Coucou!!

Voilà un petit chapitre qui a été bien amusant à rédiger… je vous poste ça entre deux travaux de session (arrrgg!) alors désolée, je ne peux pas répondre aux reviews :-( Je peux cependant laisser un petit mot, puisque, dans l'ensemble, vous semblez tous détester Hermione : ne vous lancez pas trop vite dans un comité anti-Hermy, laissez-lui au moins le temps de se racheter ;-)

Je vous souhaite encore une fois une bonne lecture! N'hésitez pas à me laisser vos impressions!!


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Chapitre 25 : Au paradis du farceur

Le soleil était à son zénith lorsque Harry se réveilla, le lendemain. Bougonnant contre Ron qui ne l'avait pas réveillé, il s'habilla en vitesse en descendit à la cuisine, où tout le monde était attablé devant le repas du midi.

-Désolé, vieux! s'excusa alors Ron. Je n'ai pas eu le cœur à te réveiller, tu avais l'air tellement claqué…

-Tu te moques de moi? fit Harry en haussant les sourcils.

-Ben…non, répondit Ron, déconcerté. Pourquoi?

-En temps normal, tu n'aurais eu aucun scrupule à me secouer comme un saule cogneur pour me réveiller! dit Harry. Il faut croire qu'Hermione a une bonne influence sur toi!

Ron haussa les épaules en riant, et Hermione lui fit un clin d'œil complice. Entre elle et Ginny, Harry aperçut Lyra qui chipotait dans son assiette, l'air ailleurs. Il s'empressa de détourner le regard.

-C'est quoi le programme, aujourd'hui? demanda-t-il nonchalamment en se versant un bol de soupe.

-Fred et George ont dit qu'ils nous feraient visiter leur boutique, tu te rappelles? répondit Ginny.

-Ah oui. C'est vrai.

-Il y a une importante réunion pour l'Ordre cet après-midi, alors on sera les seuls à profiter de la visite! l'informa Ron.

-Ah. D'accord.

Harry sentit qu'il parlait d'un ton saccadé et dénué de naturel.

-Vous croyez qu'on va en sortir vivants? demanda-t-il dans une tentative pour se rattraper.

Ron, Hermione et Ginny éclatèrent de rire. Lyra repoussa son assiette et quitta promptement la cuisine. Ron eut soudainement l'air apeuré, et Hermione et Ginny échangèrent un regard inquiet.

-Je vais voir ce qu'elle a, dit finalement Hermione.

-Non! s'écria Ron. Enfin… tu es sûre que…

Hermione le fusilla du regard et partit à la suite de Lyra.

Harry n'y comprenait rien. Depuis quand Hermione s'inquiétait-elle de Lyra? Et l'attitude de Ron… tout cela était très étrange, décidément. Que se complotait-il encore dans son dos?

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Hermione trouva Lyra accroupie derrière la cage d'escaliers.

-Eh, fit-elle doucement en s'asseyant près d'elle. Qu'est-ce qui se passe?

-Ça te préoccupe vraiment? dit Lyra en reniflant.

Hermione soupira.

-Écoute…je sais que mon attitude n'est pas un modèle de patience et de douceur avec toi, depuis la rentrée…

-C'est le moins qu'on puisse dire, commenta Lyra.

-Mais ce n'était pas dans de mauvaises intentions, tu le sais! se défendit Hermione. Et je suis prête à me racheter…si tu veux bien.

Lyra la considéra un moment sans rien dire.

-Tu veux dire que tu vas arrêter de me traiter en dangereuse cinglée repoussante? dit-elle en souriant faiblement.

-Oui, répondit Hermione en s'arrachant un sourire. Je sais que ça ne doit pas être facile pour toi… tout ça…

Lyra secoua la tête en reniflant à nouveau.

-Je n'y arrive pas, avoua-t-elle.

-Quoi?

-Cette rupture. Le voir rigoler avec vous, comme s'il ne s'était rien passé, comme s'il n'y avait rien eu entre nous…

-Tu n'es pas sérieuse, j'espère? dit Hermione, décontenancée. Harry fait une tête d'enterrement, depuis deux jours!

