Chapitre 26 : Sonohi, le Jour

Grandiose. C'était le mot pour décrire ce chef-d'œuvre de la nature. Après un peu d'escalade, j'observai attentivement le paysage qui s'offrait à moi, guettant n'importe quel signe démontrant la présence d'un certain temple du Jour. Mais, malgré mes efforts, je ne pus rien identifier qui correspondait à mes recherches. Dépité, je redescendais de la falaise quand un scintillement attira mon attention. En m'approchant, j'identifiai un croissant de lune et une toile noire comme la roche environnante pour camoufler l'entrée. J'entrai d'un air satisfait dans le repère et entrepris de découvrir les lieux. Je ne pus rien trouver à part quelques kunai rouillés, parchemins marqués de sceaux inconnus que j'emportai avec moi, et une dizaine de squelettes desséchés que je brûlai d'un souffle ardent, sans y faire plus attention que ça. Finalement, après avoir traversé un long labyrinthe qui n'en finissait pas, je me retrouvai aux pieds d'un escalier très étroit, qui montait rapidement. Je m'engageai dans cette voix dangereuse, car si un piège quelconque se déclenchait, je risquais de manquer de chakra pour éviter une sérieuse blessure, sans pour autant risquer la mort. La voie s'amenuisait toujours et encore, si bien que je finis par me déplacer de côté et laissai mon gilet de protection noir déchiré sur la route, puis ma sacoche, quand j'atteins finalement le sommet les armes à la main. Je débouchai dans une minuscule alcôve, dans laquelle une louve blanche attendait, le regard perdu dans le vide.

-Okaasama ! cria l'Aube.

-Sashishimesu ?

-'Kaasan ! continua le Crépuscule.

-Yûgure !

-Obaasan.

-Euh... qui est-ce ?

-Il est l'Héritier actuel, mère, expliqua la louve d'or.

-Et... qui lui a demandé de m'appeler "grand-mère" ?

Un silence gênant s'en suivit, mais Sonohi brisa la glace.

-Bon, bon... que me vaut l'honneur de recevoir la visite d'un si illustre personnage ?

-Le besoin de pouvoir, répondis Sashi' sans me laisser le temps de me justifier.

-Encore quelqu'un qui ne cherche que plus de puissance. Tu veux sans doute devenir le prochain souverain de Konoha, n'est-ce pas ?

-Comment savez-vous d'où je viens ?

-Tu dégage un aura caractéristique de ce village. Un membre de l'ANBU déchu, n'est-ce pas ? Tes sentiments disparus réapparaissent au fur et à mesure, et tu es bouleversé ?

Je ne pouvais rien répondre. Elle avait tout juste, tout. Elle venait de décrire très précisément ce que je n'avais pas encore réalisé. Elle continua sur sa lancée.

-Donc tu veux mon pouvoir. Tu en connais les caractéristiques ? demanda-t-elle avec une certaine irritation dans la voix.

Sa fille pris la parole :

-Eh bien... j'ai préféré ne rien lui dire... cela fait si longtemps que je ne vous avez pas vu, okaasama !

La louve éclata d'un rire mi-hurlement, mi-rire humain.

-Vois-tu, jeune shinobi, mes pouvoirs nécessites des tributs élevés. C'est la raison pour laquelle je croupie ici depuis des millénaires, car aucun de tes prédécesseurs ne les voulait !

-Si vous voulez bien m'expliquer quels sont ces capacités si dangereuses, dis-je empreint de respect.

-Si tu m'acceptes en toi, tu seras capable de réaliser n'importe quel jutsu, du plus simple au plus complexe, et même de créer les tiens en mélangeant plusieurs que tu connais, et que tu ne maîtrise pas forcement.

-Et quel est ce tribut élevé ? demandai-je, inquiet.

-Ta vie.

Cette déclaration me fit froid dans le dos. Je regardai la louve de l'aube d'un œil interrogatif, mais elle évita mon regard. Yûgure avait trouvé la solution parfaite, et s'était simplement dématérialisé.

-Tu devrai avoir l'habitude ! Tu sais bien que l'utilisation de tes pouvoirs pompe ta force vitale, et réduit ton espérance de vie, n'est-ce pas ? Ma fille ne te l'a pas dit ?

