-Reisuke- Rentrons, nous avons sauvé pas mal de monde, on ne peut pas tout avoir après tout, et il reste encore pas mal de choses à faire avant que je ne reparte dans mon époque. Jessica, Athéna, nous y allons.
…..
Cela allait donc vraiment se terminer comme cela… ? Par ma faute, parce que ma vie était supérieure au désir de Reisuke…Il avait tout abandonné pour moi…Tout ce chemin qu'ils avaient fait pour en arriver là…Tout s'était évaporé, tout s'était détruit en une fraction de secondes parce que Voltanis avait imposé ce dilemme…Misère…
Mais comment…Comment une telle issue pouvait lui convenir… ? Lui qui voulait sauver tout le monde pour effacer ses fautes, comment pouvait-il être d'accord avec un tel scénario…. ? Je ne comprenais pas, vraiment pas, comment il pouvait accepter ça.
-Reisuke- Un problème, Athéna ? Allez viens, retrouvons Hakaze et les autres, tu as envie de revoir le sourire de Soichiro non ?
-Athéna- Reisuke…Et toi… ? Que vas-tu faire ?
-Reisuke- Arrête donc avec ça ! Franchement..J'ai la chance de rentrer avec mes amis en vie, je ne suis pas perdant dans l'histoire. Arrête donc de t'en faire, je ne suis plus un enfant, et j'ai déjà perdu mes parents, donc je sais déjà ce que c'est de perdre quelqu'un.
-Athéna- Ca ne me convient pas , Reisuke. Ca ne me convient vraiment pas.
-Reisuke- Ca n'a pas à te convenir, contente toi d'être heureuse aux côtés de Hakaze, d'accord ?
Ce sourire qu'il me fit à ce moment là…Etait le sourire le plus hypocrite que je pus voir depuis ma naissance. C'était de la bonne hypocrisie, les intentions étaient nobles, mais cela restait de l'hypocrisie. Lui non plus n'était pas satisfait par ce résultat, mais s'efforçait d'afficher un air heureux afin que je ne me sente pas mal vis à vis de lui…Cependant…Je voyais clair dans son jeu, il ne savait pas mentir.
-Athéna- Ce sourire….
-Reisuke- Hmm ? Qu'est-ce qu'il a mon sourire ?
-Athéna- Ton sourire n'a rien à voir avec celui du jeune maître.
Je partis de la colline en courant, laissant Reisuke et Jessica seuls la haut. Je ne pouvais tout simplement pas me résoudre à impliquer quelqu'un d'autre dans mes déboires. D'abord Téthys, qui avait payé le prix fort de devenir humaine à cause de moi, mais aussi le jeune maître qui avait hérité de cette amertume au plus profond de lui à cause de moi…Pourquoi cela devait toujours finir comme ça ? Pourquoi tout le monde ne pouvait-il pas être heureux alors que je ne voulais que des bonnes choses pour tout le monde… ? Je ne savais pas quoi penser à propos de tout cela, mais je ne pouvais m'y résoudre.
Je parcourus la ville en passant par les quartiers populaires que j'avais l'habitude de fréquenter avant toute cette histoire. La librairie de madame Junon chez laquelle j'achetais tous mes ouvrages sur le monde des humains…La taverne de Monsieur MaxSix dans laquelle moi et ma sœur avions nos parties de plaisir, mais aussi l'école de monsieur Trish…Tous ces lieux dans lesquels j'eus passé une partie de ma vie étaient sur le point de s'évanouir de mes pensées…Je savais ce que j'étais réellement, je l'avais compris il y a quelques années. Reisuke l'avait aussi compris, je l'avais ressenti, mais il n'eut pas le courage de le dire à Voltanis. Il ne voulait sûrement pas me blesser, mais j'étais au courant de tout depuis deux années déjà.
….
C'était la dernière fois que je voyais ce paysage, pourtant je n'éprouvais pas de nostalgie. Plus rien ne me retenait ici, maintenant que le jeune maître avait grandi, et que ma sœur n'appartenait plus à ce monde. Je n'avais plus rien à faire ici, et pouvais donc affronter mon sort comme il allait venir.
