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Chapitre 26
De l'autre côté de ton âme
Retour à cette histoire un peu inhabituelle, pas aussi rapide et fleur bleue que certaines l'espéraient… mais moi je la vois comme ça cette histoire et rassurez-vous, je sais parfaitement où je vais. Merci de m'y accompagner pour les plus courageuses !
« De l'autre côté de ton âme » est une chanson d'Yves Simon que je vous invite à retrouver sur ma page FB Nathalie Bleger.
Deux mois plus tard
Une sonnerie résonne non loin, quelque part aux confins de ma conscience, en un instant je crois que c'est dans mon rêve mais non, c'est bien là et c'est tout près. Je me retourne en soupirant, donnant un coup de pied involontaire à Draco qui gémit et soupire. Quel jour sommes-nous, quelle heure est-il ? Un jour blême passe entre les persiennes, il pleut sur Londres, nous sommes dimanche, ouf.
Hier nous sommes sortis pour fêter mon anniversaire, mes oreilles en bourdonnent encore et mon cerveau est pris dans un étau. Trop d'alcool, trop de tout. Des cadeaux et des cris, de la musique et des danses effrénées sur le dance-floor. Tous les musts de la réussite amoureuse et professionnelle, bientôt ma première expo dans une galerie de Soho, la reconnaissance que j'attendais. Le bonheur, quoi. Un bonheur qui me stresse, tant j'ai peur de le voir échapper.
Draco soupire à nouveau dans son rêve, son corps nu et gracile est à portée de mes doigts mais il déteste être réveillé tôt. Même si à mon avis il n'est pas loin de midi. Je chasse de ma pensée le départ anticipé de Noémie, hier soir, après un court dialogue avec Draco. Ces deux là ne s'aiment pas, rien à faire. Enfin c'est plutôt Draco qui ne la supporte pas, pour une raison que j'ignore. « Arrêtez vos chamailleries » disait ma mère quand j'étais petit, je suppose que c'est une manière de rester en enfance, pour eux.
La sonnerie résonne à nouveau, c'est le fixe, une ligne que personne n'utilise jamais. Un instant mon cœur se serre, une mauvaise nouvelle ? Non, ma mère est déjà morte, plus rien ne peut arriver, Draco est à côté de moi et rien ne compte. Rien. Un grognement sourd émerge de l'oreiller à côté, je crois que je ferais mieux de répondre avant l'incident diplomatique, imminent. Je pose le pied par terre, j'ai froid.
- Allo ? je fais en croassant et en me grattant la tête.
- Bon anniversaire ! fait une voix féminine joyeuse à l'autre bout du fil.
- Louise ?
- Non, c'est ton autre sœur, répond la voix sur un léger ton de reproche.
- Marine ? Je… Merci, c'est sympa, dis-je en me laissant tomber sur le lit.
Quelle mouche la pique ? Elle ne m'a plus souhaité mon anniversaire depuis ma fugue, pourquoi aujourd'hui ? Je cherche rapidement la cause de cet intérêt soudain, je ne la vois pas.
- Tu as bien fêté ça ? reprend-elle avec une joie forcée, je continue de me gratter la tête, avant de passer aux parties moins nobles.
- Oui, oui. Enfin, avec des amis, quoi. Banal.
- Ah, c'est bien, fait-elle, perplexe. Parfait. Je… voilà, tu sais que la semaine prochaine c'est le baptême de Paul et je… j'aurais aimé que tu viennes.
- Quoi ? Avec toute la sainte famille ? Tu rigoles ?
Nouveau grognement sous la couette, je reprends à voix basse :
- Non, ça va pas être possible, Marine.
Déjà que je ne savais pas que c'était le baptême de son mioche et encore moins qu'il s'appelait Paul, pas question d'aller faire le gogol à l'Eglise. Je me lève et je tire sur le fil pour aller me réfugier dans la salle à manger, laisser son altesse dormir.
- Ecoute, reprend-elle d'un ton patient. Laisse-moi parler. Je sais bien que tu ne veux pas venir à L'Église même si c'est Charles qui officie, et c'est dommage. Mais j'aimerais que… On est une famille, tu comprends ? Et je t'aime bien. Je t'ai toujours bien aimé, même si on ne s'est pas toujours compris. Alors si tu pouvais venir au moins samedi pour voir le bébé, ça me ferait plaisir.
- Voilà autre chose. Je ne peux retenir une petite moue dubitative, heureusement elle ne me voit pas.
- Et il y aura qui, exactement ?
- Mon mari, son frère et Charles. Peut-être Noémie et Louise, mais c'est pas sûr encore. Que des gens que tu apprécies, tu vois…
- Moui… mais enfin…
- Enfin quoi ? Allez, ne te fais pas prier, Harry.
- Il a quel âge ?
