L'amour est un sentiment que l'on ne peut contrôler
AUTEUR: Girl-of-Butterfly
NOTE DE L'AUTEUR: Cette fic se situe pendant la 7ème année de nos héros: Harry, Ron et Hermione.
Elle sera principalement centrée sur Harry et Hermione. Love/Hate
Je mettrais; soit à la fin, soit au début de la potterfiction; une chanson de Mariah Carey qui aura rapport avec le chapitre. Je trouve ses chansons très émouvantes et c'est ma chanteuse préférée!
DISCLAIMER: Les personnages ne m'appartiennent pas, mais à Joanne Kathleen Rowling, sauf ceux de mon invention.
PETITE NOTE : Hello guys ! De retour pour un nouveau chapitre ! Vraiment navrée pour ce retard : les partiels, les travaux à la maison, le petit neveu qui vit chez moi et qui m'embête comme pas possible… vraiment des vacances de fous ! Cette année je n'étais pas très motivée pour partir en vacances donc j'ai pu en profiter un peu pour vous pondre ce chapitre et je prendrais mes vacances peut-être quelque part en septembre. Les réponses aux reviews sont à la fin ainsi que les infos sur le prochain chapitre et sur la fin de l'histoire ! Bonne rentrée en avance pour ceux qui reprennent en Septembre et bonne fin de vacances pour ceux qui en profitent !
Bonne lecture !
Chapitre 26 : Un silence de Pandore
Rappel du chapitre précédent
La jeune femme se retourna dorénavant à l'homme qui lui faisait face.
Son cœur s'arrêta de battre.
Sa respiration se coupa.
Son sac tomba à terre, sans qu'elle ne s'en rende compte et ses yeux s'accrochèrent, écarquillés, aux yeux d'un bleu profond de cet homme. Merlin ! Cela ne pouvait être possible !
L'homme, aux tempes grisonnantes, qui la dominait de sa haute taille tendit une main vers elle sans qu'elle ne prit même conscience de cette main tendue vers elle, trop éprise par le visage qu'elle avait en face d'elle.
« Vous êtes encore plus ravissante que sur les photos, Miss Granger. Lui fit-il avec un sourire. Quel plaisir de pouvoir enfin rencontrer la fiancée de mon fils. »
Stupéfaite, Hermione resta bouche bée.
Avait-elle une hallucination ou cet homme ressemblait à s'y méprendre à Matthew…
L'espace de quelques secondes le temps semblait s'être arrêté aux yeux d'Hermione. Elle continuait de fixer le nouvel arrivant avec toute l'incrédulité et l'incompréhension qui lui étaient possible. Cela n'avait pas de sens.
« Miss Granger ? Appela de nouveau l'homme. Est-ce que tout va bien ? »
La voix rappela brutalement la jeune femme à la réalité et elle tenta de hocher positivement la tête avec un léger sourire qui s'évanouit aussitôt en même temps qu'elle s'agrippait à la commode, placée à côté du lit de Gregory, et que son cœur reprenait son rythme avec frénésie. Ses oreilles se mirent à bourdonner et elle sentit le sol tanguer sous ses yeux et son corps chancela.
« Hermione ! S'écria Gregory en lui attrapant le poing, qu'elle maintenait fermement serré sur la commode. »
L'homme s'approcha rapidement vers elle et la prit par les épaules avant qu'elle ne s'effondre au sol. Hermione avait toujours la sensation d'avoir une illusion et le contact de cet homme contre sa peau ne fit qu'infirmer son impression en rendant sa présence plus vraie.
« Respirez profondément, Miss Granger. Lui conseilla Peter Jefferson, la tenant toujours dans ses bras. Inspirez. Expirez. Inspirez. Expirez… Voilà comme ça. »
La jeune gryffondor suivit le conseil et tenta de retrouver son calme en mettant en œuvre la technique de respiration que Pomfresh lui avait apprise et que le père de Gregory était en train de lui souffler. Gregory l'observait d'un œil inquiet et Peter glissa une chaise sur laquelle il fit asseoir la jeune femme avec douceur, d'un œil toujours aussi vigilant.
« Est-ce que vous allez mieux ? Demanda-t-il en s'accroupissant devant elle. »
Hermione acquiesça, incapable de parler, et croisa son regard bleu. Ses battements s'élancèrent de nouveau. Merlin, ils avaient exactement les mêmes yeux ! Combien de fois, Matthew n'avait-il pas posé son regard bleu électrique sur elle comme s'il la sondait, exactement comme Peter Jefferson était en train de le faire en ce moment même ?
« Avez-vous besoin de boire quelque chose ? Lui proposa-t-il. Vous aviez l'air effaré de me voir…
- Non du tout ! Répondit Hermione.
- Non à quoi ? Reprit le père de Gregory amusé. A boire ou effarée de me voir ?
- Aux deux… fit Hermione d'une voix rauque. Aux deux…
- Je suis passé voir mon fils après la terrible agression dont il a été victime hier. Mais il semble aller beaucoup mieux aujourd'hui. C'est une chance ! »
Hermione regarda Gregory qui la fixait à présent comme s'il avait peur qu'elle se relève en explosant de rage. Il avait repris des couleurs même si sa tête et sa jambe demeuraient bandées. Elle observa les traits de son visage et se maudit. Avec le bandage qui maintenait ses cheveux en arrière, ce qui leur donnait l'air plus courts, il ressemblait étrangement à Matthew. Voilà la raison pour laquelle le jeune mangemort lui faisait penser à quelqu'un. Cette personne se trouvait justement sous ses yeux.
« D'ailleurs je suis désolé. Je n'ai même pas pris la peine de me présenter. Dit le père de Gregory. Je suis Peter Jefferson, le père de Gregory. J'imagine que c'est inutile à présent puisque vous vous en doutez mais il est toujours bon de se présenter.
- Dans ce cas… Je suis Hermione Granger… Lui retourna Hermione quelque peu désorientée par la sympathie de Peter.
- … la fiancée de mon fils. Je sais. Comme je vous le disais, je suis ravi de pouvoir enfin faire votre connaissance. »
Peter lui tendit de nouveau la main et elle se figea. La fiancée ? Se dit-elle. Elle toisa Gregory qui se mit soudainement à regarder ailleurs. La fiancée ! Cet idiot n'avait rien dit à son père ! Il pensait toujours qu'ils étaient ensemble. Que pouvait-elle faire ?
« A vrai dire, j'espérais réellement vous rencontrer. Avoua Peter de sa voix à la fois grave et chaleureuse, les yeux fixés sur elle. Ma femme est toute aussi impatiente de faire votre connaissance, Miss Granger. Elle est enchantée à l'idée d'être grand-mère, même si nous trouvons cela un peu précipité.
- Cette grossesse était imprévue, Mr Jefferson. Objecta Hermione avec un léger sourire.
- Je l'imagine. Ne prenez pas cela pour un reproche. Précisa Peter comme s'il avait peur que celle qu'il imaginait pour sa future belle-fille ne se soit vexée. J'ose espérer que vous passeriez vos vacances d'été avec nous, si vous n'avez rien de prévu ?
- Papa ! Gronda Gregory les dents serrés.
- Tu es sorti avec cette fille pendant presque deux ans et tu ne nous l'as jamais présentée. Tu ne t'attendais quand même pas à ce que je laisse passer une belle occasion de faire plus ample connaissance avec elle. De plus, ta mère tient à s'entretenir avec Miss Granger sur les préparatifs du mariage… »
Hermione rougit brusquement et serra les poings. Furieuse. Elle était tout simplement furieuse contre son ex petit-ami. Le regard du père baissa vers son annulaire gauche dépourvu de bague et il arqua un sourcil.
« A moins que le mariage ne soit plus d'actualités… ? Releva-t-il.
- Nous pensons qu'il est encore un peu tôt et nous préférons réfléchir encore, papa. Répondit Gregory d'un ton convaincant. »
Il appuya un regard désespéré à Hermione.
« C'est-à-dire que… Balbutia-t-elle… c'est-à-dire que… nous ne sommes pas prêts… continua-t-elle en cherchant avec soin ses mots, à nous engager… dans ce genre de relation… pour le moment !
- Bien-sûr ! Fit Peter en fronçant les sourcils. Le mariage est un engagement sacré qui demande beaucoup de réflexion. Le plus important à l'heure actuelle est de vous concentrer sur votre futur rôle de parents. Je peux vous proposer le meilleur gynécomage, si vous le désirez Miss Granger. Vous me semblez bien pâle… et fatiguée.
- Je n'ai pas beaucoup dormi la nuit dernière. Dit Hermione en essayant de sourire afin d'avoir l'air plus en forme alors qu'elle sentait une étrange lassitude se répandre en elle. Ce qui s'est passé hier m'a bouleversé. Personne ne s'y attendait.
- Le ministre a perdu l'esprit ! S'exclama Peter d'un ton enflammé. Eloigner Albus de Poudlard était la chose la plus absurde à faire. Je… »
Peter jeta un coup d'œil à sa montre et ses sourcils se haussèrent.
« Je suis navrée Miss Granger, mais j'ai rendez-vous avec votre infirmière. S'excusa-t-il. Je reviens dans un instant, j'espère que vous serez toujours là. »
Il attrapa sa cape et disparut à la recherche de Pomfresh. Le sourire d'Hermione disparut et Gregory la regarda se lever et tirer le rideau blanc qui séparait son lit de celui de l'autre élève. Elle se retourna alors lentement vers lui et croisa ses bras sur son ventre, les yeux noirs brillants de colère. Le jeune poufsouffle se sentit alors déglutir malgré lui.
C'est d'un geste rageur qu'Harry claqua la porte de son dortoir, non soucieux de savoir si l'un de ses camarades dormait encore. Il était beaucoup trop agité pour être préoccupé par le sommeil de ses amis. Le petit déjeuner touchait bientôt à sa fin et s'il ne voulait pas le manquer, il devait se préparer en vitesse. Il entra dans la salle de bains et se débarrassa de ses vêtements. L'eau froide qui coula à flot sur son corps lui fit un bien immense et entreprit de le calmer quelque peu. L'attitude d'Hermione l'agaçait plus qu'elle ne l'énervait. En réalité ce qui le rendait aussi nerveux était le fait qu'il n'arrivait plus à comprendre ses réactions. Pourquoi l'avait-elle mis à la porte alors que tout allait bien ? Pourquoi s'obstinait-elle à mettre de la distance entre eux alors qu'il sentait qu'ils se rapprochaient inexorablement ? Les hormones n'étaient pas la seule cause des changements d'humeur assez fréquents de la jeune femme. Dire cela eut été trop facile. Cela allait beaucoup plus loin et Harry voulait à tout prix le découvrir. Mais Hermione restait fermée. Obstinément fermée.
Le jeune gryffondor ferma le robinet et attrapa une serviette avec laquelle il entoura sa taille. Il en prit une autre pour se sécher les cheveux tandis qu'il pénétrait dans la chambre. Il se dirigea vers son lit et s'assit avec lourdeur, toujours pensif.
« La nuit a été difficile ? Demanda une voix. »
Harry se retourna mais ne fut que surpris par la présence de son parrain. Il se releva en souriant.
