Hello All !

Le cycle recommence encore une fois :)

Sur ce je vous laisse avec Alarion et sa quête de soi :D

Bonne lecture !


Chap 25 : D'autres histoires

Je sors d'un des nombreux relais qui parsèment Ionia. Ces bâtiments présents dans presque toutes les villes de ce pays sont polyvalents dans le fait qu'ils n'ont pas qu'un seul usage. En fait il servent à la fois d'auberge mais aussi de marché et de service de transmission du courrier. De plus chacun de ces établissements possèdent une équipe, assimilé à des coursiers, chargé de trouver les destinataires des dits messages. Comme moi en l'occurrence.

La seule chose qui m'ennuie est de savoir comment ils font pour toujours être au courant de l'emplacement des gens. Par ce que là ça dépasse la simple statistique où prévision quand un homme vient vous voir au milieu de la foule avec calme et assurance pour vous dire qu'il a une missive à vous donner. A un moment je me suis même demandé si je n'étais pas suivi. En voyant le cachet sur le papier j'ai poussé un soupir. En fait c'est parfaitement logique.

Il y a le sceau du Placidium superposé à celui de l'Alcôve des Anciens ioniens bien visible sur le papier. On dirait que plus de deux cents lieues entre elle et moi ne suffissent même pas à me soustraire à son regard. Pour quelqu'un qui porte le titre de ''Sagesse Incarnée'' je la trouve vraiment tout ce qu'il y a de plus terre à terre et collante. Confiante mais pas irresponsable serait la meilleure façon de la décrire.

Je m'engage dans une ruelle moins fréquentée que les autres pour m'éclipser. Je sais que ce n'est pas utile ici mais avec tout ce que j'ai subis et le fait que je revienne de Bilgewater on peut parler sans doute d'une mauvaise habitude. J'attends d'être sortit du village pour briser le cachet en cire et dérouler la missive dont je lis le contenu avec une grande attention.

Bonjour à vous Invocateur Alarion,

En ce moment votre voyage doit vous avoir rapproché de la province de Hyushang au vu des rumeurs qui circulent. Comme vous l'avez probablement d'ores et déjà deviné nous surveillons, de loin, attentivement votre avancée. Je m'excuse d'une telle démarche dont vous comprenez sans doute le besoin. Cependant ce n'est pas l'objet de cette lettre.

Il y a deux jours des nouvelles reçues par l'intermédiaire d'un de mes anciens mentors me sont apparues comme potentiellement intéressantes pour votre enquête.

Une certaine personne, une fugitive pour être exacte, est récemment revenue pour faire ses propres recherches à titre personnel. Elle connaît très bien la région des montagnes de Tianzhu pour s'être cachée en ces lieux pendant un certain temps.

Nous avons choisis de fermer les yeux sur sa présence en échange de sa coopération à votre investigation. Elle vous attendra au relais abandonnée des Deux Lames pendant les trois prochains jours à dater de la réception de ce courrier.

Je vous renouvelle mes vœux de réussite.

Karma.

Pour être franc je ne suis même pas énervé de me savoir surveillé. Qui serait assez stupide pour laisser aller sans surveillance une menace potentielle ? La Sagesse Incarnée a au moins l'honnêteté de l'avouer. On va me dire qu'elle n'a plus trop le choix au vu de ce qu'elle vient d'écrire mais pour moi ce n'est pas un argument valide car je ne compte plus le nombre de mes anciens condisciples qui on essayé de noyer le poisson en étant prit la main dans le sac...

En revanche je ne connais pas l'endroit qu'elle m'indique. Il va falloir que je me renseigne auprès de mon garde du corps volontaire qui me suit à distance. Il est d'ailleurs incroyablement calme et furtif. Les Invocateurs Ioniens m'ont toujours dit qu'il déteste les ninjas cependant le fait d'être recherché a dû l'obliger à revoir sa position. J'ai l'impression de me revoir il y a plusieurs mois dans ma ville natale.