- Bientôt six mois. Il est mignon comme tout, tu verras. Tu sais que j'aurais aimé que tu sois le parrain. Tu ne le veux pas, soit, mais j'aimerais bien que tu le voies quand même…
Je reste indécis, presque méfiant. Elle ne m'a pas donné de nouvelles depuis le repas raté avant la mort de notre mère, pourquoi ce brusque retour de flammes ? Je nous revoie petits, j'adorais me réfugier auprès d'elle, seconde maman plus maternelle que la première, elle sentait bon le chèvrefeuille et me souriait toujours, me pardonnant tout. Je me doute qu'elle y pense en ce moment, à tout ce passé heureux mais enfui, elle a peut-être gardé les mêmes souvenirs que moi. J'étais son petit frère préféré, presque son fils, d'ailleurs il parait que nous nous ressemblons beaucoup.
- J'aimerais te revoir, Harry, murmure-t-elle et je sens les larmes me piquer les yeux –je suis trop con.
- Ça fait un long voyage pour si peu de temps, dis-je en un ultime essai pour me défiler.
- Tu peux rester plus, si tu veux. Charles est prêt à t'accueillir plus longtemps.
- Ah, parce qu'il est dans la confidence, lui aussi ?
- Ben… un peu, oui. Enfin disons que je lui en ai parlé. Mais si tu préfères loger chez moi il n'y a pas de souci, tu partageras la chambre d'amis avec François.
- François ?
- Mon beau-frère. Je ne pense pas que tu le connaisses, puisque tu n'étais pas à mon mariage, fait-elle avec amertume.
- C'est vrai mais… je ne pouvais pas, tu comprends ? Je ne…
- Ok, stop. Je ne vais pas te supplier, Harry. Tu veux bien venir ?
Comment dire non à quelqu'un qui a soigné vos genoux abîmés et consolé vos premiers chagrins ?
- Je… je ne sais pas si je n'ai pas déjà une obligation, pour samedi. Il y a souvent des mariages et ils ont besoin d'un photographe…
- D'après Noémie, non. Tu es libre samedi.
- Ah, parce que Noémie est aussi au courant ?
- Solidarité féminine. Allez, dis-moi oui.
- Ok, dis-je en soupirant, plus pour m'en débarrasser qu'autre chose. Je pourrai venir accompagné ?
Je perçois un silence perplexe – comme si ça ne se faisait pas, de toute façon - puis elle reprend bien vite, chaleureuse :
- Oui, bien sûr. Pas de souci. C'est toujours le même ?
- Le même ?
- Le garçon blond qui est venu à l'enterrement de maman.
- Oui, c'est lui.
- Très bien. Je t'envoie un mail avec tous les détails, je me réjouis. Et encore bon anniversaire !
Elle raccroche et je reste immobile, désorienté. Est-ce une bonne idée ou un piège ? Pourquoi j'ai dit oui ? Je me fiche de voir ce bébé, je me passe très bien de ma famille. Pourquoi j'ai dit oui ?
Sur la table du salon de trouve la tablette dernier cri que Draco m'a offert hier, je la frôle du doigt sans oser l'allumer et je souris. Oui, c'est mon anniversaire et je suis gâté. Et c'est tout ce qui compte. Je vais me faire un café et je reste perché sur le tabouret à regarder tomber la pluie, pensant au passé. A Marine. Au bébé.
- C'est quoi le débile qui t'a appelé à cette heure-ci ? fait la voix de Draco qui apparaît dans l'encoignure de la porte.
- On t'a réveillé ? Pardon, je suis désolé. C'est ma sœur, pour elle onze heures c'est tard, c'est l'heure d'aller à la messe.
- Quoi ? Noémie ? demande-t-il en grimaçant. Elle va à la messe ?
- Mais non, pas Noémie. Marine, ma grande sœur. Elle a eu un bébé il y a pas longtemps, Paul. Je t'en ai déjà parlé, non ? dis-je en toute mauvaise foi.
- Me rappelle pas, maugrée-t-il en se faisant un cappuccino.
J'en profite pour reluquer ses fesses qui dépassent de son caleçon, j'adore ses cheveux en pétard et sa petite moue. Nous passons tous nos week-ends ensemble désormais, je n'ai pas revu Peter – lui non plus, j'imagine. Il se presse une orange et s'assoit sur le tabouret d'à côté, sombre.
- Elle voudrait que je vienne voir mon neveu, j'improvise rapidement. C'est son baptême.
- Mon neveu. C'est la première fois que je pense à lui en ces termes, ça me fait bizarre de retrouver une famille, des liens.
- Voyez-vous ça, grince-t-il. Un baptême, une belle famille. Je croyais que tu détestais ça.
- Je ne déteste pas toute ma famille. Et puis là il y aurait juste Marine et son mari, et Charles.
- Hum, je vois. Et alors ? Tu veux y aller ? fait-il avec indifférence en feuilletant un magazine. C'est en France, j'imagine ?
- Bien sûr. Où veux-tu que ce soit ? dis-je en haussant les épaules. Tu viendrais avec moi ?
