Désolé de mon retaaaaaard J'avais pas internet, et maintenant, je suis en plein délire photographique alors que j'ai pas fait mon travail pour la rentrée XD Alalala, les jeunes d'aujourd'hui ! Enfin, voila, je me rattrape, je vous envoie mon chapitre 26, ou... mais pourquoi je vous raconterais puisque de toute façon vous allez le lire ? Mes muses de fic sauront tout de suite à quoi correspond ce titre... les autres le découvriront très vite XD


Chapitre 26 : Sirop de menthe artisanal. (Edward)

La matinée de garde s'était bien passée, si on exceptait la tendance des autres militaires à se moquer de moi. Il faut dire qu'ils avaient découvert un aspect que j'aurais aimé pouvoir leur cacher : j'étais absolument incapable de dire non à une gamine ! Ils trouvaient ça amusant, mais personnellement, je trouvais plutôt ça crevant. J'avais passé toute la soirée de la veille à babysitter malgré moi, et ma grande frayeur était de deviner que ce soir allait être assez similaire. C'est pourquoi j'avais comme un nœud au ventre en revenant à l'hôtel. Je le consolais en me disant que c'était sans comparaison avec l'état de Havoc, qui était confus rien qu'à l'idée de LA voir.

LA, c'était Ambre Handwriting, évidemment, notre belle tenancière, tellement belle que tous les militaires en étaient tombés plus ou moins amoureux, à l'exception de Hawkeye, évidemment, et peut-être de Hugues qui arrivait à négliger sa beauté en pensant à Gracia (heureusement) Mon impression se confirma quand je vis débouler la petite Lulu qui avait enfilé mon manteau trop grand pour elle et qui ressemblait du coup à un épouvantail. Elle me sauta dessus et s'accrocha à moi comme un koala, clairement contente de me revoir. Profitant du fait que son visage soit enfouit dans le tissu de ma veste militaire, j'esquissais une grimace paniquée. J'en avais pour le reste de l'après-midi, aucun doute à se faire là-dessus. Je jetais un regard d'appel à l'aide à Havoc, mais celui-ci, terrassé par sa timidité, avait fini prit la fuite au fond du jardin. Breda, quand à lui, était parti sur la digue pour acheter le dernier Avantages…pour les recettes de cuisine, bien sur !

Résultat des courses, j'étais tout seule face à une miniature qui me menait à la baguette. Je tentais de faire preuve d'autorité en lui disant d'enlever mon manteau, sans résultat probant. Elle me tendit un gros poisson en peluche d'un air autoritaire, que je pris plus ou moins malgré moi. Elle m'attrapa ensuite par la main et me traîna dans le jardin ou m'attendait une table et un banc de pierre fendillés.

Je vous épargne la suite…

Après avoir souffert le reste de l'après-midi et de la soirée, j'avais trouvé un peu de répit à table ou l'on nous servait de bons petits plats régionnaux. L'aubergiste étant à ces débuts, il s'était excusé de son retard et de ne pas pouvoir encore exaucer nos vœux culinaires, faute d'aide, et se contentait d'un menu unique qu'il compensait par le fait qu'il était excellent. Je savourais le bon petit plat qu'il nous avait mitonné, regardant en soupirant les autres se servir abondamment en vin. Mademoiselle Handwriting interpréta mal mon soupir et me proposa un verre.

- Je peux pas, je suis mineur, répondis-je, blasé.

- Mais tu as bien seize ans, quand même ? demanda-t-elle étonnée.

- Bien sûr que j'ai seize ans ! ronflais-je en retenant ma colère.

- Pas de problème alors, fit-elle avec un sourire étincelant en me servant une belle rasade de liquide rouge. Ici l'alcool est autorisé dès seize ans !

Je ne pouvais pas refuser. D'une part mon verre était déjà rempli, d'autre part, personne ne pouvais résister à un sourire pareil. Je pris timidement une gorgée que je fis tourner dans ma bouche comme je faisaient les connaisseurs, souriant pour dissimuler maladroitement le fait que je n'aimais pas le liquide au goût intense piquant et amère. J'avalais la gorgée héroïquement, et relevais les yeux vers la belle brune qui me regarda d'un air affectueux avant de se lever pour retourner à la cuisine, m'ébouriffant les cheveux au passage (ce qui m'attira un regard torve du reste de la tablée, en particulier chez Havoc.) Je ne tirais pas parti de ce privilège, trop occuper à songer qu'elle savait visiblement que je n'aimais pas ça… Je me forçais pourtant à finir mon verre, ce qui me prit le reste du repas. J'étais conforté dans ma conviction que je n'aimais pas l'alcool quand Hugues et le reste de son équipe arriva.