Égoïstement, ces propos soulagèrent Lyra. Elle avait donc au moins compté un peu pour lui!

-Ça va te sembler très réchauffé, poursuivit Hermione, mais… le temps arrange les choses, tu sais. Bientôt, tu vas trouver ça beaucoup moins dur.

-J'en doute.

-Pour le moment oui, mais tu verras…

Hermione lui fit un sourire encourageant.

-Aller! dit-elle. Ça va aller. La boutique des jumeaux va chasser tes idées noires, c'est certain! Il est impossible de faire une tête de croque-mort devant les Gonfbabines et les boîtes à Flemme, je t'assure!

-Des Gonfbabines? fit Lyra en riant.

-Ah, tu vois! Même le nom te déride un peu. Aller, répéta Hermione, ça va aller!

Lyra essuya son visage de sa manche et sourit à Hermione.

-Merci, dit-elle.

-Pas de quoi! répondit Hermione. Je t'ai dit que je me rachèterais. Alors… amies?

-Amies!

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Vêtus de leur veston en peau de dragon, Fred et George rejoignirent les autres au salon.

-En route, les jeunes! s'écria Fred. Pas de temps à perdre! On travaille sur un nouveau projet…

-Qui n'est pas tout à fait au point, poursuivit George, mais qui a du potentiel, nous en sommes convaincus!

-Qu'est-ce que c'est? demanda Harry, d'un air curieux.

-Des narines surdéveloppées. Les clients ont bien aimé les Oreilles à Rallonge et nous ont demandé d'autres produits du même style. Ces narines élargies, intégrées à ton nez, peuvent te permettre de sentir toutes les odeurs dans un rayon de trois kilomètres. Seulement, on a du mal à s'entendre sur le nom…je voulais « Narines à Rallonge », mais Fred n'est pas d'accord.

-Il faut démarquer les narines des oreilles, George! s'exclama Fred. Moi je dis que « Super-Narines » est un nom génial!

-Après Superman, voici Supernarine! C'est ridicule!

-Ce n'est pas ridicule, protesta Fred. C'est innovateur!

Lyra, qui n'était pas habituée aux fantaisies des jumeaux, les regardait d'un air ébahi en se demandant s'ils étaient vraiment sérieux.

-Hey, s'écria soudainement Harry, j'ai une idée!

-C'est au sujet des narines? demanda George.

-Oui. On a qu'à tester vos…narines en tant que clients cobayes. Comme ça, on pourra vous aider à trouver un nom pour le produit!

-Harry, tu n'es pas sérieux, dit Ron. Tester un produit de Fred et George avant qu'il ne soit sur le marché! Tu es suicidaire ou quoi?

-Mais c'est une très bonne idée! dit Fred adressant un regard malicieux à son jumeau. Après tout, cinq têtes valent mieux que deux.

-Je n'aime pas cette tête que vous faites…, dit Ron d'un ton suspicieux.

-Aller, Ron! dit Hermione en le prenant par le bras. Ça va être amusant.

L'air peu convaincu, Ron suivit ses amis et ses frères à l'extérieur de la maison.

-Comment on se rend là-bas? demanda Harry lorsqu'ils furent regroupés devant l'endroit où venait de disparaître le 12, Square Grimmaurd.

-C'est vrai que vous ne pouvez pas transplaner, vous…, dit Fred.

-On va devoir appeler les Magicotransports, dit George.

-Ah non! s'exclama Ron. Je ne monte plus jamais dans ce truc! Juste à y penser, ça me rend malade…

-Mais non, petite tête, on ne parle pas du Magicobus! On a les moyens de voyager en première classe, maintenant.

Fred fit un signe à George et ce dernier exécuta un petit mouvement sec de sa baguette. L'instant d'après, une limousine étincelante surgie de nulle part apparut devant eux. La portière du chauffeur, où étaient gravées les lettres M.L d'une couleur dorée, s'ouvrit et un grand homme vêtu d'un smoking blanc en sortit.

