La semaine passa à une vitesse phénoménale, Ron et les autres allaient repartir pour les vacances, moi je ne serais pas seule vue que j'avais Shadow avec moi. Pendant que l'on travaillait tous en classe de potion, une idée d'Hermione, ils me firent part de leurs projets qui avaient l'air palpitant. Mon père à plusieurs reprise vint nous voir pour vérifier si on avançait dans notre travail, il n'était pas tendre avec les garçons, je me demandais s'il s'était levé du pied gauche.
- Messieurs Potter et Weasley vous avez dépassé le stade de la bêtise humaine, un nouveau terme devrait être inventé pour qualifier ses nullités que je tiens entre les mains ! Lâcha-t-il sèchement
- …, les pauvres n'osèrent répondre et encore moins le regarder
- Je me doutais que vous n'aviez aucun talent en ma matière mais à ce point, s'en est affligeant ! Renchérit-il
- Mais vous avez fini oui ? Demandai-je en le regardant se réjouir du malheur des deux autres
- Continuez votre devoir et vous recommencez moi ce torchon ! Ordonna-t-il avant de s'en aller
Il le laissait partir avant de se tourner vers moi qui riais à leurs dépens. Hermione me donnait des coups de coude pour que j'arrête mais j'étais prise d'un fou rire incontrôlable.
- C'est la dernière fois que j'accepte de te suivre ici en dehors des cours ! Répliqua Ron
- Courage ! Dis-je amusé, il ne reste qu'une semaine de cours !
- Ma mère m'a lancé un hibou et elle voudrait que tu viennes au réveillon de noël ! Annonça-t-il
- Je ne viens pas ! Dis-je en plongeant ma tête dans mon devoir
- On peut … enfin Hermione peut parler à ton père si tu veux ! Dit-il en frottant son bras après le coup de poing qu'elle lui donna
- Je … je n'aime pas spécialement noël et puis ce jour-là je serais occupée ! Répondis-je simplement
- Occupé à quoi ? Demanda Harry intrigué
- Je ne sais pas encore mais je trouverais bien ! Répondis-je en évitant de les regarder
- Je ne comprends pas … tu es la plus jeune du groupe, remarqua Hermione, cela devrait être ton moment préféré : les cadeaux, le père noël, les décorations …
- Ce n'est pas le cas ! Je déteste noël et je ne le fête pas, c'est tout ! Dis-je en essayant de terminer mon devoir
- Si tu viens, on te fera changer d'avis et je suis même près à parler à Rogue pour toi, reprit Ron motivé à me faire changer d'avis
- C'est professeur Rogue petit avorton ! Trancha une voix derrière nous. Et de quoi vouliez-vous me parler ? Demanda-t-il assez sèchement
Ron qui se retourna pâlit à sa vue, serrant son crayon dans ses mains. Il nous avait fait tous peur l'imbécile mais pas assez pour décourager Ron et les deux autres de le demander pour le réveillon à ma place
- Ma mère organise un réveillon comme chaque année d'ailleurs et elle a invité Lily, informa-t-il
- Oui mais Lily ne viendra pas ! J'ai d'autre projet ce jour-là alors arrêtez de me bassiner avec votre stupide fête ! Répondis-je un poil énervé. Je déteste noël, je hais noël, j'exècre noël, je déteste tous ce qui se rapporte à noël. A mes yeux c'est qu'une stupide fête avec des gens stupide qui croit en un homme stupide qui n'existe pas !
Ils se regardèrent entre eux ne comprenant pas ma réaction. Mon père fit le tour de la table, il se posta devant nous me lançant un regard sévère qui transperçait l'âme.
- En voilà des manières Evans ! Je ne vous ai pas élevé de la sorte, si ? Réprimanda-t-il
- …, je baissais instinctivement les yeux sous le poids ses paroles
- Ne vous ai-je pas posé une question ? Demanda-t-il avec une voix toujours aussi tranchante
- Pardon ! Dis-je en baissant le ton devant mes amis et surtout devant mon père.