-Tu le lui a révélé trop tôt, okaasama ! Il ne risque plus de t'accepter, maintenant... marmonna l'Aube, irritée voir même énervée.

J'ai vu rouge. Pendant une heure, au moins, j'ai hurlé sans interruption sur oneechan, qui ne répondis strictement rien et se contentai de regarder le sol fixement. Yûgure fit irruption à un moment donné, entendit ce que je criais, marmonna quelque chose et disparut à nouveau. J'appris donc que l'utilisation de mes pouvoirs pompait ma force vitale et réduisait mon espérance de vie, comme l'avait annoncé Sonohi. La bonne nouvelle, c'était que je n'avais perdu que deux ou trois mois, car les pouvoirs des enfants étaient bien moins puissants que ceux des parents. Même en supposant que je possédais assez de chakra pour maintenir un fourrure noire au maximum de ses performances pendant un ans sans interruption, je perdrai à peine 5 ans de ma vie. C'était peu. En quelque sorte.

Après mûre réflexion, je décidai d'accepter la proposition de la louve du Jour, qui afficha un air soulagé.

-Je sais que je ne devrai pas te dire cela avant que tu ais accepté de courir le risque de mourir au champ d'honneur, mais je préfère te prévenir, avertit la louve.

-Ça ira, maintenant. Après tout, je sais à quoi m'attendre, maintenant, répondis-je en insistant particulièrement sur le "maintenant".

La blanche gloussa, puis tout devint blanc.

Je me réveillai dans un monde vide de couleur, et plus généralement, vide de tout repère. Je ne pouvais pas distinguer ma gauche de ma droite, le haut du bas, l'avant de l'arrière en l'absence de ligne d'horizon. Une voix résonna dans ce lieu étrange, et je la reconnu tout de suite :

-Te voila en route vers le miroir de ton âme. Je souhaite savoir qu'est-ce que tu veux vraiment. Ma fille dis que tu souhaites le pouvoir, et tu ne réfutes pas cette information, mais je sens que, au fond de toi, tu souhaites autre chose.

Le sang accéléra sa course dans mes veines, et je tentai de me défendre contre cette attaque psychique. C'était bien trop intime, bien trop personnel pour être dévoilé à des esprits immortels.

-Inutile de te débattre, petit louveteau, je connais tous les pouvoirs de ce monde, et leurs contre respectif. Je suis la connaissance suprême. Rien ne m'est inconnu. Sauf ces connaissances, railla-t-elle en faisant défiler mes souvenirs depuis ma naissance, en accentuant les moments forts, bien comme mauvais. Elle était parfaitement impartiale.

-S'il vous plait, je vous en supplie, arrêtez ça ! criai-je dans le néant.

Je détestai me remémorai les scènes de massacres que j'avais perpétré et les moments passés aux côtés de ma coéquipières n'étaient qu'un piètre réconfort, il faut bien le dire. Je me recroquevillai sur moi-même, fermant les yeux de toutes mes forces et me bouchant les oreilles, je me remémorai les bons moments passés avec elle, en espérant que cela ferait disparaitre ces visions de ma coéquipière, la lame étincelante de sang au clair de lune, les yeux agars et tachée d'un rouge sinistre.

-Enfin !

La voix du Jour résonna dans le vide alors que tout un univers apparaissait, d'abord en transparence, puis prenait une consistance bien réelle. Je me retrouvai dans ma chambre, assis sur mon lit. Je n'avais pas changé d'un pouce, à première vue, puis après un léger examen de mon corps dans le miroir que je ne me rappelle pas avoir acheté, je me rendis compte que j'avais grandis, de quelques années peut-être. Ma chambre n'avait pas changé : mes affaires étaient éparpillées aux quatre coins de la pièce, des kunai trainaient plantés dans une cible au fond de la pièce, tous au centre. Je parcourus les étagères, rassurés dans ce lieux que je connaissais sur le bout des doigts, en jouant à repérer les différences entre cette pièce et la véritable. Une image attira mon attention : c'était sans aucun doute une photographie, une photographie de deux personnes. La fille portait un yukata traditionnel blanc et l'homme un kimono noir. Ils se tenaient par la main en se regardant passionnément. L'homme était un petit peu plus grand que la femme, qui se trouvait dotée d'une beauté divine. La blancheur de son kimono tranchait avec sa chevelure de jais et s'harmonisait avec ses yeux, ronds comme la lune. Dans ce rêve, dans ce monde que je souhaitais plus que tout au monde, je me retrouvais marié à Hyônaka.

