Bonjour ! Voici le nouveau chapitre ! Désolé pour la longue attente, j'ai été en panne d'inspiration pendant un petit moment et il m'a fallut remettre de l'ordre dans mes idées (surtout en ce qui concernait la trame de l'histoire). J'ai souvent pleins d'idées... mais c'est plus compliqué quand il s'agit de donner un sens à tout cela. Mais je crois que là je tiens le bon bout. J'espère vraiment que ce chapitre va vous plaire. ;)

merci à tous mes followers et ceux qui m'ont mis en favoris. Vous êtes très très nombreux... (j'avoue que ça me met la pression, et du coup j'ai envie de soigner mes chapitres !) ^^

Merci à Melior Silverdjane, Mello12, Luna dans les Etoiles et Erwynia, pour vos reviews !


Mello12 : Tout à fait, le royaume des elfes sylvains est loin d'être le pays paradisiaque (contrairement à ce que pensait Elanor lorsqu'elle était plus jeune et qu'elle fantasmait à propos des elfes... allons, qui n'a jamais rêvé d'aller chez les elfes ?). Quand on lit le Silmarillon, on se rend compte que les elfes sont loin d'êtres des individus parfaits. Ils ont même énormément de défauts, et peuvent commettre des crimes. C'est vraiment un aspect de la Terre du Milieu (et de l'écriture de Tolkien) que j'aime. Tout n'est pas blanc ou noir, mais gris. J'ai essayé de donner cette nuance à Thranduil (qui je l'avoue, est devenu l'un de mes personnages préférés... il détrone largement Legolas dans mes préférences. ;D), ce n'est pas un personnage mauvais. Mais il a juste un passé très triste et torturé. Je ne crois pas qu'il serait si mauvais comme beau-père, il a quand même de nombreuses qualitées... Elanor va s'ouvrir un peu plus à Legolas dans ce chapitre, donc il est possible que tu ai la réponse à ta question. J'espère que ça te plaira !


Chapitre 26 : Les gemmes de Lasgalen

- Je savais bien que c'était une mauvaise idée. Pourquoi toi et Gimli, vous ne m'écoutez jamais ?

La voix d'Elanor était revêche, mais néanmoins emprunte d'amusement alors qu'elle jetait un coup d'œil vers Legolas, qui portait sur ses épaules un Gimli soûl et endormi. Le ronflement bruyant qui émanait du nain semblait rendre davantage rendre hilare l'elfe, qui arborait sur ses lèvres un sourire triomphant.

- Où serait le plaisir ? répondit Legolas.

Elanor lui adressa une moue vexée, mais ne put s'empêcher d'éclater de rire en voyant Legolas trébucher, pour la seconde fois depuis qu'ils avaient quittés les cuisines.

Après plus de trois heures ininterrompues d'une bataille acharnée, le nain avait à nouveau perdu face à Legolas, qui avait bu plus que trente-six coupes de vin. Gimli s'était arrêté à trente-deux. Galion les avaient observés en silence, avec une expression qui était devenu de plus en plus paniquée au fil du temps, tandis qu'ils commençaient dangereusement à vider ses réserves. Elanor avait crût plus d'une fois qu'il allait intervenir et mettre fin au pari ridicule, mais il n'avait osé s'opposer à son prince, et était finalement resté simple spectateur. Ayant les yeux écarquillés et le souffle court à chaque fois qu'un verre était bruyamment reposé sur la table.

Elle avait bien cru qu'il s'évanouir, lorsque Gimli s'était enfin effondré de sa chaise.

Elanor ricana en s'en souvenant, et songea qu'elle aussi avait bu quelques verres… et qu'elle avait l'esprit un peu embrumé.

Legolas n'en était également pas ressorti totalement indemne. Alors qu'à Meduseld, il n'avait ressenti que des picotements et des bouffées de chaleur, il avait cette fois des signes extérieurs bien plus prononcés. Sa démarche était peu sûre, si bien qu'il chancelait souvent et perdait l'équilibre. Egalement, ses yeux étaient vitreux, et il était d'une humeur anormalement joyeuse. Le rire enjoué qui s'échappait de temps à autre de sa gorge était un son si étrange, et détonnant avec sa personnalité, qu'Elanor ne pouvait s'empêcher de sursauter à chaque fois.

- Es-tu sûre de pouvoir le porter jusqu'à sa chambre ? demanda-t-elle.

- Oui, répondit Legolas. Je peux encore marcher. Je suis un elfe !

Elanor roula des yeux.

- Je préférerais qu'on évite un accident... je n'ai pas envie de vous ramasser tous les deux à la petite cuillère.

Elle jeta un regard un peu méfiant au bord du chemin étroit et vertigineux sur lequel ils marchaient. Quelques centimètres seulement les séparaient du vide. Plusieurs dizaines de mètres les séparaient du torrent de la rivière, qui se trouvait en contrebas. Un petit plongeon ferrait beaucoup de dégâts à cette hauteur, songea sombrement Elanor. Bien que ça ne pourrait pas leur faire de mal de se rafraîchir un peu…

Elle regarda Legolas qui remonta encore une fois Gimli un peu plus haut sur ses épaules. Le nain ne broncha même pas sous le mouvement brusque.

- Impossible que cela arrive, rétorqua Legolas. Je ne suis jamais tombé par inadvertance.

Comme pour le contredire, son pied heurta une bosse une protubérance dans le sol rocailleux, et il trébucha en avant. Elanor faillit crier en le voyant perdre l'équilibre, et tanguer dangereusement vers le vide. Mais Legolas put compter sur ses réflexes, et il se rattrapa de justesse, évitant ainsi de peu la catastrophe.

Elanor souffla, puis en voyant l'expression déconfite de Legolas, essaya de contenir son rire qui menaçait de franchir ses lèvres.

- Tu disais ? railla t-elle.

Legolas cligna des yeux, hagard.

- Il m'est d'avis que se sera toi qui nous portera tous les deux d'ici quelques minutes, concéda-t-il.

- Disons plutôt… que je vous laisserais tous les deux ici, et retournerais SEULE dans ma chambre, répondit Elanor en fronçant les sourcils, et en se remettant en marche.

Legolas lui lança une œillade timide.

- Tu es fâchée ? demanda-t-il.

- Quoi ?

Décontenancée par sa question, Elanor s''immobilisa et se tourna vers lui.

- Non. Je ne suis pas fâchée. Pourquoi ?

- Oh. Je croyais. Ton nez se retrousse légèrement lorsque tu es en colère, fit remarquer Legolas.

Il la regarda fixement, trouvant apparemment quelque chose de fascinant sur son visage. Elanor cligna des yeux. Legolas la regarda si longtemps, et avec une telle intensité dans le regard, qu'elle finit par se sentir embarassée et sentit une bouffée de chaleur lui monter au visage.

- Tu es très mignonne quand tu fais cette tête-là, ajouta Legolas, innocemment.

Elanor se senti fondre, littéralement, lorsqu'un sourire s'étira sur les lèvres de l'elfe. Un désir fulgurant de vouloir les prendre et de les embrasser, s'empara d'elle, et elle sentit quelque chose rugir avec violence dans son bas-ventre. Ses pupilles se rétractèrent, et une tension entre eux flotta dans l'air.

