Bonjour mes petites grenouilles sans poils mais à écailles ! Comme les précédents, ce chapitre est certifié 100% préparé à l'avance avant mes vacances, mais comme c'est le dernier, je me permets un peu plus de fantaisie ! J'espère que ce dernier chapitre saura vous convaincre, vous ravir et vous plaire, et qu'il clôturera dignement cette petite histoire ! Odea, merci de m'avoir fait écrire sur ce thème ! Ami(e)s lecteurs/trices, merci d'être là et d'être magique ! Vous illuminez mon existence par vos mots d'amour, et cela m'encourage non pas à écrire (ça, j'ai pas besoin de vous) mais à publier pour partager ce qui me plait tant à imaginer :)

Les réponses aux reviews anonymes de tous les chapitres non répondus viendront s'éditer ici quand je le pourrais !

EDIT du 01/09/2018:

Lou, sur le chapitre 24 : Mais non, je ne suis pas cruelle... ou alors juste un peu ^^ J'espère que la suite t'aura plu ;)

Yoyo sur le chapitre 25 : Merci beaucoup ! :)

Jul, sur le chapitre 25 : D'une certaine manière, avoir attendu qu'il y ait presque tous les chapitres est une belle preuve de patience, moi je trouve ! ;) Merci pour tous tes compliments, je suis ravie que cela t'ait plu :)

Liseron, sur le chapitre 26 : Je suis enchantée que cela t'ait plu jusqu'au bout, et que cela t'ait tenu en haleine, je suis vraiment ravie ! :) Prochaine publication sous peu pour continuer à me lire, sinon, découvrir ou redécouvrir mon profil ;) Encore merci !

Geliah, sur le chapitre 26 : Merci beaucoup pour la review, contente que tu aies aimé :)

Deuda, sur le chapitre 26 : Tu n'as pas à t'excuser de ne pas avoir fini, si cela ne correspondait plus à tes envies de lecture, faut surtout pas se forcer ! :) Mais un immense merci pour être quand même venue le dire et pour le merveilleux compliment et mot d'amour qui accompagne ta review, cela me touche beaucoup *-*

Casimir, sur le chapitre 26 : Merci pour ta review. Je suis absolument désolée que tu n'aies pas aimé, malgré le fait qu'on t'a conseillé mon texte, mais rien ne t'obligeait à lire l'intégralité de la fic si cela ne te plaisait pas. De plus, puisque tu sembles avec des critiques très affirmées, j'aurais aimé que tu développes ce que tu sembles tant détester de manière péremptoire, afin d'ouvrir un dialogue et offrir une critique constructive, et non une lapidation sans procès.

En revanche, je suis au regret de t'annoncer que non, je ne travaillerai pas le style, ni la psychologie (que je n'ai pas la prétention de maîtriser, je m'amuse, rien de plus), certainement pas. Je n'ai aucunement la prétention de bien écrire, et je ne me revendique pas une seule seconde écrivaine ou auteure. L'écriture est pour moi un exutoire personnel. Je n'écris pour personne d'autre que moi, et mes petites gribouilles me plaisent en l'état, elles atteignent donc leur but. La publication, c'est un bonus pour des lecteurs qui aiment ce que je fais, rien de plus. Ce texte m'a plu quand je l'ai écrit, il a plu à la personne à qui il était destiné : taux de réussite du but que je devais attendre = 100%. Je ne vois donc pas l'intérêt de changer quoi que ce soit à mon approche.

Enfin, j'ai le plaisir de t'annoncer que des livres, j'en ouvre des tas, tout le temps. Bons ou pas, ça, ça regarde le lecteur, selon moi, et il n'y a pas de "bon livre ça va de soi" comme si les goûts et les couleurs étaient universels (quel triste monde cela serait alors ! (Re)lire Orwell (mais est-ce un bon livre selon toi ?) ne ferait pas de mal dans cette situation). Si un livre existe et qu'il plaît à une personne, alors il a raison d'exister et il est dans le regard de cette personne un bon livre, et c'est tout ce qui compte. Prétendre pouvoir dire d'un livre qu'il est bon en sous entendant que d'autres sont mauvais et à proscrire est d'une prétention fort déplacée à mon sens.

Malgré tout, je te remercie encore pour ta lecture et la review que tu as pris le temps de laisser, et reste ouverte au dialogue si tu souhaitais l'engager.

(A noter : le chapitre de la semaine précédente a été assurée par la fabuleuse Elie (celui-ci par mes soins) alors vous avez gagné le droit de la remercier bien fort, sinon vous attendriez encore vu ma connexion perdue au fin fond de la campagne... Oui, je suis toujours en vacances sinon. Mais plus au même endroit.)

Je vous encourage à lire mes notes d'auteur de fin de chapitre, et vous souhaite, pour la dernière fois sur cette histoire, une excellente lecture :)


CHAPITRE 26

Rompre avec Mary fut presque plus simple, pour John, que de survivre aux semaines qui suivirent sans toucher Sherlock. Le plus dur restaient les lundis et les jeudis matin, où durant quelques minutes bénies, les deux hommes partageaient le même espace, le même oxygène et probablement les mêmes pensées, sans pouvoir se dire un mot. Ils ne faisaient même pas ça pour respecter la promesse faite à Mycroft, mais simplement pour eux-mêmes : ils ne savaient pas comment l'homme d'État avait réussi à convaincre le Doyen de ne pas porter plainte, et ne voulaient surtout pas le savoir, mais courir le moindre risque était exclus.

