Hey les gens (s'il en reste dans le coin, ça fait un bon moment que j'ai pas publié de chapitre et je m'en excuse…)
Désolé d'avoir mis autant de temps à updater cette fanfiction, ça fait un moment que je devais le faire mais j'étais dans une très mauvaise passe ces derniers mois (études, tout ça, tout ça…) Mes lecteurs les plus fidèles ont reçu un message privé et savent de quoi je parle. Je pensais ne jamais en sortir, je suis passée par beaucoup d'épreuves, physiquement, moralement, et j'étais incapable de me dédier à l'écriture tant j'étais mal.
Depuis, les choses se sont arrangées pour moi. Je suis très heureuse de vous annoncer que j'ai eu mon concours, ce qui signifie qu'à la rentrée, je serai maîtresse en maternelle ! Je suis encore étudiante à côté cette année mais le plus gros est fait et j'ai réalisé mon rêve d'enfant. Ce qui représente énormément pour moi.
Moralement, je vais beaucoup beaucoup mieux. Je me suis battue pour sortir de là, j'ai pu compter sur le soutien des personnes qui m'aiment et qui m'ont encouragée à ne pas abandonner et, à force d'efforts, j'ai réussi à sortir de cette mauvaise passe pour retrouver le goût à ma vie et à mes passions que j'ai délaissées trop longtemps et que je suis trop heureuse de retrouver. Il m'a fallu du temps mais me voilà.
Je suis de retour.
Me remettre à l'écriture après tout ce temps n'a pas été facile. Mais tout me manque beaucoup trop pour que je puisse rester plus longtemps sans écrire.
L'écriture me manque, les tortues me manquent, cette fic me manque et mes lecteurs/lectrices me manquent également.
Bref, après tout ce temps et tout ce blabla, voici la suite de cette fic, en espérant que ça vous plaise.
Bonne lecture !
CHAPITRE 25 – HOUSE ON THE HILL
Le Japon.
Berceau du bushido et du ninjutsu.
Leonardo avait secrètement toujours rêvé de visiter ce pays lointain et inconnu dont il connaît pourtant si bien les traditions et l'éducation grâce à Splinter. Ce pays si mystérieux, ils avaient tous quatre appris à le connaître par les livres...par le cinéma...par tous les médias possibles et inimaginables. Mais surtout par leurs coutumes, leurs superstitions, leurs croyances...le bushido qui faisait partie intégrante de leur vie souterraine et qui avait modelé leur mentalité depuis la plus tendre enfance. Ils s'étaient imprégnés de ce pays toute leur vie si bien que lorsqu'ils l'aperçurent à travers le hublot ombragé -le seul de la soute-, telle une île perdue au loin à travers les nuages, les tortues furent agréablement surpris d'éprouver ce sentiment étrange qu'ils avaient rarement eu au cours de leur vie : le sentiment d'être chez eux...
Rassemblant toutes leurs affaires et leurs équipements sur leur carapace, ils déployèrent des trésors d'habileté pour ne pas se faire repérer lorsque l'on vint ouvrir la soute pour décharger les innombrables bagages. La nuit faisait scintiller devant leurs yeux ébahis les lumières de la ville d'Okinawa visibles depuis le lointain aéroport où ils se trouvaient. Rassurés d'enfin sentir le goudron sous leur pied et d'avoir posé le pied sur terre, ils n'eurent cependant pas le temps de se remettre de leurs émotions, se hâtant en catimini de rejoindre un énorme camion sur lequel ils montèrent rapidement pour quitter cet aéroport et rejoindre la ville, ignorant les bourrasques des vents orientaux qui faisaient siffler et voleter furieusement leurs masques.
Accroupi sur le toit du véhicule, Donatello plissa ses yeux ambrés vers la télécommande électronique de son poignet lui affichant le traceur GPS. Malgré la fatigue des vingt-deux heures de vol qui défiait leur horloge interne encore plus que les châtiments du Ha-Shi, Donatello ne montrait en rien son épuisement. Les sourcils froncés et les lèvres serrées, il fixait les indications tracées à la lueur violette sur sa machine sans broncher, comme s'il s'interdisait lui-même de montrer le moindre signe de fatigue.