« Sirius ! Que fais-tu ici ? »
Sirius alla enlacer son filleul avec tendresse et s'écarta en observant le visage heureux mais perturbé d'Harry.
« Le travail m'appelle. Minerva m'a contacté pour que je passe quelques jours à Poudlard. Ajouta-t-il lorsqu'Harry releva un sourcil.
- Non pas que je ne sois pas heureux de te voir mais que feras-tu à Poudlard ? Je ne pense pas que le Ministère approuve ta présence.
- Minerva n'a que faire de ce que pense Scrimgeour ! Elle pense être un peu libre d'engager qui elle veut depuis que le ministre s'est permis de se débarrasser d'Albus. Elle tient à protéger avant tout le château avant de s'occuper de la réintégration de votre directeur. L'agression de Gregory Jefferson tombe au mauvais moment.
- Etais-tu au courant que le Ministère savait pour l'enlèvement d'Hermione ?
- Je peux t'assurer que Scrimgeour a agi dans la plus haute discrétion. Avoua Sirius en prenant place sur le lit de Ron. Jusqu'à hier j'ignorais tout de cette histoire. Je pense qu'il se doutait de ma participation dans cette affaire et qu'il a voulu rester discret afin qu'on ne puisse démentir. On ne sait toujours pas qui a commis l'attaque d'hier…
- Hermione pense que c'est un mangemort qui a vendu la mèche afin que Dumbledore soit éloigné de Poudlard le plus longtemps possible. Informa Harry.
- C'est aussi ce que Minerva pense. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle elle a fait appel à moi. Elle souhaite que j'assure une protection rapprochée… sur Hermione. »
Le jeune homme qui enfilait un tee-shirt, releva lentement la tête et s'arrêta dans son mouvement.
« Qu'est-ce que cela signifie ? Demanda-t-il.
- Harry ce n'est pas un secret et tu le sais. Poursuivit son parrain d'un ton grave. Keyrath veut à tout prix Hermione afin d'utiliser votre enfant pour le retourner contre nous. Maintenant qu'Albus n'est plus là, elle est encore plus en danger. Il faut donc que je veille à la protéger.
- Hermione n'est pas idiote. Lança Harry d'un ton amer. Si elle s'aperçoit que tu es là pour veiller sur elle, tu risques de s'attirer ses foudres. Elle ne supporte pas qu'on puisse la considérer comme quelqu'un de fragile.
- Tu sembles parler en connaissance de cause… »
Harry remit ses lunettes sur son nez et soupira en se passant une main dans les cheveux.
« Je n'ai jamais eu affaire à une fille aussi compliquée ! Je peux t'assurer que parfois elle me fait sortir de mes gonds !
- Les Potter ont une tendance à chercher les filles qui ne manquent pas de tempérament ! Plaisanta Sirius. Ta mère était incroyable et James s'en mordait les doigts. Mais cela ne l'empêchait pas de l'aimer.
- Je ne suis pas en train de te parler d'amour. Répliqua Harry avec agacement. Hermione n'est qu'une simple amie.
- Tu en connais plein des amis, toi, qui vont avoir un enfant ensemble ? Peut-être que si tu arrêtais de t'obstiner à voir Hermione comme une amie, tu y verrais plus clair. Merlin, je ne pensais pas vivre assez longtemps pour dire ça au fils de James ! Fit Sirius en aparté. »
Un aparté qu'Harry entendit très bien et qui lui valu un regard noir. Il alla s'enfermer dans la salle de bains pour terminer de se vêtir avant d'en ressortir. Sirius l'attendait, accoudé contre le mur et l'observait d'un air ironique ou plutôt amusé. James Potter et son fils se ressemblaient sur bien des points, tant physique que mental, mais sur cette histoire il y avait bien une différence : James n'ignorait pas ses sentiments pour Lily. Et c'était parce qu'il s'était battu qu'il avait réussi à obtenir son amour. A l'inverse, le fils se butait à considérer l'élue de son cœur comme une amie alors que tout les rapprochait l'un de l'autre. Peut-être qu'il avait au fond de lui conscience que sa relation avec Hermione pouvait dépasser le stade de l'amitié, mais pourquoi n'agissait-il pas comme un homme avant d'agir comme un futur père de famille ? Au fond, pensait Sirius, la difficulté ne résidait pas dans la prise ou non de conscience des sentiments de l'un vis-à-vis de l'autre, mais plutôt dans la complexité de la situation. La grossesse d'Hermione aurait pu les rapprocher… dans un contexte différent. Le fait que son filleul soit prêt à assumer pleinement son rôle de père – et il en était plutôt fier – pouvait faire peur à Hermione qui devait penser qu'Harry ne s'intéressait à elle que parce qu'elle portait son enfant.
« Tu es très pensif, parrain. Remarqua Harry en mettant son sac à dos.
- Je pensais à la réunion que Minerva a prévue dans quelques minutes. Mentit Sirius. »
Harry hocha la tête, peu convaincu, et ouvrit la porte du dortoir afin de le laisser passer.
A l'infirmerie, l'ambiance était nettement plus glaciale. La chaleur avait beau régné au-dehors mais pour Gregory il semblait que le soleil avait oublié d'émettre ses rayons sur la pièce. Hermione le fixait dans un silence de plomb comme si elle s'attendait qu'il fût le premier à parler ou encore… elle semblait le regarder comme s'il lui devait des explications. Son visage était serré et sa haute queue de cheval ne faisait qu'accentuer la dureté qu'avait prise son expression. Pourtant elle restait toujours magnifique. Elle conservait malgré tout un petit côté fragile et son cœur se serra.
« Je ne m'attendais pas à te voir… mais ça me fait plaisir de te voir ici. Dit-il brisant ainsi le silence pesant très bien maintenu par la jeune gryffondor.
- J'ai pensé que tu aurais besoin de quelques vêtements. Répondit celle-ci d'un ton neutre. Maintenant que c'est fait, et si tu n'as plus rien d'autre à me dire, j'y vais. »
Hermione tourna les talons, contenant sa rage. Visiblement il n'était pas prêt à lui dire quoique ce soit et peut-être que tout compte fait cela valait mieux car elle ne se sentait pas de taille à avoir une confrontation avec son ex petit-ami à l'heure actuelle. Si elle avait été sur le point de défaillir quelques minutes plus tôt, à présent la tête lui tournait. Elle ne saurait dire si c'était le fait de découvrir que le père de Gregory ressemblait presque comme deux gouttes d'eau à Matthew, ou si c'était le bébé qui s'agitait de plus en plus dans son utérus lui causant de légères douleurs dans le creux de ses reins.
« Attends, Hermione ! L'arrêta Gregory. »
La jeune femme se retourna et hocha frénétiquement la tête lorsque le visage du jeune homme lui apparut en double et ce de manière très floue. Au bout de quelques secondes, sa vision redevint normale et elle tomba sur le regard soucieux du poufsouffle.
« Est-ce tu te sens bien, Hermione ? Demanda-t-il les sourcils froncés.
- Finis-en vite que je puisse m'en aller d'ici ! Répondit-elle d'un ton agressif.
- Je voulais te remercier pour ce que tu as fait.
- Ce ne sont que des vêtements…
- Non pour ce que tu as fait tout à l'heure… pour avoir menti… à propos de… Commença Gregory.
- Je ne continuerai pas ce mensonge très longtemps ! Opposa vivement Hermione en baissant la voix, ne voulant pas être entendu. Tu as plutôt intérêt à lui dire la vérité, que nous ne sommes plus ensemble et que je ne veux plus entendre parler de toi. Si tu ne le fais pas, je le ferai à ta place !
- Je n'y arriverai jamais, Hermione. Souffla Gregory impuissant. Ma proposition tiendra toujours et je t'aime toujours autant.
- Gregory…
- Je souffre à un point inexplicable. Hier, j'en ai voulu à Dumbledore lorsqu'il a demandé à Potter de te raccompagner. Poursuivit le jeune homme en proie à une profonde émotion. La douleur physique n'était rien comparée à celle que j'avais de te voir avec ce minable !
- Harry n'a rien d'un minable ! Cracha Hermione furieuse. C'est toi le pauvre type dans cette histoire. Tu dois assumer ce rôle tout seul parce que tu en es le seul responsable ! »
Gregory se redressa violemment dans son lit et Hermione eut un sursaut, craignant qu'il ne portât de nouveau la main sur elle.
« Tu sembles idolâtrer ce gryffondor à la cicatrice, Hermione, mais le connais-tu vraiment ? Depuis des mois, tu me reproches d'être impulsif et violent alors que Potter est loin d'être un saint.
- Mais de quoi tu parles ? S'exclama Hermione sentant qu'un étau se resserrait autour d'elle.
- Cette nuit-là Harry a essayé de te tuer ! C'est lui qui t'a poussée afin que tu tombes !
- Espèce de… ! Se retint Hermione en pointant un doigt sur lui, les larmes aux yeux. Tu dis n'importe quoi ! Harry ne m'aurait jamais poussé et il n'était même pas là sinon il me l'aurait dit !
- Bon sang ! Je te dis la vérité ! S'énerva Gregory les yeux rouges de fureur. Crois-moi au moins pour cette fois ! Tu seras libre de dire toute la vérité sur notre histoire à mon père si jamais je mens ! Mais tu ne le feras pas parce que je ne mens pas ! »
La jeune femme se mit à suffoquer, les larmes obstruant sa vision. Elle secoua la tête de manière négative comme si elle refusait d'entendre raison. Gregory savait manipuler quand il le voulait. Mais il avait l'air si sincère qu'Hermione se prit à le croire. Non ! Gregory détestait Harry. Elle ne devait pas porter de jugement trop hâtif ! Malgré cela, le doute s'emparait de son cœur et elle se retourna brusquement afin d'aller parler au principal concerné.
« J'interromps peut-être une conversation ? Insinua le père de Gregory qui revenait. »
Son visage interrogea d'abord Gregory avant de se porter sur celui d'Hermione qui commençait à être inondé de larmes. La jeune femme les essuya aussitôt et lui lança un sourire éclatant.
« Je suis juste très émotive, Mr Jefferson… Confia-t-elle.
- Gregory tu pourrais quand même y aller plus doucement avec Miss Granger ! Sous-entendit Peter d'un ton fâché.
- Non il n'y est pour rien ! Défendit Hermione. Je suis désolée, j'ai un cours dans quelques minutes. Je suis ravie de vous avoir rencontré… Mr Jefferson. »
Peter ne la laissa partir qu'après un léger baisemain qui consterna la jeune femme. Matthew avait l'habitude de la saluer de la même manière.
Le petit déjeuner fut très rapide pour Harry et Ron qui mangèrent dans un silence à la fois reposant et tendu dû à l'absence de leur directeur. Les élèves mangeaient tout aussi préoccupés par l'absence inhabituelle du maître des lieux. La nouvelle de son renvoi dit « temporaire » du château avait été annoncée dans la Gazette des Sorciers et le journaliste avait rédigé un article très vindicatif sur « l'erreur scrimgeourienne du siècle ». Le corps professoral avait alors tenté de rassurer les élèves quant aux jours à venir et leur avait informé qu'en surface le fonctionnement de l'école ne changerait pas…
« Scrimgeour devient comme Fudge. Fit Ron d'un ton désespéré alors qu'ils traversaient les couloirs pour aller à leur cours de DCFM. Pourquoi en ces temps difficiles n'avons-nous pas le droit à un Premier Ministre compétent ?!
