Hello !

Mille merci à Ingrid, Amazing-Destiny, Sunny angel, Coralie91 et Rosa020 (mais où sont passés les menaces ?) pour leurs reviews !

D'ailleurs à la lecture de ces dernières, j'ai constaté que j'étais bien plus cruelle que vous ne l'imaginiez !

Au fait, en passant, je tiens à vous signaler que cette fic sera ma dernière (peut-être avant dernière car, j'ai un one-shot qui traine dans le tiroir et qui attend que je m'occupe de lui, d'ailleurs). Je viens de trouver mon patron pour faire mon apprentissage afin de reprendre par ce biais mes études de comptabilité après cinq ans de bons et loyaux services dans le monde du travail ! Folle que je suis, je tente un licence ! Alors, je crains que j'aurai malheureusement que très peu de temps à consacrer à l'écriture durant les deux prochaines années ! Cependant pour l'instant, il reste me reste tout de même une douzaine de chapitres à publier sur Le souffle du Loup, alors vous n'êtes pas prêts à vous débarrasser de moi !

Allez deuxième partie du chapitre 20 ! Et, j'attends avec beaucoup de craintes vos reviews !

Des questions ? N'hésitez-pas à me contacter !

Bonne lecture !


Chapitre 20.b

La jeune femme ferma les yeux, le cœur tambour battant. Venir la chercher ? Dans le monde de Pete ? Cela n'avait aucun sens pour elle. Jamais, en aucun cas, ces mots étranges -quelque part si égoïste pour un être tel que lui- ne seraient sortis de la bouche du Docteur. Elle le pensait sincèrement alors qu'elle l'avait pourtant si secrètement désiré, en scrutant le ciel à guetter le moindre signe, en restant des nuits entières à observer les étoiles, à espérer, à prier pour, qu'il vienne la chercher, la libérer enfin du monde Pete. Et là, elle venait d'entendre ces quelques mots que son cœur avait désiré... de l'entendre de sa propre voix...

Elle aurait pu être flattée d'une telle marque de la part de cet homme, de cette preuve d'amour... oui, elle aurait pu... si elle n'avait pas eu si mal en cet instant...

Mais que s'était-il donc passé pour ce Docteur ? Pourquoi retrouvait-elle un Docteur si sombre, si torturé ? Qu'avait-il traversé ? Qu'avait-il enduré ? Pourquoi est-ce que tout d'un coup le monde de Pete revenait, aujourd'hui dans leur vie ? Pourquoi la pensait-il là-bas ? S'il était bien son Docteur, quelque soit son passé ou son futur, il aurait dû la trouver dans cet endroit en France à la fin du dix-neuvième siècle. Donc en toute logique, elle devait ou avait été de retour à ses côtés. Mais, pourquoi parlait-il alors de la chercher dans l'univers parallèle alors qu'elle n'y était plus ? Se pourrait-il pour ce Docteur, qu'elle ne soit pas revenue dans sa vie et qu'il la croyait alors toujours prisonnière du Monde de Pete ? Où se situait-il dans la ligne du temps, avant ou après son Docteur ?

Rose avança d'un pas et sursauta lorsque Jack la retient par le poignet. Elle ne l'avait pas senti se rapprocher d'elle. Son cœur était lourd, ses veines brûlantes et ses mains tremblaient car elle ne pouvait s'empêcher d'être meurtrie pour ce Docteur, de partager ses souffrances. Peut-être aurait-il été plus sage d'écouter le Méchant Loup ? Sauf qu'elle avait voulu comprendre... elle ne voulait pas s'exécuter, faire ce qui lui incombait par son rôle auprès du Seigneur du Temps aveuglément et encore moins docilement. Parce que quelque part, elle voulait encore croire qu'il existait une autre solution, qu'elle pouvait changer le dénouement de cette tempête...

Elle rencontra le regard de son ami et lui intima silencieusement de la lâcher. Elle ne savait pas encore ce qui se passait réellement avec ce Docteur, pourquoi il en était arrivé à ce stade, et encore moins comment agir et quels mots avoir envers lui. Mais, personne lui empêcherait de faire ce qu'elle s'apprêtait à faire. Elle pouvait deviner les larmes derrière le manteau du regard du gallifréen, ces larmes que lui ne s'était pas autorisé à verser. Il paressait tellement fragile, tellement perdu qu'elle pourrait tuer quiconque qui se mettrait en travers de son chemin. En travers de lui et d'elle.