Accroupi à ses côtés, Leonardo le regardait en coin en plissant les yeux, concerné par l'état de son frère. Jamais encore Donatello n'avait fait preuve d'un tel self-control, lui qui d'ordinaire paniquait dès qu'un imprévu survenait.
- Mouais...c'est pas aussi grand que New-York, grogna Raphael plus loin devant, extirpant Léo de ses pensées.
Donnie, imperturbable, ne releva pas le nez de sa télécommande, malgré les grands immeubles et les néons de couleur qui défilaient d'un côté et de l'autre du camion.
- Léo, t'as pas envie d'aller voir les temples ? lança Michelangelo en se retournant vers son frère, retenant ses pans de masque pour qu'ils ne lui giflent pas la figure à cause de la célérité du camion.
- Moi j'ai envie d'aller dans les grandes villes ! ronchonna en retour Raphael. Tout peut pas être aussi petit ici...
- Les gars, on est là pour Kessie, j'vous rappelle, siffla Donatello entre ses dents, ses yeux fusillant ses deux frères d'un air si péremptoire que Michelangelo et (même) Raphael s'en retrouvèrent taiseux.
Pinçant les lèvres, Leonardo, Raphael et Michelangelo s'échangèrent des regars chargés de non-dits alors que Donatello pianota sur sa télécommande des indications que seul lui comprenait. Ses yeux plissés derrière ses lunettes, il releva la tête vers ses frères, une lueur de détermination guerrière allumant l'ambre de ses yeux.
- ...on descend là. Le point sort de la ville… on y est presque… (puis, se tournant vers Léo, il garde le silence avant de demander avec sérieux, les sourcils froncés)...Léo...laisse-moi vous guider.
Surpris par cette demande de permission qui avait pourtant été formulée comme un ordre, le leader cligna ses yeux bleus et sourit intérieurement, secrètement rassuré de voir que ces événements n'avaient pas gommé l'intégralité de la personnalité de son frère.
Lorsque l'aîné lui adressa un signe de tête affirmatif, il crut presque voir un sourire flotter sur les lèvres de Donatello avant que ce dernier ne saute du camion pour rejoindre le toit d'un immeuble, immédiatement suivi par ses frères.
Ils l'auraient suivi jusque dans un gouffre si Donnie le leur avait demandé.
Après une longue traversée de la cité nippone rythmée par d'innombrables bonds d'immeubles en immeubles et leur totale ignorance de cette ville qui était la seconde à jamais avoir été foulée de leurs pieds mutants, ils dépassèrent rapidement les frontières urbaines pour arriver jusqu'à une terre sèche et vallonnée, presque inhabitée d'arbre et de végétation, comme si la beauté de la nature avait été exilée de cet endroit...Tapis derrière un énorme rocher dévoré par du lychen orangé qui évoquait pour eux la rouille qui dévorait les tuyauteries des égouts de New-York, ils jetèrent des coups d'oeil discrets par-dessus le roc, leurs regards convergeant vers une même bâtisse. La seule des environs.
- Alors, c'est ça le berceau du clan des Foot de Shredder…, marmonna Donatello d'une voix sombre et grave.
- ...ça ressemble juste à une maison sur une colline.
En vérité, Raphael avait lancé cela uniquement pour tenter de désacraliser un peu ce moment, mais cette demeure lui donnait quelque peu la chair de poule (pour peu qu'on puisse comparer une tortue à un volatile).
En effet, cette demeure alambiquée se fondant parfaitement dans la pérennité souveraine et traditionnelle de ce Japon rural cachait parfaitement son jeu. Les yeux réduits à deux fentes, Leonardo fixa ce manoir nippon imposant en murmurant d'une voix grave :
- ...mais c'est ici que Krang cache Kessie...et c'est ici qu'on va entrer pour la sauver.
Puis il tourna la tête vers Donatello en tendant vers lui son poing fermé, les lèvres serrées et les yeux brillant de détermination. Très agréablement surpris par cette initiative, Donatello dirigea le sien vers celui de son frère pour cogner leur phalange avec complicité.