Legolas, même s'il était ivre, ne manqua pas de remarquer ce changement chez elle. Son expression sérieuse disparut, laissant place à quelque chose d'autre... qui était à mi-chemin entre l'amusement et l'envie. Il ne dit rien, mais se rapprocha lentement… comme pour l'embrasser…

Elanor faillit le laisser faire, lorsqu'elle se rappela brusquement que Gimli se trouvait là. Et qu'il était sur le dos de Legolas, qui semblait l'avoir tout bonnement oublié.

- Humm… demain… demain je danserais avec les jolies femmes poilues, marmonna le nain.

Legolas haussa les sourcils franchement surpris, et Elanor esquissa une grimace presque dégoutée. Puis l'elfe éclata d'un rire sonore, qui se répercuta dans toute la caverne.

- D'accord Gimli, mais ne vous attendez-vous pas à ce que je vous les présente, répondit Legolas, pince-sans-rire.

Gimli grommela une réponse inaudible dans son sommeil.

Elanor se couvrit le visage aves ses mains, dépitée. Le moment de tension entre elle et Legolas était terminé, et elle tenta de reprendre le peu de contenance qui lui restait, en vain. Elle fit donc demi-tour pour cacher son visage encore rougissant, et continua de marcher. Legolas la suivit, riant doucement derrière elle.

Ils atteignirent leurs quartiers au bout de quelques minutes laborieuses. Legolas descendit les escaliers menant à la chambre de Gimli, le pas hâtif, et Elanor sentit soudain qu'il était urgent de le suivre.

Elle courut presque à sa suite, voulant s'assurer qu'il arrive au bout en un seul morceau. Mais Legolas s'en sortit sans mal, et il traversa la pièce pour déposer aussitôt Gimli sur le lit, sans grande délicatesse.

- Il va dormir pendant des heures maintenant.

Elanor le rejoignit. Legolas lui adressa un grand sourire.

- Que veux-tu faire, maintenant ?

Elanor hésita.

Etait-ce vraiment le moment idéal pour partir en expédition avec Legolas ? Non, certainement pas.

- Je suis un peu fatiguée, répondit-elle. Ça ne te dérange pas si on reste dans la chambre ?

- Non, bien sûr !

Elanor prit sa main, et ils marchèrent vers leur propre appartement, que Legolas occupait toujours avec elle, d'ailleurs. Il n'avait toujours pas rejoint son ancienne chambre, comme si ce n'était que de l'histoire ancienne. Elanor n'allait pas s'en plaindre. Elle aimait lorsqu'il était près d'elle, et n'aurait peut-être pas supportée de rester toute seule dans cet espace clos. De toute façon, Legolas ne dormait pas beaucoup, et le lit était la plupart du temps occupé que par Elanor.

Mais cette fois-ci, Legolas s'allongea sur les couvertures à côté d'elle. Elanor s'adossa contre le mur, et regarda leurs mains jointes. Lorsqu'elle releva les yeux, quelques secondes plus tard, elle fut surprise de voir que Legolas avait fermé les siens, et paraissait endormi.

- …Legolas ?

- Je n'aurais pas dû boire autant, répondit-il.

Elanor se mit à rire.

- Oui, commenta-t-elle. Gimli peut être fier de lui. Il a réussi à rendre soûl un elfe. C'est un exploit.

Legolas ouvrit les yeux, et la regarda avec une lueur presque paniquée.

- Ne lui dis surtout jamais ça ! Il me le fera entendre jusqu'à la fin de sa vie !

Elanor rit. Elle se demanda quand est-ce que ça serait, et quel âge avait Gimli… elle ne le lui avait jamais demandé, d'ailleurs. Elle passa distraitement sa main sur le bras de Legolas, puis la remonta jusque dans ses cheveux. Elle n'avait jamais pris le temps de les toucher, et découvrait à présent qu'ils étaient soyeux et lisses… et non pas emmêlés comme les siens pouvaient être parfois. Legolas ferma à nouveau les yeux, et soupira de contentement. Il était rare de le voir aussi détendu, et fatigué… d'habitude c'était elle qui se trouvait à sa place, à être dorlotée par lui. Elanor était contente que les rôles soient inversés, pour une fois… elle avait quelque fois l'impression d'être une enfant, dont Legolas prenait soin, comme si elle allait se briser ou s'évaporer d'un moment à l'autre.

La respiration de l'elfe s'apaisa, et ralentit. Au bout d'un quart d'heure, Elanor en déduit qu'il s'était endormi. Elle lâcha alors sa main, et s'allongea à côté de lui, posant sa tête sur son épaule. Puis elle attendit de tomber elle aussi dans les bras de Morphée, qui ne tardèrent pas à l'accueillir elle aussi.


Les jours passèrent, et un quotidien presque ennuyeux s'installa. Elanor apprenait lentement à s'orienter dans les cavernes immenses, mais le royaume des elfes était si grand qu'elle s'y perdait très souvent. Legolas était heureusement là la plupart du temps pour la guider. Mais Elanor avait peu à peu prit goût de s'aventurer seule sous les frondaisons. Lorsque Legolas sortait dans la forêt pour partir à la chasse, elle entrainait Gimli dans ses péripéties sans même lui demander son avis.

Legolas leur avait fait découvrir quelques endroits de son royaume, dont les enclaves cachées près de la rivière, et les salles souterraines qui renfermait de nombreux trésors... de vrais trésors. Gimli avait de loin préféré l'endroit où se trouvait les joyaux et l'or de Thranduil.

Mais hormis ces quelques endroits exceptionnels, la vie dans les cavernes du roi s'avéraient peu exaltant.

Les elfes sylvains se montraient rarement, et Elanor n'avait pas tardée à découvrir qu'ils n'avaient rien en commun avec leurs parents de la Terre du Milieu. Contrairement à ce qu'elle avait connue à Fondcombe, il n'y avait ici pas de fêtes données le soir au coin du feu, et les elfes ne chantaient pas, ni ne mangeaient ensemble. Thranduil paraissait faire peu cas des banquets de réjouissances, ni se soucier de divertir son peuple.

Les cavernes étaient froides et sans vie, et les elfes avaient des mines désespérément sombres et tristes. Etait-ce tout le temps comme ça ici ? s'était demandé Elanor, étonnée. Elle commençait lentement à comprendre pourquoi Legolas mourrait d'envie de partir, bien qu'il ait décidé de rester pour elle.

Comment avait-il put grandir ici… dans un endroit aussi glacial ? Ces elfes sont froids et silencieux…

Elanor se souvenait de la première fois qu'elle avait rencontrée Legolas. Il lui avait laissé exactement cette impression sur ce balcon à Fondcombe. A présent elle comprenait mieux d'où cela venait. Cette étrangeté semblait partagée par tous ici, bien que Legolas était en réalité moins froid qu'il n'y paraissait au premier abord…

Il n'y avait pas plus aimant que lui, ni plus généreux… et blagueur. Lorsque cela lui prenait.

Peut-être se faisait-elle des idées sur ces elfes sylvains. Tavor, Galion, Feren et Deren s'étaient montrés plus que chaleureux et accueillants, en fin de compte. Non… cette morosité ambiante avait l'air de venir d'autre chose…

La bataille de Dol Guldur… les elfes pleuraient certainement encore leurs morts, trop nombreux qu'ils avaient été.