Ce fut ainsi que je gagnai de nouveau le palais de Voltanis. J'étais cette fois ci seule, mais je pus entrer malgré la garde. Ils avaient vraiment reçu l'ordre de ne pas me toucher d'avantage. Quand je pénétrai dans la cour, je vis une personne à laquelle je ne m'attendais pas, elle était toujours habillée de sa blouse blanche, coiffée de la même coiffure que d'habitude, avec cette paire de lunettes lui donnant un air solennel.
-Athéna- Lily…Cela fait tellement longtemps.
-Lily- Athéna…En effet, depuis ton procès je ne t'ai pas revue. Que deviens-tu ?
-Athéna- Je reste toujours fidèle à ce que je suis.. Qu'en est-il de toi ?
-Lily- Pareillement, toujours la même. As-tu réussi ce que tu as entrepris dans le monde des humains ?
-Athéna- A vrai dire…J'ai du encore transgresser la loi de Voltanis pour sauver un de mes camarades…
-Lily- Je te reconnais bien là, Athéna. C'est pour ça que j'ai plaidé ta cause quelques années auparavant. Tu as toujours oeuvré pour le bien, même si Voltanis n'agrée pas ton comportement, il y a des choses qui doivent être faites. Je t'ai donc pardonnée pour tes actes envers moi.
-Athéna- Lily…Je ne sais pas quoi te dire….
-Lily- Si tu es ici, je suppose que c'est parce que tu dois encore défendre une cause indéfendable, je me trompe ?
-Athéna- Non…Tu ne te trompes pas…hahaha…
-Lily- Héhéhé. C'est bien toi ça. Allez, laisse toi guider par ton cœur, et montre moi ce que tu peux faire lorsque tes sentiments et ta conscience sont en accord. Je te regarderai toujours, tu as été l'être le plus intéressant que j'ai rencontré de toute ma vie.
-Athéna- Merci pour tout, Lily.
En quittant la femme, je sus que c'était la dernière fois que je pourrais lui parler, c'était mon dernier spectacle dans le sanctuaire céleste. J'entrai dans les couloirs de craie avec détermination, et une fois de plus je me retrouvai devant cette porte sur laquelle était marqué le nom « Voltanis » . Je frappai à la porte, et j'entendis une fois de plus son « Entrez » paisible, froid et puissant. Lorsque j'ouvris la porte, ce ne fut pas la surprise qui gagna le juge, bien au contraire. Il prit la parole le premier, comme pour m'interrompre dans mon élan. C'était sa stratégie, de mener la conversation, de mener la danse.
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-Voltanis- Athéna, je savais que tu reviendrais aujourd'hui. Tu es venue me demander de donner l'aval à ce jeune homme pour qu'il se rende aux terres du temps, n'est-ce pas ?
-Athéna- En effet. Je suis venue vous demander d'ouvrir les terres du temps, je suis prête à me livrer comme convenu auparavant. Donnez moi l'anneau afin que je puisse le lui livrer, et je fais le serment sur mon propre honneur de revenir afin d'être exécutée.
-Voltanis- Je vois…Tu es donc prête à prendre cette décision…Ne trouves-tu pas ça étrange, Athéna ?
-Athéna- Je vous demande pardon ? Qu'est-ce qui est étrange Voltanis ?
-Voltanis- Depuis que tu es toute petite tu ne parles que des humains, tu es fascinée par leur monde, tu braves tous les interdits à leur encontre, en clamant qu'ils ne sont pas tous aussi mauvais que l'on le croit, et tu t'es même mise en tête de me faire « entendre raison » à propos de ces humains, quitte à mettre ta vie en danger.
-Athéna- C'est vrai. Aussi loin que je m'en souvienne, j'ai toujours été comme ça…Je vous avoue que ce n'était pas vraiment un choix, mais plutôt un besoin.
-Voltanis- Lorsque je n'étais moi même qu'un invocateur de nova j'avais tendance à admirer les personnes se battant pour leurs convictions envers et contre tout, étant enfant je n'avais qu'une aspiration, rendre justice sur ce qui était juste. C'est comme ça que j'ai tenté de devenir juge du sanctuaire céleste. J'ai travaillé très dûr sur le plan physique comme sur le plan du juridique pour pouvoir parvenir à continuer le travail de mes prédécesseurs et maintenir l'harmonie et la paix dans ce royaume, au nom de la justice.