- Sûrement pas, fait-il comme une évidence. Je ne suis pas en odeur de sainteté auprès de ton frère et je présume que ta sœur c'est la même chose. Et la Champagne, brrr…
- Quoi ? dis-je un peu froissé.
Je relève la tête en cillant, Draco fait mine de s'intéresser aux derniers défilés, dans le magazine. Je suis le premier à dire du mal de ma famille mais je dois rester le seul autorisé à le faire.
- J'ai promis à mes parents d'aller les voir samedi, reprend-il en me souriant et en penchant la tête. Et si on allait au spa tous les deux ?
- Maintenant ?
- Ben oui, maintenant. Ça nous détendra…
Il passe la main dans mon dos et m'embrasse du bout des lèvres, un goût de pulpe reste sur mes lèvres, sucré.
oOo oOo oOo oOo
Je gravis les marches de la belle maison de ma sœur, son mari est chef d'entreprise et il vient d'une famille riche. Un beau mariage, qui a comblé mes parents. Au moins une réussite. La maison est cossue, en pierre de taille et entourée d'un jardin luxuriant, l'inévitable monospace Mercedes trône devant, pourtant ils n'ont qu'un enfant. Pour l'instant. Je sonne, j'entends une cavalcade derrière la porte.
- Harry ? Mais tu es venu comment ? Marc aurait été te chercher à la gare ! fait-elle rouge et essoufflée.
Elle tient son fils sous son bras alors qu'elle a un tablier autour de la taille, je pressens les coulisses de l'exploit, genre « je suis une mère et une ménagère parfaite, Shiva quoi ».
- J'ai pris le bus, il s'arrête pas loin, j'avais regardé sur Internet, dis-je d'un ton dégagé. Je ne veux pas vous déranger.
- Quoi ? Mais tu ne nous déranges pas, bien au contraire. Je suis si contente de te revoir, Harry. Tiens, prends ton neveu, il est lourd, dit-elle en me le collant dans les bras. Pose ton sac là, tu le reprendras tout à l'heure. Tout le monde est là, déjà, on allait prendre l'apéro.
Elle est volubile, preuve de son stress, je la suis dans le couloir impeccable en portant le bébé qui ne moufte pas, sa sucette dans la bouche. Il est sans doute trop jeune pour avoir peur, c'est moi qui ai des craintes, je n'ai pas l'habitude de ces petits animaux-là. Au moment où j'entre dans le salon un bouchon de champagne explose, effrayant le bébé qui se met à pleurer. Marine le récupère et me présente d'un vague « Vous connaissez mon petit frère, Harry », tous les yeux sont fixés sur moi. Ceux de mon beau-frère Marc, un peu ironiques, le regard tendre de Charles qui me sourit et un regard clair, qui me file un coup au cœur.
- Tu te rappelles de moi ? souffle-t-il alors que je m'assois sur le canapé à côté de lui comme dans un rêve.
- François ?
- Hé oui, c'est moi. Ça fait un bail, non ?
- Oui, je souffle alors que mon esprit décolle vers le passé.
François. Constance. Les scouts. Mon premier ami, plus qu'un ami. Ma tête tourne, je ne peux détacher mes yeux de lui, il me fixe comme s'il m'avait fait une bonne blague, sans méchanceté.
- Vous vous connaissez ? demande Marc en me fourrant une coupe entre les doigts.
- Oui, répond François. On était dans les scouts ensemble. Il y a longtemps.
- Ah oui, c'est vrai que toi tu étais scout, souffle Marc à son frère. J'ai toujours détesté ça, moi. Tu en étais aussi, Mon Père ? demande-t-il à Charles qui fait une petite moue.
Je comprends que cette expression est un jeu entre eux mais je plains Charles, toujours cantonné à son rôle, obligé de prendre sur lui pour ne pas passer pour un vieux con.
- Oui, j'en étais aussi, répond mon frère d'un air détaché.
- C'était votre chef de meute, reprend François d'un ton ironique. Fallait filer droit. Tu te rappelles, Harry ?
- Euh, non. C'était pas plutôt mon cousin Guillaume ?
- Ah, tu crois ? Je ne me souviens pas bien de lui. T'as sans doute raison. C'est loin, tout ça…
Marc se lance dans une diatribe contre le scoutisme, je ne l'écoute que d'une oreille, sidéré de revoir François, mon premier amour. Marine m'a à nouveau collé le bébé dans les bras, peu à peu je m'ankylose, il s'endort. La situation me semble surréaliste mais François a peu changé, juste mûri. Il est habillé simplement et semble détendu, je demande ce qu'il pense de mon piercing sur le sourcil et mon jean ajouré. Marine revient avec des amuse-bouche et des verrines, en bonne maîtresse de maison, François me souffle :
- Il parait que tu es devenu photographe ? A Londres ?
- Oui, dis-je surpris. Comment tu l'as su ?
- Par ton beau-frère, qui est aussi mon frère. Le monde est petit, hein ?
