Chapitre 26

-J'ai tellement pas envie de reprendre les cours ! Gémit Angelo en mettant un pied à la résidence.

Les vacances étaient terminées, et les cours reprenaient le lendemain.

-C'était si bien que ça, tes vacances chez Milo ? Demanda Dohko.

-Non, je me suis fait chié comme un rat mort, répondit l'italien, sourd aux protestations de son ami. Mais j'ai pu faire la grasse matinée. Et toi, c'était cool ?

Dohko fit la grimace et lui expliqua en quelques mots ce qu'il s'était passé. Angelo ouvrit des yeux ronds comme des soucoupes.

-Merde ! S'exclama t-il en se retournant discrètement vers le suédois qui marchait main dans la main avec Camus derrière le groupe. Il a eut du bol pour le coup !

-C'était pas de la chance, contra Dohko. Si Camus n'avait pas insisté autant à la réanimation, il serait mort.

Milo, qui écoutait lui aussi la conversation, comme le reste de la classe, jeta un regard vers Aphrodite et attendit qu'il passe à sa hauteur avant de lui souhaiter un bon rétablissement. Il n'avait jamais été proche de lui, mais avec une épreuve comme celle-là, il fallait bien laisser leurs distances de côtés.

-Merci, répondit Aphrodite. Dohko ne devrait pas s'inquiéter autant, je vais bien.

-Tu dis ça, mais ta voix en souffre encore.

Aphrodite eut un petit sourire. C'était vrai que ses cordes vocales avaient été affecté par son séjour trop prolongé dans l'eau, mais Shunrei lui avait assuré que ça irait mieux avec le temps. Ses bleus avaient d'ailleurs totalement disparu, et il n'avait plus besoin de mettre du fond de teint, chose qu'il fit remarquer à Shura.

Il remarqua que l'espagnol jeta un coup d'œil étonné à ses mains et à celles de Camus étroitement enlacées, mais qu'il ne fit aucun commentaires désobligeants.

-On décide qui débarrasse la table au tirage au sort ! Décida Ayoros en posant l'urne sur une des chaise.

C'était leur nouvelle tradition, car ils se disputaient souvent pour savoir qui était de corvée débarrassage et vaisselle. Il fit tirer Shura et Aldébaran.

-Milo, annonça le brésilien.

-Dohko, dit l'espagnol en montrant le bout de papier qu'il venait de tirer.

Les deux concernés firent la grimace tandis que les autres s'en allèrent, les laissant seuls pour le ménage.

-Comment t'as fait pour que ce soit eux qui soient choisis ? Demanda Aiolia.

-Facile, répondit son frère. J'ai remplacé les autres noms par des papiers avec les leurs.

Le silence se fit dans la chambre des deux frères, où tous s'étaient réunis.

-Mais t'es bête ou quoi ? S'étrangla Saga. Imagine si on avait tiré les deux mêmes ! Ils auraient compris le truc !

-En effet. C'était un pari, mais ça a marché alors…

-Bref, coupa Camus. Pourquoi on est là ? C'est quoi cette histoire ?

-On organise leurs anniversaires, expliqua Ayoros. On a fait des équipes. Trois pour les gâteaux, trois pour la décoration, trois pour le menu, et toi Camus, tu es le chef de projet.

-J'adore fêter les anniversaire ! S'exclama Aphrodite, enthousiaste. Je suis dans quelle équipe ?!

-Décoration, avec moi et Aiolia.

-Pourquoi je suis chef de projet ? Demanda Camus.

Ayoros hésita. Il n'allait quand même pas lui donner les vraies raisons !

-Déjà… parce qu'on est un chiffre impair et euh… tu es plutôt sérieux alors, on s'est dit que tu serais un bon superviseur. En fait on a hésité entre toi, Mu et Shaka mais Mu voulait faire la cuisine et on a découvert que Shaka est un étourdi refoulé. Donc… il ne restait que toi.

Aiolia se retint de siffler d'admiration devant le mensonge éhonté de son frère. Il ne le connaissait pas comme ça !

Le mensonge sembla porter ses fruits puisque Camus accepta, visiblement flatté de l'honneur qu'on lui faisait. S'il savait la vérité…

-Donc, on s'est décidé pour les gâteaux, commença Aldébaran. Pour Milo, un gâteau praliné-mousse à l'orange sanguine et pour Dohko, un à la pomme aromatisé de cannelle et de poivre.