- Il faut dire qu'on se laisse facilement avoir. J'aurais bientôt le droit de vote et je compte bien en profiter !
- Tu penses que la finale sera maintenue ? Demanda le rouquin.
- J'espère bien ! C'est la seule chose qui nous permet de décompresser de toute cette tension. D'ailleurs je pense que ce serait bien qu'on s'entraîne tous ce soir. Proposa Harry. »
Au détour d'un couloir quelque peu remplie du troisième étage, Harry aperçut Hermione prostrée devant la porte d'une salle de classe et qui regardait dans sa direction. Que faisait-elle là, debout, comme si elle l'attendait ?
« Hermione ! Appela-t-il en la hélant. »
Il ne vit pas le coup venir. La seule chose qu'il sentit fût une légère sensation de picotements et sa tête qui vira sur le côté. Hermione le regardait avec tristesse et mépris et tout son corps tremblait. Ron s'était arrêté, bouche-bée et quelques élèves avaient aperçu la scène, surpris. Sans réfléchir une seconde de plus, Harry attrapa violemment le bras de la jeune femme et la tira dans la salle de classe vide, qu'il verrouilla et qu'il insonorisa.
« Mais qu'est-ce qui te prend ?! S'écria Harry en se tournant vers elle.
- Lâche-moi tu me fais mal ! Fit Hermione alors qu'Harry resserrait son emprise.
- Tu es complètement folle ma parole ! Qu'est-ce qui t'a pris de me gifler devant tout le monde ?!
- Tu n'es qu'un menteur Harry et dire que je t'ai fais confiance ! »
Harry la relâcha et observa la jeune femme le regarder avec haine, les larmes menaçant de couler sur son visage. Mais en y regardant de plus près, on pouvait voir des sillons de larmes signe qu'elle avait déjà pleuré auparavant. Mais que se passait-il ?
« Hermione, explique-moi parce que je ne comprends pas. »
Sa voix était posée comme s'il voulait apaiser sa colère… mais la gryffondor ne décolérait pas.
« Je te parle de cette nuit, Harry ! Cette nuit où j'ai failli perdre la vie parce que je suis tombée de cette falaise ! S'écria Hermione furieuse. Je me suis toujours demandée ce qui s'était passé et tu m'as toujours dit ne rien savoir alors que tu étais là ! »
Harry n'en revenait pas. Comment était-elle au courant ? Il tenta une tentative d'approche afin de calmer la jeune femme.
« Hermione, je ne sais pas comment tu l'as su, mais…
- C'est pas vrai ! Il avait raison ! S'exclama-t-elle plus interdite. »
Au fond d'elle, Hermione ne voulait pas y croire mais maintenant qu'Harry le disait de vive voix, elle ne pouvait plus se voiler la face. Son cœur sembla s'effondrer dans sa poitrine. Non ! Il devait forcément y avoir une explication. Elle ne pouvait pas l'accuser de la sorte, sans qu'il ne soit expliqué et pourtant, la rage qui était en elle ne voulait pas lui donner cette chance.
« J'ignore de qui tu parles, mais j'allais te le dire, je te le jure ! Insista Harry en s'approchant d'elle alors qu'elle reculait, le visage de plus en plus pâle.
- Mais tu ne m'as rien dis… Depuis des mois, tu me mens chaque jour que Dieu fait. Tu étais là et tu n'as rien dit…
- Oui j'étais là ! Mais je ne voulais pas te le dire parce que j'avais peur que tu crois… fit Harry … que tu crois… Mais enfin tu ne crois tout de même pas ça ?!
- Que je crois quoi, Harry ? Siffla Hermione. Vas-y dis-le ! Non, je vais le faire à ta place : tu m'as poussé pour que je tombe…
- C'EST FAUX !
- Tu me détestais tellement à l'époque que je sais très bien que tu en aurais été capable ! Se défendit Hermione.
- Je n'aurais jamais, mais jamais pu faire une chose pareille. Enonça calmement Harry. C'est moi qui t'ai ramené à l'infirmerie ce soir-là. J'étais présent, mais je ne t'ai pas touché. Je t'ai appelé et tu es tombée. J'ai pris tous les risques pour aller te chercher malgré la tempête ! Est-ce que ça fait de moi un criminel ?!
- Tu t'es peut-être senti coupable de ce que tu venais de faire… »
Hermione prononça la phrase et elle n'eut subitement plus aucun sens. Le fait qu'Harry ne lui dise pas pour sa présence sur les lieux, lors de cette nuit, ne le rendait pas coupable pour autant.
« Tu te rends enfin compte que cette comédie était inutile ! Profita son ami en voyant qu'elle se mordait la lèvre inférieure. A quoi joues-tu enfin ? »
Hermione se prit la tête entre les mains pour chasser la migraine qui venait et les mauvaises pensées qui influençaient son esprit. Elle fit un pas vers la porte afin de sortir et de prendre l'air. Elle étouffait. Harry, en revanche, ne l'entendit pas de cette oreille et la retint sans la ménager. Il la força à le regarder dans les yeux et il y lut toute la peur et l'incertitude dans ses prunelles ambrées.
« Tu me repousses et tu comptes fuir Hermione, encore une fois ! Lui lança-t-il le visage près du sien. Je sais très bien que tu ne prendras pas la peine de t'excuser mais je n'ai que faire de tes excuses. Ce qui me fait le plus mal ce n'est pas que tu crois que je sois assez vicieux pour attenter à ta vie, mais plus le fait que tu n'aies aucune confiance en moi après tout ce que nous avons traversé ces dernières semaines… »
La jeune femme ferma les yeux sous le coup de la douleur. Non seulement, une crampe s'était élancée dans le bas de son ventre mais le poids des mots lui faisait aussi mal. L'intensité qu'Harry avait mit dans son expression la bouleversait et elle se rendait compte de sa propre erreur. La confiance. Elle ne lui faisait pas confiance. Pourquoi doutait-elle autant de lui alors que tout en elle voulait qu'elle s'abandonnât à lui ?
« Hermione, qu'est-ce que tu as ? Demanda précipitamment Harry en sentant les ongles de la jeune femme s'enfoncer dans son épaule alors qu'elle s'agrippait exagérément à lui.
- Rien. Souffla Hermione comme la douleur de la crampe s'estompait. Je vais bien.
- Non, ça ne va pas. Fit son ami oubliant la colère. Tu as été voir Pomfresh comme je te l'avais demandé ?
- Oui ! Elle m'a dit que tout allait bien mais que j'avais besoin d'un peu de repos. Mentit-elle.
- Dans ce cas, je te conseille d'aller te reposer maintenant ! Ordonna Harry. On dirait que tu es à deux doigts de t'effondrer !
- Je vais bien… Je vais bien. Répéta Hermione en se détachant d'Harry. Elle plaqua ses doigts sur sa bouche et ajouta d'un ton navrée : Je suis désolée. »
Elle ouvrit la porte de la salle et s'enfuit sans un regard de plus pour lui. Harry ne tenta rien, cette fois-ci, pour la retenir. Il fallait tout d'abord qu'il se calme et qu'il en soit de même du côté de la jeune femme. Ron l'attendait à l'extérieur, le regard rivé vers la direction qu'avait prise Hermione.
« Un jour je ferai la peau à Gregory Jefferson, Ron. Jura Harry. Je peux te le promettre.
- Gregory ? Demanda Ron penaud. »
Harry n'était pas dupe. Il n'y avait qu'une seule personne capable de monter Hermione contre lui en inventant de telles idioties. Gregory avait sûrement dû le décrire comme un monstre horrible, sans cœur ni pitié. Comment Hermione avait-elle pu croire une chose pareille ?! Il était vrai qu'il aurait dû être honnête avec elle afin d'éviter ce genre de malentendu. Mais ce qu'il ne comprenait pas était la réaction de la jeune femme. Jusqu'à quel point ne lui faisait-elle pas confiance ? C'était la première fois qu'une telle vérité s'imposait à son esprit, mais c'était son cœur qui en pâtissait le plus.
« C'est un peu tendu entre vous deux depuis deux jours. Remarqua Ron après qu'Harry lui eut raconté l'histoire. Je ne sais trop quoi te dire.
- Je ne sais plus du tout ce que je dois faire. Avoua Harry dans un soupir. Si je m'approche d'elle, elle me repousse quelques minutes après… Mais je ne peux pas rester sans rien faire !
- A mon avis tu dois la rassurer.
- La rassurer ? Ironisa Harry. Et comment le pourrais-je, Ronald ?
- Je suis sérieux ! fit Ron alors qu'ils entraient dans la salle de cours de DCFM. Regarde. Pendant un long moment tu l'as persécuté et tu lui as fait penser que tu ne l'aimais pas. Tu découvres qu'elle est enceinte et tu te réconcilies avec elle. Puis tu apprends que c'est toi le père et tu es prêt à en assumer la responsabilité. Non seulement tu te sens responsable du bébé mais aussi d'elle. Enuméra le jeune rouquin. Mais le problème c'est que ça ne suffit pas !
- Qu'est-ce que tu veux dire ? Demanda Harry les sourcils froncés en prenant place.
- Elle doit avoir l'impression que tu ne t'intéresses à elle que parce qu'elle attend ton bébé ! S'exclama Ron comme si c'était une évidence. Elle pense sûrement qu'il n'y a que le bébé qui importe pour toi et qu'elle n'est juste qu'une sorte de mère porteuse… Vous n'avez pas eu de vraie discussion vous concernant tous les deux. Je parle de vous : Hermione et toi, et pas du bébé. Il faut que tu la rassures, que tu lui dises à quel point tu tiens à elle et t'excuser réellement pour tes erreurs passées. Il faut qu'elle se sente de nouveau femme avant de passer pour la mère du futur Potter ! »
Harry observa son ami, méditant sur ses paroles. Tout ce qu'il disait était vrai. Il était possible qu'Hermione se sentît quelque peu perdue. Il lui était arrivé tellement de choses en si peu de temps. Et lui n'avait jamais pris la peine de prendre son temps pour discuter réellement avec elle. Il ne pensait pas que la jeune femme eût le besoin d'être autant rassurée. Mais c'était tout à fait légitime de sa part, pensait-il. Et même si elle réagissait parfois de manière excessive, on pouvait dire qu'il ne l'avait pas ménagée de par son comportement ambigu. Il ne voulait surtout pas qu'elle pensât qu'il ne la considérait que comme la mère de son enfant et pourtant la plupart de ses propos avaient sonné comme tel.
Début FLASH-BACK :
« Je viens avec vous !
- Non, Harry tu ne bougeras pas d'ici !
- Je ne resterai pas ici les bras croisés alors que la mère de mon bébé est en train d'agonir dans le repère de ce foutu monstre ! S'était-il écrié lorsque les professeurs avaient été réticents à l'idée qu'il aille délivrer Hermione des mangemorts.
« Elle aura la chance de t'avoir pour mère. Avait-il dit à Hermione avant de l'embrasser sur le front. On ne peut rêver meilleure que toi. »
« Vous tenez réellement à elle… Avait remarqué son professeur de DCFM.