J'acquiesce, gêné. Que sait-il exactement ? Je ne me rappelle même plus de la dernière fois où on s'est vus, c'est si loin tout ça. J'ai des souvenirs éclatés, prismes colorés mais dépareillés, flous. On trinque et Marine nous raconte les derniers exploits de son fils avec l'exaltation des jeunes parents. François et moi acquiesçons poliment, Marc irradie de fierté d'avoir réussi à faire un fils, le seul parmi les hommes présents. Ce qui est faux, bien sûr. Je fixe Charles qui garde les yeux à terre, visiblement ailleurs. Je le trouve pâle et mal à l'aise, je me demande si c'est notre présence ou s'il a des ennuis. Nous passons à table, il se met en face de moi, je lui demande si tout va bien, il répond trop rapidement.
La salade de Saint Jacques est un peu trop salée, la discussion tourne autour de la Bourse, sujet qui semble passionner Marc et François. Oui, finalement François a changé, à l'époque il était rêveur, un peu poète, me semble-t-il. Nous avons surtout vécu notre amour dans nos lettres, une par semaine pendant des mois. Dix pages à chaque fois. Avec inquiétude je me demande où elles sont maintenant, si ma mère n'est pas tombée dessus. De toute façon c'est trop tard mais une vague d'angoisse me submerge malgré moi, je finis mon verre de vin blanc. Marine est une parfaite hôtesse, je me demande où est passée l'intellectuelle qui voulait faire des études et ne pas se cantonner au rôle de mère. Mais je sais que c'est inutile de poser la question, elle le prendrait mal.
Au moment des tournedos Marc nous sort un excellent Bourgogne, Charles a la main qui tremble lorsqu'il soulève son verre. Il évite mon regard, je fronce les sourcils quand Marine m'interpelle :
- Il parait que tu vas faire une exposition bientôt ?
- Comment ? Oh oui, c'est vrai, dis-je en rougissant. A la fin du mois. Mais c'est une toute petite galerie…
- Bravo, fait François, épaté. Ca marche pour toi, dis donc. Tu es connu là-bas ?
- Là-bas ? Oh non, je n'irais pas jusque là… Je suis un peu connu pour mes photos de mode mais c'est tout.
- C'est drôle, murmure François je ne t'aurais pas du tout vu là-dedans…
- Là-dedans ?
- Dans la mode, les trucs comme ça. Je pensais que tu deviendrais prof, c'était ton rêve, tu te souviens ?
- Euh… non, dis-je sans mentir. Prof de quoi ?
- De français. Tu écrivais très bien, dit-il d'un ton définitif.
J'avale ma salive, mal à l'aise, Marine reprend :
- Harry a toujours été créatif. Je me souviens qu'il dessinait très bien, aussi. C'est dommage que…
Elle s'interrompt soudain et nous sourit mécaniquement, proposant un rab de salade à chacun. Dommage que quoi ? me dis-je en grimaçant. Il vaut sans doute mieux que je ne le sache pas, histoire de garder mes illusions sur moi.
- Et c'est une expo de photos de quoi ? reprend François gentiment.
Je rêve de répondre « de cul », juste pour me venger du « dommage » de ma sœur mais dans un sursaut je me souviens qu'on n'expose pas ses querelles familiales et je souris :
- Des portraits en noir et blanc pris dans la rue, un jour de novembre dernier. Ca s'appelle « Sametime ».
- Pourquoi ?
- Parce que toutes les photos ont été prises le même jour, dans le même lieu, à Londres, fais-je peu sûr de moi.
- Pourquoi le noir et blanc ? demande Marc en sauçant son assiette.
- Les photos sont plus expressives comme ça. Et puis elles deviennent intemporelles. Et toi François tu fais quoi ? dis-je pour détourner l'attention.
- Oh, je travaille dans une banque, à Reims, fait-il en haussant les épaules.
- Mais tu avais fait des études, non ?
- Oui, dit-il simplement. Des études d'économie. Mais ma vie est très banale, tu sais. Rien d'artistique là-dedans.
- Tout le monde ne peut pas être un artiste, reprend mon beau-frère avec une pointe d'ironie. Un peu de fromage ?
Je crispe mes poings sous la table, Charles m'envoie un petit sourire d'encouragement. Après le fromage vient le dessert, la fatigue me pèse sur les épaules d'un coup, je baille discrètement.
- On va y aller ? me souffle Charles au moment du café.
- Oui, je veux bien, je suis crevé.
Ça fait longtemps que Marine a mis le bébé dans son lit, en s'extasiant longuement devant mon cadeau – un ensemble pour bébé choisi par Draco. Si longuement que j'en ai été presque vexé. Elle me croyait incapable de faire un cadeau ou quoi ? Elle discute à présent de politique avec son mari et son beau-frère, je garde une prudence muette, nous n'avons pas les mêmes valeurs, visiblement.