- Docteur...

- Chut, Rose... le processus est bientôt arrivé à son terme...

Ne répondant qu'à son désir, son envie de serrer cet homme dans ses bras et de tout lui faire oublier, Rose se précipita vers lui. Et avant qu'il ne puisse comprendre ce qui était réellement en train de se passer, cette tornade de cheveux blonds qui filait vers lui, elle se blottissait contre lui. Elle l'enlaça, enroulant ses deux bras autour de sa taille et se pressa contre lui. Dès qu'elle le toucha, elle le sentit se figer, son corps se tendre à l'extrême. Pourtant, il ne la rejeta pas, ne fit aucun geste pour la repousser. Les bras ballants le long de son corps, il était sous le choc. Ce bouleversement qui le prenait au piège, qui l'étouffait sous la quantité abyssale d'émotions si douces et tout autant douloureuses qui le submergeaient. La jeune femme resserra davantage son étreinte, le serrant toujours plus contre elle. C'était le seul moyen pour elle de lui faire prendre conscience qu'elle n'était pas qu'une simple hallucination, une projection de son esprit. Lui prouver qu'elle était bien réelle. Par sa présence. Par sa chaleur. Avec lui. Ici. En cet instant. Surtout qu'elle était revenue. Qu'elle était libre du Monde de Pete...

- Je suis là, Docteur... chuchota t-elle. C'est finit, je suis là...

Le Docteur tremblait. De tout son être. Il semblait sur le point de suffoquer, tant il cherchait sa respiration. Elle pouvait entendre les battements de ses cœurs totalement désordonnés, les ressentir contre sa joue. Ses doigts peu assurés effleurèrent ses cheveux, les caressèrent, puis glissèrent sur sa tempe, frôlèrent sa peau, ses lèvres...

- Rose... parvint t-il à dire d'un mince filet de voix, le souffle coupé.

- Chut... je suis là...

- Non ! S'affola-t-il. Tu ne...

La jeune femme sentit les mains du Docteur se poser sur ses épaules pour la repousser. Elle releva la tête vers lui. Il se détacha d'elle, de son étreinte, en reculant et en secouant la tête.

- Tu ne peux pas ! Rose ! S'écria t-il paniqué et terrorisé. Tu ne peux pas... ce n'est pas possible ! C'est impossible ! Tu ne peux pas être revenue du Monde de Pete !

- Si, je le suis, lui répondit-elle doucement, les yeux embués.

- Non ! Cria t-il en se prenant la tête entre les mains comme pour faire taire une douleur atroce. Tu ne peux pas ! Tu es prisonnière du Monde de Pete ! Piégée !

Rose tendit la main vers son Docteur.

- Regarde-le ce Docteur... lui, m'a retrouvé sur sa route, il y a quelques temps... depuis, je me tiens de nouveau à ses côtés...

- Non !

Il avait hurlé ce dernier mot, les traits décomposés par la douleur. Et parce qu'il se sentait perdu. Oui, ce Docteur là s'était égaré sur son chemin.

- C'est impossible ! Je suis lui ! Celui qu'il va devenir dans quelques temps ! Je le sais ! Je l'ai vécu ! Si tu étais de retour dans ma vie, ce que je suis à cet instant n'existerait pas ! Comme tout ce qui se passe en ce moment même n'aurait pas lieu !

Le visage du gallifréen s'assombrit, puis il pointa un doigt menaçant vers elle. La jeune femme n'avait pas peur car elle savait qu'il ne l'attaquerait pas. Du moins pas physiquement...

- Alors non ! S'écria-t-il. Tu n'es pas Rose Tyler ! C'est l'Univers qui t'envoie pour m'arrêter ! Il est aux aboies ! Il tremble d'effroi devant la fureur du Seigneur du Temps que je suis ! Il a peur de ce que je m'apprête à faire ! Mais, c'est de sa faute, si j'en suis arrivé là !

- De sa faute ?

- Oui ! Il m'a mis Rose sur mon chemin avant de me l'arracher brutalement comme s'il s'était rendu-compte que c'était une erreur ! Elle fut la seule chose de bien qui me soit arrivé dans ma vie... la seule personne qui a su combler mon sentiment de solitude... avec Rose, je n'étais plus tout seul... j'avais enfin quelqu'un avec qui je voulais...

Il se tût, lui jeta un regard blessé et s'avança vers la rangée des Docteur. Alors que Rose commençait à peine à entrevoir la raison à ce Docteur...