Sherlock, néanmoins continuait de laisser des messages sur sa copie, codés en hommes dansants. John lui répondait de la même manière, sur la correction. Ils étaient les seuls à comprendre ce langage.

John, dès le lendemain de sa rencontre avec Mycroft Holmes, prit son courage à deux mains, et décida de parler à Mary. Il se tordit les mains, commença des dizaines de phrases, ne parvint pas à prononcer le moindre mot... et finalement n'eut pas à le faire.

– Tu veux en rester là, n'est-ce pas ? demanda-t-elle doucement.

John ne méritait décidément pas la douceur des prunelles bleues de Mary et la tendresse de son sourire compréhensif.

– Je... Je suis désolé, Mary, ce n'est pas de ta faute mais...

– Je sais. Je ne t'en veux pas. Et j'ai fait une erreur aussi. Je n'aurais pas dû te faire ça.

– Quoi ?

– Tu es gentil, John. Adorable. Vraiment. Molly, Mike et moi t'adorons. Sincèrement. Et j'espère vraiment que nous pourrons rester amis, même si tu quittes l'Imperial à la fin de l'année parce que tu n'auras plus de raison d'y rester. Mais tu vois, c'est ça le truc : je t'aime de la même manière que Mike et Molly t'aiment. Comme un ami. Mais un ami dont j'ai abusé de la gentillesse pour essayer de faire marcher un couple et surmonter mes problèmes... physiques. J'ai cru... j'ai fait ça pour de mauvaises raisons, et je t'ai utilisé alors que tu ne le méritais, me persuadant que c'était la bonne solution.

Elle rougit et John eut le cœur serré.

Sherlock lui avait laissé toutes ses notes sur son enquête pour John. Il avait fini depuis des mois, et voulait juste prendre le temps de tout expliquer à John sans y aller trop vite. Quand il lui avait dit ça, juste avant de partir sans espoir de revenir dans sa chambre, John n'avait pas pu s'empêcher d'éclater de rire.

Puis il avait lu les pages couvertes de l'écriture fine de Sherlock, et avait découvert l'horrible blessure de la vie de Mary : Comme Molly et Mike, elle venait d'une famille relativement aisée, à ceci près que ses parents n'étaient pas londoniens mais de Manchester. Et comme Molly et Mike, les scandales avaient tout intérêt à ne jamais éclater au grand jour. Alors quand la jeune fille avait été abusé sexuellement par un membre de sa famille, ses parents avaient refusé de la croire, de porter plainte, de prendre les mesures qui s'imposaient.

Sa relation avec sa mère, notamment, en avait sérieusement pâti, puisque Mary ne pouvait pas comprendre comment une femme, sa génitrice, pouvait à ce point dénier la réalité de l'horreur qu'avait connu sa propre fille, sous son toit.

Mary avait fui en direction de Londres, réclamant un internat, puis des études supérieures dans la capitale, avant de s'y installer définitivement et d'obtenir son poste d'enseignante. Sa spécialité en gynécologie et obstétrique, ainsi que sa lutte pour les droits des femmes étaient d'une telle évidence quand on connaissait son passé qu'il était surprenant que ses parents ne se soient jamais posé de questions. Quoi que, d'après les notes de Sherlock, elle ne rentrait plus qu'une fois par an chez elle, contrainte et forcée, pour la Noël.

– J'espère t'avoir physiquement aidé, alors, répondit doucement John.

– Tu es trop gentil, John. Ça te perdra. J'espère que la personne qui aura la chance de t'avoir aura conscience de ça.

John préféra rire, gêné, plutôt que répondre. Il doutait sincèrement que Sherlock s'en rende compte, ou bien s'il le faisait, il ne le dirait jamais.

– Amis, alors ? proposa Mary.

– Amis, affirma John dans un grand sourire.

C'était mieux ainsi. John porterait seul le poids de la culpabilité de la trahison. Mary ne méritait pas ça. Pour ce qu'il lui avait fait, il méritait désormais de ne jamais rien lui dire, pour son bien-être à elle, et tant pis pour sa conscience abîmée.


John, en pénétrant dans le bar, repéra aussitôt Greg, attablé devant une bière, et feuilletant distraitement un journal mentionnant en couverture les résultats du dernier tournoi de rugby anglais (on ne changeait pas une équipe qui gagne). Sans se laisser le temps de réfléchir, John le rejoignit rapidement, avant d'hésiter et faire demi-tour.

– Salut...

Greg leva les yeux de sa bière et lui sourit chaleureusement, ce qui rassura quelque peu John sur sa présence ici.

– Salut John ! lui répondit-il en pliant le journal.

Encouragé par son ton sincèrement joyeux, John s'installa devant lui, et d'un signe de la main, fit signe au serveur de les réapprovisionner en bière. Il allait en avoir besoin.

– Merci d'avoir accepté de me voir, commença-t-il maladroitement.

Greg fronça les sourcils.

– Pour quelle obscure raison aurais-je pu refuser de te voir, au juste ?

– Tu sais bien, soupira John.

