Pour préparer une rentrée en douceur voici un chapitre plein d'émotions.

Désolée pour les délais de publication et encore mille fois merci de votre patience et de vos gentils messages et reviews pour cette histoire et toutes les autres.

Enjoy

Azniv


Les préparatifs furent rapides grâce notamment à l'expérience de Gibbs et Ziva et de Gabrielle qui ne semblait pas être étrangère aux besoins d'une armée en fuite.

L'agent en lui se posait des questions sur l'infirmière mystérieuse, les craintes qu'elle laissaient entrevoir et les regards en coin qu'elle balançait au chef d'équipe ou à la Supérieure qui leur procurait tout le nécessaire.

Les bombes avaient cessé, les sirènes aussi et au delà des murs d'enceinte, la vie avait repris son cour. Elle n'avait été interrompue que d'une parenthèse vite refermée. La force de l'habitude prévalait sur les horreurs de la guerre et le dénombrements des morts et des blessés.

Tony revérifia une dernière fois son sac à dos avant de le boucler pour de bon.

A ses côtés, Ziva astiquait son couteau de combat, assise à califourchon sur une chaise. Habillée en tenue militaire, pantalon kakis, marcel noir qui lui collait à la peau à cause de la moiteur de l'air, chaussures de combats aux pieds, il se fit la promesse que c'était la dernière fois qu'il la voyait vêtue de la sorte. Cette femme était la sensualité, l'exotisme, l'érotisme à fleur de peau.

Les robes de soirées, les Chanel ou les Yves-St-Laurent étaient taillées sur mesures pour elle. Elle les portait comme une seconde peau.

Il ne voulait la voir habillée que comme cela ou alors avec son jean préféré qui attendait au pied du lit avec son gilet à lui qu'elle portait dès qu'elle en avait l'occasion. C'est ce qu'il voulait dans sa vie. Voir sa femme porter des jeans délavés, des hauts trop grands pour elle, la voir courir après leurs enfants, ou de la farine dans les cheveux parce qu'elle avait passé la matinée à cuisiner pour eux ou avec un livre à la main, confortablement blottie dans son fauteuil préféré, celui qu'il avait installé sous la fenêtre de leur chambre.

Plus jamais en tenue de combat.

Pas même une arme à la main si il avait son mot à dire.

Le bébé allongée avec Juliette et Aïda dans le lit gazouille tout ce qu'il peut.

Douce musique aux oreilles de ceux qui se prépare à rencontrer l'inconnu et à lui tenir tête.

Il ne peut s'empêcher de noter le regard d'une douceur insoutenable que Tim porte sur ce tableau. Voir Juliette interagir avec un bébé faisait remonter dans le plus jeune des envies qu'il n'avait jamais pu assouvir.

Parce que sa femme aussi, au lieu de porter des robes de princesses, s'était vu obligé de porter des boots et des pantalons cargos trop grands pour elles. Au lieu de prendre soin de son propre bébé, de s'inquiété de fonder un foyer aimant, elle avait appris à monter et démonter un Utzi le plus rapidement possible. Question de vie ou de mort.

Son rôle maintenant, était de s'assurer que le Probie et sa dulcinée aient la chance de faire plein de petits génies et de petites princesses.

Les questions qui restaient en suspends arriveraient ultérieurement.

Gibbs entra, équipé, habillé de pied en cap, suivi de prêt par l'infirmière qui avait troquée sa blouse blanche par une tenue similaire à celle de Ziva. La chemise kaki en plus sur ses épaules. Un nom dessus. Connor.

C'était une chemise américaine et une tenue américaine.

Son sac à dos, remplis au maximum et qu'elle ne semblait pas peinée de porter aussi était de cette bonne vieille terre d'Amérique qu'il crevait de revoir.

Des mystères, encore des mystères.

Gibbs resta une dixième de secondes sur Juliette et les enfants, et sur McGee aussi. Inutile de dire qu'il avait aussi remarquer l'envie dans les yeux de son plus jeune agent. Ce dernier les regarda à leur tour. Résigné mais aussi prêt pour cette nouvelle étape.

Ziva vint prendre doucement le bras du second en commande pour lui faire signe qu'il était temps de ramener Chiara à la nurserie.

Pendant ce temps, les trois autres devaient aider Juliette à finir de se requinquer.

Le couple sortit en silence, le bébé calé dans les bras de Tony.

Pour la dernière fois, il la portait contre lui.