Sans hésiter, Raphael et Michelangelo se joignirent à eux pour reproduire ce geste qui symbolisait entre eux l'union et la recherche de force et de courage avant tout combat qui s'imposait à eux. Se laissant aller à un sourire connivent et gorgé d'amour et d'énergie, les quatre ninjas s'élancèrent vers le manoir des Foot, sans plus hésiter, Donatello songeant au plus fort de son coeur mutant et battant la chamade :
« ...tiens bon, Kessie...Tu n'es plus seule...on arrive... »
Pendant ce temps-là, au fin fond de cette maison sinistre, retenue contre le froid inhospitalier d'une plaque métallique par les entraves d'acier qui sciaient et rougissaient la peau de ses poignets et ses chevilles tant elles étaient serrées, Kessie fixait le sol telle une âme damnée.
Ainsi, lorsque la porte de sa cellule s'ouvrit et se referma sans cérémonie, elle ne releva pas les yeux.
Karai s'avança vers elle, le visage impassible tel un masque de samouraï. Elle jeta un rapide coup d'oeil à une des caméras de surveillance braquées sur la captive puis se tourna vers elle presque mécaniquement.
- Krang m'envoie. Il souhaitait voir dans quel état psychologique tu te trouves.
Kessie garda les yeux clos, faisant mine d'ignorer son interlocutrice. De toute façon, l'agréabilité inexistante de Karai ne lui donnait pas la moindre envie de la regarder. Même une pierre était plus expressive que cette femme.
Effectivement, Karai exprimait peu ses émotions. Néanmoins, elle ne put s'empêcher de jubiler intérieurement en voyant l'ennemie des Foot aussi anéantie et décomposée. Cette lueur d'allégresse se lut dans sa voix sous forme de nargue.
- Je vois que tu flamboies beaucoup moins ici que lorsque tu massacrais les nôtres à New-York, sourit-elle d'un air narquois en faisant les cent pas devant elle, comme un chat observe une souris blessée contre un mur. Comme quoi...Il ne suffit pas de porter un masque pour être un super-héros...
Toujours pas de réponse. Songeant que faire un monologue n'allait pas l'amuser longtemps, Karai cessa de sourire et durcit son ton.
- Les amis des tortues sont les ennemis de Shredder. Tu le sais bien. C'était une grossière erreur de s'allier à eux.
Un coup d'oeil que Kessie lui jeta rapidement trahit l'intérêt que la kunoichi avait piqué chez elle.
- J'me demande bien ce qu'ils peuvent te trouver, ricana Karai. Leur ancienne acolyte, au moins, était agréable à regarder...
Comprenant tout de suite la référence à April, Kessie pinça les lèvres en dévisageant Karai avec mépris et lâcha sans même relever :
- Si tu es venue jusqu'ici pour me narguer, tu perds ton temps.
Au fond d'elle, elle se refusait à perdre espoir...à perdre foi en l'amitié de Raphael...en l'amour de Donnie...ils n'auraient pas pu lui faire ça...mais cette foi était aussi difficile à maintenir en place qu'un château de cartes. Aussi, le regard sombre et résigné, Kessie dirigea ses yeux noisettes vers le sol en lâchant dans un soupir :
- Vous avez gagné. Je suis seule. A nouveau. Vous avez eu c'que vous vouliez. Alors lâchez-moi.
Face à tant de mélodrame, Karai ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel, sans chercher à feindre son agacement.
- Cesse de te plaindre et de chialer, pour changer. Tu te prends peut-être pour l'héroïne d'une tragédie grecque ? Je t'en prie. Tu n'es qu'une pauvre fille qui se cache derrière le masque de son père pour se convaincre que sa vie a un sens.
Terriblement satisfaite par le tranchant de ses mots, les yeux noirs et perfides de Karai brillaient en observant Kessie...qui fit simplement remarquer en retour.
- ...dit celle qui ne vit que pour être la fille de Shredder.
Aucune animosité dans sa voix.
Ce n'était même pas un reproche, juste une remarque.
Interpellée, Karai se retourna vers Kessie qui cette fois la regardait dans les yeux, sans aucune animosité.