-Praliné et orange sanguine ? Demanda Angelo. J'avais jamais entendu parlé d'une association de ces goûts !

-C'est normal, c'est nous qui l'avons créée, dit Shura. On a testé avant pour être sûrs que ça fonctionnait, et c'est délicieux.

-Ouais, par contre faudra mieux doser que la dernière fois pour celui de Dohko, précisa Saga. Parce qu'on avait mis un peu trop de poivre et c'était trop fort.

-Pourquoi vous ne remplacez pas le poivre par du gingembre ? Demanda Mu. Il me semble que ça a un petit goût poivré aussi, mais c'est moins corsé.

-Bonne idée ! Répondit le grec. J'y avais pas pensé ! Shura, tu pourras te charger des dosages des épices ? Comme c'est toi qui t'occupe de celui-là…

-J'y veillerais, dit l'espagnol.

-Angelo, intervint Shaka. Tu es avec Mu et moi en cuisine. On pensait faire des plats traditionnels de nos pays, donc il faudra que tu réfléchisse de ton côté à lequel tu veux cuisiner.

-Pas de problème ! La cuisine italienne est pleine de bons produits !

-Moi, je fais un plat français, dit Mu. Le Tibet n'a pas beaucoup de plats typiques, alors j'ai choisi un autre pays. Un bœuf bourguignon je crois.

-Je peux t'aider si tu veux, proposa Camus.

-C'est gentil mais j'ai déjà la recette, sourit le tibétain, en proie à une panique intérieure. Je te demanderais des conseils si je bloque.

-Je ferais du poulet korma, ajouta Shaka.

-Mais… ça fait beaucoup de viande non ? Fit remarquer Aphrodite. Il faudrait du poisson aussi !

-C'est pas bête… songea Mu. Bon, je change de recette alors. Je ferais des sashimis à la place.

-Problème réglé, dit Camus. Angelo, tu as trouvé ?

-Laisse moi réfléchir plus de cinq minutes ! Protesta l'italien. Alors… je songeais à faire des spaghetti à la carbonara mais c'est trop simple, non ?

-Je trouve ça bien, répondit Camus. Et puis, tout le monde ne sais pas ce que c'est je crois.

-En déco, on voulait mettre des ballons partout en les collant grâce à l'électricité statique, dit Aiolia. Aphrodite, t'en pense quoi ?

Tandis que le suédois s'extasiait sur les idées des deux frères, Saga mit Camus au courant pour les cadeaux en communs.

-Hé tout le monde ! Dit-il d'une voix forte pour faire taire ses camarades. On a pas beaucoup de temps ! Donc, nous allons mettre nos ressources en commun pour faire de gros cadeaux.

Shaka lui donna un fascicule avec les deux propositions entourées en rouge.

-Un… portable tactile pour Dohko et un casque audio sans fil pour Milo.

Camus fit passer les photos.

-Bien évidemment, l'avis de tous est important. Alors ?

-Rien à dire, dit Aphrodite.

Angelo et Camus furent du même avis, et les cadeaux furent acceptés à l'unanimité. Camus se proposa d'aller les acheter lui-même avec l'argent que tous lui donneront.

Dohko regardait les nuages filer au dessus de lui d'un air mélancolique. Les vacances avaient été désastreuses, vraiment. Aphrodite avait vraiment failli mourir et ça l'avait rongé pendant toute la semaine suivante, même s'il n'avait rien dit. Il allait souvent voir le suédois pendant qu'il dormait pour s'assurer qu'il était toujours vivant. Simple question de certitude, car il ne pouvait pas dormir si il ne le faisait pas.

En plus de ça, il avait remarqué que les autre l'évitaient et chuchotaient dans son dos. Il ne comprenait pas pourquoi, d'autant plus qu'il était sûr de n'avoir rien fait qui méritait d'être traité de la sorte. Enfin, il n'était pas le seul apparemment. Milo avait droit au même genre de problème, mais le grec au caractère de feu ne se laissait pas faire. Il s'incrustait au milieu des conversations et exigeait des explications. Sans résultats.

Ils en discutaient souvent dans leurs chambres, tous les deux. Milo s'indignait et lui aussi, même si il ne le montrait pas ouvertement. Il tentait de le résonner en cherchant une explication cohérente à cet étrange comportement. Peut-être que Camus lui en voulait d'habiter si loin d'un hôpital et que Aphrodite avait failli en mourir ? Ou que Angelo était en colère de s'être ennuyé pendant les vacances ? Tous les scénarios y étaient passés, ou presque.