Comme un prisonnier, il comptait les jours par des bâtons sur un calendrier, et cela faisait officiellement quatre jours que Greg avait failli l'arrêter.

– Je veux te l'entendre dire, répliqua fermement le policier, inflexible.

– Parce que tu as failli m'arrêter ? proposa John avec humeur. Parce que j'ai couché avec le petit frère de ton compagnon ? Parce que j'ai trompé Mary, qui se trouve également être ton amie ?

A sa grande surprise, face à sa mauvaise humeur et son agressivité, Greg se contenta de pouffer et de cacher son sourire dans sa bière.

– Les non-dits ne te vont pas, John. C'est bien plus agréable quand tu dis franchement les choses ! Et très sincèrement, je n'ai aucune raison de t'en vouloir pour aucune de ces choses. Je n'approuvais pas la décision de Mycroft. J'étais là-bas en tant que flic, parce que j'avais reçu des ordres de mon supérieur, et certainement pas parce j'étais d'accord avec lui, crois-moi.

– Quoi ?

John était abasourdi. Il avait bien senti le malaise entre les deux hommes, mais il était persuadé que si Mycroft Holmes avait fait venir Greg en tant que flic, c'était parce que c'était son amant.

– John, sérieusement, comment pourrais-je t'en vouloir d'avoir succombé à un Holmes ? Je suis bien plus coupable que toi, d'ailleurs, à ce sujet.

– De quoi tu parles ?

Ce fut au tour de Greg de soupirer, manifestement gêné.

– J'ai trompé ma femme, Hannah, avec Mycroft. A l'époque où je ne savais pas vraiment qui il était, quelle était l'étendue de son pouvoir, ou même son nom, au début... Hannah et moi avions des problèmes. Je m'étais mis avec elle pour oublier...

– Oublier David ? proposa John doucement, plus ému qu'il n'oserait l'avouer que Greg se livre enfin. Tu en parles souvent. Mike aussi. J'ai cru comprendre qu'il avait une certaine importance...

– Ouais, reconnut Greg, douloureusement. Un jour, je te raconterai. Mais toujours est-il que j'étais en couple avec elle pour de mauvaises raisons que je refusais de reconnaître. L'arrivée de Mycroft dans le paysage n'a fait qu'aggraver les choses, d'autant que, pour des raisons parfaitement stupides, nous n'avions qu'une relation purement sexuelle, sur laquelle Mycroft avait la mainmise la plus totale. J'étais jeune, j'étais con, je refusais de voir en face que mon couple n'avait aucun sens et que j'étais amoureux de Mycroft. Je te prie de bien vouloir croire que Mycroft, lui, en avait parfaitement conscience. Et que, même après ma rupture, il a continué de me maintenir le plus loin possible de lui pour éviter...

– Éviter quoi ?

– Éviter qu'on en arrive là où on en est aujourd'hui. Sherlock est peut-être cinglé, vaguement sociopathe et c'est un génie, mais Mycroft est encore pire que lui parfois, j'te jure ! Je ne sais d'ailleurs toujours pas ce qui l'a fait changer d'avis... Je crois qu'il en a juste eu marre de me tenir à distance, alors il a lâché l'affaire, et voilà où on en est !

Greg eut un petit rire nerveux qui dissimulait mal sa joie d'avoir enfin dans sa vie l'homme qu'il désirait de manière totale et entière, et plus simplement pour baiser.

– Mais bref, toujours est-il que je peux difficilement te reprocher d'avoir trompé Mary ! Oui c'est mon amie, et oui c'est mal... Mais je serais encore plus salaud de te reprocher quelque chose que j'ai moi-même fait ! En outre, je n'ai pas l'intention de le lui dire, ni à elle ni à personne. Je ne sais pas si ça te soulagera un peu, mais il n'y aura que toi et moi au courant !

John n'était pas entièrement convaincu que porter seul la culpabilité de son geste soit une perspective enthousiasmante, mais il acceptait cette pénitence en punition de l'infidélité qu'il avait commise.

– Merci, répondit-il un peu gauchement, ne sachant pas trop quoi dire d'autre.

– Il serait temps que tu te rendes compte que tu es un ami, John. Un ami. Je ne vais pas cesser de te voir parce que tu es tombé amoureux et a succombé au petit frère de Mycroft !

John rougit brusquement. Greg ne s'embarrassait d'aucun détour pour dire les choses que John lui-même avait bien du mal à s'avouer.

– Et je te le redis : je n'étais pas d'accord avec la décision de Mycroft. Tu sais que légalement, tu n'avais commis aucun délit ?

– Sherlock était mon étudiant...

– Sherlock était majeur, tout comme toi. A partir du moment où la relation est consentie des deux côtés, il n'y a légalement rien pour s'opposer à la relation entre un prof et un élève. C'est uniquement à l'université de prendre des mesures, si son administration l'estime nécessaire, car la neutralité du professeur est engagée. Je connais la loi, c'est mon job.

– Et l'abus de confiance, alors ?

– C'est un délit, et si l'élève en question est fragile, mentalement diminué, ou susceptible d'accepter des avances par crainte, représailles, ou n'importe quoi du style, alors oui, cela peut être le fondement juridique d'une condamnation, et c'est l'angle d'attaque qu'aurait choisi Mycroft.