Comment oublier tout ce qui m'est arrivé en moins d'un an ? Je suis sûr que si pour une quelconque raison je me retrouvais devant mon ancien moi juste avant ce fameux match qui a mit ma vie sans dessus dessous, c'est le cas de le dire, je ne me reconnaîtrais pas. Je sors de mes pensées en me rendant compte que je marche comme une machine avec la lettre dépliée entre mes mains. Je la range rapidement avant de me ressaisir. Cela ne sers à rien que pense à ce que je ne peux plus changer. Il faut que j'avance.

Je reprends rapidement la route accompagné par un soleil radieux qui me rend un peu de ma bonne humeur. Je parcoure plusieurs lieues dans le plus grand calme passé les quelques voyageurs et autres colporteurs qui parcourent les routes pour leurs commerces. C'est drôle comme le temps peut passer rapidement quand on ne pense à rien. Remarquant une grande zone d'ombre formée par un arbre qui a probablement vingt fois mon âge je décide de faire une pause. Nous devrions être tranquille pour parler.

Je m'assoie sur un rocher puis je bois une gorgée d'eau fraîche. Essuyant la sueur sur mon front avec le revers de la manche de mon vêtement je remarque que mon compagnon de voyage est en train d'approcher sur ma gauche. Il s'adosse à l'arbre avant de boire un peu lui aussi. Nous restons quelques secondes ainsi quand finalement il ne me devance et prenne la parole.

« Votre pas est bien plus décidé que hier. » Dit-il d'un air détaché. « Vous semblez savoir exactement où vous diriger. »

« En fait oui et non. » Je réponds en lui tendant la missive. « J'ai besoin de votre aide. »

Il prend le rouleau de papier et lit calmement jusqu'à que je vois son expression neutre se modifier d'un seul coup. Il ouvre des yeux grands comme des soucoupes l'espace d'un instant en arrivant à la fin. C'est très court mais pas assez pour passer inaperçu. Un sourire m'échappe. On dirait que ma situation me permet encore un peu d'humour par moment. Il roule de nouveau la lettre pour me la rendre.

« Vous êtes plein de surprises. » Statue Yasuo, nonchalant.

« Vous n'imaginez pas à quel point... » Je fais sur un ton plus sombre. « Mais je n'ai pas envie d'en parler. » Je reprends aussitôt. « Pas dans l'immédiat en tout cas. » J'ajoute en me rappelant les paroles de l'Ancienne. Je change pourtant de sujet. « Vous savez où se trouve ce relais ? » Je lui demande d'un voix qui manque de naturel.

« Il est situé sur la route qui mène à une zone reculé du Nord. » M'informe l'épéiste avec le tact de ne pas insister sur ce que nous venons d'échanger. « Nous arriverons peu avant le crépuscule si nous partons maintenant. »

« Dans ce cas... » Je me relève et range mes affaires, poussé une nouvelle motivation. « Mettons nous en route. »

Reprenant ma marche je constate que le Disgracié est en train de s'éloigner pour prendre une autre piste, plus sinueuse. Nos échanges sont vraiment réduit et j'avoue que cela me met mal à l'aise. Je suis loin des ''joutes verbales'' que je faisais avec Fiora où des discussions calmes et goguenardes de Nautilus. Le problème étant que je ne sais pas comment l'aborder. Peut-être par ce que nous nous ressemblons ?

Nous ne voulons pas parler de notre passé et si besoin s'en trouve nous n'hésitons pas a agir sur un coup de tête. Je vois bien que malgré son extérieur calme et composé il y a un feu qui brûle avec passion sans nécessité d'un autre combustible. Tout se résume à nos convictions et les autres avis glissent sur nous comme de l'eau sur du verre. Cela ne veut pas dire que nous sommes réfractaire au changement. Seulement bornés. Ce qui est déjà trop me répétait souvent mon ancien professeur : Montrose. Je me demande comment il va d'ailleurs.

