Bonjour à tous ! Voilà le chapitre suivant, désolée pour les quelques jours de retard... Bonne lecture !
Rappel : les dialogues en italique correspondent au Fourchelangue, en gras à la télépathie et le texte en italique exprime les pensées des personnages.
Chapitre 25 : Retour
Harry était furieux. Il n'y avait pas d'autre mot pour décrire son état. Ils l'avaient renvoyé chez lui juste pour un petit mal de tête. Bon, d'accord, un gros mal de tête. Et, connaissant Remus, il ne le laisserait pas repartir avant les vacances de Pâques. Voit le côté positif des choses, souffla une petite voix dans sa tête. Tu as une semaine de vacances supplémentaires.
Pff. Une semaine de vacances en plus, mais à quel prix ? Avec un peu de chance, Sythelia rentrerait pendant qu'il était là, mais rien n'était moins sûr. Certes, il y avait Remus et Sirius, mais à part par lettres, il ne leur avait parlé qu'à Noël. Ce n'était pas comme s'il les connaissait vraiment. Ca ne tient qu'à toi de les connaître plus… Il maudit la petite voix dans sa tête qui avait le don de lui envoyer les pensées qu'il voulait le moins entendre.
Il soupira une énième fois depuis qu'il s'était levé. Il avait besoin de remettre de l'ordre dans ses idées et avait une technique idéale pour cela. Il se leva et se rendit à l'extérieur de la maison, après un vague salut à Remus qui lisait dans la cour. Arrivé dehors, il poussa un long sifflement strident qui fit sursauter le loup-garou.
Harry sourit en voyant son cheval arriver. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait plus monté.
- Comment tu vas, vieux ? fit-il lorsque sa monture arriva à sa hauteur. Ca faisait un bout de temps, hein ?
Le cheval hennit vigoureusement et Harry monta d'un bond sur son dos. Ils partirent aussitôt au galop, plantant là Remus qui était venu voir à quoi correspondait le sifflement.
Le vent s'engouffrait dans ses cheveux alors qu'il parcourait la plaine à toute allure. Il ne se souciait pas de l'endroit où il allait, laissant son cheval choisir pour lui. Tout en galopant, il réfléchissait. Il était certain que ç'avait été Voldemort, dans la forêt. Mais pourquoi avait-il ressenti une telle douleur à sa cicatrice ? Il n'avait jamais entendu parler de cicatrices qui faisaient souffrir lorsque la personne responsable était présente. Ca n'avait aucun sens.
Son cheval s'arrêta brusquement. Il avait contourné presque tout le lac et était sur la rive opposée, à un des endroits que Harry préférait pour se baigner. Il sourit à son cheval après avoir sauté à terre.
- Je t'adore, toi. Tu sais toujours quoi faire pour me remonter le moral, hein ?
En réponse, son cheval lui donna un vigoureux coup de naseaux dans le dos qui le fit tomber dans le lac.
- Hey ! Je serais rentré tout seul, pas la peine de me pousser ! Et en plus je deviens fou, si je me mets à parler à mon cheval.
Cheval qui, en réponse, poussa un hennissement d'indignation.
- Oups, je t'ai vexé là, non ? Tu ne veux pas te baigner, toi aussi ? Je n'ai jamais vu un cheval dans l'eau…
Il ressortit, dégoulinant d'eau, pour essayer d'attirer son cheval dans le lac. Peine perdue, ce dernier était fermement campé sur ses sabots et refusait de bouger.
- J'abandonne. Tu m'emmènes au cratère ? Peut-être qu'il y aura un des dragons…
Il remonta sur son dos et le cheval repartit au triple galop.
- T'es en pleine forme, toi, aujourd'hui ! Tu ne connais pas autre chose que le galop ?
Ils arrivèrent rapidement en haut du cratère. Là, Harry eut la surprise de sa vie. Sirius était assis et regardait fixement le dragon noir, le seul présent. Ils paraissaient plongés en pleine conversation.
- Je dérange ? demanda mentalement Harry.
Les deux se tournèrent en même temps vers lui. Sirius affichait une expression surprise.
- Harry ? Tu n'es pas en cours ?