– Sherlock n'est ni faible, ni fragile, ni...

Greg rit devant l'énervement de John, qui rougit et se calma, surpris de se montrer si vindicatif.

– Crois-moi, Mycroft a un gros problème de jugement de son petit frère. L'histoire avec Victor et Sherlock l'a traumatisé. Il le protège comme une mère louve, et voudrait lui éviter tous les tourments de la vie. Sa solution était un peu radicale, mais en fait il voulait juste éviter que tu ne brises le cœur de Sherlock ! Et comme il a des ressources relativement illimitées, il n'aurait reculé devant rien... mais bon, il va bien falloir qu'il apprenne que Sherlock est assez grand pour connaître les vicissitudes de l'existence, et que les désillusions font partie de la vie.

– Je ne ferais jamais de mal à Sherlock ! déclama John d'un ton emphatique. Jamais je ne lui briserai le cœur ! Jamais je ne lui ferais subir la moindre désillusion ! Jamais il ne souffrira à cause de moi !

Greg explosa de rire devant le sérieux de son ami. Et il riait encore lorsque John se retourna et découvrit dans son dos Mycroft Holmes, invité par son amant, qui avait entendu toute sa tirade passionnée.


John écoutait Molly pérorer d'une oreille distraite. Comme toujours, ils étaient tous les deux à la morgue, Molly pour travailler, John pour s'entraîner. Le futur médecin avait profité de cet instant seule avec la jeune femme pour lui avouer qu'il avait rompu avec Mary. Elle avait levé un sourcil désabusé, avant de soupirer et l'informer qu'il était son ami, et qu'il était temps qu'il le comprenne, non mais. Elle avait ensuite ajouté que si lui et Mary s'étaient disputés, cela n'aurait rien changé pour elle, ni pour Mike d'ailleurs, et qu'ils auraient continué à être amis. Ils auraient simplement évité de se voir en même temps que Mary.

Mais comme la jolie blonde et John s'étaient quittés bons amis, le sujet n'avait pas lieu d'être et Molly ne voulait même pas en entendre parler.

Elle avait ensuite enchaîné sur la difficulté que Mary avait pour trouver un homme, alors qu'elle était si douce et si gentille, mais qu'elle ne tombait que sur des parfaits imbéciles sans cœur, et John avait fini par cesser d'écouter.

Depuis, il la regardait manier le scalpel tout en parlant, et sentait son cœur se serrer en voyant son profil. Comme pour les autres, John avait lu les notes de Sherlock à propos de Molly. Et bizarrement, c'était son histoire à elle qui l'attristait le plus.

Le suicide du meilleur ami de Mike, et l'abus sexuel de Mary étaient des évènements tragiques et odieux, mais étrangement, ils n'affectaient pas John autant que ça. De par sa formation militaire, il avait eu à traiter des suicides et ses conséquences. Quant au viol et aux attouchements, c'était l'une des dures réalités de la guerre et de ses victimes civiles. Pour le médecin qu'il était, les histoires de Mary et Mike étaient tragiques, mais si douloureusement habituelles que cela ne l'émouvait pas plus que ça.

En revanche celle de Molly était très différente. Il n'y avait aucune violence, aucune douleur physique, et n'était pas du tout comparable avec les deux autres, et pourtant c'était celle qui entrait le plus en résonance avec la propre histoire familiale de John.

La situation était très simple. Comme John le savait déjà, la famille de Molly était très fortunée, et vivait dans les beaux quartiers de Londres. L'avenir de la jeune fille était tout tracé, selon ses parents : un riche prétendant, un choix effectué par sa famille, un beau mariage, des enfants blancs et blonds, une grande maison.

Molly avait deux sœurs plus âgées qu'elle qui s'étaient conformées à ce schéma sans la moindre rébellion. L'une vivait dans la banlieue de Londres, l'autre avait suivi son époux en Ecosse. Depuis toute petite, en revanche, la jeune Molly ne cadrait pas avec la belle image de sa famille : elle portait des pantalons, grimpait aux arbres, se salissait et se battait dans la cour de l'école. Ses deux sœurs aînées, leurs cardigans et leurs jupes plissées, avaient honte d'elle, mais Molly s'en fichait.

Ses parents, bien que n'approuvant pas son comportement, le tolérait néanmoins pour une seule et bonne raison : Mike Stamford, leur jeune voisin, et sa riche famille. Mike Stamford, le meilleur ami de Molly depuis le berceau ou presque. Ces deux-là faisaient les quatre cents coups ensemble et depuis toujours, étaient inséparables. Même quand le lycée (pour filles et pour garçons) les sépara, ils restèrent les meilleurs amis au monde, pour la plus grande joie des parents Hooper.

Ce fut sans la moindre surprise qu'à l'âge de seize ans, Mme Hooper annonça à sa dernière-née ses fiançailles avec l'aîné Stamford. Elle lui précisa qu'ils seraient mariés dès leur vingt-et-un ans, une fois leurs études finies. Etudes parfaitement inutiles pour Molly, bien sûr, puisqu'elle devrait rapidement s'atteler à la conception de petits-enfants, et devenir femme au foyer et s'occuper de la maison.