De nombreuses autres photographies étaient épinglées sur un tableau de liège, et je me surpris de ne pas l'avoir remarqué plus tôt. Des hauts faits de guerres, des soirées passées avec nos compagnons d'armes, nos siestes au crépuscule, tous ce que j'aimais le plus au monde était concentré en ce lieu.

-Hé.

Cette interjection qu'elle utilisait tout le temps me ramena à la réalité. Je me retournai et la vis, étendue sur le lit en tenue de combat, sa longue chevelure noir épars, m'appelant à m'asseoir auprès d'elle. Son visage avait pris la forme de celui d'une femme, et elle avait cessée de se tailler les cheveux, les laissant flotter derrière elle. Je voulais la rejoindre, je voulais vraiment, plus que tout au monde, mais je ne pus me résoudre à m'abandonner à cette illusion.

Le monde changea à nouveau, et je me retrouvai à courir derrière ma coéquipière. Cette fois-ci, ses mèches autrefois abandonnées en désordre étaient tressées en une très longue natte. Elle était de dos, je ne pouvais donc rien voir de son visage. Je ne sais pour quelle raison, j'arrivais à tenir son rythme sans trop de mal. Sans réduire la cadence, maintenant mon masque sur le visage comme elle le faisait, je tentais de me repérer sur le fil du temps. Le monde me semblait bien plus petit, mes pas étaient bien plus grands. Je devais avoir une vingtaine d'année, et mon corps pouvait supporter la cadence effrénée d'Hyônaka. Elle me criait de se dépêcher, que notre poursuivant s'échappait avec une voix empreinte d'une peur profonde que je n'avais encore jamais entendu. Nous finîmes par sortir du village, et notre cible fut bientôt en vue. Il transportait un paquet enveloppé de tissu blanc, avec grande précaution. Ma partenaire disparut et je l'aperçu une dizaine de mètres devant notre adversaire, alors que la jambe droite de celui-ci formait un angle parfaitement anormal. Il manqua la branche suivante, et tomba au sol. Pendant sa chute, la tresse d'Hyônaka récupéra le paquet qui tombait à pique, qui amortit la chute de sa victime d'un coup de pied au creux du dos qui lui arracha un gémissement de douleur. Alors que je me posai près d'elle, ébahi par cette prouesse qui me laissait sans voix, elle me regarda, les yeux rouges d'avoir pleuré et pleins de haine, d'un haine profonde et meurtrière à l'encontre de notre ennemi. Elle me cria que cet homme, pour ne pas répéter ce qu'elle me dit, venait de nous voler notre trésor le plus précieux à tous les deux, et éclata en sanglot en enfouissant son visage dans le tissu. "Notre trésor le plus précieux à tous les deux ?" me dis-je. Qu'est ce qui pouvait être plus précieux à mes yeux que sa propre vie, et vice versa ? En tous cas, cet homme avait provoqué une réaction tout ce qu'il y a de plus anormal chez ma coéquipière, et cela m'énerva très fortement. Le saisissant par la nuque, j'entrepris de repeindre l'arbre le plus proche en rouge en insultant le pauvre homme jusqu'à ce que son visage ne soit plus différentiable de l'arbre en question. Laissant tomber le cadavre inanimé du voleur, en me demandant comment j'avais pu déployer une force si phénoménale sans technique ninja, je m'approchai de ma coéquipière qui me regarda tendrement. Elle me tendit le paquet, et écarta un bout de tissu. Un trésor ? Non. Un talisman ? Non plus. Une arme peut-être ? Ou bien un message ultra-confidentiel ? Non, toujours pas. Un bébé. J'ouvris des yeux exorbités. Un enfant ? J'avais un fils ? Avec, qui plus ai, Hyônaka ? La pensée que nous... non, non, il y avait erreur, elle n'avait pas put me laisser...

-Dit bonjour à 'toochan, Atarashi !

-Ga !

-Euh... ohayo...