-Athéna- Où voulez-vous en venir ?
-Voltanis- Patience jeune fille. Si la tâche du juge semble facile, il n'y existe en vérité qu'un seul juge qui peut être équitable en toutes circonstances, ce juge que ni toi ni moi n'avons vu, mais qui régit ce monde depuis son commencement.
-Athéna- Voltanis….Permettez-moi de vous poser une question….Parlez-vous de…Dieu ?
-Voltanis- On lui donne bien des noms, mais c'est en effet à notre créateur que je fais référence. Vois-tu, j'ai expérimenté quelque chose que je n'avais jamais expérimenté avant de te connaître, Athéna. Ce petit quelque chose qui vous remet à sa place quand il vous fait face.
J'ai expérimenté l'erreur. En tant que juge, nous avons une place facile, celle d'infliger des peines selon notre livre de peines, s'y tenir au nom de l'altruisme et appliquer cela sans nous impliquer nous même. Mais il n'est de véritable juge que le créateur qui lui peut juger sa création en décelant toutes les intentions de son cœur. Il n'y a que le jugement du créateur qui ne comportera jamais de failles sur sa création. Qui sommes-nous, simples magistrats, pour pouvoir prétendre ne rendre que des jugements équitables ?
-Athéna- J'ai peur de comprendre là où vous voulez en venir…Voltanis, êtes vous en train de dire que…
-Voltanis- Je suis sincèrement désolé, Athéna. Depuis que je vous ai pris sous mon aile, toi et ta sœur, j'ai vraiment eu l'impression que vous étiez mes filles, et je me suis attaché à vous en conséquence. Je me suis réfugié derrière cette justice et ces peines pré fabriquées pour éviter de vous perdre…Alors que cela finirait bien par arriver tôt ou tard.
-Athéna- Volta…Père…
-Voltanis- Je n'ai pas le droit de prétendre être ton père, j'ai toujours forcé tes amis à tirer un trait sur toi pour te garder pour moi seul. J'ai pensé que ton ami privilégierait son frère par rapport à ta vie lorsque je lui ai demandé, et qu'enfin tu tirerais un trait sur les humains en conséquence. Même hier, lorsque tu devais être exécutée, je t'aurais sauvée de ton sort, c'était simplement pour couper net ton lien avec les humains, parce que je savais que tôt ou tard tes racines allaient ressortir.
-Athéna- Je l'ai compris également…Le pourquoi j'étais si attachée à eux. Je suis une humaine, n'est-ce pas ? C'est pour cela que Lily n'a rien pu faire alors qu'un médecin terrestre put soigner Téthys, c'est pour cela que Téthys était troublée par le jeune maître alors qu'ils n'étaient pas de la même espèce, c'est pour cela que je voulais une descendance…N'est-ce pas, père ?
-Voltanis- Oui..Tu es humaine. Tu es arrivée dans ce monde avec ta sœur par un concours de circonstances, tes parents biologiques ayant laissé la vie dans un accident. J'ai tout vu de cette bulle, et sans le vouloir, mon pouvoir vous a transporté toi et ta sœur ici. Vous n'avez pas de sang d'un esprit du duel, j'ai simplement fait ces deux armures imprégnées de l'énergie des esprits du duel afin de vous donner l'illusion que vous apparteniez à ce monde, mais pour étancher ta curiosité tu as bravé les interdites que je t'ai fixé, et tu as fait de merveilleuses rencontres.
Voltanis s'arrêta un moment, se retournant pour ne pas affronter mon regard. Tout ce qu'il me dit, je le savais déjà , mais l'entendre était une autre chose que de l'imaginer simplement. Je n'étais pas en colère après Voltanis, j'étais simplement reconnaissante…Je le comprenais après tout, j'aimais ma sœur, et j'aurais tout fait pour qu'elle s'épanouisse pleinement…Si Voltanis pensait que me garder ici était la solution pour mon bonheur, qui étais-je pour le juger négativement ? Je faisais la même chose avec Téthys.
