Coucou mes petits lapins. Merci pour vos reviews au dernier chapitre, il y a de nouvelles têtes ça fait plaisir ! (Et il y aussi les irréductibles enfermés dans leurs cages depuis des années, peut-on parler de fidélité plus que de syndrome de Stockholm à présent ? Si je vous libère, vous reviendrez ?) Allez, assez discuté philosophie. Place au nouveau chapitre !


Chapitre 26


- J'adore New York !

Amora sautillait sur place, les bras chargés de sacs de shopping.

Loki s'amusa de sa bonne humeur enfantine. Il était assez paradoxal de la part d'Amora d'apprécier le lèche vitrine, considérant qu'elle pouvait se vêtir, d'un simple sortilège, de tous les plus beaux apprêts du monde, et même de glace, d'or liquide ou de fleurs immortelles si elle le souhaitait.

Pour aujourd'hui cependant, elle jetait plutôt son dévolu sur un jean délavé et une parie de talons vertigineux d'une couleur corail qu'on voyait dans toutes les boutiques à la mode. Entourée de ses chevaliers servants, elle paradait dans les rues de la mégalopole, et attirait, comme à son habitude, tous les regards. Plusieurs malchanceux, hypnotisés, avaient déjà tenté de s'approcher d'elle, immédiatement repoussés par son comité de gardes du corps. Calypso grommelait à ce sujet, que décidément, se promener en ville avec l'enchanteresse n'était pas de tout repos.

Richard et Loki observaient la scène avec amusement, profitant simplement de ce beau jour de fin d'hiver, frais mais ensoleillé, et de cette petite distraction avant leur coup d'éclat à venir.

Amora avait insisté pour visiter la ville pendant un jour ou deux, avant d'agir. Après tout, rien ne pressait, et ils avaient prévu une semaine complète afin de se construire un alibi crédible.

Au milieu du babillage de la foule, de Central Park à Times Square, seul Harry demeurait silencieux, le visage fermé. Amora lui avait volé une montre de marque pour tenter de lui remonter le moral. Il l'avait remercié avec un maigre sourire, sous le regard un peu jaloux de Richard.

Harry s'équipait de la montre au mécanisme apparent, très bel ouvrage aux couleurs bronze et or.

- Comment tu l'as volée ? chuchota-t-il alors qu'ils s'éloignaient tranquillement du magasin victime du larcin.

- J'ai demandé poliment au vendeur, rétorqua Amora en battant des cils.

Calypso leva les yeux au ciel mais ne put s'empêcher de sourire, attendrie elle aussi.

Harry régla sa nouvelle montre avec application, puis il hocha la tête.

- Bien. L'heure approche. On y va ?

Tous se tournèrent vers Loki, en attente de sa confirmation

Même s'il parlait peu et restait souvent simple observateur, il avait naturellement trouvé une place de leader au sein du petit groupe. Tout le monde aimait Amora, mais ces capacités à lui, bien au-delà des leurs, lui avait tacitement valut un rôle de chef des opérations. L'enchanteresse aussi semblait y trouver son bonheur, bien plus intéressée par le fait de s'amuser et développer ses relations sociales que par le fait de donner des ordres et de réfléchir aux stratégies.

Ils se dirigèrent donc vers le Sud de Manhattan et le Financial District, sans se presser, profitant encore un peu de cette sensation de calme qui précède l'action.

Arrivés au coin de la rue qu'ils ciblaient, ils formèrent un cercle de conciliation.

- Tout est ok pour vous ? vérifia Harry, nerveux.

Il était celui qui avait tout à gagner de leur aventure, et espérait qu'aucune maladresse ne viendrait perturber leur plan longuement peaufiné.

Tout le monde hocha la tête.

- Bien, dit Loki. Je commence, alors.

Il inspira plusieurs fois, les paupières closes, pendant que Richard s'assurait que personne ne les observait.

Peu à peu, le visage de Loki se transforma. Il s'allongea un peu, ses pommettes devinrent moins saillantes, ses cheveux noirs prirent des reflets brun et rétrécirent, son nez s'allongea, son teint fonça quelque peu. Sa silhouette se modifia aussi, plus fine, les épaules moins larges. Ses vêtements de ville évoluèrent à leur tour, le laissant habillé d'un pantalon noir, d'une chemise noire, de chaussures et de gants tout aussi noirs. Sobre et élégant.

Les autres l'observaient avec admiration, alors qu'il prenait l'apparence basique du premier quidam venu. Méconnaissable.

