Et voilà le dernier chapitre. Je vous souhaite une bonne lecture. Merci à tous ceux qui m'ont suivi jusqu'au bout et merci encore pour vos commentaires.
Chapitre 26 : Epilogue.
Un an plus tard, par un matin printanier.
— Isabella, quel plaisir de vous revoir, dit Diego l'invitant à entrer après lui avoir fait un baisemain.
— Je ne reste pas Diego, j'ai un message pour vous savez qui, dit-elle apercevant Don Alejandro derrière lui.
— Vous pouvez parler librement, sourit Diego.
Isabella remarqua alors que père et fils étaient armés et dans un état qui reflétait leur effort physique.
— Buenas días Dona Isabella, est-ce que tout va bien ? Interrogea Don Alejandro.
— Buenas días Don Alejandro. Oui merci tout va bien. Tenez Diego c'est pour vous. Je suis désolée de ne pouvoir rester, mais le petit Diego attend mon retour avec impatience.
— Bon retour Isabella, dit Diego en récupérant le message.
— Gracias. Diego, Don Alejandro, bonne journée à vous.
Père et fils l'observèrent repartirent puis Don Alejandro interrogea son fils.
— Qu'est-ce donc ?
— Un courrier.
— Je ne suis pas aveugle fils. De qui est-il ?
— De notre cher señor Monastorio.
— Oh… Que te veut-il ?
— Je ne sais pas encore, mais il m'est avis que ce courrier s'adresse à Zorro.
— Il ne lâchera pas l'affaire après tout ce temps.
— Ne vous inquiétez pas père, nous nous étions promis un nouveau duel.
— Nouveau ?
— Oui… Du moins un combat entre lui et mon alter-ego. Le jour où vous avez découvert mes aptitudes à l'épée.
— Oh ! Ce jour là… La señora De la Cruz avait raison, j'aurai dû tenter de t'arrêter. Mais ce qui est fait est fait.
— Oui père. Et c'est du passé que nous apprenons nos erreurs que nous corrigeons aujourd'hui. Et à trop vivre sur le passé on ne vit plus l'instant présent comme il se devrait.
— Tu es sage fils.
— J'ai été à bonne école. De plus le señor Monastorio l'a aussi appris à ses dépends.
— Oui, et ses interventions ont été salvatrices.
— Et pour nous, et pour lui.
— Pourtant j'ai entendu dire, à l'époque, que le Gouverneur et le Juge Vasca ont reçu un visiteur plutôt inattendu en la personne d'El Zorro.
— Il est vrai que Zorro leur avait porté une petite visite de courtoisie. Mais je doute que celle-ci ait été très efficace. Après tout Zorro et le señor Monastorio ont toujours été ennemis.
— Y a-t-il eu autre chose dont je pourrais être averti maintenant ? Tu ne m'as toujours pas expliqué pourquoi le Gouverneur t'a convoqué une semaine après que Monastorio se soit rendu.
— Le gouverneur voulait, lui aussi, entendre ma version sur El Diablo.
— Ta version sur El Diablo ? Pourquoi donc ?
— Il semble que lui aussi ai croisé sa route.
— Pourquoi ai-je le sentiment que tu ne me dis pas tout ?
— Il se pourrait que je lui aie raconté d'autres petites anecdotes.
— La señora De la Cruz a raison. Le juge Vasca a été clément envers le señor Monastorio.
— Je pense que le señor Monastorio en est conscient, même s'il a dû payer un tribu plutôt élevé.
— Un tribu?
— Quitter l'armée n'a pas dû être accepté de bon cœur.
— Exact. D'un point de vue militaire c'est un stratège correct, et ici il a toujours été entouré de… d'incapables. Si le pauvre Sergent m'entendait.
— Il n'empêche que le Sergent a bien rempli son rôle de commandant suppléant.
— Avec quelquefois l'aide de Zorro.
— C'est vrai. Mais il prend sa mission à cœur et Zorro n'a pas eu à lui faire de reproches sur sa manière de gérer les situations.
— Fils, nous savons tous deux ce qu'il en est. Que te-veux donc notre ami ?
— Il remercie le renard de ses interventions auprès de sa nièce et aimerait pouvoir le rencontrer pour l'affronter en duel amical a-t-il souligné.
— Il semble s'être assagi.
— S'il vous entendait il vous contredirait.
— Sans doute… En garde fils !
Surpris, Diego faillit en lâcher le message et se positionna prêt à riposter. Ce fut ensuite une série de passe énergique où Don Alejandro finit désarmé une fois de plus.