-Voltanis- Mais cet attachement que j'ai ressenti pour les enfants que vous étiez à l'époque m'a fait faire des choses horribles à votre égard et à celui de vos proches. J'ai été très rude avec des personnes pour lesquelles vous étiez bien plus que des simples esprits du duel. J'ai essayé de détruire vos relations, de te prouver que personne n'allait venir te sauver…
J'espérais par cette exécution factice te faire comprendre qu'aucun de tes camarades n'allait venir, que j'étais le seul qui allait toujours être présent pour toi, et ainsi éviter que le scénario avec ta sœur ne se reproduise. Pour ne pas affronter la douleur de voir sa fille se faire enlever par un homme, j'ai perdu mon altruisme et mon intégrité, et j'ai été cruel avec toi. Je n'ai aucun argument pour défendre ma cause face à toi, aucun.
…..
….
-Athéna- Père, je ne vous en veux pas pour ce que vous avez fait. Vous restez pour moi le père que j'ai toujours eu, et le juge du sanctuaire céleste. Vous n'avez pas perdu de votre grâce et votre pouvoir sur ce monde, vous n'en gagnerez qu'en sagesse. Reconnaître l'impuissance est parfois une preuve de pouvoir.
-Voltanis- Tu as toujours été plus clémente que moi ma fille. Hahaha…Ton vieux père en a à apprendre de ta personne. Je te confie ceci, Sirië , c'est l'anneau de Voltanis. Il garde mon nom car c'est un ticket pour aller aux terres du temps. Il se détruira lorsque tu passeras la barrière avec tes amis, et le reste ne dépendra que de toi.
-Athéna- Je vous remercie, père.
-Voltanis- C'est moi qui te remercie, pour tout ce que tu as fait pour moi. Toi et ta sœur avez toujours été ma source inépuisable de bonheur et de motivation, et je suis heureux maintenant que tu repartes dans ton véritable monde, en m'ayant laissé le plus bel enseignement qu'il puisse y avoir : l'humilité. Prends ceci ma fille, c'est un cadeau de ton vieux père.
Voltanis se leva de son trône, s'élevant majestueusement devant mes yeux ébahis. Il s'avança vers moi d'une démarche lourde, mais de laquelle je ne ressentais aucune animosité. Lorsqu'il fut proche de moi , il tendit sa main vers moi, et lorsqu'il l'ouvrit, je pus voir une sorte de petite boite scellée dans laquelle se trouvait sans doute un objet précieux. Comme une petite fille recevant un cadeau de la part de son père se serait avancée timidement, je m'approchai de la même façon. Lorsque j'ouvris la boite, je fus alors extrêmement surprise par le contenu que je trouvai.
-Voltanis- Je n'ai jamais voulu me lier à qui que ce soit auparavant, mais avec cette carte, tu m'appelleras lorsque tu auras besoin de moi. Cette carte, c'est Voltanis, le Juge. Celui que je représente lorsque je suis en fonction, mais toi tu n'y verras pas le juge, tu n'y verras que ton vieux père.
-Athéna- Alors…Nous ne nous disons pas Adieu je suppose… ?
-Voltanis- Nous nous souhaitons simplement à la revoyure. Va ma fille. Fais tenir les choses que tu as construit à la sueur de ton front, je serai toujours là pour t'encourager. Et surtout, dis à ce jeune homme que j'ai rencontré aujourd'hui que je m'excuse sincèrement pour avoir causé le trouble dans son esprit.
-Athéna- Je m'assurerai de lui dire combien vous êtes désolé, Père. Je ferai en sorte que où que je passe, le nom de notre famille, votre nom, celui de ma sœur, soit un un nom ne pouvant être déshonoré et traîné dans la boue. Je m'assurerai que la décendance de ma sœur sache que le juge Voltanis est un grand magistrat et un esprit de paix. Nous nous reverrons, Père.
