Auteur : Fania.
Fandom : Le Seigneur des Anneaux.
Personnages: Legolas et les jumeaux les plus célèbres de la Terre du Milieu.
Disclaimer : Victoria, Sven, Lars, Johannes et Rosa sont à moi… Legolas, les jumeaux et leurs copains sont malheureusement toujours aux héritiers de Tolkien. Kurt et son entourage sont piqués à Glee pour faire les extras, et sont la propriété de Brad Falchuck & Ryan Murphy.
Note : S
Rappel des codes de mise en forme :
En italiques les paroles prononcées en Elfique.
En Normal, les paroles prononcées dans la langue du pays ou se déroule l'action.
Et enfin en gras, ce sont les paroles prononcées dans une langue autre que ces deux là.
Réponse aux Reviews :
Petite Poussine : Mdr, oui, j'imaginais bien le pouvoir des elfes avoir des petites applications pratiques comme ça xD En fait, dans ma tête, la résistance des constructions elfiques est essentiellement dû au fait qu'elles sont habitées par des elfes et que ces derniers leur transmettent une partie de leurs pouvoirs de régénérescence et de leur longévité… tout un peuple ça fait un gros effet, mais un elfe seul, forcément, c'est plus petit, faut regarder de plus près pour le remarquer xD
Ah, JE SUIS DESOLEE ! Mais je poste au fur et à mesure que ça vient (enfin, presque, j'ai finit ce chapitre le soir ou j'ai posté le 25, et le 27 est prêt à être posté^^') parce que sinon j'oublie de le faire, et ça m'agace… puis aussi, la satisfaction d'avancer dans cette fic est ce que me maintient en état de fonctionnement ces derniers temps, donc bon, j'avoue, c'est un peu rapide, mais ça me va comme ça, et je n'en voudrait à personne de ne pas reviewer chaque chapitre^^ Tant que tu ne t'ennuie pas en lisant la fic, ça me va !
Et bon courage avec les bébés hobbits ! J'en ai pas à moi, mais je sais d'expérience que ça peu être super chaud de les mettre au lit !
Fukan : Héhé, je suis bien contente que tu aies aimé la catégorisation des différents regards et sourires des garçons, je suis sûre que Legolas a dû bien s'amuser à les organiser aussi ^^
Et oui, en effet, on avance tout doucement, mais bon, c'est des elfes, ils sont lents, c'est normal xD
Ah, Kurt. Le truc c'est qu'il va avoir une scène d'importance plus tard dans la fic, mais que je ne voulais pas le faire sortir de nulle part, d'où son arrivée là, avec petit Jo qui mérite bien de ne pas finir tout seul. Mais je reconnais que l'introduction était un peu maladroite, j'aurais pu gérer ça un peu mieux ^^'
Eh bien, la voici… enfin, le début =)
Pour ce qui est du duel Leg vs Glorfindel (Glorfy c'est le chien) je ne sais pas encore s'il y en aura un. Quant au pétage de plomb de Thranduil, je pense que ça viendra, mais je ne saurais pas encore dire quand (et le 'pourquoi' est encore en travaux) donc pas de précisions pour l'instant x)
Merci pour les encouragements en tout cas =)
Young-girl06 : Oui, en effet, ça passe vite ! Mais bon, je n'avais pas plus de détails que ça à ajouter à ce chapitre, à l'exception des quelques scènes entre Leg et Elladan, et que les choses intéressantes commencent à se produire quelques années après la naissance d'Elvira.
Kurt, comme dit plus haut, est introduit essentiellement pour qu'il n'ait pas l'air de sortir de nulle part quand sa scène de gloire arrivera, mais je reconnais en relisant le chapitre que j'aurais pu faire ça différemment, et sans doute mieux
Mais bon, si dans l'ensemble ça continue de te plaire, c'est l'essentiel ! Et puis ça redevient bien dans ce chapitre =)
26 Politique.
Legolas entraina ceux de ses amis qui étaient restés en suède jusqu'à Imladris.
Sans surprise, l'effet que leur fit la visite de la vallée d'Elrond fut très différent de leurs diverses visites du palais de Legolas. Vertbois, bien que remis à neuf, n'était plus habité depuis des millénaires, si ce n'était par un elfe seul, blessé et coincé entre deux mondes. Forcément, l'ambiance s'en était ressentie, et ils étaient parvenus à s'y faire somme toute assez facilement, s'appropriant les vieux murs peints et les tapisseries sans trop se poser de question : c'était devenu leur petit quartier général, leur bastion contre le monde extérieur, et ils appréciaient ça.