- Visiblement, non, fit Shruikan d'un ton ironique.
- Shruikan, tu sais où est Maman ? Remus m'a dit que ça faisait un mois qu'elle n'était pas rentrée.
- Non, je ne sais pas où elle est. Elle a fermé son esprit à toutes les communications. Mais ne t'inquiète pas, ça lui arrive régulièrement. D'ailleurs je ne serais pas surpris qu'elle revienne bientôt nous demander un service.
- D'accord. Je suppose que je ne peux rien faire.
- Non, en effet.
- Je me sens inutile.
- Tu ne l'es pas. Avant que tu ne viennes, elle devait faire… ce pour quoi elle est partie à peu près tout les deux mois, alors que c'est la première fois depuis que tu vis avec elle. Sirius, tu as retenu ce que je t'ai dit ?
- Oui, merci.
- Bien, je vais vous laisser alors. J'aimerais avoir le temps de dormir avant de repartir.
Comprenant qu'ils étaient congédiés, Sirius et Harry repartirent. Ils décidèrent de rentrer à pied à la maison, puisque Sirius n'avait pas de cheval. En descendant le cratère, ils tentèrent d'engager une conversation. Harry expliqua, réticent, que Severus l'avait expédié au domaine parce qu'il avait croisé Voldemort dans la forêt. Sirius eut la gentillesse de ne pas répéter le discours de Severus et de Remus sur l'importance de rester en bonne santé et la réaction de sa mère s'il était blessé par un « abruti de mage noir ». Avec un haussement d'épaule, il lui affirma ne pas aimer trop respecter les règles et ajouta qu'il comprenait parfaitement la réaction de Harry et que lui-même aurait sans doute fait pire.
- Pire ? Comment tu veux faire pire ?
- Je me serais planqué quelque part à proximité des cuisines et aurait laissé les autres en plan jusqu'à ce qu'ils me trouvent. Au fait, tu sais où sont les cuisines ?
- Je le savais trois jours après la rentrée, oui.
- Waouh ! Nous on a mis presque deux mois à les trouver !
- Incroyable ! J'ai battu les Maraudeurs sur l'exploration du château !
- C'est juste qu'on n'était pas encore formés, à l'époque. Sinon, tu ne nous aurais jamais battus.
- C'est ce qu'on dit ! Forts en parole, mais pas en actes…
- Dis-moi, Harry, je sens que tu voudrais qu'une blague te tombe dessus. Je me trompe ?
- Une blague de la part du grand Sirius Black ? C'est trop d'honneur pour le pauvre petit étudiant que je suis.
- Mais non, c'est un cadeau spécial pour mon filleul.
- Filleul ? Tu es mon parrain ?
- Bah oui, tu ne savais pas ?
- Si je te demande, c'est probablement parce que je ne savais pas.
- Ah là là ! On sent l'influence de ta mère dans tes paroles ! Tu ne voudrais pas faire ambassadeur, par hasard ?
- Je ne sais pas ce que je veux faire. Pour l'instant je vais tenter d'avoir mes examens, d'accord ? Je me laisse jusqu'au BUSEs pour choisir mes options.
- Sage décision. Moi je m'étais laissé jusqu'à mes ASPICs pour choisir.
Ils rirent, allégeant l'atmosphère. Harry s'arrêta soudain.
- Tu as quand ta nouvelle baguette ?
- Dès que ta mère revient. Il faut qu'elle convainque Ollivander.
- Tu me fais réviser après ?
- Demande à Remus, il est plus doué que moi pour expliquer aux autres. Mais d'accord, je te fais réviser.
En parlant, ils étaient arrivés à la maison. Remus les attendait, mourant visiblement de faim.
- Bien, maintenant que les promeneurs sont rentrés, le loup-garou affamé va peut-être pouvoir prendre son repas de midi ?
Le repas se déroulait dans une atmosphère joyeuse. Harry avait finalement décidé de suivre les conseils de sa « petite voix » et tentait de mieux comprendre les deux adultes. Et comme les Maraudeurs voulaient connaître le fils de leur meilleur ami, c'était questions traîtres (« combien de fois tu as fini dans le lac après une bataille d'eau trop enthousiaste ? »), générales (« tu comptes faire quoi une fois innocenté ? ») ou même intimes (« à quel âge tu as été mordu par un loup-garou ? »). Malgré la tension de certains sujets, l'ambiance restait au beau fixe.