Et Thranduil… et bien, Thranduil n'était nulle part. Elanor ne l'avait pas revu depuis de nombreux jours, et elle s'était aperçut en passant près du trône, qu'il ne l'occupait pas. Par trois fois elle était passée devant, et à chaque fois, il n'y était pas.

Ça commençait à faire beaucoup.

Elanor se souvenait très bien de ce qu'avait raconté le capitaine de la garde, Deren, lorsqu'il avait essayé de convaincre à tout prix Legolas de rester. « Il s'enferme constamment dans ses quartiers, et nous interdit de sortir du palais. Nous… ne pouvons plus voir la lumière du soleil. ». Ces mots l'avaient plus que troublée, et c'est en grande partie cela qui l'avait convaincue de rester

Pourquoi Thranduil agissait-il ainsi alors que la guerre était terminée ? Cela n'avait pas de sens.

Legolas n'avait pour l'instant pas prit l'initiative d'aller voir son père. Elanor ne voulait pas le forcer, elle savait qu'il avait encore besoin de temps pour digérer leur dernière conversation. Et les elfes avaient surement besoin de plus de temps que pour les mortels. Mais plus les jours passaient, et plus Elanor commençait doucement à désespérer qu'il refuse, en définitive de se réconcilier avec son père.

Avec sagesse, elle n'avait pas soufflé mot de son entrevue avec Thranduil.

Si Legolas apprenait qu'il l'avait convoquée, et menacée en douce pendant qu'il avait le dos tourné… inutile de dire que sa réaction serait mauvaise. Et sans aucun doute prendrait-il cette excuse pour s'éloigner immédiatement du royaume des elfes.

Elanor voulait que les choses s'arrangent entre le père et le fils. Ce désaccord la mettait mal à l'aise. Et savoir qu'elle en était la cause… était plus que douloureux.

Même si les mots du roi elfes avaient été durs à son égard, il restait le père de Legolas. Et elle… et bien elle ne désirait qu'avoir une famille. L'idée d'avoir Thranduil pour beau-père était presque un rêve… un rêve lointain, qui relevait à présent du fantasme. Elanor n'avait jamais eu de père, et même celui qui l'avait adopté n'avait pas été très présent. Maggi l'avait quasiment élevée seule, avec son autre fille et ses deux fils. Elle se demandait ce que cela pouvait faire… de ressentir ce sentiment.

Legolas avait cette chance. Il n'avait pas le droit de la gâcher. Elle n'avait pas le droit de le laisser la gâcher.

Thranduil était important. Lorsqu'elle ne serait plus de ce monde, et devrait encore une fois retourner dans les cavernes de Mandos pour entamer son voyage définitif vers le monde des morts, il serait tout ce qui resterait à Legolas... qui resterait pour toujours à Valinor.

L'immortalité était en vérité un cadeau empoisonné.

Malgré tous ses efforts, Elanor ne parvenait pas à haïr Thranduil pour ce qu'il lui avait dit. Elle ne comprenait que trop bien ses préoccupations. Lorsqu'elle mourrait… qu'adviendrait-il de Legolas ? Il vivrait des millénaires seul… condamné dans sa peine. Thranduil avait remué le couteau dans la plaie, et avec la volonté de la briser.

Elanor ne savait si elle devait se sentir furieuse ou coupable. Durant de nombreuses semaines, elle s'était efforcée de ne plus penser à ce problème. Et elle avait presque réussit en quittant le Gondor, mais tout lui était revenu comme un boomerang, lorsque Thranduil l'avait accusée de mettre en péril l'avenir de son fils.

Mais que pouvait-elle faire ?

Legolas avait déjà choisi. Et ce n'est pas elle qui pourrait le faire changer d'avis. Elanor avait toutefois repensé à ce qu'avait suggérer Thranduil… quitter Legolas. Mais aurait-elle la force de le faire ? Et puis, était-ce vraiment utile ?

Legolas était un elfe après tout. Il ne pouvait effacer ses sentiments, et revenir en arrière, comme si de rien n'était. L'amour et la passion qu'éprouvaient les elfes étaient bien différentes de celles des hommes… en cela, Thranduil avait eu raison. L'immortalité les condamnait à aimer un seul être. Mais il avait tort sur un point.

Il ne pourrait changer les sentiments que Legolas avait pour elle. Même s'il y mettait toute son énergie.

Elanor sortit de ses pensées, et regarda son épée Niphredil qui était posée sur ses genoux, et qui luisait doucement d'une lueur argentée. Tant de choses s'étaient produites depuis qu'elle avait vraiment appris à s'en servir. Fondcombe, la communauté de l'anneau, la Moria… et tout le reste. Tout cela en un an. C'était presque trop.

Et maintenant, il lui faudrait aller à Valinor, une dernière fois avant la fin. Qu'y ferait-elle ? Est-ce que Legolas l'accompagnerait ? Il avait éprouvé son désir de l'accompagner dès qu'elle le lui avait annoncé. Mais Elanor ne lui avait pas spécifier quand elle partirait. Elle-même ne le savait pas.

Mais elle savait au fond d'elle qu'elle ne pourrait s'attarder. Son corps était déjà fatigué, et ses forces diminuaient de jour en jour. L'anneau d'Angmar lui avait laissé un mal qui ne cessait de la faire souffrir. Et il n'y avait peut-être qu'à Valinor qu'elle pourrait commencer à guérir…

Mais Legolas était-il prêt à partir ?

Elanor se leva, et quitta la petite crique dans laquelle elle avait trouvée refuge. Ses pas la menèrent au hasard, dans le dédalle des souterrains. Sans faire vraiment attention, elle prit un escalier descendant, croyant que celui-ci la ramènerait vers sa chambre, là où Legolas devait certainement l'attendre.

Il était parti il y a trois heures dans la forêt… il était surement renté depuis peu. Elanor espérait qu'il avait réussi à attraper du gibier aujourd'hui. Son ventre gargouilla, comme pour lui rappeler sa faim.

Oui… un bon gigot de-

Elanor s'immobilisa net au pied de l'escalier.

Son regard demeura braqué vers le fond de la pièce, dans laquelle elle venait d'entrer. Ce n'était pas un passage menant vers l'autre côté de la caverne.

Non, c'était les appartements de Thranduil.

Le sang d'Elanor se glaça.

Le roi elfe était là, évidement, et avait le dos tourné. Elle s'attendit un instant à ce qu'il se retourne avec un masque de colère, dérangé par son arrivée, mais il n'en fit rien.

Elanor retint son souffle, osant à peine respirer. Thranduil était occupé à regarder quelque chose devant la table des vins… c'était comme s'il ne l'avait pas entendue. Etrange, songea-t-elle. Les elfes avaient une ouïe pourtant développée, et Legolas pouvait l'entendre arriver au moins trois minutes avant qu'elle n'atteigne sa chambre.

Qu'est-ce que Thranduil était en train de faire ?

Elle ne parvenait pas à voir ce qu'il regardait, mais cela devait être très beau. Et ce n'était certainement pas l'un des fioles de vin qui se trouvaient alignés sur la table devant lui. Non c'était autre chose… mais quoi ?