Je fais une autrepause à la faveur d'une nouvelle zone d'ombre une fois que nous avons parcouru plus des deux tiers du chemin. Yasuo se trouve au dessus de moi, caché par un surplomb rocheux. Je le trouve moins furtif depuis qu'il a lu ce message. Quelque chose le contrarierait-il ? C'est peut-être ça mais dans ce cas il peut avoir tant de raison que je peux spéculer pendant des heures sans trouver la bonne. Je me dis alors que j'ai peut-être l'occasion de dissiper un peu mon malaise.

« Est-ce vous savez pourquoi l'endroit vers lequel nous nous rendons s'appelle ''relais des Deux Lames'' ? » Je demande, une curiosité sincère me motivant.

« Il y avait un gisement de fer d'une grande pureté dans ces montagnes à l'époque. » M'informe le combattant. « Une ville s'est développée rapidement pour subvenir aux besoins des mineurs. Une décennie plus tard deux forgerons très doués ont finis par s'installer pour être au plus près de la source des matériaux qu'ils utilisaient. »

« La reconnaissance de leurs travaux a été de nommer le relais en leur honneur j'imagine ? » Je déduis.

« C'est exact. » Acquiesce Yasuo. « Mon sabre est une de leurs réalisations. » M'avoue-t-il. « Il a plus de deux siècles et son tranchant ne s'est jamais élimé durant toutes ces années, peu importe les combats qu'il subissait. »

« Vraiment !? » Je déclare, très impressionné par une telle robustesse. « Mais dans ce cas pourquoi est-ce à l'abandon aujourd'hui ? » Je questionne, curieux d'en savoir plus. « Le gisement a été épuisé ? »

« Si seulement... » Ironise le sabreur. Je suis étonné d'un changement d'intonation aussi brusque. « Les deux artisans sont rapidement devenus rivaux et leur course à la perfection à tournée à la folie. »

« Hein ? » Je fais, surpris. « Comment cela ? »

« Chacun d'eux désirait sans cesse prouver sa supériorité sur l'autre. » M'explique mon garde du corps. « Mais leurs sabres se valaient en tous points et ainsi de fil en aiguille, ne pouvant se départager, ils ont peu à peu sombré dans la démence. » je me retourne pour le voir parcourir la garde de son katana de manière machinale. « Si bien que chacun a décidé d'utiliser leurs lames de la manière la plus vile qui soit... » Il y a un dégoût palpable dans sa voix qui m'arrache un frisson. « Ils ont testé le tranchant de leurs sabres sur les villageois présent sur place. »

« Pardon... !? » Je fais, en retenant une grimace.

« Un bon forgeron est capable d'utiliser ses armes à la perfection. » Dit Yasuo en regardant son reflet sur l'acier de son sabre. « Après avoir massacrés tous les habitants ils ont finit par s'entre-tuer sur la place centrale. » Il rengaine sa lame. « Depuis ce lieu est abandonné et le relais en bas de la vallée a aussi été déserté. La légende veut que ce minerai soit maudit. » Déclare-t-il. « Il provoquerait la folie de ceux qui restent trop longtemps à son contact. »

« Je regrette de vous avoir posé la question... » J'avoue avec un certain dépit.

« Il y a une morale derrière chaque histoire, Invocateur. » Dit le Disgracié d'une voix grave en rivant son regard sur le mien. Je ne dis rien. Il reprend donc. « N'oubliez jamais que c'est vous qui devez définir vos désirs et non l'inverse... »


Le reste de la route se passe sans aucun échange. Son histoire m'a un passablement cassée l'envie de parler et de fouiller plus loin. J'imaginais Ionia comme un pays calme et serein d'après tout ce que j'avais entendu durant mes années de formation. En fait ils ne sont pas différents des autres personnes de Runeterra. Peut-être juste plus calme et réfléchi que la moyenne. L'image de Syndra me vient à l'esprit et je la chasse aussi vite. Des fois je me demande si je ne devrais pas juste balancer à la poubelle la moitié de ce que j'ai appris...