-Bonjour jeunes gens et bienvenue dans la Magicolimo! dit-il d'un ton professionnel.

Puis il remarqua Fred et George et perdit aussitôt son petit air pincé.

-Fred! George! Quelle surprise! s'exclama-t-il.

-Ça va, Larry? demanda George.

-Très bien, merci Fred!

-George.

-Toutes mes excuses, George! Hier, Miranda et moi nous demandions justement ce qui vous arrivait! C'est qu'il y a un moment que nous ne vous avons pas vus!

-Oui, nous préférons le transplanage maintenant que nos déplacements sont plus réguliers, répondit Fred.

-Depuis que vos têtes ont dégonflé, plutôt! ironisa Ron – mais les jumeaux ne l'entendirent pas ou, du moins, firent semblant de ne pas l'entendre.

À ce moment, une magnifique femme sortit à son tour de la Magicolimo, vêtue d'une robe blanche et or. Hermione et Ginny eurent un soupir exaspéré, car il s'agissait d'une Vélane.

-Miranda, regarde qui est là! dit joyeusement le dénommé Larry.

La Vélane leur sourit. Elles avait les dents parfaitement alignées et blanches, à l'exception d'une canine en or. Harry et Ron la regardèrent avec un sourire niais et Lyra et Hermione ne purent s'empêcher de leur marcher sur les pieds (« Aïe, mais qu'est-ce qui vous prend? »).

-Bonjour Fred! Bonjour George! dit la Vélane sans cesser de sourire. C'est un plaisir de vous revoir.

-M-mais tout le plaisir est pour n-nous Miranda héhé…, balbutièrent Fred et George d'une seule voix.

-Bon, euh, c'est pas tout ça, mais nous avons à faire! dit Ginny en jetant un regard entendu à ses frères.

-Ah bon? fit George.

-Ah oui! dit Fred en sortant de sa torpeur. La boutique!

Miranda se précipita pour ouvrir la portière aux sept passagers avant de s'engouffrer sur le siège au côté du chauffeur. Larry fit démarrer la limousine, si silencieusement que les passagers ne s'en aperçurent que lorsque le véhicule se mit à rouler. Larry avait lancé un « En route! » enjoué, mais la limousine était immense et sa voix avait semblé bien lointaine.

Loin derrière étaient assis les sept amis sur un gros canapé en forme de cercle et recouvert d'un tissu léopard. Autour d'eux, il y avait une multitude de sièges de toutes sortes qui auraient pu accueillir tous les élèves de Gryffondor sans problème. Harry, qui était revenu à son état normal lorsque Miranda avait disparu de son champ de vision, regardait l'intérieur de la Magicolimo d'un air impressionné. Au fond de la limousine, un énorme kiosque rempli de tous les magazines sorciers du monde prenait place, voisin d'un minibar dont le contenu rivalisait avec celui des Trois Balais. Une jeune serveuse, qui devait être une Vélane, tenait même un comptoir à rafraîchissements.

-Ça, c'est vraiment la classe ! s'exclama Ron, exprimant tout haut les pensées de Harry. Combien coûte ce luxe, au juste?

-Je ne te le dirai pas, répondit Fred. Tes yeux sont déjà assez exorbités comme ça.

-Attention! hurla soudain Ginny, faisant sursauter les autres.

Harry jeta un œil par la vitre teintée de la Magicolimo et vit ce qui faisait paniquer Ginny. Une jeune femme et un petit garçon âgé d'environ cinq ans traversaient la rue, main dans la main, et la limousine se dirigeait droit vers eux. Même si Larry freinait maintenant, ce qu'il n'avait visiblement pas l'intention de faire, il percuterait inévitablement les deux piétons.

-Mais arrêtez! cria Hermione à Larry, qui au contraire accéléra.

Tous, sauf Fred et George, fermèrent les yeux, se préparant déjà au choc de la collision. Mais aucune collision n'eut lieu.