Malgré la situation, Elanor ne put retenir un élan de curiosité, qui la poussa à rester planter là. Un halo de lumière éclairait le visage de Thranduil, illuminant doucement sa chevelure argentée qui était à présent d'un blanc immaculé. Elanor était à la fois hypnotisée par la scène, et la beauté qui se dégageait de Thranduil à ce moment, mais aussi terrifiée à l'idée qu'il puisse la surprendre tout d'un coup. Si jamais il la découvrait ici… elle passerait un sale quart d'heure.

Elanor n'avait pas envie de tenter le diable. La colère de Thranduil était la dernière chose qu'elle désirait provoquer. Surtout qu'elle était seule, avec lui. Legolas ne pourrait pas lui sauver la mise cette fois.

Elanor fit donc un pas en arrière, et remonta doucement l'escalier, essayant de rester aussi discrète qu'elle le pouvait. Lorsqu'elle arriva en haut, elle souffla, mais le raclement de son épée contre la paroi du mur la pétrifia soudain de peur.

Quelques secondes d'écoulèrent, durant lesquelles rien ne se passa. Thranduil ne sortit pas, furibond. Mais Elanor ne tenta pas sa chance plus longtemps, et détala, marchant aussi vite qu'elle le put.


- Aimerais-tu sortir dehors avec moi ?

Elanor se redressa, et son visage s'illumina.

- Oui, d'accord ! répondit-elle.

Legolas lui attrapa la main.

- Bien, alors suis-moi.

- Nous allons chasser ? demanda Elanor.

Legolas secoua la tête.

- Non, je voudrais te montrer quelque chose.

L'excitation d'Elanor s'accentua légèrement. Alors qu'ils marchaient en direction des grandes portes de la caverne, menant à la sortie, Elanor vit que quelques elfes se trouvaient là. Deren, le capitaine de la garde en faisait partie.

- Monseigneur, êtes-vous sûr de vouloir y aller seul ? Nous pouvons vous accompagner-

- Non merci, Deren. La forêt est sans danger. Et puis, nous avons connu pire que ça. Nous n'avons pas besoin d'escorte.

Deren inclina la tête, et s'écarta pour les laisser passer.

Ils sortirent à l'extérieur, et Elanor faillit soupirer d'extase en voyant la lumière du soleil. Elle n'avait pas mis les pieds dehors depuis une bonne quinzaine de jours. Et si cela convenait parfaitement à Gimli, qui était un nain, ce n'était pas le cas pour Elanor, dont le teint commençait à grisonner.

- Je suis désolé. J'aurais dû te le proposer plus tôt, dit Legolas en la regardant étirer ses bras au-dessus de sa tête, et sourire.

Elanor haussa les épaules.

- Mieux vaut tard que jamais.

Elle traversa le pont, suivit par Legolas qui adressa un dernier signe de tête aux elfes laissés en arrière. Elanor se retourna brièvement, et vit qu'ils les suivaient attentivement des yeux, alors qu'ils s'éloignaient.

- Pourquoi sont-ils aussi inquiets ? Ce n'est pas comme si nous traversions toute la forêt, fit-elle remarquer à Legolas.

- Certains crois que les orques pullulent encore sur nos terres. Je ne serais pas surpris que mon père leur a demandé de nous suivre.

Est-ce vraiment surprenant ? songea Elanor, ironiquement.

- La forêt… elle a encore l'air d'être malade.

- Ça a toujours été comme ça. Je ne pense pas que ça changera maintenant.

- Mais maintenant que Dol Guldur a été détruite, est-ce que ça ne va pas aller mieux ? demanda Elanor.

- Je ne sais pas, répondit Legolas. Il est peut-être déjà trop tard. Le mal a sévi ici pendant plus d'un millénaire.

Elanor fronça les sourcils.

Elle s'approcha d'un arbre et posa la main contre son écorce noire. Legolas la regarda faire, un peu perplexe et interrogatif.

Elanor ferma les yeux, essayant de sentir un cœur pouvant battre dans le bois qui était sous ses doigts.

Et elle le sentit… il y avait quelque chose, comme une légère pulsation.

Elle n'avait encore jamais expérimenté cela auparavant. Et c'était formidable ! Depuis qu'elle était revenue en Terre du Milieu, avec les pouvoirs de Melian, tout avait changé. Elle pouvait à présent sentir les choses avec plus d'intensité, et ressentir la vie autour d'elle.

Les arbres de la forêt noire étaient bien vivants… mais leurs cœurs faibles, et corrompus par la noirceur des ténèbres.

- Je le sens ! haleta Elanor. Ils sont vivants.

L'elfe la regardait comme s'il lui était poussé une deuxième tête.

- Comme y arrives-tu ? C'est impossible ! Même moi je ne le peux pas.

Legolas s'approcha et posa à son tour sa main sur l'arbre. Il n'y décela rien.

- Recommences encore, lui suggéra Elanor.

L'elfe hésita, puis posa à nouveau sa main. Plus longtemps.

- Tu devrais le sentir. Là, dit Elanor.

Sa voix résonna dans l'esprit de Legolas, comme une onde puissante, qui le bouleversa. Les yeux bruns d'Elanor étaient teintés d'une lueur étrange d'enthousiasme contrôlé.

Legolas sentir alors quelque chose sous ses doigts, et il faillit sursauter.

- Tu as raison. Je peux le sentir, dit-il.

Un sourire illumina le visage d'Elanor.

- Il suffit de savoir écouter, répondit-elle.

Legolas la regarda longuement, ayant soudain l'impression de se retrouver face à une autre Elanor… beaucoup plus sûre d'elle, et plus âgée. Ce n'était pas la première fois qu'il avait ce sentiment. Et cela avait commencé depuis qu'elle était revenue…

Legolas se détacha de l'arbre, et la dévisagea. Elanor fronça les sourcils.

- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-elle.

- Je me disais juste…

Il se tut, puis prit sa main brusquement, et l'attira à lui.

- Viens, il y a un endroit que je veux te montrer.

- Hein ?! s'exclama Elanor.

Legolas l'entraîna sur plusieurs centaines de mètres, sans qu'elle n'ai le temps de protester ou de lui demander plus d'explications. Il fini par s'arrêter au pied d'un immense arbre.

Elanor leva la tête vers la cime des feuillages émeraudes, et haussa les sourcils avec inquiétude, comprenant que Legolas avait l'intention de monter en haut.

- Prête ? demanda Legolas.

Elanor tourna la tête pour le regarder. Elle s'attendit à voir une échelle, ou une corde… ou quoique ce soit, qui puisse leur permettre de grimper. Mais elle ne vit rien.

Elle ouvrit la bouche, mais avant même qu'elle n'eut le temps de parler, Legolas lui donna son arc et son carquois de flèches.

- Je vais te porter, lui dit-il.

Elanor hocha la tête. Elle passa l'arme dans son dos, sans poser de question, puis passa ses bras autour du cou de Legolas. A califourchon sur son dos, il passa ses bras sous ses jambes et la souleva comme si elle était aussi légère qu'une plume. Elanor enroula fermement ses mains sur ses épaules, tout en agrippant les pans de sa tunique.

Legolas fit alors son ascension. Il monta vite. Plus vite qu'Elanor ne le pensait, en s'aidant des branches et des lianes qui se trouvaient là.

Elanor plongea son nez dans la nuque de l'elfe, osant à peine regarder le sol…

Elle eut le malheur de le faire une fois, par curiosité, et le regretta.