Mme Hooper avait peut-être parfaitement perçu l'attachement qu'éprouvait sa fille pour Mike, mais aveuglée par la jeune adolescente en pleine mutation qui devenait de plus en plus féminine, elle avait oublié la petite fille en pantalon qui s'écorchait les mains sur le gravier en courant.

Molly refusa tout en bloc. Violemment. Elle voulait être médecin, pas une jolie poupée. Elle refusait de se laisser poser sur un meuble et devenir une coquille vide.

Les disputes avec ses parents furent violentes. Et à l'âge de dix-huit ans, elle claqua la porte de la maison pour ne jamais y revenir. Portant en elle le poids de la faiblesse de sa mère, qui reproduisait sur ses filles le schéma dans lequel elle avait été elle-même enfermée.

Assez étrangement, la seule chose qu'elle conserva de cette époque de sa vie fut Mike, meilleur ami et soutien inébranlable, qui l'aida financièrement, dans ses études, ses boulots mal payés pour payer ses études, l'aida à se loger, et à toutes les étapes de sa vie fut là pour elle. Présence constante, ami sincère, et objectivement, amoureux transi.

Mais dix ans après, Molly portait encore les stigmates de son affrontement d'avec sa mère : d'après les notes de Sherlock, et John était d'accord avec lui, Molly refusait de se lier au moindre homme, pour ne pas tomber inconsciemment dans le schéma prévu pour elle par sa mère.

Et cela était d'autant plus vrai si l'homme en question était Mike. Tristesse d'une éducation qui faisait encore des ravages. Alors que sa rébellion avait été un moyen de s'échapper de sa prison dorée, rester fermement accrochée à ses principes de ne pas céder à un homme, et surtout pas son meilleur ami était désormais le carcan dans lequel elle s'était elle-même enfermée. Et c'était cela que John trouvait immensément triste.

– John, tu m'écoutes ?

– Pas le moins du monde, répondit-il honnêtement.

Perdu dans ses pensées, il avait perdu le fil il y avait un peu trop longtemps. Plantée devant lui, poings sur les hanches, elle le regardait d'un air sévère. Elle avait dû dire quelque chose d'intéressant.

– Je peux te poser une question ? demanda-t-il avant qu'elle ne commence à le disputer de ne rien écouter.

– S'il le faut ! soupira-t-elle, faussement dramatique.

– Pourquoi tu ne dis pas à Mike ce que tu ressens pour lui ? Je veux dire, c'est tellement évident ! Et il est dingue de toi depuis que vous avez cinq ans, ça se voit comme le nez au milieu de la figure ! Et vous continuez à vous chamailler comme des gamins au lieu de vous dire les choses !

Molly devint subitement très blanche, puis complètement écarlate, un contraste intéressant avec sa blouse blanche et sa peau naturellement claire.

John était las de tout ça. Lui n'avait pas le droit de voir Sherlock pendant encore quatre semaines. Il trouvait cela horriblement triste et tragique que deux de ses amis, qui avaient le droit de faire ce qu'ils voulaient, eux, refusent de s'avouer la vérité. La confrontation directe était la seule solution que Mary et lui n'avaient pas testé. Alors pourquoi pas, finalement ?

– Je… bégaya-t-elle, toujours écarlate.

– Ne me dis pas que c'est faux. Tu es trop évidente ! Tu n'as pas remarqué que ça fait plus de six mois qu'on essaye de vous pousser avec Mary ? On n'en peut plus de vous voir vous faire du mal inutilement !

– Mais… Non… Enfin, Mary sait parfaitement pourquoi je…

– Oui, et moi aussi je le sais, mais décider par toi-même de sortir avec Mike relèvera de ton seul choix et rien d'autre ! Ce ne serait pas un acte de faiblesse, un retour en arrière, mais la poursuite naturelle de ton parcours de jeune femme forte et indépendante qui choisit qui elle a envie !

Alors doucement et timidement, face à sa conviction absolue et emphatique, Molly se mit à sourire timidement.

– Tu y crois vraiment ?

– Que tu resteras une femme forte, fière et indépendante, à tout jamais ? Oui, Molly, c'est un ami qui te le dit : tant que cela relève de ton choix et de ta volonté, alors c'est ce que tu es. Et que Mike est dingue de toi ? Sincèrement, je n'ai pas vu quelqu'un d'aussi évident depuis Roméo et Juliette.

Molly pouffa, les joues d'un rouge plus soutenues, mais les lèvres ourlées d'un sourire beaucoup plus doux.

– Espérons que ça ne finira pas aussi mal, alors… murmura-t-elle.

Et dans ses yeux se lisait le lent processus qui commençait en elle.

– Je suis persuadé que non, affirma John en souriant.

Il allait gagner son pari face à Mary. Rien que pour cela, il mériterait d'être un des témoins de leur mariage !


– Professeur Watson...

John se retourna vers la source de la voix. Et fut surpris de découvrir l'une de ses étudiantes, Sarah, qui rougissait en lui tendant un énorme bouquet de fleurs. Derrière elle venait un troupeau d'élèves qui poussaient leur camarade vers lui.

– On voulait vous remercier, tous... On a validé votre matière. Avec des bonnes notes. Tous. Parce que vous nous avez obligés à réviser toutes les semaines régulièrement, et au final l'examen était trop simple !