Harry ouvrit les paupières juste à temps pour voir la Magicolimo passer au travers la femme et le garçon, comme l'aurait fait un fantôme. En se retournant, Harry les vit continuer leur chemin comme si rien ne s'était passé.

-Alors? fit Lyra, les yeux toujours fermés. Ils se sont sauvés à temps?

-On les a…, commença Harry.

-Traversés! termina Hermione, qui avait aussi tout vu.

Elle raconta à Ron, Ginny et Lyra ce qui était arrivé. Ginny donna un coup de coude d'une force étonnante à Fred, qui le fit tomber sur son jumeau.

-Ouch! dit Fred en se frottant une côte endolorie.

-Idiots! s'exclama-t-elle. Vous auriez pu nous prévenir!

-Oui, nous aurions dû, dit George. Mais c'était trop drôle de voir vos têtes!

-Non ce n'était pas drôle! J'ai vraiment eu la frousse!

Harry reporta de nouveau son attention à l'extérieur, pendant que Ginny rouait à nouveau son frère de coups. Apparemment, la Magicolimo était invisible aux yeux des Moldus et traversait sans dommage tout ce qui se trouvait sur son chemin. Contrairement au Magicobus, elle restait toujours stable et silencieuse, pour le plus grand plaisir des passagers. Quelques personnes bien nanties vinrent s'ajouter à eux en cours de route, mais ils étaient tous d'un certain âge et donnaient l'air de travailler dans les hauts grades du ministère. Aucun d'eux ne se préoccupa de ceux avec qui ils voyageaient.

Quelques minutes plus tard, la Magicolimo s'arrêta devant un endroit que Harry connaissait bien, le Chaudron Baveur. Fred et George payèrent la note – que Harry devinait élevée, à la tête que faisait Ron – et laissèrent un gros pourboire avant d'entrer dans le bar. Ils marchèrent longtemps sur le Chemin de Traverse avant d'arriver au numéro 93, la boutique des jumeaux. C'était un modeste commerce avec une enseigne plutôt tape-à-l'œil, verte et jaune fluo, avec les lettres scintillantes formant les mots Chez Weasley, Farces pour sorciers facétieux.

-C'est ici, dit Fred d'un ton joyeux.

-Pittoresque, non? dit fièrement George. Aller entrons!

Sur la porte, que Fred déverrouilla, une affiche indiquait « Ouste! ». Dès qu'ils furent entrés et que la pièce fut éclairée, George tourna l'affiche dont l'autre côté indiquait « Bienvenue! ».

Harry, Lyra, Ron, Hermione et Ginny observèrent l'intérieur de la boutique d'un œil émerveillé. C'était assurément le paradis du farceur! Des objets tous plus insolites les uns que les autres encombraient chaque parcelle de la pièce aux dimensions réduites. Même le plafond n'avait pas été épargné! Ginny poussa un cri de surprise lorsqu'un liquide brunâtre tomba du plafond pour s'écraser dans ses cheveux.

-Pouah! fit-elle d'un air écoeuré en passant sa main sur sa tête. Mais qu'est-ce que c'est que ce truc?

-Des excréments d'oiseaux artificiels! annonça fièrement George.

-Fabriqués avec de la poudre de Mascadoine, expliqua Fred pour rassurer sa sœur.

-Où mène cette porte? demanda Hermione en ouvrant une porte pas plus large que celle d'un placard.

-Méfie-toi! la prévint Ron.

Trop tard. Un grand jet d'eau aspergea Hermione dès qu'elle eut ouvert la porte. Les jumeaux éclatèrent de rire et se tapèrent dans la main. Complètement trempée, Hermione ne toucha plus à rien après cet incident et les autres trouvèrent plus sage de l'imiter. Harry était tout de même impressionné de ce qu'avaient fait les jumeaux. Tout ce travail en si peu de temps! Leur boutique n'avait absolument rien à envier à Zonko.

-Ha! ha! Excellent! rigola Lyra en observant l'emballage des feux d'artifices que les jumeaux avaient fait exploser à Poudlard l'an dernier, pour faire enrager Ombrage.