Je passai une main douce sur le minuscule visage du dénommé Atarashi, qui me saisit un doigt pour jouer avec. Ma désormais "femme" me regarda d'un air amusé, puis son sourire disparut. Ses yeux se fermèrent et sa bouche s'entrouvrit alors qu'elle se penchai légèrement sur le côté. Nos lèvres allaient entrer en contact quand le décor changea une fois de plus.

Approximativement 30 ans. Je m'en rendis tout de suite compte, maintenant que j'avais compris comment fonctionnait le genjutsu. Alors que mes yeux s'habituaient à la luminosité, une bonne odeur de nourriture attira mon attention. La cuisinière était vêtue d'un tablier et... et bien, d'un tablier (forcément...). Un garçon d'une dizaine d'année, peut-être moins, lançait des shurikens sur une cible, et la ratait de temps à autre. Enfin, j'étais surtout captivé par le dos de la cuisinière... et ce qu'il y avait plus bas.

-Otoochan, j'ai fais mouche !

-Hmm ?

-Tu ne me regardes même pas ! Tu préfères regarder maman pendant qu'elle cuisine ! Je ne vois vraiment pas ce qui peut t'intéresser à ce point...

Je devins rouge lorsque ma coéquipière se raidit à l'entente de ces mots, et serra les fesses.

-Hatakiso, tu es privé de repas.

-S'il te plait... me lamentai-je en me rendant compte que j'avais faim.

-Atarashi, voilà ton omelette ! dit-elle en faisant glisser le mets dans une assiette. "Et toi, attends que notre fils soit à l'académie, et tu pourras manger tout ce que tu veux", ajouta-t-elle en se retournant et en se penchant en avant, une main sur le bas de son dos.

-Oh. Hum, et bien... bafouillai-je.

-Peut-être préfères-tu tout de suite ? demanda-t-elle innocemment.

Elle s'approcha doucement, me laissant savourer chaque seconde d'attente. Finalement, elle se glissa dans mes bras et s'abandonna toute à moi, tandis que notre fils rangeai ses shurikens et préparai ses affaires sans comprendre l'étendue de la scène qui se jouait sous ses yeux. Alors que Hyônaka s'asseyait sur la table à manger en écartant les jambes, la scène changea, me laissant pantois, une certaine amertume en bouche.

Mon état mental changea, et je me ressaisissais d'un coup. Sans plus comprendre ce qui passait, je me retrouvai allongé, endormi. J'ouvris les yeux, mais ne vis rien pour autant. En prenant de la distance, je m'aperçus que je m'étais assoupi sur un canapé, blottis contre ma coéquipière. Son beau visage, qui était lisse, vierge de toute trace, arborait à présent deux petites rides qui s'étendaient au coin de ses lèvres. Ses cheveux étaient eux aussi striés de mèches blanches ou grises, marques de la vieillesse. Tout comme moi, je me rendais compte qu'elle avait pris un peu de poids. "Sans doute la retraite", pensai-je. Elle se réveilla doucement, et me laissa se redresser. A cheval sur mes genoux, elle se glissa entre mes bras, et je la serrai contre mon cœur. C'était si bon de pouvoir vivre chaque moments de sa vie ; sans doute 15 ou 16 ans, puis la vingtaine, puis la trentaine et enfin la cinquantaine.

La porte d'entrée s'ouvrit d'un coup. Avant que je n'ai pu me relever, elle avait attrapé deux bougies rondes sur un tables basse, et mes mains s'étaient poser sur ses hanches. Sans que j'y fasse attention, mon chakra la traversa, et le feu, le vent et l'eau se succédèrent dans les bougies, qu'elle lança. D'abord filant à la vitesse raisonnable d'une bougie lancée par une kunoichi retraitée, elle disparurent soudainement ainsi que les deux visiteurs intempestifs qui eurent à peine le temps de lever une main amicale en lançant le "Yo !" que j'affectionnais tant, tout comme mon père. Je les aperçus projetés au loin, leurs plastron de ninja rougis par la cire. Une des deux kunoichi qui les accompagnait lança :

-Trois éléments combinés... le feu et l'eau pour faire de la vapeur, et le vent pour la poussée.

-Bien analysé, ma chérie. Je vous avais pourtant prévenu qu'il fallait frapper et décliner son identité avant d'entrer.