John sourit. C'était lui qui avait réalisé le sujet d'examen, et ses confrères l'avaient unanimement jugé trop compliqué, bien au-delà de la portée d'un élève de première année. Il avait maintenu sa position. Et sa promo comptabilisait cent pour cent de réussite, un score jamais atteint. Certaines notes crevaient même des plafonds jamais atteints. (Sherlock, bien sûr, en faisait partie, mais ça ne comptait pas, c'était un génie).

– Alors voilà, on voulait vous remercier... Tout le monde ou presque a participé. Merci pour tout. C'est vraiment dommage que vous soyez plus là l'année prochaine !

C'était presque le dernier jour du mois de juin, plusieurs jours après la fin des examens et du semestre, et John avait passé ses propres examens la veille. Il avait soutenu sa thèse devant le jury de l'armée, comme convenu, et même s'il n'avait pas eu officiellement les résultats, il était confiant. Il avait révisé comme un acharné en compagnie de Molly, Mary et Mike durant ces cinq dernières semaines, et avait relu sa thèse quatre fois pour éradiquer toutes les fautes d'orthographe. Sous peu, il serait médecin et l'armée lui délivrerait les diplômes et attestations nécessaires. Et il partirait. Parce qu'il n'était pas professeur, et ne voulait pas l'être, même s'il était désormais bien plus apaisé dans sa relation avec l'enseignement qu'en arrivant dix mois plus tôt, et avait pris un plaisir certain à diffuser son savoir.

– Je suis sûr que vous vous sortirez tous très bien tant que vous continuez à réviser régulièrement, même sans examen hebdomadaire ! répondit-il en acceptant le bouquet.

Lorsqu'il lirait la carte accompagnant les fleurs et les chocolats, (il n'osait imaginer le temps et l'investissement nécessaire pour récupérer tous les fonds et faire la liste des participants pour la faire imprimer sur la carte) John y trouvera trois-cent-soixante-dix-huit noms très exactement. Il avait trois-cent-soixante-dix-neufs étudiants dans son amphithéâtre deux fois par semaine, et il n'était pas très compliqué de savoir lequel de ses élèves avait refusé de participer.


John était en train de scotcher un carton quand on frappa à sa porte. D'abord interdit (personne ne venait jamais ici), il regarda rapidement sa montre et réalisa qu'il n'avait pas vu le temps passer. Il était plus de quatorze heures. Ce qui voulait dire qu'il savait qui se trouvait derrière le battant. Et s'empressa d'aller ouvrir, un immense sourire aux lèvres.

Comme prévu, Sherlock était là, ses yeux d'une beauté irréelle qui souriaient et réchauffaient le monde de John bien plus efficacement que le soleil.

– On est le trois juillet. Il est plus de quatorze heures. J'ai officiellement réussi mon année. Tu n'es plus mon professeur, annonça-t-il en guise de préambule.

Les résultats tombaient officiellement aujourd'hui, affichés à quatorze heures dans le hall principal de l'Imperial, et Sherlock tenait à la main les papiers signés et tamponnés du sceau de l'université et qui rendaient le tout vrai. John, quant à lui, avait appris hier d'un coup de fil que l'armée avait validé sa thèse. Depuis hier, il était médecin.

– Bonjour, Docteur John Watson, souffla doucement Sherlock en se rapprochant, claquant la porte derrière lui d'un coup de pied.

– Bonjour, détective consultant Sherlock Holmes, répondit John sur le même ton, accrochant ses pupilles à celles si vivantes de son homologue.

Ils étaient plus proches qu'ils ne l'avaient été ces dernières semaines, et même depuis toujours. Il n'avait jamais connu l'intimité autorisée sans aucun risque et goûtait à cette liberté avec une ivresse certaine.

Très lentement, Sherlock avança, pénétra dans le champ d'intimité de John, et tendit le bras. John ferma les yeux instinctivement, et laissa les longs doigts pâles de violoniste glisser sur son visage en une caresse légère. Cela n'était qu'un bref contact, mais pourtant empreint d'une sensualité qui les aurait fait gémir tous les deux s'ils ne s'étaient pas, au même moment, mordu violemment les lèvres pour s'en empêcher.

– Sherlock... implora John. Embrasse-moi.

– Poisson rouge, murmura Sherlock en se rapprochant de nouveau, collant leurs deux corps ensemble, sa main toujours posée sur la joue de son amant.

– Moi aussi, lui répondit John.

Et refusant d'attendre une seconde de plus, il releva la tête, se redressa sur ses talons et ravit la bouche de son ex-élève, désormais compagnon dans un baiser vorace et effréné auquel Sherlock répondit immédiatement, entourant le corps de son amant contre lui, les yeux clos.

Ils se séparèrent après plusieurs minutes, au bord de l'asphyxie, les lèvres rouges et gonflées, le souffle court et les pommettes écarlates.

– Si tu savais combien de fois, durant ces dernières semaines, sous ma douche ou au fond de mon lit, j'ai imaginé que c'était ta main ou ta bouche plutôt que la mienne... murmura Sherlock, faisant s'embraser encore plus les joues de John.

Il arrivait à peine à soutenir le regard lubrique et luisant d'envie du jeune génie.