On voyait sur l'emballage une photo d'un feu inscrivant le mot « crotte » ainsi que le visage d'Ombrage, folle de rage.

-Oui, c'est un de nos meilleurs vendeurs! dit Fred. Bon, si on passait à l'atelier? Je veux vous montrer les Super-Narines.

-Narines à Rallonge! protesta George.

-Nous verrons le nom plus tard, dit Ron. Où il est, votre atelier?

-Par ici, dit George en se dirigeant vers le fond de la boutique.

Plusieurs portes étaient alignées, sous lesquelles étaient posés des tapis colorés annonçant ouste ou bienvenue, au choix.

-On vous laisse choisir, dit Fred avec un sourire en coin.

-Ah non! dit catégoriquement Hermione. Je ne me ferai pas prendre une deuxième fois! Je refuse d'ouvrir une de ces portes.

-Oh, mais tu n'as besoin de l'ouvrir, dit calmement George. Tu n'as qu'à sonner et attendre qu'on te réponde. Allez-y, qu'est-ce que vous attendez?

Hermione recula et les autres se regardèrent d'un air mal assuré.

-OK, j'y vais! soupira Lyra. Ça ne peut pas être si pire que ça, après tout.

Fred et George ricanèrent, ce qui n'augurait rien de bon. Lyra s'avança vers la première porte à sa droite, sonna et attendit. Quelques secondes plus tard, la porte s'ouvrit à la volée, envoyant une tarte à la crème s'aplatir sur le visage de Lyra.

-Super! s'écria Fred. Personne ne l'avait encore essayée, celle-là!

-Eh bien, elle fonctionne, dit Lyra en s'essuyant les yeux.

-Bon, à qui le tour? demanda George. Ron?

-Joker, répondit aussitôt Ron. C'est à Ginny.

-Merci beaucoup! s'offensa Ginny.

Elle choisit la porte du milieu, qui rugit comme un lion. Puis vint le tour d'Hermione, qui se fit à nouveau asperger d'eau, ensuite Ron qui reçut de plein fouet un sortilège donnant à ses cheveux une teinte rose bonbon – heureusement temporaire –, et finalement Harry.

-Eh bien, il ne reste que la bonne porte! constata-t-il, soulagé.

Ses amis grognèrent quelques mots sur l'injustice et Harry sonna à la porte qui menait à l'atelier. Dès qu'il eut posé ses pieds sur le tapis, celui-ci disparut et Harry tomba. Il glissa le long d'un toboggan en spirale et atterrit brutalement sur le sol humide. Il s'éloigna rapidement pour ne pas se faire percuter par les autres qui ne tarderaient pas à le rejoindre, brossa ses vêtements froissés par la chute et regarda autour de lui. C'était une petite pièce sombre, sans fenêtre, éclairée par une seule petite ampoule qui pendait du plafond. Une longue table jonchée de tous les ingrédients possibles et inimaginables était poussée contre le mur du fond. Des affiches, représentant les produits déjà finalisés des jumeaux, étaient placardées sur les murs et une énorme marmite dans laquelle bouillait un liquide vert trônait près de la table. Non loin de là, une corbeille de la taille d'un petit bac à sable contenait toute sorte d'essais de produits ratés. Enfin, sur une petite étagère, il y avait un appareil photo qui semblait dater de l'antiquité – bien que Harry sache parfaitement qu'il n'y avait pas d'appareil photo durant la période de l'Antiquité.

Quelques minutes plus tard, Ron, Hermione, Ginny, Lyra et les jumeaux atterrirent dans l'atelier en grognant contre l'impact de l'atterrissage.

-Alors, Harry, que penses-tu de notre atelier? s'enquit Fred en lui assénant une grande claque dans le dos.

-C'est…intéressant, répondit Harry en s'approchant de la marmite. Qu'est-ce que c'est que ça? fit-il en pointant le liquide verdâtre.

