Désolée pour tout ce retard, mais j'étais partie en colo sans internet. Je suis revenue épuisée, les gamins étaient vraiment affreux. Voilà donc deux chapitres à la suite pour me faire pardonner !
Ça, c'est de vraies vacances ! Cela fait quatre jours que nous sommes chez les Potter, et je ne me suis jamais autant amusée.
Jour Un :
Les murs extérieurs du manoir ont pris une jolie couleur…vert kaki. Dommage, j'aimais bien le blanc, mais bon, business is business.
Les jumeaux ont testé la solidité des lustres. Je crois que Pollux va vers une grande carrière de trapéziste…
Pyrrhus se fait les dents sur les pieds des meubles. Le pauvre, il a mal, et le fait que Maïa l'arrache à une armoire élisabéthaine – histoire qu'il ait encore de quoi ronger pour le reste des vacances – l'a mis dans une colère noire. Le pauvre petit pleurait tellement que ça en faisait mal au cœur. Je lui ai permis de mordre Black, pour le consoler.
Quoi d'autre…ah oui, les triplés ! Leur pyramide de vaisselle – construite avec l'aide d'Aphrodite – était du plus bel effet. Dommage que Mnémosyne ait eu pitié de Madame Potter avant qu'on ait pu jouer au bowling.
Jour deux :
Monsieur Potter s'absorbe à la confection de plusieurs barils de potion contre le mal de tête. Un petit peu inutile, si vous voulez mon avis, mais il semble que son fils n'ait pas jugé bon de l'avertir que l'infirmière s'était déjà cassé les dents sur ce point.
Les triplés et Aphrodite ont appris aux jumeaux à voler à balai, sous la haute surveillance de Léto. Mnémosyne a pris les trois-quarts de la bibliothèque pour lire le soir. Elle a même arraché un bouquin des mains de Lupin…qui lui a aussitôt couru après. Manque de chance, Déméter et Maïa s'ennuyaient, et se sont aussitôt faits une joie de confondre totalement ce pauvre squelette, malgré toute l'aide que pouvait lui apporter son pote boutonneux Pettigrow (Conscience : boutonneux, boutonneux…tu exagères, il n'a qu'un furoncle sur la joue, et par ta faute !)
Ah oui, [pour une fois que cette conscience sert à quelque chose] (Conscience : Hein ? Tu viens de signer ton arrêt de mort ma petite ! Eurynome : C'est cela, oui…) j'ai oublié de dire que nous nous sommes livrées avec les triplés et Aphrodite à des expériences…potionnesques pendant la nuit. Le chaudron a explosé juste devant la chambre commune des Maraudeurs. C'est bête…
Jour trois :
Rebelote pour les balais ! Sauf que cette fois-ci Déméter a piqué les balles de Quidditch de Potter fils, et s'est associée à Léto. Comme la veille, je suis assise au bord du terrain, Pyrrhus sur mes genoux. Enfin, il fait la navette entre mes bras et ceux de Maïa, assise juste à côté de moi. Plus loin, Mnémosyne embrouille Monsieur Potter avec une théorie sur l'épidémie d'éclabouille survenue pendant la nuit (on a recommencé avec le chaudron…et avec plus de succès cette fois-ci !).
Black rôde dans le coin en compagnie de son cher ami Potter fils. J'ai un œil sur lui, l'autre sur mon petit frère que Maïa fait jouer. Hum, mon ennemi mortel me paraît avoir une très mauvaise idée en tête…s'il continue comme cela, je ne donne pas cher de sa peau. Enfin, de toute façon, il est voué à une mort certaine. Je n'ai pas oublié le coup des Cognards, pas plus que mes sœurs.
Jour quatre :
Nous y sommes ! Je n'ai que très peu dormi cette nuit. La première raison est que nous avons transformé la chambre des Maraudeurs en igloo. Les garçons s'étaient barricadés, mais Déméter a levé tous les sorts, avec la grande aide de Maïa. Pendant ce temps, je passais par la fenêtre en compagnie de Léto. Mnémosyne a choisi la cheminée, et c'est vrai que ça s'y prêtait génialement bien.
Je vous passe les détails, mais toujours est-il qu'au petit matin, mes quatre victimes favorites affichent toutes un rhume du meilleur effet. Ils sont si comiques, avec leurs nez rouges, que je manque de m'étouffer dans ma tasse. Ajoutez à cela que Déméter teste un nouveau sort de son invention, et je m'écroule de rire. Ils ressemblent à des locomotives, avec la fumée qui leur sort des oreilles !
- Comment vos parents font pour vous supporter ? soupire Madame Potter tandis que les jumeaux descendent avec Pyrrhus. Vous êtes…
- Monstrueux ? suggère Black avant de se rendre compte de sa bourde et de se cacher derrière un toast qu'il mange avec une lenteur incroyable venant de sa part (comprenez que le toast périt en trois bouchées et non une seule)
- Exactement ! renchérit Monsieur Potter qui émerge de la Gazette pour l'occasion. Je comprends qu'ils aient l'air aussi épuisés.
- Nous aussi on comprend, rétorque aussitôt Ulysse avec un sourire plus large qu'une banane.
