Hello!

Cette semaine, mise à jour du chapitre précédent à cause de petites fautes non corrigées et un nouveau chapitre, on est content?

Sinon, je précise que ce chapitre contient un lemon donc, pas amateurs, s'abstenir. C'est pas la peine de vous faire du mal...

Crédits : Masashi Kishimoto a pris des vacances cette semaine et ne nous sert pas de chapitre et c'est pour cela qu'il faut être méchant avec ses personnages, moi je dis...

Détails :

Les rewiews sont le carburant du stylo de l'auteur mais c'est donnant-donnant c'est pour cela que je réponds toujours aux rewiews :

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PLUS DE 300 REWIEWS sur cette fic! Je ne sais pas comment vous exprimer ma gratitude. Tous vos commentaires m'aident à m'améliorer, me motivent à écrire et me font vraiment plaisir.

Bonne lecture !

Merci à mes bêtas sur cette fic : Leeloo et occasionnellement, Kitsune no Kyuubi


Questions


Pourquoi ? Pourquoi je ressens ça ?

C'était si simple avant.

Mais en y réfléchissant, notre relation a toujours été spéciale.

Tu es le gardien de tous mes secrets, il n'y a qu'à toi que je me suis confié.

Tu m'as vu mal, tu as été le témoin de mes larmes, de mes drames.

Il n'y a qu'à toi que je peux me dévoiler.

Tu es mon ange gardien, tu veilles sur moi.

Laisse-moi en faire autant, je t'aime tant.

Je croyais que ça pouvait passer, je croyais pouvoir oublier…

Mais il me suffit de te regarder et je sais que jamais je n'y parviendrai.

C'est égoïste, mais j'ai besoin de toi, je veux que tu ne sois qu'à moi.

On devrait m'enfermer pour avoir de telles pensées.

Tu me rends dingue, tu sais ?

Extrait du journal de Sasuke

***

Itachi n'était pas à son appartement quand il y était arrivé, mais il avait pu entrer quand même. Itachi lui avait laissé un jeu de clefs pour qu'il puisse venir quand il le voulait. A l'époque, il en avait été très satisfait notamment en voyant la grimace sur le visage de l'amant de son frère, mais aujourd'hui, il était simplement heureux de la clairvoyance de son aîné. Il se dirigea d'un pas assuré vers son repaire, la chambre bleue. Il s'y était tout de suite senti bien et le canapé-lit avait fait de cette pièce sa seconde chambre, bien qu'il n'y ait jamais dormi. Itachi ne l'avait pas contredit et lorsque Kakashi avait voulu soulever une objection, un regard particulièrement noir de son brun l'avait tout de suite arrêté.

Il déplia le canapé et s'installa sur le lit. Il fixa la porte qui donnait sur l'entrée, le salon et la naissance de la cuisine. Itachi avait choisi d'installer une large porte en miroir sans tain pour avoir une impression d'espace depuis la pièce bleue ce qui permettait à présent à Sasuke de guetter le retour de son frère. Il se sentait mal d'avoir laissé Naruto seul, mais il était tellement en colère. Pourquoi ça ne pouvait pas être simple ? Il aimait Naruto et Naruto l'aimait, de quoi avaient-ils besoin de plus ? Sans s'en rendre compte, accablé par ses mornes pensées et épuisé par la charge émotionnelle écrasante de sa journée, il sombra dans le sommeil.

Un bruit le fit sursauter et se redresser vivement sur son séant. Il tourna la tête vers l'entrée et écarquilla les yeux sous la vision qui lui était offerte. Le bruit était celui de l'impact de deux corps sur le tapis de l'entrée. Celui de Kakashi et d'Itachi. Et, d'après ce qu'il pouvait en juger, ils étaient bien rentrés… et occupés. Itachi était coincé par le corps de Kakashi au-dessus de lui, mais ça n'avait pas l'air de lui déplaire. Au contraire, il semblait plier pour diminuer encore l'infime espace qui les séparait tandis que leurs bouches soudées ne se souciaient plus de ce genre de détail. Sasuke savait qu'il aurait dû se manifester, montrer sa présence, mais il était étrangement fasciné par ce spectacle.

Il y avait une telle complicité entre eux. Il les enviait, il ne pouvait pas s'en empêcher. Les mains qui se promenaient sur les corps, les vêtements qui laissaient peu à peu la place aux peaux dénudées. Il ne pouvait s'empêcher de les trouver beaux. Il savait que Kakashi et Itachi étaient ensemble, avec tout ce que cela impliquait, mais jusqu'à présent, il n'avait pas réellement pris conscience de l'aspect « concret » de cette relation. C'était la première fois qu'il était confronté à la réalité de l'homosexualité, à son aspect charnel, mais il n'en éprouvait aucun dégoût. Il ne voyait pas seulement ces corps, tellement semblables, mais deux personnes qui s'apprêtaient à faire l'amour. Et il enviait Itachi plus que jamais à cet instant.

Le regard de celui-ci était ancré dans celui de son futur amant. Ils avaient ralenti le rythme, une fois qu'ils avaient été entièrement dénudés, prenant le temps de s'explorer. Caresses graciles et légères sur leurs corps qui se couvraient de moiteur, baisers furtifs et chastes. C'était si doux et tendre. Il n'y avait pas de peur et pas de doute dans leurs gestes. Un ballet précis, un enchaînement gracieux jusqu'à ce qu'Itachi ne s'abandonne totalement à son instrumentiste pour le faire jouer sa partition sur son corps. Les bras, enroulés autour de Kakashi, retombèrent sur le sol, inertes. Les jambes s'écartèrent d'elles-mêmes pour que Kakashi vienne y prendre la place qui lui était naturellement dédiée.

Kakashi avait les yeux luisants d'adoration pour celui qui s'abandonnait entre ses bras. Sasuke ne pouvait plus douter de l'amour de cet homme qu'il avait jugé sans doute trop hâtivement, il le reconnaissait à présent, préoccupé par le bien-être de son frère et l'inquiétude quant à la perte de leur lien à peine reconstitué et si fragile encore. L'argenté leva une de ses mains jusqu'au visage de son bien-aimé, l'effleurant à peine de ses doigts, passant sur le front délicatement bombé, l'arête droite du nez et les arcanes de l'entaille pulpeuse couleur corail. Il se pencha au-dessus de celles-ci, mais, en voyant le visage de son amant se soulever pour happer ses lèvres, il se recula, un petit sourire en coin :

- Patience, voyons… Laisse-moi faire.

En réponse, Itachi sourit et le laissa réamorcer son approche, sans oser faire aucun geste mais il n'y eut pas de baiser. Au dernier moment, Kakashi détourna son visage pour venir frotter sa joue contre celle du brun tandis que ses mains s'occupaient de lui soulever délicatement le buste et la nuque. Sasuke vit son frère sourire lorsque celui-ci se rendit compte que Kakashi venait de détacher sa longue chevelure. Reposant doucement son amant sur le sol, il en profita pour étaler les longs fils de soie autour de son visage.

- C'est beaucoup mieux comme ça, murmura le plus âgé.

Il repartit à la conquête du visage d'Itachi. Ses lèvres venant enfin cueillir le fruit offert par Itachi qui poussa une petite plainte de protestation contre ce baiser beaucoup trop court à son goût. En punition, Kakashi fit glisser ses mains sur le torse de son amant, mais pas assez pour lui provoquer autre chose que des frissons d'anticipation. Résigné par la lenteur volontaire de son amant, Itachi ne pipa mot, se languissant que celui-ci ne daigne enfin approfondir ses trop douces caresses. Enfin, Kakashi, satisfait de la soumission de son compagnon, se pencha sur lui pour venir humer l'odeur des cheveux d'ébène et s'en imprégner comme on le ferait d'un parfum précieux et enivrant.