-Du mucus de crapaud, dit George. C'est dégoûtant, mais ça a de grandes propriétés magiques.

-Faites-vous vos affiches vous-mêmes? demanda Lyra en regardant les photos, puis l'appareil.

-Oui! Je prends les clichés, et Fred fait les montages. C'est une question de marketing. De cette façon, nos produits se vendent mieux.

-Les affaires semblent bien marcher, constata Ron.

-En effet, petit frère, en effet. Un jour, maman sera fière de nous.

Mrs Weasley n'avait jamais aimé le penchant de ses fils pour le commerce des farces et attrapes et même si elle ne l'appréciait toujours pas aujourd'hui, elle devait au moins reconnaître que les jumeaux faisaient de bonnes affaires.

-Ce sont vos super-narines-à-rallonge? interrogea Ginny en désignant la table d'un signe de tête.

Fred et George acquiescèrent. Les autres s'avancèrent pour les voir de plus près. Impossible de s'y méprendre, c'était bien des narines! Elles étaient même si semblables à de vrais nez que c'en était dégoûtant. Gros et légèrement crochus, un peu comme le nez de Rogue, ils étaient en caoutchouc mais semblaient être faits de vraie peau. Ron eut une grimace écoeurée.

-C'est dégoûtant! s'exclama Lyra, d'un air pourtant intéressé. Comment ça fonctionne?

-C'est simple, dit George en prenant un nez artificiel. Harry, viens par là.

-Pourquoi moi? protesta Harry.

-Parce que tu es le seul à n'avoir encore rien expérimenté! dit George.

-Et que c'est toi qui as eu l'idée de nous servir de cobaye pour cette expérience! répliqua Fred.

Harry dut reconnaître qu'ils avaient raison. À contrecoeur, il laissa George lui insérer une fausse paire de narines dans le nez. La sensation était plutôt désagréable; il avait l'impression que ses propres narines s'élargissaient. Lorsque les narines sans nom furent correctement installées, George s'éloigna pour admirer le résultat. Pour Harry, l'effet fut immédiat. Un flot d'odeurs l'assaillit et lui monta à la tête.

-Pouah! s'exclama-t-il en grimaçant.

-Quoi? s'inquiétèrent aussitôt les jumeaux.

-Je crois que…

Harry renifla pour être sûr.

-…Ron, tes baskets ont une odeur terrible! déclara-t-il enfin.

-N'exagère pas! dit Ron. Je ne sens rien, moi.

-Moi si! dit Harry. Et c'est horrible! Pouah!

-Oh ça va, hein! se vexa Ron.

-Comment on fait pour retirer ce truc? demanda Harry.

Il avait beau tirer et secouer les fausses narines dans tous les sens, elles restaient collées à son nez.

-En fait, commença lentement George, c'est justement ça le problème…

-Oui, continua Fred, quand on disait que le produit n'était pas tout à fait au point…

-QUOI? s'écria Harry.

-C'est une plaisanterie, dit Hermione en riant.

Puis elle croisa le regard grave des jumeaux et cessa aussitôt de rire.

-Finalement, ce n'est pas une plaisanterie…

-Sûrement pas, parce que je ne la trouve pas drôle du tout! s'emporta Harry. Enlevez-moi ça tout de suite!

-Désolé Harry mais je ne sais pas comment…

-ENLEVEZ-MOI ÇA!

Harry se démena comme un diable pour retirer les fausses narines et, ce fut instantané, personne ne put retenir son fou rire.

-Ce n'est pas drôle! dit Harry, courroucé. Je suis aux prises avec un gros nez crochu à l'odorat hyper développé! Et ça sent mauvais!

Ses amis rirent encore plus. Harry reconnut qu'il devait avoir l'air assez idiot, avec son faux nez indécollable, et que si c'était arrivé à quelqu'un d'autre, il n'aurait pas pu s'empêcher de rire, lui aussi.

-Oh! fit Fred, frappé par une soudaine inspiration. George, va chercher l'appareil photo!

-Quoi? Pas question que vous preniez une photo de moi avec ça dans le visage! s'écria Harry.