Le soleil commence à décliner quand notre destination est en vue. Ce bâtiment ressemble à n'importe lequel des ses équivalents si ce n'est qu'il est en ruine et d'une couleur noire uniforme. Le temps à fait son œuvre même s'il est étonnant de voir que les murs tiennent encore debout au bout de plus de deux cents ans. Le décor sied en effet bien à une histoire de malédiction maintenant.

Plus haut, sur un plateau, je distingue les restes d'un village en aussi mauvais état. Voilà donc le lieu de cette tuerie qui m'a été raconté il y a peu. Quel gâchis. Cet endroit devait être magnifique à l'époque. Une fois encore un désir incontrôlé a causé des ravages et ce sont ceux qui étaient innocents qui ont payés pour l'avarice d'une minorité.

Je sens ma vocation d'Invocateur, celle de réguler les conflits armés inutiles, gonfler de nouveau en moi. De l'autre côté c'est une peur qui croit proportionnellement. L'Entité qui est prisonnière de mon corps est toute à fait capable de ce genre d'exactions. Qui sait ce que mon emportement aurait pu l'aider à faire si je n'avais pas été retenu à chaque fois ?

C'est dans ces moments que je réalise la chance que j'ai eu à chaque fois. Mais la chance ne dure pas éternellement et il est temps que j'arrête de me considérer uniquement comme une victime. Ce que j'espère pouvoir faire en continuant d'enquêter pour trouver de quoi il en retourne exactement. Honnêtement je n'ai pas beaucoup avancé jusqu'à présent mais au moins j'ai une piste désormais. Je n'ai plus a attendre dans le brouillard qu'un indice me tombe dessus.

Nous franchissons ce qui reste du seuil de la porte pour aller nous placer contre un mur. Ainsi nous sommes relativement peu visible et nous pouvons nous poser sans trop de risques d'être repérés. Je m'assoie contre de vieilles planches, passablement fatigué d'autant de marche. Yasuo s'appuie nonchalamment contre une poutre. Il semble apprécier cette pose en particulier. Allez savoir pourquoi.

J'inspecte les alentours pour essayer de trouver quelque chose pour me distraire mais je n'y arrive pas. Tout, ce qui avait de la valeur du moins, a apparemment été emporté avant que les occupants ne mettent les voiles. Je garde un soupir pour moi quand un objet dur dans mon dos m'oblige à le sortir pour le repositionner. Un petit sourire apparaît sur mes lèvres. C'est la dague de Fiora. Ce qui provoque une réaction de mon garde du corps.

« J'ai déjà vu cette arme quelque part. » Dit-il. Je n'ai pas le temps de répondre qu'il trouve seul ce qu'il cherche. « Elle appartient à la duelliste demacienne si mes souvenirs sont bons. »

« Vous avez raison. » J'acquiesce simplement. « Elle me l'a donné en guise de remerciements. »

« Voilà qui est étonnant. » Déclare Yasuo en levant un sourcil perplexe. « Toutes les fois où nous nous sommes rencontrés sa suffisance était si exacerbée que le simple fait de se placer à sa hauteur pour parler était suffisant pour provoquer un duel à mort. »

« Elle n'a pas tant changée. » Je fais avec un rire moqueur et amusé qui me vaudrait un coup si jamais elle se trouvait ici. « Mais nous avons réussi à établir une relation de confiance. » Je contemple la garde ouvragé, frappée aux armoiries de sa maisonnée. « Nous sommes amis et je n'hésiterais pas à l'aider si je peux. La réciproque est tout aussi vrai. » J'ajoute après une seconde.

« Vous êtes chanceux de pouvoir affirmer cela avec autant d'assurance. » Déclare le Disgracié, un léger sourire triste sur le visage. « Je suis désolé de me montrer aussi curieux. » Il pose son sabre sur le sol. « Mais comment avez réussi ce tour de force ? »

« J'ai essayé de la tuer. » Il n'arrive pas à cacher sa stupeur ce qui provoque chez moi un grand sourire goguenard. « Et inversement. » Il me regarde avec l'air de penser que je suis tombé sur la tête. « Puis nous avons survécu à une bataille très difficile en nous entraidant. »

Il ne dit plus rien pendant de longues secondes. Pour ma part je me sens à la fois content et amusé. Je suis contrarié de reconnaître que Karma avait raison pour ma manière de m'ouvrir aux gens cependant c'est une nuisance mineure comparé à ma satisfaction de l'instant présent. L'épéiste prend soudain un air calculateur qui ne me dit rien de bon surtout vu sa manière de sourire. J'ai l'impression d'être face à un enfant qui vient de trouver un nouveau jouet.