- Bien mieux, mon amour. Ça mérite une récompense…

Il s'inclina encore pour venir saisir entre ses lèvres un téton du torse d'Itachi qui soupira d'aise. Ses doigts commencèrent à s'activer pour explorer plus avant tous les contours de ce corps soumis à sa volonté, effectuant de larges allers et retours depuis le bas du ventre jusqu'aux fines épaules. Léchant, mordillant, titillant, la langue affamée poursuivait son jeu de délicieuses tortures en passant sur les bouts de chairs avant de descendre… puis remonter, ne s'approchant pas de ce point dont les suppliques gémissantes de son amant lui demandaient de s'occuper.

Sasuke était incapable de regarder ailleurs. Le visage d'Itachi crispé par le plaisir, ces plaintes, cette voix qu'il ne lui connaissait pas… Était-ce cela de faire l'amour avec l'être que l'on aime ? Il ne se souvenait d'avoir éprouvé ne serait-ce qu'une once d'un tel plaisir avec les femmes sans visage avec qui il avait couché. Les yeux d'onyx étaient à moitié clos, fixés sur l'objet de son désir. Inconsciemment, Sasuke s'était rapproché de la porte, il était tout contre désormais. Il avait l'impression de vivre la scène, de lui appartenir sans pour autant faire plus qu'imaginer l'odeur de l'excitation, sans pour autant sentir la texture ou la chaleur de ces peaux. Il était le spectateur invisible de l'union qui se jouait et ne pouvait renier la chaleur qui se propageait dans son bas-ventre.

Kakashi s'attarda sur le nombril. Les contours d'abord, palpés par des baisers papillon puis goûtés par une langue aguicheuse. Enfin, le muscle rose vint se nicher à l'intérieur de son hôte de façon inattendue, arrachant un gémissement de plaisir soudain. Les mains avaient suivi la descente, mais ne faisaient rien de plus que caresser en d'amples mouvements la surface des jambes et seulement sur leur extérieur. Kakashi se redressa et les deux amants se sourirent. Bientôt, les préliminaires cesseraient.

De là où il était, Sasuke pouvait voir les deux sexes dressés, celui de son frère et celui de son amant. Il se sentait rougir sous la gêne sans se décoller pour autant de cette vision. Même maintenant, il n'arrivait pas à concevoir la suite, pas qu'il soit ignare de la chose, mais il n'arrivait pas à passer outre les explications « techniques ». Cette dimension ne semblait pas inquiéter ou préoccuper les deux hommes toujours au sol, qui s'embrassaient furieusement, passionnément avant que l'argenté ne coupe une nouvelle fois le baiser ne laissant plus qu'un mince lien de salive entre eux. Kakashi passa son pouce sur la commissure de la bouche d'Itachi qui le happa, dans un mouvement de succion lascif et particulièrement suggestif.

- Tu aimerais… que je te fasse la même chose ? Réponds… tu as le droit maintenant, haleta Kakashi, la voix rauque. Itachi esquissa un sourire en coin avant de déclarer, joueur :

- Je ne peux rien exiger de mon maître, mais… s'il en a envie… je ne peux que me plier à ses désirs…

En réponse, Kakashi n'attendit pas plus et goba le membre de son compagnon d'un coup, le faisant se cambrer et pousser un véritable cri de joie sous l'effet de cette gangue humide qui l'entourait si bien. Tout en effectuant de rapides mouvements de va-et-vient, Kakashi, lassé du jeu et souhaitant désormais passer à la vitesse supérieure voulut glisser trois doigts dans la bouche d'Itachi, mais celui-ci les refusa. Étonné, Kakashi s'arrêta et sortit le sexe d'Itachi de son antre de chaleur, ce qui lui valut un regard noir du concerné qui lui montra le sac qu'ils avaient ramené. Kakashi se redressa et se mit à rire, gêné.

- Désolé, j'avais oublié que c'était pour ça qu'on était sorti.

Il empoigna le sac et sortit un tube de lubrifiant puis, avec hésitation, il sortit également deux préservatifs. Ce fut au tour d'Itachi d'être étonné :

- Pourquoi tu veux en mettre ? On est clean tous les deux….

- Oui mais je ne pense pas que le tapis apprécie le traitement, à moins que tu ne tiennes absolument à expliquer la provenance des tâches au nettoyeur, répliqua Kakashi, goguenard.

Itachi rougit. Sasuke était scotché. Ils parlaient tellement librement de ce genre de chose. Mais bien sûr, songea-t-il, ils avaient plus d'expérience que lui et ils étaient vraiment… un couple. Il comprit alors qu'il n'avait jamais projeté jusque-là son amour pour Naruto. Naruto et lui, ça n'avait jamais vraiment dépassé le stade du fantasme malgré leurs sentiments. Est-ce qu'un jour, avec Naruto…pourrait-il envisager de partager cette intimité, cette confiance ? Vu les évènements précédents, il en doutait… Il ne put s'appesantir plus sur cette question, car déjà Kakashi faisait couler la substance gluante sur ses doigts et Sasuke suivit avec appréhension, mais aussi attention le chemin suivit par ceux-ci entre les fesses d'Itachi sur lesquels il avait pleine vue.

Un doigt disparut à l'intérieur de son corps. Sasuke jeta un œil au visage d'Itachi, mais ce dernier ne semblait pas éprouver de douleur et affichait un air satisfait, comme si ce geste, assez étrange tout de même du point de vue de Sasuke, avait été espéré et même ardemment attendu. Un autre doigt s'engouffra dans le passage crée par le précédent et une petite ride de contrariété barra le front d'Itachi. Sasuke songea que l'expérience n'était peut-être pas si plaisante que ça avant que Kakashi ne recommence à caresser le pénis d'Itachi qui avait un peu perdu de sa vigueur entre-temps.

La face d'Itachi se détendit et les gémissements s'élevèrent de nouveau, mais Sasuke ne pouvait pas douter qu'il ne s'agissait pas là de douleur. Un troisième doigt rejoignit ses compatriotes, mais à part une légère crispation, Itachi semblait parfaitement heureux, les doigts fermement cramponnés aux poils du tapis. Sasuke fit un bond en arrière lorsqu'il se cambra brusquement en poussant un pur cri de bonheur. Sasuke constata que Kakashi semblait très content de lui mais retira ses doigts. Sasuke se rapprocha de nouveau. Itachi, complètement déchaîné, lui prit le préservatif des mains et le plaça sur le membre gonflé de son amant avant de le pousser au sol et de se munir également de sa propre protection de latex.

Ébahi, Sasuke assista à l'auto-empalement de son frère sur le sexe couvert de Kakashi qui se laissait totalement faire, contemplant avec une lueur perverse (il ne pourrait plus jamais réfuter l'appellation, songea-t-il, quoique son frère n'était pas mieux…) son partenaire qui prenait son propre plaisir, se déhanchant sauvagement en poussant de petits cris d'extase. Sasuke n'en menait pas large. Il voyait de près l'anus de son propre frère complètement dilaté par la virilité de Kakashi et il se dit qu'il n'arriverait plus jamais à le regarder en face sans songer à cette scène. Et pourtant, il ne fermait pas les yeux. Il ne voyait plus que le dos d'Itachi, mais à l'instar de ce qu'il observait sur le visage de Kakashi qui hurlait de concert avec lui, le résultat devait être approchant. Soudain, il vit Itachi rejeter sa tête en arrière, les cheveux volant sous la brusquerie du mouvement, et se crisper sous l'effet de la jouissance, la bouche ouverte en un cri inarticulé. Quelques secondes plus tard, ce fut également au tour de Kakashi de se libérer dans un souffle rauque.