- Comment ? Demanda-t-il de nouveau
- Pardon papa ! Dis-je avec une voix toute petite voix
- Excusez-vous ! Ordonna-t-il
- Pardon les amis, dis-je en les jetant un bref regard à chacun d'eux
- Maintenant expliquez-vous ! Ordonna-t-il m'obligeant cette fois-ci à confronter son regard
- J'ai … j'ai besoin de prendre l'air, dis-je en me levant et me dirigeant d'un pas rapide vers la porte
- Pas si …, « pas si vite » allait-il dire mais il fut coupé dans sa phrase
- Avec votre plus grand respect, vous n'arriverez à rien ainsi professeur ! Intervint Hermione qui pour une fois me sauvait la mise
Je sortis des cachots, me dirigeant vers le hall avant de prendre la direction de l'horloge. Je haïssais noël et je haïssais mes amis d'avoir osé demander la permission à mon père. Je ne savais pas vraiment ce qui m'avait pris et j'appréhendais un peu la conversation de ce soir.
Je poussais de long soupir qui résumait mon état d'esprit. La seule chose qui m'apaisait était la vue de la neige qui tombait sur l'école. C'était dans ce genre de situation que j'aurais voulu disparaitre mais en y repensant, cela ne valait pas peine, j'étais entourée de personne qui m'aimait pour ce que j'étais vraiment. Lorsque sonna l'heure du repas, je rejoignais Ginny qui me demandait si j'allais venir. Devant son air angélique et innocent, je ne pus m'empêcher de lui mentir comme une arracheuse de dent. La seule chose qu'elle me dit était qu'elle enverrait un hibou à sa mère. Les trois mousquetaires n'osèrent nous interrompre dans notre conversation au sujet des garçons de l'école. Je fus surprise de les voir se mêler à la conversation comme si rien n'était.
- Merci de m'avoir laissé tranquille cet après-midi, dis-je avec un sourire
- C'est tout naturel, répondit Harry avec un sourire
Je descendais vers les cachots, repensant à ce que j'avais ressenti. Ils étaient tous les trois inquiets pour moi, même si je persistais à dire que j'allais bien. Je n'osais imaginer l'état de mon père en ce moment même. Il devait me détester de l'avoir fait honte devant ses étudiants ou peut-être qu'il s'en foutait qui sait.
Je passais le tableau qui menait à ses appartements, par chance il n'y avait personne dans le salon, je me pris un long bain chaud pour me détendre les nerfs. J'avais l'impression de fondre comme de la glace dans l'eau qui épousait parfaitement mon corps.
Une fois mon pyjama sur moi, je partis directement dans ma chambre. Mon père était entré quelques heures plus tard, il vint me voir et m'embrassa tendrement avant de repartir. Comment j'étais au courant ? Je ne dormais pas vraiment même si la fatigue était pesante.
Le lendemain j'avais beaucoup de mal à me lever mais je n'étais pas encore en vacances. J'avais pensé que j'aurais dû m'expliquer auprès de mon père à cause de la crise d'hier mais rien. Peut-être avait-il décidé de respecter ma volonté bien que j'en doute. Il était très têtu bien plus têtu que moi, qui l'aurait cru ? Je trouvais que l'on faisait bien la paire ensemble.
Ma journée se passa normalement enfin jusqu'au déjeuner. Alors que je mangeais, un Gryffondor pour être plus précise Percy Weasley s'approcha de notre table, il me tendit un morceau de papier.
- Tu ne le lis pas ? Demanda Ron la bouche pleine
- Je ne sais pas ce que ça dit mais je connais qui est l'expéditeur, dis-je en jetant un vif regard à la table des professeurs
- Je vais le lire moi ! Dit Ron qui s'accapara du morceau de papier
- Alors ? Demandai-je avec indifférence
- L'heure d'étude tu la feras avec lui, dit-il en me redonnant le mot
- Tu as des ennuis ? Demanda soudainement Harry
- Pas que je sache mais si j'avais réellement fait une bêtise il ne se serait pas gêné pour me punir devant tout le monde, ajoutai-je honteusement
- Il n'oserait pas ? Demanda Harry sous le choc
- Après le coup de poing que je t'avais donné il m'a dit que si cela avait été plus grave il l'aurait fait, confirmai-je à Harry qui pâlissait à vue d'œil
- Et de quel genre de punition on parle là ? Demanda Ron curieux
- …, je baissais la tête rougissant comme une tomate
- Oh ! Rajouta Hermione qui venait de comprendre
- L'heure du déjeuner est presque terminé, fis-je remarqué. Dépêchons nous !