« Dans ce cas j'aimerais vérifier quelque chose. » Il ramasse son sabre et dégaine. « Accepteriez-vous une petite escarmouche amicale ? » Je ne comprends pas bien ce qu'il veut. « Un escrimeur n'accepte de se lier à quelqu'un que s'il reconnaît sa combativité alors je veux tester la votre. » Une pause de quelques instants. « En tout bien tout honneur, bien entendu. »

Je ne me sens pas vraiment rassuré pour autant. Je pourrais peut-être prendre l'avantage avec ma magie mais à cette distance il peut m'atteindre, surtout s'il est aussi réactif que Fiora, avant même que je n'ai le temps d'articuler un seul mot. En plus j'ai l'impression qu'il sous-entend la seule utilisation d'arme blanche et autant le dire je suis aussi gauche qu'un manchot à ce niveau.

Manquant d'assurance j'accède à sa demande en hochant de la tête et je me tourne vers lui en prenant une position que j'espère la bonne. Il sourie encore plus largement en me voyant accepter selon ses conditions alors qu'il a déjà deviné que ce n'est plus un handicap que je m'impose mais une défaite quasi-assurée. D'un geste rapide le tranchant de sa lame monte en direction de ma tête.

Pris de panique je ne sais pas quoi faire quand je sens mon corps réagir tout seul comme contre les soldats sur les quais de l'ancien bastion de Gangplank. Je suis son mouvement et pare en accompagnant son attaque pour en diminuer l'effet. Je me retrouve dans sa garde et je porte un coup d'estoc qu'il esquive par réflexe en lançant une contre attaque au niveau de mon cou dont je m'évade en reculant d'un pas.

Nous nous retrouvons à un mètre de distance et Yasuo se remet de sa surprise et moi de la mienne. Aucun de nous deux ne s'attendait à ce genre d'actions et de mouvements. En se concentrant de nouveau il change de posture et je ne peux empêcher une boule de me tomber dans l'estomac. Je crois bien qu'il de devenir sérieux. Je me crispe sur la poignée de la dague.

Glissant sur le sol, porté par un courant d'air, il arrive au contact en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Un coup circulaire au niveau de mes hanches m'arrache une grimace quand mes bras bougent tous seuls pour se positionner de manière à encaisser le coup. Je suis projeté contre mur mais de la même manière qu'auparavant je récupère mes appuis comme si j'avais fait ça toute ma vie.

Lui il est déjà sur moi et enchaîne les attaque rapides les unes après les autres et rapidement je suis acculé. Je me défends correctement surtout que j'ignore comment je fais ça. Un dernier coup ascendant avec trop de force me fait lâcher prise sur ma seule défense qui va se planter dans un reste de poutrelle. L'instant qui suit je me retrouve avec une lame sous la gorge, la respiration haletante. L'expression du Disgracié est indéchiffrable

Il éloigne son arme de mon cou et la rengaine dans un grand geste cérémonieux avant que les traits de son visage se détendent pour montrer un étrange mélange de plaisir et d'interrogation. Tapant la base du pilier en bois de son fourreau, la dague de Fiora retombe dans ses mains et il me la tend dans un geste réconfortant. Il prend la parole en même temps. Sa voix est posée et sérieuse.

« Très belle démonstration. » Compliment-il tandis que je récupère le cadeau de la Duelliste. « Cependant quelque chose me pose problème. » Déclare-t-il, évasif.