Sasuke n'avait jamais crié comme ça. C'est à peine s'il avait laissé échapper un soupir quand il jouissait avec ses conquêtes dont les couinements aigus l'insupportaient d'ailleurs au plus haut point... En tout cas, les deux hommes haletaient bruyamment. Itachi s'était séparé de son amant et avait noué les préservatifs avant de les jeter plus loin sur le sol et de s'allonger à côté de Kakashi. Sasuke nota qu'ils avaient l'air comblés. Si le sexe de cette façon était si bon, ce ne pouvait pas être si mal, non ? Les doigts de Kakashi et d'Itachi s'entremêlèrent durant un moment, le temps que leurs respirations se calment, puis Itachi se leva et proposa sa main à Kakashi, toujours paresseusement affalé sur le tapis.

- Que dirais-tu si nous continuions cet agréable « échange » sous la douche ? Proposa le brun. Kakashi sourit et accepta la main tendue.

- Une revanche ? J'en frémis d'avance… Itachi saisit une oreille entre ses lèvres pour la mordiller avant de se reculer et d'annoncer, le regard de nouveau fiévreux :

- Tu feras plus que ça… Ce fut au tour de Kakashi de sourire, une main se posant sur le torse de l'autre :

- Des promesses, toujours des promesses…

Le couple enlacé, toujours dénudé, mais s'en moquant totalement, se dirigea sans plus tarder vers le prochain témoin de leurs ébats : la salle de bain. Haletant, Sasuke les regarda partir avec cette sensation d'avoir fait plus que du voyeurisme. Il en avait désormais la certitude : ce n'était pas qu'une question d'orientation sexuelle, il pouvait éprouver du désir pour d'autres hommes, la dureté dans son pantalon et son intérêt pour la scène à laquelle il venait d'assister en témoignait. Cependant, il avait également acquis une autre conviction : le seul avec lequel il pourrait connaître ça était celui que son cœur aimait. Le seul qui se dérobait. Le seul qui le rejetait. Naruto.

Il se sentit envahi une nouvelle fois par la colère. Non. Ça ne pouvait pas se résumer à cela. Ce n'était pas juste. Il écouterait les arguments de Naruto et les retournerait un à un s'il le fallait. Ce serait difficile, mais il y arriverait. Mais il mettrait Naruto en face de ses responsabilités également. Ne disait-il pas vouloir le protéger, le rendre heureux ? Alors, il lui montrerait la voie qui conduisait à son bonheur. Il ne pouvait être heureux sans lui. Il avait besoin de fermer le cercle, mais ne pouvait le compléter seul. Et il savait qu'il en était de même pour le blond. Il surmonterait les obstacles parce que, lui aussi voulait connaître cet apaisement qu'Itachi ressentait dans les bras de son bien aimé. Il voulait cette complicité que partageaient Itachi et Kakashi. Il voulait cette confiance et cet abandon que confère la certitude ne plus être seul à affronter la vie.

Il sortit discrètement de l'appartement alors que de nouveaux gémissements retentissaient, fruits d'une nouvelle esquisse de passion humaine bientôt consommée… de nouveau. Il se rendit chez lui, chez eux. Il voulait des réponses. Il n'y aurait pas de compromis. Rien que la vérité. Il ne serait plus lâche et ne fuirait plus. Et il obligerait Naruto à en faire autant. Cela ne pouvait durer, une corde ne peut résister lorsque les fils qui la composent sont déliés… Naruto et lui étaient liés. Ils avaient vécu trop de choses, avaient tellement souffert pour être réunis. Ce ne pouvait être un hasard.

Il rentra sans hésiter dans la maison et poussa d'une main le shoji de la salle où il avait laissé Naruto. Le clapet du clavier était baissé et la salle, silencieuse. Naruto n'était plus là. Il fouilla leur chambre et toutes les autres pièces, mais il n'était pas là. Il était parti. Peur. Solitude. Abandon. Où ? Où était-il ? En dehors de cette maison, il aurait pu décider d'aller se réfugier chez un de ses amis, mais lequel ? Tous l'auraient accueilli, c'était certain mais il ne voulait pas les appeler pour savoir et soulever des questions qui n'avaient pas lieu d'être avant qu'il n'ait fait le point avec Naruto. Il réfléchit avant d'être frappé d'une illumination. Peut-être… Oui, ce devait être ça. Il devait être chez Gaara. Ce ne pouvait être que ça. Il sortit aussi vite qu'il était rentré : pressé et inquiet.

Il n'aurait jamais dû le laisser seul.

***

Sakura se triturait l'esprit pour trouver comment aborder le sujet. Le chemin était court et elle n'avait pas encore trouvé de réponse à son problème. Elle pesta intérieurement et se trouva à se dandiner d'une jambe sur l'autre sans parvenir à pousser la sonnette. Enfin, elle se dit qu'elle était ridicule d'agir comme une collégienne effarouchée et sonna. Une fois. Au bout d'une minute, elle recommença. Curieuse, elle poussa la porte d'entrée. Comme ça, juste pour voir, innocemment. Enfin… C'était les prétextes qu'elle se donnait pour satisfaire son envie de vérifier si les occupants étaient bel et bien absents ou s'ils l'ignoraient délibérément. La porte s'ouvrir sur l'entrée. Donc, il devait bien y avoir quelqu'un même si fermer sa porte quand on partait n'était pas toujours un réflexe ici[1]

Elle ouvrit le shoji du salon, mais il était vidé, alors elle se dit qu'elle laisserait un mot pour Naruto dans sa chambre. Elle en fut soulagée. Du coup, elle n'aurait pas à lui dire en face, c'était beaucoup mieux comme ça et puis, il serait libre d'accepter ou pas et elle aurait quand même rempli sa mission. Elle monta les escaliers et s'apprêtait à pousser le voile de riz quand un gémissement se fit entendre à côté. Prudente, elle tendit l'oreille et la plainte se fit de nouveau entendre. Inquiète, elle s'approcha de la salle d'où provenait le son.

Précautionneusement, elle fit glisser le panneau et découvrit une forme recroquevillée sur le sol. Ses longs cheveux blonds la renseignèrent : Naruto. Elle se précipita à sa rencontre. Elle essaya de lui faire dire ce qu'il n'allait pas, mais il ne laissa échapper qu'un gargouillis de mots incompréhensibles pour elle. Un seul mot revenait en boucle. Sasuke. Elle comprit que quelque chose de grave avait dû se passer. Elle avisa qu'elle ne pouvait pas le laisser comme ça. Elle alla chercher un linge humide pour lui essuyer ses joues et lui redonner un aspect un peu plus présentable. Il se calma durant l'opération, mais elle ne parvint pas à lui tirer un mot.

Elle opta pour le conduire chez elle et il la suivit sans résister. Elle lui tint la main durant le trajet tout en s'inquiétant de ce qu'il risquait d'y trouver, mais de toute façon, elle ne pouvait décemment pas l'abandonner dans cet état. Elle l'examina pendant le trajet. Il était évident qu'il n'allait pas bien, il ne se donnait même pas la peine de faire semblant, trop perdu dans ses sombres pensées. Son visage était grave, réfléchi, presque trop adulte pour ceux qui le côtoyaient depuis aussi longtemps qu'elle. Les longs cheveux pendaient tristement autour de son visage creusé par les soucis. Elle aurait aimé retrouver un peu du Naruto d'avant le concert, si gai et insouciant, un rien immature.