Au moment de partir François me serre chaleureusement la main et me file sa carte, je lui donne mon numéro de mémoire, pas sûr d'avoir envie de le revoir. J'ai trop changé et lui aussi, j'ai cru comprendre qu'il était marié mais son épouse est absente pour une raison que j'ignore. De toute façon, c'est mieux comme ça, me dis-je en suivant Charles dans l'entrée. Marine me saute au cou pour me remercier d'être venu, me demandant encore une fois si je ne veux pas venir le lendemain, au vrai baptême.
- Non merci, lui dis-je sans brusquerie. Mais ça m'a fait plaisir de rencontrer Paul, il est super mignon.
Elle exulte en essayant de le cacher, j'ai fait ma B.A., Charles sourit. On est une vraie famille, je sais qu'ils pensent que maman aurait été contente, je chasse cette pensée. Je monte dans la voiture de Charles, il fait un froid de canard, il démarre sans un mot.
- Ça ne va pas ? je lui demande enfin au bout de quelques kilomètres.
- Non, fait-il sans me regarder.
- Pourquoi ?
- Des rumeurs courent à mon sujet…
- Quoi ? Mais je croyais que personne n'était au courant !
- Je le croyais aussi, fait-il en se tournant vers moi.
Je me crispe autour de la poignée, le cœur battant.
oOo oOo oOo
Mon cœur bat la chamade, je me sens coupable, définitivement coupable. Alors que je n'ai rien dit. Presque rien. Ce n'est pas possible que ce soit Draco qui ait craché le morceau… Non, il ne ferait jamais une chose pareille. Et pourquoi ferait-il ça ? En plus il ne connaît personne dans le village de mon frère et il est discret.
- Mais tu es sûr ? dis-je d'un ton dégagé.
- Sûr de quoi ?
- Qu'il y a des rumeurs ?
- Oui, je suis sûr, fait-il avec amertume sans me regarder.
Je fixe le paysage qui défile dans le noir, perplexe. Ce ne peut pas être de ma faute, c'est juste pas possible. Ma jambe se met à tressauter malgré moi, le repas menace de remonter, je voudrais en savoir plus sans me trahir, mission difficile. Pauvre Charles, il n'a vraiment pas de chance. Comme quoi la guigne est fidèle, elle.
- Mais euh… tu ne veux pas me raconter ?
- Raconter quoi ? Mon histoire ? Tu la connais, non ?
- Oui, bien sûr. Je veux dire, pour les rumeurs, tu ne peux pas être plus précis ? C'est peut-être pas si grave.
- Ben voyons, vu de l'extérieur, rien n'est grave. On voit bien que ce n'est pas ta vie !
- Merci, dis-je un peu marri. Je me suis déjà mouillé pour toi, je rappelle…
Charles soupire longuement puis je vois ses épaules s'affaisser un peu. Il mord un peu le bas-côté, je renforce ma prise sur la poignée.
- T'as raison, Harry, fait-il finalement. Je deviens paranoïaque, je crois.
- On l'est tous, rassure-toi. Mais si je peux encore t'aider…
- M'aider ? Comment tu veux m'aider ? De toute façon c'est trop tard maintenant.
- Mais tu ne veux pas me dire ?
- Ca changera quoi ? fait-il agressivement.
- Ca fait du bien de parler, il parait…
- Oui, il parait. Mais je préfère garder mes histoires pour moi, en général. C'est plus prudent. Ok, je te raconterai ça au presbytère, peut-être que… qu'un oeil extérieur aura une autre manière de voir les choses.
J'acquiesce et nous restons muets jusqu'à l'arrivée chez lui. En soupirant à nouveau il enlève son col et s'assoit sur le canapé, prenant sa tête entre ses mains. Je m'assois à côté de lui, essayant par ma présence de lui envoyer un peu de réconfort.
- C'est un cauchemar, un vrai cauchemar, Harry, commence-t-il d'une voix douce. Mais ce n'est pas une surprise au fond, je savais bien que je serais puni un jour ou l'autre…
- Oh, arrête ça, c'est n'importe quoi cette idée de punition divine. Me dis pas que tu y crois !
- Non, non mais… peut-être qu'en psychologie on appellerait ça un acte manqué ou je ne sais quoi, ou bien c'est peut-être juste une manière de se torturer mais vraiment ça ne me surprend pas. Je n'aurais jamais dû faire ce que j'ai fait, je suis entré dans les ordres justement pour avoir une vie saine, rangée et voilà que… je me suis fait avoir comme un con.
- Avoir par qui ? Marie ?
- Non, pas elle. Avoir par moi-même, par mes pulsions, mes rêves, mes désirs. On paie toujours ce qu'on fait, et au prix fort. Et là j'ai pas fini de raquer, crois-moi.
Il se tait quelques instants et je respecte son silence, si j'insiste il va se braquer. Je me fais l'impression d'être Judas et je prie je ne sais qui qu'on me pardonne mes péchés, au moins celui-là. Charles se lève et va nous chercher deux verres d'eau pétillante, puis il se rassoit, sombre.