- Toute ma vie a été une énigme, reprit-il après un moment de silence pesant. Une série de nuits et de jours à attendre quelque chose sans vraiment savoir laquelle. Et, puis j'ai rencontré Rose... j'ai su quand j'ai rencontré son regard mais j'ai nié cette vérité criante. Qu'elle était celle que j'avais finalement attendu toute ma vie. Nous sommes liés, elle et moi, par quelque chose de si fort, de bien plus puissant et plus mystérieux que l'Univers. Je l'ai dans la peau, gravé à tout jamais dans ma chair. Pourtant, j'ai essayé de l'oublier, d'aller de l'avant, de ne surtout pas regarder en arrière... mais où que j'aille, quoi que je fasse, la page de Rose ne s'est jamais tournée...

La jeune femme, la gorge nouée, sa culpabilité qui avait atteint son paroxysme, était bouleversée par la déclaration. Elle devinait sa colère qui grondait, la sentait émaner de lui telle une onde magnétique dévastatrice. Elle songea à toutes les facettes de cet homme : de ce Docteur ténébreux aux yeux bleus perçants, né au combat, taché de sang, poussé à survivre par la colère et le désir de revanche ; puis de ce nouveau Docteur, né lui, par le sacrifice du précédent pour lui sauver la vie, mais qui était sans aucun doute le plus dangereux, plus sombre, et tout en gardant cette distance entre eux, ils avaient continué à s'observer par-delà de ce mur qu'il avait érigé, laissant tout de même un peu plus transpirer ses sentiments ; puis il y avait eu ce Docteur qu'elle avait dû laisser à Torchwood, un homme qu'elle avait guéri mais qu'elle avait retrouvé en tant que Louve, plus blessé, plus meurtri, rongé par de la culpabilité, une colère sourde et des regrets.

Des liens se dessinèrent peu à peu entres les émotions et les événements, tissant progressivement un motif complexe, représentation du Docteur dans sa totalité. C'était un être à la sensibilité à fleur de peau, qui donnait énormément de lui-même à cet Univers étant quelque part une extension de son corps et de son âme. Lorsque l'Univers souffrait, il souffrait tout autant. Il s'emportait rarement mais lorsque sa colère se déchaînait, il était tout aussi indomptable qu'une mer endiablée.

Alors, Rose se remémora. Elle se souvient de cet homme en détresse avec lequel Louve avait fait connaissance ; de ce Docteur rongé à petit feu par une douleur perpétuelle, cette plaie qui n'arrivait pas à cicatriser ; des tourments qu'il avait enduré depuis sa disparation ; de ces ténèbres qui le dévoraient lentement depuis si longtemps ; de ce puits de folie dans lequel il dégringolait.

Il avait tellement souffert de sa disparition. Tout autant qu'elle de ne plus sentir leurs doigts s'enlacer si naturellement, de leurs rires, de leurs étreintes si réconfortantes et tellement chastes, de la présence de l'autre si rassurante, de sa chaleur...

Et la jeune femme sut. Que c'était cet homme. Cet homme qui en cet instant même se trouvait face à elle. Cet homme qui ne la reconnaissait pas. C'était ce Docteur. Celui qu'elle avait retrouvé en tant que Louve...

Leur séparation avait été dans une certaine mesure la goutte d'eau qui avait fait déborder le vase. Il avait encaissé toute sa vie, sans rien dire, sans jamais fléchir. Et voilà que sa disparition avait été le déclic, le coup de trop, juste une simple pression sur le compte à rebours. À partir de ce moment là, il n'avait été qu'une bombe à retardement, transformant sa culpabilité, ses regrets et sa colère en une volonté implacable. Peut-être était-ce aussi, la raison qu'il cherchait et qu'il voulait pour se venger de cet Univers pour tous ses maux et toutes ses souffrances qu'il avait enduré jusque-là. Et aussi d'avoir survécu aux siens...

Rose savait qu'elle était en partie responsable. C'était de sa faute si le Docteur était devenu l'homme qui se tenait face à elle. C'était ce que Son Docteur aurait pu devenir si son chemin n'avait pas croisé celui de Louve. Un homme abîmé, tellement meurtri dans sa chair, si lasse de lutter, cultivant ainsi une certaine haine contre l'Univers... et quelque part contre lui-même. Transformant ainsi son amour qui avait été si beau, si fort, en une obsession égoïste et malsaine : elle. Aller la récupérer, la retrouver à ses côtés, quel qu'en soit le prix, sans se préoccuper des conséquences désastreuses, de cette fracture qu'il provoquerait et ainsi de l'effondrement entre les réalités.