- C'est la mère de mon enfant, je me dois de la protéger.
« Je suis votre professeur, Harry et je pourrais vous enlever des points pour défier mon autorité…
- Et moi je vais être père, professeur. Lui avait-il une autre fois lancé, rongé par la fureur et l'envie de se confronter à Gregory quelques semaines plus tôt alors que ce dernier avait blessée la jeune femme. Il est de mon devoir de protéger ma famille ! Si je ne suis pas capable de le faire maintenant, je ne serai pas capable de le faire plus tard lorsque ma fille sera là ! Est-ce que vous pouvez comprendre ça?! »
Fin FLASH-BACK
« Je crois que le côté féministe de Cherie déteint un peu trop sur toi. Fit Harry en reconnaissant que tout ce que lui disait son ami était vrai. »
Ron sourit et s'installa à son tour, les oreilles rouges. Cherie se montrait parfois quelque peu féministe sur les bords et estimait que la femme avait droit à autant de respect qu'un homme et qu'elle pouvait accomplir les mêmes tâches sans que l'on trouve ça louable. Ron qui pouvait se montrer macho – dû au fait qu'il fût entouré de frères et éduqué par une mère au foyer – considérait la femme comme un être précieux et fragile ce qui comportait tous les avantages et tous les inconvénients. Cherie avait vite fait de lui faire oublier ces idées qui malheureusement restaient très présentes dans la plupart des anciennes familles sorcières.
Le reste des élèves entrèrent et Harry guetta l'arrivée d'Hermione. Quelques instants plus tôt, elle lui avait semblé si fatiguée qu'il doutait qu'elle fut assez en forme pour venir en cours. Mais il fut étonné de la voir arriver, d'un pas lent, les traits détendus. Elle semblait moins soucieuse et rafraichie. Il n'eut pas le temps de se lever pour aller la voir que Ben Petterson faisait déjà son entrée.
« Veuillez m'excuser pour ce léger retard. S'excusa-t-il en jetant un coup d'œil à sa montre. Il semblait pressé. Le cours d'aujourd'hui sera assez particulier. Vous n'êtes pas sans savoir que les examens approchent et j'estime que pour ma part, vous avez dépassé le stade de la théorie cette année. J'aimerai donc qu'aujourd'hui vous fassiez appel à vos souvenirs et à votre expérience afin de faire une liste, ou un bilan, des qualités de votre partenaire en matière de défense contre les forces du mal mais aussi de ses lacunes. Il ne suffit pas de savoir se défendre ou encore de connaître tous les sorts possibles pour un être un bon sorcier. Mais il faut aussi connaître les points clés de son adversaire afin de savoir où le toucher pendant le combat. Lorsque l'on prépare un combat, il ne suffit pas de connaître seulement l'adversaire mais aussi de se connaître soi-même. »
D'un coup de baguette magique, les tables allèrent se ranger dans un coin de la pièce et des tapis apparurent, enroulés, prêts à être déplier.
« J'ai une réunion assez importante à laquelle je dois assister. Annonça Ben en grimaçant. Ca me dérange de vous laisser seuls – non pas que vous ne soyez pas assez grands – mais j'aurais aimé vous guider dans votre démarche. Si cela ne vous pose pas de problèmes, on pourra reprendre l'exercice au prochain cours. Sur ce, je dois y aller ! Vous êtes libres de choisir le ou la partenaire de votre choix. J'essaierai de revenir d'ici la fin du cours. Bon courage ! »
Ne perdant pas de temps, Ben salua sa classe et partit de la même manière dont il était arrivé. Harry estima que cela ne pouvait pas mieux tomber. Il se tourna vers Ron qui comprit aussitôt :
« Ne te dérange pas, je le ferai avec Neville… »
Harry lui donna une tape amicale sur l'épaule, en guise de remerciement, et alla prendre un tapis avant de rejoindre Hermione. La jeune femme semblait perdue dans ses pensées.
« Hermione. Appela-t-il doucement, embarrassé. »
Il ignorait si elle lui en voulait toujours.
« J'ai pensé qu'on pourrait faire ça… ensemble. Lui dit-il lorsqu'elle se retourna vers lui. Tu veux bien ?
- Bien-sûr ! Acquiesça-t-elle d'un sourire timide. »
Une bouffée de satisfaction envahit le gryffondor et il déplia le tapis au sol alors qu'Hermione enlevait sa cape d'étudiante. Il était vrai qu'il faisait très chaud et qu'elle devait étouffer sous cette cape. Elle était vêtue d'une combinaison violette qui lui allait comme un gant. Harry la regarda du coin de l'œil. Comment un si petit bout de femme pouvait porter un poids pareil dans son corps ? Harry avait l'impression qu'il pouvait la briser rien qu'en la touchant.
« Harry tu pourrais m'aider pour… Demanda Hermione ce qui le fit revenir à la réalité. »
Elle se mit sur le tapis et Harry l'aida à se mettre en tailleur. Elle le remercia et il la rejoignit quelques instants plus tard des parchemins et deux plumes à la main.
« Tu veux commencer par quoi ?
- Harry, je suis sincèrement désolée pour tout à l'heure. S'excusa Hermione en se tournant vers lui, le visage empreint d'un infini regret. Je n'aurais jamais dû te gifler.
- On peut dire que tu ne m'as pas manqué ! Plaisanta Harry en passant une main sur sa joue rougie.
- Je regrette aussi ce que je t'ai dit. Je n'aurais jamais dû réagir au quart de tout et douter ainsi de toi. Continua-t-elle dans un besoin de s'expliquer. Je ne sais pas ce qui se passe, je ne comprends pas ce qui m'arrive mais ce n'est surtout pas une raison pour te traiter ainsi. Je m'en veux tellement, si tu savais ! »
Sentant qu'elle allait fondre de nouveau en larmes, le jeune homme lui prit doucement le menton et la força à le regarder dans les yeux.
« J'ai compris que la confiance ne pouvait pas se gagner comme ça, Hermione. Chuchota Harry. Je n'ai rien vraiment fait pour gagner ta confiance absolue et c'est de ma faute. Je suis un idiot parce que je n'ai pas su répondre à tes attentes plus tôt. Hermione, je veux qu'on oublie tout ce qui s'est passé ces dernières années. Tout ce que nous nous sommes dit, la peine et la douleur que je t'ai causée. Mais avant, j'aimerai d'abord que tu me pardonnes pour ça. J'ai agi comme un imbécile et j'ouvre à présent les yeux sur nous et sur l'avenir. Je ne serai plus cet homme qui t'a fait du mal. Je préfèrerais mourir plutôt que de te voir souffrir de nouveau à cause de moi… »
Une larme roula sur la joue d'Hermione et Harry la recueillit avec son pouce. L'émotion de la jeune femme n'allait pas tarder à la submerger.
« Je t'en prie, ne pleure pas ! Supplia-t-il ce qui arracha un rire à la jeune femme. Tu es plus belle lorsque tu souris, ou encore lorsque tu te mets en colère ! Mais pas de pleurs… Je ne veux plus te faire pleurer.
- Je ne m'attendais pas à ce que tu me dises tout ça. Fit Hermione. Tu ne peux pas savoir à quel point ça me touche.
- J'aurais dû le faire plus tôt. Alors qu'en dis-tu ? Demanda Harry inquiet de la réponse de la jeune femme.
- J'en dis que… »
La jeune femme s'arrêta, les yeux grands ouverts. Elle baissa le regard vers son ventre et ouvrit la bouche.
« Hermione ? S'alarma Harry. »
La gryffondor lui prit la main, la posa sur son ventre et la pressa légèrement sur le côté droit. Un petit coup semblable à celui du pouls se fit sentir contre la paume d'Harry qui leva les yeux, affolé, vers la jeune femme.
« C'était… Balbutia-t-il.
- Je crois que c'était son pied… Répondit Hermione toute aussi émue. »
Le coup se répéta cette fois-ci de manière plus forte, si bien qu'Harry sursauta.
« Oh Merlin ! Est-ce que ça fait mal ? Demanda-t-il alors qu'Hermione gardait sa main posée sur la sienne le regard émerveillé.
- C'est… étrange… Murmura-t-elle. Mais pas désagréable. »
Elle tourna la tête vers lui et lui adressa un sourire qui voulait tout dire. Il n'y avait pas d'explication. Pourquoi le bébé avait-il décidé de donner son premier coup de pied à ce moment précis ? Nul ne saurait le dire. Mais Harry voyait dans cela un signe, comme une lueur d'espoir.
« En ce qui concerne tes qualités, dit Hermione, je dirais que tu es puissant… rapide… et agile… papa. Ajouta-t-elle à voix basse. »
Harry perçut son ton malicieux et secoua la tête en prenant son morceau de parchemin pour écrire. Hermione était très amusante lorsqu'elle était de bonne humeur. Pourvu que ça dure !
Plus tard dans la journée, Hermione repassa en coup de vent dans sa chambre afin de rendre les quelques livres qu'elle avait empruntés à la Bibliothèque et qui traînaient depuis un moment déjà sur son bureau.
Elle sortait d'une réunion avec McGonagall qui avait redistribué les tâches au sein des préfets. La jeune femme en était ressortit, quelque peu remontée. Le professeur de métamorphose lui avait enlevé les rondes de nuit pour les donner à Cherie et Terry. Le prétexte que la vieille femme avait trouvé ? Votre grossesse avance, Miss Granger, même si vous ne vous en apercevez pas. Comment ne pouvait-elle pas s'en apercevoir alors que ses seins se faisaient de plus en plus douloureux, qu'elle ne rentrait plus dans ses vêtements préférés, que ses pieds enflaient, que son dos la faisait souffrir, qu'elle se fatiguait plus vite et qu'elle mangeait tout ce qu'elle détestait avant de tomber enceinte? Mais elle n'était pas dupe. McGonagall pensait sûrement que maintenant que Dumbledore n'était plus là, elle était plus en danger. Mais pour qui la prenait-on ? Elle avait quand même aidé à la défaite de Lord Voldemort ? Pourquoi s'obstinaient-ils tous à la considérer comme une personne fragile ? Déjà que l'absence de Dumbledore la pesait, si on lui retirait en plus du travail…
Les couloirs étaient anormalement bondés et Hermione dut redoubler de souplesse pour se faufiler entre les élèves et, de vigilance pour ne pas perdre l'équilibre. Malheureusement elle se heurta à quelqu'un qui la retint aussitôt.
« Je suis désolée ! S'excusa-t-elle en calant ses livres. Je ne… Sirius !
- Contente de me voir ? »
Sirius lui fit son éternel sourire charmeur et Hermione pouffa en secouant la tête.
« Harry m'a dit que tu étais au château. Es-tu actuellement en service, ou tu as un moment ? S'informa Hermione en soufflant sur une mèche rebelle qui s'échappait de sa queue de cheval.
- J'aurais toujours un moment pour toi ! S'amusa-t-il. Où allais-tu ?
- A la bibliothèque…
- Harry serait fou de rage de te voir porter ces livres ! Remarqua l'auror. Laisse-moi t'aider. »
Sans attendre sa réponse, il débarrassa la jeune femme de ses livres ce qui lui valut un regard évocateur, et il se dit que finalement Harry n'avait peut-être pas tort. La jeune femme était excessivement bornée et trop indépendante !