-Milo, Dohko, vous voulez bien m'accompagner en ville ? Demanda Camus le mercredi matin, alors qu'ils prenaient leurs petit déjeuner, exclus une fois de plus.

Les deux jeunes hommes se regardèrent puis acceptèrent, persuadés que Camus allait leur expliquer la raison de leur mise à l'écart.

-Nous partons à 13h, dit le français en débarrassant son bol.

À l'heure dite, ils se rendirent sur le marché de Athènes.

-Tu cherches quelque chose de précis ? Demanda Milo en le voyant fouiller les étals du regard.

-En fait, Aphrodite a cassé son téléphone, répondit Camus. Il en veut un nouveau alors j'en cherche un. Mais je ne suis pas très doué. Et je voulais lui offrir un casque avec. Vous voulez bien m'aider ?

-J'y connais rien en téléphone, avoua Dohko. Ni en casque.

-C'est pas grave. Tu me donneras ton avis.

En marchant le long des rues, ils finirent par apercevoir une boutique de téléphonie, et ils s'y engouffrèrent. Le vendeur, un jeune homme très charmant, leur demanda (en grec) ce qu'ils cherchaient comme type de téléphone. Milo comprit la raison de sa présence et se chargea de la traduction. Camus montra une photo.

-Vous cherchez le dernier modèle, les renseigna le vendeur. Il est sorti il y a peu, aussi est-il assez cher.

-Je m'en doutais, soupira Camus. Aphrodite a vraiment des goûts de luxe.

Quand le vendeur donna le prix, Dohko manqua de s'étrangler.

-C'est cher, pour un bout de plastique ! S'exclama t-il.

Même Milo fit une drôle de grimace mais Camus, qui savait exactement ce qu'il faisait, accepta de l'acheter et prit même une coque pour aller avec.

-Je me demande comment Camus a fait pour les éloigner… demanda Aphrodite en frottant énergiquement un ballon contre son tee-shirt avant de la lancer au plafond.

-Je ne sais pas, mais ça a marché, répondit Aiolia, qui faisait de même.

La cuisine embaumait de délicieuses odeurs de nourriture étrangère et de gâteaux. Les jeunes hommes sentirent leurs estomacs grogner. De leur côté, ils décoraient la salle de vie pour la rendre la plus festive possible. La table serait dressée ici exceptionnellement, alors il fallait qu'elle soit jolie.

-Aphrodite, où sont les guirlandes que tu as faites ? Demanda Aiolia.

-Dans le carton sur le canapé, répondit le suédois.

Ayoros était chargé de souffler les ballons. Ils avaient réussi à en trouver dans une boutique de jeux pour enfants, et certains étaient mêmes porteurs de petits messages. Les bougies pour les gâteaux provenaient du même magasin.

-On sera prêts à temps j'espère !

-Moi aussi. Camus a dit qu'il ferait traîner les choses, mais je ne suis pas sûr qu'il pourra le faire indéfiniment. Je pense qu'ils seront là en fin d'après midi.

Saga déboula dans la salle pour prendre l'air. Il était en nage et avait relevé sa crinière bleue en une queue de cheval haute. Ayoros manque de défaillir et lâcha la ballon qu'il était en train de gonfler. Celui-ci émit un bruit de crevure assez ridicule.

-Tu m'as fait peur ! S'exclama t-il pour se donner une contenance.

-Désolé. Qu'est-ce qu'il fait chaud la-dedans ! Geignit Saga en s'éventant de sa main.

-En même temps, vous êtes six dans la même pièce, et avec les gazinières allumées… ironisa Aiolia.

-Et en plus, il fait presque 25 °C dehors ! Ajouta Aphrodite. Vous en êtes où sinon ?

-Shura et Shaka sont en train de terminer, expliqua le grec. Mu n'a pas commencé encore, vu que les sashimis doivent être servis très frais. Angelo non plus. Il dit que sa recette est rapide à faire. Mais Aldé et moi sommes encore en plein milieu.

-Ok. Puisque certains ont terminé, envoie les chercher des boissons et des bonbons. Je viens de me rendre compte qu'on a pas de quoi faire un apéritif.