Celui qui l'accompagnait paraissait usé. Bien sûr, lorsqu'il était en cours, il savait faire montre d'une figure affable et même joyeuse, mais pour Sakura qui le connaissait bien, il ne s'agissait que d'une façade. Elle avait bien vu, elle, la différence et elle n'était pas sûre que leurs autres amis s'en soient rendu compte, mais il est vrai qu'il était plus commode de se laisser prendre par le masque plutôt que de s'occuper de ce qu'il y avait en dessous au risque de se mêler de choses privées et gênantes. Depuis le pique-nique en fait, les choses avaient insensiblement changé.

C'était des regards en coin, des sous-entendus parfois. Tout cela restait très subtil pour qui n'y faisait pas spécialement attention, mais la jeune fille sentait la différence. Il y avait eu des prétextes pour ne pas venir, une distance physique avec Naruto et Sasuke qui s'était dressée. Un malaise. Surtout avec Ino, les autres étant surtout indécis sur la conduite à tenir, comme Kiba, ce qui les rendait maladroits. Bien sûr, ils avaient dit qu'ils accepteraient la relation entre les deux frères, mais inconsciemment, il y avait des préjugés tenaces et se tenir naturellement alors que les choses stagnaient entre eux était difficile. Ce n'était pas volontaire la plupart du temps pourtant, mais les liens de leur amitié semblaient un peu distendus et le comportement de Naruto, si loin de celui qu'il avait avant et qui avait cimenté leur groupe, renforçait cette impression.

Sakura en était furieuse, mais tous avaient semblé ne pas comprendre ce dont il était question. C'était maintenant que Naruto avait le plus besoin de leur soutien et elle leur reprochait de ne pas s'impliquer plus. Il y avait eu les cours et le travail bien sûr, mais avant cela ne les avait pas gênés pour se voir. Elle s'inquiétait de leurs réactions quand Naruto et Sasuke seraient réellement ensemble. Enfin, d'après ce qu'elle pouvait en juger… ça ne semblait pas encore gagné. Une fois chez elle, elle prêta des patins à Naruto et lui demanda de l'attendre dans le salon. Il fallait qu'elle règle le problème avant qu'ils ne se croisent. Elle monta dans sa chambre où elle l'avait laissé, mais il n'y avait personne. Prise d'une impulsion subite elle redescendit à toute allure et se figea en découvrant la scène qui se déroulait dans le salon.

Deux silhouettes se faisaient face. Naruto semblait se battre contre les différents sentiments qui l'animaient, enfin sorti de sa torpeur, tandis que l'autre personne ne savait comment se tenir, intimidée. Sakura sut qu'il lui fallait désamorcer la situation, mais ne savait pas quoi dire alors elle laissa échapper la première chose qui lui vint à l'esprit :

- Euh… Quelqu'un veut du soda ?

Manifestement, sa réflexion débloqua la situation, car, après un instant où sa suggestion fut analysée puis comprise, Naruto se mit à rire doucement, bientôt suivi par son opposant. Ils se jaugèrent un instant avant que le blond ne soupire et se pose sur l'un des zabutons. Sakura les laissa un instant pour revenir avec les trois boissons. Personne ne parla pour commencer, trop gênés pour savoir par quoi commencer avant que Naruto ne se décide à prendre la parole, la tête baissée sur la table où reposait sa canette.

- Tu sais, je suis désolé… Hinata. La jeune fille ne rougit pas et sourit doucement.

- Je crois que c'est à moi plutôt de dire ces mots, Naruto. Surpris par l'absence de bégaiement ou d'hésitation, le blond se redressa.

- Hinata a beaucoup changé Naruto, expliqua Sakura.

- Je vois ça, murmura celui-ci.

Il détailla la jeune fille. Elle n'avait pas beaucoup changé physiquement, peut-être un peu moins mince tout en restant svelte. Plus féminine et sûre de son charme, en tout cas. Elle ne portait pas un de ses kimonos qu'elle avait toujours arboré en dehors de l'uniforme scolaire. Elle était habillée de façon moderne en jupe et tee-shirt cintré qui mettait en valeur ses formes gracieuses et épanouies. Elle semblait plus affirmée et plus forte de caractère. Apaisée aussi… La différence était subtile, mais pour lui qui l'avait connu avant, c'était flagrant. La jeune fille le laissa à son inspection et crût utile de le renseigner sur les évènements qui avaient suivi son agression :

- Après… l'agression (Naruto se crispa), mon père a décidé de m'éloigner. Il n'a rien dit à personne même à Neji. Ils hochèrent la tête, le cousin d'Hinata n'avait pas réussi à savoir ce qu'il était advenu de celle-ci malgré son insistance auprès de son oncle. Nous avons parlé, beaucoup en fait. Je me suis rendu compte que je m'étais fait de fausses idées et nous en avons profité pour régler certaines choses entre nous. Pendant cette période, il m'a régulièrement rendu visite. J'ai passé quelques temps à Kanazawa[2] pour faire le point et… J'ai été suivi par un thérapeute. Ça m'a permis de comprendre beaucoup de choses et en premier lieu, que je suis seule responsable de ce qu'il s'est passé, que ce soit dans notre relation ou ce soir là…

- Tu n'es pas la seule fautive, Hinata. Je savais bien que tu m'aimais et je savais aussi… je savais que… euh…

- Que tu ne m'aimais pas ? Oui, j'en ai pris conscience, mais j'aurais dû l'accepter et au lieu de cela, je me suis plongée dans mon rêve pour ne pas affronter la réalité, poursuivit-elle. J'avais beaucoup de mal à exister pour moi-même, je n'avais pas de but dans la vie et je me suis raccrochée à toi…

- J'aurais dû rompre bien avant que cela ne dégénère, la coupa Naruto. Je savais que je te faisais du mal…

- Ça n'aurait rien changé, tu sais, intervint Hinata. Je n'aurais pas voulu y croire de toute façon. Je t'avais choisi. Tu étais devenu mon obsession, mon moyen d'échapper à mon mal-être…

- On a qu'à dire que je te pardonne si tu me pardonnes, hein ? Fit Naruto, mal à l'aise.

- Je suis soulagée que tu le voies comme ça, tu sais, déclara la jeune fille à qui on venait sans doute d'ôter un grand poids de ces épaules.

- Je crois… qu'on a fait des erreurs tous les deux, mais je ne veux pas passer mon temps à ressasser le passé… j'en ai marre du passé, soupira douloureusement Naruto. Hésitante, Hinata jeta un regard à Sakura qui hocha doucement de la tête et demanda :

- Et… comment va Sasuke ?

Le visage du blond se ferma instantanément et ses yeux se détournèrent. Hinata prit son courage à deux mains et posa sa main sur la sienne.

- Tu sais ; j'avais compris. Dès ce jour-là, j'ai su. J'étais aveugle, c'était tellement évident.

- Je ne vois pas de quoi tu parles, fit Naruto en dégageant brusquement sa main.

- Naruto, l'interrompit Sakura, restée en retrait depuis le début de la conversation. Vu l'état dans lequel je t'ai trouvé tout à l'heure, tu ne peux pas nier…

- Ça ne vous regarde pas ! Gronda Naruto. Il n'y a rien. Sasuke est mon frère. Oui, on s'est un peu disputé, mais ça arrive dans toutes les fratries, non ?

- Sakura ? Tu peux nous laisser seuls un moment, s'il te plaît ? Demanda doucement Hinata.