« J'imagine que tu le sais, alors ? Reprit Hermione d'une voix douce alors qu'ils reprenaient lentement leur marche, Sirius se mettant à la même allure que la jeune femme. Je veux dire, pour le bébé ?
- Oui, il m'a tout dit. Confirma Sirius. Je ne m'y attendais pas et c'est le moins qu'on puisse dire ! Mais ce qui me dérange le plus c'est de ne pas savoir si elle devra m'appeler « papy » ou « tonton »… »
Hermione esquissa un sourire, soulagée de voir qu'il prenait bien la situation et qu'il ne les jugeait pas.
« Il est vrai que tu es un peu jeune, pour être grand-père, mais je suis sûr que tu assumeras ce rôle à la perfection. Je pense vraiment qu'Harry a trouvé en toi un père de substitution, ou de cœur…
- Je prendrais au moins plaisir à gâter la petite-fille de James et Lily ! Fit Sirius d'un ton joyeux même si l'on perçait une note de mélancolie. Savoir que ses amis n'assisteraient pas à la naissance du bébé de leur fils lui faisait mal au cœur.
- Si tu lui changes les couches, que tu lui donnes le biberon et que tu la laisses te baver dessus, je te permettrai peut-être de la gâter un peu. Compléta Hermione d'un air malicieux. »
Elle lui rappelait qu'être grand-père était un travail important.
« Sirius, est-ce que je peux te poser une question ? Interrogea Hermione changeant ainsi le sujet de conversation.
- Bien-sûr ! Que se passe-t-il ? »
Hermione s'arrêta et regarda autour d'elle. Elle avait la sensation d'être épiée, peut-être parce qu'elle avait peur de la conversation qui allait suivre. Elle tira un Sirius hébété vers elle et l'attira dans un coin.
« Est-ce que tu connais bien Peter Jefferson ? Demanda-t-elle d'un trait.
- Le père de ton petit ami ? »
Hermione hocha la tête se mordillant la lèvre inférieure, le regard implorant. Sa rencontre avec le père de Gregory l'avait bouleversée et elle ne pouvait pas garder ça pour elle.
« C'est un bon ami. Répondit Sirius les sourcils froncés. Je le connais depuis quelques années et il m'a toujours été très sympathique.
- Non ! Je veux dire… Hermione peinait à trouver ses mots. Est-ce qu'il ne t'a jamais semblé… bizarre ? Ou mystérieux ?
- Il a toujours été très intègre et loyal. Il s'oppose d'ailleurs à Scrimgeour sur l'éloignement de Dumbledore et c'est un homme qui pèse !
- Il est donc du bon côté ? Demanda Hermione.
- Oui. Mais où veux-tu en venir ? S'exclama Sirius en regardant le visage tourmenté de la jeune femme. Elle se tordait les doigts et ne cessait de se mordre les lèvres.
- T'a-t-il déjà parlé de son deuxième fils ? »
Sirius fronça davantage les sourcils faisant ressortir ses prunelles sombres. Hermione s'avançait sur un terrain miné. Elle avait sûrement dû découvrir quelque chose. Il prit la jeune femme par les épaules et l'entraîna sur un banc. Elle était aussi raide qu'une statue.
« Il me semble que c'est son fils aîné. Répondit-il d'une voix basse. Un fils qu'il a eu avec sa petite amie de l'époque avant qu'il ne rencontre la mère de Gregory. Hermione, pourquoi me poses-tu toutes ces questions alors que Gregory serait enchanté de te répondre ?»
La jeune femme déglutit et baissa la tête, les mains sur ses genoux. Elle n'avait encore parlé de Matthew à personne et étrangement l'idée de le faire l'effrayait. Peut-être avait-elle peur de le mettre en danger ? Ou peut-être craignait-elle qu'on lui en veuille pour avoir si longtemps gardé le secret ? Quoiqu'il en soit, elle devait avoir la certitude que Matthew était bien le demi-frère de Gregory. Merlin ! Comment pouvait-elle douter encore de leur lien ? Ils se ressemblaient et c'était évident ! Matthew était le portrait craché de son père!
« Hermione ! Rappela Sirius. Pourquoi ces questions ?
- Je t'en prie Sirius, réponds-moi ! Qui est ce demi-frère dont personne ne veut parler ? »
Le ton désespéré mais catégorique de la jeune femme surpris l'homme aux cheveux de jais et il se gratta sa barbe naissante, gêné.
« Je ne sais pas grand-chose, mais juste les grandes lignes ! Commença Sirius. Tu sais Peter était très jeune lorsqu'il a eu son premier fils. Cela semblait être une erreur de jeunesse. Il avait à peine vingt ans ou peut-être moins. Sa petite amie, une certaine Amy, je crois, était une gryffondor qui venait d'une famille sorcière anglaise très traditionnelle. Ils sont sortis ensemble lorsque Peter a commencé sa carrière comme joueur de Quidditch et elle était une simple journaliste qui peinait à percer sur le continent américain. Lorsqu'elle est tombée enceinte, elle était complètement perdue et Peter n'a pas été d'un grand soutien. »
Cela rappela à Hermione l'histoire de Ben et de son ex petite-amie. Lui aussi avait pris peur face à sa nouvelle paternité. Décidemment, Harry était bien un cas à part !
« Mais il est néanmoins resté avec elle. Poursuivit Sirius. Les médias en parlaient et Peter ne tenait pas à avoir une mauvaise réputation. Il a même élevé l'enfant jusqu'à ses cinq ans. Puis il est parti.
- Il est quoi ?!
- Il est parti. Il les a abandonnés. C'était du moins ce qu'on pensait au début. En vérité, Amy devenait très étrange. Elle devenait excessivement jalouse et elle le soupçonnait de la tromper… ce qui était vrai. »
Hermione écarquilla les yeux.
« Le problème c'était qu'Amy était un amour de jeunesse. Peter voulait passer à autre chose. Il avait l'impression d'être allé trop vite. Précisa Sirius en sentant qu'Hermione commençait à ressentir du mépris pour cet homme qui avait abandonné son enfant. Lorsqu'il n'a plus supporté la situation avec Amy, il est parti. Pendant des années, Amy lui envoyait des lettres de menaces et l'assurait qu'il serait à elle pour toujours. Quinze ans plus tard, on apprenait que son fils était impliqué dans une histoire de meurtre.
- De quel genre ? Demanda Hermione redoutant la réponse. »
La jeune femme déglutit. Etait-ce réellement vrai ?
« Je ne sais pas comment te dire cela, mais ça a été très étrange. On n'a jamais réussi à démontrer sa culpabilité même si toutes les preuves réunies le rendaient effectivement coupable. Ce meurtre est arrivé au moment où Voldemort revenait et on a tout de suite pensé qu'il y avait un lien ! Mais on n'a jamais pu démontrer quel était le lien entre la victime et lui-même. Il n'a donc jamais été arrêté et encore moins emprisonné !
- Que s'est-il passé ensuite ?
- Les journalistes s'en sont mêlés. Tu les connais ! Cette affaire a eu une retombée médiatique incroyable parce que tout le monde se demandait comment une gryffondor avait pu laisser transformer son fils en mangemort. La pression a été tellement trop importante qu'Amy n'a pas pu le supporter et elle s'est suicidée. »
Hermione plaqua sa main sur sa bouche. Son estomac lui tournait.
« Je ne devrais pas te raconter une histoire pareille dans ton état. Fit Sirius en l'observant. Le suicide de sa mère l'aurait définitivement transformé et on lui accorderait la plupart des meurtres non élucidés sur les cinq dernières années… Quoique cela soit en train d'être remis en cause par Keyrath… Peter a insisté et a réussi à ce qu'on n'associe plus son histoire à celle de son fils. Il a fait pression et a déclaré que ce garçon n'était pas son fils et qu'Amy avait menti sur sa paternité. Il aura donc réussi à ce qu'on ne fasse plus le lien entre cette journaliste sans histoires et lui. C'est peut-être pour cela que la plupart des gens ignore que Gregory a un demi-frère. Peter refuse à tout prix de parler de lui. »
La fièvre sembla envahir Hermione. Sirius décrivait Matthew comme un monstre sanguinaire alors que tel qu'elle le connaissait il semblait loin de l'image qu'on lui avait peinte. A moins que Matthew n'ait menti ? C'était impossible ! Il s'était occupé d'elle comme si elle avait été la chose la plus précieuse au monde. Il avait même pris des risques pour la prévenir de ce qui la menaçait. Il avait tenté de la protéger. S'il était effectivement un mangemort, que gagnerait-il à se faire passer pour un gentil ? A l'inverse, s'il était effectivement devenu un homme bon, quelle était la cause de ce changement ? Sentant le mal de tête poindre, la jeune femme se prit la tête entre les mains en gémissant. Tout était si compliqué et surtout si confus dans son esprit !
Cela faisait plus d'un quart d'heure qu'Harry attendait Hermione devant son portrait. Si elle n'arrivait pas d'ici cinq minutes, il irait à sa recherche. Au bout de dix minutes, et lassé d'entendre la fée bavarder de choses et d'autres, il s'apprêtait à partir lorsqu'il vit la jeune femme arriver.
« Harry ? Que fais-tu ici ? »
Sa voix avait eu des intonations d'hésitation.
« Je voulais voir comment tu allais. Dit-il en essayant d'être calme. »
La jeune femme lui sourit et le fit entrer. Harry avait à présent son mot de passe, mais il ne souhaitait pas l'effrayer en l'attendant à l'intérieur alors qu'elle ne l'avait même pas invité. Les torches s'allumèrent comme il commençait à faire sombre et Hermione alla fermer les rideaux.
« Tu veux boire quelque chose ? Proposa-t-elle en se dirigeant ensuite vers la cuisine.
- Je prendrais bien une bièraubeurre si tu en as.
- Gregory en a toujours. Ca ne te dérange pas de boire une de ses bouteilles ?
- Si ça peut le faire enrager… Fit-il avec un sourire narquois.
- Harry ! »
Hermione attrapa une bouteille, la décapsula et la tendit à Harry.
« Ca faisait un moment que je t'attendais. Où étais-tu ?
- Je discutais avec quelques élèves… Tu sais histoire de les rassurer…»
Elle mentait. Elle enlevait sa cape et avait du mal à le regarder dans les yeux. Elle lui cachait quelque chose.
« Avais-tu quelque chose à me dire ? Demanda-t-elle en retirant l'élastique qui maintenait ses cheveux attachés. »
Harry la regarda comme hypnotisé et observa sa chevelure cascader sur ses épaules et entourer son visage fin. Il but une gorgée de bièraubeurre, posa sa bouteille et se rapprocha d'elle.
« Je voulais te demander si… si tu voulais bien venir avec moi à la prochaine sortie à Pré-au-Lard ? Demanda-t-il. »
Hermione releva la tête, surprise. Elle retira la main de ses cheveux et le regarda.
« Tu me proposes de sortir avec toi ? Toi et moi ? Répéta-t-elle comme pour comprendre ce que cela voulait dire.
- Est-ce que cela serait si horrible de passer une journée avec moi ? »
Il plongea ses doigts dans sa chevelure et tressaillit au contact soyeux de ses boucles dorées.