Saga acquiesça et retourna dans la cuisine, non sans avoir complimenté leur travail au passage. Ayoros eut un sourire niais.

Camus avait réussi à perdre du temps, mais il sentait que Milo piaffait d'ennui. Dohko, lui, ne disait rien, en tout bon chinois poli qu'il était, mais il n'allait pas tarder à s'impatienter, lui aussi. Malheureusement, il attendait qu'on lui envoie un sms pour lui annoncer que tout était prêt.

Il avait traîné ses deux amis jusqu'à un café pour siroter une boisson bien mérité pour les remercier de l'avoir aidé à choisir. Intérieurement, et s'il avait été Aphrodite, il aurait bien ricané de sa bonne blague. Faire choisir leurs cadeaux aux deux concernés avait été une brillante idée ! Bon, Dohko avait failli faire une syncope en voyant le prix du portable mais Milo, quand à lui, lui avait désigné le casque audio qui lui paraissait le mieux presque avec des yeux brillants. Et aucun ne se doutait de quelque chose.

Le vibreur de son portable le fit légèrement sursauter. C'était le signal.

Il fit semblant d'avoir reçu un sms important et se leva d'un bond.

-Aphrodite me harcèle pour que je rentre. On doit y aller.

Et cela dit sur un ton parfaitement égal. En vérité, il trépignait d'impatience. Aphrodite avait visiblement déteint sur lui.

Milo bondit presque sur ses pieds.

-Allons-y ! s'exclama t-il en partant en premier.

Le petit groupe se dirigea rapidement vers la résidence. Camus aurait préféré ralentir la cadence mais plus personne ne pouvait arrêter Milo une fois qu'il avait démarré. Il dut accélérer l'allure pour ne pas être semé mais surtout pour pouvoir entrer en premier dans leur dortoir.

Il prétexta une envie pressante et partit en courant pour se rendre dans le salon où tout le monde l'attendait.

-J'ai failli échouer, soupira t-il. Milo a vraiment un caractère de chien !

Il donna les cadeaux à Shaka qui s'empressa de les emballer.

-Tout le monde est prêt ? Demanda t-il.

-C'est bon, fini ! Répondit Shaka en écrivant leurs noms sur les paquets.

Il se redressa juste à temps pour voir la porte s'ouvrir.

-JOYEUX ANNIVERSAIRES !

Milo et Dohko s'immobilisèrent, soufflés.

-Mais qu'est-ce que..? Demanda le chinois.

Il était pourtant persuadé que personne ne se rappelait de son anniversaire. Et pourtant, il y a avait bien écrit « Joyeux anniversaires à Dohko et Milo ! » sur la banderole accrochée au mur.

Il y avait des ballons et des guirlandes de toutes les couleurs mais surtout, tous leurs amis qui étaient là pour leur souhaiter un bon anniversaire, avec un plus ou moins grand sourire. Mais ils étaient là, c'était l'essentiel.

-Tu étais dans la combine ! Grogna Milo à l'adresse de Angelo.

-Désolé ! Répondit l'italien avec un grand sourire.

Milo lui donna un petit coup de poing sur l'épaule tandis que Dohko fondait en larmes dans les bras de Mu, heureux.

-Je pensais que vous aviez tous oubliés…

-C'était le cas, dit Shaka. Ces idiots avaient oublié.

-Shaka, la ferme ! Protesta Aiolia.

-Aucune importance, le rassura le chinois. Vous vous en êtes souvenus, c'est le principal.

Aiolia bâillonna l'indien avant qu'il ne dise une bêtise de plus.

-Donne leur leurs cadeaux plutôt ! Rigola t-il.

Shaka se dégagea de l'étreinte du grec et tendit les paquets rouges vifs à Milo et Dohko.

-Je me demande ce que c… s'extasia Milo en déchirant sans ménagement le papier cadeau. Camus, espèce d'enfoiré !

Le français sursauta, surpris par l'insulte.

-T'es vraiment mesquin tu sais ! Continua le grec en brandissant la boite du casque audio qu'il avait lui-même aidé à choisir.

Dohko devint tout blanc en découvrant le portable si onéreux que Camus avait choisi.

-J'ai besoin d'air…

Aphrodite pouffa.

-Shaka nous a dit que t'avais pas de portable, alors on t'en a offert un.

