh ne me dites pas ça, c'est beaucoup trop triste ! Je suis certain qu'un petit-ami est bien au chaud à vous attendre avec impatience avec en prime un bouquet de superbes fleurs prêt à rejoindre vos mains!

Je souriais à ses mimiques, c'était définitivement un homme bien.

- Mes amis et colocataires sont en cours, c'est pour cela d'ailleurs que je suis en pleine conversation avec un adorable chauffeur de taxi. Et en ce qui concerne un petit-ami… C'est… compliqué en ce moment. Disons que je suis célibataire, mais que mon cœur lui ne l'est pas.

- Mais oui, que je suis bête ! Bien sûr que si vous êtes là, c'est que personne n'a pu venir vous chercher ! Mais par contre, sur le sujet du petit-ami, laissez-moi vous dire que je suis plus que surpris ! Une si jolie jeune fille !

- Peut-être pas si jolie… et puis, la beauté ne fait pas tout, non ?

Mon chauffeur ne pouvait pas le savoir, mais mes nombreux excès ses dernières semaines avaient fortement mis à mal le peu d'assurance que je pouvais avoir, alors additionnés à l'accident d'Edward…

- Et bien ça tombe bien, parce que vous me semblez également très intelligente !

Je baissai la tête, un peu gênée par les compliments venant d'un parfait inconnu. D'un bref regard dans son rétroviseur, il s'en rendit compte.

- Ne rougissez pas, ce que je dis est pure vérité ! Aaaah si j'avais encore votre âge !

- Vous seriez tombé amoureux de moi ? Fis-je amusée.

- Très certainement, comme la plupart des jeunes gens qui doivent croiser votre chemin je pense.

Je soupirai… Si seulement LUI pouvait faire partie de ces jeunes gens…

Le silence s'installa et sans que je ne m'en rende compte, j'étais arrivée à l'appartement.

- Et bien, voilà, cette course aura ensoleillé ma journée mademoiselle!

- La mienne aussi. Assurai-je.

- Et ne vous inquiétez pas, il saura vous accueillir.

Je me figeai, lui tendant le prix de ma course qu'il prit avec un grand sourire. Il sortit mes bagages du coffre et me salua avant de partir vers une autre course.

- Bonne journée mademoiselle.

- Merci… Euh… Vous aussi.

Puis il s'éloigna, me laissant devant le bâtiment qui accueillait notre loft et qui soudainement me faisait peur. Edward était là… à quelques mètres… Mon cœur s'emballa à cette pensée.

...

Point de vue d'Edward

Je ne sais pas combien de temps j'étais resté devant mon piano, à caresser ses touches du bout des doigts de ma main valide. Je crevais d'envie de jouer. La musique était toute ma vie, ma seule échappatoire, mon seul moyen de garder les pieds sur terre lorsque rien n'allait.

Hésitant, je finis par presser mon index sur une touche, n'importe laquelle, j'avais juste envie d'entendre ce son. J'étais plus que conscient de l'état dans lequel je m'étais mis, ma dépression faisait souffrir tout le monde et je m'en voulais énormément. J'avais tout perdu en un rien de temps, mon travail, ma passion, mon avenir et surtout Bella. Celle que j'avais voulue comme MA Bella. Tant de regrets depuis les premières secondes durant lesquelles mon regard s'était posé sur elle.

Toujours les mêmes questions et les mêmes constats !

Pourquoi avais-je été si lâche ? Lâche au point de la voir m'échapper au profit de Jacob… Lâche au point d'avoir traité ma petite-amie de l'époque comme une moins que rien pour me venger de la frustration que je m'infligeais. Il était trop tard, Bella avait choisi Jake et semblait heureuse avec lui. Je n'étais qu'un idiot, un homme faible, mais de toute ma vie je n'avais jamais ressentit ça. C'était elle, personne d'autre.

Pourquoi au lieu d'être là pour elle, je l'avais laissée s'enfoncer dans sa détresse ? Le jour de son retour, j'aurais été prêt à me rendre moi-même au Japon pour faire comprendre à Jacob qu'on ne pouvait pas traiter Bella comme il l'avait fait. Mais au lieu de ça, j'étais resté là, à la regarder se détruire, n'ayant pas le courage de donner de ma personne pour faire en sorte qu'elle n'ait pas besoin de passer par ces nuits d'errance. Le temps n'efface rien et surtout pas les erreurs, vous les enfonçant dans votre esprit, comme des cicatrices profondes et douloureuses.