Après quelques secondes d'hésitation, la fleur se leva et se retira dans la cuisine. Restée seule avec Naruto, Hinata reprit:

- Naruto ? Le blond secouait négativement la tête. Il ne voulait pas parler. Tu n'es pas obligé de répondre Naruto. J'aimerais juste que tu m'écoutes, d'accord ? Naruto soupira.

- Je… d'accord. Hinata prit une grande inspiration.

- Dès le départ, j'ai été jalouse du lien qu'il y avait entre toi et Sasuke. Je me sentais toujours en compétition avec lui pour conquérir ton cœur. Lorsqu'il était là, j'avais toujours l'impression d'être en trop et (elle émit un petit rire), il me le faisait bien sentir ! Il tient tant à toi, tu sais ! C'était indéniable, mais je me refusais à le voir. Pour moi, il n'était qu'un obstacle à franchir…

- Je sais ça mais…

- Je sais aussi que tu l'aimes. Naruto écarquilla les yeux et Hinata sourit. Tu te souviens du jour où tu m'as laissée pour aller le rejoindre ? A cet instant, tu ne te souciais que de lui, il n'y avait pas de doute dans ton regard. J'ai haï Sasuke pour ça. Plus que de réussir là où j'avais échoué, ce qui était pire c'était que j'avais fini par comprendre que je n'avais jamais eu la moindre chance. Vous vous aimiez déjà trop profondément…

- Et ça nous mène où, hein ? Constata Naruto, amer.

- Au moins, tu ne le nies plus. C'est déjà un bon début, affirma doucement la jeune fille.

- La belle affaire, ricana le blond. Et on fait quoi après ? On se prend un appart', on se tient la main dans la rue ? C'est pas comme ça qu'il sera heureux. C'est pas une vie !

- Pourquoi tu ne le laisses pas en décider ? Chuchota-t-elle.

- Pour qu'on se retrouve à l'écart de la société ? Pour affronter le regard dégoûté des gens ? C'est pas la vie qu'il mérite. Sasuke doit avoir une famille normale, et des enfants ! Je sais bien qu'il ne sera pas heureux avec moi !

- Et pourquoi pas ?

- Tu ne comprends pas, grommela le blond.

- Si, je comprends bien justement. Tu ne vois que les aspects négatifs et tu enterres cet amour avant même de lui avoir laissé une chance. Tu sais, Naruto, c'est rare de trouver quelqu'un qui t'aime comme Sasuke t'aime et si tu veux le rendre heureux, tu dois te laisser une chance de le laisser t'approcher. Je ne sais pas ce qui te retient à ce point, mais tu as le droit d'être aimé autant que tu aimes les autres.

- Tu ne me connais pas, Hinata, la voix était murmure, mais le ton, lui, était clairement affirmé. La jeune fille répondit du tac au tac :

- C'est vrai mais tu sais pourquoi je voulais te revoir ? Pourquoi j'ai demandé à Sakura de servir d'intermédiaire ? Ce n'était pas simplement pour m'excuser, mais surtout parce que je voudrais que tu sois heureux… pour réparer un peu le mal que je t'ai fais*(fait), que je vous ai fait. Maintenant, arrête de te donner des excuses, tu te complais dans ce rôle de victime, mais est-ce que tu peux réellement t'imaginer vivre sans Sasuke ?

Naruto repensa aux paroles d'Ino dans le parc. Son cœur se serra. Il avait dit qu'il ne voulait pas être séparé de Sasuke, et déjà à l'époque, c'était si difficile, si dur et il avait flanché pour se raccrocher à cette idée qui lui faisait si peur, celle d'être seul, mais maintenant… Maintenant, il savait. Il ne lui apporterait que du malheur… Ce serait égoïste de le retenir pour son propre besoin…

- Penses-y, Naruto. Ce n'est pas une fois que tu l'auras perdu qu'il faudra regretter, insista la jeune fille avant de se lever.

Il en fit de même et, après une brève hésitation, étreignit la jeune fille. C'est ainsi que Sakura les retrouva. Hinata prit congé, invitant Naruto à reprendre contact avec elle s'il se sentait capable de la revoir. Celui-ci n'avait pas d'amertume envers la jeune fille. Certes, leur relation avait failli tourner au drame, mais le blond ne voulait pas faire peser cet événement sur toute la vie de la jeune fille, c'est pourquoi il lui avait accordé son pardon. Toutefois, il ne voulait pas non plus la faire retomber dans sa psychose et lui avoua qu'il ne pensait pas que ce serait une bonne chose pour eux de reprendre contact avec leur passif. Hinata parut triste, mais accepta, le remerciant d'avoir voulu accepter ses excuses et d'avoir écouté ce qu'elle avait à lui dire. Cela lui permettait de tourner définitivement la page. Ils se séparèrent sur le pas de la porte et Hinata partit sans se retourner, laissant un Naruto plutôt songeur en tête à tête avec Sakura.

- Qu'est-ce que tu vas faire maintenant ? Questionna la jeune fille. Naruto soupira, un peu tristement.

- Je ne sais pas.

- Vous devriez parler pour commencer, tu ne crois pas ? Suggéra-t-elle.

- Tu as sans doute raison, reconnut-il. Il se tourna vers elle en souriant : T'es une super sœur, tu le sais ça ?

- Ouais ! J'suis la meilleure ! Fanfaronna la rose avant de se faire interrompre :

- Tu sais depuis quand ? La question était évidente. Sakura se rembrunit, mais consentit à répondre :

- Depuis le parc et même avant, même si je ne voulais pas me l'avouer, confessa-t-elle.

- Et… euh… comment… enfin… bredouilla-t-il.

- Ça m'a fait mal sur le coup quand j'ai réalisé, poursuivit la jeune fille. Sasuke, je fantasmais dessus depuis un moment, mais bon… tu étais au courant, hein ? Fit-elle, en riant un peu jaune. Mais je ne m'en suis vraiment rendu compte qu'au pique-nique, en avril dernier. Et les autres aussi, crut-elle bon d'ajouter.

- Ça explique pas mal de choses. Constatant son air interrogateur, il poursuivit : Je ne suis pas aussi stupide qu'on le croit. J'ai bien remarqué que Kiba était gêné avec moi, il y a certains gestes qu'il n'ose plus faire et nos bagarres se font à distance, plus de corps à corps. Et Ino m'a balancé quelques remarques aussi…

- Ouais, j'ai noté aussi, mais tu sais, une fois que vous serez clair au niveau de la relation, ils accepteront. On en a déjà discuté et on vous soutient même si ce n'est pas facile.

- Au clair dans notre relation, répéta Naruto, amer. Et toi, tu l'as accepté ? Vraiment ?

- Oui, Naruto. Elle lui prit les mains et le regarda droit dans les yeux. Je vous aime tous les deux autant l'un que l'autre, on se connaît depuis si longtemps… Vous êtes comme mes frangins et j'ai pris du recul, j'ai grandi. Kankurô m'a fait comprendre que mes sentiments pour Sasuke n'étaient qu'une passion d'écolière. Ça m'a ouvert à d'autres possibilités, ajouta-t-elle, mutine. D'ailleurs, il doit bientôt arriver…

- La si sérieuse Sakura se dévergonderait-elle ? La taquina doucement le blond.

- Oui, faut croire…Acquiesça la jeune fille, rieuse.

- Et bien, Mademoiselle Haruno, que vont dire vos parents ? Le ton n'était pas moqueur, juste léger, mais Sakura se permit de recentrer la discussion, sentant que le blond cherchait à faire diversion :

- Parle à Sasuke, Naruto, reprit Sakura, posément.