-Mais si! dit Fred d'un ton surexcité. J'ai eu l'idée du siècle! George, je crois que nous allons être riches!

-Vraiment? dit George, intéressé.

Un éclair de compréhension alluma alors ses prunelles.

-Mais oui! s'exclama-t-il. Harry, ne bouge pas. Souris et…respire!

-Non!

Mais George prit tout de même le cliché, dans un flash aveuglant qui éclaira toute la pièce. Il s'éclipsa dans la pièce adjacente, la chambre noire, pour aller développer la photographie.

-Harry, reste calme, dit Fred. La dernière fois que nous avons testé les Super-Narines, George et moi, nous avons finalement réussi à les retirer…seulement, nous avions espéré trouver un moyen plus…sophistiqué. Mais bon, puisque tu ne peux pas rester comme ça…

Harry se sentit légèrement rassuré. Dès que les jumeaux lui avaient annoncé qu'il était impossible de retirer les fausses narines, il s'était imaginé se rendre à Poudlard avec cette allure… Décidément, quel que soit le moyen qu'aient trouvé Fred et George pour le débarrasser de ce truc, il serait le bienvenu!

-Bon, dit Fred après avoir farfouillé parmi les ingrédients disposés sur la table. Harry, tu vas avaler ça.

Il lui tendit une petite pilule violette.

-C'est un Atchoumeur. Dans quelques minutes, tu vas éternuer si fort que les narines vont se décoller elles-mêmes. Je sais, ce n'est pas très ragoûtant, mais c'est tout ce que nous avons trouvé…

-Ça ira, dit Harry. Du moment que ça marche.

Il avala rapidement le cachet et attendit. Ce fut comme si quelque chose lui chatouillait les narines. Il éternua bruyamment et le nez artificiel se décolla avec un bruit de succion écoeurant, avant d'aller s'écraser contre le mur. Fred le saisit du bout des doigts et le jeta dans la corbeille.

-Ça y est, je l'ai! s'exclama George au même moment, en sortant de la chambre noire. J'ai fait accélérer le processus, par magie.

Il brandit fièrement la photo qu'il avait prise. Harry put constater à quel point une chose aussi insignifiante qu'un nez pouvait défigurer quelqu'un. Il était presque méconnaissable et, heureusement, il se débattait tellement qu'il était impossible de tenter de le reconnaître.

-Cela fera un emballage du tonnerre! affirma George.

Ron, Hermione, Ginny et Lyra se regardèrent et pouffèrent.

-Vous n'allez pas…sérieusement mettre ça sur vos emballages? fit Harry.

-Bien sûr que si! dit Fred en riant. Même que ça nous a inspiré pour le nom du produit.

-Harry…merci, dit George d'un ton solennel. Grâce à toi, nous serons riches et célèbres.

Puis les jumeaux s'esclaffèrent à leur tour, visiblement ravis de leur nouvelle idée. Harry se sentit piqué dans son orgueil.

-Et on peut savoir quel sera le nouveau nom du produit, si ce n'est pas trop indiscret? demanda-t-il sèchement.

-Oh oui! dit Ron en s'essuyant les yeux, tellement il riait. On veut savoir!

-Vous le saurez lorsque ce sera terminé, dit Fred. En attendant…

-Ouste! les congédia George.

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Parenthèse : Ce fut une semaine plus tard, durant le week-end suivant sa première semaine à Poudlard après les vacances de Noël, que Harry reçut en grande primeur un échantillon gratuit des nouvelles « Nharryne Potter ». Il fut si furieux contre les jumeaux qu'il leur envoya une Beuglante, en jurant qu'il ne leur adresserait plus jamais la parole. Mais, comme il n'était pas bien rancunier, la semaine suivante il avait déjà oublié l'épisode.


Hermione n'est pas si mal finalement, non? Et que dire des superbes Nharryne Potter :-p
Dans le chapitre suivant, une dernière journée de vacances qui apporte quelques mystères et de menues réponses...