A mon plus grand regret, l'heure de sortilège passa très vite et on arrivait trop vite en potion. Même si je détestais la partie pratique, je devais dire que la partie théorie m'ennuyait assez. Je fis un effort monstre pour ne pas décrocher car bien sûr c'était un professeur qui ne laissait rien passer mais aussi parce que c'était mon père. J'essayais de ne pas penser à l'heure d'étude qui je le sentais allait être très longue. J'avais comme qui dirait un mauvais pressentiment pour la suite, j'avais voulu prendre mes jambes à mon cou mais cela m'aurait valu plus d'ennui.
Lorsque la fin du cours s'annonça enfin, je voulu essayé une tentative d'échappatoire qui à mon plus grand désarroi ne fonctionna pas.
- Pas si vite Evans ! Dit-il alors que je me frayais un passage dans l'autre sens
- Vous vouliez me voir professeur ? Demandai-je légèrement anxieuse
- Effectivement ! N'avez-vous rien à me dire ? Demanda-t-il s'appuyant contre son bureau les bras croisés
- Pas à ma connaissance ! Dis-je en regardant le sol
- Je crois, au contraire qu'une explication sur votre réaction d'hier s'impose, dit-il calmement
- Je n'ai pas voulu être impolie ni même vous faire honte mais ils n'arrêtaient pas de m'agacer avec cette stupide fête … je suis désolée, vraiment désolée, ajoutai-je honteuse de moi
Je ne l'avais pas vu bougé, la seule chose que je remarquais était ses chaussures qui me firent reculer un peu. Alors que j'étais sur le point de tomber à la renverse, il me retint de justesse. Il me saisit fermement le menton pour m'obliger à le regarder
- Je croyais avoir été clair ! Commença-t-il en grondant. Vous voulez peut-être que je vous mette une fessée pour que vous le reteniez ? Demanda-t-il sérieusement
Je secouais frénétiquement la tête sous sa menace qui me glaça le sang en un éclair.
- Vous avez une bouche alors servez-vous en ! Ordonna-t-il
- Non papa ! Répondis-je très faiblement à cause de la peur
- Vérifions si vous m'écoutez réellement, qu'avais-je dis ? Demanda-t-il avec son visage à 10 centimètres du mien
- Que … que je ne vous faisais pas honte et que … que j'étais votre fille, dis-je en réfléchissant à la vitesse de l'éclair
- Mais encore ? Dit-il toujours en me fixant dans le blanc des yeux
- Que … que vous m'aimez et que vous tenez à moi, tentai-je
- Et ? Demanda-t-il toujours avec une expression sévère
- Je ne sais plus ! Dis-je sincèrement
- Que vous pouviez me faire confiance, gamine insupportable ! Dit-il calmement
J'essayais de détourner le regard mais il était difficile vu qu'il me maintenait fermement le menton. Je restais silencieuse demandant à Merlin et à Dieu et à tous les saints qu'il me laisse partir
- J'ai … j'ai des leçons à faire, lançai-je désespéré
- Je veux savoir ce qui s'est passé dans votre petite tête de linotte pour détester autant noël ! Dit-il en essayant de cacher ce qu'il ressentait vraiment
- Sincèrement professeur, je n'ai aucunement l'intention de répondre à votre question alors laissez tomber ! Dis-je froidement
- Pourquoi ? Demanda-t-il intrigué
- Ce ne sont pas vos affaires ! Répondis-je naturellement
- Jusqu'à ce que je passe l'arme à gauche, ce seront mes affaires, vous le savez très bien !