Puis elle avait fini par se reprendre, Bella est forte, plus que moi. Mais encore une fois, mes erreurs me poursuivaient, et Emma… Comment avais-je pu me mentir à ce point ? Mon amour pour Bella était inconditionnel, provocant des dommages collatéraux sur lesquels je n'avais plus d'emprise.

Je soupirai… Tant de fois je m'étais fait ces reproches, enfonçant moi-même les couteaux qui transperçaient mon cœur. Je méritais ça… C'était comme si ma petite voix intérieure me criait ma stupidité, ne me laissant aucun répit.

Ma dernière conversation avec Bella m'avait fait tellement de bien, le dicton loin des yeux loin du cœur était à l'opposé de ce que je ressentais. Puis son silence m'avait fait sombrer dans un abime, le plus profond dans lequel je m'étais laissé couler.

Doucement, ma main valide survola les touches, jouant une musique lente et hachée, une musique qui ne me ressemblait pas. Machinalement, je levai ma main paralysée et tout s'enchaina…

Les points me tiraillant…

Ma main comme morte sur les touches…

Mes tremblements…

Mes sanglots…

C'en était trop et sans mesurer les conséquences de mon acte, j'écrasai mon bras déjà meurtri sur mon piano et ce, à plusieurs reprises. Mon instrument hurlait de protestation alors que je criais ma détresse. Le monde aurait pu s'écrouler que je ne m'en serais pas rendu compte. Pas de douleur, juste de la détresse, un appel à l'aide et je finis par m'effondrer la tête sur mes bras, mon corps secoué par des sanglots incontrôlables.

Le téléphone sonnait… La musique de ma sœur… Mon Alice… Mais j'étais anesthésié par ma tristesse, je ne répondis pas.

...

Point de vue de Bella

Après avoir soufflé un bon coup, j'avais fini par franchir la porte d'entrée du bâtiment, quelques mètres et j'étais enfin chez moi, chez nous. Pas un bruit, Edward devait dormir, Alice m'avait dit qu'il passait ses journées au lit. J'avais trouvé cela étrange, mais elle m'avait certifié qu'après le traumatisme qu'il avait vécu, c'était tout à fait normal et que pour l'instant, tant qu'il mangeait correctement, c'était parfait, il avait besoin de beaucoup de repos. Hésitante, je levai ma main et insérai la clé dans la serrure. Je refermai la porte derrière moi, posant mon trousseau dans la coupelle prévue à cet effet qui se trouvait sur l'un des meubles à chaussures d'Alice. Avant toute chose, je me déchaussai pour libérer mes pauvres petits pieds qui me criaient leur haine pour les escarpins que Rose m'avait conseillés pour mon entretien. Je récupérai mes sacs et m'avançai dans l'entrée, mais rien ne laissait penser que l'un de mes colocataires était présent.

- Y a quelqu'un ? Edward ? Tu es là ?

Rien. Je me rendis alors vers ma chambre pour y déposer mon bagage et faire un brin de toilette, après un voyage en avion, je me sentais toujours sale. Allez savoir pourquoi, pour moi l'avion ne pouvait être qu'un nid à microbes, puisque dans ma théorie, l'appareil ne pouvait être aéré. Je pris alors une longue douche, délassant ainsi les nœuds que constituaient les muscles de mes épaules. Une fois propre et relaxée, je passai un pantalon de jogging et un débardeur bleu ciel dans lequel je me sentais à l'aise, mon regard se porta alors sur la porte de la chambre d'Edward…

Je pouvais toujours jeter un œil… Vérifier que tout allait bien. Oui, c'était même une bonne idée, après tout, Edward sortait juste de l'hôpital après un grave accident qui en grande partie était de ma faute, il était de mon devoir de le surveiller…

Un petit coup à la porte… Rien, pas un seul bruit. Je me décidais alors à entrer. La pièce était éclairée, le lit fait, mais pas d'Edward. Où pouvait-il bien être ? Alice m'avait certifié qu'il ne sortait pas et je ne l'avais pas vu dans l'entrée. Le salon ? Peu de temps après notre arrivée, Alice avait voulu démarquer l'entrée et avait donc créé une séparation grâce à un rideau coulissant épais, je n'avais donc pas pu voir si il s'y trouvait.