– Mes fantasmes pour seul compagnie dans mon lit, poursuivit Sherlock. Et ton boxer... Il était temps qu'on en arrive à la fin. Il n'avait presque plus ton odeur.

John avait les joues qui chauffaient tellement qu'il était désormais persuadé qu'on pouvait y faire cuire un œuf. Jamais son amant n'avait encore révélé cette facette de sa personnalité, mais c'était loin de lui déplaire. Il aurait volontiers répliqué qu'il s'était régulièrement touché en pensant à son amant, lui aussi, aidé de sa seule imagination, mais il n'arrivait pas à détacher ses yeux des lèvres pleines et lubriques qui parlaient et l'excitaient, et qui pourraient être tellement mieux employées à tellement d'autres choses.

Cinq secondes de plus et John embrassait de nouveau Sherlock à pleine bouche, le poussant contre le lit et l'obligeant à s'y installer, grimpant sur lui à sa suite, impatient et affamé. Ils avaient enfin le droit.

– Aïe ! Attends John !

John s'immobilisa, tandis que Sherlock se contorsionnait pour sortir de son dos le truc qu'il avait heurté et qui lui faisait mal. Le truc en question se révéla être une bouteille de shampoing, et ils explosèrent de rire tous les deux.

– Tu déménages ? demanda Sherlock en promenant son regard alentour, sur le bazar et les cartons.

– Il faut bien. Je ne suis plus prof ici. L'Imperial veut que j'ai quitté les lieux sous trois jours.

– Tu sais où tu vas habiter ?

John soupira. La question était épineuse. La réponse qu'il souhaitait dire était évidente, mais il refusait de l'imposer à Sherlock.

– Aucune idée. Faut que je cherche.

– Viens chez moi.

La proposition avait été faible, légère, mais la résolution était ferme. John n'osait y croire.

– On va se marcher dessus. C'est trop petit. Et je ne veux pas vivre dans un endroit que ton frère paye, argumenta-t-il sans vraiment y croire.

– Alors on déménage. Tous les deux. Que penses-tu de Baker Street ? J'ai repéré un appartement. La logeuse nous fera un prix. J'ai envoyé son mari en prison. L'un des plus gros fournisseurs de Victor. J'avais besoin de me changer les idées ces dernières semaines. Et de faire mon deuil de Victor. Lestrade a été enchanté. Cela faisait dix ans qu'ils essayaient de lui mettre la main dessus. Il va être extradé aux Etats-Unis. Je ne donne pas cher de sa peau là-bas.

John pouvait dire que Sherlock était nerveux rien qu'à la manière dont il enchaînait les phrases en espérant que cela passe inaperçu.

– D'accord, acquiesça-t-il avant de l'embrasser pour le faire taire.

Mais Sherlock le repoussa presque aussitôt, interrompant ce que John avait l'intention de faire, et refusant de se laisser distraire par les mains baladeuses de son amant.

– Vraiment ? Même si je ne dors pas assez ? Si je mange n'importe quoi, n'importe quand ? Si je fais des expériences dans la maison ? Si je laisse traîner des feuilles et des livres partout ? Si je joue du violon à n'importe quelle heure du jour et de la nuit ? Si je serais encore étudiant l'année prochaine, dans certaines matières, alors que tu seras un fier et brillant médecin ?

John le fit taire d'une main sur la bouche.

– Je t'emmènerai au lit et je te ferai l'amour si fort que tu t'endormiras. Je te préparerai à manger et tu en redemanderas. Je validerai tes expériences et t'obligerai à nettoyer les substances douteuses. Je ferai des piles de livres qui traînent. J'écouterai tes berceuses au violon jusqu'au bout de la nuit. Et plus que tout, ne doute jamais que quoi que tu fasses, tu es et tu seras toujours la personne la plus brillante de cette planète, Sherlock.

Le jeune génie rougit sous le compliment.

– Et maintenant, je peux commencer par la première partie de mon programme ?

– Je suis déjà dans un lit, répondit finement le jeune homme.

– À la suite, alors.

– J'espère que tu n'as pas encore rangé le lubrifiant dans un carton... murmura Sherlock en lançant ses hanches vers le haut, histoire que John toujours à califourchon au-dessus de lui ressente parfaitement à quel point il en avait envie aussi.

– Non... Toujours dans la table de nuit. Avec les capotes. Attrape-les.

Mais Sherlock n'eut aucun mouvement pour tendre le bras, alors que John partait à la conquête de son cou, bien décidé à le faire crier et gémir avant même d'atteindre sa verge. L'immobilité de son amant le surprenait, il s'interrompit et se redressa pour mieux le regarder.

– Il y a un problème, Sherlock ?

– Mmm. Non. Mais à propos de ça... Tu ne voudras pas... arrêter ? S'en passer ? Je veux te sentir en moi, entièrement et totalement...

Il n'aurait pas dû être permis qu'une bouche aussi faite pour les baisers, les pipes et la luxure en général puisse prononcer des mots pareils en bonus. John remisa à plus tard son envie de le frustrer et faire durer le moment. Il allait juste le prendre, et rapidement.

Mais le médecin en lui n'oubliait pas les conséquences d'une telle pratique. D'autant plus depuis qu'il avait appris les pratiques addictives auxquelles Sherlock s'était adonné.