Il y avait au moins d'une dizaine de mètres de vides en dessous d'eux… et Legolas pendait dangereusement au bout d'une liane.

La panique l'envahit aussitôt, et une image dans son esprit superposa à celle qu'elle voyait vraiment… celle d'un champ de bataille sous elle, et un Nazgul au-dessus de sa tête, qui la tenait entre ses griffes. Puis qui la lâchait dans le vide…

Elanor ferma les yeux, les battements du cœur affolé par la terreur. Legolas s'immobilisa, et tourna la tête vers elle, ayant senti son désarroi.

- Ça va ? demanda-t-il, inquiet.

- Oui… oui. Continues. Continues d'avancer.

Legolas acquiesça, et monta la dernière quinzaine de mètres qui les séparaient du sommet. Tout en haut, se trouvait également un talan. Elanor posa les pieds à terre avec soulagement, mais resta accrochée au bras de Legolas.

- Tu es très pâle, tu es sûre que ça va ? demanda Legolas.

- Je crois que… j'ai besoin de m'assoir.

Legolas lui prit le bras, et l'entraina aussitôt vers les coussins qui étaient disposés dans un coin.

- J'aimais venir ici auparavant. Certains de mes amis aussi. La vue ici est magnifique, nous avions l'habitude de regarder les étoiles... avant que les orques n'envahissent nos terres.

- C'est très beau.

Un peu plus apaisée, Elanor put enfin apprécier le panorama. Elle posa sa tête contre l'épaule de Legolas, qui passa un bras autour d'elle pour lui apporter du réconfort.

La Forêt Noire s'étendait devant eux à perte de vue, comme une marée d'émeraude, aussi chatoyante que des joyaux. Le soleil dérivait lentement vers l'horizon, se rapprochant d'une montagne solitaire qui se trouvait au loin…

- Est-ce que c'est… ?

Elanor se redressa brusquement. Une vague d'excitation, presque enfantine l'envahit, et elle eut soudain l'envie irrépressible de bondir sur ses pieds.

- La montagne solitaire, oui, répondit Legolas.

- Erebor… le royaume des nains, murmura Elanor.

Des étoiles brillaient dans ses yeux. Depuis que Bilbo lui avait raconté ses péripéties, elle avait développé une fascination pour cet endroit… où avait hiberné le dragon Smaug, le dernier de sa race.

- Gimli aurait aimé venir ici.

Legolas acquiesça.

- J'aurais aimé lui montrer. Mais je ne crois pas qu'il aurait aimé que je le porte jusqu'ici.

Elanor éclata de rire.

- Oui, sans aucun doute.

Legolas tourna la tête, et lui adressa un sourire.

- Nous pourrons revenir autant de fois que tu le veux.

- J'adorerais, répondit Elanor.


- Attendez de voir la grande salle ! Ces festins, ces chansons au rythme des couverts et des pieds ! s'exclama-t-il. Ah ça oui, mes amis ! Vous allez aimer !

Assis à côté de lui, sur un rocher au bord du lit de la rivière, Legolas releva la tête pour regarder Gimli.

- Sans aucun doute, vous me mettez l'eau à la bouche, répondit l'elfe.

Le nain s'enorgueillit.

- Que diriez-vous d'aller à Erebor avant le solstice d'hiver ? proposa Gimli. Vous et Elanor pourriez y rester quelques temps. Maintenant que j'ai vu votre caverne, il est temps que je vous montre la montagne.

Son excitation était aisément perceptible dans sa voix. Les pieds dans l'eau, Elanor s'approcha d'eux, tout en prenant garde à ne pas tremper le bas de son jupon.

Legolas était occupé à tailler une flèche, mais il abandonna vite son occupation pour méditer la proposition de Gimli.

- Oui, d'accord. Je dois avouer que vous piquez ma curiosité, mon ami, répondit-il. Qu'en penses-tu Elanor ?

Legolas tourna la tête vers elle.

- Pourquoi pas…

La réponse d'Elanor manquait d'assurance. L'elfe fronça les sourcils, et elle crut bon alors de se justifier.

- Je me disais juste… je pense que ce ne serait pas avisé de partir maintenant. Nous venons tout juste d'arriver, répondit-elle.

- Nous sommes déjà ici depuis deux semaines. Nous pourrons toujours revenir plus tard, après que Gimli nous ai montré son royaume.

Legolas la regarda presque avec espoir.

- Tu crois que ton père acceptera que nous revenions ? interrogea Elanor, suspicieusement.

L'elfe se figea, perdant un instant son air enjoué. Une ombre passa sur son visage, et Elanor regretta presque d'avoir fait mention de Thranduil.

- Je n'ai pas besoin de son autorisation pour entrer ou sortir d'ici, répondit Legolas. C'est aussi mon royaume.

Legolas se remit à tailler sa flèche, mais ses gestes étaient un peu plus brusques et rapides qu'auparavant. Elanor perçut son irritation, et elle marcha jusqu'à lui, s'arrêtant devant ses genoux.

- Tu devrais aller le voir, et essayer de lui parler… au moins une fois. J'ai l'impression qu'il y a quelque chose d'anormal. Peut-être qu'il se montrera compréhensif avec toi...

- Permet-moi d'en douter.

Elanor cligna des yeux.

Elle eut soudain l'impression étrange, et troublante de se retrouver face à Thranduil lui-même. La ressemblance de Legolas avec son père était à cet instant frappante.

Tout dans son expression… le regard bleu acéré, la voix pondéré et l'intonation presque arrogante, lui rappelait le roi elfe. Elanor resta immobile, comme pétrifiée.

- Il n'écoute personne d'autre que lui, continua Legolas. C'est inutile de discuter avec mon père. Lorsqu'il a une idée en tête, personne ne peut le faire changer d'avis.

Est-ce que l'entêtement était aussi un trait de caractère de famille ? De toute évidence. Elanor posa ses mains sur les cuisses de Legolas et se pencha en avant pour attirer son attention.

A côté, Gimli se racla la gorge, et se détourna pudiquement du couple.

- Legolas, ton père risque de très mal le prendre si nous le quittons maintenant.

Thranduil leur avait déjà accordé une chance. Cela signifiait quelque chose.

Et Elanor n'était pas prête à décliner cette main qui était tendue. Même si les intentions du roi étaient encore troubles… surtout à son sujet.

Legolas leva les yeux.

- Ca ne me dérange pas de partir d'ici, Elanor. Après tout, il est fort probable que je ne revienne plus jamais.

Elanor écarquilla les yeux à ses mots, et Legolas glissa ses mains par-dessus les siennes, et les serra.

- L'avis de mon père m'importe peu. Il ne comprend pas. Il ne sait pas ce qui s'est passé entre nous. Je te suivrais où que tu ailles, même à Valinor, dès demain s'il le faut.

- Je… je ne sais pas encore quand je vais partir Legolas, bégaya Elanor. Cela peut se produire n'importe quand. Est-ce vraiment ce que tu veux ?

- Bien sûr.

Le visage de Legolas se renfrogna.

- Je ne t'abandonnerais pas ! Plus jamais, tu m'entends ?! s'exclama-t-il. Si tu pars, alors je pars aussi.