- ...C'est pour lui que tu fais tout ça, n'est-ce pas ? lui demanda-t-elle d'une voix éteinte. C'est pour lui que le Clan des Foot s'est allié aux Dragons Pourpres, pas vrai ?
Comme si Karai avait soudain perdu de son superbe, Kessie vit la jeune femme asiatique baisser les yeux vers le sol, soudain perdue dans ses pensées.
- ...Oui, répondit Karai laconiquement.
La jeune guerrière appuya son épaule contre le mur, balayant sur le côté une de ses mèches dont le rouge sang tranchait singulièrement avec le grain ensoleillé de sa peau cireuse.
- C'est moi qui ai ramené Krang à New-York. Et avant ça, c'est moi qui suis venue à lui au Japon...pour lui demander de ressusciter mon père.
Puis, levant les yeux vers Kessie, elle ricana froidement, sans la moindre once de joie :
- Et ça aussi, tu vas me le reprocher, j'imagine ? D'avoir ramené à la vie le pire salaud de la terre ?
C'était en ces mots que le peuple parlait de son père. Cela lui faisait mal mais Karai avait appris à vivre avec cela. Être la fille du « méchant ».
Le coeur lourd, Kessie la regarda profondément, maintenant si bien son regard que c'en était presque dérangeant. Puis elle répondit avec une douceur inhabituelle :
- Non. Je te comprends. Si j'avais eu une chance de ressusciter mon père...j'aurais sûrement fait comme toi.
Puis, baissant pensivement les yeux, ses lèvres esquissèrent une sorte de sourire en coin.
- ...on est pareilles toi et moi, quand tu regardes.
- Non. Nous n'avons rien en commun, scinda aussitôt Karai en adressant à Kessie un regard teinté d'un profond mépris.
Kessie releva à nouveau ses yeux noisette vers Karai. Cette attitude si défensive...elle la connaissait entre mille. L'attitude de ceux qui ne veulent pas qu'on leur ouvre les yeux.
- Si, insista Kessie, la voix un peu plus vigoureuse comme si cette preuve de faiblesse de la part de Karai lui donnait du courage. On est pareilles. Nous sommes deux pauvres filles qui ne raisonnons que par les armes et le combat, toutes deux attachées à notre père ! Je ne sais pas ce que Krang t'a promis mais tu ne dois pas l'écouter !
- Mais enfin de quoi tu parles ? Il est le seul de mon côté, pour vaincre ces monstres !
- Non Karai, Krang joue avec nous, c'est évident ! Il se sert de toi ! Tout ce qui l'intéresse, c'est le pouvoir ! ...et comme il l'a si bien dit « il est facile de se jouer de la naïveté d'une jeune fille »...qu'est-ce qui te dit qu'il ne va pas tout t'enlever quand il aura fini de… ?
BAOUMH !
Kessie et Karai sursautèrent et tournèrent vivement la tête vers la cellule.
- ...c'était quoi, ça ? Marmonna Karai.
Des cris lointain résonnèrent depuis le fond du bâtiment, faisant à nouveau soubresauter le coeur des deux guerrières. Des bruits lourds. Comme le bruit de meubles qu'on jetterait contre des murs.
La caméra de surveillance se mit soudain à vibrer et le micro qui y était rattaché grésilla méchamment avant de laisser passer une voix :
« ...Kessie ? Kessie, est-ce que tu m'entends ? »
Kessie écarquilla ses yeux noisettes et releva la tête, comme si cette voix venait de la ramener à la vie. Son coeur se mit à battre la chamade…
- ...Donnie.. ? murmura-t-elle du bout des lèvres, incrédule.
Les yeux écarquillés, Karai observa la caméra avec frayeur, secouant doucement la tête.
- ...C'est impossible…, bredouilla-t-elle.
« - Kessie ? Kessie, si tu m'entends, fais un signe ! N'importe quoi ! »
Kessie ne pouvait en croire ses oreilles et son coeur...
Mais si c'était possible..
Ils avaient traversé la moitié du monde pour la sauver…
Ses coéquipiers...ses frères…
Les larmes aux yeux, croyant revivre, Kessie se redressa malgré ses entraves qui réduisaient ses mouvements, hurlant à plein poumons.
- Je suis là ! Je suis là, les gars !