- Quand je pense que demain je dois faire le baptême de mon neveu et qu'une partie de l'assistance sera au courant de mes turpitudes, j'en suis malade. Comment affronter ça ?
- Une partie de l'assistance ?
- Enfin, je ne sais pas exactement. Je ne sais pas qui est courant et qui ne l'est pas encore mais ce n'est qu'une question de temps. Le village est tout petit et les gens parlent entre eux.
- Bien sûr. La charité chrétienne, j'imagine. Je déteste les petits villages, dis-je en serrant les poings. Ca me débecte et c'est pour ça que je suis parti. Et les grenouilles de bénitier sont les pires, désolé de le dire.
Charles hausse les épaules et fait une petite grimace, je pose ma main sur sa cuisse en signe de solidarité.
- Qui est au courant ?
- Au moins deux de mes ouailles qui m'ont fait des petits commentaires à double sens. Mais elles sont bavardes et elles n'ont pas fini de bavasser. A moins que Dieu ne les foudroie avant, ajoute-t-il d'un ton rêveur.
- Tu plaisantes ?
- Oui. Quoique…
Je secoue la tête, incrédule. Est-ce que mon frère perdrait la tête ? Je décèle une étincelle dans son œil, je décide de pousser mon avantage.
- Si ce ne sont que des allusions c'est peut-être pas si terrible. Tu auras mal compris, dis-je d'un ton rassurant.
- Non, non. J'ai très bien compris, et leur regard a changé sur moi. Il est devenu plus… concupiscent. J'ai honte à le dire mais j'ai eu des propositions plus ou moins voilées, en confession.
- Non ? dis-je en m'étranglant dans mon verre d'eau . C'est une blague ?
- Hélas, non. Les rumeurs excitent les hystériques, surtout les coincées.
- Drôle de manière de parler de tes ouailles…
- C'est ça, fais l'innocent. Tu as raison, les grenouilles de bénitier sont les pires, elles envient ce qu'elles n'ont pas, j'ai l'impression d'être devenu un sex-symbol. N'importe quoi. Et puis il y a cette lettre…
- Quelle lettre ?
- Une lettre anonyme immonde, avec des lettres découpées collées sur une feuille, comme dans les films. T'imagines ?
- Et elle dit quoi ?
- Oh, les horreurs habituelles. Qu'un prêtre ne peut pas être père de famille et exercer son ministère, en plus salace.
- Ah, ils savent pour ton fils ? Evidemment, c'est gênant, dis-je avec une grimace. Je suis désolé.
Il ne répond rien et je reste là comme un con, interdit. C'est pire que ce que je pensais, même si je ne me faisais pas beaucoup d'illusions sur le genre humain.
- C'est vraiment dégueulasse, les lettres anonymes. Tu vas faire quoi ?
- Tu veux que je fasse quoi ? Un démenti dans la presse ? Je ne fais rien, je rase les murs en priant que personne ne m'en parle directement, surtout pas ma hiérarchie.
Je m'abstiens de lui demander ce qu'il risque vraiment, sans doute l'excommunication ou un truc comme ça. Je cherche en vain une solution à lui proposer, il n'y en a pas. Aucune. A part la prière, qui n'est pas mon fort.
- J'ai des craintes pas seulement pour moi mais aussi pour Emmanuel, reprend-il. Le pauvre, s'il doit porter le péché de ses parents toute sa vie, tu imagines ? Avec toutes les horreurs qui vont courir autour de sa naissance…
- Tu t'inquiètes déjà pour lui ? Il est petit et puis il habite loin, non ? Ce serait différent s'il était scolarisé ici mais d'ici à ce qu'il aille à l'école et qu'il en entende parler, il y a loin.
On entend un corbeau croasser dehors et je frissonne, les corbeaux sont partout. Je déteste ce patelin et ces gens, mesquins et curieux. Je me redis que j'ai bien fait de partir, je n'aurais pas pu m'y faire. Chaque retour me conforte dans ma décision, mon choix de vie. Si j'ai fait un choix. La main toujours crispée autour de son verre d'eau Charles reprend comme pour lui-même, d'une voix sourde :
- C'est bizarre la vie. On passe une soirée avec une femme et après on porte le péché toute sa vie, et un enfant innocent aussi. En plus j'étais bien placé pour savoir tout ça, avec ce que j'entends tous les jours. Et pourtant…
- Eh oui, c'est la vie. Mais je crois que tu dramatises, là. Ses parents le protègeront, j'en suis sûr.
- Le protégeront ? Comment ? La rumeur est la rumeur, tu sais ce que c'est. Et si Guillaume apprend…
- Guillaume est déjà au courant, dis-je étourdiment.
- Quoi ? fait Charles en sursautant. Qu'est-ce que tu dis ? Comment tu sais ça, toi ?