Je me rappelais alors avec une colère amère que nous n'avions pas réglé le problème des frelons qui s'étaient installés dans ma chambre. Ce qui voulait dire que j'allais devoir dormir cette nuit encore dans la chambre de mon supérieur ? Il était trop tard pour un tel remue-ménage, et face aux frelons, même le Colonel était préférable. Je levais vers lui des yeux contrits qu'il se contenta de croiser avec indifférence avant de s'asseoir pour manger. Après avoir couvé d'un regard doux la tenancière, il avait obtenu une assiette bien remplie, et commença à manger en discutant avec Hugues. Me disant que je n'allais pas monter tout de suite, je m'asseyais à côté de Hugues, qui, la fatigue aidant, renversa l'assiette de son ami sur les genoux, je faisant jurer et l'obligeant à se lever pour se changer.

- Ouuuups ! désolé Royounet, je suis si maladroit… Je vais essuyer si tu veux ! proposa-t-il, sa serviette à la main, avant de se prendre une claque sur le nez.

- Non mais faut pas déconner non plus, grogna-t-il avant de quitter la salle, sa serviette froissée dans son poing.

- T'as encore perdu ton sens de l'humouuur ! gémit Hugues en se frottant le nez.

- C'est malin de le provoquer aussi… soupirais-je, abattu par sa sottise.

- Oh… déprime pas comme ça, soupira Hugues avant de me tendre un verre de liquide d'un vert intense et peu rassurant.

- C'est quoi ce truc ? demandais-je avec inquiétude.

- Du sirop de menthe artisanal…répondit Hugues avec un grand sourire.

Je contemplais le verre, un sourcil levé, avant de le prendre et de goûter. Le goût était intense, mais pas si désagréable que je l'aurais craint. Je me léchais les lèvres avant de recommencer à boire plus abondamment. Un fin sourire apparu sur mon visage, qui trouva son écho sur celui de Hugues.

- Mais c'est trop bon ce truc ! m'exclamais-je une fois le verre fini.

Il me regarda me resservir avec des yeux ronds, ne pensant pas que je pourrais avoir un tel engouement sans doute. Heureusement, je bus le deuxième verre plus lentement, tout en discutant avec lui de diverses choses, telles que la gent féminine, les gravures de Gustave Doré et l'importance de la culture de Xing dans les techniques d'Amestris. J'étais parfois un peu perdu par la conversation qui s'élevait trop haut pour moi, surtout quand Hawkeye arriva pour nous sortir un petit couplet alarmiste quand à l'avenir de l'humanité qui me fit replonger corps et âme dans la contemplation du sirop émeraude dont je ne sortis plus.

Je me sentais légèrement décalé, comme si les autre s'étaient mis progressivement à parler vingt fois plus vite que moi. Je me sentais aussi vaguement déprimé, sans savoir pourquoi. Le cœur serré. Je pris une bouteille au hasard et me versais un verre plein. Havoc tourna vers moi un visage paniqué, mais Hugues lui tapota l'épaule.

- Allons, ne t'inquiètes pas, ça arrive à tout le monde… C'est normal qu'il passe par là…

- Chest normal qje coa ? demandais-je d'une voix pâteuse.

- Non, sérieusement, Hugues, tu aurais pu éviter… soupira Hawkeye d'un air apitoyé. Dans quel état il va être demain matin. Edward ? fit-elle à mon intention, Edward, tu m'écoutes ?

Je lui jetais un regard brouillé. Enfin, en y repensant, il devait être sacrément flou. Pourtant sur le coup, j'étais convaincu d'avoir les idées claires. C'était peut-être ça le problème… Je lui répondis par un sourire béat.

- Bvoui, mais vous dites rien… répondis-je avec un rire stupide avant de boire une nouvelle gorgée de sirop.