Pour elle, Rose Tyler. Qu'avait-elle provoqué ? Qu'avait-elle fait ?

- Lorsque les miens, poursuivit-il, étaient encore de cet Univers, les voyages entre les mondes parallèles étaient possibles. Mais aujourd'hui, les murs de la réalité se sont fermées avec leur disparition et les mondes furent ainsi scellés. Sauf que les Seigneurs du Temps lors de leur apogée, en plein âge d'or, ont érigé ce lieu pour une unique raison. Ici, le tissu de la réalité de notre Univers est le plus mince, le plus fragile. C'est ici que convergent toutes les réalités, vers cette porte qu'est devenu ce lieu. Et, nous en étions les gardiens, son protecteur. Et c'est là qu'interviennent mes régénérations, les seuls Seigneurs du Temps qui subsistent encore dans cet Univers.

- Alors c'est pour cela que tu les as tous enlevés, raisonna Rose horrifiée.

- Oui, je les ai capturé un par un. Il n'y a que pour moi que j'ai dû faire appel à un chasseur de primes.

- Mais à quoi peuvent-ils bien te servir ?

- Il me faut de l'énergie pour ouvrir cette porte et maintenir le passage entre les mondes. Ils sont le moteur. Et leurs émotions le carburant. Les émotions sont puissantes. La douleur, l'amour, la colère, la peur... rien n'est plus puissant dans l'Univers. Surtout ceux d'un Seigneur du Temps. Contemple ma précédente régénération, animé par la colère, les mains recouvertes de sang. Le sang de son propre peuple...

Il inspira profondément et se posta en face de lui-même comme s'il se retrouvait devant un miroir. L'exact reflet de l'un et de l'autre. Deux extrémités. Deux Docteur à la destinée différente. Elle, Rose, était à la croisée de leur chemin. Là où tout avait basculé.

- Ils sont tous en train de revivre leurs peurs, leurs pertes, leurs actes ignobles. Oh ! Et seul les Astres savent tout ce que j'ai fais durant toute ma vie ! Et lui, celui que j'ai été, il n'y a pas si longtemps que ça, est en train de revivre son pire cauchemar, sa peur la plus enfouie. Ce à quoi, il a toujours redouté... à la perte de Rose. Oh que oui ! Parce que nous avons beau eu nous préparer à sa perte, à se ressasser que ce jour viendra. Celui où elle disparaitra ou bien qu'elle décide de sortir de notre vie, on ne cesse de renier cette terrible et effroyable vérité... on se la cache... on se dit qu'on encore du temps... beaucoup de temps... que l'histoire avec elle n'est pas prête à se terminer... jusqu'à ce jour où on se prend la claque la plus monumentale de toute notre existence...

- Et pour tout ça, tu es en train de les faire souffrir, à faire du mal à toi-même...

Rose savait pourtant que son Docteur était capable du meilleur comme du pire. Mais de là à renier tout ce en quoi il croyait afin d'aller la chercher, de la retrouver à ses côtés... C'était... inimaginable... impossible... chimérique... utopique... un rêve aussi fou qu'improbable...

Elle qui croyait sincèrement le sortir de l'obscurité auquel il se croyait condamné, n'avait-elle fait finalement que l'enfoncer un peu plus dans les ténèbres ? À ce qu'il cesse le combat contre ses démons en l'aimant et en se battant pour avoir ce « nous » qu'elle avait tellement désiré ?

C'était un être impassible en apparence mais qui se livrait une bataille acharnée pour ne rien laisser transparaître... ne pas faiblir... Pourquoi ne faisait-il pas juste comme tout le monde ? Parce qu'il ne l'était pas. Il n'était pas comme tout le monde. Il était le Docteur. Un Seigneur du Temps. Ils en avaient tellement souffert pourtant l'un et l'autre de cette barrière infranchissable. Il avait tellement eu mal de savoir qu'il puisse y avoir quelqu'un qui l'aime... qui l'aimait juste parce qu'il était là, qu'il existait... alors qu'il éprouvait le besoin de le sentir... de juste ressentir qu'il était important au moins pour quelqu'un... il avait provoqué ce sentiment mais le repoussait aussitôt car c'était là, quelque chose qui le retenait à la vie. Parce qu'elle était là... avec lui... pour lui...

La jeune femme fit un pas en avant.