- Enfin, je… Il n'est pas au courant que c'est toi le père mais il sait que le bébé n'est pas lui. Il n'est dupe de rien. Et ça n'a pas l'air de le déranger, dis-je en m'avançant un peu. Comme il a fait le deuil de sa virilité, de toute façon…
- Mais qui t'a dit ça ? fait-il en cillant.
- Lui, il y a quelques mois. Mais on n'a pas parlé de toi, hein ! Il a juste dit que… cette naissance était un cadeau de la vie, ou un truc comme ça. Il est devenu très philosophe, depuis son retour.
Je fixe mon frère qui a changé de couleur, en voulant le rassurer je viens de le stresser encore davantage, malgré moi. Je me mordille la lèvre mais on ne peut pas reprendre les paroles dites, hélas. Je préfère tourner sept fois ma langue dans la bouche des autres que dans la mienne, c'est une erreur. J'ai toujours été trop impulsif, je l'ai toujours payé.
- Tu vois ? Tout le monde parle trop, tout le temps, grince Charles. Si lui-même en parle à n'importe qui…
- Je ne suis pas n'importe qui ! Je suis son cousin, quand même. Comme toi, je pense sans le dire.
- Mais pourquoi il t'a raconté ça, à toi ? reprend-il d'un air soupçonneux.
- Aucune idée, fais-je en haussant les épaules. Je ne sais plus trop de quoi on parlait. Des secrets de famille, sans doute. Peut-être qu'il avait besoin de parler. Et comme je suis un paria dans la famille il s'est dit que moi, ça ne me choquerait pas trop.
J'essaie de minimiser mais Charles ne me quitte pas des yeux, suspicieux. Difficile de soutenir le regard d'un prêtre qu'on a trahi, surtout s'il est votre frère. Ma place au paradis est bien compromise, dirait-on. Depuis longtemps, soit.
- Tu n'as rien dit, n'est-ce pas ? me demande-t-il au bout de quelques instants.
- A Guillaume ? Non.
- Et à d'autres ? A Draco par exemple ?
- Draco ? Pourquoi je le lui aurais dit ? Et comment il aurait pu en parler à tes paroissiens ? fais-je innocemment.
- Je te connais, parfois tu parles trop vite…
- Je n'ai jamais rien raconté à propos de Pierre, je réplique froidement.
- Je ne te parle pas de Pierre, là. Je te parle de moi, de plusieurs réputations en jeu. Et d'un bébé.
- Je n'ai rien dit je te jure, lui dis-je en sentant le rouge me monter au front. C'est peut-être elle qui a parlé. Marie.
Je crois que je préfèrerais mourir que de sentir sa déception, voire son mépris, pourtant c'est ce que j'affronte en ce moment et je sais que j'ai tort sur toute la ligne. Croix de bois, crois de fer, si je mens je vais en enfer. J'y suis là, déjà. « Dieu te regarde et il n'est pas content » disait ma mère pour me foutre la honte dans ces moments-là, étant petit. Rien de pire que d'imaginer qu'on vous observe d'en haut, qu'on vous juge, jour après jour, même devenu grand. Je préférerais que le paradis n'existe pas et que personne ne me voie, en fait.
- De toute façon c'est trop tard, le mal est fait, soupire-t-il. Inutile de chercher des coupables… Je suis foutu.
- Mais non, lui dis-je en souriant faiblement et en sachant que ce n'est qu'un mensonge de plus.
J'aimerais lui dire « Pardonnez-moi mon Père car j'ai péché » et qu'il me pardonne, mais je n'ai pas droit au pardon, ni à l'absolution. Le silence sera ma sanction, une fois de plus. Il se lève et se dirige vers l'escalier, je suis plus mort que vif. Si je mens je vais en enfer.
oOo oOo oOo
Le portable de Draco est éteint, je lui laisse un message pour qu'il me rappelle, à n'importe quelle heure. Je monte à l'étage pour prendre une douche et passe rapidement devant la chambre de Charles. Du coin de mon œil je le vois à genoux devant son lit, en train de prier, dans la même position qu'on adoptait étant enfants pour nos prières du soir. Une position que je détestais, douloureuse et humiliante. J'aimerais lui dire « Pourquoi tu t'infliges ça ? » mais je connais déjà la réponse alors je passe mon chemin.
Après ma douche tiède je me glisse dans les draps rêches du canapé, ça aussi c'est un cliché sur les presbytères mais c'est une constante, le confort est banni, sans doute diabolique. Je fixe le plafond en me rongeant les sangs, me repassant le dialogue qu'on a eu, trouvant tardivement les arguments qui lui auraient prouvé mon innocence. Je me déteste, parfois. Soudain mon portable résonne dans la nuit, me faisant sursauter. Je réponds, cœur battant.
- Harry ? Tu m'as appelé ? T'avais l'air stressé…
- Draco ? T'es où ?
- Chez moi. Enfin, chez mes parents, répond-il après un instant. Qu'est-ce qui se passe ? Tu ne reviens pas demain ?
- Pourquoi ? Ca t'arrangerait ? je réponds du tac au tac.