J'avançai dans le couloir et poussai le rideau lorsque je l'atteins. Mon regard se posa automatiquement à l'endroit où j'étais certaine de le trouver et mon intuition ne me trompa pas. Il était là, sa tête reposant sur son bras qui lui-même était posé sur les touches de son piano. Il ne m'avait pas entendu arriver, dormait-il ? Peut-être bien. En avançant vers lui, je ne pus empêcher les souvenirs de me submerger. Des concerts privés auxquels on avait droit, à ce soir où tout avait basculé et où ma vie avait encore pris une route différente de celle que j'étais décidée à suivre lorsque je m'étais rendue au club. La dernière fois que je l'avais vu jouer.

Sans m'en rendre compte, j'étais à quelques centimètres de lui, levant la main vers son épaule sans le toucher.

- Edward ? L'appelai-je, tentant de le réveiller en douceur.

Pas de réponse, ma main se posa sur lui et ce fut comme si je l'avais brulé. Il se leva, le regard apeuré, comme s'il avait vu un fantôme. Il était maintenant à quelques mètres de moi, ses yeux rougis grands ouverts, me fixant étrangement. Je voulus m'approcher, la main en avant comme je l'aurais fait avec un animal apeuré, mais là encore il recula, se plaquant même contre la baie vitrée.

- Edward, c'est moi… Bella.

Toujours aucune réaction et la même peur dans son regard. Puis quelque chose m'interpela, une tâche sombre sur son bras qu'il tenait contre son ventre. Du sang ? Un seul regard vers le piano confirma mes peurs.

- Oh mon dieu, Edward, mais que s'est-il passé ?

Je tentai une nouvelle fois d'approcher et y parvins enfin. Je fixai mon attention sur son bras invalide, remarquant son bandage souillé de sang dépassant de son sweat. Je me concentrai pour ne pas perdre connaissance, heureusement l'adrénaline et la peur m'aidaient beaucoup.

- Edward, mais qu'as-tu fait ? Dis-je doucement et calmement, ne voulant pas le brusquer.

Des larmes se mirent à couler sur son visage, enfonçant un poignard dans mon cœur.

- Edward, viens, tu vas aller t'allonger, je m'occupe de tout, tu as besoin que quelqu'un voit tes points, ils ont peut-être sauté. Tu peux faire ça pour moi ?

Après quelques secondes, il acquiesça d'un signe de tête, ses larmes coulaient toujours abondamment sur son visage et commençaient à détremper son vêtement. J'avais envie de le serrer contre moi, lui montrer que j'étais là pour lui, mais je savais qu'il n'aurait pas apprécié.

Il avança de lui-même, ne me repoussant pas lorsque je posai ma main au bas de son dos afin de lui montrer physiquement ma présence. Je craignais d'en faire plus, certaine que sa réaction ne serait pas bonne.

- Tu vas te mettre dans ton lit, je vais appeler ton père, il saura quoi faire pour ton bras.

Je poussais la porte de sa chambre, mais il ne s'arrêta pas à son lit, se précipitant vers la porte communicante entre nos chambres que j'avais laissé ouverte. Je le suivis et le vis se coucher dans mon lit en position fœtal. Il avait fermé ses yeux dont les larmes commençèrent à diminuer. Si les conditions avaient été différentes, j'aurais certainement été aux anges de le voir ainsi dans MON lit. Mais la vision du sang suintant de son bras me ramena brutalement à la réalité. Je m'assis délicatement à côté de lui, il me tourna le dos. J'avais envie de le rassurer, de lui dire que tout irait bien, mon seul problème était de savoir comment le faire.

Réunissant mon courage, je portai ma main à ses cheveux, cela aurait pu être un moment magique, mais il était loin de l'être, trop loin.

- Edward, je vais te laisser deux minutes, le temps d'appeler ton père, je te promets de revenir vite. Ca va aller ?

Aucune réponse ne se fit entendre et aucun geste ne m'empêcha d'agir comme je l'en avais informé. Je ne m'en formalisai pas, une fois dans le couloir, je courus vers le téléphone du salon et composai le numéro abrégé de Carlisle et à peine trois sonneries plus tard, le père d'Edward décrocha…

...

Je suis vilaine ? Nan pas à ce point là ! lol

Bon… On laisse un Edward un peu en mauvais état, mais entre les mains de Bella… Quoi demander de mieux ? A moins qu'une de vous soit volontaire pour prendre la place de la demoiselle ? Moi je passe mon tour, je ne supporte pas le sang :s

Alors ? Verdict ? Mes tits yeux sont prêts à découvrir vos merveilleuses reviews^^

Bonne vacances à celles et ceux qui le sont et bon courage à celles et ceux pour qui c'est déjà fini.

Prenez bien soin de vous.

Gros bisous.