Elle m'arracha le verre des mains.

- Edward, vous allez me faire le plaisir d'arrêter de boire !

- Maiheuh, c'est bon le sirop ddde mentheuh ! m'exclamais-je tout en me levant pour aller chercher mon verre dans les griffes de la grande blonde.

- Le sirop de menthe, ben voyons…

- Mais qu'est-ce que t'es allé lui sortir toi ?

- T'aurais pu lui dire quand même…

- L'arrêter au bout de deux-trois verres…

- C'est déjà trop !

Ignorant la compagnie sévère qui s'acharnait sur Hugues, je m'arrachais de ma chaise pour partir en quête de mon verre, me sentis vaciller, et dus me rattraper à la table. J'avais l'impression que le monde était flasque tout autour de moi et que je m'enfonçais quand un monde mou et lent ou même les mots étaient enfermés dans du coton. Je me sentais soudainement nauséeux, sans doute à cause de cette impression que le monde tanguait sous mes pieds. Mais tout ça mis à part, j'étais terriblement bien. Je me dirigeais vers Hawkeye en ayant déjà oublié mon intention première, perdis l'équilibre pour tomber par terre ou je restais, absolument mort de rire.

- Mais qu'est-ce qui se passe ici ? s'exclama une voix forte qui sembla déformer l'ambiance cotonneuse ou je me complaisais au grand désespoir de mon entourage.

- C'est Hugues qui…

- QUOI ! Du Get 27 ! Combien de verres ?

- Heeee heeee… fis-je à point nommé.

Cela faisait un bon moment que j'avais perdu le compte du nombre de verres que j'avais sifflé. Aussi contemplais-je la dispute de Roy et de Hugues avec un sourire béat, ne comprenant même pas ce qui se passait. En fait, j'avais réussi à me relever pour retomber dans les bras de Breda qui me tapota l'épaule avec sollicitude, jusqu'à ce que je sois attrapé par le col et traîné dans le couloir parce ce qui devait être… euh…

- Roooyyy ! fis-je d'une voix de ballon de foot dégonflé.

Il fut si surprit qu'il me lâcha. Je tombais à terre et m'étalais comme un seau d'eau. Il soupira, atterré de mon état sans doute, avant de me relever plus ou moins de force.

- Comment tu m'as appelé Nabot ?

- Nermeugneumeugneu mu MOUTAAAAAAAAAARDE, gémis-je plaintivement.

[ Ed : J'ai vraiment dit ça ? Roy : Ooooh que oui ! Ed : Mais qu'est-ce que ça veut dire ? Roy : Justement, j'aimerais bien le savoir

- Bon, Ed, tais-toi et vas-te coucher direct !

- Me sens pas bien…murmurais-je d'un ton pâteux.

- Envie de vomir ? demanda le grand brun avec un soupir blasé.

….

Un quart d'heure plus tard, après avoir subit les déconvenues de ce qu'on appelle communément une grosse cuite, après m'avoir lavé le visage à grande eau et envoyé au lit, le Colonel s'est assit au pied du lit pour vérifier que je n'avais pas une nouvelle crise de vomissements malvenues. Mais en fait, tout allait bien. Maintenant que je n'étais pas censé bouger, parler ou boire, rien ne posait problème. Ou bien j'étais trop fatigué pour m'apercevoir que tout n'allait peut-être pas si bien que ça…

- Tu les cumules toutes, tu sais ? soupira mon supérieur en remontant la couverture du lit jusqu'au menton.

Ce fut ses dernières paroles de la soirée.

Enfin, en tout cas, c'est la dernière chose dont je me souviens avant de sombrer dans le néant d'une nuit sans rêves.

A ce moment-là, je ne me souciais pas du fait que j'allais devoir me réveiller demain matin pour mon tour de garde, pas plus que du fait que j'avais consommé à moi seul une bouteille et demie de ce qui n'était pas du sirop de menthe mais du Get 27, et qu'à demain, huit heures, je devais être sur le pied de guerre, en uniforme à l'autre bout de la ville. Alors je vous laisse imaginer que l'idée que le Colonel soit obligé de dormir par terre parce que je lui avais fauché son lit me passait totalement au dessus de la tête.

Pourtant, tout ça n'en était pas moins vrai.