Mais lorsque Legolas, après avoir garé leur mini-van de location dans un parking public de Fondcombe, les guida jusqu'à la sortie de la ville pour leur faire remonter le même chemin qu'il avait emprunté deux ans plus tôt, presque jour pour jour, même Rosa ne put retenir une exclamation de surprise émerveillée. Legolas inspira profondément l'odeur des feuilles et de l'herbe fraîche, prenant quelques instants pour savourer le son des voix elfiques qui flottaient jusqu'à eux, avant de reprendre sa marche. Elvira babillait joyeusement dans les bras de son père, adorable en tunique vert pâle, un ruban noué dans ses cheveux encore courts. Elladan et Legolas avaient laissé t-shirts et jeans au vestiaire pour revêtir leurs tuniques de voyage, se fondant ainsi parfaitement dans le paysage.
Ils dépassèrent le haut portail et son interphone incongru, passèrent le gué (Legolas portant Elvira et Elladan ses affaires, pour épargner à Sven et à Victoria une chute improvisée dans l'eau glacée). Puis, après une descente rendue plus longue par l'inexpérience et le manque d'assurance de leurs invités, les deux elfes finir par atteindre l'arche de pierre qui marquait l'entrée des jardins de la dernière maison accueillante.
« Mae govannen, mellyn-nîn, les salua Elrohir, drapé dans des robes qu'Elrond n'aurait probablement pas reniées, un cercle d'argent posé sur son front. Bienvenue à Imladris. »
Thranduil aussi était en habit d'apparat, ainsi que la plupart des elfes présent, et Rosa elle-même s'en trouva bouche-bée. Sven déglutit, la respiration hachée, humide. Imladris étendait ses merveilles à leur pied, et Legolas leur accorda une seconde pour se gorger de la vue, toute en ocres, bordeaux et ors malgré le vert des feuillages, avant de s'avancer pour saluer Elrohir, puis son père comme il se devait.
« Je crois que je viens juste de réaliser, souffla Rosa plus tard ce soir là lorsqu'elle téléphona à Lars. Mon père est un elfe. »
Victoria tomba amoureuse d'Imladris.
Les étoffes elfiques, les bijoux, les peintures, les arbres, l'architecture, l'histoire… rien ne lui échappait, et on n'aurait su trop dire qui d'elle ou d'Elvira appréciait le plus leurs marches quotidienne dans les jardins que Celebrian elle-même avait fait planter bien des millénaires plus tôt. Elle semblait rajeunir. Très vite, elle entraîna Rosa à sa suite, et il n'était pas rare de les voir déambuler dans les jardins, chantant à tue-tête (et un peu faux, dans le cas de Rosa) pour faire rire Elvira, qui s'amusait comme une petite folle à courir derrière les papillons, trottinant sur des jambes encore mal assurées.
Sven, ressortant du placard son côté historien, passait le plus clair de son temps dans la bibliothèque, sans trop se préoccuper des elfes qui, de toute façon, n'avaient pas l'air de se préoccuper davantage de lui, ou de qui que ce soit.
« Je m'étais attendue à plus de malaise, commenta Rosa un soir dans le salon de la suite que les trois humains s'étaient vu attribué, mais je suis contente de voir qu'ils se comportent normalement avec nous. »
Sven et Victoria, à moitié endormis sur un tapis presque aussi confortable qu'un futon, acquiescèrent avec deux sourires rêveurs, et Rosa eut un petit rire. Elle leur souhaita bonne nuit et déposa un baiser sur le front d'Elvira, endormie dans son hamac rempli de plumes.
S'ils avaient sut.
« Il suffit Galdor ! je n'écouterais pas un mot de plus !
-Je ne suis rien de plus que la voix de mes pairs, votre majesté, répondit le vicomte, et nous nous inquiétons des intentions de ces gens… qui nous dit qu'ils ne sont pas la pour vous nuire ?
-Et croyez-vous qu'en huit ans je n'aurais pas remarqué quelque chose ?
-Il faut reconnaître, mon prince, répondit le seigneur Elwin avec tout le sucre dont il était capable, que leur présence est très certainement un soulagement de la longue solitude qu'il vous a fallut endurer avant de retrouver le chemin d'Imladris… mais êtes-vous absolument certain que le soulagement ne vous masque pas certains désagrément ?
-Je vous demande pardon ? S'étrangla Legolas.