– J'ai demandé à Mycroft de me soumettre à une prise de sang. J'en subissais régulièrement depuis que je suis sorti de désintox. Je lui ai demandé simplement d'élargir le spectre. Le test est négatif pour tout. Je suis clean. Le papier est dans ma poche. Si tu veux voir. Mais je te le promets.

Le retour de la nervosité et de la litanie. John éclata de rire, si fort qu'il descendit des hanches de Sherlock pour s'allonger à côté de lui, riant aux éclats, dans la plus parfaite incompréhension de son amant.

– Pardon, je ne me moque pas de toi ! C'est juste que... J'ai demandé à Molly de m'en faire une aussi, de prise de sang, la semaine dernière. Elle m'a donné les résultats avant-hier. Je savais que j'allais bien, que je n'avais rien, parce que l'armée nous contrôle régulièrement et depuis un an... Bref. Je voulais juste te rassurer quand j'aurais émis l'idée. Et tu as eu la même !

Rapidement, Sherlock se joignit à son hilarité, puis l'embrassa, et ils rirent encore et encore, s'embrassant, se déshabillant, s'aimant, se caressant, se dénudant. Jusqu'à finir essoufflés tous les deux, sous les draps, John s'enfonçant lentement dans l'intimité de son amant.

– Sherlock, mon Dieu... haleta le médecin, le visage en sueur.

Il avait préparé son compagnon pendant longtemps, mais rien ne l'avait préparé, lui à la sensation de sa verge profondément fichée dans l'intimité de Sherlock sans la moindre protection entre eux. Son homme ne devait pas être loin de ressentir la même chose que lui parce que le même émerveillement teinté d'un plaisir brut et parfait se lisait sur son visage.

Lorsqu'ils reprirent enfin leurs souffles, calmant les battements erratiques de leurs cœurs, allongés l'un contre l'autre, en sueur et les draps souillés, ils étaient enfin heureux.

John se souvenait à peine de sa colère, sa fureur et sa haine ressenties dix mois plus tôt, persuadé que sa vie était finie. Désormais, il avait Sherlock, des amis merveilleux qui avaient parfaitement bien pris sa rupture avec Mary et lui avaient fait promettre de se voir régulièrement, un diplôme, et le travail dans sa branche ne manquait pas.

Sherlock était arrivé à l'Imperial à peine sevré, des bleus dus aux piqûres de méthadone plein les bras, faisant une overdose de l'ingérence de son frère, persuadé qu'il allait s'ennuyer à la fac et sachant pertinemment qu'il ne devait pas replonger cette fois ci. Désormais il avait John, et un avenir de détective consultant qui lui tendait les bras. Et une relation enfin saine et apaisée avec lui-même, débarrassée du démon qu'avait été Victor.

– C'était merveilleux, souffla Sherlock en regardant le plafond miteux qu'ils ne regarderaient plus jamais, promis à un avenir plus grand et plus brillant, ensemble.

– Et ce n'était que le début, lui promit John.

Et ce n'était que le début.


Et voilà ! C'est la FIN...

Comme toujours, cela me fait un petit quelque chose de mettre un point final à une fic. C'est toujours plus bizarre quand j'en arrive à la fin de la publication. Parce que généralement, je publie des MOIS après avoir fini d'écrire, alors vous découvrez le point final de quelque chose qui est déjà fini pour moi... et en même temps, comme je redécouvre chaque semaine dans vos reviews mon propre texte, eh bien c'est comme remettre un point final et c'est émouvant.

J'espère que cela vous aura plu autant que cela m'a plu à écrire, en tout cas :) En ce qui concerne les reviews, je suis toujours en vacances, ça viendra quand je pourrais, promis juré ! ;)

Et pour la suite ? Deux semaines de break, je me repose et vous aussi... La publication, c'est cool pour vous, mais pour moi à gérer, c'est épuisant ! ;p

Reprise en septembre, le mercredi 5 septembre, pour une fic de 18 chapitres très récemment écrite, et entièrement consacrée à Mycroft ! ;) Publication hebdomadaire comme toujours, j'espère vous y retrouver fidèles au poste et adorables comme vous l'avez toujours été ;)

Ensuite, j'ai cependant une "mauvaise" nouvelle : en janvier, je vais publier une fic... sur le fandom Merlin. Cette publication durera PLUS D'UN AN. Je ne SAIS PAS, à l'heure actuelle, si je publierai du Sherlock en parallèle. La publication, c'est déjà épuisant, mais deux fics en même temps, c'est encore pire ! Alors peut-être, pour les Sherlockiens, que vous allez me voir disparaître pendant un temps... Après, si cela vous intéresse, vous pourrez me suivre sur la publication Merlin ! Vous raterez des références, mais il est possible de comprendre la fic avec simplement quelques éléments clés ! On aura le temps d"en reparler, mais si certains d'entre vous souhaitent me suivre sur Merlin et aimerait un petit résumé pour ne pas partir du total néant, c'est possible aussi ;)

Je vous souhaite à tous une excellente fin de congés d'été, si vous avez la chance d'être en vacances, ou un bon courage pour la reprise du boulot, je vous remercie encore une fois de la lumière et la beauté merveilleuse que vous mettez sur ma vie avec vos reviews, je vous embrasse bien fort !

Gargouilles.