- Docteur...

- Non ! S'écria t-il en se retournant violemment vers elle. Je me moque bien des dommages collatéraux ! L'Univers en me l'arrachant, lui, a ignoré ma peine et ma douleur ! Il s'en fichait bien de ce que j'allais devenir sans elle !

- Et tu crois que c'est en lui rendant la monnaie de sa pièce que cela ira mieux ?

Il enfonça les mains dans les poches, un sourire ironique se dessinait sur les lèvres.

- Avec Rose de nouveau à mes côtés, cela ne pourra aller que bien !

- Et as-tu réfléchi aux conséquences de l'acte que tu t'apprêtes à faire, Docteur ? Lui demanda t-elle d'un ton rude. En as-tu mesuré toutes les répercussions, non pas pour l'Univers, mais pour Rose ?

Le gallifréen s'immobilisa et fronça des sourcils. Si elle ne pouvait pas le persuader qu'elle était bien Rose, peut-être pouvait-elle le ramener à la raison ?

- Ne mêle pas Rose à tout ceci ! Fit-il d'une voix sèche.

- Bien au contraire ! Lui répliqua t-elle. Elle est la raison à tout ceci ! Crois-tu vraiment que c'est ce qu'elle veut ? Que tu ailles la chercher dans le Monde de Pete, quitte à faire effondrer deux ou trois univers alternatifs au passage !

- Cesse ce petit jeu...

Les yeux toujours plus brûlants, plus expressifs que jamais, elle faisait glisser sur lui un regard profond et pénétrant.

- Tu ne veux pas entendre ce que j'ai à dire, hein ? Parce que tu le sais déjà mais que tu renies comme tu t'es efforcé à ignorer et à oublier ce que criait son regard, d'être celui qui faisait battre son cœur. Tu t'imposais de ne pas la garder auprès de toi parce que tu avais peur...

- Tais-toi ! Déguerpis !

Elle avança d'un nouveau pas vers lui, indomptable.

- Rose...

- Arrête ! Hurla t-il pour qu'elle se taise.

- Non ! Rose n'aimerait en aucun cas ce que tu t'apprêtes à faire en son nom. Pas si son retour à tes côtés à ce prix là ! Veux-tu vraiment lui faire endurer ce fardeau, ce poids sur sa conscience, même si elle désire plus que tout redevenir ta compagne ? Tu le sais tout ça ! Comme, elle ne voudrait pas que tu deviennes pour elle ce que tu as toujours combattu, cette partie de toi, cette noirceur qui te hante... tu bafoues l'homme auquel elle a foi. À cet homme exceptionnel, bon, généreux, qui possède une force d'âme incroyable... pour qui, elle se bat en son nom et qui a transformé sa vie en faisait d'elle une autre femme. À cet homme qu'elle n'oubliera jamais, qui restera pour toujours dans son cœur... à cet homme finalement qu'elle aime. En ce Docteur qu'elle ne cessera jamais d'aimer...

- Qu'est-ce que tu en sais ? Lui répliqua t-il brutalement en fuyant son regard. Tu n'es pas elle !

Rose sentit un sanglot la secouer, la faisant suffoquer. Pourquoi ? Pourquoi continuait-il à s'aveugler volontairement ? Il lui était difficile que ce Docteur, avec qui malgré tout, elle avait partagé tant de choses, avec lequel elle avait partagé un moment de sa vie, reniait qui elle était vraiment. C'était si douloureux qu'il ne la reconnaisse pas. Si Pénible aussi que l'homme qu'elle aimait si fort s'obstinait à refuser la réalité, le fait-même qu'elle puisse être de retour... qu'elle soit tout simplement Rose Tyler, sa compagne... pourquoi la repoussait-il aussi fortement ?

Elle porta la main à sa bouche, tentant d'étouffer le second sanglot. En vain. N'y tenant plus, elle releva brusquement la tête vers lui, le regard furibond. Sans l'ombre d'une hésitation, elle avança vers lui. Il la défia de son regard si dur, si lugubre de continuer à s'approcher de lui. Pourtant, il recula à chaque pas qu'elle effectuait vers lui, jusqu'à ce qu'il se retrouve prit entre elle et un mur contre lequel il buta. Elle lui saisit le visage entre ses paumes et y colla le sien.