-Nous sommes simplement concernés par le bien être de notre peuple, reprit le seigneur Galdor, nous ne voudrions pas que vos faiblesses mettent notre peuple en danger…. »
Galdor laissa sa phrase en suspens, mais Legolas n'était pas dupe et il entendit très bien le sous entendu « plus en danger que nous ne le sommes déjà ». Il contempla les possibilités qui s'offraient à lui : il aurait pu, bien sur, ne pas répondre, mais il était Prince héritier, et il n'avait aucune envie de perdre son titre ou sa crédibilité. Oh, pas par narcissisme ou soif de pouvoir. Il savait simplement que le meilleur moyen qu'il avait de protéger son peuple était de rester sur le trône… il avait vu ce que Galdor et Elwin pouvaient faire. Les humains avaient beau s'être persuadés (les Valars seuls savaient comment) que les elfes étaient parfaits, c'était loin d'être le cas.
Contrairement à ce que s'imaginaient Johannes et Victoria, Legolas n'avait pas attendu d'entrer à la cour du roi Arthur pour déjouer ses premiers complots, bien loin de là. Oh, certes, aucun elfe ne se serait jamais risqué à porter directement atteinte à sa vie, mais il savait faire la différence entre un accident authentique, et un accident qu'on avait un peu aidé, merci bien. Galdor et Elwin comptaient parmi les plus fervents comploteurs. Ils étaient de rang élevé et liés à la famille royale par le mariage et le sang, respectivement, ce qui faisait d'eux des personnages inattaquables, particulièrement en temps de guerre, ou leurs gardes personnelles s'étaient avérées utiles à plus d'une victoire.
Legolas avait passé la plus grande partie de son enfance à haïr avec passion chaque minute passée en leur présence et, en grandissant, il avait appris à s'amuser à leur dépends. C'était cependant le seul plaisir qu'il retirait de ces deux elfes, ou même de leurs épouses, tout aussi irritantes que leurs époux. L'une était d'une insipidité déconcertante, incapable d'évoquer autre chose que son arbre généalogique, qui incluait plus d'un lord de Lòrien (et qu'avait donc les elfes du bois dorés que n'avaient pas ceux de Vertbois, hein ?) et l'autre alternait entre essayer de faire en sorte que Legolas ne se prenne de passion pour sa fille ou insulter la maison de Thranduil avec autant de subtilité qu'un tyrannosaure dans un magasin de porcelaines elfiques. Legolas, quoi qu'on en dise, avait eut droit à son lot de difficulté, avant même d'être assez grand pour participer aux escarmouches contre les araignées. Sa mère, venue de Lòrien, lui avait légué sa peau pâle et ses cheveux blonds, qui contrastaient terriblement avec les chevelures brunes des autres elfes… et les enfants, quelles que soient leurs origines, savent toujours être cruels. Il avait appris la bravoure à la dure.
Elwin et Galdor n'étaient pas cruels au sens strict du terme. Malgré tout, ils étaient hautains, trop enclins à se croire au dessus de tous, le roi excepté, mais il fallait dire que Thranduil et ses accès de colères étaient fameux et craints dans les trois royaumes elfiques depuis bien avant la mort d'Oropher. Legolas avait vu de ses propres yeux d'enfant une servante recevoir trois coups de fouets pour avoir trébuché et renversé de l'eau sale sur une tapisserie dont il savait de source sûre que Sire Galdor la détestait profondément. Quant à Elwin, la façon dont il s'adressait à tous ceux qui avaient le malheur de ne pas avoir son rang ou sa fortune en disait long sur celle qu'il aurait de gouverner si on lui laissait accéder au trône.
Ignorer les deux seigneurs était hors de question.
Pour autant, il ne pouvait pas non plus se permettre d'entrer dans leur jeu en les insultant de la même façon qu'ils venaient de le faire. S'il s'aventurait sur cette pente, il n'en sortirait jamais et devrait passer les prochains siècles, millénaires même, empêtré dans de petites guégerres à propos de l'importance qu'il fallait accorder à la couleur de sa tunique ou la meilleure façon d'utiliser une fourchette.
Non, il ne pouvait pas non plus répondre à leurs insultes.
Il venait de rayer de la liste l'option de demander l'arbitrage de son père (chose qui aurait été une humiliation sans borne tout en brisant le fragile statut quo qui permettait aux elfes de ne pas s'entretuer), lorsque Galdor revint à la charge :
« Le seigneur Elwin n'a pas tort, il est fort probable que votre joie d'avoir enfin de la compagnie vous ait poussé à vous montrer trop magnanime vis-à-vis de vos compagnons. Nous savons bien que votre altesse aime à faire en sorte que même les hôtes les moins désirables se sentent les bienvenus au sein de son entourage, mais….
-Vous vous oubliez, Galdor ! Gronda Legolas, l'aura brûlante et les muscles prêts à frapper lorsque le regard de Galdor se posa sur Elladan, plus bas dans la vallée.