Au fil des jours, Chiara était devenue familière et reconnaissait les intonations de voix, les bras qui l'a portaient ou encore qui lui chantait les petites comptines pour l'endormir.

Sans surprise, il se sentait démuni, une boule familière commençait à se former au creux de sa gorge. La même que lorsqu'il avait dû laisser Aaron et Sara le premier jour à la crèche. Ou lorsqu'il avait repris le travail après leurs naissances. Il savait qu'il les retrouverait en rentrant à la maison le soir mais cela n'empêchait pas l'angoisse de la séparation.

Sans parler de la petite voix qui lui murmurait que cette fois, l'enfant resterait là.

Il étouffa un long soupir en poussant la porte de la nurserie.

-Attends. Dit-il soudainement à Ziva.

-Quoi?

-Je...On...On ne lui a pas dit au revoir...Proprement...Je veux dire...Elle ne va pas comprendre...

Ziva refréna l'envie de lui faire remarquer qu'à son âge, elle ne comprendrait pas non plus leurs explications. Le regard que posait Tony sur le bébé l'en empêcha.

-Eh petite Chiara...Ecoute...Tu te souviens de notre accords...Tu sortais de ta garderie et une fois que mes amis et moi rentrions à la maison...Tu...Tu...tu rentrais...chez toi...Avec tes autres petits camarades...Tu verras...Tu va grandir avec pleins de copain pour jouer et les Sœurs qui vont prendre soin de toi...Regarde ma copine Juliette...Elle a grandie avec des religieuses et elle ne s'en sort pas si mal...

Même si rien n'apparaissait sur le visage de sa compagne, cette dernière observa avec émerveillement le regard fixe et vif que Chiara avait. Elle semblait boire les mots de Tony. Elle l'avait déjà remarqué avec leurs propres enfants... Mais comme tout parent pensait que ce n'était que parce que c'était ses enfants justement. Que cela les rendaient un peu spéciaux.

Comme cette petite était devenue spéciale aux yeux de son mari.

Que pouvait-elle attendre d'un homme qui avait accepté sans jamais poser de questions ou de condition de prendre des enfants qui n'étaient pas son sang, de les chérir comme aucun autre père aurait pu les aimer. Elle savait dès le départ que de se détacher de ce bébé ne serait pas facile...Elle se rendait compte que les sentiments de Tony était plus profonds qu'elle ne s'y attendait.

-Mais tu sais...Là bas...Aux Etats-Unis...Tu auras toujours des gens qui penseront à toi. Et peut-être que l'on pourra rester en contact, t'écrire...T'envoyer des cadeaux...Et qui sait? Quand tu seras plus grande, tu pourras venir nous voir...On aura sans doute du mal à revenir en Israël avant un petit moment...Tu sais...Des choses de grands...Mais tu pourras venir et on te présentera...Aaron et Sara...Je suis certain que vous vous entendrez bien...Mais...Il faut que tu grandisses avant cela...Et que nous finissions...Nos affaires de grands.

Ziva posa une main douce et rassurante sur l'épaule de Tony. Mais elle était femme de devoir. Et sa mission actuelle n'était pas de prendre soin de cette enfant mais de sauver Juliette et de rentrer à la maison sans trop de dommage.

Aussi précautionneusement qu'avec ses propres bébés, elle prit Chiara dans ses bras, l'embrassa sur le front alors qu'elle commençait à faire couler ses larmes et alla la déposer dans son berceau.

Elle lui murmura en arabe des promesses qu'elle n'était pas certaines de pouvoir tenir. De jours de paix. D'amour paternel. D'anges qui protègent.

Puis posa doucement sa main sur la tête de l'enfant qui pleurait en silence et entonna une rapide prière en hébreu. Les mêmes mots qu'elle prononçait les soirs où elle regardait ses enfants dormir. Les grands yeux mouillés de la toute petite ne la quittaient pas. L'incompréhension s'y lisait. Non pas des paroles prononcés mais elle pouvait jurer que le nourrisson lui demandait pourquoi...

Ziva écrasa presque rageusement une larme qui coulait sur sa propre joue avant de se tourner vers la sortie et rejoindre Tony qui ne cachaient pas ses émotions lui.

Elle se cala dans ses bras et ils regardèrent une dernière fois le berceau de Chiara. Tête dans son torse, il entendit Ziva murmurer en hébreu avant de refermer la porte.

Ils se serrèrent une dernière fois l'un l'autre, se murmurèrent un rapide "je t'aime" avant de repartir.

Ce serait leur dernière bataille.