- Regarde-moi bien dans les yeux, Docteur, lui murmura t-elle dans un souffle. Et répète-moi que je ne suis pas Rose Tyler, cette jeune femme à qui tu as sauvé la vie dans le sous-sol de ce magasin... dis-moi que je ne suis pas elle, cette jeune femme à laquelle appartenait cette main que tu as saisi... celle à qui appartient ces yeux bruns que ton regard autrefois si bleu a rencontré... à laquelle tu as dit ce mot... juste ce petit mot qui a rythmé depuis nos vie... run...

Une lueur étrange se mit à briller dans le regard du gallifréen. Quelque chose venait de changer. Imperceptiblement... il serra les poings pour faire cesser ses légers tremblements.

- S'il t'a retrouvé, a t-il saisi cette deuxième chance qu'il s'est vu accordé ?

Sa voix était grave, flottante mais étrangement posée comme si les mots sortaient sans qu'il ne puisse les retenir ou comme s'il avait cédé à une impulsion. Rose acquiesça simplement de la tête pour lui répondre.

- Alors dis-moi quelque chose dont je suis le seul à savoir et que tu n'as pu entendre que de sa propre voix...

- Non, je t'en prie, lui répondit-elle la voix soudainement tremblante, ne m'y oblige pas...

Pas l'ombre d'une hésitation se reflétait dans les yeux si noirs du gallifréen où pourtant une petite lueur y scintillait faiblement.

- C'est le seul moyen pour toi de m'arrêter et tu le sais. Alors dis-le moi...

Rose se détourna de lui et ferma les yeux.

- Tu ne peux pas me demander une telle chose...

Elle sentit sa main effleurer sa joue.

- Si, il le faut. Si tu es bien ce que tu prétend être, Rose Tyler, sa compagne, celle qui ne s'est jamais contentée de la façade, qui a toujours cherché ce qu'il y avait en dessous et qui avait aucune peur de ce qu'elle pourrait y trouver. Cette femme qui a su me dire et me faire comprendre à sa manière qu'elle ne me demandait pas d'oublier -bien au contraire- mes blessures, mes cicatrices, mes craintes mais juste de les partager. À ce que nous les partagions ensemble...

Il s'interrompit, accentua la pression de sa main qui caressait cette joue si douce avant de lui tourner la tête de manière à ce qu'elle le regarde en face. Il fit en sorte à ce qu'elle croise son regard qu'elle fuyait pour l'ancrer.

- Tu sais, depuis le début, j'ai toujours recherché ça, que même si on ne me comprenait pas toujours, je voulais simplement qu'on me dise « partageons ensemble ». Car aussi bête que cela puisse paraître, j'étais persuadé que personne ne dirait jamais ces mots pour moi. Parce que je sais aussi, qu'avec le temps, si nous l'avions eu, à croiser l'étonnante étincelle qui illuminait ton magnifique regard lorsque tu le posais sur moi, mes convictions se seraient écroulées, mes défenses auraient cédés. Pour me rendre-compte finalement que j'avais tort lorsqu'il s'agissait de toi, que je ne devais plus avoir peur d'un « nous ».

Il marqua une pause devant une jeune femme terriblement troublée de voir son regard passer de douloureusement froid à délicieusement doux.

- Alors, pour tout ça et parce que si tu es bien Rose Tyler, il est dans ton devoir en tant que compagne de m'arrêter en me disant la seule chose qui est capable de le faire.

- Non... gémit Rose, une larme qui s'échappait de ses cils. Tout mais pas ça... je t'en prie...

- Si, tu dois le faire pour lui...

Rose se hissa sur la pointe des pieds pour rapprocher ses lèvres de l'oreille du gallifréen. Elle ne le voulait pas. Elle n'était pas prête à ça. Rien ne l'avait préparé à ça. Tout comme ce jour où son Docteur lui avait murmuré au creux de l'oreille, ce qu'elle m'apprêtait à dire à ce Docteur là. C'était un don de sa part, un cadeau, un secret qui les liait tout les deux pour l'éternité. Pourtant elle s'était jurée de tout faire pour l'oublier pour qu'un jour, qu'un tel moment comme celui-ci ne se produise jamais. Parce que c'était une lourde responsabilité, lui donnant ainsi un pouvoir absolu sur le Docteur.

- Pardonne-moi, souffla t-elle. Je suis si désolée...

- Ne le soit pas... fais-le...

La jeune femme, vacillante, posa une de ses mains sur son épaule pour se maintenir à lui. Et après quelques secondes d'hésitation, elle se lança, le cœur en sang de devoir prononcer une telle chose de sa bouche.