« Non, c'est juste que je ne m'y attendais pas.
- Si tu as quelque chose de prévu, je peux comprendre que tu ne puisses pas m'accompagner.
- Non ! Je suis juste surprise. Répéta-t-elle encore une fois.
- Il faudra donc t'habituer à être surprise. Imita Harry en se rapprochant d'elle. »
Le cœur d'Hermione s'accéléra et elle jura. Il devait à tout pris se reculer parce que la situation devenait trop dangereuse.
« Je veux juste passer la journée avec toi. Rien qu'avec toi. Ca te dit ? »
Hermione acquiesça d'un signe de tête incapable de parler. Harry se rapprocha encore et mit ses mains sur ses épaules.
« Tu trembles. Est-ce que ça va ? Demanda-t-il.
- J'ai juste un peu froid… »
Mais Harry connaissait très bien la nature de ses tremblements puisqu'il ressentait la même chose au même instant. Une force le poussait inexorablement vers elle.
Ses mains descendirent le long de ses bras avant de remonter comme s'il voulait la réchauffer alors que cela masquait une profonde envie de la toucher. L'avait-il déjà touchée de la sorte depuis leur nuit du 24 décembre ? Il approcha son visage. Il était si proche de celui de la jeune femme que leurs nez se frôlèrent. Il regarda sa bouche pulpeuse, nue de tout rouge-à-lèvre et pourtant rouge comme le sang. Ses mains se posèrent sur ses hanches arrondit et il remonta vers sa taille lentement. Il aurait tant voulu toucher sa peau mais cette maudite combinaison l'en empêchait ! Hermione soupira et il sentit les battements accélérés de son cœur. Ses yeux quittèrent sa bouche lorsqu'Hermione posa ses mains sur son torse. Leurs yeux se rencontrèrent et s'attachèrent pendant un long moment. Harry frôla les lèvres de la jeune femme et jura contre lui-même sûr que s'il continuait, la situation allait lui échapper.
Il ne la contrôlait déjà plus.
« Harry… Souffla Hermione comme si elle avait lu dans ses pensées.
- On ne devrait pas… Fit-il en s'écartant. »
Hermione le regarda s'éloigner d'elle, comme à contrecœur et elle posa ses doigts sur ses lèvres. Harry se passa une main dans les cheveux, nerveux, et posa son regard émeraude sur la jeune femme.
« Excuse-moi. Je n'aurais pas dû faire ça… Je ne sais pas ce qui m'a pris… »
Le regard d'Hermione s'assombrit alors. Je ne sais pas ce qui m'a pris… N'en avait-il pas eu envie comme elle ? Le cœur serré, elle déglutit et le fixa sans rien dire sachant pertinemment que sa voix se briserait si elle mettait fin au silence.
« Je dois partir… Ron m'attends. »
Hermione hocha la tête et Harry attendit comme s'il espérait qu'elle le retienne. Mais elle n'en fit rien. Elle tourna la tête sur le côté, les bras croisés et il sut qu'il l'avait vexée. Quel idiot ! Il ne tenta pas d'aller vers elle. Il partit d'un pas lent et le tableau se referma sur lui. La gryffondor soupira et il lui sembla que son souffle se répercuta en un écho. La salle commune lui semblait désespérément vide…
« Miss Granger… »
Hermione se retourna une fois dans son lit en fronçant les sourcils mais ne se réveilla pas.
« Miss Granger ! »
La jeune femme se recroquevilla davantage dans une position fœtale mais demeura profondément endormie.
« Miss… »
Son nez se fronça comme si une mouche venait de se poser dessus.
« GRANGER ! »
La jeune femme se leva en sursaut et se retrouva en un bond assise sur son lit. Elle regarda autour d'elle et ne vit personne. Elle leva quelque peu les yeux et son regard se posa sur le tableau de la fée. La jolie fée aux cheveux blonds qui gardait son entrée avait les joues rouges et tenait sa petite baguette magique entre ses doigts.
« Je suis désolée, Miss Granger ! S'excusa la petite fée, honteuse d'avoir haussé le ton.
- Que se passe-t-il ? Demanda Hermione effrayée.
- Votre amie rousse n'arrête pas de frapper à mon portrait depuis cinq minutes.
- Ginny ? Fais-la entrer je t'en prie. »
La petite fée s'échappa du tableau qui ornait l'intérieur de la chambre de la préfète-en-chef et s'en alla ouvrir le passage à Ginny. Hermione, encore un peu sonnée, se regarda et se maudit en s'apercevant qu'elle avait dormi toute habillée. Sa combinaison était à présent toute froissée et ses cheveux étaient en désordre. Elle posa une main sur son front en sentant un mal de tête frapper à ses tempes.
« Ne me dis pas que tu as la gueule de bois, fit Ginny d'un ton amusé, parce que dans ton état ce n'est pas très recommandé. »
Hermione leva les yeux vers elle en même temps qu'elle reconnaissait la vague nauséeuse qui était en train de l'envahir.
« Oh non… »
En moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, elle alla s'enfermer dans les toilettes afin de vider le maigre contenu de son estomac. Voilà deux jours que ses nausées étaient revenues. Elle devait être trop stressée. Quoiqu'il en soit il fallait que cela s'arrête. Surtout lorsque ses crises étaient violentes.
« Est-ce que tu te sens mieux ? Demanda Ginny en lui caressant les cheveux alors qu'Hermione avait sa tête posée contre son épaule. »
Une fois que la crise fut passée, Ginny conseilla à la jeune femme de faire sa toilette et l'aida à s'habiller par la suite quand Hermione le lui demanda. Elle lui proposa alors de la vêtir d'une chemise de nuit blanche avec un léger pull de la même couleur car il faisait un peu frais dans la chambre. Mais Hermione broncha lorsque son amie lui recommanda de se reposer dans sa chambre pour le reste de la journée.
« Ca ira, merci Ginny. Sourit légèrement Hermione.
- Tu veux que je te prépare quelque chose à manger ? ou à boire, si tu veux. Proposa son amie d'une voix douce.
- Je ne pense pas que mon estomac soit capable de supporter quoique ce soit… pour le moment.
- Je pense que ce serait mieux que tu consultes Pomfresh, tout de même…
- Ginny ce n'est pas la peine ! Je me sens assez bien pour aller en cours aujourd'hui ! Tenta de rassurer Hermione d'une voix rauque. »
La préfète ne voulait surtout pas que quiconque soit mise au courant de son état. Elle ne voulait pas qu'on l'obligeât à passer une semaine au lit, à se ménager. Elle ne le supporterait pas. Elle se sentait, certes, un peu fatigué mais elle ne resterait pas coincer dans son lit.
« Comment fais-tu pour être aussi têtue ? Demanda Ginny. Dois-je te rappeler que tu ne portes pas l'enfant de n'im… »
Des coups se firent entendre contre le tableau ce qui interrompit la jeune fille. Hermione fronça les sourcils en observant Ginny se lever pour aller céder le passage. Qu'avait voulu dire la rouquine ?
« Harry ! S'exclama Ginny surprise. »
Hermione sursauta et se débarrassa de ses couvertures ce qui n'eut comme résultat que de les emmêler davantage. Elle se leva en oubliant de mettre ses chaussons et s'attarda devant le miroir de sa coiffeuse. Elle tenta d'arranger en vain ses cheveux dont les boucles paraissaient plus folles que jamais. Elle avait l'air horrible, se dit-elle en regardant son reflet dans le miroir. Tant pis ! Mieux valait qu'Harry la voit comme ça, plutôt que dans son lit !
« Hermione ? Fit Ginny d'un ton aigu. Elle est…
- Là ! S'annonça Hermione en sortant de sa chambre en se tenant au chambranle. Je suis là. »
Harry se tenait à l'entrée, les mains dans les poches et regarda successivement les deux jeunes femmes. Ginny semblait gêné et lorsqu'elle regarda son amie qui accueillait le gryffondor avec un vrai sourire, son visage passa de l'embarras à la surprise. Elle avait compris le message !
Harry s'avança et observa la tenue plutôt étonnante d'Hermione, à cette heure de la journée.
« Comment se fait-il que tu sois toujours en pyjama ? »
S'il savait ! Il ignorait qu'elle avait dormi toute habillée, trop déboussolée par ce qui s'était passé la veille
« Hermione me disait qu'elle était d'humeur flemmarde aujourd'hui. Vint à la rescousse Ginny. Mais je lui ai dit que ce n'était pas bien de faire l'école buissonnière ! Mais elle allait se préparer !
- Ah oui ? Fit Harry d'un ton suspicieux. L'école buissonnière ? »
Hermione grimaça. Il fallait dire qu'elle était loin d'être une adepte de l'école buissonnière. Sécher les cours ? Ce n'était pas pour elle. Mais mieux valait mentir au moins une fois là-dessus plutôt qu'Harry apprenne qu'elle était en réalité trop fatiguée. Sinon elle passerait le reste de sa grossesse au lit !
« Harry ça tombe bien que tu sois ici. Dit Hermione en changeant de sujet. Je tenais à te parler.
- Ah, j'avais justement des choses à faire ! Hermione j'espère te voir mieux habillée que ça ! Reprit Ginny afin de trouver une raison de s'éclipser et surtout d'appuyer l'histoire qu'elle venait de monter. »
Elle embrassa Harry sur la joue et s'enfuit comme une voleuse en lançant tout de même un clin d'oeil à la brunette. Hermione sentit son cœur se contracter. Ginny faisait preuve d'une amitié sans faille et elle, elle n'était même pas capable de lui dire que le vrai père de son bébé était l'homme qui la rendait folle lorsqu'elle était encore qu'une gamine.
Elle prit les devants et pria à Harry de s'asseoir dans le canapé moelleux, couleur crème, dans lequel elle adorait se reposer. Le jeune homme était étrangement calme et cela lui permit de se détendre quelque peu.
« Je suis désolée de t'avoir menti… Fit-elle. »
Elle s'excusait beaucoup depuis deux jours, pensa-t-elle. Harry hocha la tête.
« Hermione, je te sens perturbée depuis quelques jours. Dit Harry d'une voix douce en passant ses doigts sur sa joue à la peau douce. Tu as beau sourire mais je sens qu'il y a quelque chose qui te tracasse. Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce tu ne me dis pas ? »
Le ton d'Harry ne se faisait pas impatient mais implorant. Il s'inquiétait vraiment pour elle et au bout du compte il fallait mieux qu'elle lui dise toute la vérité. Le mensonge et l'omission l'avaient épuisé et pour le bien de tous elle ferait mieux de tout dire. Mais il fallait s'assurer d'une chose au préalable :
« Promets-moi que tu ne te mettras pas en colère…
- Hermione… Balbutia Harry surpris.
- Promets-le-moi ou bien je ne te dirai rien !
- Je…
- Je t'en prie ! Supplia Hermione. Promets-le ! »
Prenant compte du désespoir de la jeune femme qu'il avait en face de lui Harry se dit qu'il se devait de respecter sa volonté. Il ne devait pas la contrarier.