Je me retournai, sentant l'aura apaisée de mon vieux père derrière moi. Des années étaient passées, les choix étaient faits, et l'avenir était à la portée de chacun. La vie n'était qu'une page écrite à l'avance, cette pièce de théâtre dans laquelle nous jouions notre propre rôle…Et même en ce jour je jouais mon rôle. Cette armure que je portais alors tout le temps, que je venais d'abandonner dans la salle du trône de Voltanis laissait avec elle tous mes pouvoirs d'esprit du duel. Athéna n'existait plus, il ne restait plus que Sirië. Sirië…Dans cette robe blanche, simple et sans artifices. Sirië et sa chevelure blanche ordinaire. Sirië et ses yeux qui perdirent leur couleur rouge pour devenir azur. Je ressemblais vraiment à ma sœur quand on y pensait…Dire qu'Himiko était morte à mon époque…Je suppose…Qu'une fois rentrée à notre époque, j'allais me recueillir sur sa tombe, en compagnie du jeune maître….En espérant ne pas avoir disparue des souvenirs de ce dernier.
-Reisuke- Athéna ! Athéna !
Cette voix…Je l'entendais depuis l'intérieur du palais de mon père. C'était Reisuke qui cherchait après moi. Cet imbécile ressemblait vraiment à mon jeune maître quand on y pensait bien. Ils étaient tous les deux si concernés par autrui, si attachants…Si loyaux…J'avoue que j'étais vraiment tombée sur les bonnes personnes…Moi qui pensais que me sacrifier pour autrui était suffisant pour avancer dans la vie, le créateur me donna une leçon en ne mettant sur ma route que des personnes sur lesquelles je dus me reposer à un instant ou un autre…Quelle idiote je faisais… Si mon père avait un problème d'humilité..J'imagine que c'était héréditaire.
Lorsque j'ouvris les portes du château, je trouvai Reisuke, Jessica et Toratura tous les trois essoufflés et excités devant la porte. Lorsqu'ils me virent , ils laissèrent échapper un cri de surprise qui me surprit également. Ce fut Jessica qui s'avança la première vers moi, touchant mon visage de par sa fine main , caressant ce visage qui n'était plus aussi lisse qu'avant. Je m'étais vue en sortant du bâtiment. J'étais désormais ridée, affichant moi aussi les signes que le temps avait laissé sur mon visage. Mes cheveux blancs étaient moi volumineux tandis que le poids de la gravité sur mon visage se faisait plus pesant que lorsque j'étais encore Athéna…J'étais devenue une humaine avec tous les avantages de cette espèce.
-Jessica- Athéna…Pourquoi as-tu des rides ? Ton visage est vieux….Ca me fait drôle.
-Sirië- Hahaha…J'ai passé de nombreuses années avec le jeune maître, j'ai pris de l'âge également. Moi et Soichiro Namatame avons le même âge au final. C'est simplement que tant que j'étais un esprit du duel, je ne pouvais pas le voir.
-Reisuke- Je vois. Je suis satisfait par ce changement..Puisque j'imagique que tu as fait la lumière sur ta véritable origine ?
-Sirië- Oui, je suis Sirië Borutenisu, je suis humaine et j'appartiens au monde des humains. Enchantée , je suis ravie de faire votre connaissance.
-Reisuke- Enchanté également, Sirië. Je suis Yamad-
-Sirië- Oh je te connais, Yamada-kun. Et j'ai quelque chose pour toi. Tiens ceci.
-Reisuke- Qu'est-ce que…Qu'est-ce que c'est que ça… !?
-Sirië- C'est l'anneau de Voltanis, il te permettra de te rendre aux terres du temps.
Lorsque j'eus annoncé la nouvelle, le visage de Reisuke s'éclaira immédiatement. Jessica ne put contenir sa joie, elle se jeta dans les bras du jeune homme qu'elle embrassa instinctivement. Ils partagèrent le soulagement ensemble tandis que Toratura me regardait avec le sourire. Lorsque Jessica eut fini de défouler ses émotions sur son camarade masculin, ce dernier prit la bague de Voltanis qu'il garda en poche, et me remercia pour ce que j'avais fait à l'instant.
Je lui assurai que ce n'était pas la peine, qu'il avait fait bien plus pour moi que je n'avais fait pour lui, mais il ne voulait pas entendre et me força à accepter ses remerciements. Jamais je n'aurais cru vivre ça un jour, affronter toutes ces émotions seulement car les humains m'intriguaient…Mais au final, c'est une belle histoire que j'avais vécu. J'étais partie en bons termes avec mon père, j'avais rencontré des gens formidables, Soichiro, Hakaze, Erika, Reisuke, Hiroki, Jessica…Mais aussi la guilde que j'allais à jamais garder dans mon cœur…Au final, qu'avais-je à regretter ? Rien du tout, peut être la mort de ma sœur , qui allait se dérouler dans l'année au vu de l'âge de Hakaze, mais à part cela, je n'avais rien à regretter. Himiko avait tout de même eu une vie bien heureuse avec le jeune maître, donc elle n'avait rien à regretter de son vivant.