Le miracle ne s'arrêta pas là. Une fois satisfait de son allure, il attrapa le poignet d'Amora. Centimètre par centimètre, la jeune femme aussi se transforma, pour ressembler comme deux gouttes d'eau au nouvel homme qu'était Loki. Ses formes fondirent, ne laissant que l'ébauche d'une silhouette féminine, sa chevelure blonde épaisse se volatilisa au profit d'un carré châtain. Ils étaient désormais aussi identiques que des jumeaux. Seuls leurs yeux, ayant conservé leurs teintes d'origines, les différenciaient.

Calypso, puis Richard et enfin Harry subirent à leur tour la mutation. En quelques minutes à peine, ils ressemblaient à des quintuplés, vêtus identiquement, de même taille, même corpulence, identifiables uniquement par la couleur de leurs prunelles. En échangeant leurs impressions sur ce procédé incroyable, ils découvrirent qu'ils avaient la même voix androgyne, indescriptible, dépourvue d'accent et d'émotion.

- Bien. Je crois que nous sommes prêts à présent, dit malicieusement Loki. Mesdames, après vous, ajouta-t-il en s'inclinant légèrement vers Amora et Calypso.


Les vitres implosèrent dans une explosion assourdissante. Des lianes vertes surgirent du sol et vinrent s'enrouler autour des clients et des employés, les immobilisant durement au sol.

- Que personne ne bouge, ceci est un braquage ! avait très théâtralement hurlé Richard.

De toutes façons, personne n'avait plus la capacité de bouger, comprimé par les lianes puissantes échappées tout droit de l'esprit d'Amora. Par contre, ils avaient tous la possibilité de hurler, et ils ne s'en privèrent pas.

Calypso passa dans les rangs de clients étalés sur le sol de marbre de la banque. Elle leur touchait le front, et ils se calmaient immédiatement, le regard dans le vague, la bouche pendante. Richard était en train de convaincre le plus facilement du monde le responsable de l'établissement de lui verser la coquette somme d'un million de dollar sur un compte offshore. Pour cette partie du plan, il fallait remercier Harry et ses connaissances comptables, enseignées par son père chef d'entreprise depuis son plus jeune âge. L'art de dissimuler de l'argent n'avait aucun secret pour lui. Pour la mise en scène, Amora fit éclater toutes les lampes, les vitres, et le sol s'était ouvert en de multiples endroits pour cracher les lianes qui servaient de prisons a ceux qui avaient eu le malheur de se trouver ici cet après-midi.

- Ne sers pas trop fort, rappela Loki à l'intention de son amie.

- Hmm.

Amora était occupée à déambuler entre les otages, pendant que Richard finissait la transaction avec le gérant. Elle choisissait çà et là une bague, une montre, plus pour le souvenir que par réel besoin d'agrandir sa collection de bijoux.

- Bon, il devrait venir maintenant ? s'inquiéta Harry, qui restait à distance et faisait les cent pas en observant la rue à travers les débris de baies vitrées.

On entendait déjà les sirènes des voitures de police et de pompiers qui mugissaient dans leur direction. Si Spider-Man n'arrivait pas avant les représentants de la loi, leur plan aurait échoué…

Une toile d'araignée sortie de nulle part agrafa Harry au mur le plus proche et les rassura tous. La célèbre silhouette de Spider-Man se dessina en contre-jour, révélant son costume rouge et bleu, sa carrure fine et élancée, ses mouvements souples. D'un geste de la main, Loki libéra Harry de la toile qui se consuma instantanément. Tous les complices se regroupèrent autour de Loki, formant un mur d'êtres humains désagréablement semblables.

- Salut les méchants, dit joyeusement le nouveau venu.

- Parfait, répondit Loki. On t'attendait.

L'ancien héros de la ville, désormais ennemi public, se jeta vers eux.

Loki ne fit pas un geste pour l'arrêter. Au contraire, lorsque Spider Man lui sauta dessus avec l'envie évidente de lui coller un coup de pied dans les genoux, il l'attrapa par le poignet. Tous les six disparurent instantanément, laissant derrière eux des otages qui se libérèrent de leurs liens, sonnés, confus, incapables de verbaliser leur récente agression. Au loin, les sirènes de police résonnaient toujours.


- Berk, j'ai toujours détesté me faire téléporter. Bon, vous êtes qui vous ? Vous êtes frangins ? Y'a un petit air de famille…

Spider-Man n'avait pas dit son dernier mot. Alors qu'ils arrivaient tous les six sur le toit du building choisi soigneusement pour l'occasion, il fuyait l'emprise de Loki, et envoyait de nouvelles toiles pour mettre hors d'état de nuire les agresseurs à portée de main : Harry et Richard.