-Oui mais… trop cher…

-On l'a payé à plusieurs, alors ça coûte moins cher au final, le rassura le suédois. Hé, reste avec nous ! Camus, j'ai besoin d'aide ici !

-N..non, je vais bien ! S'exclama le chinois qui avait vacillé.

Ce portable coûtait plus cher que tous ses vêtements réunis. Même en travaillant une année entière aux champs il n'aurait pas pu se le payer !

-C'est vraiment gentil les gars… renifla t-il en ravalant de nouvelles larmes qui menaçaient d'apparaître à tout moment.

-Pas de quoi !

On toqua à ce moment là.

-J'arrive ! Claironna Aphrodite en allant ouvrir. Ah, Saga, c'est pour toi !

Kanon entra, visiblement gêné.

-Euh… bonsoir ? Hésita t-il.

Voir 12 paires d'yeux le fixer le mit mal à l'aise. Saga l'avait invité, mais il se dit que finalement, il aurait du rester à la maison.

-Salut Kanon, le salua Shura.

-Salut. Enfin quelqu'un que je connais !

Ils échangèrent une poignée de mains et Shura remarqua qu'il n'était pas venu seul.

-Ah, tu as emmené Rhadamanthe ?

-Euh… ouais. J'aurais pas du ? Je voulais pas le laisser seul à l'appart'.

-Non non c'est très bien comme ça !

Saga présenta son jumeau et son copain à tout le monde.

-Et ben dis donc ! Commenta Rhadamanthe. Je n'avais jamais vu autant de pays représentés dans la même pièce. Même en Angleterre c'est pas aussi concentré ! Un vrai melting pot !

Kanon éclata de rire.

Mu, qui s'était éclipsé pour préparer ses sashimis, revint à ce moment là.

-Euh… Aiolia, Ayoros, y'a deux gars qui sont là pour vous. Et un pour Angelo aussi.

-Fait les entrer s'il te plaît.

Milo lança un regard surpris à Angelo.

-Ben, je connais pas grand-monde à part toi et les gars, mais tu vois… se justifia l'italien. Il m'a mis en relation avec des gens qui veulent louer leur appartement pour l'été alors…

-Ah, je vois ! S'exclama Milo. C'est pour le remercier.

-Ouais, en plus il est sympa, et c'est un des tut… Hey, salut Manigoldo !

L'autre italien se dirigea vers lui et lui serra la main avec un grand sourire.

-C'est gentil de m'avoir invité, dit-il. Même si ce n'est plus de mon âge d'aller à un anniversaire.

-Y'a pas d'âge pour ça ! Assura Angelo. Comme tu peux voir, tu n'es pas le seul adulte ici !

Manigoldo suivit son regard vers les deux nouveaux arrivés en même temps que lui.

-Lui, je l'ai déjà vu à la fac il y a quelques temps, dit-il en désignant Sisyphe qui discutait avec Aiolia. Je ne sais plus pourquoi je m'en rappelle mais…

Regulus bondissait de partout et faisait la bise à tout le monde sans distinction. Il fit même un compliment à Aphrodite, s'attirant sans le vouloir la rogne de Camus.

-Hé, salut ! Cria t-il presque à Milo en lui secouant la main vigoureusement. Moi c'est Regulus !

-Milo, répondit le plus âgé en massant sa main douloureuse.

-Comme la Vénus de Milo ! Rigola Regulus, hilare.

Milo tiqua. On lui avait fait la blague tellement de fois qu'il commençait à en avoir sérieusement marre. Le pire étant qu'il s'appelait comme ça parce que sa mère avait accouché de lui sur l'île de Milo ! Les gens riaient souvent en voyant son acte de naissance, tout en se demandant sûrement si ce n'était pas une blague. Heureusement qu'il n'était pas né sur une île au nom débile parce que sinon…

-Moi je dis, heureusement qu'on a prévu plus que prévu ! S'exclama Angelo en mettant la table. On aurait été à court autrement.

Leur petite fête battait son plein. Les invités discutaient et riaient entre eux, et l'ambiance était détendue. C'était vraiment agréable de se trouver là.

-On fait une partie de poker après le repas ? Proposa Ayoros.

-NON ! Fut la réponse (presque) unanime.

-On a pas envie de perdre, expliqua Milo. Ou alors, Shaka a interdiction de fermer les yeux pendant le jeu !