-Désolé, mais ces deux idiots voulaient tester vos réactions.

Hyônaka se leva et s'étira, tandis que je me redressai. J'avais devant moi deux femmes d'une trentaine à une quarantaine d'années. Elle me saluèrent en me qualifiant de "sensei", ce qui me surpris un peu. J'appris donc que mon fils rentrait de sa mission de rang S aujourd'hui, et qu'il nous invitait à manger dans un des riches restaurants qui avait ouvert après le développement économique de Konoha. Sur ce, elles s'éclipsèrent en criant deux noms, sans doute leurs coéquipiers.

Je la pris à nouveau dans les bras, trop heureux de pouvoir la serrer à volonté, comme je le faisais avant de m'engager dans cette stupide quête. En fermant les yeux, elle me reprocha d'être un peu plus osé que d'habitude lorsque mes mains glissèrent au dessus de ses cuisses. Une larme coula sur sa joue, et elle me rappela notre rencontre, et je fis la liaison entre la situation actuelle et celle passée. Autrefois, j'étais dans la même position. Elle releva la tête et m'embrassa sans me quitter des yeux, puis alla se changer. En sortant de la maison, je m'aperçus que je n'étais plus dans l'ancienne petite maison où Atarashi avait apparemment grandis. Tout Konoha s'étendait en-dessous moi. Je me trouvai à côté des visages de pierres, dans une maison en bordure de falaise. Hyônaka apparut errière moi, et, me prenant la main, m'entraina dans une chute du haut des visages de pierre. Le vent souffla dans mes oreilles, et au moment de heurter la terre, je n'eus pas peur. Un sceau s'activa, et la vitesse de chute s'inversa pour nous renvoyer en l'air. Nous prîmes une impulsion aérienne, et finalement filions dans le ciel paisible du village des feuilles. En plein vol, elle se retourna et me tendit la main.

Ma coéquipière était maintenant une arme de guerre parfaitement immorale, qu'il me faudrait rééduquer. Cette femme qui m'appelait n'était qu'un reflet d'elle même. "C'est ça, un reflet d'elle dans ma conscience." me dis-je. Cette révélation me permis de me détacher du genjutsu dans lequel j'étais plongé, et j'ouvris les yeux allongé devant Sonohi, qui me regardait sans rien dire, honteuse.

J'étais sur le point d'exploser de rage, et pourtant je me retins. La seule chose qui m'empêchait de tout détruire dans un rayon de 100 mètres était la pensée que, malgré la mélancolie que m'apportait ces visions, j'avais, pendant quelques minutes ou heures, eu la possibilité de vivre ma vie comme j'aurais voulu la vivre. La louve du jour bredouilla de vagues excuses à mon égard, le regard perdu dans le vide. Quelle ironie ! Elle s'excusait ! Lorsque j'atteignis ma limite et décidai de laisser libre cours à mon désespoir, le hurlement de douleur que j'aurais souhaité pousser mourut dans ma gorge, et j'éclatai en sanglot, de longs sanglots qui se répercutèrent dans le ciel. Elle qui croyait que je souhaitais le pouvoir pour le pouvoir avait eu une sacrée surprise en violant mon esprit et en s'appropriant mes désirs les plus profonds. Sans rien dire, elle s'évapora dans une douce lumière, que j'absorbais en m'essuyant les yeux.

Le sommet de la montagne explosa et je déployais mes ailes récemment acquises pour me laisser planer jusqu'à la côte, quitte à m'y écraser. De toute façon, je n'en avais plus rien à faire. Toute trace de sentiment avait parfaitement disparu de mon âme, et j'étais prêt à égorger mon propre père s'il était envoyé m'arrêter. Le monde pouvait s'effondrer, tant qu'elle et moi étions en vie, rien ne m'importerais.

Vous l'avez attendu, celui-là. Je ne vais pas utiliser de vieille excuse pour justifier mon retard, j'ai bêtement et simplement oublié de poster ce chapitre. En espérant que vous n'avez pas trop eu peur... Je rappel que même si je décidai d'arrêter la fiction en cours, chose qui n'arrivera pas si vous avez lu les tous premiers chapitre, j'ai déjà écrit en avance les 5 chapitres suivants dincbaucune inquiétude.