« Je te promets de rester calme et de ne pas m'énerver. »
Comme pour sceller sa promesse, il lui attrapa la main et l'embrassa ce qui lui réchauffa le cœur. C'était incroyable le pouvoir qu'Harry avait sur elle. Dès qu'il lui avait touchée la joue elle avait senti une onde d'énergie et de bien-être se répandre en elle. Il lui faisait du bien. C'est ainsi qu'elle raconta pour la première fois ce qu'il s'était passé chez Keyrath. Elle lui raconta absolument tout et il ne l'interrompit à aucun moment, attentif et prenant soin de garder sa main dans la sienne pour la caresser et poser sur elle son regard émeraude plein de tendresse et d'indulgence. Lorsqu'elle lui avoua sa mésaventure avec Travis, elle vit se mâchoire se contracter mais il ne laissa rien d'autre paraître.
« Ce Matthew était donc comme un ange-gardien pour toi ? Reprit Harry.
- Je peux t'assurer que je n'exagère pas tout ce qu'il a fait pour moi. Confirma Hermione. Harry, il est venu à Poudlard pour me prévenir que quelque chose se tramait le jour où Gregory s'est fait attaqué.
- Quoi ?! Mais enfin, comment a-t-il pu pénétrer ici ?
- Je l'ignore. Hocha désespérément de la tête la jeune femme. J'étais à la bibliothèque et il m'a dit qu'il prenait des risques en venant ici mais qu'il devait me prévenir du danger qui rôdait…
- C'était donc ça qui te préoccupait depuis tout ce temps ? Demanda Harry. Tu te sentais coupable de ne pas nous l'avoir dit ? Hermione tu n'as pas à t'en vouloir…
- Harry, il n'y a pas que ça… »
Hermione entreprit de lui raconter ce que Sirius lui avait appris sur le demi-frère de Gregory. Par moment il avait laissé échapper quelques jurons tels que « quelle lâche ». Il ne comprenait pas comment on pouvait abandonner sa famille du jour au lendemain. Peut-être était-ce parce qu'il avait perdu ses parents très jeune qu'il avait l'esprit de famille plus développé – bien qu'il soit encore jeune – qu'il n'arrivait pas à concevoir une telle chose. Cela lui donna encore plus envie de rester auprès d'Hermione et de sa future fille afin de suivre son évolution, ses premiers pas, ses premiers mots, ses premières bêtises, en somme toutes ses premières fois… ou presque.
« Mais où veux-tu en venir ? Demanda-t-il. Quel rapport y'a-t-il entre ces deux histoires ?
- Tu ne vois donc pas ? Hier je suis allée à l'infirmerie pour apporter quelques vêtements à Gregory et j'ai vu son père. Matthew est son portrait craché.
- Tu veux dire que…
- Matthew est le demi-frère de Gregory. Ne me prend pas pour une folle, j'en suis sûre et certaine !
- Mais ce Matthew que tu me décris avec tant de passion n'a rien à voir avec ce fils avide de sang ! Compara Harry.
- C'est ce qui me tracasse. Ou bien on a demandé à Matthew de jouer un rôle pour que je lui fasse confiance ou bien ils se trompent tous et il est réellement gentil.
- Mais Hermione, tu ne penses pas que le fait qu'il soit aux côtés de Keyrath prouve qu'il n'est peut-être pas celui qu'il t'a prétendu être ? Se risqua Harry pour ne pas froisser la jeune femme.
- Je suis sûre qu'il n'est pas là-bas de son propre gré. Je sais que tu penses que je suis trop naïve et que je ne vois pas le mal chez certaines personnes mais je peux t'assurer qu'il est aussi bon que toi ou moi ! »
Hermione ferma les yeux et reposa sa tête contre le canapé, fatiguée. Raconter cette histoire était plus éreintante qu'elle ne l'aurait pensé et sa lassitude revint de nouveau.
« D'accord, je te crois. Acquiesça Harry d'un ton doux. Si ce Matthew est réellement le frère de Gregory c'est qu'il y a dû avoir une erreur quelque part. Je vais m'occuper de ça.
- C'est vrai ? Chuchota Hermione. Comment vas-tu t'y prendre ?
- Je ne sais pas encore. Harry haussa des épaules. Mais cette histoire m'intrigue tout autant qu'à toi… »
Hermione acquiesça devant le ton rassurant d'Harry. Elle ne pouvait plus tout supporter toute seule. Elle avait besoin de soutien et Harry était prêt à lui en donner. Elle observa la bouche de son ami accentuée par sa barbe de deux jours qu'il n'avait pas pris la peine de raser ce matin. Aurait-il passé une mauvaise nuit ? Elle se demanda la sensation que sa paume aurait au contact de cette joue rugueuse. Son nez droit était surmonté d'une fine paire de lunettes en forme rectangulaire qui ne cachait rien de ses magnifiques yeux verts. Puis son regard descendit de nouveau à sa bouche et elle passa ses doigts sur ses lèvres, au souvenir de la scène de la veille.
Oui. Aujourd'hui elle était prête à tout accepter venant d'Harry. Absolument tout, se dit-elle en silence.
« Ca alors ! S'exclama Ben en s'affalant dans son fauteuil. Quelle histoire ! »
Sirius marchait de long en large dans le salon du professeur de DCFM et Harry observait ses allées et venues les mains croisés. Il venait de leur raconter ce qu'Hermione lui avait dit en omettant, bien évidemment, les passages qui l'avaient mise mal à l'aise.
« Matthew n'a peut-être jamais commis les crimes dont on l'accuse. Supposa Harry.
- C'est possible ! Mais qu'est-ce qui explique sa présence auprès du Lord ? Répliqua Ben en croisant les pieds sur la table basse.
- Là je ne saurais quoi vous dire… »
Sirius soupira et reprit place à côté d'Harry. En voilà une histoire à se tirer les cheveux.
« Le mieux serait d'en savoir plus auprès de celui qui en sait le plus. Proposa le professeur de DCFM. Sirius, tu penses que tu peux t'occuper de Mr Jefferson ?
- Je peux toujours essayer. Mais ça ne risque pas d'être facile. Ce serait bien aussi qu'on se renseigne auprès du Ministère américain. Il y a quelque chose de louche.
- Y'a-t-il une probabilité que Jefferson père nous cache quelque chose… ou tout simplement mente ? Tenta Harry.
- Pourquoi penses-tu une chose pareille ? Demanda Sirius.
- Je ne fais pas confiance au fils, pourquoi le ferais-je à son père ? Cette famille est bizarre… »
Ben et Sirius échangèrent un regard, signe qu'ils cachaient quelque chose d'important.
« Très bien. Intercepta Harry dans un soupir. Qu'est-ce que je ne sais pas ? »
Ben haussa les épaules et écarta les bras signe qu'il se mettait en dehors de tout problème. Apparemment ce n'était pas à lui de le faire. Il se leva pour aller se servir un verre de whisky pur feu.
« Fais-moi en un s'il te plaît aussi Ben. Fit Sirius en desserrant le lacet de sa cape qui lui serrait le cou. Tu sais, Harry, c'est très malvenu pour nous de se mettre à douter de Peter Jefferson.
- Pour quelle raison ?
- Il travaille pour l'Ordre. Déclara Sirius. »
Il attrapa le verre que Ben lui proposait et le but d'un coup sec. Harry demeura interloqué. Un Jefferson au sein de l'ordre ?
« Si c'est une blague… Commença-t-il.
- Ton parrain te dit vrai. Appuya Ben. Peter travaille au sein de l'Ordre depuis quelques mois.
- Il travaillait déjà aux Etats-Unis comme un résistant à la terreur qu'avaient instauré les partisans de Voldemort. Poursuivit Sirius. Dumbledore lui fait confiance.
- Mais je t'avouerai que comme Harry je n'ai pas confiance en Jefferson junior. Confessa Ben ce qui lui valut une exclamation de joie de la part du gryffondor.
- Vous êtes trop attachés à Hermione pour être objectifs.
- Ce garçon est adorable avec les autres élèves et il fait un excellent préfet-en-chef. Concéda le professeur en prenant un ton sérieux. Mais dès qu'il s'agit des amis d'Hermione, il est…
- … faux et désagréable. Termina Harry.
- Je ne devrais pas prendre partie comme ça, dit Ben, parce que je suis un professeur et je ne dois favoriser aucun élève. Il est aussi de mon devoir de ne pas porter de jugement sur l'un d'entre eux. Mais pour avoir vu Gregory tout au long de l'année avec Hermione, je dirais qu'il est complètement obsédé par elle.
- Il est amoureux d'une jeune femme ! S'exclama Sirius. Nous avons tous été un jour ou l'autre amoureux toi et moi, Ben. Ne me dis pas que tu as oublié comment c'était d'aimer une femme ? »
Le regard de Ben se durcit.
« Je n'ai pas oublié. Mais tu en connais plein des hommes amoureux qui n'apprécient pas les amis de leur petite-amie et qui porte la main sur elle parce qu'ils sont trop jaloux ?
- Porter la main ? Qu'est-ce tu veux dire ? S'alarma Sirius.
- Gregory a porté la main sur Hermione, c'est pour cela qu'ils ne sont plus ensemble. Informa Harry en regardant son parrain.
- Merlin ! Comment est-ce possible ?
- Ce n'est pas la première fois. Admit Ben perplexe. Il l'avait déjà giflée le jour de Noël il me semble. Je crois qu'il lui en voulait d'avoir… heu… d'avoir… comment dire ? Il lui en voulait d'avoir passé la nuit avec toi… »
Si les regards pouvaient tuer, Poudlard en entier aurait brûlé sous le regard perçant et brûlant qu'Harry avait eu au moment de la révélation de son professeur. Gregory n'en était pas ainsi à sa première agression… Comment avait-il pu ?
« Tu es sûr de ce que tu dis ? Demanda Sirius abasourdi. A lui aussi l'idée que l'on puisse porter la main sur une femme le révulsait.
- Affirmatif. Elle saignait de la joue et c'est même moi qui ait désinfecté sa blessure. Mais en y repensant, j'avais la sensation en début d'année qu'elle avait… peur de lui. Mais en même temps elle avait l'air d'avoir peur de tout le monde ! Elle était étrange, très renfermée sur elle-même. Et puis elle était toujours en retard, elle me disait qu'elle dormait mal… Se souvenait peu à peu Ben. Vous vous souvenez Harry… et puis elle faisait des chutes assez étranges. Elle s'est même mise à saigner de la tête une fois… »
Merlin ! Pensait Harry, le cœur battant à vive allure. Il se leva et lutta de toutes ses forces afin de ne pas se mettre à serrer les poings et tomber dans une colère qui pouvait se montrer dévastatrice. Il devait respirer et réfléchir parce que si ce qu'il croyait était vrai il ne répondrait plus de lui-même.
« Harry ? Appela Sirius préoccupé.»
Harry revit le visage tuméfié d'Hermione un jour où il l'avait attrapée trop brutalement. Cet œil au beurre noir l'avait laissé sans voix. Cette fois aussi où il les avait croisés en plein couloir et où Hermione n'était pas très motivée pour répondre à l'étreinte de son petit ami… Ou encore cette fois où elle avait eu cette marque rouge autour de son cou.
« Et lui ne t'a-t-il jamais blessé, Hermione ? Demanda Harry en haussant le ton. Ne t'a-t-il jamais fait du mal ? »
Et dire qu'il n'avait rien vu…
« Harry ?