-Je ne fait pourtant que prêter ma voix aux craintes des nôtres, votre altesse, répondit Galdor sans pouvoir masquer l'acidité de sa voix. Des images ont été aperçues laissant entendre que l'un de vos compagnons se laissait aller à des passions contre-nature et….
-Avez-vous fait fouiller mes appartements ? Demanda Legolas d'une voix basse, dangereuse.
-Loin de moi cette idée, mon prince ! Je tenais simplement à m'assurer de votre sécurité… après tout, il serait regrettable que la présence de ce… cette personne ne vienne souiller votre…. »
La gifle partit comme un coup de feu, et Legolas nota avec satisfaction qu'Elwin avait reculé de deux pas prudents. Le sang battait à ses oreilles, et il était quasiment sur d'avoir gagné deux tons de rouge, mais peu importait. Enfin, comme Galdor ne semblait pas vouloir comprendre la signification du geste, Legolas défit lentement son protège bras droit et le jeta à ses pieds.
Galdor pâlit.
Legolas ricana.
« Allons, seigneur Galdor, fit Legolas sur le ton d'une nourrice grondant un enfant adorablement chenapan, vous ne voudriez pas passer pour un couard, n'est-ce pas ? »
Galdor passa du blanc au vert, mais il n'avait guerre le choix : s'il voulait survivre à l'humiliation qui ne manquerais pas de suivre, il se devait d'aller jusqu'au bout de son geste. Avec une lenteur pleine de précautions, il se pencha jusqu'au sol et ramassa le gantelet.
« Je vous attendrais demain à l'aube sur les terrains d'entrainement. Choisissez votre témoin avant ce soir, et dites lui de me faire connaître les armes que vous souhaitez utiliser. »
Pour autant que Rosa et les autres en sache, il ne s'agissait de rien de plus qu'un entrainement de routine. Legolas s'était senti un peu rouillé, le hasard avait désigné Galdor comme partenaire, ils allaient se battre et c'était tout. Par conséquent, ce ne fut pas sans surprise qu'ils virent les elfes se rassembler en une masse compacte autour des terrains d'apprentissage avant même le lever du soleil… eux même n'auraient rien su de cette activité si Elvira ne les avait pas tous réveillé en criant dans son sommeil à cause d'un cauchemar impliquant une brosse à cheveux, des chaussures neuves et un calamar violet.
Ils descendirent vers les champs du plus vite qu'ils purent, et furent surpris d'y trouver une atmosphère électrique. Les trois peuples d'elfes s'étaient répartis tout autour de l'enceinte de combat, le gris-vert des elfes de Lòrien agissant comme une barrière entre le vert sombre de ceux de Vertbois et les nuances de bronze des habitants originels d'Imladris. Ils s'avancèrent jusqu'aux côtés de Thranduil en essayant de se faire tout petits. Rosa voulut attirer son attention d'une chiquenaude sur l'épaule, mais le regard que lui renvoya son grand-père adoptif la figea sur place.
La tension était si forte que l'air en vibrait, les auras des elfes perçant ce qui restait des ténèbres de la nuit, suffisamment pour se détacher sur l'horizon pâlissant. Elladan et Elrohir se tenaient à l'opposé de Thranduil, en compagnie d'un elfe que Sven identifia comme messire Elwin. Elladan avait un sabre à la main, et ce fut Victoria qui remarqua qu'il s'agissait du sabre qu'il avait reçut en cadeau de Legolas, deux noëls plus tôt.
« Remettez ceci à votre ceinture monseigneur, dit solennellement Legolas en voyant l'arme que son témoin lui avait réservé, je n'en aurais nul besoin.
-Ne nourrit pas trop d'espoir la dessus, rétorqua Elladan suffisamment bas pour que seul le prince puisse l'entendre, quand bien même serais-je déterminé à ne pas te le faire utiliser, ton père….
-Ne t'ennuie pas avec ça, coupa Legolas entre ses dents, je voulais seulement m'assurer que Galdor comprenne bien l'étendue de sa bêtise.
-…dans les mains d'un hybride, crachait Galdor de l'autre côté du terrain, c'est répugnant.
-J'ai passé ma vie à rêver de rabaisser le caquet de ce porc arrogant et de la dinde qui lui sert de complice, je n'ai pas l'intention de laisser passer cette occasion de lui montrer qu'on ne pu insulter mes amis sans en payer le prix ! »
Elladan ne répondit pas, se contentant d'observer Legolas comme s'il le découvrait pour la première fois, et le prince ôta sa chemise. De l'autre côté de l'enceinte, Galdor faisait de même et, déjà, on voyait aisément la différence entre ses formes graciles, presque maigres, et la musculature bien définie du prince héritier. Les jumeaux virant quelques regards surpris se poser sur les tatouages de Legolas, et Elrohir lui-même parut étonné par l'apparition de la colombe, qui lui arracha un sourire. Elladan, qui avait également choisit de prendre un nouveau tatouage comme un bon signe, cligna de l'œil en direction de son frère avant de retourner son regard vers les deux opposants.