- Mais c'est légitime, reprend Jason.
- Et nécessaire, termine Ajax.
- Légitime et nécessaire ?
Madame Potter fronce les sourcils. Black, se sentant une fois encore visé, se lance dans une profonde discussion avec ses amis, lesquels mettent également beaucoup d'entrain à lui répondre (surtout qu'ils parlent de la nouvelle collection de Madame Guipure).
- Nous n'avons pas choisi d'être ainsi, commence Maïa.
- Notre particularité doit bien servir à quelque chose, continue Léto en vidant le pot de marmelade.
- Et puis on s'est tellement moqué de nous qu'une petite vengeance n'est pas la malvenue, rajoute Mnémosyne avec une mauvaise foi phénoménale (ai-je dit qu'après moi, elle est la meilleure menteuse ?)
- Il faut bien se défendre, je reprends en assassinant Black du regard (Conscience : le verbe « déshabiller » serait plus approprié je crois… Eurynome : La ferme ! Il m'a attaquée, je dois me venger ! Conscience : Tu me dis de la fermer, mais tes dernières paroles appellent à réponse. Il faut donc choisir. Veux-tu que je parle ou que je me taise ? Eurynome : Boucle-la ! Et je ne le reluquais pas pour une fois ! Conscience : Non, tu as juste rougi. Heureusement qu'il ne t'a pas vue, sinon il… Eurynome : LA FERME !)
- C'est primordial pour se faire respecter, termine Déméter.
- Et on ne joue pas avec des Cognards, nous !
Et c'est Aphrodite qui a eu le mot final, on l'applaudit Mesdames et Messieurs !
- Des Cognards ?
Je retire. Le duel n'est pas terminé. Monsieur Potter (qui commence à avoir une jolie petite calvitie, d'ailleurs. Je ne l'avais jamais remarqué. Il est comme Papa. Enfin, je suppose que personne n'y verra de mal si j'inflige la même à son fiston chéri – ultra couvé, d'ailleurs, plus gâté que lui, mis à part Lucius Malfoy, tu meurs.)
- Au fait, dit soudain Potter fils avec trop d'empressement pour que ce soit naturel, Léto, Ulysse, Sirius, et Eurynome, puisqu'on constitue à nous cinq plus de la moitié de l'équipe de Quidditch, on pourrait en profiter pour s'entraîner.
Gagné, son père a cessé de s'intéresser à l'affaire Cognards. Il doit croire que c'est un petit truc de Quidditch interne à l'équipe. Mouai…si on veut. Mais ça vaut mieux, pour le coup. Nos affaires sont nos affaires, il est hors de question que quiconque d'extérieur s'y intéresse.
- Je ne suis pas dans l'équipe, je grogne tout en me cachant derrière Sorcière Hebdo (ben oui, je n'allais pas rendre le travail facile à Black tout de même…) C'était un remplacement.
- Si tu crois que ça nous plaît de te supporter, reprend Black, tu te fourres le doigt, et même le bras dans l'œil. Mais malheureusement, tu es meilleure batteuse que Maurane, et l'équipe a besoin de toi.
Glups. Oh my God, mais qu'est ce qu'il lui prend ? Black aurait-il une mauvaise idée derrière la tête ? C'est moi ou il vient de me faire un compliment ? Bon, certes, ce n'en était pas vraiment un. Maurane est…une erreur de la nature – du moins pour ce qui concerne le Quidditch. Mais quand même…entendre ça dans l'admirable bouche de Black, c'est…effrayant. Ou il est vraiment désespéré, ou il se contente de vouloir faire plaisir à son pote. Troisième solution, plus plausible, il mijote quelque chose.
Mais je n'ai pas l'intention de le laisser faire cette fois-ci. Il a déjà été suffisamment humiliant comme ça de me prendre un Cognard dans la tête. Je n'ai pas encore une idée très claire du châtiment que je lui infligerais, mais une idée des plus brillantes naît progressivement dans mon esprit. Navrée, je ne vais pas vous la faire partager. J'attends d'être prête…vous découvrirez en temps voulu. Je ne sais même pas qui de ma famille va être au parfum. Personne, si ça se trouve.
- Black ? je dis soudain en levant le nez.
Mon magnifique ennemi juré (heureusement qu'il a encore de la fumée qui lui sort des oreilles, sinon je resterais en extase) croise mon regard (qu'il a de beaux yeux !) et se renfrogne aussitôt. J'affiche un immense sourire qui a de quoi l'effrayer.
- Délos ? me réplique-t-il sur le même ton.
J'ai cependant l'immense satisfaction de le voir trembler comme une feuille, au point que je me fais un plaisir de faire durer son supplice…il frôle la crise cardiaque, c'est vraiment agréable à voir.
- Tu ne crois tout de même pas sérieusement que je vais…accepter ?
- Tu as peur ?
- Moi, peur de toi ? T'aurais pas pris une potion de rêve par hasard ? Tu te donnes trop d'importance.
- C'est vrai, je me sens important. Mais il y a de quoi. Je sais que tu me reluques en secret.