- Il la battait… Murmura-t-il.
- Quoi ?
- Gregory… Il releva la tête. Il battait Hermione. Il… Sa voix allait se briser. Il avait l'habitude de la frapper… »
Bouche-bée Sirius regarda Ben dans l'espoir d'un démenti mais il ne put hocher négativement la tête. Si Harry était parvenu à la même conclusion que lui c'était que Gregory avait réellement pris l'habitude de… C'était étrange de voir à quel point le fait de mentionner certains faits, pouvait aider à la prise de conscience. Il avait fallu qu'il parle du début d'année difficile d'Hermione pour que cette hypothèse lui vienne à l'esprit. Et en fin de compte tout concordait.
« N'affirmez pas une chose dont vous n'êtes pas sûre. Prévint Sirius qui faisait manifestement un effort pour se contrôler.
- Je ne te le dirais pas si je n'en étais pas sûr ! S'énerva Harry. Pourtant ça crevait les yeux ! Elle était terrorisée par lui ! Il la traînait comme si elle était son trophée… Je vais le tuer ! »
Ben et Sirius s'élancèrent sur un Harry plus hors de lui que jamais. Tous ses muscles étaient tendus et son visage était déformé par la haine.
« Il mérite la mort ! Lâchez-moi. Cria-t-il.
- Harry cela ne te mènera nulle part si tu le tues ! Raisonna Sirius.
- Oh que si ! Justice sera faite !
- Tu n'iras nulle part ! S'écria Sirius.
- Comment peux-tu cautionner une chose pareille ?!
- Ne… me parle pas sur son ton ! Susurra Sirius en attrapant le jeune homme par l'épaule, d'un ton autoritaire. »
Harry cessa de se débattre et le fixa stupéfait. Ce n'était pas la première fois que Sirius utilisait ce ton là avec lui lorsqu'il se montrait trop insolent. Comme à chaque fois, cela suffisait à le calmer. Le fait que son parrain puisse le remettre dans le droit chemin en étant autoritaire lui donnait davantage le statut de père et Harry appréciait cela… avec le recul. Mais sur le moment la colère était grande parce qu'on l'empêchait de faire ce qu'il désirait.
« Hermione a été maltraitée, Sirius…
- Ce n'est pas comme ça que tu réussiras à le prouver. Cela tombe mal parce qu'Hermione ne pourra rien nous dire étant donné son état. Rappela Sirius. Tu ne dois rien lui dire !
- Mais…
- Harry ! Pas un mot à quiconque ! Répéta Sirius tout aussi troublé et visiblement sur les nerfs. Pense au bébé… pense à Hermione… »
Lapetiotesouris : Tu as posté une review pour le chapitre 22 alors que j'avais publié le chapitre 25 mais je vais quand même te répondre. Tu fais bien de parler de cette bague parce qu'on la retrouvera pendant un cours instant dans le chapitre suivant ! Bisous !
Time Tell Will : Hello miss ! Tu as eu la réaction d'Hermione: elle a préféré ne rien dire, du moins au principal concerné. J'aurais peut-être fait la même chose… Peut-être le confrontera-t-elle plus tard ? Mais pas maintenant. En ce qui concerne d'éventuelles attaques à Poudlard, c'est à voir… Je ne dirai rien. Je pense que ceux qui devaient se faire attaquer l'ont été et je ne vois pas qui d'autre mériterait de subir le courroux du Lord. Lol. On voit bien dans ce chapitre qu'Hermione est frustrée qu'Harry ne se dévoile pas totalement… mais c'est à elle aussi de prendre les devants ! Alors pour cela, rendez-vous au chapitre suivant ! Pourquoi étais-tu aussi sûre que le père de Gregory n'était pas clair ? Il fait apparemment partie de l'Ordre, mais qu'est-ce qui explique sa présence auprès du Lord ? Peut-être une mission ? En tout cas, rassure-toi toutes les réponses ne sont pas dans ce chapitre. Tu as encore de quoi cogiter ! Merci encore beaucoup ! Gros Bisous ! PS : Je ne sais pas si le Lord aura des cadeaux à Noël, comme tu me l'as demandé, mais il serait possible qu'il s'offre lui-même son cadeau de Noël. ;)
Bachelor49 : Merci beaucoup de me lire et surtout d'attendre. Je sais que je mets beaucoup de temps et je m'en veux les jours où je n'écris pas. Alors des fois, j'écris… et finalement c'est vraiment nul ce que je fais donc je laisse. Et finalement j'accepte de ne pas écrire tous les jours, ou n'importe où parce que quand je n'écris pas la nuit, toute seule dans ma chambre et quand je le ressens vraiment, je peux t'assurer que ça craint ! Mais si cette inspiration pouvait être là tous les jours, no matter what, ça m'arrangerait ! Merci encore et je suis encore une fois désolée de l'attente. Quand je vois 25 chapitres en 6 ans, j'ai honte !!! Gros Bisous !
Harmonyforever07 : Merci pour ton soutien ! Jusqu'à présent mon nouvel ordinateur ne m'a pas posé de problème et tant mieux. Il est un peu lent mais je m'en satisfais ! Dans ce chapitre j'ai été relativement gentille. Mais il faut dire qu'avec Harry elle s'est prise la tête un peu toute seule. Et dans le prochain chapitre, elle cherche les problèmes tu verras ! Tu as dû être ravie, et peut-être frustrée, de voir un rapprochement entre Harry et Hermione. Dans le prochain chapitre elle n'abandonne toujours. Matthew semblerait bien être le demi-frère de Gregory mais son père est au sein de l'Ordre. Donc mangemort ou homme intègre ? Quant à Gregory on ne sait toujours pas ce qu'il sait puisqu'Hermione ne lui a rien demandé et il n'a rien dit. Seulement sait-il quelque chose ? Pour Matthew aussi on ne sait plus tellement ce qu'il est. Méfions-nous des apparences… ! Merci de me lire ! Gros Bisous !
Gaabrielle : On s'intéressera un peu à l'action du Ministère dans le prochain chapitre et quant à la presse elle ne peut pas enfoncer davantage Dumbledore. Il est soutenu malgré tout mais est-ce que cela suffira à le faire revenir ? On verra dans le prochain chapitre. Tu penses que Gregory s'est brûlé lui-même ? Ne serait-ce pas quelque peu sadique ? Lol. Après tout, tout est possible et je ne saurais te dire… Gros Bisous !
Pika : Merci encore pour tout ! J'espère alors que la suite t'aura plu ! Gros Bisous !
Patmol : L'enfant est bien d'Harry, lol. Je ne sais pas si tu as lu la suite mais ce n'est pas grave ! Bisous !
Cradoss : Merci ! Mais ce n'est pas du courage d'avoir réécrit le précédent chapitre quatre fois : c'est que je ne renonce jamais ! et encore plus lorsque je ne dois pas décevoir. Je n'attends rien lorsque je fais quelque chose mais si ça peut faire plaisir aux autres je m'y mets à fond. Et puis cette histoire c'est mon bébé, je grandis avec lol, donc abandonner… jamais ! Tu as dû comprendre en lisant ce chapitre que c'était Matthew le demi-frère de Gregory et non le père, lol. Merci pour tout ! Gros Bisous !
Ongil nyatar : Tu as eu du courage de tout lire d'une traite ! Félicitations ! Est-ce que Peter est le bras droit de Keyrath ? Alors là, je ne saurais te dire… On verra bien mais ça m'étonnerait puisque Dumbledore met tous les jours une foi absolue en ses aurors. Bisous !
Viola38 : Ne t'inquiète pas je n'arrêterai cette histoire pour rien au monde ! Merci encore et Gros Bisous !
leRoiDechu : L'idée de recommencer les premiers chapitres m'a effleuré l'esprit, puis je me suis dis : ne te disperse pas. Alors je pourrais bien les reprendre lorsque j'aurais fini l'histoire parce que j'en ai honte. Même si je ne suis pas toujours satisfaite de mes chapitres actuels. Merci beaucoup ta review m'a faite plaisir. Gros Bisous !
MiaSa : Je te mentirais si je te disais que je postais régulièrement… je suis désolée ! Mais la fin est vraiment toute proche puisque les élèves passent leurs examens dans le prochain chapitre ! Merci à toi pour ta review ! Gros Bisous !
Wuhao : Quand tu dis qu'il y a quelques années tu as découvert ma fic, j'ai encore honte ! Faut vraiment qu'elle se termine parce que c'est abusé de mettre autant de temps pour écrire. Retour au contenu ! Pour l'instant la famille de Gregory reste très obscure. On ne sait plus trop où est la vérité. Mais pour Gregory, on ne sait toujours pas ce qu'il en est. Il manipule peut-être mais est-il vraiment au courant de ce que fait son père ? En même temps on voit bien son père lui dire qu'en deux ans, il ne lui avait jamais présenté Hermione. Cela traduit-il un manque de lien affectif entre les deux ? C'est à voir. En ce qui concerne Ben, il n'a jusqu'à présent fait aucune mention de son lien de filiation… Moi j'en conclus qu'il ne sait rien. Mais après on a tous nos secrets… Merci pour ta review qui m'a fait un plaisir fou et qui m'a beaucoup faite sourire. Gros Bisous !
Un autre chapitre qui s'achève et il n'est pas de tout repos ! On en sait un peu plus sur les origines de Matthew mais cela n'élucide toujours pas le mystère quant à sa présence chez le Lord. Est-il bon ou mauvais ? Et le père de Gregory ? Et Gregory lui-même ? D'ailleurs le pauvre poufsouffle aura je crois du soucis à se faire... Harry pense avoir découvert quelque chose qu'il n'aurait pas dû savoir. En même temps s'ils y avaient réfléchis plus tôt...
Le prochain chapitre est en majorité écrit et il devrait être un peu plus court que celui-ci… à moins que j'éprouve l'envie de rajouter quelques scènes. Je peux déjà vous dire qu'on en apprend encore plus sur les Jefferson, sur le retour possible de Dumbledore et on n'en a pas fini des confrontations entre Hermione et Gregory et tout va très vite s'enchaîner. Hermione jouera les fouineuses, mais elle se laissera quelque peu aller avec Harry… vous verrez bien !
En ce qui concerne l'ensemble de la fic, je pense qu'elle se finira dans quatre ou cinq chapitres… peut-être six. En commençant cette histoire j'avais programmé 30 chapitres grosso-modo et sans m'en rendre compte j'y suis parvenue et j'en ferai un peu plus. J'ai déjà des idées prêtes pour le dernier chapitre mais je ne suis pas encore certaine de la fin, pour la bonne raison que j'ignore encore s'il y aura une deuxième partie… que je serais capable de tenir.
J'espère donc que ce chapitre vous aura plus, et vous aurez le chapitre 27 avant fin septembre, c'est sûr et certain puisque je reprends les cours en octobre. Peut-être que j'aurais commencé le chapitre 28 d'ici-là car il ne me reste pas grand-chose à écrire pour le chapitre 27. Merci pour vos reviews qui me font rire et égaient ma boîte mail ! Plus y'en a mieux c'est ! Merci encore !
Gros Bisous !
GirlofButterfly.