Ils avaient rejoint le centre de la piste et se faisaient face, attendant qu'Elrohir donne le signal du début du combat. La main de Legolas était ferme mais non crispé sur la garde de son sabre, la seule arme et protection dont il disposait. Elladan maudit une fois de plus Galdor d'avoir volontairement choisit une arme qui n'avait jamais été le fort du prince. Bien qu'Elrohir ait affirmé plusieurs fois que c'était un bon signe, montrant qu'il était nerveux, Elladan ne pouvait s'empêcher de tenter de le désintégrer du regard.
« J'espère qu'il n'a pas tout oublié du maniement du sabre, marmonna-t-il entre ses dents. Je n'ose pas imaginer les conséquences dans le cas contraire.
-Détendez vous mon frère, rassura Elrohir avant de s'avancer vers les deux combattants, je suis certain que Legolas n'aura aucun problème à mettre Galdor à terre, et je suis prêt à parier que tout ceci sera suffisamment vite pour que l'humiliation lui cuise les joues jusqu'à la fin des temps. »
Elrohir n'aurait pu être plus proche de la réalité.
Lorsqu'il eut rappelé à chacun les règles du duel, « jusqu'au premier sang, ou jusqu'à ce que l'un des combattants soit dans l'impossibilité de se défendre », Elrohir se recula d'un pas, comme le voulait la règle, et abaissa le bras.
Aussitôt, Galdor plongea en avant pour une pointe, que Legolas esquiva aisément. Le prince profita de la distraction pour asséner un coup du plat de la lame sur le postérieur de Galdor, qui se retourna immédiatement, furieux. Legolas para un coup d'estoc sans même prendre la peine de se remettre en garde, et repoussa son adversaire du plat de la botte. Galdor recula, trébucha. Reprit son arme en main. Chargea. Legolas para, et ils échangèrent un, deux, trois coups, avant que Legolas n'esquive une nouvelle pointe en se déportant de côté et ne même le mouvement à profit pour asséner un violent coup à l'arrière du crâne de son adversaire. Galdor plongea la tête la première dans la poussière, et Legolas posa la pointe de sa lame sous son omoplate gauche, au dessus du cœur, son pied droit empêchant la main de son adversaire d'atteindre son sabre.
On compta jusqu'à cinq.
Elrohir frappa des mains.
Legolas avait gagné.
Il aida Galdor à se relever, le visage neutre mais, contrairement à ce qu'exigeaient les traditions, il ne relâcha pas immédiatement son bras, s'adressant à lui suffisamment fort pour être certain que tout le monde entendrait ce qu'il avait à dire :
« Retenez bien cette leçon messire Galdor : je n'ai rien perdu de ma vigueur, bien au contraire, j'ai beaucoup progressé en tant que guerrier ces derniers millénaires. Ni vous, ni qui que ce soit d'autre n'a la permission d'insulter qui que ce soit sur ses origines, la couleur de sa peau ou le sexe de son amant. Je ne tolèrerais aucune forme de discrimination, quelle qu'elle soit et qu'elle qu'en soit la cible, répéta-t-il avec force, le regard lourd de promesse pour quiconque oserait déroger à la règle, et par décret princier, quiconque sera jugé coupable de tels actes sera tenu en cellule aussi longtemps qu'il sera nécessaire pour leur démontrer l'ineptie de leurs actes. Si quelqu'un parmi vous ne souhaite pas avoir à respecter cette règle, qu'il ou elle s'avance l'épée à la main. »
Personne ne s'avança.
Legolas relâcha le bras de Galdor, ou les marques de ses doigts restèrent imprimées en rouge sur le blanc laiteux de sa peau. Son visage était neutre, mais il conserva les poings serrés et, lorsqu'il rendit son sabre à Elladan, ce dernier constata que ses doigts tremblaient et que ses joues étaient anormalement roses.
« Legolas…
-Je dois aller promener les chiens. »
Et, sans prendre le temps de remettre sa chemise ou de se souvenir que Glorfy et Ery couraient ou bon leur semblait depuis le début de leur séjour à Imladris, Legolas rejoignit la forêt à petite foulée, ne tardant guère à se fondre entre les arbres.