Il serra leurs mains dans un étau, et Elanor sentit la culpabilité et la joie exploser en elle. Gimli avait relevé la tête, et l'air qui apparut sur son visage trahit sa déception. Elanor ne manqua pas de le remarquer.

- Legolas… nous avons encore le temps. Prends le temps de réfléchir. Il ne sert à rien ne nous précipiter, surtout en nous mettant Thranduil à dos. Je préfère avoir ton père comme allier, que comme ennemi…

Legolas resta silencieux, considérant ses paroles.

- Et puis, j'aimerais bien que nous soyons en bons termes, ajouta Elanor. Pas toi ?

Il hésita quelques secondes, puis acquiesça. Mais l'air qui était sur son visage en disait autrement.


Elanor réalisa au bout de quelques jours que Legolas n'irait pas voir Thranduil. En tout cas, pas pour renouer une conversation.

C'était encore trop tôt, songea amèrement Elanor. Mais alors… partiraient-ils sans en avertir Thranduil ?

Elanor n'était pas rassurée à cette idée. Il n'était pas question qu'ils partent comme des voleurs.

Les deux elfes, père et fils, étaient aussi bornés l'un que l'autre, et ne s'adressaient plus la parole.

Depuis qu'elle l'avait surpris dans ses appartements royaux, Thranduil n'avait plus donné signe de vie. Ce n'était pas un gros changement par rapport à la dernière fois, d'ailleurs.

Alors qu'Elanor marchait en direction des quartiers du roi, elle se demanda si ce qu'elle faisait n'était pas suicidaire. Thranduil n'allait surement pas l'accueillir à bras ouverts, et surtout pas après qu'elle se soit introduit la dernière fois dans ses quartiers privés, sans y avoir été invitée.

Mais après tout… la porte était ouverte. Si les elfes ne voulaient pas être dérangés, ils n'avaient qu'à mettre des portes. Comme tout le monde.

Toutes sortes de scénarios, du pire au meilleur, allaient et venaient dans son esprit. Elanor avait l'envie irrépressible de faire demi-tour. Elle ne savait même pas si elle parviendrait à retrouver le chemin qui menait aux appartement de Thranduil.

Ces grottes étaient de vrais labyrinthes, et toutes les entrées se ressemblaient. Elle ne rencontra aucune résistance dans sa progression, ni même lorsqu'elle atteignit l'escalier qu'elle pensait être le bon.

Aucun garde ne se trouvaient devant l'entrée, comme cela avait été le cas lors de sa dernière visite.

Elanor entra à pas feutrés dans la pièce. Et elle fut déçue.

Il n'y avait personne.

Thranduil n'était pas là. Après quelques secondes d'hésitation, son regard fut aussitôt attiré par le petit coffret qui se trouvait sur la table basse.

C'était à cet endroit que Thranduil avait regardé quelque chose la dernière fois…

Elanor s'approcha doucement. Ce coffret était déjà là lors de sa toute première entrevue avec Thranduil. Il n'avait pas bougé.

Cela voulait donc dire qu'il renfermait l'objet de la fascination du roi elfe.

Qu'est-ce que c'était ?

Elanor savait que ce qu'elle faisait été dangereux… et qu'elle jouait avec le feu. Le coffret était un peu plus grand qu'une main d'homme, et en bois laqué. Avec hésitation, elle avança la main, puis l'ouvrit.

Une exclamation admirative s'échappa de ses lèvres.

A l'intérieur du coffret se trouvait l'une des plus belles choses qui lui avait été donnée de voir. C'était un collier, sertis de milliers de gemmes blanches scintillantes. Une parure de femme. Ce bijou avait été réalisé par un orfèvre visiblement habile, tant la finition était complexe et travaillée.

Elanor n'avait jamais vu un tel trésor de toute son existence, et même ce qui se trouvait dans les cavernes de Thranduil faisait piètre mesure à côté de cet artéfact.

Ne pouvant se retenir plus longtemps, Elanor tendit la main pour effleurer la pierre centrale, qui reflétait une lumière blanche cristalline. Mais alors que ses doigts n'étaient qu'à quelques centimètres, prêt à la toucher… une autre, beaucoup plus grande et masculine, s'enroula autour de son poignet, la stoppant dans son geste.

- Qu'êtes-vous en train de faire ?!

Elanor sursauta en entendant la voix de Thranduil. La main du roi la tira violemment en arrière et l'écarta de la table.

- Je vous interdis d'y toucher ! Qui vous a donné la permission de vous introduire ici ?!

- Je… je suis désolé, bégaya Elanor, atterrée.

Thranduil lui faisait face, le visage ravagé par la fureur. Ses yeux bleus lançaient des éclairs.

- Comment osez-vous ! Petite sotte !

L'emprise de la main de Thranduil sur son poignet se resserra, et Elanor gémit lorsqu'elle ressentit la douleur la parcourir.

- Je suis désolé ! Je ne savais pas-

- Vous ne saviez pas ? railla Thranduil. Est-ce que vous vous moquez de moi ?!

Quelque chose sur sa joue gauche était en train d'apparaître, faisant fondre sa peau. Une cicatrice hideuse commençait à apparaître sur tout un pan de son visage.

Elanor écarquilla les yeux.

- Sortez ! hurla Thranduil.

Comme elle ne bougea pas, pétrifiée, il l'expédia vers la sortie sans cérémonie.

- SORTEZ !

Elanor sursauta, et lorsqu'elle vit l'œil bleu du roi elfe tourner au blanc laiteux, elle prit ses jambes à son cou.

Elle courut à en perdre haleine, et remonta les escaliers quatre à quatre. Elle ne s'arrêta que lorsqu'elle fut arrivée à sa chambre.


Encore tremblante, elle n'entendit pas Legolas entrer dans la pièce.

- Elanor ?

Elle sursauta.

Legolas s'approcha, et pencha la tête pour la dévisager, sentant immédiatement que quelque chose n'allait pas. Elanor avait la tête penchée en avant, ses longs cheveux bruns cascadant devant son visage, et le dissimulant ainsi à sa vision.

Legolas s'accroupit, et écarta doucement ses cheveux. Elanor tourna la tête, mais il vit aussitôt les traces humides sur ses joues, et la frayeur dans ses yeux bruns.

- Qu'y a-t il ? demanda Legolas, surprit. Pourquoi pleures-tu ?

- Je…

Elanor chercha une réponse, mais ne parvint pas à en trouver une qui lui paraissait adéquate. Son face à face avec Thranduil, qui s'était produit il y a quelques minutes plus tôt, était encore marqué au fer rouge dans son esprit. Finalement, lorsqu'elle avait réussi à regagner sa chambre, elle avait craquée et éclatée en sanglots.

Elanor n'avait jamais été douée pour mentir, et le savait bien. Elle ne tenta donc même pas d'inventer une histoire. L'expression de l'elfe passa de l'interrogation à la curiosité.

- Que s'est-il passé ? demanda-t-il. Est-ce que tu veux en parler ?

Elanor secoua la tête négativement.

Voyant qu'elle semblait tétanisée, et que quelque chose l'empêchait de parler, Legolas se mit à s'inquiéter un peu plus.

Il prit ses mains dans les siennes, et cela parut briser légèrement la glace entre lui et Elanor. Un flot de larmes coula à nouveau de ses yeux, à la plus grande incompréhension de Legolas.