- Mais… non. Pourquoi tu dis ça ? fait-il avec une nuance de déception dans la voix.
- Pour rien, excuse-moi. Je suis un peu… stressé, comme tu dis.
- Pourquoi ? Ca se passe mal chez ta sœur ?
- Ma sœur ?
Il me faut quelques secondes pour réaliser qu'il parle de Marine, la soirée chez elle me parait loin déjà, presque une autre vie.
- Si, si, ça s'est bien passé, c'est en rentrant que j'ai eu des mauvaises nouvelles.
- Ah bon ? Quoi ?
- Il y a des rumeurs qui courent au sujet de mon frère. Le prêtre, j'ajoute dans un souffle.
En un quart de seconde il me semble percevoir de l'affolement dans son silence, mais ce n'est qu'un silence.
- Quelles rumeurs ? fait-il ensuite, naïvement.
- Des rumeurs sur sa paternité. Il a reçu des lettres anonymes.
- Ah bon ? Mince.
- C'est tout ce que ça te fait ?
- Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Je suis surpris c'est tout. Quoique. Il fallait s'y attendre, non ?
- Quoi ?
- Dans ce genre de petit patelin tout se sait très rapidement, c'est banal. Tu croyais vraiment que ça allait rester secret ? Surtout si elle venait le relancer jusque chez lui !
- Quoi ? N'importe quoi !
- Mais tu te souviens pas, la dernière fois ? Tu m'avais appelé et tu m'avais dit qu'elle était là, elle t'avait supplié d'entrer…
- Chuutt… ne dis pas ça, dis-je à voix basse. Faut plus en parler, compris ?
- Mais je suis seul ! Tu crois quoi ?
La désinvolture affichée de Draco me tape sur les nerfs, je prends une grande respiration pour me calmer avant de chuchoter :
- Tu n'as parlé à personne, hein ?
- A propos de quoi ?
- Oh Draco, fais pas l'imbécile ! A propos de Charles, bien sûr !
- Mais non, bien sûr que non. A qui voudrais-tu que j'en parle ? Tu crois que ça va intéresser mes proches ?
- Hum… et Peter ?
- Quoi, Peter ?
- Tu ne lui as rien dit ?
- Mais non… et tu crois que ça l'aurait intéressé ? Il s'en fiche, tu sais.
Quelque chose me gêne dans son attitude, je ne sais pas quoi. Pourquoi ai-je du mal à le croire ? Intuition ou paranoïa ? Je ne sais plus quoi dire quand sa douce voix me parvient, si tendre que je me sens fondre :
- Tu ne me crois pas, Harry ? Tu ne me fais pas confiance ?
- Si, si. Mais Peter… Il doit être fou de rage et ce serait une bonne manière de se venger de moi, non ?
Seul le silence me répond, un silence qui me fait froid dans le dos. Je me mets à trembler alors que je prie intérieurement pour qu'il m'assure que je suis idiot, que je me fais des idées. Mais rien ne vient.
- Allo ? Draco ?
- Oui, pardon, je… Quelqu'un me parlait et je… je ne t'entendais plus.
- Quelqu'un ? dis-je en fronçant les sourcils.
- Ma mère. Arrête avec tes soupçons continuels, c'est pénible. Tu ne me fais vraiment pas confiance…
Et voilà, me voilà pris au piège entre doutes et confiance, mon frère et mon amant. Après tout c'est un comédien, non ? Mais pourquoi me mentirait-il ?
- Si, si, je te fais confiance, Draco. Je ne sais plus trop où j'en suis, en fait. J'ai hâte de rentrer et de te revoir.
- Moi aussi… Bah, ça passera vite. Et ton neveu ? Il est mignon ?
- Emmanuel ?
- Je croyais qu'il s'appelait Paul ?
- Ah oui, tu parles du fils de Marine. Oui, il est mignon. Adorable.
- Et c'est qui Emmanuel ? demande Draco intrigué.
- Oh, c'est le fils d'un cousin, je confondais. Je disjoncte je crois…
Un silence un peu lourd s'installe entre nous, j'espère qu'il n'a pas compris. Décidément je suis le roi de la gaffe ce soir, il est temps que je dorme.
- A part ça, il ne s'est rien passé ? reprend-il doucement.
Je suis sur le point de lui dire « J'ai revu mon premier amour » mais je me tais prudemment. Je ne suis plus à un mensonge près, ce soir.
A suivre…
Merci à vous qui suivez cette fic, merci aux reviewers ! Rendez-vous la semaine prochaine et bonnes fêtes de Pâques à vous !
Je réponds ici aux non-inscrits :
- Gaali : eh non, la fic n'est pas encore terminée mais rassure-toi elle sera finie avant l'été et je poste régulièrement toutes les semaines, sauf exception. Merci de ton impatience !
- Guest : Merci d'être là quand même, tu n'as pas à t'excuser, tout le plaisir est pour moi ! A très bientôt ?
BISOUS
