Chapitre 26 :

Môsieur chie dans une boîte

"Fais gaffe !"

Après s'être perdu et reperdu dans ce labyrinthe sans fin, Michael en avait eu suffisamment marre pour tenter un numéro d'équilibriste afin de mieux visualiser l'ensemble des chemins.

"Waw heureusement que tu es là car je risquais VRAIMENT de m'endormir. C'est pas comme si j'étais à cinq mètres du sol !!!"

"T'y vois quelque chose ?"

"Je pense qu'on peut marcher dessus jusqu'à la sortie, les murs sont suffisamment larges et soliii… AAAH !!!"

À peine s'était-il stabilisé qu'une force extérieure le fit basculer violemment en arrière, il ignorait par quel miracle il ne s'était pas rompu le cou sur le sol (ni blessé d'ailleurs…) mais il jurait de trouver le sadique qui commanditait tout ça afin de le faire chuter (et chuter… et chuter encore) d'une fenêtre ! Tellement de fois qu'il finirait par perdre le compte mais ça me suffirait pas. Alors il... il…

"Je vais commencer par lui sortir les boyaux de l'estomac, lentement..." murmurait Max. "Puis ensuite, j'arracherais les yeux de ses orbites et je..."

"Tu te prends pour qui ? Red ?! Un peu plus de délicatesse, je te prie."

Ils se regardèrent à peine une seconde avant d'hocher la tête en hurlant :

"TORTURE PAR NOYAAADE !!!"

Le silence leur répondit.

Michael sortit un stylo bille de sa poche, félicita Max (et Harry) pour cette révolution puis commença à tracer de mémoire tout le labyrinthe sur son avant-bras. Il était en train de dessiner attentivement chaque feuille des buissons avant de se prendre un coup sur la tête : artiste incompris !

"Accélère."

"Tu crois que Léonard de Vinci a réalisé la Joconde en une journée ?"

"Je rêve : t'es JUSTE en train de faire un schéma, ne nous peint pas la Chapelle Sixtine !!!"

Il termina son plan en quelques secondes et traça rapidement le chemin qui les mènerait droit vers la sortie.

"On en aura très exactement pour dix-sept minutes et trente-et-une secondes ! Enfin, à peu près... À une vache prêt (près… s'que), meuh-meuh, c'est pas une science exacte."

"Mais ça fait quelle taille ce truc ?!"

"T'as pas idée..."

La route fut longue… Max commençait à se demander où ce gigantesque labyrinthe avait été construit. Probablement un coin sombre de la Forêt Interdite. Cependant, pour un jour de Noël, il y faisait beaucoup trop chaud. D'ailleurs, l'air était bizarre sans aucune fluctuation et avec une odeur assez banale mais qui n'avait rien à faire dans une forêt.

"On est où, à ton avis ?"

"J'ai écarté l'hypothèse de la Forêt, peut-être une cours intérieur IMMENSE auquel cas on n'est plus à Poudlard mais plutôt vers un coin chaud de l'hémisphère sud… Sinon, on a peut-être voyagé dans le temps mais ça paraît improbable. Honnêtement, je pense qu'on est dans une sorte d'ordinateur…"

"Toi et tes ordinateurs !" grommela Max. "Ce que tu dis n'a aucun sens."

"Comment tu explique l'anomalie avec l'air ?!"

"Bah on est dans une très grande pièce qui imite une forêt comme le plafond enchanté de la Grande Salle."

... Michael ouvrit la bouche une fois avant de la refermer, une deuxième fois puis inspira profondément comme si ça avait toujours été son intention car il n'avait rien à ajouter. Pourtant, il voulait vraiment argumenter… mais ses hypothèses étaient ridiculeusement compliquées, pas irréalistes mais disons tout juste improbables. Il ne voulait pas être ridicule.

"Et voilà, on n'a plus qu'à tourner ici : ça sera tout droit jusqu'à la sortie." dit-il de mémoire.

"Génial, tu vas voir que j'ai raison."

"N'importe… QUOI ?!" hurla-t-il quand un immense Sphinx (euh, non, une sphinge, il n'avait pas regardé ses seins) en pierre sortit du sol pour leur bloquer la route. "Ils sont pas sérieux !!!"

"Oublions la torture par noyade : on va lui sortir les yeux des orbites à la petite cuillère !"

"T'as vraiment besoin d'une petite cuillère ?"

"Je veux pas me salir les doigts."

La sphinge s'anima. Elle éclaircit sa voix, sombre et ténébreuse puis déclara d'un ton très profond :

"Je suis l'énigme du passage. Répondez à ma…"

"Sois pas idiote, tu pourrais utiliser tes dents."

"Oh miam : ça me ferait un excellent p'tit déj."

"C'est plein de fer, en plus... Mais ça manquerait de ketchup."

"JE SUIS L'ÉNIGME DU PASSAGE !!!" répéta la sphinge avec davantage d'amphase (et en parlant plus fort aussi).

"Nan mais toi, tu mets du ketchup partout ! Et surtout là où ça ne va pas du tout..."

"Bah c'est mieux que de se foutre des tâches de sang partout. Tu peux pas éviscérer un truc sans asperger tout la pièce !"

"HÉ HO !!! Je vous dérange, peut-être ?!" s'énerva la sphinge.

"Bah t'es en plein milieu du passage, en fait..."

Oh, on la respectait à une époque. Tellement qu'elle avait l'honneur de garder les monuments pyramidaux des pharaons… Désormais, il n'y avait plus rien à son effigie, elle avait mal négocié l'arrivée du monde moderne. Son ami le Chat avait mieux réussi : à l'époque vénéré, il envahissait les réseaux d'Internet comme autant de toile d'araignée dans chaque maison respectable. Oh et quand Môsieur chie dans une boîte, l'Humain ramasse.

"ET QUI NETTOIE MON CACA ?! Je vous le demande !" pleurnicha-t-elle après tout son discours.

"Ça va aller, Madame. On est là, nous..."

"M… merci."

"C'est 370£ la séance, par contre." rajouta Michael. "Enfin plutôt 369,99£, soyons précis : c'est important les p'tites pièces."

"Oh ? Bah c'est pas donné mais bon... C'est ça le monde moderne."

"Yep."

"Tenez, mes bras sont sculptés dans mon corps mais j'ai l'argent dans ma poche en pierre." et ils divisèrent leur salaire en deux, pour cinq minutes de consultation, ils devraient peut-être s'intéresser aux études de médecine psychiatriques. "Puis-je vous poser mon énig…"

"L'homme." répondit Michael.

"Ah." elle semblait embêtée mais c'était la bonne réponse donc y'avait rien à dire. "Je reviendrai vous voir les mercredi à 16h45 pour ma séance, ça m'a fait du bien."

"Ouais ouais, bien sûr. Ouvre le passage, on veut juste sortir, nous."

"MERCIII POUR TOUT !!!" hurla-t-elle en rentrant dans le sol dans un tremblement de terre.

-Fin du 26ème chapitre-

…à suivre…