Mais lorsqu'il vit à nouveau la lueur de peur se refléter dans son regard, il réalisa qu'il n'y avait qu'une seule personne qui pouvait réussir à la mettre dans cet état...

- C'est lui… ? Tu as vu mon père ?

L'intonation de Legolas était prudente, comme s'il appréhendait d'avoir la confirmation de sa pire crainte. Elanor acquiesça faiblement.

- Il t'a menacée ?!

Legolas ne put empêcher la colère d'éclater dans sa voix, et Elanor sursauta.

- Je vais aller le voir ! Tout de suite !

L'elfe bondit sur ses pieds.

- Non !

Elanor lui attrapa le bras, afin de l'empêcher de partir.

- Cette situation a assez durée Elanor, je ne peux pas le laisser te faire du mal.

- Il était déjà bien assez en colère lorsque je l'ai quitté, répondit Elanor. Je ne pense pas que ce soit le moment idéal pour-

- Je veux savoir ce qu'il t'a dit.

Legolas s'accroupit à nouveau devant elle, et prit son visage entre ses mains. Elanor s'efforça de ne pas baisser les yeux.

- Il ne m'a rien dit, répondit-elle. C'est moi qui ait été le voir… enfin, la deuxième fois. Il m'a demandé de te quitter oui, la première fois. Juste après qu'on soit arrivés.

Le choc traversa Legolas, qui la regarda atterré.

- Pourquoi ne m'as-tu rien dis ? souffla-t-il.

Elanor évita son regard.

- J'avais peur que tu ne veuilles partir.

Les yeux bleus de Legolas s'écarquillèrent.

- Oh, Elanor…

Ses doigts se resserrent doucement autour de son visage, et il chassa les larmes sur ses joues.

- C'est de ma faute, continua Elanor. J'ai été voir Thranduil tout à l'heure, pour lui dire que nous partions… mais quand je suis arrivée, il n'était pas dans ses appartements.

Elanor fit une pause, se remémorant la scène, et les souvenirs de ce qu'elle avait vu quelques jours plus tôt. Thranduil, seul dans la pièce, en train de regarder les gemmes de Lasgalen… avec un air fasciné qui était déroutant.

Et puis ce visage défiguré par la fureur lorsqu'il l'avait pris sur la main dans le sac.

- Il y avait ce coffre sur la table, et j'ai regardé le collier qui était à l'intérieur, enchaina-t-elle, en enfouissant la tête dans ses mains. Je sais que je n'aurais pas dût, mais c'était plus fort que moi… je n'ai pas pu m'en empêcher ! Thranduil m'a surpris, et ça l'a mis dans une colère noire…

Legolas s'était redressé, et avait commencé à s'écarter d'elle pendant qu'elle lui déballait tout. Il arborait à présent une expression sérieuse et pensive.

- Un collier ? demanda-t-il, curieusement.

- Un collier de gemmes blanches, répondit Elanor. Je n'ai jamais vu de bijou aussi magnifique. Tu père doit beaucoup y tenir, car je l'ai vu l'autre fois en train de le regarder. Il ne s'est même pas aperçu de ma présence-

- Tu t'es introduit chez mon père deux fois ?! s'exclama Legolas.

Il la regarda, sidéré. Elanor s'empourpra.

- La première fois je n'ai pas fait exprès, se justifia-t-elle. Je me suis perdue.

Dans une autre situation, Legolas aurait peut-être ri de cette maladresse. Mais ce que venait de lui avouer Elanor avait drastiquement refroidi sa bonne humeur.

- Je suis désolé, dit-il avec un soupçon de culpabilité. J'aurais dû aller le voir depuis longtemps, tout est de ma faute.

Legolas se leva, et avant même qu'elle eut le temps de réagir, se dirigea vers l'escalier.

- Ne bouges pas d'ici. Je n'en aurais pas pour longtemps.

- Legolas… ! Attends !

Elanor fit volte-face, mais quand elle se retourna, l'elfe avait déjà disparu dans les ténèbres, prenant la direction des quartiers de Thranduil.

Elle avait espéré que Legolas prenne la décision d'aller voir son père. Mais ce n'était pas vraiment de cette façon qu'elle l'avait imaginée. Pas dans des conditions, aussi défavorables à un dialogue…

Tout était entre les mains de Legolas. Suivrait-il ses conseils ? Ou bien les ignorerait-il, aveuglé par la colère ?

Elanor frissonna, et serra ses bras autour d'elle. Seule, elle attendit son retour.


Thranduil sentait encore la douleur parcourir les muscles de son visage, et il lui avait fallu de bonnes minutes pour se calmer. Sa peau, désormais lisse et d'un blanc laiteux, était redevenue à la normale. Il arrivait d'habitude à contrôler son enchantement, mais de plus en plus récemment, ses émotions lui faisaient défaut.

Etait-il à ce point devenu faible ? L'idée le répugnait. Presque autant que lorsque cette fille avait osé toujours son joyau. Elle l'avait touché… comment avait-elle osée ?!

D'abord elle lui volait son fils, et maintenant elle essayait aussi de lui arracher son dernier trésor ?! Allait-elle lui prendre tout lui prendre ?

Le roi elfe fulmina durant plusieurs longues secondes, retournant incessamment le collier entre ses doigts pâles. Les gemmes blanches de Lasgalen coulaient dans ses mains comme la douceur de l'eau.

- Combien de temps encore allez-vous rester là ?

La voix familière et masculine qui retentit derrière lui, le sortit de sa transe.

Legolas ?

Thranduil détacha ses yeux des gemmes blanches, et se retourna, surprit. Son fils arborait une expression qu'il ne lui avait jamais vu. Enfin, si… une fois. Lorsqu'il avait osé menacer son ancienne capitaine de la garde, aux portes de la cité en ruine de Dale, il y a presque soixante-dix ans.

Thranduil n'avait jamais oublié le visage de son fils, traversé par la sévérité et la déception.

- Tu t'es enfin décidé à venir me voir, dit-il.

Legolas lui adressa un regard noir, et Thranduil comprit soudain qu'il était au courant de sa dernière confrontation avec Elanor.

Ah. Voilà qui est fâcheux. Le roi elfe ne s'attendait pas à ce qu'il l'apprenne aussi vite. Et il n'avait guère penser à l'explication qu'il devrait fournir à son fils, pour avoir chassé violemment Elanor de ses appartements.

- Vous l'avez effrayée, père.

Thranduil ne manqua pas de noter la dureté dans son regard bleu. Des yeux qu'il tenait de lui-même, et qui le faisaient parfois vaciller lorsqu'ils étaient accusateurs.

- Ton amie devrait apprendre à contrôler ses élans de curiosité, Legolas. Elle n'avait rien à faire ici, et eu l'outrecuidance de se mêler de ce qui ne la regardait pas…

- Est-ce donc un crime que de regarder dans un coffre ? gronda Legolas.

Thranduil fronça les sourcils, et ouvrit la bouche. Mais avant qu'il n'ait eu le temps de répondre, Legolas l'interrompit à nouveau :

- Qu'est-ce que vous tenez-là ?

Le roi elfe réalisa que son fils avait enfin remarqué le collier qu'il avait encore dans les mains. Lorsqu'il vit le collier scintillant, les yeux de Legolas s'écarquillèrent.