Un instant de silence traduisit la stupéfaction des frères qui se trouvaient Kessie-ne-savait-où dans le repaire des Foot puis une explosion de joie satura le micro, amenant à Kessie un sourire regorgeant d'espoir.
- Tiens bon, Kessie ! On arrive ! lâcha la voix de Raph.
- Ne bouge surtout pas ! dit Léo.
- On t'a pas trop manqué au moins ? Plaisanta Michelangelo.
A cet instant, Kessie aurait pu rire et pleurer tellement elle était heureuse et soulagée. Ils n'avaient pu l'abandonner...c'était fou…
Son euphorie augmenta en lisant le mécontentement et la frayeur de Karai, souriant de toutes ses dents en lâchant joyeusement :
- ..quelque chose me dit qu'ils vont botter les culs de tes Foot.
- ...Vous ne gagnerez pas, lâcha Karai en plongeant son regard acier dans celui de la jeune justicière, une lueur de rage dangereuse s'y allumant, sa voix se réduisant à un chuchotement menaçant. Tu ne sais pas ce que Krang réserve à ces tortues... Je suis dans le camp gagnant. Rejoins-nous, Kessie…
Ses lèvres à quelques centimètres du visage de Kessie, Karai plongea son regard acier dans le sien.
- Si nous sommes pareilles...alors suis-moi. Sois ma sœur de lame.
Kessie haussa un sourcil presque désabusé face à cette proposition surprenante.
Puis après quelques secondes, elle répondit simplement, sur un ton à la fois nonchalant et navré :
- ...désolé. Mais nos pères sont trop différents pour que je me joigne à toi.
Karai pinça les lèvres face à elle puis recula froidement de plusieurs pas, sans la lâcher du regard.
- Très bien. Dommage. Tu as raté ta dernière chance de t'en sortir. Tu ne me laisses pas le choix.
Puis elle lui tourna le dos, ouvrant la porte de la cellule et s'adressant à quelqu'un que Kessie ne pouvait voir.
- Tue-la.
Le sang de Kessie se gela dans ses veines. Tout son corps se crispa lorsqu'une forme gigantesque entra dans sa cellule dont la porte se referma brutalement.
Un colossal et affreux lacertilien à la peau de cuir et au regard translucide, déformé par ses attributs sauriens, son haleine exhalant d'une bouche aux crocs tueurs.
Un crocodile mutant.
Enorme.
Monstrueux.
- On y est les gars ! Vous arrêtez pas ! lança Leonardo.
- Oh ça non, lâcha Raphael entre ses dents, extirpant allègrement ses saï pour remplacer ses poings.
Plusieurs Foot valdinguèrent contre les murs comme de vulgaires sacs de pommes, retombant sur le sol les uns à la suite des autres. Bientôt, les quatre ninjas arpentèrent rapidement les couloirs, laissant derrière eux des monticules de Foot, courant à toutes jambes à travers le repaire des Foot aux longs murs métalliques.
- J'ai perdu son signal ! grommela Donatello en serrant les dents, trottinant en gardant le regard fixé sur la télécommande de son poignet.
- Ca veut dire que Krang doit pas être loin, dit Leonardo en fronçant les sourcils derrière son masque bleu, désignant une direction de son katana. Ses cris venaient de là-bas !
Bientôt, ils arrivèrent dans une grande salle rectangulaire, nue et inhospitalière, regardant autour d'eux avec perplexité en s'avançant jusqu'au milieu de la pièce.
- La déco intérieure est pas super accordée à l'extérieur, commenta Michelangelo en regardant autour de lui, resserrant ses mains sur ses nunchakus.
- ...Je vous félicite, les enfants.
Les quatre ninjas se retournèrent d'une traite.
Un immense robot applaudissant sarcastiquement s'approchait d'eux. De loin, il ressemblait à un homme à la peau argentée, métallique et empestant l'essence. Lorsqu'on le regardait plus en détail, on observait dans son abdomen un mollusque rosâtre et ignoble, dont les lueurs pâles quasi indiscernables lui servant d'yeux puaient la méchanceté et l'hypocrisie.