Loki fut surpris de la force de son adversaire. Il échangea un regard avec Amora qui haussa une épaule. L'enchanteresse matérialisa une boule visqueuse d'énergie sombre dans sa main droite, et entreprit de l'envoyer vers Spider-Man qui l'évita en sautant d'un bout à l'autre du toit.

A plus de quatre-cents mètres au-dessus du sol, il cabriolait, frôlant dangereusement le vide, s'aidant de cette étrange capacité à adhérer aux surfaces et de ses lances-toile que tout le monde connaissait bien et qui lui valaient sa réputation.

Loki, immobile, ne prit pas part à l'affrontement et observa pendant plusieurs minutes Amora déchaîner ses pouvoirs contre l'insaisissable créature – qui continuait à faire des blagues de mauvais goût-. Calypso quant à elle libérait les deux autres garçons, pestant contre la matière des toiles difficile à détruire. Une fois libérés, Richard et Harry secondèrent Amora. Une scène un peu ridicule s'ensuivit, ou les deux garçons subirent les attaques puissantes de l'homme araignée et finirent rapidement dépassés par ses capacités, alors qu'Amora tempêtait derrière lui, appelant tour à tour les cinq éléments à sa rescousse, mais peinant à infliger de réels dégâts à cet adversaire habile et difficilement saisissable.

Lorsqu'Amora sauta carrément sur lui et qu'ils roulèrent au sol en échangeant différents coups et insultes, Loki décida d'intervenir.

Il s'était longuement entraîné pour cela, et son esprit matérialisa cinq poignards effilés, tremblotants, comme constitués d'une fumée sombre.

Les armes sifflèrent vers Spider-Man qui venait de se redresser, et l'épinglèrent en l'air, comme s'il était attaché à un mur invisible.

Il siffla d'admiration. Les poignards le retenaient prisonniers, mais sans pour autant l'avoir transpercé. Ils étaient simplement placés autour de lui, à dix bons centimètres du moindre morceau de peau, et étaient fichés… Dans le vide. Il se sentait fermement maintenu par une force incroyable. Incapable de se libérer, il se tortillait en jurant, surpris d'être ainsi réduit à l'immobilisme par cinq poignards qui ne le touchaient même pas.

- La magie ce n'est pas du jeu ! cria-t-il en se débattant, situation un peu ridicule de voir un héros ainsi retenu par… rien.

- L'effet est sympa, murmura Amora, admirative, à l'oreille de Loki.

- Merci. Je l'ai un peu travaillé. En réalité, les poignards dégagent un champ de force qui pourrait retenir plusieurs Asgardiens. Au passage, ils drainent son énergie, pour l'empêcher de se débattre trop violemment, ou d'avoir envie de riposter quand je le libérerais…

- Joli lancer, approuva à son tour Richard, essoufflé de son court combat avec l'araignée. Bon ben voilà, mission accomplie ?

Se relevant à son tour, Harry confirma d'une voix rauque.

- Oui. Mission accomplie. Loki, tu peux me rendre mon apparence. Je veux qu'il sache qui est l'homme qui va le tuer.


Loki leva le charme qui dissimulait Harry pour lui rendre sa véritable identité.

Ils n'avaient pas clairement établi ce qu'ils feraient de Spider-Man une fois capturé, mais il était évident qu'Harry n'était pas prêt à pardonner le meurtre de son père. Les autres ne parurent pas choqués de sa dernière remarque et semblaient s'y attendre.

Alors que le visage d'Harry reprenait sa véritable apparence, le jeune homme s'approchait de sa Némésis, plus pâle que jamais. Ses lèvres fines ne formaient plus qu'un mince pli au milieu de son visage, et ses gestes un peu saccadés trahissaient sa nervosité.

A portée de main, il attrapa du bout des doigts le masque de tissu qui protégeait l'identité secrète de l'ex-héros. Il recula brusquement, tituba, ses mains tâtonnant à côté de lui à la recherche de quelque chose qui le soutiendrait. Ce fut Calypso qui se glissa dans sa direction, lui attrapa l'épaule, alors qu'Harry, si cela était possible, avait encore perdu une teinte sur l'échelle du blanc.

- Non… Non c'est pas vrai… Non c'est pas vrai…

Il reculait, les mains en avant comme pour cacher la vérité que venait de révéler la tombée des masques.

Loki n'avait aucune idée de qui pouvait être ce jeune homme brun mal coiffé suspendu dans le vide, un peu plus jeune que ses complices probablement, mais les yeux voilés d'un regret immense.