- Je ne pense pas non ! Dis-je en fronçant les sourcils
- Vous allez me dire ce qui se passe, ordonna-t-il fermement mais aussi inquiet
- Non ! Dis-je avec conviction
- Non, dites-vous ? Avec une voix qui se voulait conspiratrice
- Je ne vous dirais rien ! Dis-je fermement
- Bien, bien … je déteste que de petit imbécile comme vous me tienne tête, dit-il avec un sourire machiavélique. Vous êtes consigné avec moi
- Quoi ? Demandai-je n'en revenant pas ce qu'il venait de dire
- Jusqu'à ce que vous vous décidiez à parler et interdiction de faire quoi que ce soit, ajouta-t-il
- Hein ? Demandai-je en essayant d'assimiler l'information
Il se détacha enfin de moi pour aller prendre une chaise qu'il plaça devant son bureau
- Vous allez vous asseoir et rien de plus, dit-il naturellement comme si on prenait le thé
- Et mes leçons ? Je fais comment ? Demandai-je sous le choc
- Ça, c'est votre problème, dit-il avec indifférence
- Il est hors de question que j'accepte une telle punition surtout que je n'ai rien fait, je descendis les marches et je me mise à marcher dans le sens inverse
- Je doute que vous ayez le choix ! Dit-il en fermant la porte d'un coup de baguette
Je le fusillai du regard le haïssant de tout mon être. J'essayais de me contrôler pour ne pas commettre un meurtre ou même une tentative de meurtre.
- Vous venez vous asseoir ! Ordonna-t-il sévèrement
- Non ! Vous m'ouvrez cette maudite porte, ordonnai-je furieuse
- Je crois que vous ne comprenez pas la situation Evans, je vais donc l'éclaircir pour vous, dit-il d'une voix glaciale
- …, je le regardais furieuse qu'il se mêle des affaires des autres
- Vous êtes en train de vous opposer à votre propre père qui est sur le point de vous mettre une fessée si sévère que vous vous en souviendrez jusqu'à votre majorité alors je vous suggère de m'obéir sur le champ avant que je ne vienne vous chercher personnellement, prévint-il sévèrement
Je pris une grande respiration puisant dans mon fort intérieur pour ne pas commettre de meurtre. Pendant que j'étais assise à ne rien faire j'essayais de calmer mon esprit qui criait au meurtre, à l'Armageddon, à la guerre. Je regardais mes ongles qui méritaient une petite manucure enfin un coup de lime à ongles et un peu de vernis. J'essayais de penser à des choses gaies m'efforçant de ne pas parler et de lui dire d'aller au diable.
Il était l'heure du dîner, il s'était levé m'ordonnant de venir manger mais après un coup aussi bas, je n'avais ni faim, ni envie d'être en sa compagnie. Il me tira l'oreille jusqu'à la table où était posé mon assiette me demandant à nouveau de manger. Je m'efforçais de rester zen, de ne pas m'emporter mais c'était vraiment dur, surtout avec lui à mes côtés.
J'avais mangé un minimum et par chance il n'insista pas plus. Il me regarda agir toujours sans rien dire jusqu'à ce qu'il m'envoie dormir. Le lendemain, j'étais énervée ayant passé une mauvaise nuit à trop dormir. M'envoyer au lit à 20h30 était inhumain, mes amis m'adressèrent à peine de mots que je leurs beuglais dessus avant de m'excuser
- Je suis désolée mais mon père m'a punie hier, dis-je en plongeant ma cuillère dans mon bol
- Pourquoi ? Demanda Ron énervé
- Parce que je refuse de lui dire ce qui ne va pas, répondis-je blasée. Je suis consignée avec lui jusqu'à ce que je me décide à parler et tout cela assis sur une stupide chaise à ne rien faire sauf peut-être le regarder avant d'aller dormir à 20h30. Voilà à quoi se résume ma vie, dis-je en repoussant le bol
- Mais quel con ! Lâche Ron qui eut droit à un petit sourire de ma part
- Tu peux le dire ! Dis-je amusé
Laissez moi vos avis sur ce chapitre et n'hésitez pas à aller lire Le journal de Severus une fanfic parallèle à celle-là retracent les sentiments de son père :)