Il contempla le visage grave et doux de sa meilleure amie. Sakura avait été son premier amour, du moins, le seul qu'il avait décidé d'envisager avec une fille. Hinata, il l'avait fait par obligation, pas par affection. Elle l'avait toujours rembarré, n'ayant d'yeux que pour Sasuke, mais leur trio s'entendait bien. Ils avaient fait les quatre cents coups ensemble. Naruto imaginait des plans foireux, Sakura tentait de l'en dissuader à sa manière (forte, disons-le clairement…) mais se retrouvait involontairement embringuée dedans et Sasuke faisait semblant de s'en moquer complètement, mais trouvait toujours moyen de leur sauver la mise. Ça avait été les meilleures années de sa vie.

Naruto se pencha et déposa un léger baiser sur ses lèvres. En se relevant, ils se sourirent. Naruto avait peur de ce qu'il allait affronter. Il voulait parler à Sasuke, lui faire comprendre son point de vue et après… Il ne voyait pas si loin, il n'arrivait même pas à se projeter à « après ». Parce qu'il savait qu'il leur faudrait parler d'eux et que ça le terrifiait. Pourtant, Hinata et Sakura avaient raison, il devait le reconnaître. Il fallait en parler, mettre les choses à plat entre eux pour aller de l'avant et de préférence, avant le retour de Jiraya et Tsunade. Leurs tuteurs téléphonaient tous les deux jours et Tsunade s'était inquiétée du fait que Naruto ne veuille pas encore parler de son passé et leurs entretiens tournaient un peu en rond puisque Naruto ne se sentait pas de se confier à elle. Il savait qu'à son retour, il n'y couperait pas, mais il ne voulait pas leur en parler. Pas avant de l'avoir fait avec Sasuke.

Il se dirigea vers sa maison. Il monta avec hésitation vers la salle de musique où le piano était resté silencieux depuis le concert de Gaara. A chaque fois qu'il avait voulu jouer, cette horrible mélodie venait le hanter, mais s'il voulait dépasser ses appréhensions, il fallait commencer par réussir à retrouver ce qui avait été sa motivation première, celle qui lui avait donné envie d'apprendre et de se perdre dans la musique. Il ne lutta pas pour une fois pour refouler ses souvenirs et se pencha sur l'un d'eux en particulier. La musique d'Iruka, cette berceuse qu'il lui jouait si souvent étant enfant qu'il la connaissait par cœur. Il laissa son souvenir guider ses doigts sur les touches et entama la partition gravée dans sa mémoire.

***

Il frappa avec insistance sur la porte du roux. Enfin, la lourde porte s'ouvrit et il s'engouffra dans l'appartement sous le regard médusé de ses occupants.

- Où est Naruto ? Demanda Sasuke.

- Bonjour à toi aussi, répliqua le roux dont les yeux l'auraient fusillé sur place s'ils l'avaient pu.

- Ouais, tu pourrais dire bonjour au lieu de débarquer comme ça ! Et puis t'es qui d'abord? Demanda une voix que Sasuke ne connaissait pas.

Il se retourna pour dévisager la personne à qui appartenait la voix. Elle appartenait à une jeune femme, un peu plus âgée que lui-même lui sembla-t-il. Blonde, les yeux noirs, bien proportionnée à ce qu'il pouvait en juger. A ses côtés, il reconnut Shikamaru qui avait son bras posé autour de la taille de la blonde. Il comprit qu'elle devait être Temari et se rappela alors que le roux devait recevoir sa famille et que c'était la raison pour laquelle Naruto devait justement passer le voir.

- C'est Sasuke, le frangin de Naruto, expliqua Shikamaru.

- Brun, un putain de beau gosse, mais qui est aussi handicapé social version je-lutte-contre-le-réchauffement-climatique… ? Ouais, ça doit être lui, conclut Temari avant de se laisser entraîner par son amant sur le canapé pour une nouvelle séance de papouilles buccales qui furent acceptées instantanément par la jeune fille qui délaissa le jeune homme mal élevé qui avait osé interrompre cette oh combien délectable et intéressante activité.

Gaara saisit le bras du brun, interloqué par cette scène et le tira derrière lui sur la terrasse. Il referma soigneusement la vitre pour qu'on ne les entende pas de l'intérieur. Quoique, vu les préoccupations actuelles des jeunes gens, cela n'était pas vraiment nécessaire…

- Qu'est-ce qui se passe avec Naruto ? Demanda Gaara, sans préambule.

- J'en déduis qu'il n'est pas ici, répliqua Sasuke qui voulut repartir, mais la poigne d'acier du roux le stoppa.

- Qu'est-ce qui se passe avec Naruto ? Réitéra Gaara, la voix dangereusement basse. Sasuke soupira. Gaara était comme un bull-dog et ne lâcherait pas prise avant de savoir.

- On … s'est disputé. Je le cherchais, expliqua évasivement le brun, n'ayant pas envie de s'étaler sur le sujet.

- Tu lui as déclaré tes sentiments et il t'a rejeté, conclut le roux. Sasuke le regarda comme si le roux venait de se voir pousser un troisième œil.

- Comment…

- Je m'y connais en rejet, fit le roux en indiquant d'un mouvement de tête la scène des embrassades entre sa sœur et Shikamaru.

- Et ça ne te fait rien ? Questionna Sasuke.

- Temari est ma sœur. Je n'aurais même pas dû y penser, mais j'ai tenté ma chance quand même. Tant pis pour moi, résuma-t-il.

- Si ça pouvait être aussi simple, murmura Sasuke, le regard vissé au sol.

- Qu'est-ce qui a cloché pour vous ? Reprit Gaara.

- Je crois pas que tu sois la personne la plus apte à me conseiller, fit Sasuke, un peu désabusé.

- Et tu vois qui d'autre ? T'en connais beaucoup des pédés ? Susurra le roux, mi-attristé, mi-agacé.

Sasuke songea un instant à son frère, mais étant donné la scène à laquelle il avait assisté, il ne tenait pas trop à lui parler dans un délai immédiat. Effectivement, le roux était une bonne option, même s'il avait le tact d'une endive. Au moins, il aurait un avis franc. Il se résigna donc :

- Il m'a avoué qu'il m'aime aussi, mais… Il ne veut pas entendre parler d'un « nous ». J'le comprends pas, soupira Sasuke.

- Moi, si. Le brun leva un sourcil interrogateur. Pff ! T'es borné comme mec. Quand je pense que Naruto répétait à qui voulait l'entendre que t'es un génie, ça me dépasse, railla le roux.

- Si tu t'expliquais plutôt au lieu de t'la jouer, répliqua le brun, vexé. Gaara le fixa un instant avant de reprendre :

- T'as des œillères mon vieux, mais Naruto, lui, il voit bien ce que votre relation entraînera.

Voyant Sasuke s'apprêter à l'interrompre, il le foudroya du regard. Il n'aimait déjà pas parler alors ce n'était pas pour se faire couper toutes les dix secondes :

- L'homosexualité, c'est pas que des beaux sentiments Sasuke, et tu es naïf si tu as résumé ça comme ça. Tu dois prendre en compte que tu ne pourras jamais avoir une vie de famille normale, ni d'enfants. Tu seras souvent décrié ou critiqué par les autres ou tu devras cacher ta relation et la garder secrète pour ne pas être rejeté dans le monde du travail ou la société tout court. Tu auras du mal à acheter une maison en commun parce que ce sera mal vu, tu ne pourras pas tenir la main de Naruto dans la rue car on vous regardera de travers. Si tu tombes malade, Naruto n'aura aucun droit sur toi, ni pour prendre des décisions médicales ou pour gérer tes affaires en ton absence et je ne te parle pas de ton décès. En Grande-Bretagne c'est un peu plus libéral mais pas tant que ça, Sasuke. Naruto a vu ce qu'il en était, j'en ai déjà discuté avec lui.