-Mauvais perdant ! Répliqua l'indien. Aucune règle n'interdit de jouer les yeux fermés.

-Un karaoké ? Tenta Aphrodite. On chantera des classiques de nos pays.

Camus manqua de s'étouffer avec son jus d'orange.

-H..hors de question... hoqueta t-il.

Chanter du Serge Lama… C'était tout simplement au dessus de ses forces.

-On a qu'à faire action, chiche ou vérité, dit Sisyphe.

Aiolia déglutit. Ce genre de jeu, proposé par un sadique en puissance comme lui… Il craignait le pire.

-Ou le jeu de la bouteille ! S'exclama Regulus, enthousiaste.

-Super bonne idée ! Approuva Angelo.

-On verra après manger, décida Shaka. À table.

Ayoros avait les yeux qui pétillait. Mauvais signe. Très mauvais signe.

Les gâteaux firent sensation. À vrai dire, ils étaient magnifiques, et Dohko et Milo regrettèrent de devoir les couper tant ils ressemblaient à des œuvres d'art. Chacun put avoir une part de chaque, car Saga, Shura et Aldébaran les avaient fait assez gros.

-Trop bon ! S'exclama Milo en goûtant une bouchée du sien. Je suis pas fan du praliné normalement mais celui là est délicieux. Et ça se marie étonnamment bien avec l'orange.

-Celui à la pomme est très bon aussi, constata Manigoldo. Et les épices rappellent la Chine, c'est très astucieux.

-J'ai l'impression d'avoir pris dix kilos ! Se plaignit Ayoros, l'estomac prêt à exploser.

-C'est ta faute aussi, le sermonna gentiment Aiolia. T'as repris deux fois de chaque plats en plus des desserts. Et des bonbons.

-Ouais, mais c'était trop bon, se justifia l'aîné. Je crois que je suis accro à la cuisine italienne. Et indienne. Et aux sashimis aussi.

Aiolia pouffa. Il devait admettre que son frère avait raison. Tous s'étaient surpassés en cuisine et avaient proposé des plats abordables aux palais de chacun. Les sashimis étaient si frais qu'il pouvait imaginer le saumon dont ils provenaient frétiller dans la rivière, et le poulet korma, nappé d'une épaisse sauce aux épices et à la coriandre accompagné de noix de pécan fondait sur la langue comme du beurre. Il n'était pas sûr d'avoir aussi bien mangé un jour.

Dohko se leva de table et revint après quelques minutes. Il posa une lourde carafe sur la table.

-C'est pour digérer, dit-il.

-Y'a quoi dedans ? S'enquit Aphrodite en se servant.

-Tu n'as pas envie de le savoir, répondit le chinois. Vraiment.

Peu rassuré, Aphrodite porta la boisson à ses lèvres et manqua de la recracher illico. Il avala difficilement.

-Argh ! C'est fort ! Toussota t-il. Sérieux Dohko, y'a quoi là-dedans ?!

-Bon, si tu y tiens, je vais te le dire. Du gingembre et de l'ail écrasés dans une tisane au thym et aux herbes spéciales de Chine qui nettoient l'estomac. Macéré pendant plusieurs jours.

Le suédois tira la langue, dégoûté.

-Comment ça se fait que tu ai eu le temps de le faire ?! Protesta t-il. T'étais au courant de rien !

-J'en ai toujours une carafe à la résidence, expliqua Dohko. La nourriture d'ici est différente de ce que je mange en Chine, alors je prévois, au cas ou je mange un truc agressif pour mon estomac.

-C'est ça que tu m'avais donné quand je suis tombé malade, se souvint Shaka en goûtant à son tour. C'est meilleur chaud je trouve.

-En général, ça se boit en hiver. Parce qu'on mange des plats plus riches quand il fait froid.

Les invités se servirent au fur et à mesure. Aiolia força son frère à en boire une grande rasade. Ayoros se mit à tousser.

-Aiolia ! C'est trop mauvais ce truc ! Et puis ça fait mal au ventre !

-Uniquement quand l'estomac est trop plein, dit Dohko.

Ayoros lui lança un regard noir et avala un grand verre de ce qu'il croyait être de l'eau.

-Beurk ! S'exclama t-il en recrachant ce qu'il avait dans la bouche. C'est encore cette saleté de boisson chinoise !

Aiolia éclata de rire devant la mine déconfite de son frère, imité par le reste des convives.