Nous passâmes tous ensemble la journée dans le sanctuaire céleste, enfin ce qu'il restait de la journée. Nous ne pouvions pas prendre la route pour les terres du temps excepté le matin, nous devions donc passer une nuit de plus dans le sanctuaire céleste avant de repartir. Nous passâmes donc la soirée dans l'endroit paisible et calme à explorer tous les lieux ayant marqué ma vie ici. J'expliquais le fonctionnement de ce monde à Reisuke et Jessica qui se montrèrent particulièrement attentifs. Je me sentais écoutée et aimée par le couple, ce qui me faisait réellement plaisir. Je les emmenai boire un chocolat chaud dans le bar de monsieur MaxSix, profitant également pour lui faire mes adieux, je rendis également mes livres à madame Junon que je présentai à mes partenaires. Quand je lui fis mes adieux elle exprima une légère émotion sur son visage avant de passer à autre chose, c'était bien madame Junon.
Enfin, comme pour dernier périple, je m'arrêtai devant chez Lily, la conseillère télépathique. Elle avait fait du chemin et moi aussi, et malgré tout elle m'avait toujours défendue face à père. Je voulus entrer, pour lui dire Adieu, mais tout avait été dit la dernière fois , nous n'avions donc plus rien à nous dire maintenant.
Comme dernière escale, nous retournâmes tous sur notre colline , près de notre arbre. C'était ici que j'avais eu ma première dispute avec Himiko lorsque j'eus passé l'examen à sa place, et c'était ici le dernier endroit que j'allais fréquenter avant de quitter ce monde…
-Reisuke- Anxieuse, Sirië ?
-Sirië- Je connais ce monde qui m'attend, mais je reste anxieuse malgré tout…J'ai une appréhension …Et si le jeune maître m'avait oubliée… ?
-Reisuke- Il ne t'aura pas oubliée, ne t'en fais pas. Et puis en attendant que tu lui rafraichisse la mémoire, tu viendras habiter chez moi, c'est assez grand pour deux.
-Jessica- Ehhhhhh ! Si quelqu'un doit habiter chez toi, c'est moi, Reisuke !
-Reisuke- C'est assez grand pour trois, mais j'ai un chien donc si vous êtes allergiques, le chien passe d'abord hahaha !
Ce fut sur cette ambiance décontractée que je passai ma dernière nuit dans le sanctuaire céleste. Lorsque le soleil se leva de nouveau, Reisuke et Jessica prirent ma main, comme pour m'encourager face à cette nouvelle étape de ma vie, puis Jessica appela Akulia, le dragon qui avait déjà prêté main forte lors de mon sauvetage.
Lorsque le dragon descendit, nous montâmes tous sur lui afin qu'il nous transporte dans les terres du temps, la dernière étape à notre voyage pour réparer les dégâts de Reisuke. Hakaze , la grande, avait quitté mon corps, ses souvenirs étaient revenus à elle.J'imagine qu'elle devait être revenue à elle dans le monde réel. Cela me remplissait de bonheur à l'intérieur…Après tout, elle était ma nièce, je devais donc rester auprès d'elle afin que nos générations se perpétuent encore et encore, comme je l'avais toujours espéré en tant qu'esprit du duel. Au final, ma mission n'allait pas vraiment changer, elle allait juste être différente.
-Sirië- Tu seras fier de moi, Papa.
-Jessica- Qu'est-ce que tu dis Sirië !? J'entends rien à cause du vent !
-Sirië- Oh, non rien ne t'en fais pas !
Une nouvelle page de ma vie allait se tourner. Un nouvel acte dans lequel j'allais jouer mon propre rôle, visant inlassablement à arriver au happy end tant attendu. Je n'avais plus à regarder en arrière, l'avenir était à ma portée.