- Naruto t'a…

- Arrête de m'interrompre ou je te balance par dessus la rambarde, le prévint Gaara, excédé. Il me l'a demandé de manière détournée, mais je savais ce qu'il en était, mais j'ai choisi de ne rien lui cacher. C'est pas le monde des bisounours dans lequel on vit, Sasuke, conclut Gaara.

- Autrement dit, tu me dis de renoncer ? Fit Sasuke, démoralisé.

- Non. Je te dis qu'il faut que tu comprennes ce qui retient Naruto et puis il n'y a pas que ça, continua le jeune homme.

- Quoi encore ? Tu vas me sortir que tous les homos doivent passer un examen d'entrée du genre « permis de niquer » ? Fit Sasuke, exaspéré.

- Non quoique ce serait une bonne idée, dit Gaara d'une voix si sérieuse qu'un instant (infime, mais quand même..), Sasuke douta. Est-ce que Naruto t'a déjà parlé de son passé ?

- Non, il ne voulait m'en parler que si j'acceptais d'oublier mes sentiments pour lui. Le roux parut songeur puis plongea son regard turquoise dans les orbes d'onyx avant de déclarer :

- C'est ça qui le retient. Tu dois avoir tous les éléments en main pour comprendre Naruto, annonça sentencieusement Gaara qui voulut rouvrir la porte vitrée, mais Sasuke le retint :

- Et pour toi ? Ce doit être difficile de les voir, dans ton propre salon…

Pour la première fois, il décela une grande détresse dans le visage impassible du roux. Cela ne dura qu'une fraction de seconde et au regard qu'il lui jeta par la suite, il sut qu'il avait intérêt à oublier ce qu'il avait vu. Il ouvrit lui-même la vitre et salua Gaara de même que Temari et Shikamaru qui ne relevèrent même pas la tête. Gaara l'accompagna jusqu'à l'entrée puis, jetant un œil sur le couple qui continuait sa promenade au pays de la salive, il prit sa veste et sortit avec Sasuke qui décida de rentrer chez lui et d'attendre le retour de Naruto. Le portable de Gaara vibra et après quelques instants, il rattrapa Sasuke. C'était Kankurô. Il avait rejoint Sakura qui lui avait expliqué le passage de Naruto chez elle et indiquait qu'il devait être rentré. Elle cherchait à savoir où se trouvait Sasuke pour l'en informer. Sasuke le remercia ce qui lui valut un vague « Ouais, j'vais me reconvertir en berger pour connard égaré ». Il ne releva pas et partit retrouver son blond.

***

A l'intérieur de l'appartement du roux, une fois qu'elle fut certaine que Gaara était à bonne distance et ne pourrait les entendre, Temari repoussa Shikamaru puis planta ses yeux perçants dans ceux du génie :

- Y s'passe quoi avec mon p'tit frère ?

- De quoi tu parles ? Déclara le brun, nonchalamment.

- Je parle du fait que, bien que ce soit très agréable ces séances de bécotage, tu n'as jamais montré une telle motivation en Grande-Bretagne.

- C'est parce que tu m'as manqué, affirma paresseusement Shikamaru.

- Arrête de me prendre pour une conne, ok ? Reprit Temari, sérieuse. Je sais qu'y s'passe un truc avec Gaara.

- Tu veux pas qu'on en discute plus tard ? On pourrait faire bien mieux maintenant qu'on est seuls, fit Shikamaru, mutin. Une claque s'abattit sur sa joue, le faisant ouvrir grand les yeux. La jeune fille semblait furieuse.

- J'ai pas envie de plaisanter, Shikamaru. Tu t'invites ici, tu loges même la nuit, on baise juste à côté de mes frères… Qu'est-ce que tu cherches à faire ?

- Je ne pensais pas que ça te déplaisait ? Répondit tranquillement le jeune homme.

- Shikamaru… soupira la blonde. On va arrêter les faux-semblants, ok ? Je m'inquiète pour mon p'tit frère. Je l'ai vu dans ses yeux, il y a quelque chose qui le fait souffrir et je sais que c'est toi.

- Il t'en a parlé ? Questionna le brun, prudemment.

- Gaara, parler ? Tu vis sur quelle planète ? Il est aussi expressif qu'un bloc de béton, fit Temari, pensive. Nan, il n'a rien dit mais je connais mon frangin et après ce que j'ai vu cette nuit, je ne peux que me dire qu'il va vraiment mal.

Flash-back

La jeune fille se leva. Elle aimait s'envoyer en l'air avec Shikamaru et la présence de ses frangins dans la pièce juste à côté l'excitait. Ils faisaient tout pour faire le moins de bruit possible et ça ne faisait qu'ajouter à son plaisir. Shikamaru était vraiment un bon amant. S'il ne le lui avait pas dit, elle aurait juré qu'il n'était pas vierge tellement il s'était révélé doué. « Je suis un génie » avait-il simplement dit, ce qui lui avait valu une bonne frappe sur sa tronche « géniale » et une réconciliation sur le lit… Sans compter que depuis qu'elle était arrivée au Japon, ils ne se privaient pas.

Elle avait chaud et avait décidé de se rendre dans la cuisine pour prendre un verre d'eau. Elle atteint la cuisine sans un bruit et se versa un peu du précieux liquide rafraîchissant. Elle le dégusta, profitant de l'obscurité pour s'attarder un peu et se délasser. Quand elle fut prête, elle se dirigea de nouveau vers la petite chambre d'ami qu'elle occupait tandis que Kankurô et Gaara se partageaient la mezzanine. Soudain, un mouvement attira son attention sur la terrasse. Elle s'approcha silencieusement, sans se faire remarquer. Le clair de lune lui révéla la forme de Gaara.

Il ne l'avait pas vu. Son visage était tourné vers la lune, inexpressif comme à son habitude, mais ce que remarqua la jeune femme, ce qui la choqua, se furent les larmes qui s'écoulaient sur le visage de Gaara.

Fin flash-back

- Gaara… pleurait ? Shikamaru avait l'air troublé puis sa face se ferma. Je ne vois pas en quoi ça me concerne.

- Oh ! Tu ne vois pas ? S'exclama Temari, froidement. Tu sais que Gaara préfère les mecs, n'est-ce pas ? Je pense qu'il t'a fait des avances et que tu l'as repoussé, tu me suis ?

- Même si c'était vrai, je ne comprends pas en quoi ça me regarde. Je suis hétéro, tu es bien placée pour le savoir.

- Ouais, mais vous étiez potes avant. Et je sais que votre amitié comptait pour toi comme pour lui. De plus, tu sais qu'il ne t'aurait jamais forcé à quoi que ce soit. Tu l'aurais simplement repoussé et il aurait normalement dû accepter. Et ça aurait été comme si ça n'avait jamais eu lieu. Le vrai problème tu vois, c'est que Gaara ne sait pas comment se comporter parce que c'est la première fois qu'il est amoureux. Du coup, il a certainement fait une connerie et je crois que tu essaies de lui faire payer.