- ...Vous avez fait tout ce chemin et surmonté tant d'épreuves pour venir en aide à votre amie. Bravo, je dois admettre que votre détermination m'impressionne, vous êtes encore plus coriaces que je ne le pensais.
- ...J'vais m'le faire ! lança Raphael, s'élançant aveuglément vers le robot.
- J'te couvre ! s'écria Donatello en partant à sa suite, agrippé à son bo avec ferveur.
Avant même qu'ils aient pu atteindre Krang, ce dernier étira son bras métallique pour propulser les deux tortues à terre, atteignant durement Raphael en plein milieu de son plastron. Quant à Donnie, il fut éjecté en arrière par un gros de pied violent dans le flanc qui le propulsa contre le mur dans un cri de douleur.
- Raph ! Donnie ! s'écrièrent Léo et Mikey en aidant aussitôt leurs frères à se relever.
- ...Silence, stupides reptiles. Vous allez m'écouter maintenant. Je ne suis pas venu me battre ni vous détruire. Je viens vous demander une alliance.
Stupéfaits par ces mots, les quatre ninjas se consultèrent silencieusement du regard. Incrédule et méfiant, Leonardo plissa les yeux en rivant son regard azur dans celui de l'extraterrestre en répondant prudemment :
- ...une alliance ?
- Oui. A quoi sert de servir des humains qui vous détestent alors que vous pourriez les combattre à mes côtés et devenir plus forts, à mes côtés.
- On a pas besoin de ton aide pour devenir plus forts ! rétorqua Michelangelo en caressant la carapace de Raphael comme s'il y passait de la pommade.
- Si j'étais vous, je me montrerais un peu plus respectueux.
- Vous travaillez avec les Foot et les Dragons Pourpres, ces hommes qui n'opèrent que pour répandre le mal dans notre cité ! Pour quelle raison on vous devrait le moindre respect ? demanda Léo sans détour.
- Parce que sans moi, vous ne seriez jamais venus au monde.
Clignant des yeux, les quatre mutants se consultèrent du regard avant d'observer Krang d'un air méfiant.
- Explique-toi, face de chewing-gum, lança Leonardo sèchement, rivant son katana sur leur ennemi.
- Comme vous l'avez deviné, je ne suis pas de cette planète... J'ai été banni de ma dimension pour me retrouver sur terre, il y a des siècles.. J'ai été précipité sur cette planète au Japon, courant du IXème siècle... Je n'étais qu'un tas informe, privé de ma puissance...la seule puissance dont je disposais était la substance produite par mon corps...la même chose qui coule à la fois dans mes veines et dans les vôtres...le mutagène...
Alors que l'extraterrestre narrait son histoire, les mutants s'efforcèrent de regarder dans ses yeux de mutant et non celui de son robot -ce que Michelangelo trouva particulièrement difficile.
- J'étais caché dans une grotte que les habitants croyaient hantée...jusqu'ici, je survivais en tuant les malheureux humains qui venaient à moi...c'est grâce à leur matière organique que je pouvais continuer à produire du mutagène et donc à survivre...peu à peu, je gagnais ainsi la réputation de démon. Un jour, j'entendis qu'un chef de guerre avait contaminé l'eau du village avoisinant l'endroit où j'habitais... Je décidai de me présenter à eux. Grâce au mutagène, je pus guérir le peuple...Je devins pour eux "l'alchimiste"... Je leur conférai des fioles de mutagène dont l'une d'elle se retrouva, des centaines d'années plus tard, dans les mains de Sacks...je pense que ce nom vous dit quelque chose...
La stupefaction qu'il lit dans les yeux des chéloniens sembla le faire sourire.
- Oui...Le mutagène dont Sacks s'est servi dans son laboratoire pour vous créer, c'est moi qui l'ai produit.
Les traits des ninja se décomposèrent légèrement en fixant le robot dans une moue partagée entre le dégoût et l'incompréhension...
Alors cela signifiait que si Krang n'avait pas existé...eux non plus ?
Ravi de l'effet de ses mots sur les tortues, Krang esquissa un sourire dans son bocal en désignant les alentours de son bras métallique.