« Je peux savoir quoi ? » Je questionne, un peu acide, en reprenant mon souffle et calmant mon rythme cardiaque. « Pendant quelques secondes j'ai cru que je me trouvais au milieu d'un combat à mort. »

« Veuillez m'en excuser. » Fait-il en s'inclinant. « Je ne sous-estime jamais un adversaire lors d'un affrontement. » L'épéiste replace son katana à sa ceinture. « En fait durant cet échange j'ai remarqué que vos mouvements manquent de naturel. »

« Ce qui veut dire ? » Je réponds sans attendre, toujours pas remis de mes émotions.

« C'est assez difficile à expliquer en vérité. » Avoue mon garde du corps. « Pour décrire cela le plus simplement possible je dirais que votre technique est au point. » Il marque une pause. « Tellement affûtée en vérité que l'on pourrait croire que cela fait des années que vous la peaufinez mais pourtant votre façon de bouger est trop raide pour concorder. » Il voit que je ne comprends rien à ce qu'il dit. « Vous avez les bons gestes avec le bon timing à chaque fois cependant j'ai l'impression que ces actions sont étrangères à votre corps comme si vous étiez manipulé, à l'instar d'une marionnette, par une autre personne. »

C'est là que je parviens à connecter les deux bouts ensembles et que j'ai une révélation. Un des aspects singulier de ma connexion avec mon ''invité'' est la capacité à fouiller les mémoires pour en extraire ce que je veux. Et si, en fait, cela n'était pas limité aux personnes vivantes ? Ça expliquerait énormément de chose. La réaction provoquée par la note de musique joué par l'Ethwal de Sona étant l'un des exemples les plus flagrant.

Les objets utilisés avec passion et volonté par leurs utilisateurs gardent en eux une trace de tout ce qu'ils ont pu faire avec. La ''Lame du Roi Déchu'' dont nous utilisons des répliques pour les matchs de l'Institut est la meilleure illustration de ce phénomène. J'ai déjà vu l'original et elle suintait encore du désespoir de son précédent possesseur avant que celu-cii ne fasse tomber les Îles bénies dans une déchéance irrémédiable.

Ainsi je dois pouvoir utiliser les connaissances ou et les souvenirs accrochés à ces objets librement puisqu'ils n'ont pas d'esprit propre pour s'opposer au mien. Je peux donc me servir de toutes les années d'entraînements de Fiora quand je tiens sa dague et ce dans une certaine situation. Ce qui explique l'étrange décalage expliqué par Yasuo : je bouge comme un escrimeur confirmé mais sans la souplesse et le naturel qui va avec normalement.

Je suis sortis de mes réflexions quand j'aperçois le combattant se tourner violemment, l'air d'avoir senti un danger. Je suis son geste du regard après avoir sursauté et nous nous retrouvons face à face avec la seule personne qui aurait pu compliquer davantage la situation à cet instant. Ce n'est pas vrai... Jusqu'où cette poisse va-t-elle me poursuivre ?

La femme qui se tient devant nous, l'air aussi prise au dépourvu que nous le sommes, n'ose pas bouger. En dessous de son manteau de voyage, passablement abîme, je devine un lourd gantelet en métal complété par une épaulette de la même fabrique sur l'épaule du bras opposé. Elle porte un bustier de couleur violette ainsi qu'une très courte jupe de couleur blanche tenue par une ceinture. Des cheveux d'un gris qui tire sur le blanc encadrent son visage en faisant ressortir ses yeux de couleurs foncés.

En temps qu'Invocateur je l'aurais reconnue même de loin mais là, avec le reste de son épée tenue dans sa main dominante, qui brille d'une rune noxienne, n'importe quelle personne qui regarde les matchs d'exhibition de l'Institut de la Guerre saurait de qui il s'agit. Je me tiens devant l'un des soldats d'élites qui ont autrefois envahis ce pays. La Némésis de Yasuo.

L'Exilée Brisée... Riven...


Fin du chapitre 25 !

Comme dirait le proverbe : "c'est toujours quand on touche le fond que l'on se rend compte que l'on peut encore creuser." XD

A la prochaine ! :)