- Ce sont… des gemmes de Lasgalen ! s'exclama-t-il.

Thranduil serra un peu plus le bijou entre ses doigts, comme s'il avait tout d'un coup peur que celui-ci ne s'échappe. Un geste qui ne passa pas inaperçu aux yeux observateurs de Legolas.

- Où l'avez-vous eu ?

- Cela a appartenu à ta mère, répondit Thranduil.

Legolas se pétrifia. Troublé, il regarda les gemmes de Lasgalen que tenait son père, d'un nouvel œil.

- Je… je pensais qu'il ne restait rien d'elle ? dit-il, la voix enrouée.

- Oui. C'est en vérité tout ce qui reste d'elle.

Un silence tomba, durant lequel aucun d'eux n'osa parler. Thranduil baissa les yeux sur le collier sertis de gemmes blanches, l'expression mélancolique.

- J'avais prévu de le lui offrir pour notre anniversaire de mariage, révéla-t-il. Mais je n'en ai pas eu le temps...

Le visage de Legolas s'adoucit légèrement, et il parut oublier pendant un moment les raisons de sa venue, et la colère qu'il ressentait. Le jeune prince attendit respectueusement que son père reprendre la parole, sachant qu'il allait lui en dire plus, et que cela serait important.

- J'avais donné ces pierres au roi nain, Thror, afin qu'il me les sertisse sur un collier de leur fabrication, continua Thranduil, les yeux hantés d'une flamme haineuse. Lorsque je suis retourné à la montagne pour le récupérer, il a osé me les refuser, disant qu'il ne me devait rien !

Legolas serra la mâchoire.

- Il m'a jeté dehors comme un vulgaire voleur ! Refusant de me redonner les gemmes de ta mère !

La colère déforma les traits de Thranduil, et il sera le collier entre ses doigts avec tant de force, qu'il en fît pâlir ses jointures.

Legolas ne pouvait lui en tenir rigueur, cette fois. Il n'avait jamais vraiment su ce que son père voulait précisément récupérer dans la montagne solitaire, et il n'avait jamais cherché à le savoir en vérité. Il avait toujours pensé que les nains avaient volé une part de leur trésor, un héritage inestimable aux yeux de son père. Et donc qui lui appartenait aussi.

Legolas n'avait jamais eu la même passion que son père pour les joyaux, et il préférait de loin une balade dans la forêt avec pour seule compagnie son arc et son carquois de flèches. Il s'était plié pendant les premiers siècles de sa vie aux injonctions de Thranduil, et à ses conseils…pensant qu'il s'agissait des meilleurs.

Mais il avait fini par changé d'avis, lorsque les évènements autour de la montagne solitaire s'étaient produits.

Legolas réalisait à présent que cela allait au-delà de tout ce qu'il s'était imaginé. Et que beaucoup de choses lui avait échappées durant des siècles d'existence.

Certes, il comprenait mieux à présent la colère de son père envers les nains. Ce qu'ils avaient faits était exécrable.

- Comment l'avez-vous récupéré ? demanda Legolas.

- Le semi-homme me l'a offert, comme treizième part de ses droits sur le trésor, après la mort de Thorin Ecu-de-Chêne, répondit Thranduil.

Le semi-homme… Bilbo ? se demanda Legolas. Ça ne pouvait qu'être lui. Il n'avait pas eu la chance de le rencontrer, et s'il n'avait vu que de vu le petit hobbit lors de la bataille des cinq armées, il restait perplexe. Bilbo était une énigme, contrairement à Frodon, son neveu, qu'il avait appris à connaître au fil des mois au sein de la communauté.

- J'ai une dette envers ce petit homme, déclara Thranduil. Il a ma reconnaissance éternelle pour m'avoir redonné mon bien le plus précieux.

Le plus précieux ?

Legolas fronça les sourcils, songeant soudain consterné que son père avait dans sa folie sacrifié la vie de centaines d'elfes pour l'arracher des mains de Thorin Ecu-de-Chêne. Ce collier avait certes appartenu à sa mère, oui… mais valait-il le prix du sang d'immortels ?

Seul un fou pouvait faire couler le sang pour un trésor. Est-ce que son père avait perdu l'esprit, lorsqu'il avait assiégé Erebor, soixante ans plus tôt ? Pourquoi ne l'avait-il pas vu ?

Cette obsession rappelait vaguement à Legolas celle de Thorin Ecu-de-Chêne… et ce n'était pas pour lui plaire. Mais Thranduil, contrairement à l'héritier de la lignée de Durin, n'était pas atteint par la malédiction de la montagne. Il n'avait donc pas d'excuse.

Thranduil fixait toujours les pierres blanches avec un air fasciné et avide, qui agaça Legolas.

- Donnez-le moi.

Il tendit la main, et Thranduil leva les yeux.

- Donnez-le-moi, répéta Legolas avec une voix appuyée et déterminée. Tout de suite.

Diverses émotions traversèrent les yeux de Thranduil, allant de la colère à l'appréhension. Il ne voulait pas le lui donner, et cela se lisait dans son expression. Les secondes passèrent, mais Legolas ne bougea pas d'un millimètre, la main tendue.

Finalement, Thranduil leva le collier à sa hauteur, et le déposa doucement sur la paume de main ouverte de son fils. Son visage se contorsionna sous le remord et l'incertitude, et il parut aussitôt vouloir le récupérer. Mais Legolas ne lui en laissa pas le temps, et referma ses doigts sur le collier, l'éloignant immédiatement et le mettant hors de portée.

- Vous n'avez pas besoin de cela. Pourquoi le gardez-vous ? l'interrogea-t-il. Cela ne fera pas revenir mère…

Thranduil baissa les yeux vers le sol, une ombre d'infinie tristesse recouvrant son visage.

- Je vais le garder, ajouta Legolas.

- Que vas-tu en faire ?

Thranduil jeta un regard préoccupé, et désireux, vers le collier.

- Je ne sais pas encore, répondit Legolas.

Il inspira profondément, comme pour chasser toutes ses pensées négatives et reprendre du courage.

- Nous allons partir demain pour Erebor. Gimli souhaiterais retourner chez lui, continua-t-il. Nous avons l'intention de revenir. Mais nous vous accueillerez-vous ?

Les yeux bleus de Thranduil le regardèrent longuement. Il ne fallait pas être un savant pour à quoi, ou plutôt qui, le nous faisait référence. Legolas parlait bien sûr de revenir avec Elanor. Bien que le roi elfe avait plus que des réticences à laisser la jeune fille refouler le sol de son royaume, il finit par incliner la tête avec assentiment.

- Tu seras toujours le bienvenu ici, tu le sais Legolas, concéda-t-il.

Legolas hocha la tête.

Il ne manqua pas de noter que Thranduil avait uniquement spécifié le singulier, et que le pluriel n'était pas à prendre en compte. Cependant, sa réponse attestait qu'il acceptait.

C'était déjà ça de gagner. Elanor avait peut-être raison tout compte fait. Tout n'était certainement pas perdu. Cependant la route serait difficile, et Legolas n'était pas encore prêt pour ça.

Sans ajouter un mot, il se détourna alors de son père et sortit. Thranduil le suivit des yeux, hagard et désemparé, et se retrouva seul.