- Savez-vous comment s'appelle cet endroit ? Le TCRI...Le Techno Cosmic Research Institute... De l'extérieur, il n'a l'air que d'une vieille demeure japonaise...mais en réalité, c'est ici que je produis du mutagène pour accomplir mon plan. Grâce au corps de robot que cette chère Karai m'a fait construire, j'ai pu mener des expériences sur certains des humains qui ont été enlevés à New-York...et je dois dire que c'était terriblement enrichissant.
Donatello ne put retenir une grimace de haine en serrant les dents, fusillant Krang du regard en resserrant ses mains sur son bo.
Rien ne le dégoûtait plus que lorsque l'intelligence était mise au service du mal...
- Grâce à tous ces stupides humains kidnappés, j'ai pu découvrir quelque chose d'intéressant...L'ADN humain contient une séquence d'ADN commune à un des éléments qui composent l'atmosphère de ma planète d'origine... Ainsi, grâce au mutagène que je produis, je pourrais muter tous les humains de cette planète...et cette planète avec.
Leonardo fronça les sourcils, sérieux comme une tombe, dévisageant franchement l'extraterrestre. Muter la planète terre..?
- Mais si vous n'avez plus d'humains sur terre, comment ferez-vous pour vivre ? demanda-t-il. C'est stupide.
- Le mutagène ne lui sert pas exactement à vivre, murmura Donatello d'une voix grave sans quitter Krang des yeux. Il lui sert à s'adapter à toute forme de vie, comme un mécanisme de défense. Le mutagène ne peut être produit qu'à partir d'êtres extérieurs pour changer les choses comme il le voudrait : quand il n'y aura plus d'humains et que toute la planète aura muté, il n'aura plus besoin de mutagène.
- Exactement, dit Krang en haussant un sourcil invisible parmi les lambeaux roses qui lui servaient de peau, comme impressionné par l'intelligence de Donatello. Je vois que tu comprends vite.
Alors que Donatello souffla de dédain, comme pour montrer que ce compliment ne le flattait pas le moins du monde, Raphael secoua la tête en grognant, agacé d'écouter ce mollusque difforme et répugnant :
- Super, merci de nous avoir révélé votre plan diabolique. On peut vous casser la gueule, récupérer Kessie et vous empêcher de le faire, maintenant ? lança-t-il en souriant à moitié.
- M'empêcher de le faire ? répéta Krang en croisant ses bras métalliques. Mais pourquoi vouloir m'empêcher de faire cela ? Une fois que toute la planète et les humains seront devenus des mutants, votre vie de calvaire sera terminée...Vous n'aurez plus à vous cacher comme de la vermine : enfin, vous pourrez avoir la vie que vous voulez. N'avez-vous jamais voulu vivre comme les autres ? Rire avec eux sans avoir à vous soucier de quoique ce soit ?
Les quatre mutants ne purent s'empêcher de frémir à ces mots, écarquillant les yeux avant de les baisser songeusement, non sans un pincement au coeur. Plissant également ses yeux, Krang tourna autour d'eux en continuant :
- Mais non. Au lieu de ça, vous passez votre vie à les fuir, à vous punir car ils auraient peur de votre apparence. Les humains ne vous voient que comme des monstres et vous ne pourrez rien y faire. Vous devez me faire confiance. Après tout, c'est à moi que vous devez votre conscience...vos sentiments, ajouta Krang en plongeant son regard dans celui de Donatello.
Lorsque l'horrible monstre tentaculeux soutint son regard de cette façon, Donatello eut soudain un horrible sentiment : le sentiment d'être redevable...redevable pour son intelligence...pour sa vie, pour ses passions...mais aussi pour l'amour qu'il portait à Kessie. Et ce sentiment était réellement insupportable au point qu'il en eut un haut-le-coeur qui fit trembler ses lèvres vertes, comme s'il allait vomir.
- Vous me devez tout. Votre force, votre conscience, vos sentiments... Si je n'avais pas existé, le mutagène ne serait jamais arrivé sur votre planète et vous auriez passé le reste de votre vie à patauger lamentablement dans un terrarium. Alors respectez-moi et rejoignez-moi. Vous avez été crées comme des armes. Vous ne serez que des armes. Vous pourrez marcher dans les rues, sentir le soleil. N'est-ce pas ce dont vous avez toujours rêvé ?