Puis, le lendemain, à quelques kilomètres du pueblo de Los Angeles, le bruit de fer croisé résonnait alentours.
— Vous êtes en forme señor Zorro, sourit un homme plus que ravi.
— Vous aussi señor Monastorio, rétorque le renard.
L'échange est vif, puissant, souple.
— Vous auriez dû ôter votre cape, nargue Monastorio, vous semblez gêné.
— Je ne me dévêts uniquement pour les señoras, rétorque Zorro malin.
— Impudent, vous manquez de courtoisie, attaque Monastorio.
À quelques pas de là, assis sur des rochers et observant les duellistes.
— Ce sont de véritables enfants, soupire une señora.
— À qui le dites-vous Dona Isabella… Di… Zorro est encore relativement jeune, passe encore, mais votre oncle…
— La rivalité a toujours été une source de jeunesse chez lui, s'amuse-t-elle à expliquer. Don Alejandro, je n'en ai pas eu l'occasion avant, mais merci.
— Merci ? Pourquoi donc Dona Isabella ?
— Ayant eu connaissances des faits concernant mon oncle de la bouche du renard, je pense que le Juge Vasca a rendu un verdict clément l'affaire d'El Diablo telle que vous lui avez présentée n'y est pas étrangère.
— Le Juge Vasca n'est pas si influençable.
— C'est pour cela qu'il souhaitait l'avis de Diego.
— Ce n'est pas son avis qu'il souhaitait entendre, mais sa version des faits. Après tout je ne connais pas toutes les grandes lignes de l'affaire de la même manière que lui ou que vous. Et d'ailleurs puisque nous en parlons que s'est-il réellement passé en Espagne avec El Diablo ?
— Pour vous répondre Don Alejandro, il s'est passé la même chose que ce que Diego vous a narré il y a un an, à deux ou trois choses prêtes.
— Ce sont ces détails qui m'intéressent, dit-il la faisant sourire.
— Je ne sais pas si c'est à moi de vous en parler mais…
Elle échangea un regard avec Bernardo qui opina du chef approuvant ainsi sa question silencieuse. Et tandis que les deux hommes continuaient de lutter, elle revint sur sa rencontre avec Diego uniquement interrompu par l'exclamation de Don Alejandro 'Dios' alors qu'elle lui avoua que Diego avait eut la vie sauve grâce à un médaillon. Et, une fois qu'elle eut finie son récit :
— Vous savez Dona Isabella, je préfère cette version quant à la chute d'El Diablo. Je ne suis pas bête et sa version, qui m'a alors contenté je l'admets, manquait du caractère de Diego. Je le retrouve plus ainsi.
— Don Alejandro, je pense que Diego ne voulait pas vous inquiéter outre mesure.
— Ni se dévoiler… Et pourtant.
— Pourtant il ne l'a pas fait… Mon oncle a bien des soupçons mais n'a jamais eu de preuves tangibles. Pour ma part j'ai réussi à le démasquer en usant de mes charmes, rougit-elle, quant à vous ?
— J'ai eu beaucoup de soupçons dès son arrivée. Pourtant son comportement n'était plus le même, il semblait indifférent… Zorro lui ressemblait beaucoup plus, et puis ce jour-là… Ce jour pluvieux où je l'ai vu combattre, j'en ai eu la certitude, mais j'ai préféré attendre qu'il se manifeste. Ce joli-cœur a manqué tout lâcher pour l'amour d'une señorita et je lui ai fait savoir que je savais… Du moins il l'a su à ce moment là.
— Le jour où le Gouverneur lui a proposé l'amnistie ?
— C'est bien ça.
— Vous seriez la raison pour laquelle il a refusé ?
— Non. La raison est le peuple. Le peuple a besoin de lui. Je le lui ai rappelé.
— En m'assommant et en me ligotant, intervint Zorro les faisant sursauter.
— Zorro.
— Señores, salua Isabella à la vue des deux hommes proches.
— Isabella ma chère, Zorro m'a encore vaincu, admit Monastorio prenant place à ses côtés. C'est un adversaire redoutable, avec ou sans masque.
— Vous ne restez pas señor Zorro ? Interroge Isabella.
— Hélas non. Il y a des cavaliers qui arrivent, je ne voudrais pas, s'il s'agit de soldats, que vous en soyez importunés.
Zorro siffla Tornado qui arriva au triple galop. Et une fois sur son dos, il les salua tandis que son ami équidé se cabra, saluant à son tour.
FIN.