- …

- C'est bien ce que je pensais. Ecoute-moi Shikamaru. Nous deux, c'est sympa, mais tu sais bien, tout comme moi, qu'il n'y a pas d'avenir dans notre relation. On prend du bon temps, mais pas plus, il n'a jamais été question d'amour ou d'autres trucs dans ce genre-là. Si tu cherches à punir Gaara parce que tu lui en veux de l'attirance qu'il provoque chez toi, et Dieu sait que mon p'tit frère est sexy, je ne te servirai pas d'alibi, ok ? Parce que tu ne ferais pas toute cette comédie si ce n'était pas le cas, n'est-ce pas ?

- …

- …

- Tu es une fille intelligente, murmura Shikamaru.

- J'ai surtout plus d'expérience que toi. Rappelle-toi que j'ai trois ans de plus ! Fit-elle pompeusement.

- Je crois qu'il va falloir que je lui parle… galère ! Râla le brun.

- Ouais, d'ailleurs je vais vous laisser en tête à tête. Kankurô et moi partis, vous serez mieux pour discuter. .. ou faire autre chose ! S'exclama la jeune femme, en riant.

Elle attrapa sa veste et sortit avant qu'il n'ait eu le temps de répliquer. Il s'affala sur le canapé. Ça s'annonçait vraiment galère.

Il attendit un moment, mais ne voyant pas le roux revenir, il se laissa aller à s'endormir. C'était tellement plus simple de se laisser aller au sommeil. Dans ces moments-là, pas besoin de réfléchir, de se prendre la tête. Naruto l'avait comparé avec la Belle au Bois Dormant une fois, ajoutant qu'il lui fallait attendre son Prince Charmant pour se réveiller. Quelle bêtise ! Tout à fait digne du blond. C'est pourquoi, quand il ouvrit les yeux pour découvrir les perles turquoise juste au dessus de lui, il eut le réflexe de vérifier que son « équipement » masculin était toujours en place. Soulagé, il se redressa sur le canapé.

- Où est Temari ? Demanda le roux.

- Sortie, répondit laconiquement le brun.

Ayant obtenu sa réponse, Gaara s'éloigna pour aller prendre un de ses livres de cours en Histoire de la musicologie. Il commença à le feuilleter, sans prêter plus d'attention au jeune homme. « Galère », pensa l'autre, comprenant que ce serait à lui de faire le premier pas. Il saisit l'exemplaire des mains du roux et le posa sur la table basse en face du canapé. Gaara lui lança un regard curieux.

- On peut parler ? Déclara le brun, ennuyé par avance. Gaara plissa les yeux.

- Parce que maintenant, tu veux parler ? C'est nouveau. D'habitude, on préfère s'engueuler, non ?

Shikamaru retint un soupir, ça n'allait pas être facile et son interlocuteur ne faisait rien pour lui faciliter la tâche. Il se décida à y aller directement, ce serait moins « galère » et plus rapide d'entrer dans le vif du sujet :

- Tu sais, ma vie est réglée depuis longtemps. Faire le même travail que mon père, un métier pas trop galère et payé normalement. Ensuite, épouser une femme, ni trop moche, ni trop belle et avoir des enfants et profiter tranquillement de la vie…

- Et pourquoi ai-je droit au récit miteux de ta petite vie parfaite d'hétéro ? Tu veux m'en foutre encore plein la gueule ? Merci, mais j'ai déjà donné.

Gaara voulut se lever mais Shikamaru l'en empêcha d'une main ferme. Le roux lui lança un regard noir mais il passa outre.

- Je t'en parle parce que tu remets en cause cette vie et que j't'en veux, annonça-t-il calmement. Il eut la joie, intérieure, de voir une légère marque de stupéfaction chez Gaara, mais cela ne dura qu'un instant avant que celui-ci ne se reprenne.

- Tu veux passer du côté obscur de la force ? Ricana l'autre. Nan, tu me feras pas croire ça… Je… Gaara se mit à hésiter avant d'avouer, baissant la tête : joue pas à ça, ok ? Je peux accepter que tu ne veuilles pas avoir une relation avec moi, même en ami, et que t'es hétéro mais… joue pas avec moi. La voix était devenue murmure, mais étrangement, ce fut Shikamaru qui fut le plus troublé.

Il venait de vraiment le réaliser. Gaara était réellement amoureux. De lui.

- Je joue pas. Je sais pas où ça peut mener, je ne suis sûr de rien et ça me fait chier. Tu sais que je n'aime pas les incertitudes, c'est un schéma que je ne maîtrise pas.

- Tu veux… essayer avec moi ? Mais… Temari ? Gaara semblait abasourdi.

- Galère ! Temari et moi, c'est rien, y'a pas de sentiments, y'en a jamais eu, soupira Shikamaru.

- Mais tu n'es pas homo, tu…

Shikamaru, qui en avait marre, décida de faire la seule chose qui lui vint à l'esprit pour, logiquement, convaincre Gaara de son sérieux. Il l'embrassa. Ce n'était pas comme la première fois. C'était lui qui menait le jeu. C'était un peu maladroit, un peu hésitant, mais tendre. Shikamaru ne savait pas où tout cela les mènerait ni même si cela les mènerait quelque part, mais il voulait le tenter. Gaara était son égal, un esprit à la hauteur du sien. Il aimait les conversations, les débats qu'il avait eus avec lui et que les sentiments avaient remis en cause. Il y avait réfléchi, un peu trop longtemps à son goût. Suffisamment en tout cas pour que ça lui prenne la tête et qu'il en veuille à Gaara de lui montrer un monde dans lequel il n'avait aucun repère. Mais c'est là qu'il s'était rendu compte que le roux avait soulevé un intérêt que personne d'autre n'avait réussi à éveiller en lui.

Alors le mieux c'était sans doute d'abandonner et d'arrêter de se poser des questions inutiles et de voir ce qu'il en sortirait. Était-il amoureux ? Cette question déjà était trop chiante en elle-même, mais il savait que s'il voulait bien se donner du temps, il finirait par l'être de Gaara. Ce ne serait pas difficile et il aimait ce qui ne requérait pas beaucoup d'efforts. Il quitta la bouche du roux qui avait fermé les yeux et sourit devant le visage rougi et troublé du roux. Il avait gagné un prix de taille. Il devait être un des rares privilégiés à avoir pu contempler cette facette de la personnalité du roux. Ce dernier ouvrit ces yeux bleu-vert sur lui. Il avait toujours trouvé cette couleur extraordinaire. Il leva la main pour lui caresser la joue et déclara, serein :

- De toute façon, les enfants, j'ai toujours trouvé ça galère.

***

Sasuke entendit le son du piano. Il en fut étrangement satisfait. La musique de Naruto lui avait manqué. Nan, plus que ça, c'était Naruto tout entier qui lui avait manqué. Et l'occasion de le retrouver se présentait enfin. Ils allaient enfin se dire la vérité et arrêter de se voiler la face. En même temps, il appréhendait cet instant, car il le savait : rien n'était joué encore. Il poussa le shoji de la salle de musique et le son de l'instrument s'interrompit tandis que les prunelles céruléennes s'ancraient dans les ombres de celles de Sasuke.

- Il faut qu'on parle.


[1] Juste pour info, la criminalité au Japon est une des plus faibles au monde et il n'est pas rare que les gens ne ferment pas leur porte… On faisait pareil chez nous, avant… Avant quoi ? Je sais pas mais on le fait plus… enfin, moi je ferme ma porte…et vous ?

[2] Kanazawa (金沢市; Kanazawa-shi) est la capitale de la préfecture d'Ishikawa au Japon. C'est l'ancienne capitale du clan Maeda, et c'est une ville considérée comme très belle. Le parc Kenroku-en qui s'y trouve est renommé comme l'un des trois plus beaux jardins du Japon et c'est l'une des merveilles qui font la réputation de cette cité.