Hein ? Quoi ? Il n'a pas dit ça ? Triple crotte de lapin, j'ai des ennuis JUSQU'AU COU…voire plus haut. Nom d'une lionne, il m'a vue ! (Conscience : je te l'avais dit ! Tu vois qu'il faut toujours m'écouter au lieu de me dire de me la boucler ! Eurynome : attends-moi là, je vais chercher une tronçonneuse…Conscience : heu…j'ai des trucs à faire !)
Préparons notre défense : bon, je suis mal partie. Même mes sœurs n'ont pas remarqué que je le dévore des yeux. Je ne peux même pas dire que c'est involontaire, parce que j'ai essayé de me retenir. Mais je n'ai pas pu. Par les poils de jambes de Merlin, il est trop beau pour que je puisse l'ignorer. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé. Tous les cocards du monde n'ont malheureusement pas pu me faire changer d'avis.
Sur quoi puis-je compter alors…improviser ! Dommage que je n'ai pas le bagou de Maïa. Tant pis, on va faire sans.
- Bien sûr que je te reluque, je réponds avec un sourire qui est loin de traduire ma panique intérieure. Comment voudrais-tu que ce ne soit pas le cas ? Tu es beau…mais ce qui est sur ton visage n'est malheureusement pas dans ta tête.
Jason manque de s'étouffer avec son thé. Ulysse et Ajax pouffent de rire. Aphrodite m'adresse un regard suspicieux et se mord la lèvre pour ne pas succomber à l'hilarité. Maïa et Léto ricanent. Déméter – qui nourrissait Pyrrhus – en fait tomber la cuiller sur le sol. Mnémosyne émet de drôles de gloussements qu'il faut comprendre comme étant du rire. Seuls Pollux et Clyt' me regardent avec des yeux ronds. Ils sont trop jeunes pour comprendre…et ça vaut mieux, d'ailleurs. C'était un peu scabreux.
- Au fait, Black, tu m'as interrompue avec tes bêtises, alors je n'ai pas terminé ce que je voulais dire. Mon intention était juste de t'informer que…malheureusement tu as rompu la trêve. Par conséquent, il est hors de question que je continue le Quidditch. Je me contenterais…de te reluquer de loin.
Nouveaux ricanements. Ha, je suis la plus forte. Black ne m'aura pas à ce jeu-là. J'ai retourné la situation à mon avantage.
- Et si je t'offre une revanche ?
Fin immédiate des rires. Pardon ? PARDON ? Il a dit quoi ? Il m'offre une revanche ? Il est dingue ? Je ne crois pourtant pas que quiconque ne lui ait jeté de sort de confusion…
- Tu es sûr que tu as toute ta tête ? lance précipitamment Jason. Tu es bien en train de…
- Lui proposer une occasion de se venger, oui.
- En quel honneur ? reprend Léto, deux fois plus suspicieuse.
- J'ai failli me faire renvoyer à cause de ça.
- Dommage que tu ne l'aies pas été, reprend Maïa. Tu as failli la tuer.
Elle exagère…je ne suis restée dans les pommes qu'une vingtaine de minutes. Mais ce n'est pas moi qui irais la contredire. J'adore ma sœur ! Ça c'est de la solidarité !
- J'en suis sincèrement navré. C'est pour cette raison que je lui propose une revanche.
Oulà, vraiment aucun doute, Black nous cache quelque chose. Ses amis paraissent être de mèche, ils se contentent d'acquiescer sans faire aucun commentaire. J'échange un regard avec ma fratrie. Il faudra être prudent, et surtout garder les petits à l'œil. Ne jamais leur tourner le dos. Ce sont les règles élémentaires. J'ai de plus en plus peur qu'ils n'aient une très mauvaise idée.
Black est bon comédien, en plus. Il réussit à sortir son mensonge sans montrer une seule fois qu'il prêche l'inverse de ce qu'il pense. Doué, le gars. Presque autant que moi.
Je ne baisse pas mes gardes du reste de la journée. Mes sœurs non plus. Rien ne se passe, pourtant. Etrange…raison de plus pour demeurer attentives.
Ce n'est qu'une heure avant le dîner – alors qu'Aphrodite gâtifie avec les jumeaux pour coucher Pyrrhus – que nous recevons de la visite.
Nous sommes dans la chambre qui nous a été assignée. Léto fait un château de cartes, Déméter travaille, Mnémosyne tente de renverser le château de Léto, et je joue aux échecs face à Maïa. Les triplés nous tiennent compagnie, c'est-à-dire que Jason essaye de tricher à la bataille explosive face à Ajax, et qu'Ulysse compte les points.
Quelqu'un frappe à la porte. Ce n'est pas Aphrodite, elle ne prendrait pas cette peine. Mais – pour autant que je puis en entendre – le coup est…légèrement hésitant. Je me demande…
Mes sœurs et moi échangeons un coup d'œil. A cette heure-ci, de cette manière, ça ne peut être que les Maraudeurs. Drôle d'idée. Je savais qu'ils étaient stupides, mais pas au point de venir se jeter dans la gueule du loup. Enfin, ça c'est ce que je croyais.
J'ouvre la porte d'un coup de baguette. Les Maraudeurs sont sur le seuil.