Ils passèrent une journée tranquille. Harry envoya Rozano à Hermione pour lui dire où il était et lui demander les cours qu'il manquerait. Dès que l'aigle fut parti, il alla rejoindre Remus et Sirius. Il leur posa une question qui les choqua presque :
- Vous me faites réviser pour mes examens ?
Sirius le regarda fixement. C'était vraiment le fils de James qui lui parlait ? Après réflexion, il se dit que non, c'était le fils de Sythelia.
- Tu veux commencer maintenant ? demanda Remus d'un ton surpris.
- En fait…
Harry paraissait gêné à présent.
- Je me disais que si vous estimez que je suis prêt pour mes examens, vous voudrez bien m'apprendre d'autres choses…
- Il n'y a pas de problème, pour moi en tout cas, fit Remus en jetant un regard significatif à Sirius, qui acquiesça presque aussitôt. Mais tu n'es pas censé ne pas utiliser la magie ?
- Je pense que les protections suffiraient à empêcher la détection. Et puis, de toute façon, j'ai décidé que je n'allais pas utiliser une baguette répertoriée par le Ministère.
Là, les visages des deux adultes exprimaient clairement leur surprise.
- Je suis ambidextre, dit Harry comme si cela expliquait tout.
- Harry, même les ambidextres n'ont qu'une baguette, dit Remus. Parce que la magie ne circule de manière assez présente que dans un bras, même quand l'enfant est ambidextre dans la vie de tous les jours.
- Quoi ?
Harry réfléchit quelques instants.
- En fait, je ne sais pas, je n'ai jamais tenté de lancer de sort de la main gauche.
- Essaie, s'exclama Sirius, qui préférait nettement la pratique aux explications théoriques.
Essayant d'oublier les deux regards qui le fixaient avec curiosité, il sortit sa baguette de duel et la saisit dans sa main gauche. Cela lui fit une sensation bizarre au début, il n'y était décidément pas habitué. Levant son bras, hésitant, il décrivit un demi-cercle avec en prononçant fermement Lumos.
Aussitôt, ils fermèrent tous les yeux. Ce n'était pas une petite lueur qui était sortie de la baguette, mais un éclat aveuglant. Précipitamment, Harry ajouta Nox et la luminosité redevint normale.
- Harry, tu peux lancer le même sort de la main droite ? demanda Remus, visiblement impressionné par la démonstration de Harry.
Le garçon changea la baguette de main et refit l'expérience. La lumière réapparut, forte pour un garçon qui ne pratiquait la magie que depuis un an, mais nettement moins que dans l'autre main.
- Je crois que tu es plus fort de la main gauche, constata Sirius.
- Non, pas sûr, fit Remus. Tu as deux baguettes, tu dois pouvoir préférer une baguette dans chaque main. Lance le Lumos avec ta baguette normale et la main droite.
Sans comprendre, Harry s'exécuta. A sa grande surprise, sa baguette s'illumina de la même manière que lorsqu'il avait utilisé la baguette de duel combinée avec sa main gauche. Il ré-éteignit rapidement.
- Ca ne me l'a pas fait aussi fort en cours, fit-il remarquer.
- Tu contrôlais plus ton sort, sans doute, répondit Remus.
- C'est super, tu imagines l'avantage en duel, avoir deux baguettes et pouvoir lancer des sorts différents avec, s'enthousiasma Sirius. Pour peu que tu maîtrises les informulés…
- Les quoi ? coupa Harry, visiblement très intéressé.
- Les informulés, les sorts qu'on lance sans paroles, expliqua Remus. Mais tu es trop jeune pour pouvoir t'en servir, ça ne s'étudie pas avant la sixième ou la septième année.
Durant leurs petites expériences, la nuit était tombée. D'un commun accord, ils décidèrent de prendre un repas léger et d'aller se coucher afin de continuer leur conversation à tête reposée, le lendemain matin.