- Harry. Harry écoute moi, il faut que tu m'écoutes.

- Tais-toi. Tais-toi. C'est pas vrai.

Visiblement, le jeune Osborn perdait les pédales. Il repoussa un peu durement Calypso, et fit des allers retours, tremblant, se prenant la tête entre les mains, criant dès que Spider-Man tentait d'attirer son attention.

- Harry écoute moi ! Ce n'est pas… Ça ne s'est pas passé comme ça… Je…

- Ferme-là Peter ! Hurla-t-il. Ferme-là ! Comment tu as pu… Me faire ça ?

Amora se rapprocha discrètement de Loki et ils reculèrent un peu, dépassés par la nature de cette scène plus dramatique que prévue.

- Qui est-il ? Chuchota le Jotun, désemparé.

- Je crois… Que c'était son meilleur ami, murmura Richard qui venait de les rejoindre sur la pointe des pieds. Harry m'avait parlé de lui. Son meilleur ami, son colocataire… Et visiblement, l'assassin de son père. Entre autres…

Des larmes de rage humidifiaient les yeux délavés d'Harry qui ne tenait pas en place, dément.

- Parmi toute cette putain de ville, Peter, il fallait que ce soit toi ? Il fallait que tu me mentes, tout ce temps ? Que tu me caches la vérité, que tu… Je t'ai vu ! J'étais là ! Pourquoi ?

Son cri s'était transformé en un bruissement, et il s'était approché de Spider-Man toujours incapable de bouger. Il le regardait dans les yeux, le poing fermé comme prêt à s'abattre sur le visage de sa victime.

- Il était fou, Harry, murmura le dénommé Peter.

Lui aussi avait les larmes aux yeux. A bien y regarder, Loki lui trouva l'air fatigué, et beaucoup trop mature pour son âge.

- Il voulait m'empaler avec son planeur. J'ai esquivé mais… Il s'est fait transpercer à ma place.

- TU MENS !

Harry hurlait de nouveau, et ses collègues avaient encore reculé de quelques pas, s'entreregardant, gênés, sans savoir quoi faire.

- J'ÉTAIS LA ! JE T'AI VU !

- Harry…

La voix de Peter n'était plus qu'un mince filet. Il avait cessé de se débattre et observait son ami, l'air infiniment désolé, et malheureux.

- Harry, poursuivit-il, doucement. Tu avais pris quelque chose, ce soir-là.

L'intéressé s'essuya rageusement les yeux, jeta sur le toit le masque de tissu qu'il avait gardé en main jusqu'à présent. Il ne nia pas l'accusation. Amora se rapprocha subtilement, et intervint d'une toute petite voix :

- Harry… Que veux-tu faire ? Je peux… Si tu veux, je peux le …

L'héritier d'Osborn Industries secoua la tête, passa la main dans ses cheveux défaits. Aussi pâle, les yeux rougis et exorbités, il avait l'air d'un fou. Amora le prit dans ses bras et il s'y laissa aller, grelottant.

- Dois-je le tuer ? Chuchota-t-elle au creux de son oreille.

Un grand fracas l'empêcha de répondre et les fit tous sursauter.

- Petite bande de suceurs d'huîtres, je t'en foutrais moi, z'aviez pas un endroit moins chiant à rejoindre ? Je viens de me taper les dix-huit étages à pied !

La voix, vulgaire, provenait de leur gauche et ils se retournèrent tous brutalement.

Un homme en costume rouge et noir se tenait les genoux en haletant comme un bœuf. Il sortait de l'escalier de secours qui longeait le bâtiment.

- Promis, lundi je me remets au cardio, ajouta-t-il dans un souffle, se redressant enfin.

Amora et Loki se rapprochèrent, dans un réflexe défensif. Le nouveau venu tenait un katana dans chaque main, une ceinture d'explosifs reposait sur ses hanches, et son costume recouvrait l'intégralité de son corps.

- C'est qui encore celui-là ? ronchonna Amora, qui trouvait cette intrusion inopportune.

- Wouah ! Wade, enchanté, ajouta l'intéressé en s'inclinant devant l'enchanteresse. La vache… t'es belle comme un kebab à quatre heures du mat.

Il ne rengaina pas ses lames pour autant et s'approcha de Peter.

- Mon sucre, tu t'es encore fourré dans quels ennuis ?

- Wade, grogna l'araignée. Tu me suis encore ? Je t'ai dit d'arrêter.