Des armes.
Des êtres faits pour le combat.
Des monstres.
Des aberrations.
Oui. C'est ce qu'ils étaient aux yeux du monde...c'était ce qu'ils étaient...
Au fur et à mesure que Krang parlait, c'était comme si les tortues réalisaient pleinement l'absurdité de leur existence...Même Leonardo ne put s'empêcher de resonger à tous ces moments où ils avaient fui les humains qu'ils mouraient pourtant d'envie de rejoindre pour rire avec eux...partager les moments de la vie les plus simples et agréables...mais non...ils ne sauraient jamais ce que c'est...
Ils avaient été conçus pour se battre...pour défendre ces humains qui ne devaient jamais connaître leur existence.
C'était ce à quoi songeait Leonardo et, relevant la tête, il prit conscience que la proposition de Krang contaminait l'esprit de ses frères soudain pensifs et silencieux. Fronçant les sourcils, il haussa le ton comme pour réveiller les consciences de tout le monde, dirigeant son katana vers Krang dans un glaçant bruit d'acier, lâchant d'une voix tranchante :
- Nous avons été conçus pour défendre les humains, Krang, pas pour les détruire. Jamais nous ne nous joindrons à vous.
Bien que le visage du robot resta immobile, l'extraterrestre eut un sourire narquois et méprisant à la réplique de Leonardo, le traitant intérieurement d'imbécile.
- C'est exactement ce qu'elle a dit… elle aussi...
Puis, glissant sa main dans un de ses rouages, il en extirpa un bandana noir, déchiqueté et tâché de sang qu'il laissa tomber au sol devant les yeux effarés des quatre frères.
Le bandana que Kessie avait l'habitude de porter autour du front.
Kessie...non...
A ce moment-là, tout alla très vite. Comprenant l'horrible sous-entendu de ce geste, les quatre ninjas s'apprêtèrent à se jeter sur Krang, réellement prêts à le déchiqueter. Mais Bebop et Rocksteady s'étant glissés par derrière les attrapèrent férocement, deux chacun, retenant leurs bras tels d'horribles étaux, leur empêchant de faire le moindre geste. Michelangelo couina de peur et de chagrin sans quitter le bandana noir des yeux. Les larmes aux yeux, Donatello hurla de fureur et de rage et se débattit comme un diable contre Rocksteady qui resserra d'un coup sec son emprise sur lui, manquant de lui casser une côte. Raphael eut beau tambouriner dans tous les sens avec ses bras herculéens, Bebop lui asséna une morsure dans le cou pour l'empêcher de bouger, lui arrachant un cri de douleur.
Quant à Leonardo, il ne se débattit pas, se contentant de plonger son regard bleu et froid pourtant rougi par les larmes dans ceux de l'alien meurtrier, lui promettant d'une voix grave et menaçante :
- ...toi...toi...tu es mort.
Krang observa la tortue d'un air amusé puis, d'un geste désinvolte de la main, il indiqua à ses deux mutants d'emmener les quatre reptiliens dans leur cellule, ravi que son piège ait aussi bien fonctionné.
Et voilà pour ce chapitre qui n'a pas été facile à écrire mais je suis quand même venu à bout... j'espère qu'il vous a plu, n'hésitez pas à poster une review pour me dire ce que vous en pensez. Merci à ceux qui sont encore là pour lire ma fic et partager cette passion des tortues, ça m'avait manqué d'écrire sur eux ! Sur ce, je vous dis à la prochaine et à bientôt !
PS : AU FAIT. J'ai ouvert une page FB consacrée à mes fanfictions et à ma passion des tortues ! Tapez « Iokay - Fanfiction » dans le moteur de recherche et vous tomberez dessus :) si ça vous dit d'y faire un tour ^^
PS 2 : Rien à voir avec les fanfictions, mais j'ai récemment ressuscité mon compte Youtube où je poste des reprises de chansons. J'y posterai également d'autres vidéos variées sur l'écriture, le dessin, etc. Vous pouvez trouver le lien sur mon profil, ainsi que mon instagram si ça vous intéresse :)