- Heureusement que je suis là ! Regarde, les méchants messieurs et mesdames voulaient te faire du mal. Ne t'inquiète pas, Wade Wilson s'occupe de tout. Comment ça s'enlève ces machins ? Demanda-t-il en essayant, sans succès, d'arracher les poignards qui maintenaient son ami immobile.

Loki haussa un sourcil, surpris par l'arrivée abrupte de ce nouveau perturbateur. Décidément, rien ne se déroulait comme prévu. Il quémanda d'un regard silencieux l'avis d'Amora, qui se contenta de lever les épaules en signe d'ignorance.

- Connerie magique… grommela le mercenaire qui s'acharnait sur les lames flottantes.

Elles lui opposaient une forte résistance et ne bougèrent pas d'un pouce. Lassé, il effectua un magnifique demi-tour, pour se maintenir entre Spider-Man et ses agresseurs.

- Allez, dé-crucifiez moi ce truc, je le remmène à la maison. Tout se passera bien si vous nous laissez partir. Je promets de ne pas vous tuer.

Loki aurait volontiers cousu la bouche de cet individu, pour lui montrer qui aurait la gentillesse de ne pas tuer l'autre. Il prit cependant sur lui, et se tourna vers Harry.

- Harry, dit-il. Souhaites-tu que je nous débarrasse de ces deux créatures ?

Les yeux de Harry passèrent de Peter à Wade, puis de Wade à Loki.

- J'ai besoin de temps, murmura-t-il. Je suis désolé.

Amora lui tapota l'épaule pour le réconforter, lui murmurant que ce n'était rien. Loki accepta d'un hochement de tête.

- Bien, dit-il. Vous êtes libres, pour cette fois.

Les poignards partirent en fumée, tourbillonnant dans l'air frais de New York jusqu'à disparaître. Peter tomba, visiblement vidé de ses forces par le pouvoir des couteaux du sorcier. Wade l'attrapa au vol, le souleva de terre comme une princesse : avec une certaine aisance et d'apparentes précautions.

- C'est moi qui dis que vous êtes libres, Gérard Majax, gronda l'homme masqué. Et pas l'inverse.

Calypso et Richard, qui s'étaient éloignés, stoppèrent leur mouvement. Amora et Harry se figèrent, attentifs à la suite des événements.

Caché derrière son illusion qui le rendait parfaitement banal, Loki décida de s'amuser un peu. Il ne pouvait pas se laisser insulter devant les membres de son groupe sans rien faire. Il ne pouvait pas non plus dévoiler sa vraie apparence, et punir théâtralement l'impertinent : trop risqué. Inutile de se précipiter pour des raisons d'ego. Impossible cependant de laisser passer cet affront, ou son autorité naturelle en prendrait un coup.

Il se contenta donc de s'approcher tranquillement de Wade et de son précieux fardeau. Il lui pressa l'épaule, et se pencha à son oreille, y murmurant quelques mots que personne d'autre n'entendit. Une fois cela fait, il se tourna vers ses alliés en souriant.

- Bien. Devrions-nous rentrer, chers amis ?

Les autres opinèrent en silence, inquiets et curieux de voir Wade figé sur place, statue de pierre en pleine réflexion.

Loki rejoignit ses complices, tous s'accrochèrent à lui pour qu'il puisse les ramener à l'hôtel.

Avant que la téléportation ne leur fasse quitter définitivement le toit, Amora demanda :

- Loki… Qu'est-ce que tu lui as dit ?

Comme bien souvent, le sorcier ne répondit pas.

Il se contenta de sourire.


Les cinq silhouettes s'évanouirent dans le néant.

Wade sentait le poids de Peter entre ses mains, la chaleur du corps vivant mais épuisé. Il sentait son cœur battre, son souffle soulever ses côtes. Il sentait le toit sous ses pieds, et l'air frôler le lycra de son costume, la lumière de la fin d'après-midi ruisseler sur lui. Tout cela n'avait pour l'instant pas d'importance. La seule chose qui importait, c'est qu'il savait

Il savait, désormais, que rien de tout cela n'était réel.


Voilà pour ce chapitre mes lapins j'espère qu'il vous a plu. Donnez-moi vos avis ! J'ai voulu m'amuser un peu. Je tiens à préciser que dans l'œuvre canon, c'est Loki qui pousse Wade à croire qu'il est un personnage de fiction. Sauf que celui-ci se rend compte que … C'est la vérité ! Voilà, c'était l'instant culture comics, pour une fois que je m'approche un tout petit peu de l'histoire de base… !

Plein de bisous et à tout vite,

Charlie.